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Communiqué de presse – pour diffusion immédiate

Nigeria

le cauchemar des attaques de bergers peuls
Mgr Kaigama lance un appel aux terroristes
et l’AED-Canada est en campagne pour le Nigeria

« Nous ne renoncerons pas à notre lutte pour la coexistence pacifique et pour un comportement civilisé.» Mgr Ignatius Kaigama, archevêque de Jos, Nigeria.

Montréal, 9 novembre 2018 – La ville de Jos, dans le nord du Nigeria, a souffert pendant de longues années de violence interreligieuse de la part du groupe terroriste Boko Haram. Juste au moment où il semblait que la ville allait renaître comme le phénix de ses cendres, les attaques incessantes des bergers peuls, qui ont enflammé de nombreux autres États du pays, mettent un terme à ces espoirs.

Article et entrevues : Grace Attu, ACN-Malte
Adaptation française au Canada : Mario Bard, AED-Canada

Fin septembre, une nouvelle vague de violence a été déclenchée par une attaque commise de nuit par les bergers dans le quartier de Rukuba Road à Jos. Deux jours plus tôt, l’armée et les bergers peuls étaient venus dans le quartier, en prétendant chercher le cadavre d’un garçon peul disparu. Cette ultime attaque de ces bergers nomades a laissé de nombreuses personnes sans défense, orphelines ou veuves.

À Kaduna au Nigeria, un exemple de la destruction par les bergers peuls (archive-2017)

 

L’une des victimes est Blessing Kogi, une étudiante de 23 ans qui vit à Jos avec sa famille. Au cours d’un entretien accordé à l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), elle a expliqué comment elle avait perdu sa mère, trois frères et sœurs, et six autres membres de sa famille lors d’une attaque commise de nuit par des bergers peuls.

 

Blessing Kogi, une étudiante de 23 ans qui vit à Jos avec sa famille.

Récit d’horreur

« Dans la soirée du 27 septembre vers 19h00, nous étions tous dans la maison en train de souper, ma grand-mère, ma mère, trois de mes frères et sœurs, ma belle-sœur, mon neveu et trois de mes cousins. Nous étions en train de manger quand des hommes armés inconnus sont soudainement entrés et ont ouvert le feu. Alors, je suis tombée au sol et j’ai fait comme si j’étais morte, mais l’un d’eux s’est approché de moi et m’a tiré dessus à deux reprises, dans le cou et l’épaule. Ces hommes, qui parlaient entre eux en haoussa et en peul, ont continué leur tuerie dans mon quartier. Au total, 15 personnes ont été tuées : 10 chez moi, trois dans une autre maison et deux ailleurs. Cinq personnes ont également été blessées, dont trois enfants dans une autre maison et deux d’entre nous».

Seule Blessing et l’une de ses cousines ont survécu à l’attaque, bien qu’elles aient aussi été blessées. Son père était encore au travail quand ce tragique événement s’est produit. Tout comme beaucoup d’autres victimes, Blessing est brisée et traumatisée. Elle déclare : « Je sens qu’il ne me reste plus rien dans la vie. Mon père ne mange pas et ne peut même plus parler. Nous ne savons pas quoi faire ni comment tout recommencer. Cette situation a vraiment affecté ma foi en tant que chrétienne. Depuis que tout cela est arrivé, j’ai dit beaucoup de choses sans même savoir ce que je disais. Il me semblait que le Christ avait cessé d’exister. Mais j’ai réalisé plus tard que Dieu est vivant et qu’il sait tout, c’est pourquoi j’abandonne tout entre ses mains. Maintenant, je trouve de la force en priant et en chantant des louanges à Dieu », dit-elle.

Blessing lance un appel passionné aux chrétiens du monde entier : « J’ai vraiment besoin que les chrétiens du monde entier nous aident dans la prière, parce que nous vivons des moments difficiles. Priez pour nous afin que nous soyons plus forts dans le Christ et ainsi il nous donnera la force de supporter cette épreuve ».

Les bergers peuls, également connus sous le nom de milices peules, appartiennent au groupe ethnique des pasteurs nomades qui vivent dans les régions du nord et du centre du Nigeria appelée Middle Belt, la ceinture du milieu. La majorité d’entre eux sont musulmans. Cela fait des années qu’ils sont en conflit avec les tribus indigènes locales, principalement des fermiers chrétiens, à propos des pâturages.

Des paroissiens sont réunis à l’église Saint-François Fwapwa, lors d’une messe en l’honneur de ceux et celles qui ont été tués lors des attaques de septembre.

Mgr Kaigama : les gens « ont besoin d’aide »

L’archevêque de Jos au Nigeria et visage incontesté du dialogue interreligieux dans son pays et à travers le monde, Mgr Ignatius Kaigama, a souvent parlé de la situation lors de sa visite au Canada en juin dernier. Commentant les dernières attaques des bergers peuls dans de nombreuses régions du pays et en particulier dans son archidiocèse il a confié à l’AED : « Une fois de plus, à Jos, des vies innocentes ont été perdues, des propriétés détruites, d’anciennes plaies ont été rouvertes, des traumatismes psychologiques ont été causés et les méfiances interethniques et interreligieuses ont été ravivées. Cette année, les gens n’ont pas été en mesure d’accomplir normalement leurs activités agricoles à cause de la crainte d’attaques constantes. Ils ont certainement besoin d’aide pour la nourriture, les médicaments, les vêtements et surtout pour pouvoir rentrer chez eux et commencer à reconstruire sans que ces marchands de la mort les agressent davantage ».

« Et vous, criminels terroristes, cessez de blesser l’humanité ! La vie est sacrée. Respectez-là ! » Mgr Ignatius Kaigama.

L’archevêque a également déclaré : « Nous ne renoncerons pas à notre lutte pour la coexistence pacifique et pour un comportement civilisé. Chacun doit collaborer : les chefs religieux doivent sincèrement prêcher la paix. Politiciens, arrêtez d’agir de façon maligne en coulisse ! Agents de sécurité, soyez justes, impartiaux et neutres dans vos opérations ! Membres du gouvernement, occupez-vous des citoyens qui sont victimes d’attaques terroristes et criminelles. Jeunes, ne soyez pas irrationnels et cessez de vous laisser utiliser ! Et vous, criminels terroristes, cessez de blesser l’humanité ! La vie est sacrée. Respectez-la ! »

 

Le bureau canadien de l’AED a lancé au début du mois de novembre une campagne pour soutenir les efforts de paix de l’Église catholique au Nigeria nommée « Offrons lui un peu de paix ».


Plus obtenir plus d’informations et faire un don, rendez-vous sur le site web dédié à la campagne :
http://bit.ly/NigeriaAED.
Ou encore, par téléphone : 1-800-585-6333

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