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Irak : « Personne n’a plus à vivre dans une tente »

22 Oct 2015, by Mario Bard in Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Aide d'urgence, Construction, Irak, Oliver Maksan, Persécution, Refugiés

Irak :

« Personne n’a plus à vivre dans une tente » 

Montréal/Königstein, 22 octobre 2015Plus d’un an après leur fuite ou leur déplacement forcé à cause de la milice terroriste État islamique (EI), les chrétiens d’Irak n’ont plus aucun espoir de pouvoir retourner bientôt dans leurs villes et villages d’origine. C’est du moins ce qu’estime Mgr Bashar Matti Warda, l’archevêque chaldéen catholique d’Erbil, lors d’une visite effectuée mardi à Aide à l’Église en détresse (AED).

« Les gens ne se font plus d’illusion et ne croient pas que la libération des territoires occupés se fera rapidement. En tant qu’Église, nous tentons de leur permettre de rester en Irak. En voyant comment l’Église s’efforce de leur venir en aide, les gens y réfléchissent à deux fois avant de se décider à émigrer. »

Au cours de l’été 2014, plus de 125 000 chrétiens s’étaient réfugiés dans la région autonome du Kurdistan irakien, fuyant les troupes de l’ÉI après leur progression fulgurante à Mossoul et dans la plaine de Ninive. C’est donc au Kurdistan du Sud que continuent à vivre la plupart des réfugiés chrétiens.

L’Église donne une réponse humanitaire et pastorale

Cependant, Mgr Warda constate un exode considérable des chrétiens irakiens. « L’année dernière, notre archidiocèse avait enregistré 13 500 familles de réfugiés chrétiens. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’environ 10 000. Cela signifie que plus de 3 000 familles ont quitté l’Irak. »

Les nouvelles sur l’afflux de réfugiés du Proche-Orient partis en Europe sont déjà largement connues parmi les chrétiens d’Irak. « Nous ressentons très fortement cette évolution en Europe. Bien entendu, les gens en prennent conscience et pensent que maintenant, toutes les portes vers l’Europe sont largement ouvertes. » L’archevêque ajoute que, pour l’instant, ils ne constatent encore aucune accélération de l’exode d’Irak engendrée par les événements en Europe. « Toutefois, cela ne facilite pas notre travail pour persuader les gens de rester ici. »

Trip to Iraq of ACN UK, May 2015L’AED soutient le retour à l’école des enfants

Selon Mgr Warda, il est important pour l’Église de procurer une aide qui soit humanitaire et pastorale. « Grâce à nos partenaires, la situation humanitaire s’est stabilisée. Personne n’a plus à vivre dans une tente comme l’an passé. La plupart des gens vivent dans des caravanes d’habitation ou des logements que nous avons loués.

En outre, grâce au soutien de Aide à l’Église en Détresse, nous avons pu ouvrir huit établissements scolaires, de sorte qu’aujourd’hui, il ne reste presque plus d’enfants non scolarisés. L’année dernière, évidemment, c’était différent. Finalement, nous bénéficions d’un approvisionnement en nourriture bien rodé. Nous remettons un colis mensuel à chaque famille. » Toutefois, si le soutien de la part de l’étranger fléchissait, l’archevêque craint que la conséquence soit une augmentation des départs de chrétiens d’Irak.

Quand l’Église soutient, les jeunes reprennent espoir

En plus du soutien humanitaire, souligne l’archevêque, le suivi pastoral est décisif. « Nous avons récemment célébré une fête de la foi, à laquelle 1 200 personnes ont participé. J’ai été profondément ému par les témoignages de foi des gens. Beaucoup de jeunes parlaient de l’obscurité qu’il leur fallait traverser. En effet, fuir leur a non seulement fait perdre leur foyer, mais aussi l’espoir, la joie, la confiance et leurs rêves. Mais, lorsqu’ils ont vu que l’Église les épaulait, que les prêtres et les religieuses étaient à leurs côtés, ils ont repris courage. Leur foi est revenue. Ils n’ont peut-être plus de maison, mais au moins ont-ils une foi vivante. »

Néanmoins, Mgr Warda s’attend à ce que le nombre de chrétiens irakiens diminue encore.

« La situation est très grave. En tant qu’Église, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir. Par contre, ce qui est décisif pour moi à long terme, c’est que les personnes qui restent aient une mission.

Nous autres chrétiens d’Irak appartenons à ce pays. Notre mission est de jeter des ponts, de vivre des valeurs chrétiennes. Mon rêve est de prier le Notre-Père également avec des non-chrétiens. C’est possible sans aucun problème. Mais ce qui est décisif, c’est de le vivre. Le message du Notre-Père est que l’amour de Dieu embrasse tous les hommes. »

Janvier 2015 : le large sourire de Rosa vous dit: Merci, bienfaitrices et bienfaiteurs de l'AED.

Janvier 2015 : le large sourire de Rosa symbolise le  «Merci» aux bienfaitrices et bienfaiteurs de l’AED pour un soutien constant.

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