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Entrevue AED – République démocratique du Congo

06.06.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Afrique, Formation religieuse, Formation religieux, Intentions de messe, PROJETS AED, République démocratique du Congo, Violences, Voyagez avec AED
Entrevue AED – République démocratique du Congo

Christine du Coudray

 « Ce que l’AED propose, aucune autre organisation ne le propose. »


De retour de la République démocratique du Congo (RDC) où elle a visité les diocèses du Kasaï, Christine du Coudray, responsable des projets de l’œuvre de charité pontificale Aide à l’Église en Détresse pour ce pays, dresse un bilan de la situation dans cette région et livre ses impressions.

 
Propos recueillis par Maria Lozano, AED-International, proposés au Canada par Mario Bard, AED-Canada
Publié sur le web le 6 juin, 2019

Pourriez-vous nous décrire la situation générale du pays ?

C’est la première fois que je visitais la région du Kasaï dans cet immense pays qu’est la RDC, grand comme quatre fois la France. Alors que l’on marche sur une terre où l’on trouve des richesses de toutes sortes – diamant, minerai, or, pétrole, etc. – les infrastructures sont délabrées. Cette région que j’ai sillonnée pendant deux semaines est particulièrement isolée, certaines localités sont enclavées. Dans l’ensemble du pays, l’état des routes, quand il y en a, est catastrophique, mais j’ai vraiment trouvé que cette zone en particulier était dans un état de désolation complet. Historiquement, la région a été privilégiée du temps de Léopold II, roi des Belges, et fondateur de l’État indépendant du Congo en 1885. Il en avait fait sa vitrine et avait octroyé des centaines d’hectares à l’Église catholique qu’il voulait voir s’y implanter. Les Scheutistes, notamment, viendront nombreux, et c’est ainsi que l’on voit dans chaque diocèse les restes de bâtiments construits par ces missionnaires. Comme un retour de bâton, la région a été punie après l’indépendance sous le règne de Mobutu et depuis lors, elle souffre d’un manque d’investissement et est abandonnée à son sort. Les structures se désagrègent. La région du Kivu, frontalière du Rwanda, que je connais mieux, vit des conflits plus cruels, mais bénéficie de structures plus nombreuses.

La situation que vous décrivez semble assez désespérée. Comment vivent les personnes que vous avez rencontrées sur place ?

 Ce qui me frappe, c’est la situation d’abandon d’une part, et d’autre part, des habitants qui déploient une énergie incroyable pour s’en sortir. Je pense à ces jeunes gens qui partent parfois du lac Tanganyika, tout à l’est de la RDC, en poussant leur vélo sur lequel ils ont accroché un fardeau de près de cinq cents kilos de marchandises qu’ils vont vendre à l’autre bout du pays. Ils marchent ainsi pendant des jours et des nuits sur des chemins défoncés en s’entraidant. J’ai rencontré un de ces jeunes qui m’a expliqué qu’il avait acheté avec ses économies une bicyclette flambant neuve pour devenir bayanda – c’est ainsi que s’appellent ces forçats de la route – et qu’il allait devoir encore économiser pour changer ses rayons et pouvoir porter des charges plus lourdes encore.

Après des années à la tête du pays, Joseph Kabila ne s’est finalement pas représenté aux élections de décembre dernier sous la pression d’une forte contestation, notamment de la part de l’Église. Comment est perçu ce changement par les autorités catholiques en RDC ?

 Il y a eu au sein de la conférence épiscopale de RDC des discussions assez animées et cette institution, qui avait déployé des milliers d’observateurs dans les bureaux de vote, a finalement publié un communiqué estimant que l’élection de Félix Tshisekedi, le nouveau président, ne correspondait pas à la « vérité des urnes ». En clair, ils se félicitent de la transition politique, mais estiment que le vainqueur proclamé n’était pas forcément celui qui avait recueilli le plus de voix selon leurs observations. Mais ce qu’il faut retenir avant tout, c’est que ce changement à la tête de l’État est historique et que cette transition s’est faite presque sans violence. En janvier, tout le monde pensait qu’à l’annonce des résultats par la commission électorale, il y aurait une explosion de violence et les observateurs continuent à être surpris. Cela étant, Joseph Kabila est encore bien présent dans le jeu politique et cette « trêve » est fragile.

Quelle est la situation de l’Église catholique dans le pays et dans cette région ?

 Dans cette région du Kasaï se trouvent huit diocèses, mais pour l’instant seulement sept évêques puisque le diocèse de Kabinda est en transition. Sur ces 8 diocèses, trois sont à mon sens particulièrement sinistrés : ceux de Kabinda, de Mweka et de Kole. Au-delà de ses problématiques internes, l’Église doit pallier les manques de l’État et se trouve au premier plan dans toutes les affaires de la cité : social, politique, développement, etc. Par exemple, la ville de Kabinda souffre d’un problème d’érosion terrible – elle risque littéralement de s’effondrer – et c’est le diocèse qui est à la manœuvre pour tenter de résoudre ce problème.

Qu’est-ce qui vous a impressionné dans ce voyage ?

 D’une part, le fait qu’une région diamantifère puisse être autant en détresse, d’autre part, l’engagement de plusieurs prêtres qui font un travail exceptionnel. Je pense à l’abbé Apollinaire Cibaka et à l’association Ditunga qu’il a fondée et qui fait un travail impressionnant : 62 écoles construites, 4 orphelinats, 4 centres de santé dont l’un avec bloc opératoire et assistance régulière de médecins espagnols, la pastorale auprès des enfants albinos pour qu’ils soient reconnus à part entière, auprès des enfants délaissés ou dans la rue, auprès des mères célibataires programmes pour la promotion des femmes, construction d’un mur d’enceinte autour de la prison pour que les prisonniers ne soient pas confinés 24 h/24 dans un bâtiment sans lumière, protection de l’environnement, plantation de 30 000 arbres…. Nous avons financé les études de doctorat de l’Abbé Apollinaire en Espagne et, à son retour, lui avons permis d’ouvrir une radio qui fait autorité dans le milieu. Malgré l’enclavement, malgré les difficultés, le courage et l’énergie des habitants sont édifiants. C’est pourquoi une telle visite est vraiment importante.

Quel a été le moment le plus difficile ?

 J’ai été bouleversée d’apprendre que, quelques heures après notre passage, le Philosophat de Kabwe a été attaqué et vandalisé, signe de la fragilité de l’Église locale.

En quoi consiste l’aide de l’AED en RDC ?

 Compte tenu de leurs nombreuses attentes, nous sommes en lien étroit avec les évêques pour discuter avec eux de leurs projets et considérer leurs priorités à la mesure de nos moyens. L’important est qu’après notre visite, nous puissions apporter rapidement notre aide. Nous concentrons notre aide sur la formation spirituelle des prêtres et leurs conditions de vie, la formation des religieuses et des catéchistes, l’enseignement de Saint Jean Paul II pour la famille.

Quelle est l’aide de l’AED aux prêtres et aux séminaristes?

 Nous voulons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que cette Église ait de saints prêtres. Un évêque m’a dit une fois : « Ce que l’AED propose, Christine, aucune autre organisation ne le propose. »  D’un séminaire à l’autre, les structures sont très disparates. Ainsi, au Philosophat de Kabwe, il n’y a ni toilettes ni douches, et la fosse septique est bouchée. Difficile de les laisser dans de telles conditions. Les séminaristes ne mangent de la viande qu’une fois par trimestre.

Pour la formation des futurs prêtres, qui est vraiment une des priorités de l’AED, nous pensons qu’elle passe par la formation des équipes enseignantes dans les séminaires. Ainsi nous envoyons des équipes complètes en formation pour cinq semaines à Rome chaque été. Outre le fait qu’ils peuvent vivre une expérience d’Église universelle avec des formateurs venant du monde entier, ils apprennent là à vivre, travailler et prier ensemble. Les témoignages de satisfaction et de renouveau spirituel sont saisissants.

Concernant les conditions de vie, nous donnons des voitures qui permettent à l’Église locale d’aller jusqu’aux confins de son diocèse. Parfois, pourtant, seule une moto permet d’aller plus loin quand ce n’est pas à pied. Nous aidons aussi les prêtres par des offrandes de Messe et contribuons à la rénovation de leurs presbytères souvent « en lambeaux », qu’ils osent à peine nous montrer.

 

Vous avez également mentionné le soutien aux religieuses. Comment cette aide s’est-elle concrétisée?

 Nous sommes aussi très attentifs aux besoins des religieuses et particulièrement des contemplatives qui jouent un rôle majeur pour la croissance de l’Église par leur présence et leur prière. J’ai rendu visite aux communautés de Clarisses contemplatives à Mbuji-Mayi et Kabinda. De fondation française, hier soutenues par la congrégation mère, les Clarisses de Mbujimayi, sont aujourd’hui totalement dépendantes d’elles-mêmes. La subsistance quotidienne n’est pas facile à assurer pour 40 religieuses, y compris les novices et les postulantes : jardin potager, élevage de porcs, volailles, atelier de fabrication d’hosties, mais aussi une maison d’accueil, lieu de silence et de prière ouvert à tous. Le monastère est éloigné de la ville de Mbujimayi, des religieuses peuvent avoir besoin de soins à l’hôpital. De plus, des achats sont toujours nécessaires pour les besoins de la communauté. Pour cela il leur faut un véhicule 4×4 que nous aimerions leur offrir.

 

L’AED a-t-elle un projet lié aux différentes guerres internes qui affectent le pays?

Depuis 2016, la région du Kasaï a été le théâtre de violences tribales d’une rare cruauté. Les ethnologues eux-mêmes restent perplexes quant à ce déchaînement de brutalité, mêlant la politique aux croyances fétichistes. Le mouvement Kamwina Nsapu aurait fait entre 4 000 et 23 000 victimes et provoqué le déplacement de 1 4 millions de personnes. Le conflit a soudainement pris fin avec l’élection du nouveau président en janvier 2019, enfant de la région. Mais les séquelles sont immenses, visibles et invisibles. Visibles quand les structures du diocèse de Luebo deviennent la cible : évêché incendié, maison des religieuses du Cœur Immaculé de Marie et cathédrale brûlées après avoir été pillées, presbytère détruit, noviciat et propédeutique calcinés, bâtiments officiels saccagés, personnes égorgées… Depuis juin 2017, l’évêque est réfugié dans la paroisse de Ndeseka. Nous avons promis de l’aider à reconstruire son évêché ainsi que la maison des sœurs, dont le rôle est si important auprès des populations traumatisées.

Séquelles également invisibles dans les cœurs, mais qui nécessitent un programme de réinsertion de longue haleine pour des personnes de tous âges. Je pense à ces  enfants de 7 ans qui, sous l’effet de la drogue, et alors qu’ils venaient de servir la messe, ont décapité des personnes !!!

Au lendemain d’événements d’une violence à ce jour « inexpliquée », l’Église catholique est appelée aujourd’hui à reconsidérer sa pastorale pour une évangélisation en profondeur, pour que le Christ règne dans les cœurs grâce à une rencontre personnelle et approfondie. La mission de l’AED est d’accompagner cette nouvelle évangélisation.

L’Aide à l’Église en Détresse (AED) lauréate du prix 2019 de la fondation “Path to Peace”

13.05.2019 in Adaptation Mario Bard, MONDE, PAIX, Par Joop Koompan, Voyagez avec AED

New York

L’Aide à l’Église en Détresse (AED) lauréate du prix 2019 de la fondation “Path to Peace”


NEWYORK/KÖNIGSTEIN/MONTRÉAL  Le 15 avril dernier, Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et président de la fondation Path to Peace a annoncé que le prix 2019 de cet organisme sera décerné à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).
Par Joop Koopman, pour ACN International
Adaptation par Mario Bard pour le bureau canadien
Publié sur le web – 13 mai , 2019
 

Thomas Heine-Geldern, président de l’AED internationale, recevra le prix au nom de l’organisme lors du dîner de gala annuel de Path to Peace le 22 mai prochain à New York. « Recevoir ce prix exceptionnel est un grand honneur pour l’Aide à l’Église en Détresse », affirme-t-il, avant d’ajouter : « C’est une reconnaissance extraordinaire du pont d’amour construit par la générosité de nos bienfaiteurs et l’Église souffrante et persécutée dans le monde entier. »a mission du Saint-Siège explique avoir choisi de rendre hommage à l’AED en reconnaissance de son soutien humanitaire et pastoral aux chrétiens persécutés.

 

Reconnaissance dans une année sombre

« Je suis bien sûr extrêmement heureuse que notre organisationrecoive cet honneur exceptionnel pour son travail », indique quant à elle Marie-Claude Lalonde, directrice nationale l’AED-Canada. « Ce prix arrive à point nommé : depuis le début de 2019, il semble que nous soyons entrés dans l’une des pires années en ce qui concerne la persécution des chrétiens ».

Dans un article récent – à lire sur notre site web –, Monsieur Heine-Geldern rappelait qu’au moins quatre attaques majeures contre des chrétiens ont déjà eu lieu dans le monde depuis le début de l’année, dont la dernière au Sri Lanka qui a tué plus de 268 personnes, principalement des participants aux messes de Pâques, et blessées plus de 500 autres. «  Aide à l’Église en Détresse se bat jours après jours pour soutenir ces Églises locales, et pour informer à leurs propos », indique encore Mme Lalonde. « La liberté religieuse dont un bon nombre d’entre elles ne disposent pas est une liberté fondamentale inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies. L’hommage que l’on reçoit invite l’AED à continuer son travail avec la plus grande diligence. »

La fondation Path to Peace soutient divers aspects du travail de la Mission du Saint-Siège auprès de l’ONU. Elle finance également des projets humanitaires dans différents pays en développement.

Parmi les précédents lauréats du Prix Path to Peace figurent le Cardinal Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie et la Reine Sofia d’Espagne.

Fondée en 1947 par le Père Werenfried van Straaten) pour aider les réfugiés et les personnes déplacées dans l’Allemagne de l’après-guerre, l’AED soutient plus de 5 000 projets chaque année dans plus de 140 pays. Ces projets sont dédiés à la construction d’églises et de chapelles, à la formation de séminaristes, de religieux, de religieuses et de catéchistes laïcs, à l’aide d’urgence, notamment aux chrétiens persécutés et aux moyens de transport pour faciliter le travail pastoral. L’an dernier, les bienfaiteurs de l’AED ont donné plus de 150 millions de dollars, provenant principalement des 23 bureaux nationaux, dont celui du Canada. 

Depuis 2011, l’AED a alloué plus de 105 millions de dollars aux chrétiens syriens et irakiens menacés par le groupe État islamique et d’autres groupes islamistes, permettant ainsi de maintenir le christianisme dans la région.

Le dîner de gala de la fondation Path to Peace se déroulera le 22 mai prochain, à Manhattan.

La situation des chrétiens dans le monde – 2019

06.05.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, MONDE, Persécution, Voyager avec l'AED, Voyagez avec AED

MONDE

 

2019 s’annonce sanglante pour les chrétiens

 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) s’inquiète de l’augmentation des attaques perpétrées dans le monde entier contre des chrétiens. « Les attentats à l’explosif commis avec une extrême brutalité contre des églises et des hôtels au Sri Lanka le matin du dimanche de Pâques montrent que dès à présent, 2019 s’avère être l’une des années les plus sanglantes pour les chrétiens », a déclaré Thomas Heine-Geldern, président de l’AED-International.

Rien que durant les quatre premiers mois de cette année, l’œuvre de bienfaisance qui s’engage en faveur des chrétiens persécutés et en détresse dans plus de 140 pays a parlé publiquement des exactions suivantes :

    • – Attaques des islamistes de la Séléka contre une mission dans l’évêché de Bangassou en République centrafricaine au tournant de l’année, avec des douzaines de morts et environ 20 000 personnes déplacées qui ont fui les violences ;

 

    • – Attentat islamiste contre la cathédrale de Jolo, au sud des Philippines, qui a fait vingt morts et environ 90 blessés fin janvier ;

 

    • – Attentats commis à la mi-mars contre des villageois chrétiens par des membres de la tribu majoritairement musulmane des Foulani, dans l’État fédéral nigérian de Kaduna, et qui ont coûté la vie à plus de 130 personnes ;

 

  • – Exactions de nationalistes extrémistes hindous commises fins mars contre un établissement scolaire catholique dans l’État fédéral indien du Tamil Nadu, lors desquelles s’est déroulée une véritable chasse aux religieuses qui y travaillent.

 

Jesus

La persécution chrétienne ne connaît plus de limite

Heine-Geldern

 

« Les attentats au Sri Lanka constituent l’apogée sanglant d’une évolution qui dure depuis quelques années déjà : la persécution des chrétiens ne connaît aucune limite », estime M. Heine-Geldern. « Elle ne s’arrête jamais, même durant les plus grandes fêtes de la chrétienté. Elle se montre sans pitié envers les innocents, qui sont souvent considérés comme boucs émissaires des évolutions mondiales ». Après les attentats au Sri Lanka, le groupe État islamique (ÉI) a revendiqué ces violences. Les services de sécurité supposent que les attentats à la bombe ont pu avoir été organisés et commis en tant qu’actes de vengeance du massacre de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. À la mi-mars, un homme âgé de 28 ans y a tué 49 personnes, dans deux mosquées.

Aide à l’Église en Détresse insiste sur le fait que la menace islamiste persiste au Moyen-Orient, ainsi qu’en Afrique, avec la violence exercée par Boko Haram au nord du Nigéria. « C’est une fausse idée de croire que le groupe ÉI est vaincu sur le plan militaire et n’existe donc plus. En effet, l’idéologie est bien vivante, les adeptes sont toujours en vie, les voies de communication semblent fonctionner. Nos partenaires de projet au Moyen-Orient restent toujours extrêmement préoccupés », poursuit Thomas Heine-Geldern.

 

La religion, utilisée pour créer le chaos. Plus récemment, la situation dans des pays du continent américain comme le Mexique, le Nicaragua et le Venezuela a également suscité des inquiétudes à l’AED. À la suite des turbulences politiques, des évêques et des prêtres sont sans cesse victimes d’exactions. « Il s’agit ici d’un mélange d’idéologies politiques et de reproches selon lesquellesl’Église interviendrait de manière injustifiée parce qu’elle appelle à la résistance contre des gouvernements autoritaires ou contre la corruption. L’Église devient la cible d’agressions et de violences », explique Monsieur Heine-Geldern.

La religion : une arme utilisée à tort

Dans de nombreuses régions du monde, la religion est utilisée comme une arme politique afin de déséquilibrer des pays et de les entraîner dans le chaos. Actuellement, c’est exactement ce qui se passe au Sri Lanka. Là, l’Église s’efforce de manière intensive d’empêcher que la douleur causée par les actes de violence n’engendre un cercle vicieux. « L’équilibre de la société repose en grande partie sur la coexistence pacifique des différentes religions. C’est l’objectif en faveur duquel s’engagent nos partenaires de projet », assure le président de l’AED.

Malheureusement, il est rare que le grand public obtienne des informations sur les exactions antichrétiennes. Le cas d’Asia Bibi, cette mère de famille chrétienne pakistanaise initialement condamnée à la peine de mort pour blasphème et acquittée en dernier recours, est un bon exemple. Grâce à ce cas, Le monde a pu entendre parler de la situation dangereuse et parfois mortelle dans laquelle vit la minorité chrétienne du Pakistan. Conjointement avec d’autres organisations, l’AED s’était engagé en faveur de sa libération. Cependant, le destin d’Asia Bibi reste incertain.

Les extrémismes religieux et politiques : causes principales de la persécution

L’islamisme fondamentaliste, les nationalismes exacerbés et les idéologies autoritaires restent les moteurs principaux de la persécution des chrétiens et d’autres minorités religieuses. Tel est le constat du Rapport sur la liberté religieuse dans le monde (Religious Freedom Report), que l’AED a présenté en novembre 2018 et qui met en lumière la situation dans 196 pays.

« C’est avec une très grande préoccupation que nous observons que ces trois évolutions ne décroissent malheureusement pas – bien au contraire. Ce peut être observé actuellement dans des États africains tels que le Burkina Faso, le Niger et le Bénin. Les hostilités contre les missions, les prêtres et les religieuses y prennent des proportions dramatiques. La population a de plus en plus peur », constate Thomas Heine-Geldern.

Il est impératif de donner un nom à cette évolution amère. « Il appartient aux gouvernements du monde et à l’ONU d’être des artisans de la paix, de garantir la liberté religieuse et d’assurer la défense des minorités contre les exactions antireligieuses », a dit Thomas Heine-Geldern. Du côté des pouvoirs religieux, il s’agit de soutenir les chrétiens persécutés, à travers la prière et des aides actives, ainsi que de leur donner une voix et un visage, demande Thomas Heine-Geldern.

« C’est l’objectif en faveur duquel l’AED s’engage depuis plus de 70 ans. Et compte tenu de la violence croissante contre les chrétiens, cela mérite tout type de soutien et tous les efforts possibles. »

Le Rapport sur la liberté religieuse 2018 est disponible à l’adresse suivante : www.religious-freedom-report.org.
Pour les gens pressés, une version abrégée existe en format PDF sur le site web de l’AED-Canada : Rapport 2018

Projet de la semaine de l’AED : Soutien radio catholique en Lituanie

24.04.2019 in Aide à l'Église en détresse., Média, PROJETS AED, Radio diocésaine, Voyagez avec AED

Lituanie

Soutien à la radio catholique « Mazoji Studija »

Depuis 1993, l’AED soutient la radio catholique « Mazoji Studija » à Vilnius. Son nom se traduit par « petit studio », mais bien qu’il soit petit, c’est un instrument précieux et important pour l’évangélisation et que les évêques ont particulièrement à cœur. Son importance pour l’Église en Lituanie est grande.

La Lituanie est le seul pays de l’ex-Union soviétique à compter une majorité catholique.  Ils représentent 80% de la population. Les programmes de cette radio catholique sont accueillis avec joie et gratitude, comme en témoignent les réactions positives des auditeurs. Même ceux qui n’ont jamais eu de contact avec l’Église apprécient la programmation. Pour eux, les émissions de radio chrétiennes sont en effet un premier pas pour entamer une réflexion sur la foi. Ils peuvent obtenir des réponses intéressantes à leurs questions avant même de mettre les pieds dans une église et de s’adresser à un prêtre ce qui sera, pour beaucoup d’entre eux, la deuxième étape, après avoir surmonté leurs appréhensions. Mais radio « Mazoji Studija » représente également une source d’information bienvenue pour les gens qui sont déjà croyants. Grâce à elle, ils peuvent en apprendre davantage sur leur foi et la vie de l’Église. Et pour les personnes âgées et pour les malades, la retransmission de la messe est une consolation particulière.

L’AED soutient régulièrement le travail de « Mazoji Studija » et le soutiendra cette année encore avec une somme de 22,500 dollars pour que la radio continue son bon travail.

Zanzibar (Tanzanie) – Récit – Souvenirs amers du temps de la terreur

08.03.2019 in ACN Canada, ACN Feature, ACN International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Persécution, Tanzanie, Violences, Voyagez avec AED

Le Père Damas Mfoi est prêtre catholique dans l’archipel semi-autonome de Zanzibar, sur la côte de Tanzanie. Zanzibar est à prédominance musulmane et comprend une petite communauté chrétienne. Depuis 2010, le Père Mfoi est curé de paroisse sur l’île principale d’Unguja.

Père Damas Mfoi : « Il n’y a pas moyen de se remettre de ce qui s’est passé, et comme les assaillants sont peut-être encore actifs, nous ne sommes pas complètement en sécurité. Mais à travers tous ces problèmes, nous continuons notre travail de dialogue interreligieux.»

En 2012, la communauté insulaire qui vivait paisiblement a été témoin d’une série d’attaques violentes contre des chefs religieux. Un religieux musulman a été brûlé à l’acide pendant l’automne ; un prêtre catholique a été blessé par balle le jour de Noël, et un autre a été tué par balle au mois de février suivant. Des tracts ont aussi été distribués pour inciter à la violence. Certains portaient la marque du groupe islamiste radical Uamsho. Cependant, la responsabilité des attentats n’a pas encore été revendiquée ou officiellement attribuée. Le Père Mfoi raconte à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le temps de la terreur.

 

Propos recueillis par Anne Kidmose

 

C’était le soir de Noël 2012. J’avais prévu d’aller souper avec d’autres dirigeants de l’Église quand nous avons appris que le père Ambrose venait d’être blessé par balle. Nous étions en état de choc, et nous ne pouvions plus partager notre repas. Nous étions effrayés. Nous nous sommes précipités à l’hôpital, mais avec discrétion, car il avait été annoncé par le biais de tracts que les dirigeants de l’Église seraient tués et que les églises seraient détruites.

 

Quand nous sommes arrivés, le père Ambrose perdait encore beaucoup de sang et il ne pouvait pas parler. Le lendemain, il a été transporté par avion à Dar es-Salaam pour y être soigné. Après cet évènement, c’est notre foi qui nous a donné la force de rester. Les gens sur le continent nous incitaient à rentrer chez nous, mais en tant que chrétiens engagés dans l’Évangile, nous savions dès le début que notre mission était une mission de souffrance et que nos vies pouvaient être menacées. Il n’y a pas eu de départ.

 

D’autres tracts ont alors été distribués, disant que les musulmans ne devraient pas autoriser la vente d’alcool ou la présence d’églises. Les tracts étaient anonymes, mais aujourd’hui, nous savons qui en étaient les auteurs. Bien que certains pensaient qu’il ne s’agissait que de faibles menaces, nous ne savions pas ce qui allait se passer. Moins de trois mois plus tard, une nouvelle tragédie nous a frappés et le Père Evaristus Mushi en a été la victime.

 

C’était un dimanche matin à 7 h 15. Je disais la messe dans une petite église. Un voisin non catholique est entré en courant ; il a crié : « Père Damas, j’ai quelque chose à vous dire ! » Il m’a alors informé que le père Mushi était mort, victime d’une fusillade. Un homme lui avait tiré dessus ce matin-là, alors qu’il se garait devant son église. Je me suis rendu dans les autres églises pour célébrer la messe ; maintenant que le Père Mushi était mort, je devais accomplir seule la mission du Christ.

 

La nouvelle de la mort du Père Mushi s’est répandue dans toute la communauté, mais ce n’était pas la fin. Après l’avoir enterré et lui avoir rendu un dernier hommage, un groupe de femmes est venu à mes portes en pleurant. Je leur ai dit : » Ne pleurez plus maintenant. Le Père Mushi est aux cieux”. L’une d’elles a répondu : » Père, elle ne pleure pas sur le Père Mushi. Elle pleure à cause de vous”. Les assaillants m’avaient en effet pris pour cible parce que j’avais construit trop d’églises.

 

Le lendemain matin, je me suis enfui sur le continent, et un mois plus tard, je suis revenu. Je pensais en moi même : « Nous ne pouvons pas abandonner notre mission. Jésus ne voudrait pas nous voir échouer. Il y a encore des chrétiens ici, pourquoi leurs chefs devraient-ils s’en aller ?”

 

Tombe du père Evaristus Miushi tué devant son église le 17 février 2013.

À mon retour, j’ai constaté que la police avait établi sur mon terrain un poste de surveillance et, au cours des deux années suivantes, les policiers ont patrouillé dans la zone en raison de la tension qui persistait. Le gouvernement a bien pris soin de nous, mais nous savions surtout que Dieu nous protégeait. Quand on m’a offert un garde du corps, j’ai refusé. Je crois que l’œuvre de Jésus n’a pas besoin de mitrailleuse ; il a promis à son peuple qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps.

 

Six ou sept mois se sont écoulés, et pendant un certain temps, nous avons pensé que le pire était passé, même si la sécurité était encore très stricte. Mais en septembre, un prêtre a été arrosé d’acide alors qu’il quittait son café habituel. Il a survécu à l’attaque, mais a subi de graves blessures.

 

Il n’y a pas moyen de se remettre de ce qui s’est passé, et comme les assaillants sont peut-être encore actifs, nous ne sommes pas complètement en sécurité. Mais à travers tous ces problèmes, nous continuons notre travail de dialogue interreligieux. Nous parlons aux membres de la communauté et nous leur disons que nous croyons que Dieu nous a tous créés et qu’il nous a donné la liberté de croire de la manière dont on nous l’a appris. On enseigne aux musulmans qui est Mahomet, aux chrétiens qui est Jésus-Christ. Nous devrions tous faire de notre mieux pour respecter cela et éviter de mélanger la politique et la religion. »

En 2017, l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu des projets de l’Église en Tanzanie à hauteur de plus de 2,5 millions de dollars.

Mise en ligne:  8 mars 2019

 


 

Projet de la semaine AED – Togo – soutien à l’association des familles catholiques

07.03.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Famille, Formation, Formation, Pastorale familiale, PROJETS AED, Togo, Voyagez avec AED

Il se trouve au sein de la Fédération Africaine d’Action Familiale (FAAF), des médecins de diverses disciplines, des théologiens, des prêtres, des laïcs au service de la pastorale et des religieux qui œuvrent à la formation de familles saines et à la protection de la vie. Ils proposent des solutions respectueuses de la vie et de la famille qui de plus, conviennent aux peuples d’Afrique, sans propager les modèles occidentaux étrangers dans lesquels de nombreux Africains reconnaissent une « culture de mort ». Ils favorisent plutôt la « culture de la vie » dont le Pape Jean-Paul II a parlé à maintes reprises.<

Au Togo, pays situé en Afrique de l’Ouest, les programmes de la FAAF sont en place depuis 2005. Au sud-est du pays, dans le diocèse d’Aneho, il y a jusqu’à présent cinq personnes qui proposent, en paroisse, des événements destinés à sensibiliser un plus grand nombre de personnes au thème du mariage et de la famille, et qui accompagnent ensuite les couples et les familles. On traite de différentes questions : « Quel est le plan de Dieu pour le mariage ? » ou encore « Qu’est-ce que signifie être mère ou père ? ».

Les conjoints sont soutenus dans l’approfondissement de leur amour mutuel et le respect qu’ils ont l’un pour l’autre. Ils apprennent aussi à se parler avec respect et égalité, une approche de partenariat homme-femme qui n’est pas évidente dans de nombreuses cultures.

Un aspect important est aussi la planification familiale naturelle, basée sur l’observation et le respect du cycle de fertilité naturelle des femmes. La FAAF estime et observe que les maris apprennent ainsi à mieux respecter et à prendre en considération leurs épouses et le corps de celles-ci. De manière générale, une éducation sexuelle qui souligne la valeur et la beauté de la sexualité et du corps humain, conduit à la fidélité, la responsabilisation et

l’acceptation des périodes de fertilité telle qu’elle est vécue par la femme. La FAAF estime également que cela permet de lutter concrètement contre l’avortement et la propagation du sida. Enfin, les couples et les familles sont également conseillés et accompagnés dans les situations de conflit et de crise.

***

Les réunions qui abordent ces démarches ainsi que les conseils personnels sont très populaires, et au moins dix autres conseillères féminines doivent être formées. La production de documents d’information est également nécessaire. Aide à l’Église en Détresse a promis 17 500 dollars pour soutenir ce précieux travail.

 

 

 

 

 

Donnez en ligne dès maintenant pour soutenir l’éducation familiale au Togo.
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Projet de la semaine AED – Brésil – Matériel de catéchèse pour le travail pastoral

27.02.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Brésil, Catéchèse, Catéchètes, Eva-Maria Kolmann, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, PROJETS AED, Projets pastorale, Voyagez avec AED

Brésil – Projet de la semaine AED

Matériel de catéchèse pour le travail pastoral

Le « Missao Belem » (Mission Bethléem) est une communauté spirituelle qui s’occupe principalement des personnes sans-abries, des toxicomanes et des personnes isolées ou celles qui vivent en situation de crise. Les membres de la Communauté, qui se décrivent comme des « missionnaires », vivent 24 heures sur 24 avec les personnes sans-abries, souvent même dans les rues, et partagent leur vie. Ce faisant, ils essaient de rendre tangible la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ pour ceux qui sont en marge de la société.

Cette communauté encore jeune, fondée au Brésil en 2005, s’occupe actuellement de 160 maisons missionnaires et de sept centres de transit dans 70 villes au Brésil, en Haïti et en Italie.

À l’heure actuelle, 2 000 sans-abri sont soignés par 70 membres consacrés de la communauté et 200 bénévoles à temps plein. Ils vivent tous ensemble comme dans une grande famille. Dans cette atmosphère familiale, les personnes ayant vécu dans la rue se réhabituent lentement à un rythme de vie régulier et peuvent découvrir le potentiel qu’ils ont en eux. Pour cela, des établissements thérapeutiques coopèrent avec la communauté. Celle-ci offre également la possibilité d’effectuer une formation professionnelle ou de se réintégrer à la vie professionnelle.

Par ailleurs, les enfants de la rue sont aidés, dans la mesure du possible, à retourner dans leur famille. Lorsque cela est impossible, ils sont placés dans des familles d’accueil ou d’adoption, en accord avec les autorités compétentes.

Jusqu’à maintenant, 50 000 personnes ont été prises en charge par la communauté. Près de la moitié d’entre elles sont revenues à une vie normale. Beaucoup ont également trouvé la foi et ont été baptisées. Il est particulièrement émouvant de voir des hommes d’âge avancé, après des années d’errance ou de toxicomanie, porter les vêtements blancs du baptême en tenant une bougie baptismale, ou être des « premiers communiants ». Il est particulièrement visible que le baptême leur offre une nouvelle vie en tant qu’enfants de Dieu.

Les cours d’évangélisation de la Communauté sont appréciés et sont une réussite. Jusqu’à présent, 1 400 personnes ont participé à ces événements. Elles se préparent ainsi à la tâche de prêcher l’Évangile aux personnes qui sont loin de l’Église, et en particulier aux groupes sociaux marginalisés. Ces personnes peuvent distribuer du matériel de catéchèse quand les gens qu’ils rencontrent le demandent.

 

Aide à l’Église en Détresse (AED) voudrait aider à acquérir le matériel nécessaire pour les quatre prochaines années, et a donc promis 69 150 dollars.


 

Irak – La Lamborghini du pape pour reconstruire ! – AED-Infos

26.02.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Communications, Communiqué, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Aide à l’Église en Détresse en Irak

La Lamborghini du pape pour reconstruire

Montréal, 26 février 2019 – Grâce au don de 300 000 dollars reçu à la suite de la vente aux enchères de la Lamborghini offerte au Pape François, Aide à l’Église en Détresse (AED) pourra financer deux nouveaux projets au profit des familles chrétiennes et d’autres minorités revenues s’installer dans la plaine de Ninive.

Par Marta Petrosillo pour ACN-International et Mario Bard, AED-Canada

« Il est heureux que le pape François ait choisi de redistribuer les profits de ce qui est d’abord un cadeau. Bien sûr, notre organisme est honoré de participer à la redistribution des fruits de la vente », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED-Canada. « Ce projet pour le retour des chrétiens dans la plaine de Ninive était audacieux il y a deux ans, car l’insécurité était encore très grande. Finalement, l’AED a eu raison d’aller de l’avant avec d’autres partenaires, afin d’assurer ce retour des chrétiens en Irak : ils reviennent de plus en plus nombreux. »

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

La destruction du centre paroissial a été totale.

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

Les deux bâtiments sont situés à Bashiqa, à seulement 30 kilomètres de Mossoul. Le village a été gravement touché par la guerre, mais la communauté chrétienne est revenue en grand nombre. De fait, 405 des 580 habitations détruites ont déjà été réparées, et 50 % des chrétiens sont revenus, soit 1 585 personnes.

Les deux opérations financées grâce au produit de la vente de la Lamborghini bénéficieront également aux autres minorités de la ville, car le centre polyvalent, capable d’accueillir plus de 1 000 personnes, sera utilisé pour les mariages et les fêtes religieuses des différentes communautés. Ce sera le plus grand centre de la région, et il sera à la disposition de plus de 30 000 personnes, appartenant à différentes ethnies et confessions.

Le retour : un succès inespéré !

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Un peu plus de deux ans après la libération des villages de la plaine de Ninive, le nombre de chrétiens ayant pu rentrer chez eux a dépassé les prévisions les plus optimistes. Le 11 janvier dernier, le nombre de familles ayant regagné leurs villages s’élevait à 9 108, soit près de 46 % des 19 832 familles qui y vivaient en 2014 avant l’arrivée de l’État islamique. Cela est dû à l’immense travail de reconstruction – largement financé par l’AED – qui a jusqu’ici permis de reconstruire ou de réparer 41 % des 14 035 habitations détruites ou endommagées par l’État islamique.

L’œuvre pontificale de charité ainsi que les Églises locales ont été à l’avant-garde de cette opération qui a trouvé dans le Saint-Père un bienfaiteur assidu. En 2016, le Pape François avait déjà financé à hauteur de 150 000 dollars la clinique Saint-Joseph d’Erbil, qui donne une assistance médicale gratuite.

Ce don supplémentaire du Saint-Père permettra aux chrétiens de vivre leur foi et d’assurer un avenir en Irak à leurs enfants. Il constituera en même temps un message fort et une invitation à une coexistence pacifique entre les religions, dans une région où le fondamentalisme a malheureusement détérioré les relations interreligieuses.

Depuis 2014, l’AED a déjà fait don de plus de 60 millions de dollars pour soutenir les chrétiens irakiens. Dans la plaine de Ninive, l'espoir est plus que jamais présent!  Merci de continuer à nous aider à soutenir l'Église en Irak dans ses efforts de reconstruction!

Irak : enfin, une porte ouverte vers l’espérance!


Syrie – L’AED soutient un plan « crucial » pour l’avenir de la communauté chrétienne

25.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, PROJETS AED, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

Un plan d’action qui veut permettre à des milliers de chrétiens de retourner chez eux dans la ville syrienne de Homs a été approuvé dans le cadre d’un programme de réparation de maisons impliquant des responsables ecclésiaux et une œuvre de charité catholique de premier plan : Aide à l’Église en Détresse (AED).

Par John Pontifex pour ACN-International

Lors de la réunion à Homs, les dirigeants de cinq communautés ecclésiales ont signé l’Accord du Comité de Reconstruction de Homs qui prévoit que l’AED répare 300 maisons dans le cadre de la première étape du plan.

L’AED participera également en partie à la deuxième phase de reconstruction lors de laquelle 980 maisons supplémentaires doivent être reconstruites – 80 pour la communauté gréco-catholique melkite, 600 pour la communauté grecque orthodoxe et 300 pour des familles syriaques orthodoxes.

Soulignant l’importance de cet accord, le coordonnateur des projets de l’AED au Moyen-Orient, le Père Andrzej Halemba, a déclaré : « Cet accord est l’une des étapes les plus importantes dans le rétablissement de la communauté chrétienne à Homs. L’engagement à reconstruire autant de maisons apporte aux gens désespérés une lueur d’espoir ; celle de pouvoir revenir dans cette ville qui est l’une des plus importantes pour les chrétiens de toute la Syrie ».

Le père Andrzej Halemba, responsable de projet pour le Moyen-Orient et Mgr Nicolas Sawaf, archevêque grecque catholique melkite de Lattaquié.

Lueur d’espoir pour la communauté chrétienne de Homs

Des chrétiens heureux de retrouver leur ville et de pouvoir y habiter de nouveau.

L’évêque grec orthodoxe de Homs, Mgr Georges Abou Zakhem, a déclaré : « Les gens ont besoin de revenir dans leurs maisons, mais ils ne le peuvent pas sans l’aide de l’AED ».

Un prêtre melkite, le Père Bolos Manhal, a déclaré : « Je suis très heureux que les gens aient cette merveilleuse occasion de retourner chez eux. Ils ont tant souffert, et pour beaucoup d’entre eux, revenir à la maison sera la réalisation d’un rêve.

« Ils ont dû dépenser tant d’argent pour louer un endroit où vivre que la reconstruction de leurs maisons représente une pression énorme sur les budgets familiaux. Mais comme il y a plus de possibilités d’emploi en ville qu’à la campagne, ils pourront maintenant en profiter ».

L’AED contribuera aux frais à hauteur de 4 600 dollars par maison réparée.

Avec plus de 12 500 maisons détruites à Homs et 37 500 gravement endommagées, de nombreux chrétiens vivent depuis sept ans dans la vallée des chrétiens toute proche.

Au plus fort du conflit en 2014, il restait moins de 100 chrétiens dans la vieille ville de Homs, et les attaques ciblées des extrémistes islamistes avaient obligé près de 250 000 chrétiens à partir.

L’année dernière, l’AED a piloté un programme de réparation de 100 maisons appartenant à des familles melkites et syro-orthodoxes, dont 85 sont déjà à nouveau habitées, tandis que les autres devront être restituées au début de la nouvelle année scolaire, à l’automne.

En 2018, le plan de rénovation de Homs faisait partie d’un programme qui a déjà permis la réparation de près de 500 maisons à travers la Syrie, dont beaucoup à Alep. (25-02-2019)

Depuis le début de la crise en Syrie en 2011, l’AED a achevé 750 projets impliquant 150 partenaires.

Philippines – Amitié entre chrétiens et musulmans « mise à rude épreuve » – AED-Infos

25.02.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Asie, Dialogue interreligieux, Entrevue AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Philippines, Voyagez avec AED

Philippines


Amitié entre chrétiens et musulmans « mise à rude épreuve »

 

Le 27 janvier 2019, deux bombes ont explosé dans la cathédrale de Jolo, dans l’archipel des Sulu, entre Mindanao et Bornéo, tuant 23 personnes et en blessant 112 autres. Cette tragédie a été suivie d’un attentat à la grenade, le 30 janvier, dans la mosquée de Zamboanga à l’ouest de l’île de Mindanao. Le père Sebastiano d’Ambra, missionnaire de l’Institut pontifical des missions étrangères (PIM) qui œuvre depuis 40 ans pour le dialogue interreligieux dans le sud des Philippines, explique à l’œuvre de charité pontificale Aide à l’Église en Détresse quelle est la situation dans ce pays du continent asiatique qui a le plus grand nombre de catholiques.

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AED : Père d’Ambra, vous êtes prêtre à Zamboanga, non loin de l’île de Jolo. Pourriez-vous nous décrire la situation sur place, après l’attentat du 27 janvier ?

Père d’Ambra : Cela nous a tous profondément choqués, en raison de la violence de cette attaque, bien entendu, mais aussi parce qu’elle touchait un lieu sacré. Malheureusement, cette violence s’inscrit dans un contexte d’augmentation des tensions. Depuis ces quelques dernières années, il y a de plus en plus de radicalisme. Mais la petite minorité chrétienne de l’île de Jolo (1% de la population totale de 120 000 personnes de l’île de Jolo, NDLR) n’en est pas la seule victime. J’entends des musulmans qui viennent me voir et me disent : « Père nous aussi nous sommes menacés parce que nous ne sommes pas le même genre de musulmans qu’eux ! ».

AED : Trois jours après l’attentat de la cathédrale, l’explosion d’une grenade dans une mosquée à Zamboanga, où vous habitez, a fait deux morts. Craignez-vous un conflit interreligieux ?

Père d’Ambra : Je ne crois pas qu’il faille connecter les deux attentats. Je n’imagine pas des chrétiens allant venger leurs morts en attaquant un lieu de culte musulman. Je crois au contraire qu’il faut à nouveau y voir l’œuvre de ces groupes extrémistes qui ajoutent toujours plus de violences et de confusions. Ils veulent séparer les chrétiens des musulmans. Ils veulent profiter de la situation et provoquer le chaos dans tout le pays pour remettre en cause son équilibre. Un équilibre qui repose en bonne partie sur les relations entre les fidèles des différentes religions.

AED : Pourtant, selon les autorités, la guerre contre le terrorisme islamique est en voie d’être gagnée. Partagez-vous cette analyse ?

Père d’Ambra : Pas du tout, non. Malheureusement, la tension interreligieuse est bien là. Ce n’est pas parce que des chefs de groupes extrémistes ont été exécutés qu’il faut croire que le gouvernement philippin gagne la guerre. C’est une erreur ! Je sais bien que l’armée fait ce qu’elle peut pour contrôler ces groupes, mais je ne crois pas que cela soit suffisant. Les groupes comme Daech, Maute ou Abu Sayyaf, ont un désir commun de semer le trouble dans le pays. Ils peuvent revenir en force dans les temps qui viennent. Je ne dis pas qu’il faut vivre dans la peur, mais il faut être réaliste, je ne les vois pas déjà défaits ! Je crois que notre amitié avec nos voisins musulmans va être mise à l’épreuve.

N’ayez pas peur ! Croyez bien que l’amour est plus fort que la haine.

AED : Vous-même, avez-vous le sentiment que votre vie est en danger ?

Père d’Ambra : Oh, vous savez, cela fait 40 ans que je suis ici. J’ai bien eu le temps d’être ciblé, et ce, à plusieurs reprises. Une fois de façon tout à fait claire, quand j’ai été pris dans une embuscade. La balle qui m’était destinée a tué l’un de mes amis. À cette époque, j’étais négociateur auprès des rebelles musulmans. C’était une expérience inhabituelle, un prêtre, parmi ces groupes pendant presque trois ans. Nous avions établi de bonnes relations de respect mutuel, et je suppose que l’idée qu’un seul prêtre pouvait être plus efficace qu’un millier de soldats, pour faire la paix, a dû frapper ceux qui ne voulaient pas la fin du conflit. Cette attitude se retrouve de nos jours. Certains musulmans nous disent que nos programmes de dialogues entre chrétiens et musulmans ne sont pas du goût des extrémistes.

AED : Avez-vous un message final à confier ?

Père d’Ambra : N’ayez pas peur ! Croyez bien que l’amour est plus fort que la haine. Je remercie l’AED pour être si proche des chrétiens en difficultés dans le monde et je demande à tous les chrétiens de promouvoir, à leur niveau, le dialogue, pour échapper à la logique du conflit.

 

 

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Le père Sebastiano d’Ambra est fondateur du Mouvement Silsilah qui travaille au dialogue, et dont l’Aide à l’Église en Détresse est un partenaire régulier, que ce soit par le soutien de son travail médiatique (Silsilah Media Centre for Dialogue and Peace), ou encore par le soutien à la publication ainsi qu’aux initiatives de paix et d’harmonie qui sont lancées régulièrement dans la population de cette partie des Philippines. (25-02-2019)