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COMMUNIQUÉ – pour diffusion immédiate

RDC

nouveau carnage de civils dans l’Est

Montréal, 28 mars 2018 – Selon des informations reçues le mercredi 28 mars par le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse, 13 personnes – tous des civils – auraient été tuées à la machette et à la hache dans la partie est de la commune de Ruenzori, dans la ville de Beni, dans la nuit de mardi à mercredi. Un massacre qui s’ajoute à des milliers d’autres depuis 1995.

 

Dans la ville de Beni, les gens ont manifesté le mercredi 28 mars 2018 contre l’inaction du gouvernement congolais à arrêter les massacres de civils. (Photo : AED)

« Ce nouveau carnage [perpétré par des rebelles ADF] a suscité un soulèvement de la population de Beni, contre le gouvernement de la RDC », écrit une source à l’AED-Canada, contact qui demeure anonyme pour des raisons de sécurité. « Conséquence ; toutes les activités sont restées paralysées sur toute l’étendue de la ville ». Exaspérée, la population a pris la rue, exigeant du gouvernement de la RDC « leur sécurisation et la fin des massacres ». Plusieurs citoyens accusent même les dirigeants congolais d’être complices de ces atrocités.

 

Ces nouveaux carnages dans l’est du pays, aux prises avec des massacres systématiques de sa population depuis 1995, surviennent moins de 48 heures après le vote par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la résolution 2409 prolongeant d’une autre année le mandat de la MONUSCO (forces de paix de l’ONU en RDC).

Un calvaire, depuis 1995

Dans un article publié hier sur son site web, l’AED-Canada parle de « calvaire » pour décrire le climat de terreur qui prévaut dans cette région depuis 1995. « Le diocèse [de Butembo] vit dans un climat de terreur entretenu par les groupes armés, présents dans la région depuis 1995. », soulignait la même source qui nous a informés des carnages de la nuit dernière.

Le cauchemar sans fin qui s’y vit est provoqué par la présence de groupes qui massacrent les populations. Parmi les auteurs, on retrouve un groupe nommé ADF-Nalu, groupe de rebelles musulmans d’origine ougandaise. Ils sont installés dans le diocèse depuis 1995. « Ces malfrats utilisent des machettes et des haches pour tuer, jeunes et vieux, femmes et enfants sans pitié », raconte notre source.

Le corps d’une des victimes du massacre du 28 mars à Beni, République Démocratique du Congo, , caché sous un drap. « L’extraction des ressources minières et le contrôle sur ces richesses, « la convoitise », seraient aussi à l’origine de ces massacres et de ces milliers de déplacements.»

Il parle également « de projet de balkanisation » que des forces inconnues mettraient en place pour littéralement [créer] un «Tutsiland», lequel couvrirait « toute notre province du Nord et du Sud-Kivu ainsi que la province de l’Ituri, qui seraient annexées au Rwanda… Voilà pourquoi les paisibles populations sont massacrées : pour éliminer les traces des populations autochtones qui travaillent leur terrain. Ce qui occasionne donc les déplacements de cette population. Nous ne savons pas à quel niveau se situe la complicité [des différentes autorités gouvernementales], régionales, nationales comme internationales », raconte encore cette source.

L’extraction des ressources minières et le contrôle sur ces richesses, « la convoitise », seraient aussi à l’origine de ces massacres et de ces milliers de déplacements. Depuis décembre 2017, MSF (Médecins sans frontières), estime que 50 000 personnes ont traversé le grand Lac Albert (province de l’Ituri) pour fuir les massacres, les viols de femmes, d’enfants et de vieillards et la destruction de leurs villages. Ils sont accueillis de l’autre côté, en Ouganda.

 

Depuis des années, Aide à l’Église en Détresse soutient les populations de l’est de la RDC, essentiellement et fidèle à sa mission, par l’aide aux communautés religieuses qui travaillent directement après des populations touchées par les massacres et les déplacements. Depuis 2015, Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu 823 projets pour plus de 16 millions de dollars.  

 

 

 


Manifestation dans les rues de Beni, est de la RDC, mercredi 28 mars 2018. Des citoyens sont exaspérés par l’inaction de leur gouvernement contre les massacres de civils qui durent depuis près de 25 ans. 

 

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