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Irak – Le rêve de Sœur Clara se réalise !

Une nouvelle école secondaire attend les étudiants le 1er octobre prochain (Qaraqosh)

Le 6 août 2014, la ville de Qaraqosh, située à 25 km de Mossoul dans la plaine de Ninive — autrefois considérée comme la plus grande ville chrétienne du pays —, est tombée entre les mains de l’État islamique (ÉI).

Les chrétiens de cette région d’Irak ont été contraints de fuir leur patrie. L’ÉI a fait de nombreuses victimes, détruit des biens et forcé des milliers de personnes à fuir.

La ville a été libérée par l’armée irakienne en 2016 et après la libération, les familles ont commencé à revenir. Sept ans après l’invasion, la ville a connu des progrès remarquables en matière de reconstruction.

Une famille de Qaraqosh a été capable de revenir à la maison, soutenue par Aide à l’Église en Détresse (AED)

L’Église s’est fortement impliquée dans cette évolution. Les religieuses de la Congrégation Sainte-Catherine-de-Sienne (Dominicaines), très actives dans cette région depuis 1890, en sont un exemple éloquent. Elles ont été parmi les premières personnes à revenir après la libération et à entamer sans hésitation la reconstruction de la communauté. Le retour et la présence des religieuses dans la région ont encouragé de nombreux chrétiens à revenir dans leur patrie et à faire revivre la présence chrétienne dans la plaine de Ninive.

Inauguration du nouveau couvent des Soeurs Dominicaines d’Al-Tahira à Qaraqosh/Baghdeda, le 8 septembre 2018.

Être fidèle à sa vision, coûte que coûte

Dès son retour à Qaraqosh en 2016, Sœur Clara Nas, prieure des Dominicaines de Sainte-Catherine-de-Sienne, a eu l’idée de construire une nouvelle école secondaire. Quand elle a raconté son rêve, les gens ont pensé que c’était impossible : les familles venaient tout juste de vivre les horreurs et les souffrances causées par l’ÉI. Elles commençaient à peine à rentrer et la ville était complètement détruite. Pour beaucoup, il était inconcevable de lancer un projet de construction d’une nouvelle école secondaire.

Une famille de Qaraqosh de retour à la maison, soutenue par Aide à l’Église en Détresse (AED)

Mais Sœur Clara ne voulait pas renoncer à sa vision. « Notre objectif était d’offrir aux jeunes un lieu de réconciliation et de guérison après l’épreuve de plusieurs années de déplacement forcé », explique Sœur Clara. C’est ainsi qu’elle a cherché de l’aide en 2018 pour lancer un grand projet de construction pour une nouvelle école secondaire. Aide à l’Église en Détresse (AED) et la Chancellerie fédérale de la République d’Autriche ont accepté de l’aider dans cette entreprise.

Lors de la visite du pape en mars 2021, une pancarte de bienvenue à Qaraqosh.

La nouvelle de la construction d’une nouvelle école a été accueillie avec une grande joie par les familles de Qaraqosh. En effet, l’une des principales préoccupations de ceux qui étaient revenus ou qui comptaient revenir était l’éducation de leurs enfants.

À l’heure actuelle, la qualité de l’enseignement dans la région est très médiocre. Le nombre d’élèves est si élevé que les écoles les séparent en deux groupes, un groupe d’élèves recevant des cours le matin et un deuxième groupe d’élèves l’après-midi. Par ailleurs, les écoles ne disposent pas d’un matériel pédagogique suffisant. Il n’y a pas non plus assez d’enseignants, car le gouvernement n’accorde pas suffisamment de postes d’enseignants dans la région et ne paie pas non plus de salaires permettant aux professeurs de vivre de leur travail d’enseignant.

À Al Bishara, l’école primaire est dirigée par les religieuses dominicaines de Saint-Catherine-de-Sienne.

Des écoles qui stimulent une nouvelle vie sociale

Si le projet a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme, c’est aussi pour une autre raison : les religieuses étaient connues et appréciées par les habitants pour leur longue expérience dans le domaine de l’éducation. Avant l’invasion du groupe terroriste, les religieuses dirigeaient déjà l’école primaire d’Al Thaira. Elles ont ensuite poursuivi leur mission éducative à Erbil, en tant que réfugiées, dans des écoles provisoires aménagées dans des conteneurs pour les enfants déplacés. L’école primaire de Qaraqosh a été rouverte en 2017 et compte désormais 427 élèves.

Rassemblement dans la cour de l’école primaire d’Al Bashira.

L’école secondaire devrait ouvrir ses portes à 625 élèves, âgés de 13 à 18 ans, le 1er octobre. « En tant que religieuses dominicaines, nous sommes convaincues que l’éducation éclaire l’esprit et ouvre le cœur à la vérité. C’est pourquoi nous avons lancé le projet d’une nouvelle école secondaire dans un village où les jeunes ont désespérément besoin d’un environnement intellectuel sain », explique Sœur Clara.

Construction de l’école secondaire

La nouvelle école, sur trois étages, apportera une aide à la communauté à bien des égards. Tout d’abord, cela renforcera le système éducatif de la région et les élèves seront libérés du fardeau de devoir se scinder en deux groupes pour les cours. En outre, il y aura un terrain de sport à la disposition de tous les jeunes de la région, y compris ceux qui ne vont pas dans cette école.

La construction de l’école secondaire.

D’autre part, ce projet de nouvelle école offre de nouvelles opportunités d’emploi à la population locale. Ainsi, ce sont des personnes locales qui ont été embauchées pour la construction du bâtiment. On estime que jusqu’à 200 ingénieurs, ouvriers du bâtiment et artisans ont participé à la construction de la nouvelle école. Et maintenant, elle va créer des emplois pour les enseignants et d’autres membres du personnel scolaire.

Comme dans leur école primaire, les religieuses auront un aumônier dans leur nouvelle école, car elles savent le grand soutien spirituel que ce service représente pour leurs élèves. Les jeunes pourront utiliser la chapelle de l’école accessible au public, participer à diverses activités religieuses, assister à la catéchèse et se préparer à leur première communion. « Nous vous sommes profondément reconnaissantes pour votre solidarité. Nous apprécions grandement votre soutien moral et financier qui nous aide à rester dans notre pays, a déclaré Sœur Clara à l’AED.

En 2016, une délégation de l’AED visitait l’irak pour inventorier les besoins.

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