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Irak – Martin Banni, l’histoire d’un séminariste

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Si vous êtes intéressé à contribuer une aide financière pour ce projet, veuillez téléphoner au: (514) 932-0552 poste 226

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Tous les projets en cours de réalisation d’un montant total de 5,77 millions de dollars – l’un des plus importants de l’histoire de l’AED – démontrent l’ampleur du drame vécu par nos frères et sœurs irakiens. Si nos partenaires sont reconnaissants pour notre soutien, nous, nous savons que ces projets sont loin de mettre un terme à cette innommable catastrophe. La menace reste constante et la fragilité de leur cœur non moins persistante.

Voilà pourquoi nous avons encore besoin de votre aide pour continuer à soutenir nos frères et sœurs du Moyen-Orient pris au piège et forcés à se réfugier ailleurs dans leur pays… quand ce n’est pas dans un autre pays.

Marie-Claude Lalonde, directrice nationale

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Un reportage de John Pontifex – AED Royaume-Uni
Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

 

Les bombes tombent et le bruit de la déflagration atteint et effraie les cœurs de la population. Au milieu des bruits de pleurs et de la frénésie, les gens emballent les affaires qu’ils peuvent emporter et se sauvent dans la nuit. Martin Baani, un séminariste de 24 ans, se trouve parmi eux. Il réalise soudain que c’est le dernier combat de Karamlesh.

Pendant 1 800 ans, le christianisme a été chez lui dans les cœurs et les esprits de la population de ce village, témoin de l’antiquité. Aujourd’hui, cette époque est sur le point de parvenir à une fin catastrophique ; l’État islamique progresse.

Un mauvais rêveOFFRANDES PRETRES

Le téléphone portable de Martin sonne : un ami balbutie la nouvelle que la ville voisine de Telkaif est passée à « Daech » – le nom arabe de l’État islamique. Karamlesh sera certainement la prochaine. Martin quitte précipitamment la maison de sa tante où il résidait, et se dirige vers l’église St Addai toute proche. Il prend le Saint-Sacrement, quelques papiers officiels et sort de l’église. Dehors, une voiture l’attend. Son curé, le Père Thabet, et trois autres prêtres sont déjà à l’intérieur. Martin s’y engouffre et la voiture démarre en trombe. Ils quittent Karamlesh et les derniers vestiges de la présence chrétienne dans le village s’en vont avec eux.

En parlant à Martin dans le calme du séminaire Saint-Pierre d’Ankawa, il est difficile d’imaginer qu’il décrit autre chose qu’un mauvais rêve. Mais il n’y a rien d’onirique dans le témoignage de Martin. « Jusqu’à la toute dernière minute, les Peshmerga – les forces armées kurdes qui protègent le village – nous disaient que le séminaire était sûr. « Mais ensuite, nous avons entendu qu’ils installaient de gros canons sur la colline Sainte Barbe – en bordure du village – nous avons alors compris que la situation était très dangereuse. »

Au service de la population

Faisant le bilan de cette terrible nuit du 6 au 7 août, la confiance de Martin est renforcée par la présence de 27 autres séminaristes au séminaire Saint-Pierre. Beaucoup d’entre eux racontaient comment ils avaient eux-mêmes échappé aux griffes des militants islamiques.

SÉMINARISTES

Martin et ses camarades séminaristes savent que l’avenir du christianisme en Irak est sombre. Alors qu’ils formaient une communauté de 1,5 millions de chrétiens avant 2003, ils sont désormais moins de 300 000. Et parmi ceux qui sont restés, il y a plus d’un tiers de déplacés. Plusieurs, sinon la plupart, veulent une nouvelle vie dans un nouveau pays.

Ce n’est cependant pas le cas de Martin : « Je pourrais facilement partir, explique-t-il calmement. Ma famille vit désormais en Californie. J’ai déjà reçu un visa pour aller en Amérique et leur rendre visite. Mais je veux rester. Je ne veux pas fuir le problème ».

Martin a déjà fait le choix caractéristique des prêtres qui ont décidé de rester en Irak ; sa vocation est de servir la population, quoi qu’il arrive. « Nous devons défendre nos droits ; nous ne devons pas avoir peur ». Puis, il explique en décrivant en détail le travail de secours d’urgence qui a occupé une grande partie de son temps, il est clair qu’il sent que sa place est auprès de la population.

Martin est déjà sous-diacre. Maintenant qu’il fait sa dernière année de théologie, l’ordination sacerdotale n’est plus qu’à quelques mois – si Dieu le veut. « Je vous remercie pour vos prières », dit Martin, alors que je prends congé. « Nous comptons sur votre soutien », me dit-il en me saluant.

Aide à l’Eglise en Détresse s’est engagée à soutenir Martin et tous les séminaristes du séminaire Saint-Pierre d’Ankawa, alors qu’ils s’avancent vers l’autel de Dieu et se préparent à devenir prêtres pour servir Dieu et son peuple qui souffre.

L’AED a donné son accord pour douze programmes d’urgence pour l’Irak afin d’aider les milliers de chrétiens irakiens déplacés. Dans le cadre d’une action concertée d’aide d’urgence, accélérée au vu de l’approche de l’hiver, ils recevront de la nourriture, des logements, de l’enseignement scolaire et des cadeaux pour les enfants. Le programme de soutien d’un montant de 5,77 millions de dollars annoncé par l’AED – l’un des plus vastes jamais lancés durant les 67 ans d’histoire de l’œuvre – prévoit en outre une assistance pastorale aux ecclésiastiques et religieuses ayant aussi été obligés de fuir à cause de la crise qui sévit dans le pays.
 

 

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