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Soudan du Sud 

l’Épiscopat dénonce la violence contre les civils

 

Réunis du 21 au 23 février derniers, les évêques catholiques du Soudan du Sud ont fermement dénoncé la violence qui prévaut contre les civils, dans ce qui s’apparente à des « crimes de guerre ». Autant l’opposition que le gouvernement sont accusés de tuer, violer, brûler, battre, voler, harasser les civils, empêchant même des villages entiers de procéder aux récoltes. Ce qui commence a provoqué dans certaines régions une famine. Aide à l’Église en Détresse a obtenu une copie de cette déclaration. En voici les grandes lignes.

 

« Nous, évêques catholiques du Soudan du Sud, avons fréquemment écrit des messages pastoraux afin d’exhorter notre nation à changer ; mais il semble qu’ils aient eu peu d’effet », indique-t-il dans ce message dont le titre est tiré du livre d’Isaïe, « Une voix crie dans le désert. »

Displaced People in Riimenze, South Sudan
Enfants déplacés à Riimenze, Soudan du Sud, janvier 2017.

 

« Notre pays n’est pas en paix. Les gens vivent dans la peur. Et la guerre civile, que nous avons fréquemment dénoncée parce qu’elle n’a aucune justification morale, continue. En dépit de nos appels à toutes les parties… en présence pour ARRÊTER LA GUERRE*, le meurtre, le viol, le pillage, le déplacement [des populations], les attaques sur les églises et la destruction continue à travers tout le pays », dénoncent-ils.

 

Les évêques rappellent aussi que les gens ne peuvent procéder aux récoltes à cause de la peur des combattants, que ce soit ceux du gouvernement ou ceux de l’opposition. « Certaines villes sont devenues des “villes fantômes” », écrivent-ils. « Alors que les autorités annoncent que les habitants sont libres de retourner dans leurs maisons, dans les faits, ils n’osent pas. » On a pratiqué la « terre brûlée », expliquent-ils alors « vers quoi les gens vont retourner. Tout cela est une forme de punition collective, ce qui est interdit et considéré comme un crime de guerre selon les conventions de Genève. »

 

Miner la confiance contre l’Église

 

L’épiscopat sud-soudanais donne l’exemple de Sœur Veronica, une docteure tuée par des soldats le 16 mai 2016 alors qu’elle conduisait une ambulance. « Ses tueurs ont été arrêtés, mais nous n’en avons plus entendu parlé, et nous attendons justice. »

 

Par ailleurs, les évêques sont « inquiets » que « certains éléments dans le gouvernement soient apparemment suspicieux envers l’Église. Dans certaines régions, l’Église a été capable d’agir comme médiateur afin de régler des traités de paix ». Mais selon eux, ceux-ci peuvent être « facilement minés si des membres du gouvernement sont déplacés et remplacés par des partisans de la ligne dure qui n’accueillent pas les efforts de l’Église pour la paix. Des prêtres, des religieuses et d’autres membres ont été harcelés. Quelques-uns de nos émissions de radio ont été enlevés. Des églises ont été brûlées », dénoncent les évêques.

 

South Sudan One old womenLe jour de la Saint-Valentin, des agents de sécurité ont tenté de fermer une librairie catholique. « Ils ont harcelé le personnel et confisqué de nombreux livres. » Depuis décembre 2016, une délégation œcuménique qui a visité le pape François à Rome et l’archevêque de Canterbury Justin Welby à Londres, a essayé d’obtenir une rencontre avec le président Salva Kiir : en vain.

 

Les évêques rappellent qu’ils ne sont pas contre le gouvernement, mais « CONTRE* le mal — violence, meurtre, viol, torture, pillage, corruption, détention arbitraire, tribalisme, discrimination, oppression — indépendamment de ceux qui commettent ces actes. » Ils se disent « prêts pour le dialogue avec et entre le gouvernement et l’opposition à tout moment. »

 

Ils concluent en s’adressant plus particulièrement aux fidèles, affirmant : « Nous allons continuer à être “La voix de celui qui crie dans le désert”. Nous souhaitons vous donner l’espoir que vous n’êtes pas abandonnés et que nous travaillons à résoudre la situation à plusieurs niveaux. Finalement, avec une grande joie, nous souhaitons vous informer que le Saint-Père François espère visiter le Soudan du Sud à la fin de cette année. Le Saint-Père est profondément préoccupé par les souffrances du peuple sud-soudanais. »

 

*En majuscule dans le communiqué original

Personnes déplacées à Riimenze, Soudan du Sud

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