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17 Mar 2020, by Amanda in Irak

 

Irak
Batnaya vit de nouveau

Texte par ACN International
Adaptation du texte Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne le 17 mars, 2020

Un programme massif d’investissement vient d’être lancé par Aide à l’Église en Détresse (AED). Il est destiné à redonner vie à un village chrétien d’Irak qui avait été presque entièrement rasé après être tombé aux mains de l’État islamique (ÉI).

 

Le plan conçu pour Batnaya — village catholique chaldéen — par l’œuvre catholique de charité Aide à l’Église en Détresse, prévoit la restauration de l’église paroissiale Saint-Cyriaque, la réparation de la chapelle de l’Immaculée-Conception, de la salle paroissiale, de la bibliothèque et de la maison paroissiale (presbytère). Il est aussi prévu de reconstruire le couvent dominicain Saint-Oraha qui a été totalement détruit ainsi que l’école maternelle gérée par des religieuses et qui pourra accueillir 125 enfants.

 

Ce projet est considéré comme crucial pour la renaissance d’un village dans lequel 99 % des 997 maisons appartenant à des chrétiens ont été détruites par plus de deux années d’occupation islamiste.

 

Annonçant son projet pour le plus dévasté des 13 villes et villages chrétiens de la plaine de Ninive occupés par l’État islamique, le directeur des projets de l’AED pour le Moyen-Orient, le père Andrzej Halemba, a décrit le programme comme « un nouveau pas courageux pour assurer l’avenir de Batnaya. Même si la situation n’est pas très claire, nous voyons l’importance de ce signe d’espérance. L’AED est déterminée à aider les chrétiens à rester. Notre tâche est de soutenir les gens qui voudraient revenir ».

 

Des statues décapitées et des autels brisés, signatures de l’ÉI

Reconstruire Batnaya est une tâche immense, car le village était sur la ligne de front des combats entre l’État islamique et les forces de la coalition. Après la fin de l’occupation par l’État islamique en octobre 2016, le village a été laissé à l’abandon comme une ville fantôme. Batnaya est un territoire que se disputaient le gouvernement fédéral irakien et le gouvernement régional kurde. Des engins explosifs n’ayant pas explosé et disséminés partout sur le territoire ont retardé les travaux qui n’ont pu commencer qu’après la fin d’un vaste programme de déminage. La restauration a également été entravée par les vastes tunnels creusés sous le village par les prisonniers de l’État islamique qui se cachaient sous terre pour échapper aux bombardements.

 

Plus récemment, des travaux ont été mis en œuvre pour réparer les maisons, l’approvisionnement en eau et en électricité et les écoles, et des familles ont enfin commencé à revenir l’été dernier. Depuis huit mois, 300 personnes sont rentrées et les responsables ecclésiaux pensent maintenant que des centaines d’autres vont revenir après avoir été déplacées pendant des années dans les villes et villages voisins.

Les extrémistes avaient brisé des autels, décapité des statues et graffité des messages antichrétiens blasphématoires sur les murs. Les travaux dans l’église et la chapelle comprendront le remplacement des fenêtres, des portes et des tuiles sur le toit, une reprise totale de la décoration et l’effacement des graffitis laissés par l’ÉI, par exemple : « Esclaves de la Croix, nous allons tous vous tuer. Ceci est un territoire islamique. Vous n’avez pas votre place ici. »

 

Pour de nombreux chrétiens, le retour a permis de surmonter les souvenirs laissés par l’État islamique qui a peint un « n », signifiant « nazaréen » (chrétien) sur leurs maisons, et leur a ordonné de payer l’impôt islamique de la djizya ou de se convertir à l’islam, sans quoi ils seraient exécutés par le fil de l’épée. Le repeuplement de Batnaya est essentiel pour rétablir la présence chrétienne dans la plaine de Ninive.