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AED Informations — COVID19

Coronavirus : les chrétiens de Terre sainte paient un lourd tribut (2)

Par Christophe Lafontaine (AED International)
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

Mise en ligne au Canada : 7 avril 2020

Lire la première partie Coronavirus : les chrétiens de Terre sainte paient un lourd tribut (1)

Revenir en Terre sainte après la pandémie

Même appel de la part de frère Alberto qui assure que les frères en Terre sainte répondront aux prières en rendant la pareille sur les Lieux saints pour tous ceux qui souffrent du virus. Mais il explique aussi que les dons et les offrandes seront bienvenus quand cela sera envisageable. Conscient que la situation pourrait s’aggraver pour les chrétiens locaux si la quête du Vendredi saint a été reportée, comme il le craignait. Cette collecte vise à montrer la solidarité des Églises catholiques du monde entier avec la Terre sainte. Elle est pourtant l’une des sources financières principales, destinée à assurer l’entretien des Lieux saints, l’accueil des pèlerins et, mais aussi pour soutenir l’Église locale de Jérusalem et du Moyen-Orient dans leurs efforts pour que les chrétiens restent dans leurs pays. « Pour l’instant, la collecte du Vendredi saint n’est pas annulée, même si en Europe et probablement en Amérique les fidèles ne pourront pas aller dans les églises et ne pourront pas faire leurs dons. Il est prévu de changer la date à l’été, mais rien n’est clair », fait savoir frère Alberto. En cas d’absence de collecte, « les dommages causés représenteraient 80 % de nos revenus », alerte le franciscain.

 

La basilique de la Nativité fermée

En attendant, l’atmosphère en Terre sainte est à la sinistrose. Depuis le 12 mars et jusqu’à une date indéterminée, le Franciscan Pilgrims Office de Jérusalem a annulé toutes les messes réservées par les groupes de pèlerins dans tous les sanctuaires de la Terre sainte. Si pour l’instant, les églises et les sanctuaires en Israël sont ouverts, explique frère Alberto, seulement dix personnes peuvent participer à une liturgie. « Chaque jour, il y a des réunions des chefs des Églises et les décisions sont prises progressivement », explique frère Alberto.

 

Du côté palestinien, les autorités ont placé la ville de Bethléem en quarantaine, il y a maintenant plus de deux semaines (mi-mars 2020). Les écoles et les universités (y compris chrétiennes), les mosquées et les églises sont totalement fermées. Ainsi que, depuis le 5 mars, la basilique de la Nativité, lieu de la naissance de Jésus. « Elle ne fut dans le passé fermée uniquement qu’en cas de guerre ou de siège [ndlr : en 2002] », souligne frère Alberto qui dit n’avoir aucune information de la date à laquelle elle rouvrira.

À Jérusalem, il restait encore vendredi dernier de rares commerces de viandes ou d’alimentation encore ouverts, mais la plupart des rues sont vides, sans vie et les rideaux des magasins quasi tous baissés. Plus aucun pèlerin à l’horizon. « Quand on pense qu’il y a seulement un mois, il n’y avait pas d’endroit où faire dormir les pèlerins ! L’affluence avait été très élevée. Aujourd’hui, il n’y a plus personne, les derniers pèlerins américains sont partis la semaine dernière », déplore frère Ibrahim.

 

Vers des fêtes de Pâques sans pèlerins à Jérusalem

Une Européenne qui vit à Jérusalem depuis des années explique que l’agence de pèlerinages pour laquelle elle travaille a vu tous les groupes de pèlerins prévus jusqu’à fin avril annulés, englobant Pâques qui marque généralement la première haute saison de l’année avec l’arrivée de milliers de visiteurs. « D’autres collègues, confie-t-elle, ont annulé la venue de groupes jusqu’en août. » Tous espèrent un retour à la normale après l’été, pour l’autre haute saison de l’année (septembre-octobre).   « Faisons confiance au Seigneur, tout est dans ses mains même si l’on traverse un moment où c’est plus difficile de le comprendre et de l’accepter », conclut-elle.

 

 

L’AED a approuvé 40 projets en Terre sainte 2018 et 2019 pour un montant de plus de 1012500 $.

 

 

 

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