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Communiqué : Égypte – « Nous ne savons jamais où les extrémistes frapperont la prochaine fois »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AEDE CanadaÉgypte 1

Montréal, vendredi 4 octobre, 2013.- Malgré une certaine amélioration de la situation des chrétiens d’Égypte en termes de sécurité, le Père Rafik Greiche, responsable médias de l’Église catholique locale, reste inquiet. Dans un entretien accordé mercredi à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED) le Père Greiche a dit : « La situation est devenue un peu plus calme au Caire. Mais nous avons toujours peur de ce qui va se passer par la suite. Les Frères musulmans et d’autres extrémistes ont menacé d’attaquer des églises et des maisons chrétiennes. Nous ne savons donc jamais où ils frapperont la prochaine fois. »

La tentative d’assassinat contre un évêque copte, commise lundi dernier, est l’exemple le plus récent de la situation encore et toujours précaire des chrétiens égyptiens après la chute du Frère musulman Mohamed Morsi le 3 juillet 2013. À ce sujet, le Père Greiche raconte : «  Mgr Makarios, l’évêque copte orthodoxe de Minya, était en route vers le village d’El Saro, pour offrir ses condoléances à une famille en deuil. Il y a dans ce village une église fermée depuis environ dix ans. Une rumeur s’est rapidement propagée, selon laquelle l’évêque serait venu pour rouvrir l’église. C’est pourquoi des djihadistes ont ouvert le feu sur l’automobile de l’évêque. Il a pu s’échapper, mais les coups de feu ont duré plus d’une heure. »

Le travail de la police ne suffit pas

Des habitants du village auraient incontestablement identifié comme djihadistes les hommes armés qui n’étaient pas masqués. Le Père Rafik a souligné que la province de Minya, située en Haute-Égypte, ainsi que celle de Sohag, étaient des hauts-lieux des musulmans radicaux. Ils y seraient extrêmement présents et y disposeraient de soutien dans des familles.

Par ailleurs, en se retirant dans le désert tout proche, il leur serait facile d’échapper aux forces de police venues les arrêter. Dimanche déjà, la veille de la tentative d’assassinat contre l’évêque, la localité d’Ezbet Zakariya, également située dans la province de Minya, avait été le théâtre de violences contre des chrétiens. Des djihadistes ont déclaré que les maisons chrétiennes pouvaient être pillées et incendiées. Les familles chrétiennes ont donc fui le village, a expliqué le Père Rafik.

Égypte 2Quant à savoir si les autorités égyptiennes remplissaient leur tâche de protéger les chrétiens et leurs institutions contre des actes de violence à motivation musulmane, le Père Rafik a répondu : « La police fait ce qui est en son pouvoir, mais cela ne suffit pas. Malheureusement, elle doit aussi s’occuper de nombreux autres problèmes. Dernièrement, les Frères musulmans voulaient occuper la place Tahrir au Caire. Ce n’est donc pas à cause du manque de volonté de la police de nous protéger. Les forces de sécurité ne le peuvent tout simplement pas à cause de leurs moyens limités. »

Voilà pourquoi l’Église tenterait autant que possible de prendre elle-même des mesures de protection. Des extincteurs auraient notamment été achetés en quantité pour pallier aux incendies criminels. Cependant, le Père Greiche confirme l’importance des nombreux cas où des musulmans du voisinage se seraient dressés contre des exactions des Frères musulmans, par exemple contre une église. « J’en ai été témoin moi-même : les gens se battent contre les attaquants jusqu’à l’arrivée de la police. Cela montre bien que les Frères musulmans ne bénéficient pas du soutien de la population, contrairement à ce qu’ils prétendent. Les gens rejettent les Frères musulmans ».

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