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Montréal: le parlement européen reconnaît le génocide contre les chrétiens :

« C’est un début, mais ce n’est pas encore assez »

 

Jeudi le 4 février 2016 – « Les députés pressent la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour contrer le massacre systématique des minorités religieuses par le groupe “État islamique”, ÉI ou Daech, dans une résolution votée jeudi », indique un communiqué du Parlement européen.  « Ces violations s’apparentent à des “crimes de guerre”, “crimes contre l’humanité” et “génocide”, selon le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) », ajoute le parlement. Dans le texte voté aujourd’hui, les députés en appellent à prendre « des mesures pour protéger tous les groupes et minorités religieuses contre les attaques de l’EI/Daech. »

 

« C’est une excellente nouvelle », réagit Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien d’Aide à l’Église en Détresse (AED). L’organisme international alerte le monde depuis plusieurs années à propos de ce phénomène tragique, et n’hésite plus à parler de génocide quand il est question des chrétiens du Moyen-Orient, en particulier dans les deux pays touchés par la résolution, la Syrie et l’Irak.

 

L’intérieur du Parlement européen, StrasbourgEuropean-parliament-strasbourg-inside

« Grâce à l’AED, de nombreux évêques du monde oriental – Mgr Louis Sako, patriarche des Chaldéens catholiques d’Irak en tête – se sont rendus à plusieurs reprises ces dernières années rencontrer les députés européens, afin de les sensibiliser à la tragédie que vivent les chrétiens et les autres minorités religieuses de cette région, berceau du christianisme. J’espère que la résolution adoptée aujourd’hui fera boule de neige dans les autres pays d’Occident. »

 

Elle souligne que ce sont 28 pays qui sont présents au Parlement européen, et qui affirment maintenant que les violences actuelles sont, sans l’ombre d’un doute, un génocide.

 

« C’est un début, mais ce n’est pas encore assez », estime-t-elle. « Pour que la communauté internationale bouge vraiment en faveur de ces minorités, il faut que des pays, comme le Canada, reconnaissent l’ampleur de la tragédie. C’est très bien d’accueillir des réfugiés. Mais, que fait-on pour ces milliers de personnes qui ne peuvent partir, et qui sont menacés de mort, de torture et de multiples exactions, par le simple fait d’être d’une religion différente? »

 

Mercredi, Mme Lalonde a fait parvenir une lettre en ce sens au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, au ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et à l’Ambassadeur du Canada pour la liberté religieuse, Andrew Bennett. « Comme organisme hautement préoccupé par la liberté religieuse et la persécution des chrétiens, nous en appelons à vous pour que le Canada ajoute sa voix à celle des Européens », écrit-elle, avant de demander que le pays « prenne position publiquement pour défendre les minorités chrétiennes – et autres minorités religieuses – d’Irak et de Syrie. »

 

Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient les communautés chrétiennes persécutées à cause de leur foi depuis le début des années 50. Derrière le Rideau de fer, le fondateur, Werenfried van Straaten, a aidé les chrétiens qui ne pouvaient pratiquer leur foi librement à cause des régimes communistes. « Aujourd’hui, le travail se poursuit de manières différentes, alors que ce sont surtout les extrémismes religieux qui créent, de toutes parts, l’exclusion menant à la persécution. », conclut Marie-Claude Lalonde, ajoutant : « avec 200 millions de chrétiens* qui ne peuvent pratiquer leur foi librement dans le monde, malheureusement, notre travail est loin d’être terminé. »

 

*Depuis 2009, le rapport de l’AED sur la liberté religieuse dans le monde reste constant à ce sujet.


 

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