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L’Église d’Ukraine voit les pauvres avec les yeux de Dieu

 Par nécessité, Viktor démonte son plancher. Maintenant que lui et sa femme n’ont pas de travail stable, à cause de la guerre en Ukraine, il entreprend, avec ses fils Wasiliej et Kola, de scier les planches en morceaux pour alimenter le poêle qui chauffe la maison. Ses fils espèrent tous deux retrouver du travail dans l’agriculture au printemps. En attendant, l’enjeu consiste à survivre. « Seule l’Église nous aide », dit Viktor, empli de reconnaissance pour la soupe, le thé et le pain reçus ce matin des frères Albertins, dans la ville de Zaporijjia. 

Il doit défaire son plancher pour chauffer sa maison. Une situation filmée par nos collègues en 2018, mais qui demeure tout aussi d’actualité tant la pauvreté est extrême. Pour voir la vidéo, en anglais seulement : https://youtu.be/WE5EH9sSh3g).

Le pain que mange la famille a été fabriqué par Micha, un jeune homme que cette congrégation a sauvé de la rue. Il y a encore quelques années, il vivait dans les tunnels du réseau de chauffage urbain avec cinq autres jeunes gens, dont la plupart sont aujourd’hui toxicomanes ou en prison. Micha est marié, et depuis peu père d’un enfant. « Pour moi, tout a changé quand j’ai fait la connaissance des frères Albertins. Ils m’ont montré une autre voie. Tout s’est mis en place grâce à la prière. Aujourd’hui, j’aide les frères et je fais du pain pour les pauvres ou les personnes sans-abri, comme je l’étais auparavant ». 

La communauté des frères Albertins ne vit pas seule dans son monastère, mais offre aussi un refuge et un toit provisoire à de nombreux sans-abri. Les frères conseillent et soutiennent en tous points ces gens dans le besoin et aident beaucoup d’entre eux à retrouver la voie d’une vie normale et indépendante. Il y a de la place pour 26 hommes sans-abri qui partagent la vie des frères, mais en hiver, leur nombre peut atteindre jusqu’à 40 hommes qui cherchent refuge dans le monastère. En même temps, les frères organisent une soupe populaire près de la cathédrale. Ils y distribuent tous les jours de la nourriture à des personnes dans le besoin, dont beaucoup sont des retraités plus âgés qui, sans cela, ne pourraient pas se permettre de repas chaud à cause de la flambée des prix dans le pays. 

Une chapelle essentielle  

Dehors, devant leur maison, les frères ont édifié une petite chapelle en l’honneur de la Vierge, avec une statue de Notre-Dame de Fatima, illuminée la nuit. Il n’y a aucune église dans la banlieue où se situe leur monastère, mais de nombreux passants s’arrêtent devant leur petite chapelle ou s’agenouillent même pour prier. Il y a quelques années, grâce à la générosité des bienfaiteurs de l’AED, les frères Albertins ont pu rénover le chauffage central, installer une isolation thermique, éliminer l’eau de condensation des murs et effectuer d’autres réparations urgentes. De nombreux sans-abri séjournant dans le monastère ont participé activement aux travaux de rénovation. L’année dernière, également grâce au soutien des bienfaiteurs de l’AED, les frères ont pu remplacer la voiture vieille de seize ans qu’ils utilisaient pour la distribution des colis alimentaires et assurer la pastorale des familles. 

Avec l’aide de Dieu, les religieux et religieuses et les paroisses de toute l’Ukraine ont aidé de nombreuses personnes à s’en sortir. Environ un million et demi de réfugiés sont obligés de vivre avec moins de 105 dollars par mois. C’est un travail très dur, mais le frère Wieslaw et ses confrères considèrent que c’est une chance. « Il y a des gens riches ici, mais pendant longtemps, il n’y avait pas d’Église, aucun lieu pour l’amour et le partage. C’est pour cela que Dieu a dû nous conduire ici. Par nos prières, en revêtant notre habit, par la croix et grâce à notre chapelle, nous nous efforçons de changer le monde par notre attitude envers les autres. » 

Les gens attendent devant le couvent des religieux Albertins pour recevoir nourriture et produits de première nécessité.

Mgr Szyrokoradiuk, évêque d’Odessa et de Simferopol, ancien administrateur apostolique de Kharkiv, est plein d’espoir quant à l’avenir de l’Église en Ukraine, même dans la situation actuelle : « Lorsque nous avons récupéré notre église des communistes dans les années 1990, sept personnes seulement sont venues à la première sainte messe. Aujourd’hui, l’église est bondée à chacune des sept messes dominicales. Même les orthodoxes viennent chez nous et nous apportent des biens de première nécessité, car l’Église catholique aide vraiment les réfugiés et les pauvres. » 

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