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Aujourd’hui, le 6 août 2015, nous soulignons le premier anniversaire de la journée la plus tragique de la vie des sœurs dominicaines, ainsi que celle de centaines de milliers de chrétiens irakiens. En plus d’un reportage intitulé « Personne ne devrait vivre comme cela », nous vous invitons à une journée de prière en vous suggérant d’abord cette prière que nous a offerte le Patriarche Louis Sako :

SeigneArmenian Ordinary for Eastern Europeur Jésus Christ,

Tu nous as appris à prier le Père en ton nom,

Et tu nous as assurés que tous ce que nous demanderons, nous le recevrons.

Ainsi, nous venons à toi ayant entièrement confiance

Te demandant de nous donner la grâce et force de persévérer dans cette tempête,

Pour avoir la paix et la sécurité avant qu´il ne soit trop tard :

Ceci est notre prière, et même si cela semble impossible pour nous,

Nous croyons que tu nous donnes tout ce dont nous avons besoin pour notre survie et notre futur.

Aide nous, Père,

Au nom de ton fils crucifié et ressuscité, Jésus,

À continuer à travailler ensemble,

À être libres, responsables et aimants,

À trouver ta volonté et de la suivre, joyeusement, attentivement, et courageusement.

A Cana, la mère de Jésus fût la première à remarquer l´absence de vin.

A travers son intercession, nous te demandons, Père,

De changer notre situation – comme ton fils changea l´eau en vin – de la mort à la vie.

Amen

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Irak

« Personne ne devrait vivre comme cela »

Kurdistán, Irak.
Kurdistán, Irak.

Alors qu’elles accomplissant leur devoir en Irak, les Soeurs dominicaines ont dû subir et accepter en une seule journée un défi que d’autres personnes ne vivront pas dans toute leur vie. Ces sœurs sont restées fidèles à leur foi et à leur véritable mission, malgré l’effusion de sang, les souffrances et la tragédie qu’elles ont vécues en ce jour funeste et au cours des mois qui ont suivi.

Pour ces sœurs et leur communauté, il n’y avait rien d’inhabituel à entendre les bombes au loin, dans ce conflit qui avait lieu à proximité entre les forces kurdes irakiennes et l’État islamique (EI). « Dans la matinée, nous avons entendu des bombes », explique Sœur Lyca. « Nous pensions que c’était normal, car il y avait des affrontements entre les deux parties. » Mais ce qui n’était pas normal, c’est ce qui s’est passé ensuite. » À dix heures du matin, des bombes sont tombées dans le village », déclare Sœur Lyca. « Trois personnes ont été tuées : deux enfants et une jeune fille. Ce furent de terribles nouvelles. » Diana, une autre sœur, explique que la jeune fille qui a été tuée venait de se fiancer.

Prendre la route avec des milliers d’autres

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Beaucoup de personnes ont commencé à fuir le village après le bombardement, mais les sœurs sont restées, parce qu’elles ont senti devoir soutenir les gens, et parce qu’elles espéraient que cet incident serait comme d’autres précédents qui n’avaient duré que quelques jours. Elles se sentaient également en sécurité avec les Peshmerga, les troupes Kurdes qui avaient promis de les protéger. « Nous avons placé toute notre confiance dans les Peshmerga qui nous avaient promis de nous protéger. Jusqu’à la dernière minute, nous étions certaines qu’ils nous défendraient », dit Sœur Diana. « Mais quand nous avons vu qu’ils abandonnaient leurs uniformes, nous avons compris que l’heure du danger était enfin venue. » Abandonnées par leurs protecteurs et totalement sans défense, les sœurs ont décidé de quitter leur couvent de Qaraqosh et de prendre la route avec des milliers d’autres réfugiés. Il ne leur est resté qu’une demi-heure pour faire leurs bagages. « Nous étions paniquées quand on nous a dit que l’EI était dans les rues, si bien que beaucoup de gens ont même dû s’enfuir en chemise de nuit.

« La distance entre Erbil et Karakosh est d’une heure. Nous avons eu besoin d’une heure, parce qu’il y avait un énorme embouteillage », dit Sœur Lyca. Les sœurs se sont enfuies aux côtés de milliers d’autres réfugiés qui fuyaient l’attaque imminente de l’EI. « De 23h 30 jusqu’au lendemain matin, nous avons avancé à pied sans eau ni nourriture », dit Sœur Diana. « Nous parlons du mois d’août, à un moment où la chaleur, autour de 38 degrés, est insupportable, et tout cela sans eau. » En plus d’être épuisées par la chaleur et la déshydratation, les sœurs ainsi que d’autres personnes ont été confrontées à de terribles images qui leur ont laissé une impression indélébile : « Quand nous sommes arrivées sur la route, nous avons vu des milliers de personnes qui étaient à pied, et beaucoup de voitures », raconte Sœur Diana. « Il y avait entre huit et dix personnes dans des voitures destinées à cinq personnes. Nous avons entendu pleurer et hurler des enfants effrayés. »

Une image a profondément marqué les sœurs : « Quand nous avons traversé un point de contrôle, il y avait une ambulance derrière nous », dit Sœur Lyca. « Nous avons entendu cinq islamistes dans la voiture, et l’armée a commencé à tirer sur la voiture et sur d’autres voitures. Nous avons vu des gens courir en emmenant leurs enfants. Des mères ont pris leurs enfants et les ont jetés dans notre voiture pour les sauver. C’est un moment que je ne peux pas oublier. C’était terrible. »

Comme des brebis sans berger

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Les camps de réfugiés d’Erbil ont également donné aux sœurs un spectacle tragique : « Quand nous sommes arrivées ici, c’était encore plus terrible de voir les gens éparpillés partout comme des brebis sans berger ». Sœur Diana ajoute : « Certaines de ces personnes ont abandonné des villas. Ils avaient tant de choses. Tant ! Et en l’espace de quelques heures, ils sont devenus des sans abri. Nous avons commencé à prendre conscience du fait que notre déportation pourrait durer non pas quelques jours, mais de nombreuses années. »

L’Église ne voulant pas laisser les gens dans cet état, elle a donc pris des mesures pour pouvoir fournir de l’aide. Le lendemain, les églises ont ouvert leurs portes pour accueillir les réfugiés. Les sœurs ont commencé à donner des cours aux enfants autant que possible. Certaines d’entre elles avaient jusqu’à une centaine d’enfants par classe, raconte Sœur Ban.

Malgré ces efforts désintéressés, l’Église et les réfugiés doivent se battre au niveau spirituel : « Ici, nous avons perdu notre dignité. Nous avons été humiliés à bien des égards », dit Sœur Diana. Nous vivons au jour le jour, mais en fait, ce n’est pas de cette manière que des humains devraient vivre. Nous sommes en vie, mais nous vivons dans une cage. Nous n’avons ni la force ni l’énergie pour nous envoler là où nous le voulons ». Bien qu’elles aient travaillé dur pour donner des cours aux enfants, elles craignent que cela ne soit pas suffisant. « Nos enfants passent deux ou trois heures par jour à l’école. Ça n’est pas beaucoup. Nos étudiants sont privés de leurs lieux de formation. En tant que chrétiens, nous aimons être formés. Ce que l’EI fait implique de tuer une nouvelle génération, car si cette génération ne reçoit aucune instruction, la suivante n’en aura pas non plus ». Par ailleurs, les hôpitaux ne parviennent pas à prendre en charge tous les patients. Il y a lieu de craindre que l’aide fournie soit insuffisante. « Pour le gouvernement et même les Nations Unies, nous sommes uniquement des chiffres. Nous ne sommes pas considérés comme des personnes », dit Sœur Diana.

Les sœurs restent toutefois encore remplies d’espérance et gardent leur foi en Dieu. « Nous avons porté toutes ces choses dans notre prière », dit Sœur Huda. « C’est ma foi. Dieu EST avec nous. Dieu nous a sauvés quand nous sommes arrivés ici. Nous aimerions remercier toutes les personnes qui pensent à nous et nous aident ».

Depuis août 2014, AED a aidé les sœurs en détresse par de nombreux projets. Grâce à la générosité des bienfaiteurs, l’Œuvre de bienfaisance a pu fournir de l’aide aux sœurs à hauteur de 569 000 $, par exemple pour l’hébergement, la nourriture, etc.

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