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Refugiés

 

Vues d’ailleurs, mercredi 19 h à Radio VM

01.10.2018 in AED-Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Formation, Mario Bard, Ouganda, PROJETS AED, Projets pastorale, Radio Ville Marie, Radio VM, Refugiés, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Radio VM

Soutenir des réfugiés sud-soudanais en Ouganda

Ce mercredi à 19 h, Christine du Coudray, responsable de l’Afrique pour Aide à l’Église en Détresse nous parle des projets que l’organisme entend soutenir afin d’aider l’Église catholique locale dans son travail auprès des réfugiés du Soudan du Sud installés en Ouganda. Lire aussi l’entrevue donnée à Robert Lalonde.

Des cours sont donnés par le biais du Centre Emmaüs Katikamu pour les réfugiés sud-soudanais des camps ougandais de de Bidibidi et de Palorinya.

Puis, nous vous donnerons des nouvelles du monde, de l’information que vous entendrez peu ou pas sur les ondes de d’autres stations généralistes.

Vues d’ailleurs, un rendez-vous unique avec l’Église catholique locale, tous les mercredis, 19 h, sur les ondes de Radio VM, en rediffusion tous les dimanches dans la nuit à 2 h 30, et le mercredi à 13 h 30.

En collaboration avec Radio VM!

 

Nouvelles de AED – Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

23.07.2018 in ACN International, Adapted by Amanda Bridget Griffin, Maria Lozano, Moyen-Orient, Pastorale familiale, PROJETS AED, Refugiés, Syrie, Syrie

Aide à l’Église en Détresse

Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

Hôpital San Luis Hospital, Aleppo. 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a accordé un nouveau soutien à plus de quarante projets pour la pastorale ainsi que de l’aide d’urgence en faveur de chrétiens syriens de différents rites. L’AED tente ainsi d’améliorer la situation difficile dont souffrent les habitants du pays, causée par les récentes sanctions économiques, notamment l’embargo commercial sur le pétrole. Dans une rencontre effectuée le 27 juin à l’occasion d’une conférence devant le Parlement européen à Bruxelles, Mgr Joseph Tobji, évêque maronite d’Alep, a mis en garde contre ce genre de restrictions : « Elles tuent le peuple syrien autant que les armes ».

« Cette aide doit servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne »

 

L’archevêque maronite d’Alep, Mgr Joseph Tobji, dans sa cathédrale bombardée, située en plein coeur de la vieille ville.

« Pourquoi des enfants et des malades doivent-ils mourir par manque de médicaments ? Pourquoi des chômeurs, licenciés à cause de l’embargo, doivent-ils mourir de faim ? », a demandé l’évêque aux députés européens.

En réaction à cet appel d’urgence et à d’autres appels similaires lancés par les Églises catholique et orthodoxe locales en Syrie, l’AED a accordé une enveloppe de plus de trois millions de dollars pour assurer la subsistance et les soins médicaux de familles dans la détresse, déplacées dans plusieurs zones du pays, en particulier à Alep et à Homs.

 

Selon Mgr Tobji, la migration constitue un autre grave problème en Syrie. Elle représente « une blessure dangereuse qui continue de saigner ». L’immense vague des migrants forcés comporte évidemment aussi des chrétiens syriens. Si ces derniers formaient déjà une minorité auparavant, ils « vont disparaître maintenant totalement [de Syrie] si la situation engendrée par la guerre ne se termine pas bientôt ». Il ne reste plus qu’un tiers des chrétiens qui y vivaient avant la guerre. Au vu d’un tel taux d’émigration, l’évêque maronite se demande qui pourrait bien reconstruire le pays maintenant. En effet, la Syrie est un pays « sans productivité, sans main-d’œuvre, une société sans vie ». En qualité de « passerelle culturelle » entre l’Occident et l’Orient, les chrétiens jouent un rôle décisif à titre d’élément pacifique et pacifiant au sein de la société syrienne. Selon les prévisions de l’évêque, « si les chrétiens venaient à disparaître, beaucoup de problèmes pourraient surgir, pas seulement pour le pays même, mais aussi pour l’Europe : la Syrie n’en est éloignée que de quelques kilomètres ».

 

 

Que les enfants redécouvrent leur capacité à jouer !

Au cours des prochains mois, l’AED s’est donné comme autre grand objectif de soutenir les enfants et les jeunes gens, qui représentent, en principe, l’avenir du pays. Toutefois, le souci des parents concernant l’avenir de leurs enfants est justement la cause de l’émigration de nombreuses familles chrétiennes. Par conséquent, un quart des projets accordés par l’AED vont l’être au bénéfice de la jeunesse. D’une part, l’AED a débuté plusieurs projets de bourses scolaires, car beaucoup de familles ont perdu leurs maisons et leurs emplois et ne disposent donc plus d’aucun moyen pour assurer l’éducation de leurs enfants. La détresse économique oblige de nombreuses familles à chercher leur avenir en dehors du pays.

Un des projets soutenus par l’AED : Laissez moi vivre mon enfance! Des enfants nés sous les bombes reçoivent un peu de répit, grâce à vos dons et au travail de l’Église.

 

Au fil des prochains mois, ce programme bénéficiera à 1215 élèves et 437 étudiants à Homs, ainsi qu’à 105 étudiants à Damas. En outre, l’AED a donné son accord pour fournir des aides à la scolarisation d’enfants de 300 familles en détresse à Damas ainsi que d’enfants malades et d’orphelins.

 

D’autres projets sont prévus pour l’assistance aux enfants et aux d’adolescents d’Alep, traumatisés au bout de sept années de guerre et de conflits. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais quitté la ville au cours des sept dernières années et ne connaissent rien d’autre que la guerre. Ils ont besoin d’aide pour guérir et pour se développer sur le plan spirituel et psychique. Le Père Antoine Tahan, prêtre de l’église arménienne catholique de la Sainte-Croix, a pu convaincre un groupe de jeunes bénévoles de l’épauler dans son initiative « Let me Live My Childhood » (Laissez-moi vivre mon enfance). Le prêtre affirme : « Nous remercions l’AED de ce projet qui doit aider les enfants à se défaire de leurs ‘vêtements d’adulte’, afin de renouer avec les dons irremplaçables de l’enfance. Nous voudrions qu’ils redécouvrent la capacité de jouer, qu’ils redeviennent simplement des enfants ». Par ailleurs, l’AED soutient plusieurs cours d’été pour adolescents, organisés par les Églises catholiques maronite et syriaque orthodoxes d’Alep. Cette ville a certainement le plus souffert de la guerre.

 

Fidèle à son caractère pastoral, Aide à l’Église en Détresse fournira presque un demi-million d’euros pour la remise en état de plusieurs églises et de monastères, notamment les cathédrales maronite et syriaque catholiques d’Alep, ainsi que pour le soutien de la formation de séminaristes et pour la subsistance de prêtres. À ce sujet, l’évêque Mgr Tobji affirme : « L’Église est la première porte à laquelle les gens frappent », pour ajouter : « Cependant, sans le soutien des bienfaiteurs et des organisations et œuvres de bienfaisance de l’Église, comme l’AED », l’Église locale serait incapable d’assurer cet appui. « Ces aides doivent servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne ».

L’évêque maronite d’Alep adresse un appel désespéré à l’Occident : « Faites quelque chose de bien, aidez-nous à trouver la paix. »

Une mission d’aide soutenue par Aide à l’Église en Détresse. Merci de continuer à  nous soutenir, pour l’avenir de cette petite fille! 

 

 

Venezuela : Le portrait de l’impuissance à la frontière vénézuélienne

14.06.2018 in Adaptation Traduction Julie Bourbeau, AED, Aide à l'Église en détresse., Refugiés, Venezuela, Voyager avec l'AED

« Aide à l’Église en Détresse » s’est récemment rendue dans la ville de San Antonio de Tachira (en Colombie) pour offrir de l’aide aux diocèses frontaliers du Venezuela et de la Colombie, leur témoigner sa solidarité au cœur de cette situation difficile et étudier les possibilités d’aide éventuelle à offrir au projet de maison des migrants.

 


 

Venezuela

Le portrait de l’impuissance à la frontière vénézuélienne

Suite aux élections présidentielles controversées ayant eu lieu au Venezuela, le flux des migrants à la recherche de meilleures conditions de vie dans d’autres pays continue de s’accroître, et les milliers de Vénézuéliens qui traversent quotidiennement la frontière colombo-vénézuélienne continuent d’avoir un grand besoin d’aide.

Sur le pont international Simón Bolívar qui relie les villes de San Antonio del Táchira (au Venezuela) et de San José de Cúcuta (en Colombie), les contrôles sont stricts pour ceux qui souhaitent quitter le pays en proie à une grave crise politique, économique et sociale. Plusieurs ne parviennent pas à franchir la frontière, si bien qu’ils en sont réduits à errer dans les villes frontalières à la recherche d’aide humanitaire.

Augmentation significative du nombre de migrants vénézuéliens

C’est le cas de Fernando et Marisela et de leurs deux enfants âgés de 3 et 7 ans, Luis et Camila. La jeune famille a quitté Caracas dans le but de traverser la frontière et d’atteindre l’Équateur, mais en raison de difficultés concernant les papiers d’identité des enfants mineurs, ils n’ont pas été en mesure de quitter le pays.

« La vie est difficile dans la capitale, il vaut mieux émigrer », dit Fernando. Aujourd’hui, avec des ressources limitées, ils passent la nuit sur place en compagnie d’autres migrants, et travaillent dans le secteur de l’économie informelle tout en essayant de résoudre leurs problèmes pour poursuivre leur voyage.

Un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations, publié le 14 mai dernier, signale que le nombre d’immigrés vénézuéliens en Amérique latine et dans les Caraïbes est passé de 89 000 à 900 000 personnes entre 2015 et 2017, soit une augmentation de plus de 900 %. Et ces statistiques ne tiennent pas compte des citoyens qui ont traversé la frontière de façon irrégulière vers la Colombie ou le Brésil.

Des centaines de personnes traversent ce pont à pied tous les jours, la circulation des véhicules y étant interdite depuis août 2015. Certains empruntent ce passage pour atteindre d’autres pays d’Amérique du Sud, d’autres vont dans la ville de Cúcuta à la recherche de nourriture ou de médicaments, puis reviennent, et quelques-uns décident de rester à la frontière à la recherche d’occasions d’emploi improvisées.

C’est le cas notamment du jeune Andrés Vargas, 18 ans, qui a voyagé de Barquisimeto vers le Chili, mais qui par manque d’argent, a décidé de demeurer à la frontière. « Ici, je gagne une commission en emmenant les voyageurs acheter des billets, et c’est suffisant pour manger et parfois même pour me payer un hébergement », dit-il.

D’autres, après un long voyage, ne parviennent pas à passer la frontière, puisqu’elle est complètement fermée entre 20 h à 6 h. C’est ce qu’a vécu la famille Fonseca – le père, la mère et leurs trois filles – qui avaient voyagé 12 heures en autobus depuis Valence. En arrivant à San Antonio, la frontière était fermée et ils ont dû passer la nuit dans la rue, sous les intempéries : « C’est toute une aventure, mais cette mauvaise nuit ne se compare pas à tout ce que nous avons vécu au cours des dernières années », explique Carlos Fonseca.

 

L’Église au Venezuela – guidée par l’Esprit Saint

Pour l’évêque du diocèse de San Cristóbal au Venezuela, Mgr Mario Moronta, la situation à cette frontière « brosse le portrait de la détresse de tant de Vénézuéliens qui ne disposent pas des fournitures de base nécessaires à la vie quotidienne : nourriture, médicaments, etc. ».

Face à cette situation, l’évêque déclare : « L’Église, conduite et guidée par l’Esprit Saint, cherche des solutions charitables, avec beaucoup d’humanité, pour répondre aux besoins des migrants. »

Le Père Reinaldo Contreras, recteur de la Basilique San Antonio de Padoue, située à quelques mètres de la frontière, nous a dit que l’Église répondait à cette situation au moyen de la pastorale sociale, mais « avec beaucoup de difficultés, en raison des pénuries et des prix élevés de la nourriture, ainsi que du manque d’infrastructures pour prendre les migrants en charge adéquatement. »

Cependant, les paroisses de la frontière mènent tous les jours des campagnes alimentaires pour offrir une ration de nourriture aux plus vulnérables. Le prêtre a souligné qu’il envisageait la possibilité d’aménager un espace, comme une maison des migrants, pour leur offrir une aide plus complète.

Beaucoup d’immigrés, au moment de franchir la frontière, reçoivent également le soutien de la « Maison de passage Divine Miséricorde » du diocèse de Cúcuta, qui offre aux immigrés des services médicaux, une prise en charge pastorale, et distribue plus d’un millier de repas par jour.

Dans des déclarations récentes adressées à la Fondation pontificale « Aide à l’Église en Détresse » (AED), l’évêque de Cúcuta, Mgr Victor Manuel Ochoa, a décrit la situation comme étant « un drame de la douleur » et nous a demandé de prier : « L’Église est présente à la frontière, nous avons voulu être la main qui accompagne nos frères vénézuéliens qui souffrent. Je me souviens du Père Werenfried, le fondateur de l’AED, qui distribuait de la nourriture aux réfugiés en 1947. Nous voulons suivre ses traces. Je vous invite à prier pour le Venezuela et pour la Colombie, afin que nous puissions trouver des chemins de paix et de réconciliation ».

 


 

République centrafricaine : guerre oubliée au coeur de l’Afrique

13.03.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, AFRIQUE, Centrafrique, Dialogue interreligieux, Guerre, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Maria Lozano, Refugiés, République centrafricaine, Voyagez avec AED

République centrafricaine :

« Nous avons eu à enterrer beaucoup de monde, de diverses religions »

 

Après cinq années de guerre, la situation en République centrafricaine est profondément déchirante. Dans le cadre de la 37ème session ordinaire de la Commission des droits de l’homme de l’ONU à Genève, Mgr Juan José Aguirre-Muñoz, évêque de Bangassou*, a décrit le pays comme un « État défaillant ».  Depuis l’arrivée du groupe fondamentaliste Seleka en 2013, la République centrafricaine est « sans armée, sans police, sans système judiciaire ». L’absence totale de l’État se manifeste, par exemple, par l’absence totale de réaction de l’État face à la menace constante d’une attaque contre la ville dont il est évêque depuis 17 ans : Bangassou, dans le sud-est du pays.

 

Invité à Genève par l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) le mercredi 7 mars dernier, Mgr Aguirre a été invité à prendre la parole à l’occasion d’un débat portant sur les minorités religieuses dans les conflits armés au Proche-Orient et en Afrique.

 

Dans son intervention, le prélat d’origine espagnole a plaidé pour plus de « contrôle et de sécurité aux frontières », à travers lesquelles passent ces temps-ci « toutes sortes de criminels qui pillent, détruisent et dévastent » le pays « aux mains des mercenaires ». Il a également appelé à une intervention contre la vente d’armes.

 

L’origine de la crise est économique

La République centrafricaine bat un triste record ; celui d’être le dernier pays au monde dans l’indice de développement humain des Nations Unies. La liste des calamités est longue. « Les gens sont fatigués, abandonnés et livrés à eux-mêmes. Des quartiers entiers ont été rasés parce que les mercenaires musulmans ont utilisé le feu comme arme de guerre. Il y a près d’un million de personnes déplacées ou réfugiées au Congo. Plus de la moitié de la population a besoin d’aide alimentaire. La mortalité infantile a considérablement augmenté à cause de la guerre et de la violence. Le système éducatif ne fonctionne plus depuis des années. Le système de santé est inexistant. Dans le nord du diocèse, notre salle d’opération a été détruite, de même que la mission. Il ne reste plus que les fondations ». Devant ces difficultés écrasantes, Monseigneur Aguirre a lancé un appel l’AED : « Nous avons besoin de vos prières pour que le Seigneur nous aide à discerner le chemin que nous devons prendre, et que nous puissions sortir du guêpier dans lequel nous sommes ».

Mgr Juan Jose Aguirre, évêque de Banguassou et Mgr Jesus Ruiz Molina, évêque auxiliaire. 

 

La guerre oubliée au cœur de l’Afrique

En outre, le missionnaire combonien demande à tous les acteurs des médias de communication d’informer sur « la guerre oubliée au cœur de l’Afrique ». Il demande même quelque chose de plus : « S’il vous plaît, appropriez-vous cette guerre oubliée ». Monseigneur Aguirre refuse que cette guerre soit présentée comme une « crise religieuse », parce que ceux qui l’ont vécue depuis le début savent que c’est le résultat d’un « problème purement économique, mais avec des conséquences religieuses ». Le prélat souligne en outre que « l’extraction des diamants, de l’or, de l’uranium et du pétrole, le commerce du bois et le thème complexe de la transhumance sont les véritables raisons de nos disputes ». Il soupçonne des « groupes d’intérêts » d’être derrière la grande manipulation de l’information et fait le triste constat qu’il y a des intérêts commerciaux qui profitent réellement de la crise.

 

Situation critique pour le dialogue interreligieux

Le plus dur et le plus triste pour Mgr Aguirre est la situation dans laquelle se trouve le dialogue interreligieux en ce moment : « Malgré les nombreux efforts que les responsables religieux chrétiens et musulmans ont déployés dans tout le pays, la réalité d’aujourd’hui est très critique. » Non seulement parce que les responsables religieux eux-mêmes ont été attaqués ou menacés, mais aussi parce que « la haine augmente entre les groupes musulmans et non-musulmans, et qu’il y a des réactions d’intolérance religieuse des deux côtés ».

Cinquante personnes (dont femmes et enfants) sont mortes – 30 musulmans dont deux imams et 20 non-musulmans – dans une attaque au coeur du diocèse de Banguassou.  « Au milieu de tant de violence, nous avons eu à enterrer beaucoup de monde, de diverses religions ; et c’est finalement là, dans la fosse commune, qu’ils ont enfin été réunis. En paix ».

 

Mgr Aguirre a aussi parlé de la situation difficile vécue par ses prêtres. Ceux-ci ont accueilli des centaines de musulmans pendant des mois sur les terrains de la cathédrale. Ils ont mis ainsi leur propre vie en danger alors qu’ils tentaient une médiation avec les groupes exaltés et violents dits Antibalaka. « Nous avons tendu la main à ceux qui nous agressent, parce que c’est ce que fait l’Église », a-t-il déclaré.  « Au milieu de tant de violence, nous avons eu à enterrer beaucoup de monde, de diverses religions ; et c’est finalement là, dans la fosse commune, qu’ils ont enfin été réunis. En paix ».

 

Monseigneur Aguirre est convaincu que la seule solution est « de continuer à travailler pour la réconciliation, la justice, la paix et le pardon, afin de désarmer les cœurs ».

 

Aide à l’Église en Détresse accompagne le peuple de République centrafricaine depuis le début de la crise. En 2017, l’œuvre pontificale a soutenu 30 projets d’aide à la pastorale dans ce pays, pour un montant de plus de 936,2000 $.

 

*Âgé de 63 ans, Mgr Aguirre travaille depuis 38 ans en tant que missionnaire en République centrafricaine.


 

Communiqué: Appel d’un évêque à la suite des carnages

26.05.2016 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Adapted by Amanda Bridget Griffin, AED, John Pontifex, Persécution, PROJETS AED, Refugiés, Syrie

Syrie

Appel de Mgr Chbeir à la suite des carnages

 

Tartous_Maronite Cathedral_Maronite Bishop Geroges Chbier

Tartous -Évêque maronite Chbier

 

En entrevue avec Aide à l’Église en Détresse, l’évêque maronite de Lattaquié a décrit les efforts désespérés que lui et sa communauté chrétienne font afin de prendre en charge les blessés et les mourants, à la suite des multiples attaques perpétrées par l’État islamique (ÉI) à Tartous et Jableh, qui ont fait jusqu’à maintenant plus de 200 morts et près de 650 blessés.

 

Mgr Antoine Chbeir a souligné que les attaques du lundi 23 mai dernier dans son diocèse étaient les premières de ce genre dans cette zone où des Syriens déplacés sont rassemblés par centaines de milliers, l’un des derniers endroits sûrs du pays. L’évêque a décrit les efforts désespérés du clergé et d’autres membres du diocèse pour aider les blessés et les mourants, précisant qu’hier (mardi 24 mai) ses prêtres ont commencé à enterrer les morts.

 

En entrevue téléphonique, Mgr Chbeir a déclaré : « Nous essayons d’aider les gens et de prendre soin des blessés. C’est une situation très dramatique, et lorsque la catastrophe a frappé, nous nous sommes demandé si nous pourrions y faire face. À l’heure actuelle, nos prêtres et notre personnel sont sur place. Ils rendent visite aux gens, dont beaucoup ont une jambe cassée et des plaies profondes, sans oublier de mentionner les conséquences psychologiques. »

 

1 Syria ChbeirNouvel exode?

 

Dans cette zone contrôlée par le gouvernement, qui est restée presque totalement indemne malgré cinq années de guerre, l’évêque averti que les attaques sur ces deux villes côtières, attribuées à l’État islamique, pourraient provoquer une augmentation du nombre de personnes fuyant la Syrie. Selon l’évêque, il y a eu cinq explosions mardi, à Jableh, tuant 110 personnes et en blessant 340 autres, en plus de quatre autres explosions qui ont eu lieu vers 9 h 30 du matin, faisant plus de 100 morts et 300 blessés.

 

Mgr Chbeir se trouvait à moins de trois kilomètres des explosions, à son domicile. « Ces attaques sont les premières que nous ayons subies ici, au cours de cette période de guerre, et elles auront des conséquences dramatiques. S’il n’y a pas de zones de sécurité en Syrie, les gens quitteront le pays – sans doute pour de bon… Beaucoup d’entre eux partiront par la mer », estime-t-il. L’évêque a évoqué le profond besoin de reconstruire l’espoir. « Aujourd’hui, nous sommes plus déterminés que jamais à rester en Syrie. À chaque fois que nous aurons un attentat à la bombe, nous ferons tout ce qu’il faut pour rester dans le pays où nous vivons », a-t-il indiqué.

 

L’évêque, qui est un partenaire de premier plan des projets d’Aide à l’Église en Détresse dans la région, a déclaré que sa réponse à la crise repose sur le soutien d’AED aux milliers de personnes déplacées dans la région, laquelle consiste en des vivres, des abris et des médicaments. « Tout d’abord, nous avons besoin d’aide physique et matérielle, juste pour aider les victimes à avoir quelque chose à manger, et pour les aider à prendre soin de ceux qui souffrent le plus », estime Mgr Chbeir.

 

Aide à l’Église en Détresse Canada continue à recueillir les dons pour les déplacés et réfugiés en Syrie. Pour faire un don : 514-932-0552, poste 222, ou encore via l’adresse web suivante : secure.acn-aed-ca.org/fr/

 

« Nous prenons soin de gens, non pas à cause de leur religion particulière, mais parce qu’ils sont des êtres humains. » Il a déclaré que les besoins de la population ont augmenté parce que l’économie syrienne manque de nourriture et d’autres articles de base. « Tartous est en plein marasme. Au cours des deux dernières semaines, la monnaie syrienne a perdu 40 % de sa valeur. L’État syrien n’a aucun revenu. Il ne fait que dépenser. Les sanctions économiques contre la Syrie affectent vraiment la population. » Il a conclu : « En ce mois de mai, nous prions Notre-Dame de nous aider. Merci à Aide à l’Église en Détresse de continuer à nous soutenir. »

 

Transformer ces criminels en êtres humains

 

L’évêque a dénoncé l’attentat, confirmant la rumeur selon laquelle il avait été perpétré par l’ÉI. « Les membres de l’État islamique sont des barbares. Le pire, c’est qu’ils commettent ces horreurs au nom de Dieu. Au nom de Dieu, ils tuent des gens partout dans le monde. » Par contre, l’évêque estime que des représailles ne seraient pas la réponse. « Nous devons appeler à la paix. Nous ne devons pas tuer ces criminels. Nous devons transformer ces criminels en êtres humains qui se soucient de la vie humaine. »

 

D’après des rapports en provenance de la région, l’objectif apparent de l’ÉI était de frapper le régime Assad au cœur de son bastion, lequel est soutenu par la flotte russe toute proche.

 

 

Propos recueillis par John Pontifex, AED International

Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 

 

 


 

 

Entrevue: le pape en Grèce transforme par l’amour!

28.04.2016 in ACN Feature, ACN International, Grèce, Pape François, Refugiés

Le pape en Grèce
un exemple d’amour qui transforme

Propos d’un prêtre jordanien : La visite du Pape à Lesbos est un message aux États arabes afin qu’ils fassent plus pour les réfugiés

ACN-20160425-39730 (1)

 

 

 

 

La visite de solidarité entreprise par le pape sur l’île grecque de Lesbos le samedi 16 avril dernier a lancé un message pressant aux États arabes afin qu’ils en fassent davantage en faveur des réfugiés, surtout pour ceux venant de Syrie et d’Irak.

C’est du moins la conviction profonde du Père Khalil Jaar, prêtre du Patriarcat latin de Jordanie. Dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de charité catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), le Père Jaar, qui s’occupe depuis des années des réfugiés chrétiens au Moyen-Orient, a déclaré jeudi : « À travers sa visite à Lesbos, Sa Sainteté le pape François a montré que, pour lui, il s’agissait de s’occuper de chacun. Les gens dans la détresse ne lui sont pas indifférents, parce qu’ils ne sont pas indifférents à Dieu.

“Implicitement, estime-t-il, le pape a donc lancé un message pressant aux pays arabes qui, jusqu’à présent, n’ont accueilli aucun ou très peu de réfugiés.” Selon ce prêtre, l’exemple du pape a montré qu’une solution à la crise des réfugiés est possible, à condition que tout le monde coopère. “Pourquoi l’Europe devrait-elle être seule à porter le poids des réfugiés? Si nous unissions nos forces, ce serait plus simple pour tous. Et ce serait la meilleure façon et la plus rapide d’aider les personnes en détresse.”

ACN-20160425-39728

Le pape : un exemple d’amour qui transforme

Samedi dernier, le pape François avait effectué une brève visite sur l’île grecque pour y rencontrer des réfugiés et leur témoigner sa solidarité. Sur invitation du gouvernement grec et d’institutions ecclésiastiques, le Père Khalil Jaar avait également participé à la visite.

“À Lesbos, j’ai pu m’entretenir avec des réfugiés syriens après leur rencontre avec le pape. C’était tous des musulmans. Ils m’ont dit que l’exemple plein d’amour donné par le pape avait changé leur opinion sur les chrétiens. La plupart d’entre eux étaient surpris par autant d’amour et d’humilité. Ils m’ont dit qu’ils ne s’y étaient pas du tout attendus.”

Il rejette d’emblée les critiques concernant le geste du pape de ne prendre dans son avion que les réfugiés musulmans et non chrétiens lors de son vol retour, pour leur accorder le refuge en Italie.

“Le Saint-Père voulait aussi emmener des réfugiés chrétiens de Syrie et d’Irak. Malheureusement, leurs papiers n’étaient pas encore prêts, mais ils suivront très certainement un peu plus tard. Et en fin de compte, ce qui importe, c’est que ce n’est pas la confession qui prime lorsque quelqu’un est en détresse. Qu’il s’agisse de musulmans ou de chrétiens, ce sont tous des êtres humains, que Dieu aime et qui ont besoin de notre aide.”

 

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Le père Khalil Jaar a exprimé sa reconnaissance pour l’encouragement dispensé par le pape François : “J’ai eu l’occasion de parler très brièvement au Saint-Père. Il m’a alors dit que je devais poursuivre dans mon travail en faveur des personnes en détresse. L’exemple du pape m’a inspiré et encouragé. Je remercie Aide à l’Église en Détresse qui me permet d’aider les pauvres gens en fuite.”

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AED soutient le travail du Père Khalil à Marka, en Jordanie. L’œuvre s’y occupe des logements et du ravitaillement des chrétiens irakiens qui ont fui les troupes de Daech, ainsi que des chrétiens de Syrie. Au total, plus de 600 familles bénéficient de cette aide. En Syrie, en Irak, au Liban et en Jordanie, AED soutient de nombreux projets de partenaires ecclésiastiques pour les réfugiés chrétiens.


 

Par Oliver Maksan, AED International 
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

faire un don

Il avait tout juste 13 ans…

22.02.2016 in #callitgenocide, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Déplacés, liberté religieuse, Mario Bard, Moyen-Orient, PAIX, Persécution, Radio Ville Marie, Radio VM, Refugiés, Syrie, Témoignage, Voyager avec l'AED, Vues D'ailleurs

Photo du haut: Mgr Mgr Arbach montre une icône détruite par l’État islamique, février 2016 

Syrie

Lettre d’Alep de Mgr Jean-Clément Jeanbart

Mgr Jean-Clément Jeanbart, métropolite greco-catholique melkite d'Alep.

Mgr Jean-Clément Jeanbart, métropolite greco-catholique melkite d’Alep.

Alep est brisée!

Ancienne capitale économique de Syrie, cette ville devient de jour en jour un champs de ruine…

L’archevêque grec-catholique melkite, le métropolite Jean-Clément Jeanbart, a fait parvenir à Aide à l’Église en Détresse (AED) une lettre extrêmement touchante. La voici, en format PDF. Nous vous invitons également à la partager dans vos réseaux. N’oubliez pas de relayer notre appel au premier ministre Justin Trudeau: demander au gouvernement canadien de reconnaître le génocide des chrétiens de Syrie et d’Irak (#CallItGenocide).

 

 

« Nous Chrétiens en Syrie nous avons, aujourd’hui plus que jamais, besoin de nos frères en Occident. Nous avons besoin de leurs prières et de leur soutien. Nous avons besoin de leur appui ferme et décidé auprès de leurs élus et de leurs gouvernants. Il faut que ces messieurs considèrent notre terrible souffrance et qu’ils changent d’attitude à notre égard.»

 

Lire la lettre en format PDF

Février 2016: une ville de plus en plus dévastée par les bombardements.

Février 2016: une ville de plus en plus dévastée par les bombardements, une population prise en otage.

 

Ne manquez pas mercredi le témoignage de Rada et de Khalil. Mère et fils ont toujours de la famille dans la ville. Tous deux s’inquiètent du sort de ceux et celles qu’ils aiment.

À l’émission Vues d’ailleurs, le mercredi 24 février, 19 h, sur les ondes de Radio VM. En rediffusion, le jeudi 25 février à 23 h 30, et le samedi 27 février à 4 h 30.

 

Prions
pour que
la paix vienne!

 

 

 

 


 

 

Campagne de prière pour l’Irak et la Syrie

08.02.2016 in Adaptation Mario Bard, Aide à l'Église en détresse., Irak, Mario Bard, Mgr Louis Sako, Moyen-Orient, PAIX, Patriarche Grégoire, Refugiés, Voyager avec l'AED

Mercredi des Cendres

Un désir : rester dans leur « pays bien-aimé »

À la demande des patriarches de Syrie et d’Irak, Aide à l’Église en Détresse lance une campagne internationale de prièreDans un appel dramatique adressé à « tous ceux qui nous aident à travers Aide à l’Église en Détresse, (AED) », S.B. Grégoire III Laham, patriarche de l’Église melkite grecque catholique en Syrie, et Mgr Louis Raphaël Ier Sako, patriarche des chrétiens catholiques chaldéens en Irak, demandent une journée de prière et de carême afin que Dieu « accorde enfin à notre pays la paix tant espérée ».

Mgr Louis Sako : « La guerre en Irak et en Syrie a pris une ampleur d'apocalypse ». (Crédit: EPP Press Service).

Mgr Louis Sako, ici en 2014 devant le Parlement européen : « La guerre en Irak et en Syrie a pris une ampleur d’apocalypse ». (Crédit: EPP Press Service).

 

Dans des lettres séparées, les deux chefs des Églises de Syrie et d’Irak invitent les bienfaiteurs et les amis d’Aide à l’Église en Détresse à associer, lors du mercredi des Cendres, la prière et le jeûne en communion avec les chrétiens en Irak et en Syrie. Le mercredi des Cendres devrait être la journée commune pour implorer Dieu.

 

Guerre à « ampleur d’apocalypse », dans le « berceau du christianisme »

 

Les deux patriarches remercient les bienfaiteurs de leur soutien, sans lequel « beaucoup d’entre nous seraient morts : morts de faim, morts de froid ou bien se seraient déjà enfuis ». Mgr Sako écrit : « Nous sommes tous reconnaissants de cette aide. Mais, ce dont nous avons le plus besoin, c’est de miséricorde. Au début de cette période de Carême, et particulièrement pour le mercredi des Cendres, je vous demande donc : priez et faites carême pour la paix dans notre pays ! Priez et faites carême pour que Dieu prenne pitié de nous ! Priez et faites carême pour que nous puissions rester dans notre pays, pour que les réfugiés puissent retourner dans leurs villages et leurs villes ».

 

Selon lui, la guerre en Irak et en Syrie « a pris une ampleur d’apocalypse »

 

L’humanité est confrontée à la plus grande catastrophe humanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ajoute le patriarche irakien. Des villes jadis florissantes comme Mossoul et les villages de la plaine de Ninive ne sont plus que des champs de ruine. « Tous ceux qui ont trouvé les moyens de s’enfuir sont partis. Dans les camps de réfugiés, des millions d’enfants attendent leur pain quotidien, mais ils ont aussi soif d’avenir, ils veulent des écoles et un foyer. Eux, leurs parents et leurs proches veulent retourner dans leur patrie ».

 

Mgr Sako considère que, dans cette situation, Aide à l’Église en Détresse « est comme une mère pour nous », et ajoute : « Je sais que vous faites tout cela également par amour du Christ. Je vous implore donc de prier et de faire carême pour que nous puissions rester dans notre pays bien-aimé. Pour qu’il y ait pour nous aussi une résurrection des ruines, une fête de Pâques sur les terres d’Abraham. »

 

Quant au patriarche Grégoire, il insiste sur la situation dramatique en Syrie, le « berceau de la chrétienté ».

 

« Jour après jour, notre foi est mise à l’épreuve. Nous voyons la souffrance des enfants, la douleur des parents, nous sommes entourés de haine et de mort. Nous aimerions à nouveau vivre en paix dans notre patrie bien-aimée ». « Cela fait cinq ans que nous traversons maintenant le désert », rappelle le Patriarche. Votre continuel secours est pour nous comme la manne que le Seigneur a envoyée aux Israélites pour les sauver de mourir de faim. »

S.B. Grégoire III Laham, patriarche de l’Église melkite grecque catholique en Syrie. « Cela fait cinq ans que nous traversons maintenant le désert ».

S.B. Grégoire III Laham, patriarche de l’Église melkite grecque catholique en Syrie. « Cela fait cinq ans que nous traversons maintenant le désert ».

 

En Syrie, les chrétiens « sont inébranlables dans leur foi que la voie de la Croix est indispensable pour atteindre la gloire de la Résurrection. Toutefois, le Seigneur lui-même avait également à ses côtés des consolateurs et des soutiens sur son chemin vers Golgotha : Simon de Cyrène L’a aidé à porter Sa croix, Sainte Véronique lui a tendu son voile pour qu’Il puisse S’essuyer le front, Sa très Sainte mère et l’apôtre Saint Jean se tenaient sous la croix. »

 

Ainsi, les chrétiens de Syrie espèrent « recevoir la consolation et le soutien de nos frères et sœurs » et ils nous invitent donc cordialement « à nous joindre le mercredi des Cendres à une journée de jeûne et de prière durant laquelle nous implorerons ensemble Dieu pour qu’Il accorde enfin la paix tant espérée à notre pays ». Le patriarche Grégoire conclut sa lettre par ces paroles : « Vos prières, votre encouragement et votre soutien nous aident sur notre calvaire. C’est pourquoi j’aimerais répéter une fois encore mon invitation : Je vous en prie, faites carême et priez avec nous ! Il est impossible que le Seigneur n’exauce pas les prières conjointes et les sacrifices de Ses enfants. Merci de tout cœur pour tout ce que vous faites ! »

 

Aide à l’ Église en Détresse se joint à l’appel des patriarches, avec cette devise :
« Porteras-tu la croix un jour avec eux ?
Jeûne et prie pendant le Mercredi de Cendres pour l’Irak et la Syrie
».
L’AED demande aux chrétiens à travers le monde de jeûner
et de prier le mercredi des Cendres (10 février 2016).
Une façon de s’unir spirituellement aux souffrances dramatiques
de leurs frères et sœurs en Irak et Syrie.

La campagne sera affichée sur les réseaux sociaux avec les hashtags :
#JeuneEtPrie, #PorteLaCroix, #MercrediDesCendres, #Careme2016.

Soyez nombreux à faire connaître !

 

Depuis mars 2011, Aide à l’Église en Détresse a accordé en Syrie et en Irak des fonds s’élevant à 40,121 500 millions de dollars canadiens afin de porter assistance aux chrétiens et aux membres d’autres religions. De plus le mois dernier, l’organisme international a lancé 19 programmes d’aide, et vingt autres programmes d’aide d’urgence doivent suivre dans les prochains mois.

Holy Mass at St. Joseph chapel celebrating Immaculate conception


 

Entrevue: « Si nous haïssons l’ÉI, ils auront gagné »

05.02.2016 in #callitgenocide, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Irak, liberté religieuse, Moyen-Orient, Refugiés, Syrie, Terre Sainte, Voyager avec l'AED

Entrevue : nous devons aider les chrétiens à rester au Moyen Orient

« Si nous haïssons l’ÉI, ils auront gagné »

Le Père Pierbattista Pizzaballa, custode des franciscains du Moyen Orient, affirme dans une entrevue accordée à Aide à l’Église en Détresse (AED) que l’Europe doit aider les chrétiens d’Orient à rester dans cette région.

 

Le religieux est le supérieur majeur des Franciscains du Moyen Orient. Les moines de la custodie franciscaine de Terre Sainte œuvrent en Israël et en Palestine, mais également en Égypte et en Syrie. Dans ce pays, un frère franciscain a récemment été victime d’un enlèvement. AED a rencontré le custode à Jérusalem et s’est entretenu avec lui des perspectives qui se présentent aux chrétiens du Moyen Orient, cinq ans après le début du Printemps arabe.

Un Franciscains prie devant une icône de la Vierge, tout près de l'église de la Nativité, dans la «Grotte du lait», un lieu cher aux chrétiens, mais aussi aux musulmans.

Un Franciscain prie devant une icône de la Vierge, tout près de l’église de la Nativité, dans la «Grotte du lait», un lieu cher aux chrétiens, mais aussi aux musulmans.

 

Le Père Pizzaballa pense même qu’une fois terminée, la guerre en Syrie aura des conséquences encore longtemps sur les chrétiens de ce pays. Selon lui, il est décisif de rétablir la confiance entre les musulmans et les chrétiens. Il estime que les chrétiens doivent prier pour le pardon, et que les musulmans doivent repenser leurs doctrines religieuses.*

 

AED : Père custode, il y a maintenant cinq ans commençaient les débuts du Printemps arabe. Ce mouvement a surtout engendré le chaos et la déliquescence des États, particulièrement en Syrie. Est-ce que l’année 2016 offre une quelconque raison d’optimisme aux chrétiens persécutés de cette région ?

Il est difficile de dire s’il y a des raisons de garder l’espoir. Mais, il n’y a aucun doute à penser que cette année sera décisive sur le plan politique et militaire. L’année 2016 pourrait devenir un tournant. Je perçois en Syrie une certaine lassitude de la guerre auprès des parties concernées. Elles ne pourront donc pas continuer longtemps avec la même intensité.

 

AED : Pensez-vous que cela permettra l’émergence d’une solution politique lors des négociations de paix pour la Syrie qui se déroulent à Genève ? (Seulement deux jours après le début, ces pourparlers ont été arrêtés par le négociateur de l’ONU. Elles doivent reprendre à la fin du mois).

Probablement pas directement. Pour cela, les abîmes sont trop profonds. Mais c’est peut-être un début.

 

AED : Mais reste-t-il encore suffisamment de temps aux chrétiens jusqu’à ce que survienne un jour un accord politique ?

En effet, beaucoup de chrétiens ont déjà quitté la Syrie.

Les chrétiens ne souffrent pas seulement de la guerre et de ses conséquences telles que la destruction et la pénurie d’approvisionnement. Même si les armes se taisaient, la situation resterait difficile pour eux. Vous devez savoir en effet que cette guerre a également des conséquences sociales massives. Cette guerre qui sévit autant en Irak qu’en Syrie n’est pas seulement une guerre civile. Dès ses débuts, elle revêtait très nettement un caractère confessionnel et religieux.

Il ne sera pas simple de rétablir la confiance perdue entre les chrétiens et les musulmans dans ces pays.


Viennent s’y ajouter les conséquences économiques. Il sera très difficile de reconstruire ces pays, en admettant même qu’ils conservent leurs frontières actuelles. L’incertitude concernant l’avenir politique préoccupe également les chrétiens. Comment se composera le prochain gouvernement syrien ? Et pour répondre à votre question : évidemment, ils ne partiront pas tous. Ceux qui pouvaient se le permettre ou qui voulaient partir, ont déjà quitté le pays de toute manière. Ceux qui sont restés, ce sont ceux qui ne voulaient ou ne pouvaient pas partir. C’est d’eux que nous devons nous occuper.

 

AED : Vous dites que la confiance entre les chrétiens et les musulmans est perturbée, sinon détruite. Pourquoi ?

Pierbattista Pizzaballa, Custode de la Terre Sainte, Franciscain.

Pierbattista Pizzaballa, Custode de la Terre Sainte, Franciscain.

Eh bien, il suffit de penser aux djihadistes de Daech (État islamique) ou de Jabhat Al-Nosra.

 

AED : Mais ces groupes représentent-ils vraiment le mode de pensée des sunnites en Syrie ou en Irak ?

Naturellement, tous les Syriens ne sont pas d’accord avec l’idéologie de ces groupes ou la soutiennent. Dans les territoires qu’ils contrôlent, les djihadistes oppriment également des musulmans, numériquement parlant même surtout des musulmans. Et pourtant, les fondamentalistes rencontrent beaucoup de succès. Sans l’appui de la part de la population, il serait impossible que ces groupes contrôlent aussi longtemps des territoires aussi vastes en Syrie et en Irak.

 

AED : Et comme les islamistes croient que les chrétiens sont partisans du gouvernement, ils en deviennent automatiquement des cibles ?

Oui. Mais il faut aussi dire qu’en de nombreux endroits en Syrie, il existe une formidable coopération et une coexistence entre chrétiens et musulmans. Je parle plutôt d’évolutions générales.

 

AED : Mais comment peut-on rétablir la confiance ici ? Faut-il peut-être séparer les groupes le long de frontières religieuses et ethniques ?

Ce genre de tendance existe en Syrie. Cela ne doit se produire en aucun cas. Pour permettre aux chrétiens d’avoir un avenir dans leur pays, il faut imposer le concept de citoyenneté, d’égalité civique. C’est l’élément décisif. Les dirigeants religieux ont un rôle à jouer ici. En effet, le fondamentalisme islamique n’a pas surgi du néant.

 

AED : Cependant, la plupart des religieux islamiques affirment que l’État islamique (ÉI) par exemple n’a rien à voir avec l’islam.

C’est certainement un égarement, mais il existe malgré tout des relations avec la théologie établie. Après la Seconde Guerre mondiale, nous autres catholiques devions également nous demander dans quelle mesure l’antijudaïsme moderne a contribué à la Shoah et si nous avions joué un rôle dans ce contexte.

De nos jours, les théologiens musulmans doivent se poser des questions similaires. Un examen de conscience théologique s’impose. Ils doivent se demander : Quels sont les éléments de notre doctrine qui ont contribué au fondamentalisme moderne ? En effet, il faut se demander d’où proviennent soudain les centaines de milliers de fondamentalistes. Ils tuent des chrétiens et les membres d’autres confessions. Pourquoi le font-ils ? C’est à ces questions que les théologiens non radicaux doivent répondre. Mais, nous aussi, les chrétiens, avons un rôle à jouer ici.

Jaffa, 2014: messe à l'occasion de la fête de Saint-Antoine-de-Padoue., dans laquelle le Custode préside la célébration.

Jaffa, 2014: messe à l’occasion de la fête de Saint-Antoine-de-Padoue, dans laquelle le Custode préside la célébration.

 

AED : Lequel ?

Nous, les chrétiens, devons donner l’exemple du pardon. Nous pouvons particulièrement en prendre conscience en cette Année de la miséricorde.

 

AED : Mais comment un chrétien peut-il par exemple pardonner à l’État islamique (ÉI) ?

Si nous haïssons l’ÉI, ils auront gagné.

C’est exactement ce qu’ils veulent. Sur le plan humain, évidemment, c’est incroyablement difficile d’accorder le pardon. Cela ne peut pas se faire automatiquement, mais seulement dans le cadre d’un processus qui prendra du temps. Par contre, nous devons l’envisager. En tant qu’Italien, qui vit en sûreté, je ne suis pas dans une position qui me permette de prescrire son attitude à un chrétien d’Alep. Je n’ai pas de réponse ici. Mais, les chrétiens de Syrie et d’Irak doivent se poser cette question. L’Évangile nous y invite. Si nous ne le faisons pas, notre foi ne restera qu’une théorie. N’oublions pas que notre foi est née sur le Calvaire. Cela signifie que dès les tous débuts, le pardon se situait au centre de la chrétienté.

 

AED : Il y a longtemps que l’Europe n’est plus seulement spectatrice des bouleversements qui se déroulent au Proche-Orient. Elle est directement concernée à cause de l’afflux des réfugiés venus de cette région. Il y a également beaucoup de chrétiens qui se rendent en Europe. Est-ce que cela vous préoccupe ?

En aucun cas, je n’encouragerais les chrétiens à émigrer.

Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour permettre aux chrétiens de rester ici. Je leur dirais : Allez dans une partie sûre du pays, mais restez en Syrie. La fuite n’est pas une solution. Et l’Europe n’est pas un paradis.

La place des chrétiens est ici. Ils ont une vocation ici [au Moyen Orient]. 

 

AED : Est-ce que les signaux de bienvenue émis notamment par l’Allemagne ne rendent pas votre travail beaucoup plus difficile ?

Si. Évidemment, cela entrave nos efforts d’aider les gens à rester au lieu de partir. Maintenant, tout le monde évoque un départ pour l’Allemagne. Les gens disent qu’Angela Merkel les a invités. Mais j’aimerais bien dire aux personnalités politiques en Europe : aidez les réfugiés, et également les chrétiens, plutôt ici qu’en Europe. Investissez ici plutôt qu’en Europe l’argent que coûte l’accueil de millions de réfugiés. C’est mieux pour les réfugiés et la région.

 

*Près de 300 leaders religieux du monde musulman se sont rassemblés à Marrakech au Maroc, du 27 au 29 janvier. Dans une déclaration – Déclaration de Marrakech –, ils ont affirmé qu‘« il n’est pas autorisé d’instrumentaliser la religion aux fins de priver les minorités religieuses de leurs droits dans les pays musulmans.»

 

Entrevue réalisée par Oliver Maksan (AED International)
adaptation, Mario Bard, AED Canada


 

Communiqué: génocide au Moyen Orient

03.02.2016 in #callitgenocide, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Communiqué, Déplacés, Génocide, Irak, liberté religieuse, Non classifié(e), Persécution, Refugiés, Syrie, Voyager avec l'AED

Montréal

Chrétiens du Moyen-Orient : génocide en cours

Mercredi 3 février 2016 – « Les chrétiens d’Irak étaient au nombre de 1,5 million en 2004. Ils ne sont plus que 250 000. Ceux qui restent risquent leur vie chaque jour », rappelle Marie-Claude Lalonde, directrice nationale du bureau canadien d’Aide à l’Église en Détresse (AED), dans une lettre envoyée mardi au premier ministre du Canada Justin Trudeau, ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion et à l’Ambassadeur du Canada pour la liberté religieuse, Andrew Bennett. Elle n’hésite pas à parler de « génocide ».

 

Directrice depuis 15 ans de la division canadienne d’AED, organisme international de charité catholique, elle pointe également vers le mauvais sort des chrétiens de Syrie, qui ont vu leur nombre fléchir de 1,1 million au début de 2011 à « pas plus de 250 000 » aujourd’hui. « Certes, les chrétiens sont partis à cause de la guerre, mais surtout parce qu’ils savaient que si l’État islamique (ÉI) croisait leur chemin, ce serait la conversion à l’Islam par la force, la mort, la torture ou l’esclavage (surtout pour les femmes et les enfants). » La situation « a pris une ampleur d’apocalypse », estime-t-elle, utilisant les mots mêmes de Mgr Louis Sako, patriarche des chrétiens chaldéens en Irak.

Syrie : funérailles à la suite d’atrocités commisses par l’ÉI, en 2013.

Syrie : funérailles à la suite d’atrocités commisses par l’ÉI, en 2013.

 

Marie-Claude Lalonde invite le Canada à faire comme le Parlement européen (détails plus bas) et à prendre « position publiquement pour défendre les minorités chrétiennes – et autres minorités religieuses – d’Irak et de Syrie. » Le Parlement lituanien a déjà adopté une résolution semblable en décembre dernier, parlant de génocide contre les chrétiens et autres minorités religieuses du Moyen-Orient.

 

Reconnaissance de génocide

 

 

Jeudi, le parlement européen reconnaîtra que les exactions commises par l’ÉI contre les minorités religieuses de Syrie et d’Irak s’apparentent non seulement à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, mais également à un génocide.

 

La résolution 2091 (2016) reconnaît que des « individus qui agissent au nom de l’entité autoproclamée Daesh […] ont commis des actes de génocide et d’autres crimes graves réprimés par le droit international. »

 

Le « crime de génocide » a une définition précise en droit international : il implique des crimes « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Le droit international impose aux États et à la communauté internationale l’obligation de prévenir le génocide, de défendre les groupes qui font l’objet de génocide, et de juger et punir les responsables.La tentative, la complicité, le complot ou l’incitation à commettre un génocide sont également punissables. En conséquence, toute personne ou organisation, quelles qu’elles soient qui commet, tente de commettre, est complice de génocides, ou y incite, doit être poursuivie.

 

Icône détruite par l’ÉI à Maaloula, en Syrie.

Icône détruite par l’ÉI à Maaloula, en Syrie.

 

Selon AED, la reconnaissance du génocide est la première étape fondamentale pour obtenir que la communauté internationale agisse. L’utilisation du terme de génocide n’a pas seulement une forte signification symbolique; dans la pratique, la communauté internationale est prête à agir quand elle fait face à un génocide déclaré.

 

En 2015, le soutien d’Aide à l’Église en Détresse (AED) aux Églises locales d’Irak a été de plus de 15 millions de dollars. Il s’est chiffré à plus de 8 millions de dollars en Syrie. Et ce, sans compter l’aide déjà apportée dans les pays où les chrétiens sont réfugiés comme le Liban, la Jordanie et la Turquie.

 

Lire la lettre de Marie-Claude Lalonde adressée au Premier minisre du Canada Justin Trudeau, au ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion et à l’Ambassadeur pour la liberté religieuse, Andrew Bennett.

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