fbpx
X
Faire un don

COMMUNIQUÉ : Syrie – « Le plus grave et le plus important massacre de chrétiens depuis le début du conflit »

Souffrances à Sadad : les corps d’une famille découverts dans un puits

John Pontifex, AED Royaume-Uni

Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, le mardi 5 novembre –  D’horribles détails ressortent des atrocités commises dans une ville chrétienne de Syrie où 1500 familles ont été prises en otage et 45 personnes tuées, dont deux adolescents, leur mère et trois de leurs grands-parents qui ont été jetés dans un puits. MARTA - AZIZ

Les habitants de Sadad, près de Homs, qui ont fui la ville à majorité syro-orthodoxe quand les rebelles sont passés à l’attaque le mois dernier, sont maintenant rentrés chez eux pour découvrir l’ampleur des atrocités commises au cours de ce qui est considéré comme le pire acte de persécution anti-chrétienne depuis le début de la guerre en Syrie.

1500 familles comme « boucliers humains »

Les rapports, envoyés par des responsables ecclésiastiques à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), décrivent comment, dans cette ville chrétienne antique mentionnée dans la Bible (Ezéchiel), les personnes vulnérables incapables de s’échapper – y compris les personnes âgées, les handicapés, les femmes et les enfants – ont été soumises à des actes de torture tels que la strangulation.

Des sources ecclésiastiques révèlent que 30 corps ont été retrouvés dans deux différentes fosses communes. Les morts découverts dans un puits à Sadad étaient les restes de six membres d’une même famille, parmi lesquels Matanios El Sheikh, 85 ans, son épouse Habsah, 75 ans, leur fille Njala, 45 ans et leurs petits-enfants Ranim, 18 ans, un étudiant en première année à l’université et son frère de 16 ans, Fadi, en classe de première au lycée.

L’enquête établit qu’ils ont été jetés dans un puits le 26 octobre avec la grand-mère paternelle du garçon, Mariam, âgée de 90 ans. Leurs funérailles ont eu lieu hier (lundi 4 novembre) dans une communauté dont la ville date de 2000 ans avant Jésus-Christ. Aujourd’hui, cette communauté pleure la perte de ceux qui sont décrits comme des « martyrs » par les responsables ecclésiastiques.

Les atrocités ont eu lieu pendant une semaine d’occupation de Sadad par le Front Al-Nusra et Daash, des forces rebelles qui, selon les responsables ecclésiastiques, ont retenu 1500 familles comme « boucliers humains » dans le but d’empêcher les troupes gouvernementales de reprendre le village.

La tragédie de Sadad a commencé le 21 octobre, quand les forces rebelles ont envahi la ville et effectué ce que Mgr Selwanos Boutros Alnemeh, archevêque métropolite syro-orthodoxe d’Homs et Hama, a appelé « le plus grave et le plus important massacre de chrétiens » depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011 (Fides – 31/10/13).

Au moins 2500 familles se sont enfuies, en n’emportant que les vêtements qu’elles portaient pour se rendre dans des villes telles que Homs (60 km), et plus loin à Damas, Al-Fhayle, Maskane, Fayrouza, Zaydal et ailleurs. Certaines des personnes qui s’étaient enfuies ont parcouru 8 km à pieds pour trouver refuge.

Les personnes incapables de fuir Sadad ont été rapidement arrêtées par les rebelles dans le cadre d’une tentative pour repousser la contre-attaque des forces loyales au Président syrien Bashar El Assad. Dans les jours qui ont suivi, au moins 30 personnes ont été blessées et 10 sont toujours portées disparues.

Mettre fin aux livraisons d’armes

20121218_012Les comptes rendus de Mgr Alnemeh et d’autres responsables ecclésiastiques décrivent la généralisation des pillages et des destructions de magasins, maisons et bâtiments gouvernementaux ainsi que d’hôpitaux, cliniques, bureaux de poste et écoles. D’après les renseignements, des jeunes déclarent avoir subi des moqueries et des insultes, en raison de leur foi chrétienne, et des mots obscènes ont été inscrits sur du mobilier chrétien.

Sadad, où est parlé l’araméen, la langue de Jésus-Christ, compte jusqu’à 14 églises, dont l’église syro-orthodoxe Saint Théodore qui a été utilisée et profanée par les rebelles. Dans un entretien accordé hier (lundi 4 novembre) à l’AED, le Patriarche melkite gréco-catholique de Damas, Mgr Gregorios III (photo ci-contre), a décrit les atrocités commises à Sadad comme étant « bestiales ».

Soulignant l’assassinat de la famille jetée dans un puits, le Patriarche Gregorios III a déclaré : « Comment quelqu’un peut-il faire des choses aussi inhumaines et bestiales à un couple de personnes âgées et leur famille ? Je ne comprends pas pourquoi le monde n’élève pas la voix contre de tels actes de brutalité ».

Réitérant son appel à mettre fin aux livraisons d’armes à la Syrie, en particulier aux groupes de rebelles extrémistes, le Patriarche Gregorios III a dit que les atrocités avaient déjà initié une nouvelle vague d’émigration des chrétiens de Syrie. Puis, il a ajouté que, jusqu’à présent, les fidèles avaient vu Sadad comme un lieu sûr, comparé à des villes comme Homs où les communautés chrétiennes avaient été attaquées.

Décrivant les atrocités comme « un signe de la montée du fondamentalisme et de l’extrémisme  dans le pays », il a précisé : « Ce qui s’est passé à Sadad est très représentatif de ce qui effraie les chrétiens et ce qui les pousse à quitter le pays. J’ai entendu dire par le cure de la paroisse de Sadad et l’évêque local, qu’un certain nombre de gens étaient en train de quitter la Syrie ».

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents