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Libérez les captifs

10 décembre 2020 – Un rapport sur les personnes détenues à cause de leur foi

Montréal, le 8 décembre 2020 – Maintenant disponible au Canada en format PDF, en français et en anglais, le rapport Libérez les captifs est un premier regard porté par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) sur les chrétiens injustement détenus à cause de leur foi. L’avant-propos est signé Asia Bibi.

« Fidèles à leurs bonnes habitudes, nos collègues du bureau britannique sont à l’origine d’un nouveau rapport automnal », explique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED Canada. « À la veille de la Journée internationale des droits de l’homme du 10 décembre, nous attirons l’attention sur des prisonniers dont on parle peu et dont l’existence est méconnue : les femmes et les hommes chrétiens détenus à cause de leur foi ». Car, s’il est vrai que les prisonniers d’opinions sont mieux connus grâce à d’autres organismes internationaux, ceux et celles présentés dans ce nouveau rapport vivent une situation qui retient très peu l’attention. « En plus de brosser un portrait général d’ensemble, le rapport s’attarde sur quatre points chauds dans le monde : la Chine, l’Érythrée, le Nigeria et le Pakistan. »

Le père Paolo Dall’Oglio a été vu pour la dernière fois le 29 juillet 2013
à Raqqa.

Qui sait, par exemple, qu’un patriarche est emprisonné en Érythrée ? En effet, le patriarche Abune Antonios, chef de l’Église érythréenne orthodoxe tawahedo, est en résidence surveillée depuis le 20 janvier 2007. Il a été remplacé par un autre, dont l’autorité est contestée par la diaspora de cette Église à travers le monde, sauf – bien sûr – en Érythrée. Dans ce pays de la Corne de l’Afrique, dont la fermeture au monde, l’autoritarisme et la pauvreté sont devenus légendaires, l’État veut assurer son autorité sur l’ensemble de la vie sociale, y compris celle des Églises. « Dès son intronisation en 2004, le patriarche Antonios refuse les ordres du gouvernement qui lui demande, entre autres, d’excommunier 3 000 personnes. Il en paie toujours le prix », indique Mme Lalonde.

Asia Bibi : « Il est temps que le monde entende ces histoires »

L’une des personnalités les plus connues dans le monde à cause de la persécution qu’elle a vécue en tant que chrétienne est la Pakistanaise Asia Bibi. « Nous sommes très honorés qu’elle ait accepté de signer cet avant-propos. Elle a été emprisonnée pendant plus de neuf ans dans des conditions terribles ; elle sait vraiment de quoi elle parle ! », souligne encore Mme Lalonde.

Mme Bibi rappelle : « Aujourd’hui, alors que vous lisez ceci, un nombre incalculable de personnes sont injustement détenues ; comme moi, leur seule offense étant la foi à laquelle elles refusent de renoncer. »

Elle souligne la situation des femmes au Pakistan, pays qu’elle a dû quitter pour le Canada en 2018. « Et puis, il y a des filles, comme Maira Shahbaz, une jeune fille catholique de 14 ans, enlevées dans les rues près de chez elles, converties de force, violées brutalement et victimes de chantage. Ce sont des cibles faciles : leur foi chrétienne fait d’elles des personnes sans défense dans la société. Les tribunaux ne se rangeront pas de leur côté. En effet, dans notre communauté de foi, personne ne peut considérer sa sécurité comme garantie. Comme ce rapport l’indique clairement, même les personnes les plus âgées sont victimes d’actes de détention injustes. Tel est le mal perpétré par des prédateurs sexuels, des groupes militants et des régimes cruels, méprisant tous le Christ et l’appel de l’Évangile à faire preuve de miséricorde. » D’ailleurs, au Pakistan, les chrétiens ont décrété que ce 10 décembre sera la Journée noire des droits humains (Black Day for Human Rights).

En plus d’inviter le « monde à entendre ces histoires », Mme Bibi conclue en écrivant : « Nous ne devons pas, nous reposer avant que l’oppresseur n’entende enfin notre cri : Libérez les captifs.

Leah Sharibu, toujours capitve de Boko haram.

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