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Ecuador 2Équateur
Sans mains et sans moyens

 « Nous n’avons pas de mains, pas de moyens pour reconstruire le pays. Nous implorons de l’aide pour que nous puissions ressusciter », affirment Mgr Voltolini, archevêque de Portoviejo et le père Walter Coronel.

Les trois Franciscaines de Canoa sont les seules représentantes de l’Église dans la région. Le séisme a détruit leur église.

Après le tremblement de terre du 16 avril, il n’y a presque plus de maisons sont encore debout dans la petite localité équatorienne de Canoa. C’était un petit village tranquille de pêcheurs, sur les rives du magnifique océan Pacifique, avec des maisons multicolores et très peu d’habitants.

Maintenant, on dirait un champ de bataille. C’est ici qu’habitent les Missionnaires franciscaines de Marie Auxiliatrice. Véritable pilier de la vie du village, ces religieuses sont les seules représentantes de l’Église à des kilomètres à la ronde. Le prêtre ne se rend dans ce village que le dimanche pour y célébrer l’Eucharistie. Voilà pourquoi ce sont les religieuses qui assurent des activités pastorales pour les villageois. Elles président à des mariages, à des baptêmes et à d’autres sacrements.

Une délégation de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) se sont rendus à Canoa pour y planifier différents projets d’aide visant la reconstruction et consécutifs à l’aide d’urgence déjà fournie quelques jours après le séisme. Après sa visite dans la plupart des régions sinistrées, Marco Mencaglia, responsable de projet d’AED pour l’Équateur, a déclaré que « le soutien d’AED est toujours et reste absolument indispensable pour le pays. »

Les murs de l’église sont zébrés de fissures de plus de dix centimètres de largeur. Restées accrochées à des lignes électriques, quelques briques ne sont pas encore tombées à terre. Les fenêtres et vitraux de l’église se sont écroulés en quelques secondes, comme des feuilles de papier. Telle est l’image qui se présente aux trois Franciscaines de Canoa. Désespérées, elles implorent de l’aide. L’église et la salle paroissiale sont complètement détruites.

« À Canoa, l’église est un point de référence. Sa perte est très grave, bien plus grave que celle de n’importe autre bâtiment. Le travail des religieuses de Canoa est extrêmement important », affirme Marco Mencaglia, qui a pu se faire sur place une idée des activités des religieuses. « Si les sœurs s’en vont, c’est Dieu qui s’en va », assurent les villageois.

Le bureau canadien d’Aide à l’Église en Détresse est prêt à recevoir les dons afin d’aider à la reconstruction. Par ailleurs, Marie-Claude Lalonde, directrice nationale du bureau canadien, confirme les propos des religieuses. « Je me suis entre autres rendue en Égypte et à Cuba il y a quelques années. J’ai pu constater que la présence de membres consacrés de l’Église est essentielle pour une petite localité. Ceux-ci assurent non seulement une présence pastorale et spirituelle auprès de la population, mais ils sont bien souvent les seules références sociales vers lesquelles les gens peuvent trouver de l’aide quand la population vit un problème de pauvreté ou un problème familial », explique Mme Lalonde.

 

50 secondes de secousses sismiques, presque 700 morts

« Les gens ont perdu leur quotidien. Il n’y a plus d’emploi. Les enfants ne peuvent plus aller à l’école. Parmi eux, ceux qui ont plus de chance pourront reprendre leur cours dans quelques mois », indique Marco Mencaglia. L’établissement scolaire géré par les Oblates de Saint François de Sales à Rocafuerte, fréquenté par 1500 enfants, est sévèrement touché. « Il faudra que beaucoup de temps avant que l’école retrouve son ancien aspect ».

 

Ecuador 4

 

 

Malgré tout, la vie continue. Il faut se réinventer. Celui qui, avant le séisme, tenait une épicerie vend maintenant ses marchandises dans un stand de rue. En effet, les zones commerciales où les gens avaient l’habitude de faire leurs achats comptent parmi les plus sinistrées, mais « il ne reste pas suffisamment de temps pour réfléchir. Nous devons à nouveau être actifs, travailler », soulignent-ils.

Ecuador 3Les zones dangereuses de nombreuses localités ont été clôturées à cause des risques d’effondrement des bâtiments. L’un après l’autre, la structure de ces immeubles est analysée, et les architectes décident s’ils doivent être entièrement démolis ou pas. Les propriétaires, qui dorment maintenant dans des campements provisoires. S’ils ont de la chance, ils seront informés au préalable de la démolition et pourront récupérer des biens personnels. Mais, plusieurs ressortent « les mains vides » indique Marco Mencaglia.

Le tremblement de terre magnitude de 7,8 a duré 50 secondes. Selon le dernier rapport diffusé par Caritas Ecuador, on compte 660 morts, 31 disparus, 30 223 personnes vivant aujourd’hui dans des logements de fortune, 1 125 bâtiments détruits et 560 établissements scolaires.

« Nous sommes bouleversés et reconnaissants de l’aide apportée par la fondation pontificale AED », ont affirmé Mgr Voltolini, archevêque de Portoviejo, ainsi que le père Walter Coronel.
« Nous avons pu acheter de l’eau, des denrées alimentaires et des vêtements pour les gens qui, maintenant, vivent dans la rue », expliquent-ils. Mais ils demandent aussi à ne pas être oubliés.

Le Père Walter Coronel évoque Saint Grégoire le Grand, patron de la ville de Portoviejo. Dans la cathédrale, la statue du saint s’est écroulée au cours du tremblement de terre. Les mains se sont brisées. « C’est à notre image : nous n’avons pas de mains, pas de moyens pour reconstruire le pays. Nous implorons de l’aide pour que nous puissions ressusciter. »

 


 

 

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