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Mali – Prière continue pour la libération de soeur Gloria

Quatre ans après son enlèvement, l’Église continue de prier pour la libération de la religieuse Gloria Narvaez.

L’Église catholique du Mali (Ouest de l’Afrique) continue de prier et de travailler à la libération de la religieuse colombienne Gloria Cecilia Narvaez Argoty. Le 7 février dernier, elle soulignait le triste quatrième anniversaire de cet enlèvement. Les dernières nouvelles reçues en octobres étaient encourageantes. Mais depuis, l’inquiétude s’est installée quant à l’état de santé de la religieuse de 75 ans.

Mali, photo d’archive – la situation humanitaire est difficile pour plusieurs Maliens qui vivent les effets de la terreur : un village brûlé, devenir réfugié.

C’est ce qu’a rappelé le Secrétaire général de la Conférence épiscopale du Mali, le père Alexandre Denou, dans une déclaration récente au siège de l’Aide à l’Église en détresse (AED) au Portugal.

Le prêtre a rappelé qu’en octobre 2020, ils ont reçu de bonnes nouvelles concernant Sœur Gloria après la libération de Sophie Pétronin, médecin française de 75 ans, qui était sa compagne de captivité. « Les informations dont nous disposons sur l’état de santé de Sœur Gloria Cecilia ont été fournies par l’ancienne otage Sophie Pétronin. Nous fondions beaucoup d’espoir dans la libération de Sophie et des autres otages. Sa libération nous a de nouveau mobilisés pour prier et agir pour la libération de la sœur », a déclaré le père Denou.

Le secrétaire général de la Conférence épiscopale du Mali a également remercié l’AED pour sa « préoccupation et son engagement » pour la cause de la religieuse colombienne, membre de la Congrégation des Sœurs Franciscaines de Marie Immaculée, enlevée dans la mission de cette communauté à Karangasso.

Lors d’un événement visant à demander la libération des chrétiens captifs, organisé en novembre 2020 par le bureau colombien de l’AED, Sœur Rosa Julia Ibarra a rappelé, au nom de ces religieuses, que pour elles la situation est « douloureuse » et que « cela est toujours une période très difficile ; de penser que nous avons un membre de notre communauté enlevé. Il faut savoir que Gloria Cecilia était une femme très engagée pour l’Église et auprès des
pauvres ».

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« Et moi ? »

Depuis la diffusion d’une vidéo en septembre 2018 (une preuve qu’elle était toujours vivante), il n’y avait pas eu de nouvelles de la religieuse colombienne. Après sa libération en octobre, lors d’une conférence à l’aéroport militaire de Villacoublay à Paris, en France, Sophie Prétonin a évoqué la situation de Sœur Gloria.

Mme Pétronin, qui est docteure, avait appris le matin même du cinq octobre 2020 qu’elle serait libérée. Un des deux djihadistes qui gardent les otages lui a dit « prends tes affaires, tu pars ». La religieuse colombienne, qui était sans doute à côté d’elle, a demandé : « Et moi ? », ce à quoi le djihadiste a répondu : « Tu restes pour plus tard ! » Lors de sa conférence de presse à Paris, Mme Petronin a demandé : « Il faut faire quelque chose pour ma compagne de captivité, Gloria, parce qu’elle ne va pas bien (…) ».

Lors de l’événement AED à Bogota, Sœur Rosa Julia Ibarra a déclaré que « nous savons que les conditions de notre sœur ne sont pas les meilleures. Ces quatre dernières années, elle a été dans le désert, alternant entre 33 camps différents du groupe djihadiste, et de fait, sa santé se dégrade ».

Le père Denou a également invité à continuer de « demander la prière pour notre sœur, pour le soutien que nous pouvons apporter, parce que nous devons élever la voix de la liberté, non seulement pour Gloria, mais pour tous les catholiques kidnappés, pour les croyants et les non-croyants dans le monde ».

Le beau projet de sœur Gloria à Karangasso

Concernant la mission que la religieuse menait avant son enlèvement par le Front de soutien à l’Islam et aux Musulmans (SGIM) en 2017, Sœur Rosa Julia Ibarra a déclaré qu’à Karangasso
« elle avait un beau et merveilleux projet d’engagement envers les femmes ». C’est une ville qui « souffre des ravages de la discrimination et de la pauvreté.» Elle a fait remarquer que dans cette région, seule une minorité de la population est catholique et qu’ils entretiennent de bonnes relations avec la majorité musulmane.

Sœur Gloria « avait monté un projet d’alphabétisation et d’émancipation des femmes, auquel ont participé environ 500 femmes, chrétiennes et musulmanes. Elle s’occupait également d’une trentaine d’enfants dans un orphelinat et rendait visite aux malades ».

Sœur Rosa Julia Ibarra a déclaré qu’elle avait eu l’occasion en 2015 de découvrir le travail qu’elle menait. « Nous avons perdu une femme dynamique, engagée et apostolique; et la communauté de Karangasso, où elle exerçait sa mission auprès des femmes, en souffre. Voir un chrétien, un catholique, se faire enlever, au nom de sa foi, est une blessure pour l’Église, et en tant que baptisés, cela devrait nous blesser, et je crois que nous devons élever notre voix pour la liberté de Gloria Cecilia ». Sœur Gloria était en mission en Afrique depuis 12 ans, au Bénin et au Mali.

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