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Syrie

l’espoir obstiné du père Ziad : la réconciliation

« C’est un état de misère » — De passage vendredi le 3 juin dans les bureaux canadiens d’Aide à l’Église en Détresse (AED), le prêtre jésuite syrien Ziad Hilal a rappelé que la situation en Syrie est toujours extrêmement difficile.

« Les magasins sont détruits par la guerre, les maisons… La moitié du pays est détruite! Donc, c’est misérable, voilà. »

 

Quand on lui demande quel est l’impact sur l’Église, il rappelle d’abord que c’est tout le peuple syrien qui souffre. « Quand on parle aujourd’hui de la guerre, il faut parler de tout le pays et [de tout] le peuple syrien. L’impact, c’est que le peuple syrien est touché par cette guerre, et a perdu beaucoup de choses. Entre autres, la sécurité et la paix. Et dans ça, il y a aussi l’Église. »

 

Le père Ziad Hilal, de passage dans les studios de Radio VM le 3 juin 2016. Lui et ses collègues ont fait le choix du « drapeau blanc » dans le conflit en Syrie.
Le père Ziad Hilal, de passage dans les studios de Radio VM le 3 juin 2016 pour l’émission Vues d’ailleurs. Lui et ses collègues ont fait le choix du « drapeau blanc » dans le conflit en Syrie.

 

Il estime que « l’impact fort » pour l’Église se trouve au niveau « de la migration […] C’est dommage de vider la Syrie des chrétiens. » Du même souffle, il souligne que la Syrie est en train de perdre la « richesse culturelle des civilisations musulmane et chrétienne », et affirme que des musulmans « refusent que les chrétiens quittent le pays. » Le père Ziad croit en l’amitié entre les différentes confessions religieuses et se désole que cet aspect puisse se perdre à cause du conflit.

 

Essentiel travail de réconciliation

 

Un peu plus tôt dans la journée, le père Ziad affirmait au micro de l’émission radiophonique Vues d’ailleurs (diffusion en septembre 2016 sur les ondes de Radio VM) que lui et ses collègues de travail ont fait un choix : « le drapeau blanc ». Ce qui veut dire que l’ancien directeur du Centre social à Homs croit essentiel tout travail de réconciliation entre musulmans et chrétiens, tout comme entre les différentes factions politiques qui se battent sur le territoire syrien.

 

Son travail effectué de 2011 à 2015 – soutenu entre autres par AED – a d’abord été dans le domaine éducatif, afin d’être sûr qu’il n’y ait pas de génération perdue par la guerre. Puis, toujours à Homs, il y a deux grands projets qui permettent le soutien de milliers de familles (6 000, au plus fort des besoins!). Ce soutien dans les domaines de l’éducation, de la santé et du logement est devenu « une aide pour construire le pays, mais également pour la réconciliation entre le peuple, entre les enfants, entre les parents », estime-t-il.

 

Un exemple de ce travail essentiel de réconciliation était la Journée de prière pour la paix, le 1er juin dernier, proposé à l’occasion de la Journée internationale des enfants. À l’invitation d’Aide à l’Église en Détresse, des milliers d’entre eux dans tout le pays, dont certains vêtus de blanc, ont prié et marché en procession pour la paix. « À Marmarita […] nous avons collaboré pour réconcilier deux villages : El Houssen, un village sunnite qui avait beaucoup de problèmes, et Marmarita qui est un village chrétien. Nous avons organisé ensemble un événement entre les enfants des deux villages, une célébration entre chrétiens et musulmans, avec beaucoup de joie, et tous les parents musulmans et chrétiens… étaient présents », raconte le père Hilal. « [Ici], ce n’est pas une aide matérielle, mais c’est une aide spirituelle, ecclésiale et sociale [que nous avons apportée] », estime le religieux.

Enfin, un autre aspect essentiel de tous ces projets « est de permettre aux gens de rester sur place », ce que souhaite ardemment la population.

Peace procession and Prayer day in Syria on the Day of the Child, 01.06.2016
Procession d’enfants le 1er juin 2016, Journée de prière pour la paix en Syrie.

Trois mots pour la nation syrienne

 

Lors de la conférence donnée en soirée au Centre Saint-Pierre de Montréal, le père Ziad est revenu sur les trois mots que le pape François avait prononcés lors d’une veillée de prière pour la paix en Syrie, tenue le 7 septembre 2013 sur la Place Saint-Pierre. « Frères et sœurs, pardon, dialogue, réconciliation sont les paroles de la paix : dans la bien-aimée nation syrienne, au Moyen-Orient, partout dans le monde! », avait-il alors lancé.

 

Des mots qui inspirent toute l’action du religieux qui retournera sous peu chez lui après un an absence. Une inspiration qui, grâce à la prière et à l’action des bienfaiteurs d’Aide à l’Église en Détresse, deviendra peut-être une réalité de réconciliation.

 

Aide à l’Église en Détresse soutient les efforts du père Ziad en Syrie,
et des centaines d’autres projets.
Pour en savoir plus, consulter régulièrement notre site web,
ou bien téléphoner au 514-932-0552, sans frais : 1-800-585-6333.
En 2015, près de huit millions de dollars ont servi à divers projets d’urgence et de réconciliation pilotés par l’Église.
Merci de votre générosité!!!


Emergency help for the families in Marmarita, Vallée des Chrétiens, Homs (October - December 2014)

 


 

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