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23 Juin 2020, by Mario Bard in Adaptation Mario Bard

AED Nouvelles – Coronavirus en RDC
L’Aide à l’Église en Détresse porte secours aux religieuses

Par Christophe Lafontaine, AED Internationales
Adaptation : Annie Desrosiers, AED Canada
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 23 juin, 2020

 

Perte de salaires, déjà notoirement insuffisants. Privation du soutien matériel et financier de la part des fidèles. Grande pauvreté. Les répercussions de la pandémie de coronavirus et du confinement en République Démocratique du Congo (RDC) sont très lourdes pour l’Église. C’est pourquoi, en plus du soutien qu’apporte l’Aide à l’Église en Détresse (AED) aux prêtres et aux séminaristes, l’œuvre de charité internationale vient d’approuver – dans le cadre d’un ensemble de projets « spécial Covid-19 » – une aide d’urgence à la subsistance pour près de 70 communautés de religieuses, dans la province Ecclésiastique de Bukavu, dans l’Est du pays.

 

Au 22 juin, la RDC enregistrait 5 826 personnes contaminées par le coronavirus et affichait un bilan de 130 morts. Avec l’arrivée de la pandémie, la vie des religieuses de la province ecclésiastique de Bukavu à l’est du pays, est devenue un véritable cauchemar. En temps normal, la situation est extrêmement difficile. Dans une région en proie aux conflits interethniques, à l’insécurité, aux incursions des pays voisins, aux enlèvements, aux viols, les religieuses tentent de survivre en enseignant le catéchisme, en travaillant dans des écoles et des centres de santé. Malheureusement, les mesures sanitaires anti-COVID-19 leurs ont coupé les vivres, les plongeant dans une situation de très grande précarité.

 

En effet, depuis l’état d’urgence décrété le 24 mars par le président de la RDC, les salaires ont été suspendus. De plus, le personnel médical dont font partie nombre de religieuses, est rémunéré en fonction du nombre de patients. Or, puisque ces derniers sont souvent réticents à se rendre à l’hôpital, de peur d’être infectés par le virus, les religieuses ont subi une baisse drastique, voire la disparition totale de leurs revenus. Enfin, celles qui travaillent dans les écoles sont censées recevoir une allocation de la part des parents d’élèves. Autant dire qu’à l’heure de la COVID-19 où les écoles sont fermées, ce n’est que pure illusion.

 

Le soutien aux personnes qui soutiennent : essentiel.

À la suite d’un SOS envoyé par l’archevêque de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy, l’AED a décidé, de venir en aide à 69 communautés de religieuses, de six congrégations différentes, vivant dans la province ecclésiastique de Bukavu, qui compte six diocèses. L’aide apportée par l’AED est dédiée à 464 sœurs et s’élève à 174 000 $.

 

« Nous nous devons de leurs apporter un réconfort dans ce dénuement, réconfort qu’elles sauront démultiplier pour les plus démunis qu’elles », explique Christine du Coudray, responsable des projets pour l’AED en RDC. « Quand les conflits ont fait fuir toutes les ONG (organisations non gouvernementales), l’Église demeure, particulièrement les religieuses. Elles demeurent au plus près des populations les plus démunies, comme autant de Mère Teresa qu’on ignore ! », explique-t-elle. Avant d’ajouter : « Combien de fois les ai-je visitées au lendemain d’une nouvelle exaction de bandes rivales, conflit larvé depuis 20 ans, victimes de viols et de tueries qui n’épargnent personne, d’un tremblement de terre, d’un glissement de terrain ou d’inondations impressionnantes, comme c’est le cas aujourd’hui à Uvira [à plus de 100 km au sud de Bukavu], anéantissant tout au passage et laissant un paysage de désolation. »

 

Cette aide vient comme soutien supplémentaire, à la suite du soutien que L’AED a apporté aux prêtres, avec des intentions de messes, envoyées au début de la crise dans différents diocèses du pays. Eux aussi sont confrontés à de grosses difficultés financières, faute de quêtes dominicales ou d’autres ressources. Présentement, à cause de la suspension des activités pastorales et communautaires, beaucoup de prêtres ne sont plus en mesure de subvenir à leurs besoins essentiels, ni d’assurer leur apostolat. Dans un courrier de remerciement envoyé au début de la crise, Mgr Bernard-Emmanuel Kasanda, évêque du diocèse de Mbuji-Mayi (centre de la RDC), expliquait : « En temps normal, ce sont les fidèles qui leur apportent un soutien matériel, comme les vivres et certaines commodités. À présent que leurs ouailles sont en confinement, la vie est brusquement devenue pour tout le monde plus difficile que par le passé, car la plupart de mes concitoyens, marqués par un taux de chômage très élevé (environ 96% de la population), vivent uniquement de la débrouillardise au jour le jour. » Ce sont 289 prêtres et religieux de son diocèse qui ont reçu de nombreuses intentions de messe.

 

De même, plusieurs intentions de messes ont été envoyées en faveur de 25 prêtres de la congrégation des Aumôniers du Travail. C’est un vrai soulagement écrit l’un des bénéficiaires, le père Alain Mwila Wa Ilunga, qui dit vouloir partager son pécule avec les plus démunis et les pauvres malades afin qu’ils se nourrissent du pain quotidien. Le maître des novices de cette congrégation, le père Clément Mwehu Muteba, salue également cet appui financier qui lui permettra de payer le carburant pour assurer non seulement son apostolat à la chapelle qu’il dessert, mais aussi à payer quelques rames de papier pour suppléer aux besoins de la formation des jeunes, dont il a la charge à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.

 

Des intentions de messes sont aussi parvenues au diocèse de Kilwa-Kasenga, à l’est du pays en faveur de 40 prêtres. « Cela nous fait vivre et nous permet de faire vivre des milliers de fidèles qui, grâce à notre modeste travail, écoutent la Sainte Parole et reçoivent les sacrements », explique le père André Mpundu, heureux d’avoir les moyens de continuer son apostolat. Vicaire à la paroisse Bienheureuse Anuarite de Kasenga, il raconte comment une femme âgée de 80 ans, ancienne sacristine, le remerciait récemment pour sa visite, dans le respect des mesures sanitaires : « je reçois régulièrement – lui a-t-elle confié – la visite d’un infirmier pour soigner mes rhumatismes, mais quand c’est toi, mon père, qui vient avec le Christ pour que je communie, ma joie est immense et sans limites. » Les témoignages de ce genre abondent se réjouit le père qui continue de visiter les malades, les aînés et les isolés. C’est fort encourageant pour mon ministère de prêtre », conclut-il.

 

Ensemble, continuons de soutenir l’Église pauvre et persécutée !

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