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COMMUNIQUÉ: Moyen-Orient – Le programme de la vite du Pape François

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaVISITE PAPE 4

Montréal, le vendredi 28 mars, 2014 – Pour le nonce apostolique en Israël et délégué pour la Palestine, Mgr Giuseppe Lazzarotto, les attentes autour de la venue du pape François en Terre Sainte sont très grandes et ne pourront pas toutes être comblées, la visite ne durant que du 24 au 26 mai.

Alors qu’il recevait une délégation de journalistes de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) en provenance de divers pays – Canada, Espagne, Chili, Allemagne, Royaume-Uni, Suisse – à Jérusalem, la semaine dernière, Mgr Giuseppe Lazzarotto a tenu à souligner que le cœur de la visite du Pontife sera la rencontre entre le pape François et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier. Ainsi, cette visite rappellera celle qu’il y eu 50 ans plus tôt entre le Pape Paul VI et le patriarche œcuménique Athénagoras Ier.

D’abord à Amman, puis Bethléem

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Le Saint Père entamera son voyage à Amman, dans le Royaume de Jordanie. Après une visite de courtoisie auprès du Roi Abdallah II, le Pape célébrera une messe dans le stade d’Amman durant l’après-midi. Pour des raisons de sécurité, seules 20 000 personnes pourront y assister. Ensuite, le Saint Père se rendra sur le site du baptême du Seigneur, sur la rive jordanienne du Jourdain, afin d’y rencontrer des réfugiés syriens et iraquiens ainsi que des malades et des handicapés. Il y aura environ 400 personnes triées sur le volet. Selon le nonce, le Pape passerait la nuit dans la nonciature apostolique à Amman.

Le matin du 25 mai, le Saint Père partirait directement pour Bethléem dans un hélicoptère jordanien. Le Pape décollera probablement du vieil aéroport de Marka, comme Paul VI il y a un demi-siècle, et non du nouvel aéroport d’Amman. À Bethléem, le président palestinien Mahmoud Abbas le recevra au palais présidentiel. De là, le Pape se rendra en véhicule ouvert à la Place de la crèche, devant la basilique de la Nativité, où il célébrera une Sainte Messe. « C’est la seule possibilité pour les gens de voir le Pape de près », affirme le nonce avant d’ajouter qu’à Jérusalem, ce sera impossible.

« Mais là aussi, poursuit-il, il ne se déplacera pas dans un véhicule blindé. Il refuse par principe de le faire, parce que cela signaliserait la peur et enverrait un mauvais message aux gens. Malheureusement, seulement 10 000 personnes pourront assister à cette messe, parce que la Place de la crèche ne pourra en accueillir davantage.

Par ailleurs, cette messe constituerait la cérémonie centrale pour tous les catholiques de Terre Sainte, autant de Palestine que d’Israël. « À la différence de ses prédécesseurs, le Pape François ne se rendra pas à Nazareth, ni ne célébrera de messe publique à Jérusalem. Sur le plan pastoral, nous devons donc nous concentrer le mieux possible sur cette messe. Mais nous devons respecter que cette fois, c’est la rencontre avec le patriarche Bartholomée qui prime. » Après la messe, un déjeuner serait prévu entre le Pape et quelques familles palestiniennes dans la maison des Franciscains.

Accueil du Président, rencontre avec le Patriarche

VISITE PAPE 6Après une prière privée dans la basilique de la Nativité et une rencontre avec des enfants palestiniens réfugiés, un hélicoptère jordanien amènerait le Saint Père à l’aéroport Ben Gurion près de Tel-Aviv, où il serait accueilli officiellement par Shimon Peres, le président de l’État d’Israël. De là, un hélicoptère israélien emmènera le Pape à Jérusalem.

Après son arrivée, il se rendra d’abord brièvement à la nonciature apostolique, où il rencontrera le patriarche Bartholomée pour y signer une déclaration commune, tandis que son escorte continuerait déjà vers le Saint-Sépulcre. « Là, à l’entrée de ce sanctuaire, le Pape rencontrera à nouveau le patriarche. Tous deux viendront symboliquement de deux directions différentes. Ils pénétreront ensemble dans la basilique, et se rendront à Golgotha, lieu de la crucifixion du Christ, ainsi que sur le tombeau du Christ. » Selon le nonce, ils prieront et tiendront des discours.

À la question quant à savoir s’il comptait sur des gestes concrets de la part des deux chefs d’Église, Mgr Lazzarotto a répondu qu’il convenait de laisser le soin au Pape et au Patriarche d’exprimer leur inspiration en ce lieu saint. « Nous devons laisser agir l’Esprit Saint. Mais je suis certain que la rencontre œcuménique portera beaucoup de fruits, comme celle entre Paul VI et Athénagoras. Il s’ensuivra un nouvel essor pour l’unité des chrétiens, et pas seulement pour le synode panorthodoxe prévu pour 2016. Le Pape et le Patriarche veilleront tous deux à ce que cette rencontre ne reste pas un événement isolé ».

Du Temple de Jérusalem jusqu’au Cénacle de Jérusalem

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Cette première journée de visite en Israël s’achèverait par un dîner des délégations œcuméniques au siège du patriarcat latin, dans la Vieille Ville de Jérusalem et le Pape passerait la nuit à la nonciature apostolique de Jérusalem-Est.

Le lundi commencerait par une visite du Saint Père au Mont du Temple de Jérusalem, où il aurait prévu de rencontrer le mufti du sanctuaire islamique. Ensuite, le Pape se rendrait au Mur des Lamentations, pour enchaîner par le programme obligatoire prévu pour les invités de l’État d’Israël.

Ce programme inclurait aussi une visite du mémorial de Yad Vashem, dédié aux victimes de la Shoah. « Depuis deux ans, les consignes protocolaires de l’États d’Israël prévoiraient aussi une visite obligatoire du Mont Herzl, où se trouve la tombe de Theodor Herzl, fondateur du sionisme politique moderne. Le Pape s’y rendra donc également. »

Après avoir rencontré les Grands rabbins d’Israël ainsi que le président et le premier ministre israéliens, le Pape rendra visite au Patriarche au Mont des Oliviers. Ensuite, une rencontre avec des religieux et des ecclésiastiques serait prévue dans l’Église de Toutes-les-Nations, à Gethsémani. Après, le Pape célébrera au Cénacle de Jérusalem une messe privée avec les évêques de Terre Sainte. C’est par cette messe que s’achèvera le voyage du Pape au Moyen-Orient, puisqu’il rentrera à Rome en avion le soir.

Sans paix, pas d’avenir pour les chrétiens

Mgr Lazzarotto a cependant mis en garde contre les attentes excessives résultant de la visite du Pape. « C’est une erreur de penser que par sa seule venue, le Pape puisse résoudre tous les problèmes de cette région, mais sa visite constitue un signe prophétique et libérera certainement de nouvelles énergies pour les gens d’ici tout en leur donnant une nouvelle espérance. »VISITE PAPE 2

À Nazareth, l’évêque auxiliaire Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo, vicaire patriarcal de l’Église latine pour Israël, s’est exprimé en des termes similaires auprès de la délégation de l’AED : «  Le Pape évoquera certainement les thèmes de la paix, de la réconciliation et de la justice. L’avenir de toute la région repose là-dessus. Sans paix, il n’y aura pas d’avenir pour nous autres chrétiens ».

Il est probable que le Pape François aborde également le conflit israélo-palestinien, tout comme l’avait fait Benoît XVI en 2009. « La position du Saint-Siège sur cette question est claire. Nous ne nous mêlons pas de la politique. Les parties en conflit doivent se mettre d’accord. Toutefois, l’Église souligne la justice et les droits de l’homme. » Selon Mgr Marcuzzo, le conflit israélo-palestinien serait la source de tous les conflits de la région.

L’évêque a critiqué le fait que le Pape doive se plier aux nouvelles consignes protocolaires israéliennes et se rendre au Mont Herzl à Jérusalem. « Une visite de la tombe du fondateur du sionisme fournit une mauvaise image dans le monde arabe. » D’une manière générale, Mgr Marcuzzo voit d’un œil critique la conception propre d’Israël en tant qu’État juif. « Il s’ensuit automatiquement que les chrétiens et musulmans arabes sont des citoyens de deuxième classe ».

En outre, Israël émettrait de surcroît des signaux contradictoires. D’une part, l’État hébreu entretiendrait un dialogue avec des non-juifs, mais d’autre part, il existerait beaucoup de discrimination. Il convient toutefois de constater que le Pape François est considéré de manière très positive en Israël. « En fait, poursuit Mgr Marcuzzo, le Pape voyagera avec un rabbin et un imam d’Argentine , et ça, c’est un bon signe. »

 

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