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Éthiopie

Des installations de l’Église attaquée

 Königstein/Surrey, 1er mars 2016 – Presque deux semaines après les événements (18 février), un évêque éthiopien exprime son effroi après qu’un centre paroissial a été attaqué, incendié et pillé par les gens mêmes auxquels les religieux et moniales viennent en aide. Est-ce que la pénurie alimentaire présentement en cours dans certaines régions de l’Éthiopie serait en cause? Pour l’instant, personne ne sait encore exactement quelles sont les motivations des assaillants.

Dans un rapport adressé à l’organisme international de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr Abraham Desta a décrit comment la paroisse de Gighessa – « L’un des plus anciens et plus grands centres paroissiaux du vicariat de Meki » – a été attaquée « par les gens pour lesquels nous travaillons et avec lesquels nous coopérons étroitement ».

 

Mgr Desta, le vicaire apostolique de Meki, a décrit comment les villageois, « y compris les jeunes et les vieux, les femmes et les enfants… ont commencé à jeter des pierres et à détruire les biens de l’Église », notamment le presbytère, le centre pastoral du diocèse, un petit couvent d’ursulines et une clinique spécialisée dans les soins aux personnes handicapées.

Scène de dévastation à l'intérieur de l'une des installations de santé appartenant à l'Église en Éthiopie.
Scène de dévastation à l’intérieur de l’une des installations de santé appartenant à l’Église en Éthiopie.

 

Plus de 55 participants à une conférence sur l’éducation préscolaire qui se déroulait alors dans le centre pastoral ont été obligés de s’enfuir précipitamment pour se mettre à l’abri des assaillants, tandis que les religieuses restaient sur place parce qu’elles ne voulaient pas abandonner leurs patients. Mais plus tard, elles ont dû aussi prendre la fuite avec leur patient.

 

Les assaillants ont incendié le presbytère et volé les réserves alimentaires pour une année entière ainsi que du bétail, dont des vaches. « Les religieuses ursulines qui gèrent l’hôpital ont été laissées sur place avec leurs patients parce qu’elles ne voulaient pas les abandonner. Mais elles n’ont pas été épargnées », a indiqué l’évêque. La foule en furie a d’abord exigé la remise de tous les biens de la clinique, pour ensuite « commencer à tout détruire ou à tout emporter sous les yeux des religieuses, y compris des vêtements personnels. »

 

« Malheureusement, personne n’est venu en aide aux religieuses », ajoute encore Mgr Desta. « Mais, avec la grâce de Dieu, elles sont parvenues avec leurs patients à rejoindre Shashamane, la communauté la plus proche, et y ont passé la nuit. » Actuellement, les patients sont pris en charge à Shashamane. « Ils ont tout perdu, sauf le bien le plus précieux de la vie, que Dieu le Tout-Puissant nous offre. »

« Et c’est triste à dire, mais tout ceci était l’œuvre des villageois auxquels les religieuses offrent leur service et qu’elles connaissent parfaitement – même s’ils ne comptaient pas tous parmi les assaillants –, mais il y en avait tout de même beaucoup. » Les incidents sont survenus le 18 février dernier. L’évêque a confirmé qu’il n’y a pas eu de blessé parmi les participants à la conférence.

 

« Dans sa bonté, le Seigneur a veillé à ce que tous les participants puissent quitter les lieux sains et saufs. Cependant… peu après le départ du groupe, les misérables sont revenus et ont incendié le presbytère… et le pick-up Toyota… et ont détruit tous les autres bâtiments… »

 

« De plus, ils ont emporté tout ce qui appartenait au centre – les meubles, dont plus de 250 lits, des matelas, plus de 700 couvertures, des draps, des housses de couette, quatre ou cinq réfrigérateurs et congélateurs, des lave-linge, téléviseurs, génératrices, copieurs, ordinateurs, et même les portes et les fenêtres de la maison. »  Ils ont laissé « cet endroit dans un état de dévastation et de dépouillement total. Même dans la cuisine, ils ont tout pris. »

 

Maintenance and painting work for Gighessa Socio-Pastoral Training CentreDes questions sans réponses

 

Le butin des assaillants comptait plus de 12 000 kg de denrées alimentaires, notamment du blé, du riz et des pâtes – soit les réserves alimentaires du centre pour toute une année. Les vaches et les poules élevées dans une petite ferme non loin du centre paroissial ont également été volées. L’école est le seul bâtiment du centre à avoir été épargné par les assaillants. L’évêque ajoute : « Aujourd’hui, une question préoccupe nos cœurs et nos pensées : Pourquoi, Seigneur? Pourquoi de cette façon? J’espère que le Seigneur pourra nous donner une réponse en temps voulu. »

Poursuivant son récit, Mgr Desta a raconté comment Dieu a aussi montré qu’Il était à leurs côtés durant l’attaque. « Le Saint Sacrement était resté dans l’église parce que les religieux et les moniales ne sont pas parvenus à y pénétrer… À notre surprise, deux jeunes filles catholiques de Gighessa ont prétendu faire partie des assaillants. Le lendemain, elles y sont allées, ont pris le Saint Sacrement et l’ont emporté dans la communauté de Shashamane. » L’évêque conclut : « À travers tous ces événements, le Seigneur nous rappelle qu’Il se tient à nos côtés jusqu’au bout. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Article: John Newton, ACN intl
Adaptation française: Mario Bard et ACN intl

 


 

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