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COVID-19 en Afrique : les radios catholiques, porteuses d’espoir !

17.04.2020 in Média, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

COVID-19 en Afrique
les radios catholiques, porteuses d’espoir !

En Afrique, plus de 14500 cas ont été déclarés positifs au Covid-19. Le virus a déjà coûté la vie à près de 800 personnes. Les lieux publics comme les églises et les écoles ont fermé dans de nombreux pays du continent. Beaucoup d’Africains n’ont ni Internet ni la télévision, et la radio reste le meilleur moyen pour l’Église d’accompagner et de rejoindre ses fidèles. Prenant au sérieux son rôle d’«Église en sortie»*.

Par Christophe Lafontaine, AED International
Adapté par Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne 17 avril, 2020

« En ce temps de confinement, la radio est un espace de vie dont beaucoup
ont besoin » a indiqué à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le père Apollinaire Cibaka Cikongo, concernant la situation vécue en République Démocratique du Congo (RDC), pays également touché par la Covid-19. Le père Apollinaire du diocèse de Mbujimayi a fondé la station de radio Ditunga, basée à Ngandajika dans le diocèse de Mbujimayi, situé au centre du pays. Le média a été fondé il y a dix ans grâce à l’aide de l’AED.

« Depuis la fermeture des églises pour les raisons sanitaires que nous connaissons, Radio Ditunga a adapté sa programmation, accordant plus d’espace à la célébration de l’Eucharistie, à la prière et aux méditations animées par les prêtres de Ngandajika », explique le prêtre. Il souligne d’autre part que tous les exercices spirituels et toutes les célébrations liturgiques sont diffusés en direct. Ce fut ainsi le cas pour celles du Triduum pascal.

 

 

La station de radio diffuse dans une aire d’écoute habitée par environ cinq millions d’habitants. Cette année, le temps de silence traditionnel du Samedi saint n’a pas été observé. « Face à la concurrence d’autres communautés de croyants qui utilisent d’autres radios et qui font circuler des messages mensongers, certains d’entre eux attribuant au pape et à l’Église catholique la responsabilité spirituelle de la maladie du coronavirus, nous avons pensé — affirme le père Apollinaire — qu’un temps de silence mènerait nos auditeurs vers les chaînes concurrentes, avec tous les dangers de manipulation que cela comporte ».

 

Nouveau défi : l’école en direct sur les ondes

En outre, avec la fermeture des écoles depuis le 19 mars, les responsables de la radio ont décidé d’organiser l’école sur ses ondes. Ils veulent ainsi maintenir le lien entre professeurs et élèves. « C’est une expérience totalement inédite dans notre milieu », avoue le père Apollinaire. « Nous avons commencé à travailler avec Le Centre Éducatif Catholique La Robertanna. Comme nous avons un total de 153 familles avec des enfants chez nous, nous avons acheté et remis un petit poste de transistor à chacune de ces familles. D’autres familles sont intéressées et pourront participer à l’expérience, parce que la radio est ouverte à tous. Deux heures de cours par jour sont organisées ».

Ainsi, les professeurs viennent à la radio. Il y a ensuite trente minutes de questions et réponses en direct pendant les enseignements du soir. » L’un des enjeux est de
« s’assurer de l’implication des parents, surtout ceux qui sont analphabètes ». L’autre défi est financier, explique le père Apollinaire, « parce que les écoles étant fermées, il est difficile que les parents paient spontanément ».

 

Messagers d’espérance

Le média qu’est la radio s’avère un carrefour crucial pour les chrétiens en cette période de crise sanitaire et pas seulement en RDC. De nombreux partenaires de projet de l’AED utilisent actuellement la radio pour soutenir les efforts de la société pour contrer les effets du virus.

 

En Guinée-Bissau, la station de radio Sol Mansi, pour ne citer qu’elle, a aussi renforcé ses programmes. Non seulement pour sensibiliser la population sur les mesures concernant le Covid-19, mais aussi, et plus que jamais, pour que continue son travail d’évangélisation en assurant la transmission des messes, des catéchèses, et les différents moments de prières, déclare sœur Alessandra Bonfanti, directrice adjointe de la radio lusophone. « En cette période, dit-elle, nous avons le rôle de messagers d’espérance pour la société qui a peur de la pandémie. Il nous faut aider à maintenir la flamme de la foi dans l’espérance que si chacun collabore, le monde pourra revenir à la normale ».

 

L’Aide à l’Église en Détresse soutient plusieurs stations de radio en Afrique. Au cours des cinq dernières années, outre la Guinée-Bissau et la République démocratique du Congo, l’œuvre pontificale de charité a soutenu des radios en Angola, au Burkina Faso, au Cameroun, au Kenya, au Libéria, à Madagascar, au Malawi, au Mozambique, en Ouganda, en République centrafricaine, en Tanzanie, au Togo, et en Zambie. ACN a soutenu le financement de 35 projets dédiés à de nouveaux équipements techniques et de cinq projets pour la production de nouveaux programmes.

 

Ensemble, continuons de donner pour soutenir nos frères et sœurs qui souffrent. En ces temps de crise, nous devons être encore plus solidaires, puisque les besoins sont criants. Pour offrir vos dons ou vos prières, visitez notre site web au www.acn-canada.org/fr/covid-19-fr

 

*Pape François, dans un discours le 17 juin 2016.

 

 

 

 

Projet de la semaine AED – Brésil : aide à la formation pour les séminaristes d’une communauté nouvelle

15.04.2020 in ACN International, adaptation : Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Brésil

Aide à la formation pour les séminaristes d’une communauté nouvelle

 

La communauté «Eis aí tua mãe – Obra de Maria» (œuvre de Marie) a été fondée en 1990 au Brésil. Ses membres sont environ 3350 et proviennent de tous les horizons. Ils sont prêtres, diacres, consacrés, mariés et célibataires. Ils forment une grande famille!

 

Au total, la Communauté est présente dans sept pays d’Amérique latine, dans 22 pays africains, en Israël et en Palestine, ainsi qu’en Italie et au Portugal. Une de ses missions consiste à organiser des pèlerinages dans les sanctuaires du monde entier, auxquels participent des milliers de personnes. « L’œuvre de Marie » organise par ailleurs des congrès, des retraites et des concerts au service de l’évangélisation, elle est active dans l’apostolat des médias et la pastorale de la jeunesse et des vocations, et supervise des projets sociaux, entre autres pour les toxicomanes.

 

Les fruits de la communauté

L’un des fruits de la communauté au diocèse est l’augmentation du nombre de vocations sacerdotales. Dans l’archidiocèse brésilien d’Olinda e Recife, 50 jeunes hommes de la communauté se préparent actuellement à la prêtrise. Ils sont originaires du Brésil ainsi que de pays africains comme le Togo, le Bénin et le Mozambique.

 

Les responsables de la communauté nous ont demandé de les aider. En effet, pour cette jeune communauté, c’est un défi que de devoir faire face à la formation des séminaristes, car ils doivent payer eux-mêmes leurs moyens de subsistance, leur logement et leurs frais de scolarité. L’année dernière, nous avons pu soutenir la formation de 23 jeunes hommes grâce à un montant de 123 000 dollars. Nous allons encore les aider cette année.

 

Est-ce que vous aimeriez les aider?

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Entretien de l’AED – La minorité chrétienne en Turquie subit à nouveau des pressions

10.02.2020 in Adaptation Mario Bard, Turquie, Voyager avec l'AED
Photo: Abbé Aho Bilecen du monastère Mor Yakub d’Karno, Tur Abdin/Turquie

Turquie

 «Les chrétiens perdent tous leurs biens»

Entrevue par Tobias Lehner, ACN International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne le 10 février, 2020

 

La minorité chrétienne en Turquie subit à nouveau des pressions. Durant la première moitié du mois de janvier, le Père Sefer Aho Bileçen, un abbé syriaque orthodoxe, et deux autres fidèles chrétiens ont été arrêtés dans le Tur Abdin, un massif montagneux situé au sud-est de la Turquie. Quelques jours plus tard, les prisonniers ont été libérés, mais d’autres chrétiens ont été arrêtés. Le Tur Abdin était considéré comme un haut lieu du christianisme. Volker Niggewöhner, de l’œuvre pontificale internationale Aide à l’Église en Détresse (AED), s’est entretenu de la situation avec le Père Slawomir Dadas, président de l’Initiative de l’Orient chrétien (Initiative Christlicher Orient) à Linz, en Autriche.

 


Dr. Slawomir Dadas, priest and chairman of "Initiative Christlicher Orient" ("Initiative for Christian Orient"), Austria

Dr. Slawomir Dadas

AED : Vous disposez d’excellents contacts au Tur Abdin. Comment vont les trois chrétiens qui ont été arrêtés, puis remis en liberté?

Slawomir Dadas : Étant donné les circonstances, ils vont relativement bien — malgré toute l’insécurité qui règne malgré tout. Les personnes arrêtées sont l’abbé du monastère syriaque orthodoxe Mor Yakub d’Karno et deux maires. L’abbé est resté quatre jours en garde à vue. L’un des maires a été libéré au bout de deux jours, et l’autre, le lendemain de son arrestation.

 

AED : Pourquoi les trois hommes avaient-ils été arrêtés?

D’après des informations, un transfuge kurde, combattant du PKK, serait passé du côté de l’armée turque. Il aurait affirmé qu’il y a quelques années, l’abbé et les autres personnes avaient donné de la nourriture à plusieurs combattants du PKK. Cette action est automatiquement considérée comme un soutien au terrorisme, et c’est la raison pour laquelle ils ont été arrêtés. Cependant, personne n’a jamais vu les comptes rendus officiels de la déclaration de cet ancien combattant.

 

AED : Cela semble indiquer une grande nervosité auprès des services de sécurité…

Les gens du Tur Abdin me disent : malheureusement, cela arrive régulièrement au bout de quelques années. Dans leur propre pays, les chrétiens sentent qu’ils ne sont pas les bienvenus et ils ne cessent de les harceler. Mais il est quand même assez extrême que l’abbé soit resté emprisonné quatre jours. Nous avons également entendu dire qu’un couple chrétien avait également été arrêté. Cette fois-ci, il s’agirait d’une histoire de litiges à propos d’une propriété.

 

AED : Le Tur Abdin n’est pas très loin des frontières de la Syrie et de l’Irak. Dans quelle mesure la région était-elle et est-elle encore concernée par les affrontements qui s’y déroulent?

Pendant la guerre d’Irak, beaucoup de réfugiés sont arrivés au Tur Abdin. Mais les camps de réfugiés qui s’y trouvent sont aujourd’hui quasiment vides. Les réfugiés ont poursuivi leur route ou ont simplement été relocalisés.

 

Mosqué Bleu

Quasi-disparition en 50 ans

 

AED : Vous avez évoqué les harcèlements que subissent les chrétiens. Est-ce que la situation en Turquie a globalement changé ces dernières années?

Dans le Tur Abdin en particulier, le problème majeur est que les gens n’y voient presque plus d’avenir pour eux. Il y a une cinquantaine d’années, il paraît qu’il y avait encore 50 000 chrétiens dans cette région. Lorsque je m’y suis rendu dernièrement, il n’était plus question que de 2 500 chrétiens.

 

AED : La Turquie est un grand pays. Est-ce qu’un chrétien vivra mieux à Istanbul qu’au Tur Abdin?

Oui. J’ai l’impression que les chrétiens d’Istanbul jouissent de plus de libertés. Au Tur Abdin, c’est plus problématique parce que la région est considérée comme une région chrétienne. C’est mal perçu dans un pays musulman comme la Turquie. Mais j’ai également constaté que lorsque les monastères de Tur Abdin sont visités par des touristes, cela suscite également l’intérêt des musulmans. Ils admirent la culture et l’histoire des monastères. D’ailleurs, dans le domaine culturel, on observe déjà un petit changement d’appréciation du côté des musulmans. Mais sur le plan sociopolitique, on ne remarque pas de changement.

 

AED : Dans les années 1980, il y avait déjà une grande vague d’émigration du Tur Abdin. À l’époque, c’était à cause des combats entre le PKK kurde et le gouvernement turc. Craignez-vous un mouvement similaire si la situation militaire s’aggrave à nouveau?

Au Tur Abdin, les gens disent que la situation militaire les inquiète moins que la situation économique. La zone est pratiquement abandonnée par le gouvernement. L’aide ne lui parvient qu’à travers les dons provenant d’organisations ou de personnes ayant émigré. Sans cela, les gens ne survivraient pas. Lors de mon voyage dans cette région, nous avons visité de nombreux villages. Jadis, 200 à 300 familles habitaient-là : c’était majoritairement des chrétiens. Aujourd’hui, il n’y en a plus que deux ou trois. Dans la plupart des cas, ce sont des personnes qui vivaient auparavant en Allemagne ou dans d’autres pays d’Europe occidentale, et qui y sont retournées pour y prendre leur retraite. Ces gens y sont en quelque sorte les gardiens de l’héritage culturel et de la foi.

 

AED : À votre avis, le retour à l’Islam, dans un pays qui a connu le laïcisme établi par Atatürk le 1er novembre 1922, peut-il se poursuivre en Turquie et cela pourrait-il être dû au processus d’éloignement entre l’Union européenne et la Turquie?

J’ai l’impression que cet éloignement n’a pas toujours été voulu. Cependant, cette évolution a beaucoup renforcé certains concitoyens musulmans. Par exemple, quelques villages chrétiens ont été occupés par la population musulmane. Les habitations de chrétiens vivant à l’étranger ont été reprises par des musulmans. Leur restitution est très difficile. C’est exactement ce qui se passe au Tur Abdin : les gens ont l’impression qu’on les « exproprie », car il n’existe aucune base juridique justifiant cette façon d’agir. Ils perdent tous leurs biens sans véritable fondement juridique. Ils perdent tout ce qu’ils ont pu acquérir par leur travail au fil de l’histoire.

 

 

Projet de la semaine AED : Brésil Former de jeunes séminaristes en Amazonie

05.02.2020 in Adaptation Mario Bard, Formation, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Projet de la semaine AED —

Formation de 27 futurs prêtres en Amazonie

Publié sur le web le 5 février, 2020

 

Dans le diocèse de Rio Branco dans l’ouest du Brésil, 27 jeunes hommes se préparent à être au service de Dieu et des hommes en étant prêtres. La vie qui les attend ne sera pas facile, en particulier à cause de la grandeur du diocèse qui couvre une superficie de 104 000 kilomètres carrés,ce qui est nettement plus grand que de nombreux pays européens. De plus, le diocèse est situé en grande partie dans la jungle. Les distances sont immenses, et de nombreux endroits ne peuvent être atteints que par une voie navigable.

 

Leur vocation est certainement aussi le fruit des décennies d’efforts inlassables du missionnaire italien Paolino Baldassarri, qui à l’âge de presque 90 ans entreprenait encore de longs voyages sur son petit bateau dans des contrées désertiques pour rendre visite aux fidèles. Mais comme il ne savait pas nager, il devait toujours porter un gilet de sauvetage et un casque de moto. En outre, même âgé, il continuait encore à pratiquer la médecine et à traiter d’innombrables patients.

 

Lorsqu’il est arrivé dans la région il y a près d’un demi-siècle, il a failli être victime du paludisme au cours de la première semaine. Ill a miraculeusement survécu, et peu de temps après, il a commencé à se rendre dans les villages de la jungle avec un simple canot. De nombreuses familles s’étaient éloignées de la foi catholique en raison du manque de prêtres. Le missionnaire les a ramenées à la foi. Il est mort en 2016 en odeur de sainteté.

 

Aujourd’hui, la foi des gens est à nouveau en danger car les 40 prêtres qui s’occupent des quelque 450000 fidèles de cette vaste région accidentée ne peuvent que rarement se rendre dans bon nombre de ces villages reculés. Pendant ce temps, les sectes se propagent rapidement parce qu’elles forment leur personnel rapidement, disposent de ressources financières et promettent des miracles aux gens.

 

Les 27 futurs prêtres sont une grande source d’espérance pour l’Église dans le diocèse de Rio Branco. Cette année encore, L’Aide à l’Église en Détresse (AED) D soutiendra leur formation, à hauteur de 15 600 dollars.

 

 

 

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Aide à l’Église en Détresse dans l’histoire : le miracle du changement politique !

12.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Aide à l'Église en détresse., Voyager avec l'AED

Aide à l’Église en Détresse dans l’histoire

Le miracle du changement politique!

Par Tobias Lehner & Volker Niggewöhner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Le 9 novembre 2019 a marqué le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin. C’est une étape décisive dans les événements qui ont conduit à l’effondrement du communisme en Europe. Un rêve devint réalité pour de nombreuses personnes : des chrétiens dévoués de toutes confessions et de nombreuses organisations qui ont travaillé sans relâche au cours des décennies précédentes pour provoquer ce changement politique. Parmi ces organisations figure l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) et son fondateur, le prémontré néerlandais Père Werenfried van Straaten (1913-2003).

 

42 ans d’attente et d’efforts en vue d’un changement politique

Les événements entourant la chute du Mur n’ont pas surpris l’œuvre de bienfaisance. Dès le début, c’était ce qui était visé par l’engagement de l’AED. « Après avoir attendu ce tournant pendant 42 ans, notre crédibilité est maintenant en jeu si nous n’aidons pas l’Église persécutée en redoublant notre volonté de faire des sacrifices. Même là où elle a été libérée de ses chaînes, elle reste démunie. Sans prêtres, sans programmes radiophoniques et sans livres, la libération est vaine », écrivait le Père Werenfried aux bienfaiteurs de l’AED. Les défis que l’œuvre allait alors affronter rappelaient ses débuts de pionnière.

Jetons un regard en arrière. En 1947, à l’initiative du Pape Pie XII, le Père Werenfried lance une campagne pour aider les Allemands déplacés et expulsés de l’Est. En 1952, après avoir reçu des informations qui faisaient état de violations des droits de l’homme et de persécutions contre l’Église dans les pays nouvellement placés sous le régime communiste, il étendit les opérations de secours à ces régions. Voilà pourquoi, durant les premières années, l’œuvre s’est appelée Aide aux prêtres de l’Est, pour être renommée Aide à l’Église en Détresse en 1969.

La situation dans les pays derrière le rideau de fer était différente d’un État à l’autre. L’Union soviétique était considérée comme un territoire inaccessible. Seules des émissions radiophoniques provenant de l’étranger permettaient d’y diffuser la Bonne Nouvelle de l’Évangile — ou alors il fallait recourir à la contrebande. Dans d’autres pays, en particulier en Pologne et en Yougoslavie, il était possible de soutenir davantage.

L’œuvre considérait qu’une autre de ses missions importantes résidait dans l’information du public. Il fallait que le monde occidental sache ce qui se passait à l’Est. C’est ainsi que le Père Werenfried s’est exprimé dans des centaines d’homélies sur la situation de l’Église persécutée en Europe de l’Est, devenant lui-même le porte-parole des opprimés privés de leur voix.

Derrière le Rideau de fer, en Pologne, le cardinal Karol Wojtyla, qui deviendra Jean-Paul II, visite le chantier de l’église de Nowa Huta (1977). Le régime communiste avait voulu une nouvelle ville sans Dieu : la population en a décidé autrement…

«Armés» pour la paix

À partir des années 1960, l’AED a étendu son soutien à d’autres régions du monde, comme l’Amérique latine et l’Afrique, mais l’aide à l’Europe de l’Est est demeurée l’une de ses préoccupations majeures. Ses efforts ont été inspirés par les paroles du Pape Pie XII qui avait dit un jour au Père Werenfried : « Tout le monde se prépare à la guerre, mais presque personne ne pense à préparer la paix au cas où elle arriverait soudainement ». Et c’est devenu l’objectif du Père Werenfried qui voulait être préparé pour le « jour J ».

Lorsqu’une nouvelle politique vit le jour en Union soviétique sous Mikhaïl Gorbatchev, l’AED augmenta entre 1987 et 1988 les aides allouées aux républiques soviétiques, qui passèrent alors de moins d’un million de dollars à 3,5 millions de dollars. C’est aussi dans cette période que le Père Werenfried commença des collectes de fonds pour la formation des prêtres dans les pays du bloc de l’Est. Chacune des deux initiatives s’avéra extrêmement utile, en particulier lorsqu’on regarde les événements qui surviendront par la suite.

La chute du mur de Berlin et les autres événements révolutionnaires marquèrent pour l’AED l’avènement du « Jour J ». Alors que dans le passé, l’aide devait rester secrète, elle pouvait maintenant être apportée ouvertement et parfois elle était même souhaitée par l’État. Une chose est sûre : le soutien dans ces pays restait toujours absolument indispensable. Dès 1990, les aides pour l’Europe de l’Est augmentèrent au point de dépasser les 22 millions de dollars, et atteignirent en 1994-1995 près de trente millions de dollars, ce qui équivalait à plus de 40 % de la totalité du soutien accordé à l’échelle mondiale par l’AED. Ce niveau a persisté jusqu’au passage au nouveau millénaire.

Soutien humanitaire et pastoral

Voici quelques — un des projets d’aide particulièrement remarquables réalisés dans les années qui ont suivi la chute du communisme. Pendant la Révolution roumaine, en décembre 1989, le Père Werenfried s’est rendu à Bucarest dès le lendemain de l’exécution du dictateur Ceaușescu et de son épouse. Auparavant, il avait été l’un des premiers à organiser une aide d’urgence pour atténuer la souffrance de la population roumaine.

En Ukraine, une relation particulière s’est établie entre l’AED et l’Église grecque catholique.. Lorsque son primat, le cardinal Myroslav Ivan Lioubatchivsky, a pu quitter son exil romain le 30 mars 1991 afin de retourner dans sa patrie,, il était accompagné par le Père Werenfried. Lors d’une sainte messe célébrée à Lviv, le fondateur de l’AED a fait une promesse solennelle : « Au nom de nos bienfaiteurs, je vous promets que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous aider dans la nouvelle évangélisation de l’Ukraine, vous les évêques, les prêtres et les religieuses, les séminaristes et l’ensemble du peuple des fidèles. »

L’AED a tenu promesse : la construction du Grand séminaire à Lviv devint l’un des plus grands projets de l’œuvre. Aujourd’hui, le séminaire de Lviv et ses 200 étudiants compte parmi les plus grands dans le monde.

 

Au programme : formation des prêtres, couvents et proclamation de l’Évangile

Dans les autres états d’Europe de l’Est, le financement de la formation des séminaristes était également une préoccupation majeure. À cela s’ajoutait l’aide apportée aux monastères contemplatifs, dont beaucoup avaient survécu aux années du communisme dans des conditions déplorables ou bien venaient tout juste d’être fondés. Dans de nombreux pays, l’Église était au bord du gouffre et ne possédait plus rien, puisque tous ses bâtiments avaient été confisqués sous le régime communiste et qu’il n’existait plus aucune structure d’organisation cléricale. Dans ces domaines également, l’AED apporta son soutien, en particulier aux petites Églises locales en Albanie, en Bulgarie, en Roumanie ou au Kazakhstan. Dans ces pays, les catholiques sont en minorité et trouvent peu de défenseurs dans la société.

 

Un œcuménisme vivant : reconstruire les ponts

En 1991, une mission spéciale pour la reconstruction spirituelle de l’Europe de l’Est a été confiée par la plus haute autorité : le Pape Jean-Paul II exprima pour la première fois à l’AED son idée d’intensifier le dialogue avec l’Église orthodoxe russe. Une approche qui trouva un terrain fertile chez le Père Werenfried. En octobre 1992, il se rendit pour la première fois en Russie avec une délégation. Là, il rencontra le Patriarche Aleksei II et d’autres dignitaires orthodoxes. Le père Werenfried a pu faire son rapport au pape au début de 1993 et le soutien de certains projets en faveur de l’Église russe orthodoxe vint donc compléter le soutien accordé aux communautés catholiques.

L’un des fameux bateaux chapelles.

Le projet le plus célèbre devint celui des fameux bateaux chapelle — des embarcations transformées en chapelle permettant aux prêtres de se rendre dans des communes où il n’y avait plus d’église. Le Père Werenfried était convaincu que « la nouvelle évangélisation indispensable de la Russie représentait la mission fondamentale de notre Église-sœur orthodoxe ». Comme celle-ci avait également souffert de la persécution sous le communisme et qu’elle devait repartir de zéro, il fallait maintenant la soutenir.

 

De bénéficiaires à bienfaiteurs

Regina Lynch, directrice du département des projets à l’Aide à l’Église en Détresse.

Depuis 1990, l’AED a soutenu l’Église en Europe de l’Est avec plus 750 millions de dollars. Même si, de nos jours, les priorités de l’aide se sont déplacées vers le Moyen-Orient et l’Afrique, les chrétiens d’Europe de l’Est ne sont pas tombés dans l’oubli. Ainsi, la petite Église extrêmement pauvre d’Ukraine se situe toujours au quatrième rang des pays soutenus par l’AED.

Enfin, il est intéressant de souligner que les communautés des anciens pays communistes n’ont pas été que des bénéficiaires. Peu après l’effondrement du rideau de fer, des actions de solidarité ont vu le jour chez des catholiques de différents pays qui, peu de temps auparavant, souffraient eux-mêmes de la persécution. La Pologne a joué et joue toujours un rôle majeur à cet égard. L’un des 23 bureaux nationaux de l’AED y est maintenant installé et un autre a été ouvert en Slovaquie, état qui faisait partie de l’ancienne Tchécoslovaquie. Ici aussi, le miracle du changement politique est à l’œuvre.

Inde — Projet AED de la semaine

18.10.2019 in Adaptation Mario Bard, Inde, PROJETS AED, Subsistance, Voyager avec l'AED

Projet AED de la semaine – Inde Aide à la formation pour 23 séminaristes

La Congrégation de Sainte-Croix a été officiellement fondée au Mans en France en 1837. Elle est née de la fusion des Frères de Saint-Joseph — fondé en 1820 par le père Jacques Dujarié —, et des Prêtres auxiliaires du Mans, fondé par le chanoine Basile Moreau en 1835. À cette époque postrévolutionnaire, toute une génération de jeunes a grandi en ne recevant pratiquement aucune éducation chrétienne et catholique. Cette communauté masculine est donc née du désir d’un groupe de jeunes hommes d’éduquer les jeunes dans les campagnes. Les Sainte-Croix comme on les appelle souvent ont connu une évolution fulgurante : à peine 25 ans après la fondation, ils étaient déjà en Algérie, aux États-Unis, au Canada, en Italie et au Bengale oriental (aujourd’hui l’Inde et le Bangladesh).

De nos jours, les religieux de la congrégation sont présents dans 16 pays. Ils s’occupent de l’instruction religieuse des jeunes et dirigent des écoles, car ils estiment que l’éducation spirituelle est l’arrière-plan requis pour s’attaquer, grâce à une foi chrétienne instruite, profonde et réfléchie, aux problèmes pressants de l’époque actuelle. Les Canadiens les connaissent très bien puisque l’un d’eux, le saint et thaumaturge Frère André Bessette, a fondé l’oratoire Saint-Joseph en 1904 à Montréal. Ce haut lieu de pèlerinage reçoit aujourd’hui en moyenne plus de deux millions de visiteurs par année.

 

D’abord, les familles

En Inde, la congrégation compte quatre provinces et est particulièrement active. Elle bénéficie également de nombreuses vocations. Les pères Indiens de la Sainte-Croix ne travaillent donc pas seulement dans ce pays, mais ils se mettent également au service de l’Église universelle en tant que missionnaires dans d’autres pays.

De nos jours —, et ce partout dans le monde —, il devient de plus en plus important d’aider les familles et les jeunes à s’enraciner profondément dans la foi chrétienne, face à la diffusion du consumérisme et aux nombreux défis créés par le phénomène de la mondialisation. Pour y arriver, les prêtres doivent être bien formés. Dans la province d’Inde du Sud, 23 jeunes hommes se préparent actuellement au sacerdoce. L’Aide à l’Église en Détresse souhaiterait contribuer et les aider à payer leurs frais de formation avec un montant de 10 350 $. Les séminaristes prient pour tous ceux qui les aideront ! Merci à tous ceux et celles qui pourront le faire, et merci de prier pour ces séminaristes.

Projet de la semaine de l’AED : Aide à la formation pour des religieuses au Pérou

03.10.2019 in ACN International, Formation religieuse, Pérou, Religieuses, Voyager avec l'AED

Pérou

Aide à la formation pour des religieuses

 

Dans de nombreux pays d’Amérique latine, l’État n’accorde aucun soutien aux personnes handicapées. Les familles qui vivent dans la pauvreté n’ont guère la possibilité de s’occuper d’enfants vivant avec un handicap d’une manière qui correspond vraiment aux besoins de ceux-ci. La congrégation des Servantes du Plan de Dieu, fondée à Lima en 1998, s’occupe tout particulièrement de ces personnes.

 

Les religieuses ont créé des écoles pour enfants vivant avec un handicap, en plus de prendre soin des malades, des personnes âgées ou en détresse. Leur souhait est que chacun se sente accepté et que les personnes vivant avec un handicap puissent découvrir et développer leurs talents. En même temps, les religieuses veulent aussi contribuer à changer l’attitude de la société envers ces personnes.

 

Une présence internationale

Aujourd’hui, les religieuses interviennent non seulement en Amérique latine, mais aussi en Asie, en Afrique, en Europe et aux États-Unis.

La jeune congrégation suscite de nombreuses vocations. Beaucoup de jeunes religieuses sont médecins, avocates, éducatrices ou infirmières.

Présentement, 31 jeunes religieuses sont en formation à Lima. Aide à l’Église en Détresse les soutient grâce à un montant de 24 000 dollars.

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Crimée – la pauvreté ne cesse d’augmenter

30.09.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Crimea, Europe de l'Est, Pastorale familiale, Voyager avec l'AED

Crimée – Europe de l’Est
La pauvreté ne cesse d’augmenter

 

Pour de nombreuses familles en Crimée, passer des vacances d’été est impossible à cause de leur situation économique. Donc, lorsque les vacances scolaires commencent, de nombreux enfants passent leur journée dans la rue pendant que leurs parents doivent travailler. C’est pourquoi Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient dans cette région des initiatives de camps d’été organisés par l’Église catholique. Une manière de donner une perspective aux enfants et aux adolescents de familles vivants des difficultés économiques. 

 

En Crimée, l’économie — déjà en difficulté — ne cesse de se détériorer. Particulièrement depuis que la péninsule de la mer Noire a été annexée par la Russie, les salaires et les revenus ont baissé alors que les prix, notamment ceux des denrées alimentaires, ont grimpé en flèche. C’est une situation dont souffrent particulièrement les gens qui ont un revenu modeste.

« Par rapport à 2013, au cours du premier semestre 2017, les salaires ont baissé de 18 pour cent et les revenus de pension de retraite, de 14 pour cent », explique l’évêque catholique romain d’Odessa-Simferopolm, Mgr Jacek Pyl, un membre de la congrégation missionnaire des Oblats de Marie Immaculée. Il ajoute « La retraite moyenne en Crimée s’élève à seulement 8 500 roubles, ce qui équivaut à environ 165 dollars. Un tiers de la population vit avec le risque et la peur de se retrouver très bientôt en dessous du seuil de pauvreté. »

 

Contrairement à la baisse des revenus, le coût de la vie a fortement augmenté en raison de l’interdiction d’importer des denrées alimentaires telles que la viande, le poisson, les produits laitiers, les légumes, les fruits et les noix. Ces interdictions ont été mises en place par la Russie, en réaction aux sanctions économiques occidentales dont elle affectée. « Depuis 2014, les prix pour ces produits et d’autres ont doublé à l’intérieur du pays, et certains prix pour des biens de consommation courants sont parfois trois fois plus élevés en Crimée », déplore l’évêque.

 

Un baume : Des vacances avec Dieu

 

Selon Mgr Pyl, le nombre de familles de Crimée vivant sous le seuil de pauvreté augmente rapidement : 66 pour cent pour les familles ayant deux enfants et 78 pour cent pour les familles qui ont trois enfants ou plus. Donc, beaucoup de familles ne peuvent plus se permettre de partir en vacances. « Mais c’est surtout pour les enfants et les adolescents qui s’ennuient en passant leurs vacances dans la rue que la dépendance à l’ordinateur, à l’internet, aux drogues ou à l’alcool représente un danger potentiel », affirme Mgr Pyl en soulignant sa reconnaissance à l’AED qui finance deux camps de vacances en Crimée, dont le thème est Des vacances avec Dieu. Ces projets s’adressent à des jeunes gens de toutes confessions, et leur offrent une occupation utile pendant les vacances scolaires.

 

Bogdan Loginov, l’un des participants, décrit le temps qu’il a passé au camp de vacances, qui était tenu par des religieuses : « En plus de nombreuses belles activités, nous avons appris beaucoup de nouvelles choses sur la catéchèse pendant le camp d’été. Nous ne nous sommes jamais ennuyés et je me suis fait beaucoup de nouveaux amis. Sans le camp, l’été n’aurait pas eu de sens. J’espère qu’il aura à nouveau lieu l’année prochaine. »

 

Mgr Pyl précise : « C’est à cet âge que de nombreux jeunes se posent beaucoup de questions sans réponse : comment devrais-je vivre, qui ai-je envie d’être et pourquoi devrais-je vivre ? – Les camps d’été ne sont pas seulement des lieux pour s’amuser, mais ils servent aussi l’avenir du pays et de l’Église, car enseigner et vivre les valeurs chrétiennes sont d’une grande importance ».

 

C’est exactement l’expérience vécue par le jeune Andrej Prospunov, âgé de 15 ans : « Au cours de l’adolescence, de nouvelles questions surgissent sans cesse. On perçoit le monde autrement, et de manière plus intense. Cependant, la remise en cause de beaucoup de choses n’est pas toujours positive sur sa propre foi. Grâce au camp, mes amis et moi avons pu comprendre qu’en dépit de quelques doutes, on peut encore être croyant, et même plus : que la foi en Dieu et l’expérience de la communauté avec des fidèles du même âge sont des choses formidables. Les participants au camp provenaient de différentes communautés, mais grâce à notre foi, nous avons réalisé que nous ne faisons qu’un. Je remercie tous les organisateurs et en particulier les personnes qui, grâce à leur soutien financier, ont rendu possible que nous passions ce temps ensemble ! »

 

Cette année seulement, l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a pu soutenir 30 projets de camps d’été pour des enfants et des adolescents, grâce à un montant de 495000 dollars : le reflet de la générosité de ses 330000 bienfaiteurs dans le monde entier!

Histoire de succès de l’AED : Biélorussie

25.09.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Biélorussie, PROJETS AED, Transport, Voyager avec l'AED

Histoire de succès de l’AED… en Biélorussie
Se déplacer : essentiel pour un curé !

Cette semaine, notre histoire se déroule en Biélorussie. D’abord, on apprend que dans ce pays de près de 10 millions d’habitants, le pourcentage de catholiques est d’un peu moins de 8 %, alors que celui des orthodoxes et de près de 50 %.

Dans ce contexte, il est intéressant de constater que de nouvelles paroisses catholiques continuent à voir le jour. Ainsi, l’une d’entre elle a été fondée en 2017 dans la banlieue de Grodno, ville de 370 000 habitants. Elle est consacrée à Saint Jean-Paul II et compte de nombreuses jeunes familles avec enfants, car un grand nombre de jeunes viennent s’installer en ville. Ils y trouvent du travail et ils veulent également garantir à leurs enfants une meilleure éducation qu’à la campagne. C’est pourquoi le nombre de fidèles augmente dans les villes. Dans cette nouvelle paroisse, les édifices servant au culte, le presbytère, ceux pour la catéchèse ou tout autres types d’activités paroissiales sont en chantier ou encore dessinés sur des plans. La catéchèse est donc organisée dans les appartements ou les maisons des fidèles. La messe est célébrée en plein air, sur le terrain où l’église doit être construite.

Un curé floué !

Le curé de la paroisse, le Père Henryk Jablonski, vit encore dans un studio, dans un immeuble situé à dix kilomètres du chantier de construction. Il est toujours en déplacement – pour se rendre sur le chantier, sur les lieux de la catéchèse, et à l’hôpital où il visite régulièrement les malades. Pour son travail, il est essentiel qu’il ait une voiture. À vrai dire, il en avait acheté une d’occasion, mais elle lui a été confisquée par les autorités; le propriétaire précédent avait falsifié les documents. Et puis, l’argent avait déjà disparu : il n’avait donc plus de voiture.

Nos bienfaiteurs ont fait un don de 15 000 dollars pour que le Père Jablonski puisse acheter une voiture pour son travail. Il est heureux et reconnaissant, ravi de sa nouvelle voiture, et remercie tous ceux qui l’ont aidé !

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/
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Projet de la semaine de l’AED : Un centre de jeunesse au Bénin

19.09.2019 in Bénin, Voyager avec l'AED

Bénin

Un centre d’évangélisation pour les jeunes

 

Au Bénin, il y a une soif et un besoin constant d’approfondir la foi catholique. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, les musulmans sont majoritaires au nord, mais on compte principalement des chrétiens et des adeptes de religions africaines traditionnelles dans le sud.

 

Beaucoup de ces derniers pratiquent le vaudou. La superstition est répandue, même parmi les chrétiens. Il est donc important qu’ils approfondissent constamment leur foi et c’est pourquoi l’éducation est la priorité de l’Église locale. C’est pourquoi une école d’évangélisation pour les jeunes âgés de 18 à 30 ans a été créée en 2014 dans la ville de Cotonou, le centre économique et le siège du gouvernement du pays. La ville est située dans l’extrême sud, sur la côte atlantique.

Le projet, appelé Jeunesse Bonheur, est financé par l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Il est issu du projet Jeunesse Lumière, fondé en France par le père Daniel Ange. Pendant un an, les participants vivent leur foi ensemble et ils apprennent à mieux la connaître et à la transmettre. Et tout cela, dans la joie ! Dans le cadre de la formation, les jeunes vont, entre autres, dans les écoles et les familles, rendent visite aux prisonniers et aux personnes âgées et partagent avec eux leur expérience de foi.

 

L’école

Avec une telle école d’évangélisation, l’Église du Bénin est une pionnière en Afrique. Depuis 2014, les adolescents et les jeunes adultes ont la possibilité de participer au programme dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Certains fruits sont tangibles et visibles pour l’Église locale : parmi les jeunes qui ont participé au programme pendant ses quatre premières années d’existence, douze sont entrés au séminaire et cinq dans un ordre religieux. Certains ont fondé une famille chrétienne, et d’autres ont travaillé dans le domaine ecclésial.

 

Cependant, l’école a été lancée dans des conditions précaires. Cela n’enlève rien à l’enthousiasme des participants, mais à long terme, des locaux plus appropriés seront nécessaires, y compris afin d’accueillir plus de participants. En effet, des jeunes d’autres pays africains vont bientôt venir participer au programme. Le projet de bâtiment sera construit en plusieurs phases, mais la première partie – la résidence pour les jeunes hommes – est déjà en cours de construction.

L’AED a promis 75 000 dollars pour soutenir les travaux.

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