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Communiqué de presse – Libération d’Asia Bibi

« Un triomphe des droits de l’homme »

 

Montréal, mardi 29 janvier 2019 – « Il s’agit d’un grand jour pour le respect des droits de l’homme, pour la liberté religieuse et la justice. Le gouvernement pakistanais ne s’est pas laissé influencer par les extrémistes qui sont descendus dans les rues avec violence », déclare Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED).

 

L’organisme international de charité catholique, qui informe régulièrement sur la question de la liberté religieuse dans le monde, et particulièrement sur la question des chrétiens persécutés à cause de leur foi, est en fête aujourd’hui.

 

« La décision d’aujourd’hui est un triomphe des droits de l’homme sur l’intolérance religieuse, une victoire sur les haines des fanatiques – et surtout un bonheur personnel et une grande joie pour Asia Bibi et sa famille », a pour sa part indiqué le Secrétaire général de l’AED-International, Philipp Ozores.

 

« Maintenant, je souhaite que la famille passe de beaux moments ensemble et savoure la liberté retrouvée », indique encore Mme Lalonde. Elle rappelle que, tout au long des neuf années de détention, de nombreux bienfaiteurs de l’AED ont prié pour sa libération. « Beaucoup ont prié pour elle et voilà qui démontre que la foi peut vraiment soulever des montagnes », déclare-t-elle, très émue par les événements. « Le plus important est que Mme Bibi soit libre, et qu’elle puisse enfin être réunie avec ses proches. »

 

Au moins 224 chrétiens accusés depuis 1984

Si Asia Bibi est enfin libre, il y a toujours 25 autres chrétiens pakistanais accusés de blasphème sont toujours en prison, dont certains attendent leur exécution.

« L’AED va continuer à prier et travailler pour eux avec d’autres organisations et partenaires de projet au Pakistan. Il faut espérer que la décision du tribunal modifiera enfin le gouvernement et que les lois sur le blasphème seront assouplies ou mieux respectées », indique pour sa part le Secrétaire général de l’AED Philippe Ozores.

 

« Au Pakistan, on peut accuser son voisin pour régler une dispute qui n’a rien à voir, en invoquant la loi sur le blasphème », se désole Marie-Claude Lalonde. « Espérons que le signal donné avec le jugement de la Cour Suprême pakistanaise est un pas dans la bonne direction. »

 

Le Pakistan fait partie de la triste liste des 38 pays identifiés dans le Rapport abrégé 2018 sur la liberté religieuse de l’AED comme un pays où les violations à la liberté religieuse sont importantes, la situation ayant même empirée pour les minorités religieuses en 2018, le président de la conférence des évêques catholiques
du pays décrivant « une augmentation alarmante de la violence, de l’intolérance et de l’extrémisme.»*

 

 

Le Pakistan compte 2 % de chrétiens qui vivent dans un pays à majorité musulmane.

Résumé de l’histoire d’Asia

Asia Bibi est une catholique maintenant âgée de 51 ans. À l’automne 2009, elle est au champ avec d’autres femmes en train de procéder aux récoltes. Lors d’une pause, elle boit dans le même puits que les autres femmes, mais celles-ci considèrent qu’Asia vient de le souiller puisqu’elle n’est pas musulmane. Asia réplique, le tout dégénère et des collègues de travail l’accusent de blasphème. Après un procès, elle est reconnue coupable de blasphème selon les lois en vigueur au Pakistan. En 2010, le tribunal la condamne à la pendaison. Grâce à l’obstination de la communauté chrétienne du pays, de ses avocats et d’organisations internationales qui dénoncent cette situation, Asia Bibi est finalement acquittée par la Cour Suprême du Pakistan le 31 octobre 2018. Un groupe fondamentaliste veut faire appel de cette décision, ce qui force Asia Bibi à demeurer au pays, cachée pour sa protection. Finalement le 29 janvier 2019, la Cour Suprême rejette définitivement la demande d’en appeler et Asia Bibi est finalement libre.

 

*Page 38, Rapport abrégé sur la liberté religieuse dans le monde, disponible à l’adresse https://files.acn-canada.org/2018/11/ACN-20180920-76952_CAN-FR_Final_WEB.pdf

 

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