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Succès de l’AED : Inde Dix cyclomoteurs pour soutenir le travail pastoral

07.05.2020 in Adaptation Mario Bard, Inde, Motorisation, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Succès de l’AED : Inde
Dix cyclomoteurs pour soutenir le travail pastoral

Mise en ligne le 7 mai, 2020

Les îles Andaman et Nicobar forment un chapelet de quelque 572 îles de l’océan Indien appartenant à l’union indienne. Seulement 37 d’entre elles sont habitées.

Et même sur les îles habitées, plus d’un tiers de la superficie constitue une forêt tropicale protégée. Elles sont aussi le foyer de nombreuses tribus indigènes aborigènes, y compris certaines qui sont totalement isolées et qui rejettent presque toutes les formes de contact avec le monde extérieur. Depuis les années 80, la population de ces îles ne cesse de croître, en raison des migrations en provenance du continent indien. Aujourd’hui, on y retrouve 380 000 personnes, dont un tiers vit dans la capitale, Port Blair.

Construction et inauguration de l’église St Patrick à Radhanagar, avec Mgr Aleixo das Neves Dias

 

Le diocèse catholique de Port Blair compte environ 34 000 fidèles, presque tous nicobarais. Les 16 paroisses du diocèse sont dispersées sur plusieurs îles, et il existe plus de 500 petites communautés chrétiennes. Pour voyager entre les îles, les prêtres ont besoin de bateaux. Mais, sur les îles, les routes sont difficiles. Presque aucun des prêtres n’a de voiture, et les vieux vélos et cyclomoteurs qui sont couramment utilisés sont très vite endommagés par ces routes en mauvais état.

 

C’est pourquoi, l’année dernière, l’administrateur diocésain a demandé à l’Aide à l’Église en Détresse de l’aider à acheter dix nouveaux cyclomoteurs pour le travail pastoral. Grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, nous avons pu répondre rapidement avec un don de 13 500 dollars, et les cyclomoteurs ont été achetés. Les prêtres peuvent de nouveau atteindre plus facilement les catholiques dans les villages dispersés de ces îles.

 

Les dix prêtres qui ont bénéficié de ces nouveaux cyclomoteurs ont exprimé leur sincère gratitude. Grâce à votre aide, le diocèse peut désormais intensifier son action auprès de la jeunesse, par exemple, et il est plus facile d’aller à la rencontre de tous les fidèles catholiques du territoire.

Nos remerciements les plus chaleureux à tous nos bienfaiteurs!

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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COVID-19 : Au nord de la Syrie – Entre avions de guerre et coronavirus

29.04.2020 in Adaptation Mario Bard, Syria, Voyagez avec AED

COVID-19 : AU NORD DE LA SYRIE
Entre avions de guerre et coronavirus

« Nous n’avons pas peur, mais nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve. »

Publié le 29 avril, 2020

Avant la guerre, plus de 20 000 familles chrétiennes vivaient dans la région d’Al-Jazeera, à la frontière avec la Turquie, dans le nord-est de la Syrie. Parmi elles, il y a beaucoup de descendants de ceux qui étaient venus chercher refuge ici pour fuir le génocide des Arméniens en 1915 ou les attaques kurdes dans la région irakienne voisine de Duhok en 1933.

Aujourd’hui, bien qu’il soit difficile de donner des chiffres, car aucun recensement n’a été effectué, on estime qu’il reste entre 7 000 et 8 000 familles. Trois évêques ont encore leur siège épiscopal dans cette région, également nommée gouvernorat d’Hassaké. Ils sont les représentants des Syro-orthodoxes, des Arméniens orthodoxes et des Assyriens. Une trentaine de prêtres de différentes confessions chrétiennes sont au service des chrétiens restés sur leur terre : Chaldéens, Arméniens orthodoxes, Arméniens catholiques, Syro-catholiques, Syro-orthodoxes et Assyriens.

L’un d’eux est Mgr Nidal Thomas, vicaire de l’église chaldéenne à Al-Jazeera. L’Aide à l’Église en Détresse (AED), qui a aidé les chrétiens du gouvernorat de Hassaké par différents programmes pendant plus de neuf ans de conflits dans la région, s’entretient avec ce prêtre de la situation actuelle dans la région.

Entretien avec Mgr Nidal Thomas,
propos recueillis par Maria Lozano, AED International

 

La région de Hassaké est-elle touchée par le coronavirus ?

Les autorités locales ont imposé un couvre-feu, et tout le monde le respecte. Les gens restent à la maison et sortent à certains moments pour acheter les produits de première nécessité. Aucune infection par la COVID-19 n’a été signalée à ce jour.

 

Comment la situation affecte-t-elle les chrétiens aujourd’hui ? Comment se déroule la vie quotidienne des chrétiens dans la région ?

Le statut des chrétiens est le même que celui des autres groupes confessionnels de la région, musulmans ou autres. À cause du coronavirus, tout le monde reste à la maison. Les magasins sont fermés. Les conditions de vie sont très difficiles parce que la plupart des gens sont des travailleurs indépendants. Les chrétiens doivent consacrer une grande partie de leurs revenus à la nourriture et à d’autres produits de première nécessité. Ils connaissent actuellement des difficultés financières. La hausse des prix et la pénurie de certains produits de base ont entraîné davantage de problèmes. Par contre, le gaz, le carburant, le pain et l’électricité sont disponibles à des prix normaux.

Les gens peuvent-ils amener leurs enfants à l’école ?

Actuellement, avec le coronavirus, toutes les écoles sont fermées. Les écoles privées qui sont de confession chrétienne offrent des facilités pour payer les frais de scolarité annuels.

 

Les écoles chrétiennes sont-elles réservées aux enfants chrétiens ?

Avant la pandémie de coronavirus, seules les écoles chrétiennes fonctionnaient, car 90% des écoles publiques sont contrôlées par les Kurdes qui les ont transformées en bases militaires. Les écoles chrétiennes acceptent les élèves kurdes et musulmans et le pourcentage d’élèves chrétiens n’est que d’environ 10%. Même le personnel éducatif est mixte : kurde, musulman et chrétien.

 

Y a-t-il encore des attaques ?

Il y a encore des attaques à Ras-Alain, dans les banlieues de Qamishli, Hassaké et Malikiya. Les Kurdes, les Russes, les Américains, les Turcs, le Hezbollah et les forces de la coalition harcèlent tout le monde. Les avions de guerre continuent de remplir le ciel, en particulier au-dessus des prisons pleines d’extrémistes musulmans gardés par les milices kurdes. Les attaques ne s’arrêtent pas. Nous n’avons eu que deux ou trois jours consécutifs de calme depuis l’apparition du coronavirus.

 

La vie des chrétiens est-elle encore menacée ?

Il n’y a pas de menace. Au contraire, l’État fait tout son possible pour être aux côtés des chrétiens, et les Églises sont respectées tant par l’État que par les Kurdes, à de rares exceptions près. Nous n’avons pas peur, mais nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve.

 

Les chrétiens peuvent-ils afficher sans crainte leur présence ?

Les chrétiens sont aimés dans la région, d’autant plus que les organisations humanitaires sont toutes chrétiennes. Aller à l’église et faire sonner les cloches est possible comme cela l’a toujours été. Cela n’a jamais changé. Les chrétiens bénéficient d’un grand respect. Rien n’a changé pour le mode de vie chrétien.

 

Les chrétiens reviennent-ils dans cette région de Syrie ? Les chrétiens veulent-ils rester dans leurs villages ?

Pas du tout. Presque tous les villages chrétiens sont vides, sauf un village dont les habitants sont Assyriens. Beaucoup de familles ont quitté le pays et leurs proches veulent partir et les rejoindre. Certains agriculteurs syriens reviennent brièvement d’Europe pour faire les plantations ou les récoltes, puis retournent en Europe.

Plus généralement : quelles sont les relations avec le gouvernement kurde ?

Les relations avec le gouvernement kurde sont bonnes, étant donné qu’il collabore avec les forces armées chrétiennes de Sutoro (principalement syriaques). Seuls quelques abus ont été commis par des soldats bédouins travaillant avec les autorités.

En ces moments difficiles, continuons d’offrir notre soutien si important à nos frères et sœurs dans la foi.

 

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Projet de la semaine AED – Ukraine : achever la construction d’un centre paroissial

31.03.2020 in Construction, PROJETS AED, Ukraine, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Projet de la semaine AED – Ukraine

Aide à l’achèvement d’un centre paroissial à Voyutychi

Encore aujourd’hui, les conséquences de la persécution de l’Église par l’Union soviétique se font sentir en Ukraine. De nombreux bâtiments dont l’Église avait été expropriée par les communistes. Ils n’ont pas encore été rendus ou sont dans un état pitoyable. Ceux qui ont été redonnés ne pourront être réparés que progressivement ou bien ils seront carrément reconstruits quand leur rénovation est impossible.

La paroisse catholique romaine Sainte-Catherine-d’Alexandrie à Voyutychi, dans l’ouest de l’Ukraine (district de Lviv), a été rouverte en 1990 après le changement de régime politique. Cependant, le chemin a été long avant que l’église ne soit restaurée. De plus, le presbytère était en si mauvais état qu’on a dû le démolir. Aujourd’hui, les prêtres vivent dans des pièces étroites et inadaptées, au-dessus de la sacristie de l’église, car ils n’ont pas de logement.

Il n’y a pas non plus d’espaces adaptés pour les nombreuses activités de cette paroisse dynamique qui rassemble 148 familles. Les groupes d’enfants et de jeunes, les enfants de chœur, le club des aînés, la Légion de Marie, la chorale paroissiale et bien d’autres groupes doivent se contenter de locaux inappropriés, ce qui nuit au travail pastoral.

Il a donc été décidé de construire un centre paroissial. Celui-ci permettra de loger les deux prêtres et d’avoir des locaux pour les activités des différents groupes de la paroisse. Les travaux ont déjà commencé. Le père Victor Palczynski nous a demandé de l’aide pour les terminer, et c’est avec plaisir que nous soutenons cette paroisse avec un montant de 15 000 dollars.

(Mise en ligne au Canada : 30-03-2020)

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Pandémie du coronavirus-19 – lettre du président international de l’AED

23.03.2020 in ACN International, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Pandémie du coronavirus-19
lettre du président international de l’AED

Königstein, Allemagne, siège international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)
Le 18 mars 2020

Chers amis,

« Nous notons également qu’avoir le droit d’assister à la messe ou de recevoir la Communion ne va plus de soi. C’est ce qui arrive à beaucoup de nos frères et sœurs dans certaines zones de mission ou dans les dictatures. Ils luttent pour avoir droit aux messes et aux sacrements. »

Alors que, le Mercredi des Cendres, nous nous préparions tous pour le Carême de cette année, aucun d’entre nous ne pensait que cette période de pénitence nous défierait de cette manière. En un rien de temps, nous avons découvert que notre sécurité terrestre et notre liberté étaient ébranlées par une pandémie.

Jusqu’à présent, aucun d’entre nous n’avait vécu une situation aussi extraordinaire. Nous considérons maintenant comme bonnes et raisonnables des mesures administratives qui, pour nous, étaient impensables il y a encore quelques semaines. Mais comment notre foi et notre sentiment de sécurité en Dieu résistent-ils à ces chocs inattendus?

Il est compréhensible que nous nous préoccupions d’abord des malades et des victimes de l’épidémie que nous connaissons. Que nous pensions aux personnes âgées auxquelles nous ne sommes plus censés rendre visite ; ou aux petits-enfants que les plus âgés d’entre nous n’ont plus le droit d’accueillir. Pour beaucoup de gens, et certainement certains d’entre vous, des préoccupations économiques s’ajoutent désormais aussi à cela.

Nous notons également qu’avoir le droit d’assister à la messe ou de recevoir la Communion ne va plus de soi. C’est ce qui arrive à beaucoup de nos frères et sœurs dans certaines zones de mission ou dans les dictatures. Ils luttent pour avoir droit aux messes et aux sacrements. Et nous comprenons maintenant beaucoup plus clairement ce que signifie former une église domestique avec nos enfants et prier ensemble. C’est ainsi que les gens prient là où il n’y a pas de lieux de culte. Nous avons toujours la technologie qui nous permet de participer à des offices religieux retransmis en direct par Internet ou par d’autres moyens. Pour nous, il est donc plus facile d’être en contact non seulement avec Dieu, mais aussi avec nos amis et avec la communauté mondiale des fidèles. Beaucoup de nos frères et sœurs persécutés et souffrants sont privés de ces moyens techniques.

Pendant ce Carême, nous suivons Jésus-Christ au désert de manière plus directe. Dans nos peurs, nous apprenons plus clairement ce que signifie se sentir parfois aussi abandonnés par Dieu. Mais nous pouvons toujours nous soutenir les uns les autres dans la prière. Nous pouvons nous reposer sur la certitude que le pont d’amour et de foi entre les bienfaiteurs, les collaborateurs de l’AED et nos partenaires de projet traverse le monde entier, et que notre prière commune aidera à surmonter cette crise mondiale. Ces derniers jours, nous avons justement reçu de très nombreux messages du Sénégal, du Burkina Faso, du Brésil, d’Haïti ou des Philippines, dont les auteurs nous assuraient de leurs prières pour tous les bienfaiteurs de l’AED.

Notre vie quotidienne a radicalement changé. Mais laissons-nous guider par le principe qui a fait ses preuves, selon lequel chaque crise porte en elle une chance. Cette chance consiste à utiliser le temps soudainement disponible pour grandir intérieurement, pour nous rapprocher de Dieu en prenant avec nous tous ceux qui sont particulièrement proches de nous : nos conjoints, enfants, frères et sœurs et parents. Et puis aussi nos frères et sœurs dans la foi – dans le quartier et dans le monde.

Cela a lieu dans la prière, seul ou en commun, et cela se fait en offrant les difficultés et tourments des semaines à venir pour tous ceux que nous ne pouvons pas aider directement en ce moment ou dont la situation est plus difficile que la nôtre du fait de la maladie ou de la solitude. Pensons également aux familles qui sont aujourd’hui particulièrement confrontées à l’exiguïté des logements. Et n’oublions pas nos frères et sœurs des pays où les chrétiens sont persécutés et discriminés – ils ont souvent des soucis bien plus graves que le virus. Par exemple, continuons de soutenir par des offrandes de messes tous les prêtres de nos pays partenaires qui peuvent célébrer la messe pour nous.

Ces dernières années, j’ai pu à maintes reprises vous remercier pour votre générosité et votre aide en faveur de nos frères et sœurs opprimés ! Aujourd’hui, je vous invite à développer les trois piliers de l’AED, la prière, l’information et l’action, dans une fidélité créative à notre mission, en profitant ainsi de la crise comme d’une occasion de témoigner de Jésus-Christ. 

Peut-être que cette année le Carême durera plus longtemps que ce que le calendrier prévoit, mais Pâques approche. Utilisons ensemble ce temps d’affliction pour saisir plus profondément le mystère de la Résurrection.

C’est le vœu que je formule pour nous tous

En union de prières

Thomas Heine-Geldern
Président international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)


 

Histoire de succès de l’AED – Pérou : 500 Bibles pour les prisonniers

18.03.2020 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Amérique du Sud, Pérou, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Histoire de succès de l’AED – Pérou
500 Bibles pour la pastorale des prisons

Texte : ACN-International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne au Canada : 18 mars 2020

Comme dans de nombreuses régions du monde, les prisons d’Amérique latine sont surpeuplées et les conditions de vie y sont très difficiles.

 

La prison de Callao au Pérou est un bon exemple de cette situation. D’abord prévue pour 1 500 détenus, elle héberge aujourd’hui 5 600 prisonniers ! La pastorale y joue un rôle salvateur. Les détenus se réunissent deux fois par semaine pour faire de la Lectio Divina* et participent à la messe. Près de 800 prisonniers célèbrent ainsi chaque semaine en plus des fêtes de l’année liturgique.

Mgr José Luis del Palacio Peréz-Medel, évêque de Callao, s’est lui-même rendu à plusieurs reprises à la prison. Lorsqu’il est allé à Rome en 2018 voir le Pape François, il lui a remis une lettre écrite par les prisonniers. Le pape a répondu en personne et les a encouragés à croire et à avoir confiance en l’aide et en la Miséricorde du Christ, malgré toutes leurs erreurs et leurs faiblesses.

 

Les Saintes Écritures sont indispensables

Afin d’approfondir et de mieux connaître le message de l’amour et de la Miséricorde de Dieu, les Saintes Écritures sont indispensables. Par contre, les prisonniers et leurs familles sont pauvres et ne peuvent pas s’acheter de Bible. En 2017, grâce au soutien de l’Aide à l’Église en Détresse, 500 Bibles ont pu être distribuées. Grâce à nos bienfaiteurs, nous avons pu à nouveau donner 500 exemplaires de la Bible à la disposition de la pastorale des prisons, grâce à un montant de 7 500 dollars.

 

Ce fut une grande joie et un grand réconfort pour les détenus, et Mgr José nous écrit que les prêtres qui travaillent à la pastorale des prisons ont été également très heureux. Les Bibles sont utilisées pour la Lectio Divina et la catéchèse des candidats au baptême. Un grand merci à tous ceux qui ont offert leur aide !

*Lectio Divina: lecture priante des textes bibliques  (Source : interbible.org) 

 

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Inde : Rencontre de l’AED — Un chrétien libéré après 11 ans de prison

02.03.2020 in adaptation : Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED États Unis, Asie, Inde, liberté religieuse, Persécution, Voyagez avec AED

Inde
Un chrétien libéré après 11 ans de prison
Les accusations sont mensongères

Propos recueillis par Anto Akkara, ACN USA
Adaptation au Canada : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 2 mars, 2020

BHASKAR SUNAMAJHI  (43 ans) est l’un des sept chrétiens accusés à tort et condamnés pour le meurtre en août 2008 d’un dirigeant hindou dans le district de Kandhamal, dans l’État indien d’Odisha, qui s’appelait à l’époque Orissa. Le meurtre a déclenché la pire vague de persécution antichrétienne de l’histoire récente de l’Inde. Près de 100 chrétiens ont été tués, tandis que 300 églises et 6000 maisons ont été détruites. En décembre 2019, après 11 ans de prison, Bhaskar, avec six autres accusés chrétiens, a été libéré sous caution.

Bhaskar et son fils Daud

Bhaskar, qui est membre d’une Église pentecôtiste, s’est confié à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

« Je jouais aux cartes avec mes amis dans le village de Kotagarh lorsque la police est arrivée dans ma maison au toit de chaume vers midi, le 13 décembre 2008. Je n’ai pas été surpris. En tant que gram rakhi (protecteur du village), j’étais habitué à ce que la police débarque, même à des heures bizarres, en me demandant de l’accompagner pour les besoins de son enquête ou autres choses.

“Venez maintenant. Vous pourrez rentrer demain”, m’a dit la police. Sans aucune hésitation, je me suis préparé. Cependant, j’ai été surpris quand ils m’ont dit de prendre de l’argent pour mes dépenses. C’était il y a 11 ans. Aujourd’hui, je suis heureux et ravi d’être de retour chez moi.

La prière, seul réconfort

Au début, je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle on me jetait en prison. C’était comme si je me trouvais en pleine obscurité. Peu à peu, j’ai fait la connaissance des six autres chrétiens qui avaient été arrêtés comme moi. Nous avons décidé de prier ensemble en faisant confiance au Seigneur, car nous n’avions rien fait de mal.

Au départ, d’autres prisonniers (hindous) nous ont traités comme des meurtriers et se sont montrés hostiles envers nous. C’était une situation désespérée. Nous étions tellement affligés que la prière était notre seul réconfort. En plus de nos prières communes, je commençais chaque journée par une prière et je terminais par une prière.

Certains soirs, j’étais en larmes et tellement désemparé ! Je continuais donc à prier tard dans la nuit jusqu’à ce que je m’endorme. Mais sans prière, j’aurais été une épave mentale.

La seule chose positive qui me soit arrivée en prison, c’est d’apprendre à écrire correctement. Je n’avais jamais été à l’école — comme la plupart des gens de notre région éloignée. En prison, j’ai utilisé mon temps libre pour apprendre à écrire.

En plus de lire la Bible, j’écrivais dans un carnet des hymnes que nous utilisions pendant les prières. J’écrivais dans une couleur différente chaque strophe de ces hymnes de piété.

Un long chemin tissé d’actes solidaires

Chaque mois, je ressentais un grand soulagement quand ma femme Debaki me rendait visite. Il lui fallait une journée entière de voyage pour atteindre la prison de Phulbani à partir de notre village, éloigné de 160 km, en changeant plusieurs fois de bus. Elle atteignait la porte de la prison le matin et attendait “l’heure des visites”, qui était souvent l’après-midi.

Un homme heureux d’être enfin libre!

Lorsque notre fils unique Daud a eu quatre ans, Debaki a décidé de le laisser chez un pasteur, à Phulbani, où plusieurs autres enfants se réfugiaient. Comme il n’y avait pas d’école près de notre village, nous ne voulions pas que notre fils soit analphabète comme nous. Parfois, elle emmenait Daud avec elle dans la prison. Ces jours-là, j’étais ravi. Daud n’avait que six mois quand j’ai été mis derrière les barreaux.

Pendant les visites, Debaki fondait souvent en larmes, parce qu’elle était seule et déprimée. Au fil des ans, elle a commencé à me dire à quel point de bons samaritains avaient aidé nos familles. À partir de 2014, elle a commencé à paraître plus optimiste. Elle parlait avec enthousiasme des travailleurs sociaux et d’autres personnes qui venaient visiter nos villages et rassembler des témoignages, y compris de voisins hindous.

En 2015, j’ai été ravi que certaines de ces personnes qui se consacraient à m’aider viennent me rendre visite en prison. J’étais très heureux et j’ai commencé à prier avec ferveur pour ceux qui travaillaient pour notre libération.

Quelques mois plus tard, Debaki est arrivée avec la bonne nouvelle qu’elle allait à New Delhi en mars 2016, avec les épouses des six autres détenus, pour le lancement de la campagne en ligne de demande de notre libération.

Ça nous a tous excités et remplis d’espérance. Nous avons intensifié nos prières et attendu le grand jour. Nous savions que la liberté faisait son chemin. Mais nous avons dû attendre trois ans de plus.

Lorsque Gornath Chalenseth est sorti en mai 2019, nous étions ravis. Nous savions que Dieu travaillait pour nous. Enfin, le 5 décembre, j’ai été libéré sous caution — avec l’accord de la Cour suprême indienne.

Je me suis senti très heureux lorsque tous les sept, nous avons été libérés, la Bible à la main, la veille de Noël dans notre village natal de Kotagarh. J’ai été tout aussi ravi de constater que mon fils, âgé de 11 ans, était devenu plus grand que moi. Je suis heureux d’être de retour auprès de ma femme Debaki, de mes proches et des habitants de mon village. Je remercie Dieu pour la liberté.

J’exhorte tout le monde à prier pour nous sept. Nous ne sommes en liberté que sous caution. Nous continuons d’être reconnus coupables d’un meurtre que nous n’avons pas commis. Nous prions pour que la Haute Cour d’Odisha annule le verdict de condamnation afin que nous puissions vivre en paix ».

Projet de la semaine au Pakistan — soutien pastoral aux jeunes chrétiens

27.02.2020 in Adaptation Mario Bard, Formation, Jeunes, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Projet de la semaine — Pakistan

Souffle d’encouragement spirituel pour les jeunes!

Publié le 27 février, 2020

Sur les 207 millions d’habitants de la République islamique du Pakistan, la moitié a moins de 25 ans et un tiers a moins de 14 ans! Dans une société qui est composée à 97 pour cent de musulmans, les jeunes chrétiens font face à beaucoup plus de défis que leurs pairs. En effet, tous les membres de minorités religieuses sont mis au bas de l’échelle par la société pakistanaise. La plupart des chrétiens ne peuvent donc trouver du travail que comme balayeurs de rue, travailleurs journaliers ou bien comme employés domestiques. 

 

Avoir un nom chrétien peut aussi être suffisant pour être refusé aux études supérieures. Les non-musulmans ne sont tout simplement pas considérés comme des citoyens pakistanais à part entière. Même dans les manuels scolaires, ils sont dépeints négativement, et ce qu’ils apportent au pays reste caché.

 

L’islam est favorisé dans presque toutes les disciplines enseignées, par exemple dans les sujets de rédactions. Les élèves chrétiens sont insultés, poussés à se convertir à l’islam, et marginalisés. Dans le cas des filles, à cause de leur genre-sexe et de leur religion, elles sont doublement discriminées. Les jeunes chrétiennes risquent d’être enlevées et forcées à se marier, ce qui est pratiquement la même chose que d’être convertie de force à l’Islam.

 

2020, Année de la jeunesse!

L’Église catholique du Pakistan accorde donc une importance primordiale afin que les jeunes chrétiens apprennent à être fiers de leur foi et qu’ils sachent étayer des réponses aux préjugés et à l’ignorance. Beaucoup d’enfants catholiques fréquentent l’une des nombreuses écoles du dimanche, mais les jeunes ont également besoin d’être soutenus spirituellement et affermis sur leur chemin de foi. C’est pourquoi l’Église a ouvert au Pakistan « l’Année de la Jeunesse » en novembre 2019, qui est célébrée grâce à de nombreuses initiatives.

 

La Commission jeunesse du diocèse de Faisalabad demande de l’aide pour ses programmes de pastorale jeunesse, dont le but est d’affermir la foi des jeunes femmes et jeunes hommes, mais aussi de faire en sortent qu’ils trouvent une place légitime dans la société pakistanaise. Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient ces projets à hauteur de 10 725 $.

 

Irak – plaine de Ninive : Batnaya renaît de ses cendres !

25.02.2020 in Irak, Voyagez avec AED

Irak
Batnaya renaît de ses cendres

Article de Irmina Nockiewicz et Maria Lozano, ACN International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 25 février, 2020

 

Batnaya est une ville située à environ 24 km au nord de Mossoul, dans la plaine de Ninive en Irak.Avant l’arrivée du groupe État islamique (ÉI), elle comptait 950 familles, toutes catholiques chaldéennes. La ligne de front entre l’ÉI et les Peshmergas* traversait ce village qui a certainement été l’un des endroits les plus durement touchés par les combats, par l’invasion des terroristes islamiques et par les bombardements des troupes de la coalition alliée.

 

Selon une étude menée par l’organisme international de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), seules dix des 977 maisons de la zone sont restées indemnes après la libération de la région à l’automne 2016, les deux tiers de ces maisons ayant été complètement détruites ou brûlées1. C’est pourquoi, et bien que les habitants déplacés de Batnaya se soient réunis à Pâques 2017 pour célébrer leur toute première messe après plus de deux ans d’occupation terroriste, toute idée de retour semblait impossible. Pendant plus de deux ans, Batnaya a été une ville fantôme.

 

Une famille de pionniers soutenue par le curé

 

Du moins, c’était la situation jusqu’à l’été dernier. La première famille s’est présentée le 22 juin 2019. Sa maison était en mauvais état, mais Faris Hanna Naamo voulait revenir. « Après tout, c’était ma maison », explique-t-il à l’AED. Il a été assez têtu pour convaincre sa femme Hana, et avec leurs trois enfants, de revenir. « Il n’y avait pas d’électricité, pas d’eau courante ou bien des voisins. Même quelque chose d’aussi simple que d’aller faire ses courses était risqué, car il fallait parcourir cinq kilomètres en traversant les points de contrôle jusqu’à la ville la plus proche, Teleskuf », explique Faris.

 

« Têtu ou persévérant ? » se demande à voix haute le père Aram Rameel Hanna, curé de Batnaya, qui, dès le début, a été un soutien très important pour la famille de Faris. Le couple lui est très reconnaissant, car, comme ils l’assurent à l’AED, il n’y a pas eu un seul jour pendant cette terrible période sans que le père Aram ne rende visite à la famille :
« Je ne sais pas ce que nous aurions fait sans lui. Nous avons traversé des moments très durs, où il était difficile de croire que tout irait mieux. Je me souviens que ma plus jeune fille, Nour, n’avait pas d’amis avec qui jouer, elle n’avait que sa sœur aînée. Elle prenait sa bicyclette et traversait les rues vides pendant toute la journée. J’avais de la peine pour elle. Quand le père Aram est arrivé, ça a été pour nous un grand cadeau, nous redonnant courage. Ça a été une bouffée d’air frais qui a affermi notre foi. Grâce à lui, nous avons pu rester fermes dans la foi ».

 

Le père Aram insiste pour minimiser son importance, en disant que, à chacune de ses visites, il ne venait que pour prendre une tasse de thé. Pourtant – ce n’est un secret pour personne –, ce prêtre formé à Harvard et qui dirigeait un centre d’aide pour les personnes souffrant de traumatismes et de syndromes liés au stress dans la ville voisine d’Alqosh était sur le point de partir du pays pour terminer ses études, car il avait reçu une bourse. C’est son évêque qui lui a demandé de s’occuper de Batnaya.  Il est resté.

 

Le  « Marché des rapatriés » gagne de nouveaux clients

 

Après la famille de Faris et Hana, une autre famille a eu le courage de revenir : Ghaliy Nouh Oraha, sa femme Sandra et leurs cinq enfants. Ils sont revenus à Batnaya le 25 septembre 2019. Il y avait donc déjà deux familles. Diver Salem, un commerçant, a pensé qu’il était temps d’ouvrir un commerce. C’est ainsi qu’est né le « Marché des rapatriés ». L’audace de Diver Salem a impressionné le père Andrzej Halemba, responsable des projets de l’AED pour le Moyen-Orient. « Diver Salem m’a confié qu’il avait pressenti que le temps était venu, mais je ne sais pas comment il a pu s’imaginer que d’autres familles le verraient aussi de cette façon. Il n’aurait jamais survécu avec seulement deux familles comme clients. Bien sûr, il y a des familles qui se sont senties plus en sécurité grâce à la présence d’un magasin, mais maintenant 75 familles sont déjà revenues ! Je crois que c’est clairement une œuvre de la Providence ; sinon, cela n’aurait pas si bien fonctionné».

 

« J’ai même rencontré un homme qui est revenu d’Allemagne et qui attendait que sa femme le rejoigne », poursuit le père Andrzej Halemba. Il fait référence à Basher Kiryakos Hanna qui, tout comme son épouse, ne se sentait pas chez lui en Europe et est revenu dès qu’il a pu. « Cependant, ce n’est pas facile », souligne le père Halemba, « nous ne pouvons pas oublier les atrocités qui se sont produites en Irak : le danger était réel, et les gens étaient morts de peur. Maintenant, Batnaya refait surface timidement, il y a plus de 300 chrétiens dans la ville, et je suis sûr que d’autres viendront si nous les aidons avec l’AED».

 

Une nouvelle garderie

 

D’ailleurs, il s’agit d’une aide indispensable. En effet, il y a des projets qui sont d’une importance fondamentale pour la vie de la communauté. Les chrétiens de Batnaya ont besoin d’une église, d’un lieu de rencontre et d’une garderie pour leurs enfants. Un autobus scolaire passe chaque matin et prend une vingtaine d’enfants, enthousiastes de retrouver leurs amis et d’apprendre de nouvelles choses. Mais pour les plus jeunes enfants, il n’y a toujours pas de garderie. Les Sœurs dominicaines de Catherine de Sienne, présentes à Batnaya depuis plus de cent ans, ont dû fuir avec la population et l’ont accompagnée pendant l’exil à Ankawa et à Duhok. Aujourd’hui, elles veulent revenir pour continuer à la servir. Elles ont un double projet : reconstruire une garderie et leur couvent, tous deux bombardés pendant les combats. Avec le soutien de l’AED, elles espèrepèrent obtenir des dons pour enfin démarrer les travaux. « Inch’allah [si Dieu le veut] », disent les religieuses qui, bien qu’ayant beaucoup souffert ces dernières années, n’ont perdu ni leur courage ni l’espérance en Dieu.

 

L’église de Mar Kriakhos et la chapelle consacrée à l’Immaculée Conception, profanée, brûlée et pillée par les terroristes de l’ÉI, attendent aussi de l’aide pour leur reconstruction. Les statues ont été décapitées, les vitraux détruits, les terroristes ont utilisé les lieux comme zone de tir et ont dessiné des graffitis en arabe et en allemand : « Esclaves de la croix, nous allons tous vous tuer. Ici, c’est la terre de l’Islam, il n’y a pas de place pour vous ».

 

Fari et Hana, Ghaily et Sandra, Basher Kiryakos ou Diver Salem ont eu le courage et l’audace de revenir et de montrer que leur foi et leur amour pour la terre de leurs ancêtres étaient plus forts que la peur et les menaces. L’AED s’est engagée à les aider à atteindre leur but.

 

*Combattant Kurde

 

  1. Informations disponibles (en anglais seulement) à l’adresse web suivante :

https://www.nrciraq.org/nineveh-plains-destruction-images/destroyed-and-burnt-properties-of-batnaya/

 

Mozambique : « Tragédie » en cours dans le nord du pays

20.02.2020 in Mozambique, Persécution, Voyagez avec AED

 

 

Mozambique
« Tragédie » en cours dans le nord du pays
Entretien avec Mgr Luiz Fernando Lisboa, évêque de Pemba

Paulo Aidoet edité par Maria Lozano, ACN International
Adaptation du texte, Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 20 février, 2020

 

Les attaques dans le nord du Mozambique ont déjà fait plus de 500 morts et des milliers de personnes déplacées, selon Mgr Luiz Fernando Lisboa, évêque de Pemba.

La vague de violence qui frappe le nord du pays depuis octobre 2017 ne semble pas être sur le point de s’arrêter. Le prélat a confirmé qu’il y avait eu « six attaques » entre le 29 et le 30 janvier dernier dans la province de Cap Delgado, lesquelles ont forcé la population à fuir et ont causé des dégâts importants dans les villages situés autour des villes de Bilibiza et Mahate, qui font partie du district de Quissanga situé à environ 120 kilomètres de la ville de Pemba. Pour Mgr Lisboa, ces attaques « sont une tragédie ». L’une d’elles « a visé l’école d’agriculture de Bilibiza, une école de formation des professeurs qui compte plus de 500 élèves ».

« J’ai entendu dire que l’école avait été incendiée, puis que des magasins situés à proximité, avaient été détruits », a raconté le prélat. « Il est très triste que les forces de défense et de sécurité ne puissent pas contenir les attaques sans une aide internationale. Cela fait déjà deux ans et trois mois… Si la situation du gouvernement du Mozambique était meilleure, peut-être que le problème aurait déjà été résolu, mais beaucoup de gens meurent… » déclare l’évêque.

Dans cet entretien accordé à l’organisme international de charité, Aide à l’Église en Détresse, lors de sa visite au Portugal, Mgr Luiz Fernando Lisboa a reconnu que s’il n’existe pas de statistiques officielles du nombre de personnes ayant perdu la vie, le nombre de morts a certainement déjà atteint un demi-millier depuis le début des violentes attaques, à la fin de 2017, contre des villages, des postes administratifs et militaires. Pour terroriser la population, ces attaquants laissent derrière eux des gens décapités, ce qui terrorise la population.

« Il va y avoir une famine ».

Cette situation a un impact direct sur la vie quotidienne des gens. « Les villages se vident, les gens ne sèment plus, ce qui signifie qu’il va y avoir une famine, et nous avons des milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays », explique-t-il.. Selon l’ONU, environ 60 000 personnes ont été déplacées à la suite d’attaques contre des villages du nord du Mozambique. Mais le prélat mozambicain estime qu’il faudrait également compter parmi les victimes, les personnes déplacéesà cause du cyclone Kenneth. « Je pense que le total pourrait s’approcher des 100 000 personnes déplacées ». Menace régionale du fondamentalisme islamique

La région de Cap Delgado, dans le nord du Mozambique, a subi de nombreuses attaques de groupes armés. Mgr Fernando Luiz Lisboa rappelle qu’au début, en octobre 2017, les responsables de la communauté musulmane locale avaient clairement pris leurs distances et manifesté leur rejet des attaques. « Lorsque les attaques ont commencé, il a été dit qu’il s’agissait d’un groupe islamique radical, et les musulmans eux-mêmes ont pris leur distances en disant : “Ils ne sont pas des nôtres, ce sont des bandits”. Mais nous sommes inquiets et tristes, parce qu’il semble que tout ça soit, effectivement, l’œuvre d’un groupe islamique radical ».

L’intensification des attaques pourrait constituer une menace pour la sécurité de la région, certains signes indiquent que les autorités de la Tanzanie voisine sont également en état d’alerte. En fait, la Tanzanie est considérée par les experts en terrorisme comme un lieu de refuge et de recrutement pour les militants extrémistes, lesquels se déplacent facilement à travers les frontières entre les deux pays.

Selon l’évêque de Pemba, « ce serait très inquiétant », car « s’il existe un réseau international ou transnational, cela signifie qu’ils sont plus forts et qu’il sera beaucoup plus difficile d’y mettre fin ».

« Je n’ai pas peur »

La taille réelle des groupes terroristes opérant dans le nord du Mozambique est inconnue. La communauté chrétienne se sent me

nacée, l’évêque lui-même sait qu’il peut être la cible d’une de ces attaques : « Je suis conscient que cela peut arriver, mais honnêtement, je n’ai pas peur. J’essaie de remplir mon rôle qui est de soutenir les missionnaires qui sont là-bas, en ligne de mire, dans les districts où il y a des attaques. Ils sont très courageux. Je loue le Seigneur, je les remercie pour le courage qu’ils ont parce qu’ils sont souvent cette oasis dont les gens ont besoin, quelqu’un pour aller pleurer, se plaindre, raconter ses problèmes, chercher un peu d’aide…. aucun d’entre eux n’a quitté son poste, ils sont là et je ne peux pas et je n’ai pas le droit d’avoir peur. C’est justement parce qu’il faut les aider à continuer à remplir leur mission que j’essaie d’accomplir la mienne de la meilleure façon possible ».

 

Soutien de l’AED

Lors de l’entretien avec l’AED, peu avant de repartir au Mozambique, Mgr Fernando Lisboa a également exprimé sa gratitude pour les projets que l’œuvre soutient dans son diocèse. « L’AED a beaucoup aidé. Nous avons plusieurs projets, tels que des véhicules pour les missionnaires, la formation des séminaristes et ces soutiens sont importants, car sans l’aide des organisations internationales, il serait très difficile pour des diocèses pauvres comme le nôtre, comme la plupart des diocèses africains, asiatiques et latino-américains, de développer leur travail ».

 

Projet de la semaine – soutien pour la pastorale en Éthiopie

19.02.2020 in Ethiopie, PROJETS AED, Voyagez avec AED