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Construction

 

Syrie : l’Église reconstruit des vies !

28.10.2015 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Construction, Éliane També, ESPOIR, Syrie

Alep, Syrie

L’Église reconstruit des vies… littéralement !

 

 

ALEPPO, Syria (Oct. 21, 2015)—Abboud Banna is one of this city’s unlucky ones. The home of this 74-year-old Melkite Catholic was severely damaged in a recent bombing attack on the Christian quarter of Syria’s largest city. Along with his wife (75)—who suffers from Alzheimer’s Disease—and his single daughter Dalal, plus a grandchild (Lina), Mr. Banna now lives in a single room, hoping for better times. A hand injury is keeping him from doing any kind of work: Abboud Banna and his wife SYRIA / ALEP-MLC 15/00036 Project "Build to Stay"Alep/Königstein/Montréal — Abboud Banna est l’un des malchanceux de cette ville. La maison de ce catholique melkite de 74 ans a été gravement endommagée lors d’une récente attaque à la bombe commise contre le quartier chrétien de la plus grande ville de Syrie. Avec sa femme Zakieh-Asmar (75 ans), qui souffre de la maladie d’Alzheimer, sa fille unique Dalal et sa petite-fille Lina, M. Banna vit désormais dans une seule pièce, dans l’attente de jours meilleurs. Une blessure à la main l’empêche de faire quelque travail que ce soit.

 

Pourtant, l’Église locale lui redonne de l’espérance. Sous l’égide du programme « Construire pour rester », une initiative ambitieuse lancée par Mgr Jean-Clément Jeanbart, Archevêque métropolitain d’Alep, le travail de réparation de la maison de la famille Banna avance régulièrement. « Construire pour rester » assure une formation et un financement aux chrétiens dont les moyens de survie ont été détruits après déjà presque cinq ans de guerre dans ce pays. La maçonnerie ainsi que des techniques de construction plus avancées sont largement au programme.

 

Pour aider la famille Banna à s’en sortir d’un mois à l’autre, l’Église locale lui accorde également une modeste allocation.

 

Tel est l’engagement pris par l’indomptable prélat, qui est déterminé à veiller à ce que les chrétiens aient un avenir dans leur propre pays, même s’ils doivent faire face à une très longue attente.

 

Project "Build to Stay"Reconnaissant envers l’Église locale

Banna est encore secoué par le « grand choc » causé par les missiles lâchés sur sa maison et celle de sa file, l’obligeant à une course folle afin de trouver un abri approprié pour Mme Banna. Il attribue à sa foi le fait d’avoir survécu à « cette étape cruelle » de sa vie, proclamant qu’il « a toujours été convaincu que Dieu ne l’abandonnerait pas, et adoucirait sa souffrance, sa fatigue et son anxiété. »

 

Il est profondément reconnaissant à l’Église locale, qui a répondu si généreusement. La communauté chrétienne le laisse vivre ainsi que sa famille habiter dans la pièce en question sans qu’il n’ait à payer de loyer. Elle s’assure également qu’ils aient assez à manger et qu’ils reçoivent des soins médicaux. Malgré cela, la famille doit faire face aux pénuries récurrentes « d’eau et d’électricité », a déclaré M. Banna, qui « continue de souffrir de la phobie des missiles ».

 

Il prie aujourd’hui pour « que la sécurité s’améliore » à Alep, et se languit du jour où il pourra « revenir chez lui et trouver un emploi pour garantir à sa famille un avenir meilleur – avec l’aide de Dieu et de l’Église. » Pendant ce temps, l’initiative audacieuse « Construire pour rester » de Mgr. Jeanbart maintient la famille de Monsieur Banna à flot.

 

L’Aide à l’Église en Détresse (AED), grâce à la générosité de ses donateurs, a aidé Mgr Jeanbart, archevêque d’Alep, à lancer le programme « Construire pour rester »
grâce à une subvention de 368,300 $ CAD.ACN-20140721-11551_ca0f0

Irak : « Personne n’a plus à vivre dans une tente »

22.10.2015 in Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Aide d'urgence, Construction, Irak, Oliver Maksan, Persécution, Refugiés

Irak :

« Personne n’a plus à vivre dans une tente » 

Montréal/Königstein, 22 octobre 2015Plus d’un an après leur fuite ou leur déplacement forcé à cause de la milice terroriste État islamique (EI), les chrétiens d’Irak n’ont plus aucun espoir de pouvoir retourner bientôt dans leurs villes et villages d’origine. C’est du moins ce qu’estime Mgr Bashar Matti Warda, l’archevêque chaldéen catholique d’Erbil, lors d’une visite effectuée mardi à Aide à l’Église en détresse (AED).

« Les gens ne se font plus d’illusion et ne croient pas que la libération des territoires occupés se fera rapidement. En tant qu’Église, nous tentons de leur permettre de rester en Irak. En voyant comment l’Église s’efforce de leur venir en aide, les gens y réfléchissent à deux fois avant de se décider à émigrer. »

Au cours de l’été 2014, plus de 125 000 chrétiens s’étaient réfugiés dans la région autonome du Kurdistan irakien, fuyant les troupes de l’ÉI après leur progression fulgurante à Mossoul et dans la plaine de Ninive. C’est donc au Kurdistan du Sud que continuent à vivre la plupart des réfugiés chrétiens.

L’Église donne une réponse humanitaire et pastorale

Cependant, Mgr Warda constate un exode considérable des chrétiens irakiens. « L’année dernière, notre archidiocèse avait enregistré 13 500 familles de réfugiés chrétiens. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’environ 10 000. Cela signifie que plus de 3 000 familles ont quitté l’Irak. »

Les nouvelles sur l’afflux de réfugiés du Proche-Orient partis en Europe sont déjà largement connues parmi les chrétiens d’Irak. « Nous ressentons très fortement cette évolution en Europe. Bien entendu, les gens en prennent conscience et pensent que maintenant, toutes les portes vers l’Europe sont largement ouvertes. » L’archevêque ajoute que, pour l’instant, ils ne constatent encore aucune accélération de l’exode d’Irak engendrée par les événements en Europe. « Toutefois, cela ne facilite pas notre travail pour persuader les gens de rester ici. »

Trip to Iraq of ACN UK, May 2015L’AED soutient le retour à l’école des enfants

Selon Mgr Warda, il est important pour l’Église de procurer une aide qui soit humanitaire et pastorale. « Grâce à nos partenaires, la situation humanitaire s’est stabilisée. Personne n’a plus à vivre dans une tente comme l’an passé. La plupart des gens vivent dans des caravanes d’habitation ou des logements que nous avons loués.

En outre, grâce au soutien de Aide à l’Église en Détresse, nous avons pu ouvrir huit établissements scolaires, de sorte qu’aujourd’hui, il ne reste presque plus d’enfants non scolarisés. L’année dernière, évidemment, c’était différent. Finalement, nous bénéficions d’un approvisionnement en nourriture bien rodé. Nous remettons un colis mensuel à chaque famille. » Toutefois, si le soutien de la part de l’étranger fléchissait, l’archevêque craint que la conséquence soit une augmentation des départs de chrétiens d’Irak.

Quand l’Église soutient, les jeunes reprennent espoir

En plus du soutien humanitaire, souligne l’archevêque, le suivi pastoral est décisif. « Nous avons récemment célébré une fête de la foi, à laquelle 1 200 personnes ont participé. J’ai été profondément ému par les témoignages de foi des gens. Beaucoup de jeunes parlaient de l’obscurité qu’il leur fallait traverser. En effet, fuir leur a non seulement fait perdre leur foyer, mais aussi l’espoir, la joie, la confiance et leurs rêves. Mais, lorsqu’ils ont vu que l’Église les épaulait, que les prêtres et les religieuses étaient à leurs côtés, ils ont repris courage. Leur foi est revenue. Ils n’ont peut-être plus de maison, mais au moins ont-ils une foi vivante. »

Néanmoins, Mgr Warda s’attend à ce que le nombre de chrétiens irakiens diminue encore.

« La situation est très grave. En tant qu’Église, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir. Par contre, ce qui est décisif pour moi à long terme, c’est que les personnes qui restent aient une mission.

Nous autres chrétiens d’Irak appartenons à ce pays. Notre mission est de jeter des ponts, de vivre des valeurs chrétiennes. Mon rêve est de prier le Notre-Père également avec des non-chrétiens. C’est possible sans aucun problème. Mais ce qui est décisif, c’est de le vivre. Le message du Notre-Père est que l’amour de Dieu embrasse tous les hommes. »

Janvier 2015 : le large sourire de Rosa vous dit: Merci, bienfaitrices et bienfaiteurs de l'AED.

Janvier 2015 : le large sourire de Rosa symbolise le  «Merci» aux bienfaitrices et bienfaiteurs de l’AED pour un soutien constant.

VOYAGER AVEC L’AED – Kazakhstan

09.10.2015 in Construction, Kazakhstan, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

KAZAKHSTAN / ALMATY-LAT 15/00126 Roofing and renovation of the second floor of the House "Klara" for the Sisters 'Sluzhitelnitsy Neporochnogo Zachatiya" in Kapshagay: Holy First Communion

Kazakhstan

Aide à la réparation du toit d’un foyer pour enfants

La ville de Kapchagaï a environ 57 000 habitants et se situe à plusieurs heures de voiture de la capitale Almaty. En 2001, un prêtre italien y a fondé une sorte de Centre catholique. Il a construit une église à la périphérie de la ville et acheté quelques maisons. Des sœurs s’y sont installées et s’occupent des enfants issus de familles difficiles. Une paroisse catholique s’est formée autour du Centre et le nombre de citadins assistant à la messe est en augmentation.

 Les quelque 60 enfants pris en charge par les sœurs, ont vécu des choses difficiles. Leur mère est morte ou vit avec un autre homme que leur père, leur père est alcoolique, travaille dans des chantiers éloignés ou est parti. Certains parents vivent même dans la rue, d’autres sont toxicomanes. Ola, sept ans, a été violée par des garçons plus âgés du quartier avant d’être accueillie par les sœurs. Son père était au courant, mais lui avait ordonné de ne rien dire à quiconque. Les jumelles Rima et Ina, également âgées de sept ans, racontent : « Papa a poursuivi Mama avec une hachette ». Et la petite Ania a vécu dans la rue avant de rejoindre les sœurs.

Les enfants découvrent chez les sœurs, pour la première fois de leur vie la sécurité, la sollicitude et une vie ordonnée semblable à celle d’une famille. Ils jouent, étudient, prient ensemble et font parfois de belles excursions. Comme le Centre est situé au bord d’un lac, les plus petits peuvent même presque découvrir à leur porte la beauté de la nature. C’est une expérience précieuse pour les enfants, car ils n’avaient souvent rencontré que la misère et la maladie.

Certains des anciens pensionnaires des sœurs ont même maintenant leur propre famille. Ils sont restés liés au Centre et à la paroisse et aident là où ils le peuvent. L’une des six maisons où les enfants vivent avec les sœurs a un besoin urgent d’un nouveau toit. Aide à l’Église en Détresse apportera 29 700 $.

faire-un-don

 

VOYAGER AVEC L’AED – UKRAINE

18.09.2015 in Construction, PROJETS AED, Uhraine, Voyager avec l'AED

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

UKRAINE / KHARKIV-ZAPORIZHZHYA-LAT 14/00138 Renovation of the monastery chapel of the Albertine Fathers in Zaporizhzhya: Construction aid for the renovation of the chapel of the Albertine Brothers at Zaporyzhzhya, who take care of homeless men. The photo Shows them in their bakery.

Ukraine

Aide à la rénovation de la chapelle des frères albertains à Zaporyzhya

 Mgr Jan Sobilo, évêque auxiliaire catholique romain de Kharkiv-Zaporyzhya, est originaire de Pologne. En fait, quand il était jeune prêtre, il a voulu aider en Ukraine pendant une année. C’était il y a maintenant presque un quart de siècle.

Mgr Sobilo a très à cœur les personnes qui sont en marge de la société : les drogués et les alcooliques. Il a ressenti qu’il était insuffisant d’aider ces gens d’un morceau de pain, d’un bol de soupe et de quelques vêtements. Il a jugé qu’il leur fallait un soutien psychologique et spirituel pour sortir de la dépendance. « Beaucoup de ces jeunes gens venaient à notre soupe populaire, mais un trop nombre d’entre eux se perdaient », dit l’évêque. Quand ils se débarrassent de la drogue et trouvent Dieu, des choses merveilleuses peuvent arriver. C’est ainsi que Mgr Sobilo a pu ordonner prêtre un ancien toxicomane. Aujourd’hui, il est responsable de la pastorale des jeunes du diocèse.

 

Auxiliary Bishop Jan Sobila with Catholic family in Zaporizhzhya after Sunday Mass, June 2015. Used as Illustration for the Internet Project UKRAINE / KHARKIV-ZAPORIZHZHYA-LAT 14/00138 PrID: 1403366

À Zaporyzhya, deux frères albertains s’occupent des pauvres et des sans-abri. Ils organisent dans la cathédrale une soupe populaire où affluent de plus en plus de gens qui ne peuvent pas se payer un repas chaud par jour. Certains sont des sans-abri, d’autres des retraités qui ne parviennent pas à faire face à l’augmentation des prix avec le peu d’argent dont ils disposent. Les religieux accueillent par ailleurs chez eux des personnes sans-abri. Beaucoup d’hommes ayant longtemps vécu dans la rue ont des problèmes de santé, en particulier aux jambes et aux pieds. En outre, ils doivent résoudre de nombreux problèmes afin de pouvoir retrouver une vie ordinaire.

Les frères Albertains les aident. Ces hommes ont également la possibilité d’apprendre le métier de boulanger. Sous la direction d’un expert, ils font un pain délicieux. Les souffrances et problèmes intérieurs se révèlent souvent une fois que les premiers problèmes extérieurs ont été réglés. Une aide spirituelle et pastorale est alors nécessaire. Les frères sont souvent surpris par les talents ainsi que par la profondeur humaine de ceux qui cherchent de l’aide auprès d’eux. C’est ainsi que vit actuellement chez eux Léon, un jeune homme qui s’est avéré être un peintre talentueux d’images religieuses. Il a peut-être même une vocation religieuse.

Les frères Albertains sont en train de rénover leur maison. La chapelle est au cœur des bâtiments. Aide à l’Église en Détresse soutient sa rénovation à hauteur de 6 000 $.

faire-un-don

 

Cameroun – La terreur causée par Boko Haram atteint les villes

10.09.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Antonia von Alten, Cameroun, Construction, Formation religieux, Prière, PROJETS AED, Refugiés
CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo:  Bishop Bruno Ateba Edo visiting a camp for refugees and displaced people, Minawo Zamay near Maroua Only this very small/bad file quality available

CAMEROUN / MAROUA-MOKOLO Mgr Bruno Ateba

Cameroun

La terreur causée par Boko Haram atteint les villes

 Antonia von Alten, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

 Après des attentats-suicide ayant causé plus de 30 morts en juillet dans la ville épiscopale de Maroua, les habitants du nord du Cameroun sont effrayés. Des mesures de sécurité draconiennes ont été prises pour pouvoir célébrer les messes dominicales. La normalité ne revient que lentement. Mgr Bruno Ateba, évêque de Maroua-Mokolo, est malgré tout plein d’espoir. Il compte sur la prière et le dialogue entre chrétiens et musulmans.

 Pour des millions de catholiques en Europe, c’est la normalité, mais pour l’évêque du diocèse camerounais de Maroua-Mokolo, Mgr Bruno Ateba, il s’agit d’une importante intention de prière : célébrer dignement la messe dominicale dans une église – sans avoir peur d’un attentat.

Lors d’une visite à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED) à Königstein (Allemagne), cet évêque de 50 ans a signalé qu’il célébrait chaque dimanche plusieurs messes en plein air, rassemblant un total d’environ 3 000 fidèles – sous la soleil ou la pluie. À chaque fois, une chaîne humaine est formée autour de la communauté des fidèles ; ceux qui veulent participer à la messe doivent d’abord se soumettre à de stricts contrôles de sécurité. Malgré la terreur, les fidèles de Maroua gardent leur joie. « Nous aimons danser et chanter lors de la messe », dit Mgr Ateba. Ce bonheur est toujours là. « Car le Seigneur est notre refuge. »

Comme un vendredi saint

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo: Construction of a hangar as chapel for 5.000 catholic nigerian refugees in parish Zamay Minawao: The faithful celebrating holy mass Only this very small/bad file quality available

Les attentats-suicide de juillet ont été terribles. Plus de trente personnes ont été tuées dans l’attentat terroriste de juillet à Maroua, et il y a eu des centaines de blessés. L’horreur a encore été aggravée par le fait que ce sont probablement des jeunes filles qui ont été forcées par Boko Haram à cacher des bombes sous leur burqa et à se faire exploser en public. « Pour nous, c’est comme si c’était un vendredi saint », dit Mgr Ateba. « Mais nous ne perdons pas espoir. »

Le Cameroun se situe entre les foyers de tension actuellement les plus grands d’Afrique, le Nigéria et la République centrafricaine. Le Nigéria, où le groupe terroriste Boko Haram sévit de façon particulièrement cruelle, n’est qu’à 60 kilomètres de la capitale provinciale Maroua. Mgr Ateba nous a raconté que la population de la zone frontalière et de la capitale de la province était traumatisée et avait peur de nouvelles attaques. Il y a quelques jours (le 3 septembre), Boko Haram a encore frappé dans le nord : sur un marché très fréquenté du nord du Cameroun, deux femmes se sont fait exploser, causant un bain de sang.

Aux dires de Mgr Ateba, plus de cent mille personnes sont en fuite au Cameroun : 52 600 personnes – principalement issues du Nigéria, pays en crise – se trouvent dans le camp de réfugiés des Nations Unies de Minawao (situé à 40 km de Marauo). Plus de 50 000 Camerounais sont en fuite dans leur propre pays, par peur de Boko Haram. Beaucoup ont trouvé refuge chez des proches ou dans des salles publiques. L’évêque camerounais fait partir les missionnaires étrangers de la zone frontalière. « La vie est trop dangereuse pour des personnes à la peau blanche », a-t-il expliqué dans sa décision. Le nord du Cameroun vit surtout du tourisme. Mais les touristes ne viennent plus depuis que Boko Haram terrorise la région. « Nous sommes dépassés » : Mgr Ateba résume ainsi le sentiment des gens qui vivent du tourisme.

La prière et le dialogue

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo: Bishop Bruno Ateba Edo (Diocese of Maroua-Mokolo ) and Bishop Oliver Dashe Doeme (from the diocese of Maiduguri in Nigeria) at a camp for refugees and displaced people

Grâce à une forte présence militaire et policière, une certaine normalité se maintient à l’heure actuelle, mais la paix n’est pas encore gagnée. C’est pourquoi Mgr Ateba lance un appel à la communauté internationale : « Aidez-nous à trouver la paix. Nous ne pouvons rien faire sans la paix. La communauté internationale dispose de tous les moyens pour mettre un terme à la terreur causée par Boko Haram. »

Dans une lettre adressée à tous les fidèles de son diocèse à la mi-août, Mgr Ateba a invité les gens à la prière et à faire preuve de vigilance. « Il est important pour notre sécurité que nous coopérions avec les autorités publiques. Quiconque se retrouve face à quelqu’un qu’il ne connaît pas doit être vigilant. Les personnes suspectes doivent rapidement être signalées à la police. » Cela vaut en particulier dans la région frontalière, car à maints endroits, la frontière n’est pas nette. Les maisons des membres de la tribu des Kanuri sont souvent tout près de la frontière : « Elles ont une pièce au Nigeria, et une autre au Cameroun ». Pour les terroristes de Boko Haram, il est très facile d’entrer dans le pays.

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo:  Bishop Bruno Ateba Edo visiting a camp for refugees and displaced people, Minawo Zamay near Maroua Only this very small/bad file quality available

Comment arrêter le terrorisme de Boko Haram ? Pour Mgr Ateba, c’est clair : le plus important, c’est de prier. Et la deuxième chose la plus importante, c’est le dialogue entre chrétiens et musulmans. Au Cameroun, où 70 % des 20 millions d’habitants sont chrétiens, l’Église catholique jouit d’une bonne réputation. Selon Mgr Ateba, de nombreux musulmans vont dans les centres de soins catholiques quand ils sont malades et envoient leurs enfants dans les écoles catholiques. Mgr Ateba a écrit une prière pour la paix qui est récitée avant la bénédiction finale lors de toutes les messes célébrées dans son diocèse.

En 2014, Aide à l’Église en Détresse a soutenu le travail pastoral au Cameroun à hauteur de plus de 1 638 500 $. Mgr Ateba en est très reconnaissant. Cela fait des années que l’AED soutient le diocèse de Maroua-Mokolo pour la formation des séminaristes et des prêtres. Près du camp de réfugiés de Minawao, une salle a également été construite – grâce aux bienfaiteurs de l’AED – pour que les réfugiés catholiques du camp puissent se réunir pour prier et assister à la messe. Un autre grand projet auquel l’AED a accordé de l’argent est la construction d’une cathédrale à Maroua, une demande que Mgr Ateba avait à cœur. Les fondations sont déjà posées et maintenant, il n’y a plus qu’à monter les murs.

faire-un-don

 

Syrie – La crainte de l’hiver

09.09.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Aide à la subsistance, Aide d'urgence, Construction, Écoles, Moyen-Orient, Oliver Maksan, PROJETS AED, Projets pastorale, Refugiés, Syrie
Syria, Marmarita May 2015 Father Dr. Andrzej Halemba (project officer for Middle East at ACN) during his trip to Syria SYRIA / NATIONAL 15/00147 Emergency support in the Valley of Christians, Marmarita, Governorate of Homs, January to June 2015

Père Andrzej Halemba

Syrie

La crainte de l’hiver

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Chez les chrétiens en Syrie, l’augmentation du nombre de réfugiés venus du Proche-Orient accueillis par l’Union européenne éveille de plus en plus le souhait d’émigrer, comme l’a affirmé le Père Andrzej Halemba, responsable du département du Proche-Orient de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED) lors d’une visite effectuée sur le site d’un projet en Syrie.

« Les débats menés en Europe sont également perçus ici. Voilà pourquoi beaucoup de gens veulent partir, particulièrement les chrétiens. On m’a souvent demandé si je pouvais les aider lors de cette démarche d’émigration, par exemple pour un départ en Allemagne. Mais l’objectif de notre travail est de permettre aux gens d’envisager leur avenir dans leur propre pays. »

Cette année, le père Halemba s’est rendu à plusieurs reprises dans ce pays dévasté par la guerre. « Après de nombreuses visites effectuées depuis le début de l’année, j’ai l’impression que la peur face à l’instabilité est encore plus grande en Syrie. Les succès militaires de l’État islamique sèment la terreur, surtout parmi les communautés chrétiennes. L’avenir de la métropole d’Alep, où vivent toujours de nombreux chrétiens, est incertain. »

Fr. Walid Iskandafy M.S.P. running our project for the IDPs in Maarmarita together with a lay volunteer Marmarita is a village in northwestern Syria. Marmarita is one of the largest villages in Wadi al-Nasarah, which means "Valley of Christians", a region north of Talkalakh. The population is Greek Orthodox. Marmarita used to be  a popular summer destination and tourist attraction in Syria. Now, many Internally Displaced Peoples found a refuge here Syria 2015 May, Marmarita SYRIA / NATIONAL 15/00147 Emergency support in the Valley of Christians, Marmarita, Governorate of Homs, January to June 2015

Aide d’urgence

Le père Halemba a positivement souligné les activités des partenaires de projet soutenus sur place par l’AED. « Ils travaillent de manière de plus en plus efficace et coordonnée, pour le bien de la population, qui le reconnaît d’ailleurs bien. Lors de mon récent séjour dans la ville chrétienne de Marmarita, à proximité de la frontière libanaise, les gens ont manifesté une immense reconnaissance pour l’aide qui a été rendue possible grâce à nos bienfaiteurs. Ils ont dit que c’est grâce à nos bienfaiteurs qu’ils survivent. Un garçon que j’ai rencontré m’a parlé en arabe, il ne m’a dit qu’un seul mot : shukran, merci. Nous avons tous été très émus. Les larmes aux yeux, une vieille femme m’a demandé de continuer à aider les chrétiens de Syrie afin qu’ils puissent rester. »

Le pain d’une main, la Bible de l’autre

Marmarita héberge actuellement de nombreux déplacés internes, autant des chrétiens que des musulmans. « La ville est pleine à craquer. Il n’y a presque plus de locaux disponibles pour loger les réfugiés », affirme le père Halemba. La jeune dentiste Sana (nom fictif) dirige à Marmarita une équipe de bénévoles soutenue par l’AED. « Marmarita est sûre. Nous n’entendons ici ni bombes ni explosions. Mais entre-temps, la vie est devenue très chère et les gens ne trouvent que peu de travail ici. C’est pourquoi nos activités mettent l’accent sur de l’aides pour payer le loyer, mais aussi sur les soins médicaux et les bourses d’études scolaires. Actuellement, quelque 300 familles bénéficient d’aide au logement. Environ 140 étudiants perçoivent des allocations de transport pour se rendre à leurs universités dont certaines sont situées loin d’ici. »

SYRIA / NATIONAL 14/00130 A "Merry Christmas" gift package for children (in Homs and Marmarita): Group picture with Father Ziad Hilal

 

Sana, une catholique syriaque, continue d’expliquer qu’elle compatit profondément avec les réfugiés quant à leur destin. « Nous apportons notre aide à une famille qui a perdu un enfant lors d’une explosion à Damas. Maintenant, leur deuxième enfant est atteint de cancer. Il lui faut d’urgence un traitement médical. » Sana a aussi été très émue par le destin d’une jeune mère qui a également perdu son mari à cause d’une explosion à Damas. « Elle se débrouille maintenant avec deux petits enfants. Et pourtant, au sein de notre équipe de bénévoles, elle trouve encore la force d’aider d’autres réfugiés. Voilà un véritable exemple de charité chrétienne. »

Le Père Halemba a souligné qu’en plus de l’aide humanitaire, le soutien de projets pastoraux était également important pour l’AED. « Dans la ville de Qousseir, notamment, nous avons contribué à rénover une église détruite par les djihadistes. Aujourd’hui, elle peut à nouveau être utilisée pour célébrer la messe. Cela rend aux gens l’espoir que la vie continue. L’Église doit donner aux gens le pain d’une main, et la Bible de l’autre. Les gens ont autant besoin de soutien matériel que de soutien spirituel. »

Syria 2015 May Badly damaged church St. Elijah in  Al-Qusayr (Qussair, Qusair, Alqseir). Pastoral visit of His Beatitude Patriarch Gregorios III Laham and the Ordinary of the Greek-Melkite Archdiocese of Homs, Hama and Yabroud Mgr Jean Abdou Arbach B.C. to the Parish of St. Elijah in  Al-Qusayr (Qussair, Qusair, Alqseir)

Toutefois, le Père Halemba redoute surtout l’approche de l’hiver. Le carburant et le gaz sont rares en Syrie et très chers. Mais c’est ce que les gens utilisent pour se chauffer. L’année dernière, une cinquantaine de personnes sont mortes à cause du froid. Nous devrons donc accorder une attention particulière à l’aide en hiver. »

Depuis que la guerre en Syrie s’est déclenchée il y a quatre ans, AED a soutenu la population de ce pays en allouant plus de 11,6 millions de dollars. Actuellement, l’œuvre soutient plus de 140 projets humanitaires et pastoraux.

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VOYAGER AVEC L’AED – Liban et Syrie

04.09.2015 in Construction, Liban, PROJETS AED, Syrie, Voyager avec l'AED

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

LEBANON / BAALBEK-MAR 13/00044 Construction of a new parish center in the parish of St. Charbel (Bekaa): Group picture with Bishop Simon Atallah (center)

Liban

Exemple de réussite : un centre paroissial à Deir El Ahmar

On peut voir l’image de Saint-Charbel partout au Liban. De nombreux miracles et exaucements de prières lui sont attribués, et les gens comptent sur l’aide de leur saint compatriote. Le Saint, qui est décédé le 24 décembre 1898 à l’âge de 70 ans, est considéré comme un moine parfait, qui a passé sa vie dans une stricte mortification, dans la pénitence et la contemplation. Il guérissait déjà des malades de son vivant et on raconte qu’il a même ramené deux morts à la vie.

La paroisse de Deir El Ahmar, dans la plaine de la Békaa est dédiée à ce saint libanais très honoré. Le village majoritairement chrétien, qui est entouré de villes à majorité musulmane, a une population d’environ 10 000 personnes. Les gens y vivent dans des conditions modestes et la plupart d’entre eux sont agriculteurs. Les parents de Saint-Charbel étaient eux aussi des agriculteurs pauvres. Son père est mort précocement, si bien que le jeune Charbel a dû travailler très jeune comme éleveur de chèvres, avant d’entrer au monastère à l’âge de 23 ans.

À Deir El Ahmar, les jeunes ont peu de perspectives d’avenir. Le chômage est élevé, et de plus en plus de jeunes se droguent. Près de la moitié des élèves interrompent leur scolarité parce qu’ils ne voient aucun avenir.

LEBANON / BAALBEK-MAR 13/00044 Construction of a new parish center in the parish of St. Charbel (Bekaa): The building so far on 27.05.2015

Construction d’un nouveau centre paroissial

La paroisse Saint-Charbel a donc demandé une aide d’urgence afin de construire un centre paroissial où les jeunes pourront être pris en charge et s’occuper intelligemment. Du soutien scolaire, différents travaux manuels, de la catéchèse et bien d’autres choses encore y auront lieu. Non seulement les jeunes en profiteront, mais il y aura aussi des activités pour tous les groupes d’âge, y compris pour les enfants, les jeunes mariés et les personnes âgées. Aide à l’Église en Détresse a fourni une aide de 37 300 $.

Le Père curé Hanna Rahmé écrit : « Au nom de tous les fidèles de notre paroisse, je vous remercie et vous salue. Nous prions pour tous les bienfaiteurs qui nous aident à témoigner du Christ dans cette région, malgré la situation politique difficile et l’insécurité ».

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SYRIA / HOMS-MLC 15/00038 Help for Quseir (church, catechism center, parish hall, sisters' house)

Aide pour l’église de Quseir

Syrie

Aide à la restauration de bâtiments ecclésiaux détruits par la guerre à Quseir

Quseir était une place stratégique importante en Syrie. Elle n’est pas très éloignée de la ville de Homs et se situe également à proximité de la frontière nord du Liban et de la vallée de la Bekaa. Pendant les combats pour le contrôle de Quseir, presque tous les 60 000 habitants – chrétiens et musulmans – ont fui la ville.

Des 5 000 fidèles melkites qui s’y trouvaient, quarante ont été tués et huit sont toujours portés disparus. La ville a été libérée le 20 mars 2013, mais à Quseir, 80% des maisons sont encore détruites et inhabitables. Près de 340 des 750 familles chrétiennes qui vivaient là sont revenues après la reprise de la ville par l’armée gouvernementale.

Syria 2015 May Diocese of Homs Parish St. Elijah in Qussair Fr. Nadra Louis  SYRIA / HOMS-MLC 15/00038 Help for Quseir (church, catechism center, parish hall, sisters' house)

L’évêque voudrait rénover certains bâtiments : l’église, le presbytère, le centre catéchétique, la salle paroissiale et quelques monastères. Des réparations sont nécessaires afin d’éviter que les biens de l’Église ne s’abiment davantage, mais aussi pour encourager les gens à revenir chez eux et à rester, par un redémarrage de la vie ecclésiale et des reconstructions visibles. Aide à l’Église en Détresse a promis de 35 800 $.

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Palestine – Prier là où Jésus aussi a prié

28.08.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Construction, Oliver Maksan, Terre Sainte
Sister Agathe (left) together with Sister Marie-Agnes (the prioress) in Pater-Noster Carmelite Monastery in Jerusalem. ACN helped remodelling the entrance area to the monastery. PALESTINE / NATIONAL 14/00086 Renovation of main entrance floor at Pater Noster OCD Monastery, Jerusalem (PAL. 167/ ROACO II - 2014)

Soeur Agathe (gauche) avec soeur Marie-Agnes

Palestine

Prier là où Jésus aussi a prié

Oliver Maksan, AED International,

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

 « Bienvenue dans notre nouvelle pièce de réception », nous dit aimablement sœur Agathe en nous accueillant. Cette religieuse est l’économe du couvent des Carmélites du Mont Pater de Jérusalem.

Le réaménagement de la zone d’entrée du couvent qui, auparavant, était très enchevêtrée, n’a été effectué que très récemment. Aide à l’Église en Détresse (AED) y a contribué pour soutenir les moniales. À cette occasion, une nouvelle pièce de réception ainsi qu’une zone d’entrée couverte ont été installées. Tout est propre et clair. « Ces transformations nous permettent de mieux recevoir nos invités tout en préservant notre clôture, explique la jeune Carmélite française. Nous ne quittons pas le couvent normalement, par contre, beaucoup de gens viennent nous voir. Nous sommes très reconnaissantes envers les bienfaiteurs de l’AED, car cela nous permet maintenant de pouvoir mieux accueillir les visiteurs. La meilleure manière de remercier nos bienfaiteurs, c’est à travers nos prières. »

Ce carmel érigé au XIXe siècle sur le Mont des Oliviers est le plus ancien en Terre Sainte. Le couvent se situe sur le périmètre de l’église du Pater Noster. De nombreux pèlerins se rendent tous les jours dans ce sanctuaire édifié pour vénérer l’endroit où, d’après la tradition, Jésus-Christ a enseigné le Notre-Père à ses disciples. Des plaques artistiquement décorées et reproduisant en de très nombreuses langues le texte du Pater sont apposées sur les murs. « Notre Seigneur Jésus-Christ a prié ici, sur le Mont des Oliviers. C’est ce qui porte notre prière. Nous vivons ici conformément à la spiritualité de la grande Sainte-Thérèse de Lisieux. Elle accordait une immense valeur à la sainte Humanité du Christ. Ici en Terre Sainte, mais tout particulièrement à Jérusalem, il est facile de se l’imaginer. Jésus-Christ s’est réjoui ici, mais il a aussi souffert, pour finalement mourir sur la croix. »

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Prier pour les préoccupations de l’Église et du Saint Père

Le couvent est situé à Jérusalem-Est, la partie arabe et majoritairement musulmane de la ville. « À chaque fois, je suis à nouveau émue à quel point Jérusalem est considérée comme sainte dans la foi de tant de gens. Nous entendons ici le muezzin qui appelle à la prière, mais aussi les bruits de fête des bar-mitsvah célébrées par les Juifs. Nous souhaiterions tant que règnent la justice et la paix. »

Les sœurs vivent en bonne entente avec les musulmans du quartier. « En France, on nous dévisage bizarrement lorsque nous autres moniales sortons dans la rue vêtues de notre habit de Carmélite. Ici, c’est différent. Nous sommes respectées. Après le décès d’une sœur libanaise, nos voisins musulmans nous ont même apporté des fleurs », raconte Sœur Agathe. Toutefois, malgré les hautes murailles qui entourent le couvent, la réalité en Terre Sainte, souvent marquée par la violence et la haine, n’est pas sans laisser de traces dans la vie des moniales. Dans notre quartier, les tensions entre Israéliens et Palestiniens sont fréquentes. Directement devant nos portes, les pierres volent. Alors évidemment, cela nous affecte profondément, car nous aimons Jérusalem et la Terre Sainte. À travers nos prières, nous voulons servir la paix. »

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Cependant, les religieuses ne prient pas seulement pour la Terre Sainte. « Nous nous trouvons ici au centre de l’Église. C’est pourquoi nous prions pour les grandes préoccupations de l’Église et du Saint-Père. » Toutefois, les préoccupations des pèlerins ne sont pas oubliées. « Des visiteurs du monde entier écrivent leurs intentions sur de petits bouts papiers qu’ils déposent dans la grotte où Jésus-Christ a prié avec les apôtres. Nous les reprenons et, une fois par mois, un prêtre célèbre aussi une messe à cet effet », explique Sœur Agathe.

 

La vie des religieuses carmélites est vouée à la contemplation. « Notre journée est parfaitement réglée. Les horaires de prière commune alternent avec les tâches qui reviennent à chaque sœur. » Celles-ci comprennent la réception des visiteurs, mais aussi la broderie ornementale, le séchage artistique de fleurs, la fabrication de confitures et d’autres spécialités, ainsi que les travaux domestiques. Seize moniales venues du monde entier vivent dans ce couvent. « C’est une bonne taille pour notre groupe. Nous attirons surtout des prétendantes internationales. Mais nous aimerions aussi que plus de sœurs locales nous rejoignent.  Nous espérons que la canonisation de notre consœur palestinienne Mariam Bawardi d’Ibillin, qui s’est déroulée en mai de cette année, nous vaudra un regain d’attention en Terre Sainte. »

L’AED a alloué 32 500 $ pour la rénovation de l’entrée principale du couvent carmélite du Pater Noster à Jérusalem.

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Ukraine – « Sans véritable vocation, on ne tiendrait pas ici »

27.08.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Construction, Eva-Maria Kolmann, PROJETS AED, Uhraine

UKRAINE / KHARKIV-ZAPORIZHZHYA-LAT 09/00073 Renovation of the Church "sv. Yosyfa"in Dnipropetrovsk Ukraine, Kharkiv-Zaporizhzhya-LAT diocese 21.08.2009 Illegally expropriated church building  of the church of Saint Joseph in Dnepropetrowsk is finally returned to the Catholic Church after years l

Ukraine

« Sans véritable vocation, on ne tiendrait pas ici »

 Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

« Les prêtres sans véritable vocation ne tiennent pas le coup ici en Ukraine », affirme Mgr Bronislaw Bernatsky, l’évêque catholique romain d’Odessa-Simferopol, dans une interview accordée à Aide à l’Église en détresse (AED). « Ici, il faut vraiment être un fou de Dieu pour tenir le coup. »

Toutes les pendules sont remises à zéro, dans de nombreuses localités, il n’y a pas d’église et un prêtre doit d’abord partir à la recherche des fidèles et fournir un véritable travail de pionnier. Dans une ville, l’église avait été transformée en gare routière à l’époque communiste. Elle était complètement dévastée et l’humidité y régnait. Le prêtre polonais qui s’était rendu là a essayé de collecter de l’argent lors de tournées d’exercices spirituels en Pologne, mais le résultat a été plutôt piètre. « Il était assis devant moi et il pleurait comme un enfant », raconte l’évêque.

Des bâtiments confisqués non restitués

En 2002, dans une autre paroisse, l’Église s’est vue restituer quelques pièces dégradées dans un sous-sol. Mgr Bernatsky les décrit : « J’y étais quand elles ont été ouvertes. Ces pièces étaient pleines de gros rats. » Pour sa part, l’évêque bénéficie d’une retraite de 75 $ parce qu’il avait travaillé dans un kolkhoze dans sa jeunesse : « Cela suffit à peine à payer l’essence si je vais en voiture jusqu’à la limite de mon diocèse, mais je n’ai encore jamais demandé le moindre centime à une paroisse pour payer mon essence. Lorsque je rends visite à mes prêtres, j’essaie même de leur apporter quelque chose. »

Ukraine, Odesa: Roman-Catholic Bishop Bronislaw Bernatsky elevating the Chalice during the Holy Mass at Odesa Cathedral.

Mgr Bronislaw Bernatsky

Un grand problème de l’Église catholique en Ukraine est causé par le fait que de nombreux anciens bâtiments cléricaux n’ont pas encore été restitués. Lorsque ces bâtiments appartiennent à l’État, il reste une chance que l’Église les récupère, mais s’ils ont entre-temps été vendus à des particuliers, l’Église doit alors les racheter à ces nouveaux propriétaires.

À l’époque soviétique, la cathédrale d’Odessa avait été transformée en gymnase. Un faux plafond avait été rajouté à l’intérieur. En 1991, la cathédrale a été restituée à l’Église, mais pas les bâtiments adjacents qui lui appartenaient aussi avant d’être confisqués. En outre, les quelques pièces que l’Église a pu récupérer n’offrent que beaucoup trop peu de place. Même les prêtres n’ont que des logements provisoires. L’un d’eux habite dans la chambre d’un autre prêtre qui suit actuellement un traitement médical en Pologne. Mgr Jacek Pyl, un évêque auxiliaire qui travaille habituellement en Crimée, mais qui ne peut maintenant plus y retourner, habite dans la chambre d’un prêtre qui, pour sa part, poursuit en ce moment ses études à Rome. Il y a peu de temps encore, Mgr Bernatsky lui-même habitait encore dans la tour de l’église, jusqu’à ce qu’il puisse acquérir, grâce à l’aide de AED, un appartement dans une maison qui avait jadis appartenu à l’Église. Avant, celle-ci était propriétaire de tous les bâtiments adjacents, mais certains des nouveaux propriétaires pensent que l’Église est riche et exigent donc des prix exorbitants, tandis que d’autres veulent garder leurs logements.

La consécration de l’église St Josef

The roof of the Cathderal in Odesa under repair. UKRAINE / ODESA-SIMFEROPOL-LAT 14/00147 Repair of the roof at the Cathedral in Odesa

L’archidiocèse catholique romain de Kiev-Zhytomyr souffre également beaucoup du manque de place. L’archiprêtre de Kiev vit dans l’une des tours de la cathédrale, et l’archevêque Mgr Petro Herkulan Malchuk doit traverser l’appartement d’une autre famille pour accéder à son petit logement. Il n’existe que peu de locaux pour satisfaire aux besoins de l’archidiocèse.

L’église paroissiale catholique romaine St Josef à Dnipropetrovsk est un cas particulièrement impressionnant. Ce lieu de culte avait été réquisitionné en 1949 par les communistes. Il a été doté d’une nouvelle façade et déclaré « monument du communisme ». L’intérieur qui a été divisé en deux étages, abritaient en partie des politburos. En 1998, le bâtiment a été illicitement vendu à une entreprise et depuis, il a changé de propriétaire à plusieurs reprises. En juillet 2007, des fidèles qui avaient prié pacifiquement devant l’ancienne maison de Dieu ont été menacés et même attaqués par le personnel de sécurité engagé par l’entreprise. Même quelques femmes plus âgées ont été frappées. À de multiples reprises, les fidèles qui se rassemblaient jour pour jour pour s’agenouiller sur le trottoir et prier pour que l’église soit restituée, ont été menacés de violences.

Ce n’est qu’en 2009, au terme d’un litige long et fastidieux, que l’ancien lieu de culte a été restitué à l’Église catholique. Les fidèles ont travaillé très dur pour préparer l’église de leurs propres mains afin qu’elle puisse être consacrée à nouveau. La remise en état de l’église avait bénéficié du soutien de AED. Des évêques, des prêtres et des fidèles venus de partout en Ukraine se sont rendus à la consécration. La cérémonie a débuté par une procession avec le très Saint-Sacrement de l’autel qui a été transporté à travers les rues des alentours qui, s’appellent « rue Lénine », « rue Marx » et « rue Konsomolskaya ».

UKRAINE / KHARKIV-ZAPORIZHZHYA-LAT 09/00073 Renovation of the Church "sv. Yosyfa"in Dnipropetrovsk Ukraine, Kharkiv-Zaporizhzhya-LAT diocese 29.08.2009 Illegally expropriated church building  of the church of Saint Joseph in Dnepropetrowsk is finally returned to the Catholic Church after years l

De plus en plus de gens trouvent le chemin des églises et on souligne partout l’importance d’une véritable maison de Dieu afin que les gens puissent avoir confiance et se rendent aux offices religieux. Car si les messes se déroulent dans des appartements privés, comme cela a souvent été en raison du manque de bâtiments cléricaux, beaucoup de gens ont peur qu’il puisse s’agir d’une secte.

AED a apporté son soutien en de nombreux endroits afin que des églises et des locaux catéchétiques puissent être construits ou rénovés. Tous les représentants de l’Église déclarent à l’unanimité qu’ils prient régulièrement pour tous les bienfaiteurs et célèbrent toujours des saintes messes pour eux. « Sans votre aide, nous n’aurions pas réussi ce que nous sommes parvenus à faire jusqu’à présent », dit Mgr Bohdan Dzyurakh, évêque titulaire catholique grec au service de la curie.

Dans la paroisse catholique grecque d’Ihor Tabaka, à Lubotyn, près de Kharkiv, où AED a pu contribuer cette année à la construction de la nouvelle église paroissiale à travers un don de 38 000 $, des familles prient même le chapelet à tour de rôle pendant une semaine pour tous les généreux donateurs.

Rien que l’année dernière, l’aide allouée par Aide à l’Église en Détresse , en Ukraine, s’élevait à 7,74 millions de dollars.

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