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Refugiés

 

Ukraine – La guerre en Ukraine orientale : la mort, la détresse, la souffrance et l’espoir en Dieu

19.03.2015 in AED, Refugiés

 Ukraine – La guerre en Ukraine orientale : la mort, la détresse, la souffrance et l’espoir en Dieu

Impressions de visiteurs et de rapports envoyés à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse

Mgr Bronislaw Bernacki, the Roman Catholic Bishop of Odessa-Simf

L’évêque Mgr Bronislav Bernacki est bouleversé. « Personne ne s’attendait à ce qu’une guerre se déclenche à nouveau en Europe », a dit l’évêque catholique romain d’Odessa-Simferopol lors d’une visite auprès de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

La guerre a littéralement déchiqueté son diocèse institué en 2002 seulement. En raison du conflit qui ravage l’Ukraine, où règne la violence armée depuis un an, la région a entre-temps été divisée. Depuis Odessa, sur la Mer Noire, Mgr Bernacki s’occupe des catholiques de son évêché, qui continuent d’appartenir à l’Ukraine. Son évêque auxiliaire, Mgr Jacek Pyl, est resté à Simferopol, en Crimée, pour s’occuper des fidèles.

Augmentation du nombre de réfugiés

Ukraine, Kyiv 20.10.2014Refugees from east Ukraine at centre inÀ Zaporijia aussi, non loin des zones de combat en Ukraine orientale, les conséquences de la guerre sont tangibles, comme le confirmait l’évêque auxiliaire catholique romain de Kharkiv- Zaporijia, Mgr Jan Sobilo, dans un entretien téléphonique avec Magda Kaczmarek, responsable du département Ukraine auprès de l’AED. Selon lui, le nombre de réfugiés venus de la région où sévissent les combats, autour de Louhansk et Donetsk, s’accroît constamment. Il y a 75 000 personnes qui ont entre-temps trouvé refuge rien qu’à Zaporijia, ville située un peu plus à l’ouest.

À l’initiative du diocèse, les réfugiés peuvent venir tous les jours à la soupe populaire mise en place par la congrégation des Frères Albertins. Les femmes qui ont des enfants reçoivent une aide supplémentaire une fois par semaine, mais les hommes en sont privés, parce qu’actuellement, il n’y a plus rien à distribuer. L’AED soutient cette action humanitaire ainsi que d’autres dans la région. Pour cela, plus de 175 500 $ ont été alloués au cours des mois passés.

La souffrance et la détresse font partie du quotidien de l’évêque catholique grec Mgr Jaroslav Pryriz, de l’éparchie de Sambir-Drohobych, en Ukraine occidentale. Vingt aumôniers travaillent entre six à huit semaines dans les zones de combats à l’Est. Ces ecclésiastiques s’occupent des soldats, pour la plupart de jeunes hommes, des volontaires, mais aussi les hommes ayant été enrôlés dans l’armée.


Germany, Koenigstein, 04 March 2015 Mgr Bronislaw Bernacki,theDes deuils douloureux

Lors d’un entretien avec Magda Kaczmarek, il raconait ce qu’il avait vécu: « Les prêtres alternent tous les 45 jours, car personne ne tient plus longtemps là-bas. Certains de ceux qui reviennent ne veulent simplement plus y retourner, parce que les épreuves psychiques sont énormes. Mais ils y retournent parce qu’ils veulent s’occuper des fidèles. » Selon l’évêque le besoin de parler et d’encadrement pastoral est immense. « Qu’il s’agisse des catholiques, des orthodoxes ou membres d’autres confessions, tous se réjouissent qu’un prêtre soit simplement là pour eux, alors que certains n’ont encore jamais entendu parler de Dieu », assure Mgr Pryriz.

Les nouvelles qu’il rapporte de la capitale ukrainienne sont tout aussi bouleversantes : « Des soldats blessés originaires d’Ukraine orientale sont aussi soignés dans un hôpital militaire provisoire installé dans la cathédrale catholique grecque de Kiev. Jamais encore je n’ai été témoin d’autant de souffrance, de deuil et de tragédie. J’ai 53 ans, et je n’ai jamais vécu de guerre, mais j’ai vu des êtres humains sans mains, sans jambes, sans yeux, sans oreilles. Ce sont des images qui me hantent. »

 

Military Chaplaincy in East Ukraine, 2015

L’évêque de Sambir-Drohobych ajoute : « Beaucoup de soldats originaires de notre diocèse ont perdu la vie. Ils ont soit tout simplement disparu, ou alors personne ne sait où ils sont restés. On nous raconte que certains ont été brûlés. Ou alors ils reviennent dans des cercueils. Vous ne pouvez vous imaginer l’immensité de la douleur du deuil à cause de la mort des fils, des pères, des maris ! »

Au terme de sa visite auprès de l’AED, Mgr Bernacki d’Odessa-Simferopol est revenu sur l’appel à la prière lancé par Sa Sainteté le pape François pour la paix en Ukraine. L’évêque rappelle avec insistance : « Nous avons besoin de paix et que l’effusion de sang cesse. Les chrétiens à l’Est et à l’Ouest sont maintenant entrés dans la période du Carême. J’invite tous les êtres humains à prier pour la paix, car nous ne parviendrons à maîtriser le Mal qu’à travers le Bien. »