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Liban et Syrie – Les gens essaient de survivre avec un dollar par jour.

Au début du mois d’octobre, Regina Lynch, chef de projet pour l’Aide à l’Église en Détresse (AED) internationale a partagé sur son expérience au Liban et en Syrie, après un voyage de dix jours qu’elle a effectué pour évaluer la situation et de nouveaux projets d’aide.

Cuisine orthodoxe arménienne pour les personnes âgées et les familles pauvres à l’église apostolique arménienne de Saint Grégoire l’Illuminateur.

L’AED a soutenu le Liban et la Syrie avec plus d’une centaine de projets d’une valeur de 7,5 millions de dollars dans les deux pays, tout au long de 2021. Ces projets comprennent des aides d’urgence pour couvrir des besoins de base tels que l’alimentation, les médicaments, l’aide de subsistance pour les religieuses, les honoraires de messe pour les prêtres et la reconstruction des structures pastorales.

Comment décririez-vous la situation au Liban ?

Ma triste impression en quelques mots : les gens sont angoissés. Cela ne cesse d’empirer. Nous étions à Beyrouth l’année dernière, mais cette fois, on a pu vraiment voir le déclin et le désespoir. Même chose en Syrie. À Alep, avant la crise, on estime qu’il y avait environ trois cent mille chrétiens de confessions différentes alors que maintenant on dit qu’il n’en reste que trente mille.

Quelle est la raison ? Pourquoi pensez-vous que les Libanais, en particulier les chrétiens, quittent leur pays ?

C’est très dramatique. Beaucoup de chrétiens avec qui nous avons parlé, ceux que nous connaissons, ou les membres de leur famille veulent partir. Pour beaucoup, survivre est vraiment un défi, car il y a pénurie des choses de base. Avant la crise, un professeur pouvait gagner entre 2000 $ et 2460 $ par mois. Aujourd’hui, avec l’inflation et la dévaluation de la livre libanaise par rapport au dollar, le salaire se situe entre 148 $ et 185 $ au plus.

Visite de la cathédrale arménienne catholique Um Auts dans le quartier Altalina, en présence de Son Excellence l’archevêque Boutros Marayati, archevêque d’Alep pour les catholiques arméniens. L’archevêque Boutros Marayati, Regina Lynch (Directrice de projet pour l’AED).

Et comment va la situation en Syrie ?

En Syrie, on voit que la population est fatiguée, très fatiguée, plongée dans des situations extrêmement difficiles depuis dix ans. Des combats sont toujours en cours dans le la région du nord-ouest. Même si on n’avait pas un sentiment d’insécurité lors de notre visite à Damas, Homs et Alep, les destructions sont énormes. Les Syriens se demandent comment ils vont reconstruire, qui vont les aider à rebâtir le pays. Mais avant cela, il doit y avoir une certaine paix.

Différentes personnes nous ont dit : « Pendant la guerre, au moins, la perspective était qu’un jour la guerre allait prendre fin, mais maintenant, quelle est la perspective ? » On essaie de survivre avec un dollar par jour. Inimaginable dans un pays où, avant la guerre, une bonne partie de la population pouvait vivre assez confortablement.

La ville d’Alep durant le voyage de Regina Lynch et de Reinhard Backes, septembre 2021.
La destruction est toujours aussi grande.

Pourriez-vous raconter une expérience qui vous a frappé pendant le voyage?

Une collaboratrice d’un de nos partenaires de projet m’a montré des photos sur son téléphone, qu’elle a prises de son appartement. Elles montrent une petite fille à l’intérieur d’une grande poubelle, cherchant des choses qu’elle remettait à sa mère. La religieuse qui nous accompagnait lui a dit : « La prochaine fois que vous voyez cela, s’il vous plaît, donnez de l’argent à ces gens. Je vous le rembourserai par la suite ». Voir cela brise le cœur.

Comment cette situation affecte-t-elle les jeunes?

Il faut leur donner de l’espoir et du soutien. Pour cette raison, nous allons lancer très bientôt un projet en Syrie, pour les jeunes mariés. Beaucoup de gens ne se marient pas parce qu’ils n’ont pas les moyens pour vivre ensemble dans un logement. C’est une situation qui préoccupe aussi les évêques, puisque les fidèles évitent de se marier, car ils ne peuvent tout simplement se le permettre. À Alep, nous travaillons sur un projet, qui consistera à donner à chaque couple assez d’argent pour se payer le loyer d’un appartement pendant deux ans ou pour couvrir leurs besoins de base.

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