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Projets soutenus par l’AED en Irak Nouvelle phase de reconstruction

03.12.2019 in Construction, Irak, Persecution of Christians, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Projets soutenus par l’AED en Irak
Nouvelle phase de reconstruction

 Par Xavier Bisits, ACN International
et Mario Bard, AED Canada 

Mis en ligne le 3 décembre, 2019

Ce n’est qu’en mars de cette année que l’État islamique a perdu les derniers vestiges de son « califat » en Syrie, et il y a un peu plus d’un mois qu’Abou Bakr Al-Baghdadi, le terroriste le plus célèbre au monde, est mort au cours d’une opération menée par des soldats américains.

 

Deux ans après la libération de Mossoul de ses suzerains islamistes, dans la plaine de Ninive – région chrétienne située au nord de Mossoul – la vie reprend lentement avec l’aide de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

Le 30 octobre, Philipp Ozores, Secrétaire général de l’AED, s’est rendu dans la plaine de Ninive pour annoncer le début d’une nouvelle et importante étape de soutien pour cette région : la rénovation des propriétés de l’Église afin de redonner un sentiment de sécurité aux résidents qui sont de retour au pays.

Plus de 35 millions de dollars depuis 2014

Environ 45 % de la population chrétienne de cette région est revenue. Les magasins ont rouvert, de nombreuses maisons ont été réparées, et la vie de l’Église a repris : catéchèse, radio, écoles et groupes de femmes. Ce retour à la normale a été rendue possible en grande partie  grâce aux bienfaiteurs de l’AED qui ont permis à l’oeuvre pontificale de s’engager dans un vaste programme d’aide d’urgence et de rénovation des maisons. Depuis 2014, l’AED a dépensé plus de 35 millions de dollars d’aide d’urgence pour soutenir les chrétiens déplacés en Irak, principalement par le biais de l’aide alimentaire et des aides au paiement des loyers.

 

Dans la plaine de Ninive, l’AED a financé la rénovation de 2 086 maisons, soit 37 % de l’ensemble des maisons ayant été réparées. Ce programme, d’une valeur de plus de 9,6 millions de dollars, a permis le financement de maisons à Qaraqosh, Bartella, Tesqopa, Karamless, Bashiqa et Bahzani.

 

Rétablir la confiance et la sécurité

 

Cependant, l’émigration reste une menace sérieuse pour l’avenir de la région car certaines personnes perdent l’espoir que le christianisme puisse de nouveau s’épanouir un jour en Irak. Ils partent vers des pays comme l’Australie et l’Allemagne chercher un avenir meilleur. Le taux d’émigration est tel qu’il est urgent de prendre des mesures pour rétablir la sécurité et donner des raisons positives aux chrétiens irakiens de rester dans leur patrie.

Dans ce contexte, l’AED s’engage dans une nouvelle phase de projets visant à assurer la sécurité des personnes dans les villes où elles se sont réinstallées. Il s’agit de projets de reconstruction d’infrastructures ecclésiales dans plusieurs villes de la région.

Ozores a assisté à une réunion du Comité de Reconstruction de Ninive (CRN), présidée par le Père Andrzej Halemba, responsable de la section Moyen Orient de l’AED, pour annoncer plusieurs de ces projets. Des représentants de l’Église syro-catholique (Père Georges Jahola), de l’Église syro-orthodoxe (Père Jacob Yasso) et de l’Église catholique chaldéenne (Père Thabet Habib) ont assisté à cette réunion. M. Ozores a affirmé aux participants la solidarité de l’Église catholique mondiale : « Nous sommes avec vous, et nous resterons avec vous en Irak. »

 

Restaurer la plus grande église d’Irak

 

Le projet principal est la grande église Al-Tahira, la plus grande église d’Irak, située à Qaraqosh (aussi appelée Baghdeda), la plus grande ville chrétienne d’Irak qui est à 95% syro-catholique.  L’AED soutiendra la restauration de l’intérieur de l’église évaluée à 765 000 dollars. Cet intérieur a été gravement endommagé par le feu. En effet, avant de fuir la ville, les militants de l’État Islamique ont empilé les bancs et autres meubles et ont tout incendié.

 

Les paroissiens se rassemblent chaque jour dans les vestiges de l’église, bien que beaucoup soient affligés parce qu’ils doivent prier dans une église manifestement profanée alors qu’elle était autrefois la fierté de la ville. De nombreuses personnes ne se sont pas encore remises du traumatisme du déplacement, de l’assassinat de leurs proches, et du fait que leur maison ait été colonisée pendant deux ans par des fanatiques islamistes et leurs esclaves yézidis. L’AED espère que ce projet redonnera espoir aux chrétiens restés en Irak – un fragile ensemble représentant à peine  10 % des 1,5 million de chrétiens qui vivaient dans le pays avant le déclenchement de la guerre civile et le meurtre, pour des raisons religieuses, d’au moins mille chrétiens.

 

Bien que les chrétiens de la plaine de Ninive aient prouvé leur résilience, en cette période critique de reconstruction, ils espèrent ne pas être oubliés.

« C’est notre pays, et c’est un témoignage que nous pouvons donner pour le Christ … Je profite de cette occasion pour remercier toutes les personnes qui nous aident, car une Œuvre telle que l’AED ne pourrait pas nous aider sans le soutien de ses bienfaiteurs ».

 

Une fois l’intérieur restauré, d’autres travaux devront être faits pour restaurer l’extérieur endommagé et le clocher du bâtiment. L’archevêque syro-catholique de Mossoul, Mgr Petros Mouche, a déclaré à l’AED : « Pour nous, cette église est un symbole. Elle a été construite en 1932 par les habitants de Qaraqosh. Pour cette raison, nous voulons qu’elle reste un symbole chrétien afin d’encourager les gens, en particulier les habitants de Qaraqosh, à rester ici  C’est notre pays, et c’est un témoignage que nous pouvons donner pour le Christ … Je profite de cette occasion pour remercier toutes les personnes qui nous aident, car une Œuvre telle que l’AED ne pourrait pas nous aider sans le soutien de ses bienfaiteurs ».

L’AED a également approuvé plus de 1,3 millions de dollars d’aide pour la reconstruction de la salle paroissiale Najem Al-Mashrik à Bashiqa, une ville yézidie-chrétienne, avec une importante population syro-orthodoxe. La salle permettra à l’Eglise de célébrer à nouveau de grands mariages et encouragera ainsi les jeunes à se construire un avenir dans leur patrie, plutôt que de se tourner vers des pays étrangers.

 

Le Père Daniel Behnam, prêtre local, a déclaré : « Nous sommes heureux d’entamer la reconstruction de la salle Najem Al-Mashrik. Ce projet contribuera à assurer la survie des familles chrétiennes et leur fournira des services importants. Il aidera en particulier les jeunes en leur offrant un espace pour des activités pastorales, culturelles et sociales ».

 

L’AED a également récemment approuvé 13 autres projets d’une valeur de plus d’un million de dollars pour les chrétiens syro-catholiques, chaldéens et syro-orthodoxes, tous destinés à la reconstruction des biens ecclésiastiques endommagés par les djihadistes de l’État Islamique.

 

L’AED, Aide à l’Église en Détresse, est une œuvre pontificale de charité qui dépend principalement de petits donateurs pour apporter soutien et espérance à l’Église pauvre et persécutée.

Pakistan – Récit : enlèvement de deux jeunes filles chrétiennes

25.11.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Asie, Enfants, Entrevue AED, Pakistan, Par Tabassum Yousaf, Voyagez avec AED

Pakistan – Récit
enlèvement de deux jeunes filles chrétiennes

 

Samra n’a pas été revue par ses parents depuis son enlèvement et son mariage forcé.

Ceci est l’histoire de Samra Munir (13 ans) et Neha Pervaiz (14 ans). Ces jeunes filles, toutes deux catholiques, ont été enlevées chez elles par des musulmans. Samra a été forcée de se marier et de se convertir à l’Islam. Sa famille ne l’a pas revue depuis. Nehah a été agressée sexuellement, mais elle a pu échapper à son ravisseur. Ce ne sont là que deux exemples d’enlèvement de jeunes filles chrétiennes mineures au Pakistan et de la pratique du mariage forcé et de la conversion forcée à l’Islam. Ce type de crimes est en forte augmentation.

 

Récit écrit par Tabassum Yousef, ACN International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 

Samra aide sa famille  : elle aime cuisiner et donne un coup de main pour les tâches ménagères. Malheureusement, elle n’a fait que trois années d’école primaire, sa famille ne vivant que de salaires journaliers et ses parents n’ayant pas les moyens de payer les frais de scolarité.

 

Le 16 septembre 2019, Samra a été enlevée. Elle était seule à la maison ; ses parents étaient au travail et ses frères et sœurs étaient au marché. Elle a été jetée de force dans une voiture et emmenée. Shahzad, le frère de Samra, a vu la voiture s’éloigner. Il a couru, mais n’a pas pu la rattraper. Les parents de Samra ont signalé, et ce, à plusieurs reprises, l’enlèvement de leur fille, mais la police locale a soutenu avec insistance qu’elle n’avait pas été enlevée, mais qu’elle s’était plutôt enfuie de chez elle. On a même dit à ses parents de ne pas inventer d’histoires.

 

Mariée de force : la police de fait rien

 

Un certain temps s’est écoulé avant que la famille ne reçoive des nouvelles. Ils ont appris que Samra s’était mariée et s’était convertie à l’Islam. Sur son certificat de mariage, il était indiqué qu’elle avait 19 ans, bien qu’elle en ait 13. La police a ordonné à ses parents de ne pas revenir les voir. Ils ont aussi reçu des menaces indiquant que leur autre fille, Arooj, subirait un sort similaire.

 

Pourtant, la famille a insisté. Ils ont emprunté 40 000 roupies (environ 260 $) pour avoir de l’argent à donner aux agents à chaque fois qu’ils se rendaient au poste de police, et ce, dans l’espoir que l’argent inciterait la police à agir. Ils ont vendu leur machine à coudre ainsi que leurs téléphones. Chaque dollar qu’ils ont gagné a été consacré à la recherche de Samra ; mais jusqu’à présent, leurs efforts n’ont rien donné.

 

Sa sœur Arooj a déclaré : « Ma vie n’est pas facile. Samra nous manque, nous n’avons pas d’appétit et nous dormons mal. Je ne vais pas à l’école parce que nous n’avons pas les moyens. Pourtant, je sais que Dieu ne nous a pas abandonnés. Jésus est avec moi. Je porte un chapelet avec moi tout le temps et je prie Marie notre Mère de continuer à nous protéger.

 

Cette région n’est pas sûre pour nous. Mes amis musulmans me traitent bien, mais leurs mères ne m’aiment pas. Elles pensent que je suis impure, je ne peux utiliser que certaines assiettes et certains verres. J’aime mon pays, mais je veux vivre dans un endroit où nous soyons tous respectés. Je demande humblement aux dirigeants du monde de travailler pour notre sécurité et pour la paix. Les gens oublient d’être
gentils ».

 

Neha Pervaiz retenue captive pendant sept jours.

 

Maintenant, voici l’histoire de Neha Pervaiz. Contrairement à Samra, elle est capable de raconter sa propre histoire puisqu’elle a réussi à s’échapper des griffes de ses ravisseurs. Voici ce qu’elle a raconté l’Aide à l’Église en Détresse.

«À bien des égards, je suis une fille normale. J’aime dessiner et courir, j’adore jouer avec ma meilleure amie Madiha et mes trois jeunes frères et sœurs. Mais je suis également chrétienne, et j’ai beaucoup souffert à cause de cela.


Ma tante, alors que je m’étais occupée de ses enfants, a permis que je sois violée et enlevée. Pendant que nous étions chez elle, mon frère et moi avons été enfermés dans des pièces séparées et battus. Un homme nommé Imran m’a violée et m’a forcée à réciter le Coran. J’ai d’abord refusé, mais ils ont frappé mon frère plus fort à cause de cela. Pour qu’il le laisse en paix, j’ai cédé.

 

Puis, pendant sept jours, j’ai été retenue captive chez Imran, jusqu’à ce qu’une de ses filles me libère. Une des filles de ma tante m’a accueillie et a réussi à me cacher. Elle m’a prêté une Burka et 500 roupies (environ 3,50 $) pour que je puisse retourner en toute sécurité dans ma famille. Mais mes parents ne m’ont pas crue quand je leur ai dit ce qui s’était passé.

 

Je vis maintenant sous la protection de l’Église, mais je ne suis pas en sécurité. Je ne peux aller nulle part seule, car je pourrais être attaquée à nouveau, et je ne peux pas pratiquer librement ma religion. Je n’ai ni sécurité ni protection juridique. Pourtant, je ne veux pas quitter mon pays. C’est chez moi. Je voudrais étudier le droit pour protéger d’autres jeunes filles de crimes similaires. J’espère également que les dirigeants de la planète soutiendront une législation qui garantisse la sécurité des femmes et empêche la conversion et le mariage forcés.

Dieu m’a protégée et je me suis échappée. Je porte fièrement une croix partout où je vais».

 

L’Aide à l’Église en Détresse publie tous les deux ans le rapport Pesécutés et oubliés? qui permet de faire le point sur la persécution religieuse dont sont victimes les chrétiens dans le monde. Le rapport 2017-19 est maintenant disponible en version PDF à l’adresse suivante : https://acn-canada.org/fr/persecutes-et-oublies/


 

Communiqué de presse – #MercrediRouge – 20 novembre

18.11.2019 in AED, Aide à l'Église en détresse., Communications, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Martyrs, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Persécution, Voyagez avec AED

Communiqué de presse – pour diffusion immédiate

#MercrediRouge, 20 novembre 2019
Pierres et prières
Soyez solidaires des chrétiens persécutés !

Les façades d’au moins cinq monuments seront illuminées en rouge cette année au Canada, dont la basilique-cathédrale Marie-Reine du monde à Montréal et la cathédrale St. Michael à Toronto.

Montréal, 18 novembre 2019 – Ce mercredi 20 novembre, Aide à l’Église en Détresse Canada invite tous les Canadiens à participer aux activités du Mercredi Rouge (#MercrediRouge). Pour l’occasion, en soirée au moins cinq monuments de pierres seront illuminés en rouge : la façade de la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde à Montréal, la cathédrale St. Michael à Toronto, la cathédrale St. Mary à Calgary, le porche d’entrée du Grand séminaire de Montréal et l’Ambassade de Hongrie à Ottawa, située dans l’édifice historique du Château Birkett.

Dans le diocèse de Calgary, on annonce déjà plus de 80 activités.
« Je crois que de plus en plus de Canadiens sont conscients des problèmes liés au manque de liberté religieuse dans le monde, et en particulier, de la situation de plus de 327 millions de chrétiens qui vivent dans un pays où sévit la
persécution », indique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED Canada.

Grand mouvement international

Les activités au Canada ouvrent une semaine complète d’évènements qui auront lieu partout dans le monde jusqu’au 27 novembre. Dans au moins 15 pays, des temps de prières et de rencont

res d’informations seront organisés et des édifices seront illuminés en rouge – dont plus de 2000 aux Philippines et 120 au Royaume-Uni –, afin de sensibiliser aux questions liées à la liberté religieuse et à la persécution des chrétiens.

Au Canada, plusieurs manières d’être solidaire :

  • Participer à l’une des activités déjà annoncées – liste à l’adresse : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/ Information : 514-932-0552 ou sans frais : 1-800-585-6333.
  • S’informer et informer, grâce au rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19
    https://acn-canada.org/fr/persecutes-et-oublies/
  • Habillez-vous de rouge
  • Priez pour les chrétiens persécutés dans le monde et toutes les personnes qui souffrent à cause du manque de liberté religieuse.

Parmi la centaine d’activités qui auront lieu partout au Canada, nous en soulignons trois qui auront lieu le mercredi 20 novembre :

  • 19 h 30 : Messe à la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde, présidée par Mgr Christian Lépine. Animation du chant assurée par la chorale de la cathédrale syriaque-catholique Saint-Éphrem.
  • 19 h 30 : Vigile œcuménique à la cathédrale St. Michael de Toronto, présidée par le Cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto.
  • 18 h 30 : Dans la ville touristique de Banff en Alberta, célébration de la messe à l’église St. Mary.

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.


 

#Mercredi Rouge 2019 – le 20 novembre, soyez solidaires !

12.11.2019 in Actualités, AED Canada, Communiqué, liberté religieuse, Mario Bard, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Voyagez avec AED

 #Mercredi Rouge 2019
Le 20 novembre, partout au Canada
Soyez solidaire!

 

Montréal, 12 novembre 2019 – Pour une deuxième année consécutive, Aide à l’Église en Détresse Canada (AED) organise et coordonne des activités dans le cadre du Mercredi Rouge — # MercrediRouge —, journée de sensibilisation et d’action destinée à faire connaître le sort de plus de 300 millions de chrétiens dans le monde qui vivent dans des pays où sévit la persécution religieuse.
Le 20 novembre prochain, soyez solidaire
!

« J’invite les gens qui organisent une activité dans le cadre de cette journée à nous contacter afin que l’on puisse l’annoncer sur le site web de l’AED Canada », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale. L’une des activités proposées est d’illuminer en rouge un édifice emblématique, qu’il soit religieux ou civil. « Cette année, on compte de nouveaux participants dont le Grand séminaire de Montréal et la pro-cathédrale of The Assumption de North Bay, où l’on priera spécialement, à la messe de 12 h 05, en solidarité avec les chrétiens persécutés ». En plus des liturgies qui y seront célébrées, la Basilique-Cathédrale Marie-Reine du monde de Montréal, le Grand séminaire de Montréal, ainsi que la cathédrale St. Michael de Toronto seront illuminés. Enfin, dans le diocèse de Calgary, les activités devraient être annoncées sous peu. Dans ce diocèse l’an dernier, plus de 50 activités avaient été inscrites au calendrier. Pour en savoir plus sur l’édition 2019 et trouver du matériel pour participer  : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/.

 

Persécutés et oubliés? 2017-19 : une crise qui s’aggrave

 

Au Canada, le mois de novembre correspond également à la sortie d’un rapport bisannuel de l’AED, concernant la liberté religieuse dans le monde. « Le rapport de cette année, qui documente exclusivement la situation des chrétiens, n’annonce rien de bon. Dans Persécutés et oubliés ? 2017-19, on craint pour la survie des communautés chrétiennes historiques de Syrie, mais plus particulièrement de celles d’Irak », explique Mme Lalonde. Depuis 2003, le nombre de chrétiens y a diminué de 90 %, passant de 1,5 million à moins de 150 000. Les plus pessimistes parlent plutôt de 120 000.

 

Croix désacralisée dans les restes d’une église incendiée (Égypte).

« Makgré les efforts de notre organisation afin de reconstruire les villes et villages chrétiens dans la plaine de Ninive, nous craignons que la présence chrétienne en Irak ne soit plus qu’une chose du passé dans quelques années seulement. Nous en parlons depuis des années, mais on dirait que la communauté internationale ne donne aucune réponse concrète à cette menace d’extinction », s’indigne Mme Lalonde.

 Elle souligne par ailleurs qu’entre 2017-19, c’est en Asie du Sud et de l’Est que la situation s’est la plus détériorée. « En Inde, des attaques contre des chrétiens ont eu lieu dans 24 des 29 états du sous-continent et l’on retrouve des lois anti-conversion dans neuf États. L’hindûtva — le nationalisme hindou — en est en partie responsable. Celui-ci prône le retour d’une Inde purement hindoue où ne seraient reconnues que les traditions religieuses qui en sont issues (bouddhisme, jaïn, sikh). Au contraire, le christianisme et l’Islam sont vus par les promoteurs de l’hindûtva comme des éléments étrangers qui ne peuvent participer à la construction du pays. »

Enfin, l’Afrique subsaharienne est plus que jamais sous attaque. « Chrétiens et musulmans modérés sont victimes de groupes qui se revendiquent de l’État islamique (Daech). Ainsi, au Nigeria, 19 personnes qui participaient à la messe — dont deux prêtres — ont été tuées par des hommes armés et la responsabilité de l’attaque a été revendiquée par des bergers peuls islamistes », explique Mme Lalonde.

Elle conclut : « Cela fera 20 ans en 2020 que je suis directrice nationale, et je n’ai vu aucune diminution de la persécution contre les chrétiens. C’est très difficile. Toutefois, des événements comme le Mercredi Rouge, et l’intérêt solidaire dont font preuve de plus en plus de communautés chrétiennes au Canada en organisant une activité me permettent d’espérer. Cela ne règle rien tout de suite, mais c’est peut-être déjà le début d’une meilleure connaissance qu’auront les gens d’ici sur ce phénomène mondial. »

Nigeria : déjà en 2015, le diocèse de Maidaguri était visé par Boko Haram. Sur cette photo, Mgr Oliver Dashe Doeme visite une église qui a été brûlée par les terroristes.  

 

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.

 

 

Inde — Histoire de succès de l’AED

07.11.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Inde, Motorisation, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Inde — Histoire de succès de l’AED

Une voiture pour aller rencontrer des tribus défavorisées

Sœur Christine est membre de la Congrégation des sœurs de la Charité de la Sainte-Croix, dans la province de l’Inde Orientale. Depuis des années, elle est engagée auprès des personnes défavorisées, des pauvres, principalement des tribus autochtones de l’est de l’Inde. Aujourd’hui, elle a beaucoup d’expérience et coordonne désormais le travail au sein des petites communautés chrétiennes qui se sont formées, là où — malheureusement — des prêtres viennent rarement. La plupart du temps, les fidèles se réunissent avec un catéchiste pour prier, vivre une liturgie de la Parole et pour discuter.

 

Pour rencontrer ces communautés, Sœur Christine doit parcourir de longues distances, souvent sur de mauvaises routes et dans des régions accidentées. Sa voiture lui a été bien utile pendant huit ans, mais comme elle s’en servait beaucoup, elle a commencé à tomber sans cesse en panne et avait besoin de plus en plus de réparations, qui devenaient de plus en plus coûteuses.

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont fait don de 15000 dollars, Sœur Christine a maintenant le plaisir d’avoir une nouvelle voiture. Elle écrit : « Que Dieu vous comble tous de ses bénédictions. Soyez certains de mes prières et des prières de nos paroissiens ».

 

Projet de la semaine AED – Besoin de rénovations sur l’Ile de Puna, Équateur

01.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Amérique Latine, Construction, Equateur, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Projet de la semaine AED – Équateur

Rénovation d’un presbytère sur l’île de Puná

Mis-en-ligne le 1er novembre, 2019

 

L’île de Puná fait environ 900 kilomètres carrés et est située au sud de la côte équatorienne. Elle compte 7 000 habitants. C’est une région pauvre où le tourisme a tout récemment été encouragé. Les habitants y vivent donc non seulement de la pêche traditionnelle pratiquée à petite échelle, mais aussi de l’artisanat touristique.

 

Cette île est importante dans l’histoire de l’Église en Amérique latine, car elle a été le lieu où, en 1541, le premier évêque de Cusco, qui fut aussi l’un des premiers évêques d’Amérique latine, a souffert le martyre. L’évangélisation de l’île revêt donc un sens particulier pour l’histoire de l’Église locale.

 

Mais, malgré cette longue histoire de présence chrétienne, une paroisse n’y a été érigée qu’en 2018 ! Elle couvre les 13 villages de l’île. Le curé, le père Celso Miguel Montesdeoca Robles, souhaite y raviver la vie ecclésiale. Un certain nombre de choses ont déjà été accomplies. Ainsi, il y a maintenant la catéchèse pour les enfants, les adolescents et les adultes, la pastorale des jeunes, et des groupes qui rendent visite aux malades.

 

Le curé voudrait maintenant que les chefs de groupe soient mieux formés, et que d’autres personnes se joignent encore à eux. Les religieuses de la Congrégation des « Filles de Marie » aident aussi le curé dans son travail.

 

Hélas, le presbytère est dans un état pitoyable : les rénovations y sont devenues urgentes. Il faut savoir que la région est régulièrement touchée par des secousses sismiques, ce qui endommage les murs. Puis, le tremblement de terre dévastateur de 2016 a causé des dommages encore plus graves. Sans compter l’air marin, chargé en nitrates, qui abîme aussi le vieux bâtiment. Et, comme si ce n’était pas assez, il est mal protégé contre les bandits qui maraudent dans la région. Enfin, il faut aussi remplacer les anciennes canalisations d’eau et les vieux câbles électriques.

L’Aide à l’Église en Détresse voudrait donc offrir une aide de 21 900 dollars afin de répondre à l’urgence des travaux de rénovation. 

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Soudan du Sud : accomplir une mission extraordinaire en dépit de tout.

29.10.2019 in ACN International, Actualités, AFRIQUE, by Tobias Lehner, Persécution, Soudan du Sud, Soudan du Sud, Voyagez avec AED

Soudan du Sud

Mission extraordinaire au milieu de la persécution, de la pauvreté et de la guerre


L’Église catholique célèbre actuellement le Mois missionnaire extraordinaire, et ce jusqu’à jeudi. L’œuvre missionnaire de l’Église est souvent menée dans des conditions difficiles, telles que la persécution, la pauvreté et la guerre.

C’est également le cas au Soudan du Sud. La guerre civile qui a éclaté en 2013, deux ans seulement après la création du pays, a laissé sur les routes des centaines de millions de personnes et fait des centaines de milliers de morts. Et, malgré le cessez-le-feu signé en juin 2018, le pays demeure dans un grand état de désolation. C’est du moins ce que déclare le Père Boniface Isenge, du diocèse de Rumbek — centre du pays —, lors de sa visite au siège de l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en Détresse.

Comme l’explique père Boniface, environ 38 pour cent des plus de 13 millions de Sud-Soudanais sont chrétiens. Son diocèse compte quelque 180 000 catholiques. En ce moment, il est bon de noter que plusieurs personnes considèrent que l’Église catholique est la seule institution du pays qui fonctionne.

Ce membre de la congrégation du Saint-Esprit a tout d’abord passé huit ans dans le pays voisin, l’Éthiopie, alors qu’il était jeune prêtre, avant de décider de s’installer au Soudan du Sud en 2013 : « Après l’indépendance du pays, mon ordre a lancé un appel aux prêtres et missionnaires volontaires pour œuvrer ici. Je souhaitais faire quelque chose de nouveau et j’étais prêt pour cette nouvelle mission », se souvient Père Boniface. À ses yeux, il est de son devoir de ramener la paix dans cette région déchirée par la guerre.

 

Soif d’éducation

Peu de temps après son arrivée, l’ecclésiastique s’est rendu compte que ses fidèles avaient soif d’éducation. « Les écoles sont parfois très éloignées les unes des autres au Soudan du Sud », déplore-t-il. « Elles sont en sureffectif et les enseignants font généralement la classe à une soixantaine d’élèves, avec parfois jusqu’à une centaine de personnes dans la même salle. » Selon les autorités, environ les trois quarts des habitants du Soudan du Sud de plus de 15 ans sont analphabètes. Le curé n’a pas tardé à s’en rendre compte : « L’instruction est essentielle pour faire disparaître les tensions récurrentes au sein de la population. L’instruction est la clé de la paix ! »

Outre son travail pastoral, Père Boniface s’attache à convaincre les parents de l’importance de l’instruction pour leurs enfants, non seulement parce que celle-ci leur permet d’avoir de meilleures opportunités que la génération précédente, et ce, malgré les conditions difficiles et les problèmes qui règnent dans le pays, mais aussi parce qu’elle consolide l’indépendance. « Il faut savoir que 17 pour cent des mariages dans ce pays sont conclus avec des filles mineures. C’est malheureusement encore une pratique courante », explique-t-il.

Le Soudan du Sud a beau être le troisième pays le plus pauvre au monde, les prix y sont relativement élevés. « Pour beaucoup, même les denrées les plus élémentaires sont inabordables et ces personnes ont besoin d’aide et d’assistance pour survivre. » De nombreuses maladies telles que la malaria viennent peser encore davantage sur le pays.

L’espoir, en dépit de l’adversité

Malgré tous ces problèmes, père Boniface est confiant : « Je remercie du fond du cœur tous ceux et toutes celles qui nous soutiennent et qui sont réunis avec nous dans la prière. J’ai espoir qu’à l’avenir, les habitants pourront bien vivre au Soudan du Sud. »

 

Rien que depuis 2015, l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en Détresse a soutenu l’Église du Soudan du Sud grâce à un montant de plus de 5,1 millions de dollars, notamment pour la reconstruction d’églises et d’établissements pastoraux, la formation des prêtres et des intentions de messe.

Communiqué AED: Mercredi Rouge 2019 – Une seconde édition au Canada

24.10.2019 in ACN Canada, ACN International, Mercredi Rouge, Miséricorde, MONDE, Par Mario Bard, Persécution, Rapport d'activités, Violences, Voyagez avec AED

Mercredi Rouge 2019

Une seconde édition au Canada Serez-vous solidaire ?

 

Montréal, 23 octobre 2019 – Alors que les résultats du dernier rapport international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) sur la persécution des chrétiens 2017-19 sortent ces jours-ci dans le monde entier, le bureau national de l’AED au Canada annonce que la 2e édition du Mercredi Rouge, activité destinée à sensibiliser éduquer à propos de la persécution dont sont victimes les chrétiens dans le monde ainsi qu’à l’importance de la liberté religieuse, se tiendra le mercredi 20 novembre prochain. Le Mercredi Rouge est également un temps de solidarité avec les chrétiens persécutés.

 Comme l’an dernier, une messe sera célébrée à 19 h 30 à la basilique-cathédrale Marie-Reine du monde à Montréal, alors qu’une vigile œcuménique de prière aura lieu à la cathédrale St. Michael de Toronto, aussi prévue à 19 h 30. Les deux événements seront présidés par les archevêques de ces deux diocèses, respectivement Mgr Christian Lépine et M. Le Cardinal Thomas Collins.

Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED au Canada, se réjouit de l’attention que porte à l’événement cette année, le recteur du Grand Séminaire de Montréal, M. Guy Guindon, sulpicien. « L’édifice historique du grand séminaire de Montréal sera illuminé de rouge et les séminaristes tiendront une vigile le jeudi 21 novembre à la chapelle historique », indique-t-elle avant d’ajouter : « Nous attendons aussi des nouvelles du diocèse de Calgary. L’année dernière, plus de 50 activités y avaient été organisées. » La tradition du Mercredi Rouge a débuté en Grande-Bretagne il y a quelques années et a été reprise par plusieurs bureaux nationaux de l’AED dans le monde, dont ceux de France, d’Italie et des Philippines.

Les personnes intéressées à souligner cette journée peuvent dès maintenant consulter la micropage créée par le bureau canadien à l’adresse www.acn-canada.org/fr/mercredi-rouge. Que ce soit en préparant un temps de prière dans une paroisse, une messe, ou bien encore en illuminant de rouge l’un ou l’autre des édifices emblématiques de leur coin de pays — église, centre diocésain, cathédrale, basilique, etc. — elles sont invitées à nous joindre afin que nous puissions faire connaître l’ampleur de ce geste de solidarité à tous les Canadiens. Au 1-800-585-6333 ou encore à l’adresse courriel info@acn-canada.org.

Irak : 90 % de moins qu’en 2003

Par ailleurs, l’AED annonce la sortie de son tout nouveau rapport consacré exclusivement à la persécution des chrétiens dans le monde. Parmi les grands points abordés dans ce rapport, dont la situation au Nigeria et celle en Asie du Sud et en Asie du Sud-est.

La carte que l’on retrouve dans le nouveau rapport Persécutés et oubliés 2017-19, disponible en format PDF sur le site web canadien de l’AED dès la semaine prochaine (Photo © AED).

Par ailleurs, celle des communautés chrétiennes du Moyen-Orient est tout simplement alarmante. « Elles sont plus que jamais en danger de disparaître », explique Marie-Claude Lalonde. Par exemple en Irak en 2003, on comptait 1,5 million de chrétiens. « En un peu plus d’une génération, leur nombre a tragiquement diminué de 90 % pour atteindre 150 000 ! Malheureusement, nous croyons que la communauté internationale n’a pas su donner de suite concrète aux inquiétudes très vives exprimées en 2016 lorsque certains gouvernements ont reconnu le génocide des chrétiens par le groupe État islamique (Daech/ÉI). Selon ce que disent nos partenaires sur le terrain, si ces terroristes devaient revenir en force et réattaquer la plaine de Ninive, lieu historique des chrétiens d’Irak, ce serait pratiquement la mort du christianisme en Irak, pourtant vieux de plus de 1 900 ans ! », s’attriste Mme Lalonde.

 

Les conclusions complètes du rapport seront disponibles en format PDF sur le site web du bureau canadien, dans la semaine du 28 octobre.

Pour plus d’information sur le Mercredi Rouge ainsi que sur l’Aide à l’Église en Détresse, visiter le site web : www.acn-canada.org/fr/mercredi-rouge.

 

Projet de la semaine : Biélorussie — Histoire de succès de l’AED

24.10.2019 in Biélorussie, PROJETS AED, Projets pastorale, Voyagez avec AED

Biélorussie — Histoire de succès de l’AED

Soutien à l’Année de la famille

 

La Biélorussie est un pays qui connaît de nombreux problèmes. Le pays, indépendant depuis 1991, est considéré par plusieurs observateurs de la scène internationale comme une dictature. Les gens n’ont aucune perspective d’avenir et beaucoup de jeunes tentent de noyer leurs frustrations dans la drogue, et le taux de suicide est élevé.

 

La Commission pour le mariage et la famille de la Conférence épiscopale catholique a déclaré 2019 Année de la famille, afin de soutenir les familles et leur donner de l’espoir. À cette fin, diverses activités ont lieu tout au long de l’année, dont des formations et une assistance thérapeutique aux couples mariés et aux familles, des formations continues et des retraites pour le personnel des centres de conseil conjugal et familial de l’Église, des opérations de prière et un congrès de mouvements qui s’occupent de la famille dans la capitale, Minsk.

Nos bienfaiteurs ont fait don de 10 500 dollars pour soutenir ces précieuses initiatives. Au nom de toutes les familles qui en bénéficient aujourd’hui, un grand merci !

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Entretien avec Mark Reidemann sur la persécution religieuse

21.10.2019 in Adaptation Mario Bard, liberté religieuse, Maria Lozano, Voyagez avec AED

AED International

Organisation confessionnelle et soutien humanitaire

Regard sur la question

 
 Entretien par Maria Lozano, ACN International
Adaptation du texte, Mario Bard, AED Canada
  • L’ambassadeur de l’Union Européenne annonce une nouvelle initiative visant à réduire l’ignorance religieuse ou « l’analphabétisme » religieux1 dans le monde entier.
  • Cardinal Parolin : Les gouvernements devraient éviter la « colonisation idéologique ou culturelle ».
  • 20ème anniversaire du Rapport sur la liberté religieuse de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)

Mark von Riedemann, directeur des affaires publiques et de la liberté religieuse de l’œuvre pontificale de charité de l’AED, a été invité à animer une table ronde sur l’aide humanitaire lors d’un récent symposium entre les États-Unis et le Saint Siège intitulé « Des chemins pour atteindre la dignité humaine : partenariat avec des organisations confessionnelles ». Maria Lozano, responsable de l’information au bureau international de l’AED, l’a interviewé à ce sujet.

AED : L’ambassade des États-Unis à Rome et le Saint-Siège ont récemment coparrainé un symposium où le secrétaire d’État américain, Michael R. Pompeo, le Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, Mgr Paul Gallagher et le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Vatican, se sont exprimés sur la façon dont les gouvernements peuvent s’associer avec des organisations confessionnelles pour mieux défendre la liberté religieuse. Qu’est-ce qui a motivé ce symposium ?

Mark von Riedemann : Le symposium a voulu rappeler les 35 ans de coopération positive entre le gouvernement américain et le Saint-Siège, avec le travail du Pape Saint Jean-Paul II et de Ronald Reagan et leurs efforts combinés pour mettre fin au communisme dans l’ex-Union soviétique.

L’intention était également de présenter des nouvelles initiatives prises par le gouvernement américain pour travailler directement sur le terrain avec les organisations confessionnelles. Comme l’a fait remarquer l’ambassadrice des États-Unis auprès du Saint-Siège, Mme Castella Louise Gingrinch dans son discours d’ouverture, les gouvernements à eux seuls ne peuvent pas faire grand-chose. Elle a noté, par exemple, que même pour les États-Unis qui sont l’un des principaux pourvoyeurs d’aide humanitaire dans le monde, l’efficacité de ce soutien nécessite des partenariats avec les organisations travaillant sur le terrain. Les organisations catholiques et autres organisations confessionnelles peuvent fournir une aide plus efficace dans les endroits où les gouvernements n’ont ni l’expérience ni le réseau pour cela. La forte participation diplomatique à cette occasion a également incité le représentant de l’Union européenne auprès du Saint-Siège, l’Ambassadeur Mr Jan Tombinski, à annoncer le lancement d’une initiative de l’UE appelée « Echange mondial sur la religion dans la société », qui vise à réduire l’ignorance religieuse ou « l’analphabétisme » religieux dans l’UE et le reste du monde. L’objectif d’une telle initiative est de reconnaître l’importance de la foi dans la vie quotidienne. Il s’agit d’une première absolue pour l’Europe, qui s’était jusqu’à présent vantée d’être « aveugle à la religion ».

Le Cardinal Parolin a salué ces nouvelles initiatives. Dans son discours, cependant, il a mis en garde contre la tentation des pays donateurs d’imposer certaines valeurs culturelles ou visions du monde qui deviennent des conditions préalables à l’octroi de l’aide aux pays bénéficiaires.

 

En effet, il a fermement demandé aux gouvernements d’éviter, lorsqu’ils parrainent des organisations confessionnelles, ce que le pape François a appelé une « colonisation idéologique ou culturelle » consistant à « imposer une vision du monde ou un ensemble de valeurs différentes aux sociétés les plus pauvres, faisant souvent de l’adoption de ces valeurs une condition préalable pour recevoir une aide humanitaire ou au développement ». Bien que l’Aide à l’Église en Détresse n’ait jamais été touchée par cette question, car nous comptons uniquement sur le soutien de bienfaiteurs privés, j’ai été heureux qu’il en fasse mention. Nos partenaires de projet nous ont en effet, et ce à maintes reprises, témoigné  de ce genre d’abus. En effet, il est abusif de subordonner l’aide alimentaire à l’acceptation de programmes de promotion de la contraception et de l’avortement. Et ce phénomène est bien documenté.

Ce symposium fait partie d’une série d’autres actions menées ces derniers mois dans le domaine de la liberté religieuse et de l’attention portée à la question de la persécution des chrétiens. Quelle tendance avez-vous notée ?

 

La liberté religieuse est de plus en plus reconnue comme un droit fondamental, les deux tiers de la population mondiale vivant dans des pays où la liberté religieuse est restreinte, et les chrétiens constituant le plus grand groupe confessionnel soumis à des persécutions.

Cette conférence s’inscrit dans la foulée d’un « Appel mondial à la protection de la liberté religieuse », lancé le 23 septembre 2019, qui a été le premier acte de l’ONU sur la liberté religieuse parrainé par un président américain, et de la résolution de l’ONU du 28 mai 2019 faisant du 22 août la « Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions ». Au cours des deux dernières années, il y a eu une série d’initiatives, dont la création d’un « Secrétariat d’État pour l’aide aux chrétiens persécutés » en Hongrie, l’Alliance internationale pour la liberté religieuse lancée par les États-Unis, et ce qui est peut-être le plus remarquable, le nombre croissant de nations qui instituent ou réactivent des ambassadeurs pour la liberté religieuse et liberté de croyance dans des pays comme le Danemark, les Pays-Bas, les États-Unis, la Norvège, la Finlande, l’Allemagne et le Royaume-Uni, entre autres.

2019 marque le 20ème anniversaire du Rapport sur la liberté religieuse de l’AED. L’AED a-t-elle été une sorte de voix prophétique dans le désert appelant à la liberté religieuse et à la fin de la persécution des chrétiens ?

 

Le rapport a en effet été prophétique. En 1999, la liberté religieuse n’était pas un sujet majeur pour la plupart des gouvernements, mais l’AED recevait déjà de nos partenaires de projet sur le terrain de plus en plus de témoignages de persécution des chrétiens. Par exemple, les tensions religieuses au Nigeria se sont développées cette année-là avec l’imposition de la charia dans une douzaine d’États à majorité musulmane, entraînant une violence sectaire importante qui se poursuit encore aujourd’hui. Depuis lors, nous avons été témoins d’événements dramatiques au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, et les souffrances qui en ont résulté pour des millions de personnes ont exigé une attention et une réaction accrues.

Puis, il y a eu un moment charnière en 2016 lorsque l’Union européenne et les États-Unis ont adopté des résolutions qualifiant de génocide les atrocités commises par l’État islamique (ÉI/Daesh) contre les chrétiens en Syrie et en Irak. La persécution des chrétiens est-elle une surprise ? Non, elle s’est développée au fil des siècles, plongeant ses racines dans l’intolérance, qui s’est transformée en discrimination et persécution, jusqu’à ce que le monde prenne enfin conscience du génocide des chrétiens en Irak et en Syrie. Un triste symptôme de ce génocide est la diminution de la présence chrétienne au Moyen-Orient : en 1910, les chrétiens représentaient 13,6 % de sa population. En 2010, ce nombre était tombé à 4,2 %. L’appel du gouvernement américain en faveur d’un nouveau partenariat entre le gouvernement et les organisations confessionnelles est un signe supplémentaire que les pays occidentaux prennent conscience de ces réalités, et c’est un pas important dans la bonne direction.

  1. Sur l’expression « analphabétisme religieux », voir le rapport abrégé de l’AED 2016-18 sur la liberté religieuse.