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L’Église gréco-catholique de Donetsk craint que les deux prêtres incarcérés ne soient torturés

Thomas Heine-Geldern : « Tenir des prêtres responsables de sabotage et d’espionnage rappelle les heures les plus sombres et les pires moments de régimes totalitaires »

L’exarchat gréco-catholique de Donetsk, en Ukraine, a publié le 30 novembre une nouvelle déclaration à propos de la situation des deux prêtres rédemptoristes qui ont été illégalement arrêtés par les autorités d’occupation pro-russes dans la ville de Berdiansk, située dans la région de Zaporijjia, dans le sud-est de l’Ukraine.

Thomas Heine-Geldern : « Tenir des prêtres responsables de sabotage et d’espionnage rappelle les heures les plus sombres et les pires moments de régimes totalitaires »

La déclaration reçue par l’œuvre de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED) met en garde contre le risque que les Pères Ivan Levitskyi et Bohdan Heleta – respectivement curé et aumônier de l’église de la Nativité de la Vierge Marie – « puissent éventuellement être torturés pour les obliger à avouer qu’ils détenaient des armes. » Cette accusation est émise contre les prêtres par les représentants de l’administration mise en place par l’armée russe.

Selon cette déclaration, un tel aveu serait nécessaire pour « légitimer ensuite une décision judiciaire qui en découlerait » ainsi que la condamnation illicite des deux prêtres.

La déclaration met en garde également sur le fait que le Père Bohdan Heleta « est atteint d’une maladie chronique et doit prendre régulièrement des médicaments spécifiques » et que « l’arrestation et la torture menaceraient très gravement sa vie ».

L’exarchat de Donetsk, qui n’a actuellement aucun contact avec les deux prêtres, souligne qu’aucun d’entre eux n’a fait autre chose que de rester « sur le lieu où ils exercent leur ministère sacerdotal » et d’assumer ses « responsabilités pastorales ».

Lors d’une journée de prière pour la paix en Ukraine, 2022, dans une chapelle de Donetsk.

Arrestation pendant une prière publique, le premier jour de la Semaine Rouge

Selon une source locale, le Père Ivan Levitskyi priait chaque jour à douze heures avec les croyants sur la place de l’hôtel de ville de Berdiansk.

La source a affirmé à l’AED : « Le 16 novembre, lui et deux femmes ont été arrêtés en pleine prière. Les femmes ont été libérées le même jour ».

Plus tard, les autorités pro-russes se sont rendues au monastère et ont arrêté le deuxième prêtre, le Père Bohdan Heleta. Jusqu’à ce que la télévision russe ne publie le 24 novembre un reportage sur les deux prêtres, la raison de leur arrestation et l’endroit où ils se trouvaient depuis étaient restés inconnus.

Ce reportage évoquait comme motifs pour l’arrestation des deux prêtres la découverte d’armes et de munitions ainsi que d’imprimés en ukrainien. Parmi ces documents se trouvait une carte présentée comme étant un plan de bataille, bien qu’il s’agisse en fait d’une carte datant de 2015, qui montrait un chemin de croix avec, le long de la ligne de front, quatorze croix définis comme points de prière contre les chars d’assaut russe.

La supposée preuve trouvée par les autorités : un chemin de croix créé en 2015 !

Représailles à cause des perquisitions effectuées dans la laure des Grottes de Kiev ?

Des sources consultées par l’AED supposent également que la perquisition dans l’église de la Nativité de la Vierge Marie à Berdiansk et la fausse accusation de possession d’armes représentaient la réponse aux perquisitions faites par les forces de sécurité ukrainiennes dans la célèbre laure des Grottes de Kiev, un monastère constituant le lieu de résidence de la branche de l’Église ukrainienne orthodoxe rattachée au Patriarcat de Moscou.

Dans sa déclaration, l’exarchat de Donetsk « condamne les méthodes de lutte contre l’Église, qui constituent une violation flagrante du Droit international et en particulier de la loi martiale, et exige la libération immédiate des prêtres rédemptoristes Père Ivan Levitskyi et Père Bohdan Heleta ».

L’AED se joint à l’appel de l’exarchat de Donetsk de libérer au nom de la liberté de religion les deux prêtres emprisonnés, « dont le seul tort a été de ne pas avoir abandonné leurs fidèles malgré tous les risques qu’ils encouraient en restant, pour consoler leur peuple, et de prier pour la paix », dit Thomas Heine-Geldern, président du conseil exécutif de l’AED. « Tenir des prêtres responsables de sabotage et d’espionnage rappelle les heures les plus sombres et les pires moments de régimes totalitaires. Nous exigeons des autorités impliquées de faire libérer ces religieux et prendre pour cela toutes les mesures possibles. Nous demandons aussi à tous nos bienfaiteurs de prier pour les Pères Levitskyi et Heleta. »

Merci de prier pour la paix en Ukraine.

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