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Malawi

islamisation inquiétante dans le diocèse de Mangochi

ACN-20160212-36399Lors d’une visite au siège international d’Aide à l’Église en Détresse, Mgr Stima Monfort a parlé des tendances d’islamisation croissante observées dans son diocèse de Mangochi, au sud du Malawi. Selon lui, l’islam traditionnel est modéré au Malawi et la coexistence entre les religions a toujours été pacifique. De plus, les chefs religieux dans le diocèse de Mangochi, dont la population est majoritairement musulmane, entretiennent de bons contacts. L’évêque a évoqué la fondation d’un comité christiano-musulman, qui se réunit en cas de problème et recherche des solutions. Toutefois, il déclare observer une radicalisation croissante de la population musulmane.

 

Mgr Monfort rapporte que des prédicateurs musulmans venus du Soudan entrent de plus en plus souvent au Malawi pour y prêcher un islam plus radical. Ils sont difficiles à contrôler et se disent « insatisfaits » de l’islam traditionnel local. Ils disent vouloir apporter « le véritable islam » au Malawi. Il y a déjà eu des exactions au cours des années passées. La plupart du temps, elles ont été commises après les prières du vendredi.

 

Mgr Monfort a demandé aux chefs religieux islamiques quelles en sont les raisons. Ils ont répondu que les imams appelaient les gens à la violence. « Ils m’ont dit : vous devez prier pour les imams, car ils sont mal formés. » Il souligne que même pour les chefs religieux, il est difficile de contrôler les imams, car « n’importe qui disposant de suffisamment d’argent a le droit de construire une mosquée. Et celui qui l’a construite contrôle aussi l’imam. Ainsi, dans certains villages, il y a quatre mosquées : une mosquée traditionnelle, qui s’y trouve depuis toujours, ainsi que d’autres mosquées nouvellement construites. »

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L’évêque affirme en outre que de plus en plus d’adolescents obtiennent des bourses pour suivre des études au Soudan ou en Arabie Saoudite, et qu’ils retournent ensuite au Malawi, radicalisés. « Par ailleurs, beaucoup de musulmans ont plusieurs femmes, ce qui augmente le nombre de leurs enfants et accroît le taux de musulmans dans la population », explique-t-il. « Souvent, ces familles n’ont pas les moyens pour permettre une éducation scolaire à autant d’enfants, de sorte qu’elles peuvent seulement les envoyer dans les écoles coraniques, les madrasas. »

 

Selon Mgr Monfort, la polygamie joue aussi un rôle pour les adeptes des religions traditionnelles africaines qui souhaitent rejoindre une plus grande tradition religieuse. Tandis que la polygamie est inacceptable pour l’Église catholique, les personnes qui se convertissent à l’islam peuvent conserver ce mode de vie familial. Il explique que ces gens sont donc « plus faciles à convertir ». Les musulmans sont invités à épouser les jeunes filles chrétiennes, car même lorsque l’épouse ne se convertit pas à l’islam, ses enfants sont automatiquement des musulmans.

 

ACN-20160525-41190Mgr Monfort est d’avis que, dans ce contexte, la mission de l’Église consiste à approfondir la foi. « Nous encourageons les prêtres à être proches des gens et, comme le dit le pape François, à sortir de la sacristie. Pour certains croyants, c’est une grande tentation de se convertir à l’Islam – surtout lorsque le seul établissement scolaire du village est une institution musulmane. Ils ont besoin d’aide et d’encouragement. »

 

Alors que la population totale du Malawi se compose d’une majorité d’environ 80 pour cent de chrétiens et de 13 pour cent de musulmans, le taux de musulmans dans le diocèse de Mangochi atteint entre 50 et 90 pour cent, selon les régions. En moyenne, environ 75 % de la population totale du diocèse est musulmane.

 

Par Eva-Maria Kolmann, AED International

Adapté par Mario Bard, Bureau Canadien

 


 

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