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Communiqué – Un temps de réflexion, en solidarité avec l’Église persécutée

Semaine Rouge 2020 – Aide à l’Église en Détresse

Montréal, lundi 23 novembre 2020 novembre 2020 – Près d’une centaine de personnes se sont inscrites à l’événement virtuel du Mercredi Rouge au Canada le 18 novembre dernier. En plus des archevêques de Montréal, de Vancouver et de Toronto – Mgrs Christian Lépine, Michael J. Miller et le Cardinal Thomas Collins – trois invités du Nigeria, du Liban et du Pakistan ont témoigné de la persécution et de la discrimination vécue par les chrétiens de leur pays.

Photo : cathédrale St.Michael de Toronto illuminée de rouge pour le Mercredi Rouge 2020.

 « Nous appartenons aux classes les plus pauvres », a rappelé le père James Channan, un dominicain pakistanais qui est directeur du Centre pour la paix de Lahore. « Notre deuxième problème est que nous sommes très souvent confrontés à la discrimination de la part des autorités et partout où nous travaillons. » Il est aussi revenu sur la question des jeunes adolescentes chrétiennes qui sont enlevées, abusées sexuellement, mariées et converties de force à l’Islam, en plus – dans certains cas – de servir à la prostitution. Une situation que les évêques catholiques pakistanais ont dénoncée dans un communiqué le 6 novembre dernier. Enfin, le père Channan a parlé de la loi sur le blasphème, véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête des chrétiens. « Cette crainte d’être accusés de blasphème reste toujours présente chez les chrétiens, d’être accusés très facilement et faussement de blasphème », et ce, même lorsque ces affaires sont soumises à la Cour suprême et que l’innocence des personnes est avérée, le cas d’Asia Bibi étant le plus célèbre d’entre eux.

De son côté, l’archevêque d’Abuja, la capitale du Nigeria, Mgr Ignatius Kaigama, a rappelé que la situation n’a pas vraiment changé depuis sa tournée du Canada en juin 2018. « [Lors de ce voyage,] j’ai parlé de l’espoir au milieu de la violence et de la persécution. Ce que j’ai partagé avec vous au sujet de mon pays n’a pas tellement changé, car nous continuons à passer d’une crise à l’autre.»

Il a rappelé que plusieurs des jeunes lycéennes enlevées par Boko haram, événement qui avait fait la manchette internationale en 2014, ne sont toujours pas retournées chez elles, et plusieurs ont été converties de force à l’Islam, sauf l’une d’elles : Leah Sharibu, parce qu’elle refuse de se convertir à l’islam. Pour plusieurs, elle est devenue un exemple de courage au cœur de l’adversité. Par ailleurs, Mgr Kaigama est revenu sur les conflits entre bergers Peuls et agriculteurs chrétiens qui ne cessent de s’amplifier. « Les bergers militants n’ont cessé de faire des ravages, tuant des gens et brûlant des maisons et des fermes en pleine nuit, surtout dans le sud de Kaduna, où la population est majoritairement chrétienne ; les bandits terrorisent les chrétiens comme les non-chrétiens, et les kidnappeurs restent toujours une menace.»

2014 : Sœur Micheline auprès des réfugiés Syriens.

L’exode des cerveaux, une « forme de persécution »

Sœur Micheline Lattouf est membre de la communauté de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur au Liban. Dans son témoignage, elle a parlé de l’exode des cerveaux de son pays.
« Cette dernière crise [économique] accélère l’exode des cerveaux. C’est une autre forme de persécution », considère-t-elle. « Le comble c’est l’explosion du 4 août qui a plongé le Liban dans la plus profonde de ses crises contemporaines. La communauté chrétienne en a été la principale victime en termes de pertes humaines et économiques. »

Très consciente des enjeux qui touchent les communautés chrétiennes du Moyen-Orient – discrimination, persécution, exil –, elle en appelle pourtant au dialogue en interpelant ses coreligionnaires. « Quelle est la raison d’être de notre présence en ce coin du monde ? Est-ce que notre présence a juste une couleur politique, démographique ou bien nous avons une mission ? »

Elle a rappelé que, dans une lettre adressée aux évêques catholiques libanais en 1989, Saint-Jean-Paul II écrivait : « le Liban est plus qu’un pays : c’est un message de liberté et un exemple de pluralisme pour l’Orient comme pour l’Occident ! » Pour sœur Micheline, il s’agit d’une attitude fondamentale « Sommes-nous conscients et convaincus de l’urgence actuelle de la mission de la convivialité et du respect de la différence, de la tolérance et de la réconciliation auxquels nous sommes appelés et dont c’est essentiel de témoigner ? C’est notre message pour le monde et c’est notre responsabilité, nous chrétiens de Moyen-Orient malgré toutes les facettes de persécution », estime-t-elle.

Page couverture du rapport Set your captive free. disponible en anglais au Canada dès le 25 novembre, et en français, sous le titre Libérez les captifs, dans la première quinzaine de décembre.

25 novembre : le Christ-Rédempteur de Rio en rouge

Le 18 novembre marquait le début d’une semaine internationale de sensibilisation à la persécution des chrétiens dans le monde et aux questions touchant la liberté religieuse, la Semaine Rouge. En plus de l’illumination d’édifices publics, dont les cathédrales de Montréal et Toronto au Canada ainsi que l’église Saint-Charles au cœur du Vienne historique en Autriche, la statue du Christ Rédempteur de Rio de Janeiro au Brésil sera illuminée de rouge le 25 novembre. Il y aura également publication d’un rapport produit par le bureau britannique de l’AED concernant les chrétiens qui sont emprisonnés à cause de leur foi dans le monde. La sortie de Set your captives free en français Libérez les captifs, aura aussi lieu le mercredi 25 novembre au Canada, en version PDF téléchargeable. La version française suivra dans quelques semaines. Pour plus d’informations sur la persécution des chrétiens et la liberté religieuse, www.acn-canada.org/fr.

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