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Irak – « Nous sommes prêtes à mourir pour notre foi sur le champ, ici même. »

 

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John Pontifex, AED Royaume-Uni

Traduit par Jean-Paul Fontaine, AED Canada

Quand les habitants chrétiens de la ville irakienne de Caramles ont fui devant la progression des troupes de l’Éi, Victoria, 80 ans, faisait partie d’une douzaine de personnes restées derrière. La veuve, catholique chaldéenne, ignorait tout de l’évacuation soudaine qui vidait ce vieux village qu’elle connaissait depuis si longtemps. Le lendemain matin, elle est allée à l’église de Saint-Addai, comme elle le faisait tous les jours. Elle a trouvé la porte verrouillée; les rues étaient désertes. Elle a compris que l’Éi était arrivée.

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Nous avons rencontré Victoria lors de notre première soirée à Erbil, au cours d’un voyage de recherche des faits et d’évaluation de la situation. Elle désirait nous raconter comment elle avait survécu avec Gazella, son amie et voisine.

Pendant quatre jours, elles se sont enfermées dans leurs maisons, n’osant pas mettre le nez dehors. « La prière nous soutenait », de dire Victoria. Mais la nourriture spirituelle ne leur suffisait pas; elles avaient aussi besoin de nourriture matérielle et lorsque leur approvisionnement est devenu très mince, elles sont sorties à la recherche d’eau et de denrées de base.

Comme c’était à prévoir, elles sont tombées sur les troupes de l’ÉI. Elles leur ont expliqué la situation et à leur surprise, ils leur ont donné de l’eau, même après leur refus d’abjurer leur foi.

Quelques jours plus tard, les gens de l’ÉI les ont trouvées chez elles et les ont rassemblées avec les derniers chrétiens de la ville, soit une douzaine de personnes, dans le sanctuaire de Sainte-Barbara, à l’orée de Caramles.IRAK-2

« Vous devez vous convertir », leur ont dit les membres de l’ÉI. Et ils ont ajouté : « Notre foi vous promet le paradis. » Victoria et Gazelle ont répondu : « Nous croyons que si nous faisons preuve d’amour et de bonté, de pardon et de compassion, cela peut conduire au règne de Dieu sur terre aussi bien qu’au ciel. Le paradis, c’est l’amour. Nous sommes prêtes à mourir pour notre foi sur le champ, ici même. »

Les membres de l’ÉI n’ont pas trouvé de réponse. Ils ont relâché la douzaine de chrétiens dont plusieurs étaient âgés ou handicapés. L’un d’entre eux avait une vieille bagnole. On a aussi trouvé d’autres moyens de transport et le groupe a pu se mettre en sécurité.

Victoria et Gazelle sont toujours voisines. Toutefois, elles ne vivent plus dans deux maisons côte à côte, mais sur deux matelas disposés dans la même chambre qu’elles ont louée grâce à l’assistance de l’Église d’Ainkawa, près d’Erbil, la capitale kurde du nord de l’Irak.

Elles ont raconté leur histoire, assises sur leurs matelas. En terminant, Victoria avait les larmes aux yeux. « Ebony » a-t-elle dit, en me tendant les bras. Après l’accolade, son évêque, Amel Nona de Mossoul, lui-même réfugié, m’a expliqué que le mot « ebony » est l’équivalent arabe de « mon enfant ». Je suis parti en pensant que j’étais un enfant qui s’était assis aux pieds d’une femme très forte, très croyante et très amicale.

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