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Son Excellence  le cardinal Miroslav Vlk, en Allemagne aux bureaux de l’AED – novembre 2003

République tchèque :

« Un flambeau de la foi » disparaît

 

Aide à l’Église en détresse (AED) est endeuillée par la disparition du cardinal Miroslav Vlk, décédé à l’âge de 84 ans, le samedi 18 mars dernier.


« Son Excellence le cardinal Vlk était un flambeau de la foi dans un pays éprouvé par le communisme et dont la population, aujourd’hui encore, affiche le plus faible attachement à la foi de toute l’Europe », indique le Père Martin Barta, assistant spirituel international de l’œuvre de charité. Selon lui, l’ancien archevêque de Prague « a considérablement marqué de très nombreuses personnes par son fidèle témoignage sacerdotal, assuré dans les conditions les plus contraignantes ».

Alors qu’il était tout jeune prêtre, tout de suite après son ordination sacerdotale, le père Miroslav avait été obligé de travailler comme laveur de vitres à cause des mesures répressives anticléricales du gouvernement communiste, et ne pouvait exercer que secrètement son ministère sacerdotal. Après le tournant politique du début des années 90, le Père Miroslav est devenu « une figure symbolique de la foi dans une société forcée à redécouvrir le chemin vers Dieu. » Par ailleurs, le cardinal « était un ami de longue date de notre œuvre », souligne le Père Barta. Le cardinal disait répondre au soutien d’Aide à l’Église en Détresse dans la reconstruction de l’archidiocèse de Prague « par une autre monnaie — celle de la prière ».

Czech/Republic/Praha 08/610 At the archiepiscopal seminary in Praha
Une messe au séminaire de Praha – République tchèque

« Seul Dieu était notre lumière »

En 2007, dans un entretien accordé à l’AED à l’occasion de ses 75 ans, le cardinal a notamment évoqué ses expériences du temps de la persécution : « La persécution nous a aidés à rester plus fidèles à Dieu. D’ailleurs, qui d’autre aurait pu nous aider à part Lui ? Au début, lorsque les communistes se sont emparés du pouvoir, beaucoup de gens en Tchécoslovaquie croyaient encore que les Américains y interviendraient. Mais ce n’était qu’une illusion. Seul Dieu était notre lumière. Durant la persécution, il n’y avait ni littérature ni moyens. On ne pouvait que choisir et chercher Dieu. Pour moi, c’était une immense grâce. » Aujourd’hui, les communistes ne sont plus là. « Mais Dieu n’a pas disparu ! IL est toujours là ! », soulignait le cardinal.

Toutefois, le cardinal Miroslav Vlk percevait aussi avec inquiétude un déclin des valeurs fondamentales dans sa société : un manque de respect d’autrui, de la vie, une baisse du sentiment de l’honneur, la propagation de l’égoïsme. Il estimait également qu’une « société ne peut pas être construite sur l’égoïsme, mais que la capacité à s’ouvrir l’un à l’autre fait partie intégrante de l’identité humaine. L’Église doit surtout témoigner de ces valeurs, car le témoignage vivant et vécu suscite l’intérêt et déclenche un écho dans les cœurs des hommes. »

Le cardinal Miroslav Vilk, archevêque émérite du diocèse de Prague, République tchèque, en visite à l’AED international en 2003, célébrant la messe avec le père Alliende.

« L’amitié dont le cardinal a fait preuve envers nous ainsi que son témoignage constitue un legs précieux que nous conservons en nos cœurs », déclare le Père Barta. « Nous espérons et nous prions afin qu’au-delà de sa mort, son exemple puisse guider les gens afin qu’ils trouvent la foi qui avait été radicalement dévastée par le communisme et qui, de nos jours, vit un délicat renouveau. »

En 1950, la population du territoire de l’actuelle République tchèque (qui, à l’époque, faisait partie de la Tchécoslovaquie) comptait encore 76 % de catholiques. Il n’en reste aujourd’hui que 10,4 %, tandis que 11 % de la population appartient à une autre confession chrétienne. Avec un taux de 34 % de personnes se déclarant sans religion et 44 % de Tchèques ne faisant aucune déclaration sur leur appartenance religieuse, la République tchèque est considérée par plusieurs comme le pays le plus fortement athée d’Europe. À l’époque communiste, l’ancienne Tchécoslovaquie a été l’un des pays où l’Église catholique a été victime des plus graves persécutions.

 

Texte:  Eva-Maria Kolmann, AED International
Adaptation française: Mario Bard, Aide à l’Église en Détresse Canada

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