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PROJETS AED

 

Entretien AED : Russie « Ma sœur, revenez-moi bien vite ! »

06.07.2020 in ACN International, Annie Desrosiers, COVID19, PROJETS AED, Russie

Novossibirsk, Russie

« Ma sœur, revenez-moi bien vite ! »
Les religieuses en Russie restent aux côtés des personnes marginalisées pendant la crise du coronavirus.

Par Kira von Bock-Iwaniuk, Département des projets, AED Internationales
Adaptation : Annie Desrosiers, AED Canada
Publié sur le web le 10 juillet, 2020

Seule une minorité est tombée malade ; néanmoins, le confinement et ses conséquences économiques frappent tous les citoyens de Novossibirsk, métropole de 1,5 million d’habitants en Sibérie occidentale. Parmi eux, les personnes les plus touchées sont naturellement celles qui, déjà avant la pandémie, vivaient en marge de la société : les pauvres, les chômeurs, les personnes âgées, les enfants issus de familles socialement vulnérables. Actuellement, les religieuses du diocèse catholique romain de la Transfiguration de Novossibirsk se concentrent particulièrement sur cette frange fragile de la population. Les religieuses évoquent à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), les défis qu’elles doivent affronter en cette période de pandémie.

 

En Russie, le premier cas confirmé de COVID-19 avait déjà été enregistré le 20 janvier 2020. Depuis, environ un demi-million de malades et 7478 décès ont été enregistrés (au 17 juin 2020) ; le chiffre réel étant probablement nettement plus élevé. Cette situation a provoqué la mise en place de mesures de confinement dans tout le pays, qui ne sont relâchées que très lentement. Moscou est au cœur de la crise, mais en Sibérie également, la maladie se propage, même si c’est à moindre échelle. Rien que dans la zone urbaine de Novossibirsk, 4604 cas de coronavirus et 62 décès ont été enregistrés.

 

Même sans cette pandémie, le travail des religieuses s’apparente à une tâche herculéenne. Membre de la congrégation des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, la religieuse d’origine allemande Sœur Theresa Witschling résume la situation ainsi : « Russie – Sibérie ; une terre connue comme ‘une maison sans toit’. Un pays qui, au fil de son histoire, a vu l’arrivée d’innombrables exilées et personnes déplacées de force. Parmi celles-ci, beaucoup sont morts en martyrs. Que ce soit de faim, de travail inhumain, de froid. L’hiver sibérien, long et rude, et les étés courts et caniculaires montrent clairement qu’ici, la vie est très difficile. »

 

Environ un demi-million de personnes avec des racines catholiques, majoritairement d’origine ukrainienne, polonaise ou allemande, vivent dans le diocèse de la Transfiguration en Sibérie occidentale sur une superficie de 2 millions de km2. Une quarantaine de prêtres s’occupent des 70 paroisses. Pour cela, il leur faut parcourir d’immenses distances. Sans l’aide des religieuses, le suivi pastoral des fidèles très dispersés serait absolument impossible.

 

Voilà pourquoi Sœur Theresa est venue en Sibérie en 2015 malgré les circonstances inhospitalières, en compagnie de deux autres religieuses. Depuis, les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul s’occupent d’un centre public et d’un centre appartenant à l’Église pour les enfants de Slavgorod, au sud-ouest de Novossibirsk. « La plupart des enfants sont originaires de familles en difficulté et socialement vulnérables, où les soins parentaux font défaut. Quelle que soit la situation, que les deux parents travaillent toute la journée pour un faible salaire, ou qu’un des parents travaille des mois durant à l’étranger pour assurer la survie de la famille, les enfants restent beaucoup trop souvent livrés à eux-mêmes. » Les religieuses les aident à faire leurs devoirs, proposent différents projets culturels et veillent à ce que le déjeuner d’une centaine d’enfants soit payé, car ce sera souvent le seul repas chaud de la journée. Par ailleurs, deux fois par an, en été et en hiver, elles invitent les enfants à participer au programme « vacances avec Dieu ».À cause de la pandémie, tout cela a changé. « Notre travail ici est maintenant devenu plus compliqué. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi ou ont subi une réduction de leurs salaires. Ils frappent à nos portes et nous demandent de l’aide, ne serait-ce qu’un morceau de pain pour les enfants. »

 

Les religieuses ont commencé à coudre des masques de protection, car il n’y en a pas assez dans la région, et elles les distribuent à leurs protégés. Les personnes sans domicile fixe de la ville aiment particulièrement les religieuses. « Tous ces gens ont des souvenirs douloureux et des blessures à l’âme. Ils ne viennent pas seulement nous voir pour l’aide matérielle que nous leur fournissons. Ils sont simplement reconnaissants de trouver ici un peu de cordialité et de chaleur. » Toutefois, ce n’est pas uniquement ce qui donne aux gens consolation et espérance : « Nous rendons grâce à Dieu de pouvoir célébrer l’Eucharistie tous les jours. En réponse à la pandémie, nous avons un temps d’adoration quotidien de la Sainte Eucharistie. À la fin, le prêtre descend dans la rue avec l’ostensoir et bénit avec le Seigneur la communauté et la ville.»

 

Surmonter les distances

À Sourgout, à un millier de kilomètres à vol d’oiseau au nord de Novossibirsk, deux religieuses polonaises de la Congrégation Sœurs angéliques de Saint-Paul incarnent véritablement des anges pour les 140 personnes sans domicile fixe dans un foyer de réinsertion sociale. Elles organisent dans la paroisse des collectes de vêtements et de nourriture, ce qui est particulièrement vital en ces temps difficiles.

 

La communauté est venue pour la première fois à Sourgout en 2011 et elle s’y est établie en permanence depuis 2015 pour soutenir les activités pastorales dans la paroisse Saint-Joseph. Ce n’est qu’ici qu’il y a une « véritable » église. Grâce à l’initiative et à la générosité de certains fidèles, il a également été possible d’installer des chapelles dans des maisons particulières à Nojabrsk, à 320 km de Sourgout, ainsi qu’à Kogylam, à 190 km de la ville. En temps normal, les religieuses s’y rendaient régulièrement toutes les deux semaines en compagnie d’un prêtre. « Ce qui est important, c’est la relation personnelle avec les fidèles », constate Sœur Tereza Jakubowska, en rêvant d’autres chapelles pour les catholiques de la région. Participer à la messe est plus important que jamais, et cela manque donc d’autant plus douloureusement en raison de la pandémie. Voilà pourquoi, comme beaucoup d’autres communautés, les Sœurs angéliques de Sourgout diffusent tous les jours en direct la sainte messe et envoient une méditation pour la journée. « Ainsi, nous restons en contact. » Sœur Aliona Alakchova est une religieuse de la communauté des Dominicaines de Béthanie et œuvre à Ichim depuis 20 ans, dans la paroisse de la Miséricorde divine. « Il y a peu de catholiques ici, et ils vivent très disséminés dans les villages des environs. Lorsqu’ils viennent en bus aux messes du dimanche ou des jours de fête, ils acceptent de se plier à de longues heures d’attente avant de pouvoir repartir en fin d’après-midi. Nous nous efforçons de rendre leur attente plus agréable en les accueillant chez nous et en leur parlant. C’est la meilleure possibilité de faire connaissance avec les habitants de la communauté », souligne Sœur Aliona. « En cette période de COVID-19, tout est devenu difficile. Les transports en commun circulent encore moins, les taxis collectifs privés viennent irrégulièrement et respectent rarement les horaires. Pour nous, il est donc devenu difficile de nous rendre au chevet des malades, de faire des courses pour des personnes âgées et seules, ou de leur apporter des médicaments. » Les messes doivent maintenant se dérouler sans la présence physique des fidèles. Mais le besoin encourage la créativité : les religieux ont mis en place un groupe WhatsApp pour connecter toute la communauté et la tenir au courant grâce à ce réseau. Cela permet aussi de partager les liens pour la diffusion en direct des offices religieux en ligne.

 

Toutes les congrégations de religieuses de l’évêché luttent avec les difficultés dues au confinement. Les visites auprès de leurs paroissiens manquent cruellement aux Sœurs de Sainte Élisabeth à Novossibirsk : « Au fil de nos visites régulières, nous nous sommes liés d’amitié. Souvent, lorsque nous partons, ils nous disent : ‘Ne m’abandonnez pas, ma Sœur, revenez-moi bien vite !‘ » Dans ce cas, les religieuses ont recours au bon vieux téléphone. Il permet également aux Sœurs de Sainte Élisabeth de Novossibirsk de rester en contact avec tous ceux qui ne sont pas encore à l’aise sur Internet, en particulier avec les personnes âgées, qui souffrent beaucoup plus de la distanciation sociale.

 

Comme la plupart des congrégations, les Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará à Omsk ont transposé dans le monde virtuel la totalité de leurs activités pédagogiques. Elles enseignent la catéchèse par visioconférence, tournent même de petites vidéos encourageantes avec quelques adolescents et élaborent à l’échelon de la province de leur congrégation des activités très poussées, dépassant largement la circonscription d’Omsk. « Notre objectif est d’inciter les adolescents à réfléchir à la Parole de Dieu, même pendant cette pandémie. Nous prions pour que cette période tellement grave d’un point de vue humain nous amène ainsi que tous les hommes à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour de Dieu et du prochain », explique Mère Maria Glum.

 

La prière : le plus puissant des remède

Seule communauté contemplative du diocèse, les Carmélites de Novossibirsk opposent à la pandémie la défense la plus puissante dont nous disposons comme chrétiens – la prière. Les religieuses Sœurs Teresamaria, Christina et Agnija écrivent : « Nous prions pour la guérison des malades, la consolation pour ceux qui souffrent, l’aide pour les professionnels de la santé et la protection contre la contagion pour les groupes de personnes les plus vulnérables. Nous incluons aussi dans nos prières les scientifiques qui travaillent sur le développement de médicaments et d’un vaccin contre le virus, et nous n’oublions pas les gouvernants qui doivent résoudre des problèmes socio-économiques de portée mondiale. Pleines de reconnaissance pour l’aide que nous recevons de votre part, nous incluons toujours l’AED et ses bienfaiteurs aux prières que nous offrons au Seigneur. »

 

L’AED soutient 68 religieuses qui vivent dans 18 villes du diocèse de la Transfiguration, de Novossibirsk. « Si ce soutien faisait défaut, ce serait non seulement une déception pour les religieuses, mais une catastrophe », confirme l’évêque local, Mgr Joseph Werth – c’est d’autant plus vrai dans cette crise durant laquelle il n’y a également plus de collectes dans les communautés.

 

Depuis de nombreuses décennies, l’AED soutient également les communautés de religieuses des trois autres évêchés catholiques romains à Moscou, Irkoutsk et Saratov, au travers de bourses de formation et d’aides à la subsistance, lors de la construction et de la rénovation des couvents des religieuses et pour se procurer des moyens de transport.

 

Unissons-nous pour continuer de leur offrir ce soutien dont elles ont tant besoin !

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Projet AED de la semaine – Burkina Faso : soutien à la radio catholique

30.06.2020 in Adaptation Mario Bard, Burkina Faso, Média, PROJETS AED

Burkina Faso

Soutien à la radio catholique

Cela fait déjà plus de 50 ans que l’Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient l’évangélisation par l’intermédiaire des médias de masse, en particulier la radio. En effet, le père Werenfried van Straaten, fondateur de notre Œuvre de bienfaisance, avait compris très tôt que grâce aux médias modernes, l’Église pouvait atteindre les foyers des fidèles des régions où les distances sont très grandes et où il y a trop peu de prêtres, quand les fidèles ne peuvent pas aller à l’Église.

 

C’est surtout en Afrique que la radio est le média idéal pour atteindre les gens. Elle joue un rôle important dans la transmission de la foi et dans le domaine de l’éducation et du développement, en particulier dans les zones éloignées et difficiles d’accès.

Au Burkina Faso, il y a des stations de radio diocésaines depuis 10 ans. Douze diocèses sur quinze ont leur propre station de radio et la Conférence épiscopale a désormais fusionné ces stations. C’est une manière pour elle d’unir ses forces pour affronter problèmes nombreux du pays.

 

Accompagner dans les zones de crises

La radio joue un rôle particulier dans le nord du pays. Là-bas, plus de 750 000 personnes sont en fuite, plus de 1 000 écoles sont fermées à cause des attentats et attaques terroristes, et l’insécurité et le chaos se répandent. Dans les zones en crise, la radio est un outil important qui accompagne les gens et les affermis dans la foi, les informe, les aide par des conseils pratiques à reconstruire leur vie, et fournie aux enfants et aux adolescents un niveau minimum d’éducation. La radio promeut également la réconciliation et la paix.

 

L’impact de la COVID-19

La crise du coronavirus a encore renforcé le rôle important joué par la radio. En effet, elle permet de diffuser des conseils importants en matière de prévention. Enfin, les gens peuvent participer à la célébration de l’Eucharistie et prier ensemble à distance.

 

L’AED contribue au développement de la radio catholique à hauteur de 14,500 dollars.

 

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Entrevue AED – COVID-19 : créativité et confiance en Dieu pour contrer la crise

25.05.2020 in adaptation : Mario Bard, by Tobias Lehner, COVID19, PROJETS AED

Entrevue AED – COVID-19
créativité et confiance en Dieu pour contrer la crise

Propos recueillis par Tobias Lehner, AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 25 mai, 2020

 

L’AED soutient le travail de l’Église face à la pandémie de Coronavirus

Le coronavirus n’est pas seulement un problème médical, social et économique. C’est aussi un problème pastoral. Depuis le déclenchement de la pandémie, l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a reçu de nombreux témoignages de solidarité de la part de ses partenaires de projets à travers le monde, mais elle a également été informée des besoins croissants et de l’engagement héroïque des prêtres et des religieux dans la lutte contre la COVID-19. En réponse, l’œuvre a lancé un programme spécial pour soutenir cet engagement. Tobias Lehner s’est entretenu avec Regina Lynch, directrice des projets de l’AED, à propos de l’aide actuelle et de l’engagement de l’Église dans le cadre de la crise du Coronavirus.

 

Regina Lynch, directrice des projets de l’AED Photo: Ilona Budzbon

Quels sont les besoins les plus urgents que vos partenaires de projet vous indiquent en cette période de pandémie?

Nos partenaires de projet en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe centrale et orientale nous parlent beaucoup de besoins médicaux que des effets des restrictions sur la vie quotidienne de l’Église. Nous devons savoir que dans la plupart des pays où l’Aide à l’Église en Détresse soutient l’Église locale, les gouvernements ont appliqué les mêmes restrictions qu’ici, dans nos pays donateurs. Cela signifie qu’il n’y a pas de messes publiques, pas de rassemblements publics, que les écoles sont fermées et que de plus en plus de personnes ont des difficultés pour gagner leur vie. Et ce dans des pays où, la plupart du temps, les chrétiens sont minoritaires — parfois persécutés — et appartiennent en majorité aux classes les plus pauvres de la société. Dans beaucoup de nos pays partenaires, la quête pendant la messe dominicale est ce qui garantit la survie de la paroisse. D’ailleurs, cette quête en argent est souvent remplacée par des poulets, des légumes, du riz, etc. Elle permet au prêtre de manger, qu’il puisse payer les religieuses qui sont au service de la paroisse. Il peut aussi, par exemple, acheter de l’essence pour sa moto afin de rendre visite aux malades, ou même avoir une petite somme pour aider les plus pauvres de ses paroissiens.

 

Quels sont les projets sur lesquels se concentre l’AED en ce temps de crise?

En tant qu’œuvre de bienfaisance pastorale, l’AED veut aider l’Église locale à mener à bien sa mission première qui consiste à porter l’Amour et la Parole de Dieu au peuple, et veiller à ce qu’elle ne soit pas entravée dans cette mission par un manque de moyens financiers. Cela signifie que nous fournissons des aides de subsistance aux prêtres et aux religieuses, tant actives que contemplatives. Nous avons aussi continué à aider les séminaires, car dans de nombreux cas les séminaristes sont confinés et le recteur n’a aucun moyen de s’occuper d’eux. Par exemple, au grand séminaire de Goma, en République Démocratique du Congo (RDC), le recteur nous a envoyé un SOS, car il ne pouvait plus compter sur la population locale pour l’aider à nourrir les séminaristes.

Nous fournissons non seulement des fonds pour l’achat de masques et d’autres vêtements de protection aux prêtres, religieuses et séminaristes, par exemple au Chili ou en Ukraine, où ils continuent de rendre visite à leurs paroissiens, en particulier aux malades ou aux mourants. Enfin, pour que la messe et le message de l’Évangile puissent parvenir aux fidèles chez eux par le biais de la télévision ou la radio, nous avons financé les équipements techniques nécessaires.

En Syrie, les chrétiens luttaient déjà pour survivre après neuf ans de guerre, nous lançons un programme spécial pour permettre à chaque famille d’acheter de la nourriture et des articles sanitaires de protection contre la pandémie. Au Pakistan, un autre pays où les chrétiens sont victimes de discrimination et parfois de persécution en raison de leur foi, nous travaillons à un programme d’aide après avoir entendu de l’Église que les chrétiens ne recevaient pas d’aide d’urgence de la part du gouvernement.

 

 

L’AED a lancé un programme d’urgence afin que les prêtres et les religieuses puissent faire face aux défis de la pandémie de Covid-19. Qu’avez-vous fait jusqu’à présent et quelles sont les prochaines étapes?

Depuis le mois de mars, grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, nous avons réussi à envoyer plus de 385 000 offrandes de messe (5 250 millions de dollars) à plus de 10 500 prêtres. Plus de la moitié d’entre elles ont été versées à l’Église en Afrique, le continent où l’Église et les vocations sacerdotales continuent de croître, mais où l’Église est confrontée au défi d’une forme de plus en plus agressive d’Islam, à des conflits et des catastrophes naturelles. Jusqu’à présent, nous avons promis plus de 1,2 million de dollars d’aide de subsistance aux religieuses de toutes les parties du monde, et d’autres demandes continuent d’affluer.

Cela a toujours été une préoccupation forte en particulier en ce qui concerne notre aide à l’Europe centrale et orientale et à l’Amérique latine, où les religieuses non seulement enseignent le catéchisme ou préparent les fidèles aux sacrements dans les régions isolées de Sibérie ou des Andes, mais où elles s’occupent aussi des orphelins, des personnes âgées abandonnées ou des jeunes filles obligées de se prostituer. L’un des effets de la crise de la COVID-19 est que nous recevons pour la première fois des demandes d’aide en provenance de diocèses qui, jusqu’à présent, se débrouillaient sans notre aide. Un exemple est le diocèse de Kamianets-Podilskyï en Ukraine, où normalement la paroisse rémunère les religieuses. Compte tenu de l’absence de messe dominicale et de la pauvreté croissante des fidèles, l’évêque ne peut plus donner aux religieuses ce dont elles ont besoin pour survivre.

Qu’en est-il de l’aide en Asie, point de départ de la pandémie de Coronavirus?

L’archevêque de Chittagong au Bangladesh nous a envoyé un appel urgent pour les religieuses qui travaillent dans son archidiocèse. Les écoles, foyers et dispensaires étant fermés, il n’y a plus de revenus pour payer les sœurs. Même avant la crise, les faibles contributions que les fidèles pouvaient leur accorder pour leur subsistance étaient insuffisantes, mais maintenant la situation est devenue dramatique.

À Mymensingh, les religieuses de la Sainte-Croix et l’évêque utilisent tout l’argent disponible pour aider la population qui souffre. Elles ont besoin de vivre et c’est là que l’AED peut aider. En temps normal, les Sœurs de la Sainte-Croix, comme beaucoup de religieuses dans les pays en développement, enseignent l’Évangile et transmettent également aux gens les compétences dont ils ont besoin afin de sortir de la pauvreté.

 

Dès le début, l’AED s’est consacré non seulement aux communautés apostoliques, mais aussi aux contemplatives. Quelle est leur situation?

Nous ne devons pas oublier les religieuses contemplatives qui ont répondu avec enthousiasme à notre campagne de prière au début de la pandémie de Covid-19, mais qui dépendent aussi de la générosité des fidèles et de leurs propres petites initiatives qui génèrent des revenus pour survivre. Par exemple en Bolivie, les Carmélites de Santa Cruz, peinaient déjà à survivre, notamment grâce à la production d’hosties pour la messe, mais étant donné les restrictions actuelles, il n’y a pas de demande d’hosties, et l’archidiocèse de Santa Cruz fait donc appel à l’AED pour aider les religieuses à traverser cette période difficile.

Nous prévoyons continuer ces projets de soutien aux prêtres et aux religieuses au cours des prochains mois, car même si, dans certains pays, les messes publiques commencent à reprendre, la situation économique va s’aggraver et notre aide sera plus que jamais nécessaire. Dans d’autres pays, la pandémie fait toujours rage.

 

Quels projets répondants à la crise de la COVID-19 vous ont particulièrement impressionnés?

Il est très difficile de sélectionner un projet. Au Congo, il y a les prêtres du diocèse de Dolisie, qui partagent les allocations de nos intentions de messe avec leurs paroissiens pauvres. Je suis également impressionnée par le dévouement de tant de religieuses qui continuent de travailler en prenant des risques pour elles-mêmes. Les Hermanas Sociales, à Cuba, en sont un exemple. Tout en respectant les restrictions mises en place, elles trouvent toujours un moyen de poursuivre leur travail pastoral et leur prise en charge des personnes âgées vivant seules, ainsi que leur travail social auprès des sans-abri. Il y a les séminaristes du grand séminaire Saint-Pierre et Saint-Paul au Burkina Faso, dont les familles sont devenues des déplacées à cause des attaques terroristes. Ils viennent de perdre l’un de leurs formateurs à cause du coronavirus, et quatre de leurs camarades sont malades. Nous les avons aidés, eux et leurs familles, et nous soutenons maintenant un programme visant à protéger les autres contre le Covid-19. Nous devons aussi reconnaître la créativité de l’Église.

Au Kosovo, dès le début de la crise, Mgr Dode Gjergji, évêque du pays, s’est rendu compte qu’il devait essayer de garder le lien avec ses fidèles malgré l’interdiction des messes publiques, et il nous a demandé de financer du matériel de diffusion de la messe dominicale depuis la co-cathédrale Mère Teresa à Pristina. C’est bien volontiers que nous lui en avons offert, et tout récemment, il nous a dit que lors d’une messe diffusée en ligne en albanais, plus de 50 000 personnes s’étaient connectées. C’est là que l’on voit qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des médias. En Afrique, où nous soutenons les différentes initiatives de Radio Maria, l’Église encourage les familles catholiques à devenir une « Église domestique » en cette période de la COVID-19, et à prier encore plus intensément ensemble.

L’AED est une Œuvre pastorale de bienfaisance : dans la vie publique, l’accent est mis sur les secteurs humanitaire et médical. Comment concilier la réponse de l’AED avec ces besoins?

Bien qu’une réponse médicale — et dans de nombreux pays aussi humanitaires — soit absolument nécessaire pour répondre à la crise, c’est d’abord et avant tout la responsabilité des autorités civiles locales. Mais nous savons qu’elle fait défaut dans de nombreux pays où l’AED intervient, et que ce sont des ONG et l’Église qui font ce travail à leur place.

Cependant, alors que le ministère de la charité ou de la diaconie est l’un des ministères de l’Église, la mission pastorale, le soin de l’âme, est première et en cette période de crise, le peuple a plus que jamais besoin de l’Église. Les gens ont peur et n’ont aucune certitude quant à l’avenir. L’Église réconforte et apporte une aide spirituelle et matérielle non seulement à son propre peuple, mais aussi au monde. Nous venons d’accorder une aide de subsistance à quatre religieuses dominicaines âgées et malades à Subotica, en Serbie. Leur supérieure nous a écrit : « Les gens de Subotica sont reconnaissants pour la présence des religieuses, parce qu’elles sont le signe de l’amour de Dieu pour le peuple, le signe de la vie éternelle ».

 

Soyons unis et continuons de donner pour soutenir l’Église en Détresse !

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Nouvelle de l’AED – COVID-19 : au Pakistan, les chrétiens sont privés de l’aide pour contrer le virus

25.05.2020 in ACN-International, Adaptation Mario Bard, PROJETS AED

Nouvelle de l’AED – COVID-19
Au Pakistan, les chrétiens sont privés de l’aide pour contrer le virus

Par John Pontifex, AED Royaume uni
Adaptation par Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 25 mai, 2020

 

Un appel est lancé au gouvernement, pour qu’il donne des gants et des masques aux agents de propreté et d’hygiène ainsi qu’aux employés domestiques.

Les chrétiens et d’autres minorités religieuses du Pakistan n’ont pas accès à de l’aide d’urgence de protection provenant d’ONG et de leaders musulmans, et ce, même s’ils sont parmi les plus touchés par la pandémie.

Christians living in '7 lanes' district of Gulshan Iqbal Town, a slum area of Pakistan, came under fire from Muslim extremists (Taliban) displaced to the neighbourhood from the tribal area bordering Pakistan. The Christian community erected walls blocking the seven lanes for security after a spate of killings and other violence.Cecil Shane Chaudhry, directeur exécutif de la Commission Nationale pour la Justice et la Paix (CNJP), une organisation de défense des droits de l’Homme dirigée par des catholiques, a rapporté à la branche britannique de l’œuvre de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) que des des organisations religieuses et des mosquées refusent de donner de l’aide d’urgence aux chrétiens et aux autres minorités religieuses. On leur aurait dit de ne pas se présenter dans ces endroits pour demander de la nourriture ou tout autre soutien d’urgence.

 

S’adressant M. Chaudhry a déclaré que les chrétiens et les autres minorités religieuses avaient particulièrement besoin d’aide, car beaucoup d’entre eux occupent les emplois les moins bien rémunérés dans la société pakistanaise. Ils dépendent de salaires journaliers et se retrouvent dans l’indigence compte tenu de la raréfaction du travail causée par le confinement obligatoire. Il a également souligné à quel point les femmes des communautés minoritaires étaient particulièrement en danger. M. Chadhry interpelle le gouvernement pakistanais et lui demande de fournir des masques, des gants et d’autres équipements de protection contre la COVID-19 aux agents de propreté et d’hygiène ainsi qu’aux employés domestiques, dont beaucoup sont chrétiens.

Christians living in '7 lanes' district of Gulshan Iqbal Town, a slum area of Pakistan, came under fire from Muslim extremists (Taliban) displaced to the neighbourhood from the tribal area bordering Pakistan. The Christian community erected walls blocking the seven lanes for security after a spate of killings and other violenceAlors que le gouvernement pakistanais commence à assouplir le confinement, M. Chaudhry a aussi déclaré qu’il craignait une augmentation du nombre de cas de COVID-19, en particulier parmi les chrétiens et les autres minorités dont les emplois, a-t-il dit, les rendent particulièrement exposés au risque d’infection. M. Chaudhry a rapporté comment les chrétiens d’un village près de Lahore, sur la route de Raiwind, s’étaient vu refuser de l’aide alimentaire et comment, au cours d’un autre incident, une centaine de familles chrétiennes avaient été exclues de la distribution de nourriture dans le  village de Sandha Kalan, au Pendjab. Il a déclaré qu’on lui avait raconté que du personnel d’aide d’urgence avait refusé, sur le terrain, d’accorder de l’aide aux non-musulmans, dans la mesure où les dons avaient été faits au titre de la Zakat (aumône légale), conformément à la charia (loi islamique).

 

« La COVID-19 ne connaît pas de frontières – tout le monde est en danger, quelle que soit sa religion, alors comment peut-il être juste de refuser de la nourriture ou toute autre aide d’urgence aux chrétiens et autres minorités, surtout quand ils font partie des personnes qui souffrent le plus en ce moment ? ». Le chef de la CNJP a cité un imam d’une mosquée de la ville modèle de Lahore qui, a-t-il dit, avait annoncé au cours d’un récent prêche : « Il y aura une distribution de rations alimentaires demain matin pour les personnes dans le besoin, mais seulement pour les musulmans. »

 

Selon les derniers rapports, le Pakistan compte plus de 48 000 cas confirmés de coronavirus et 1 017 décès., Par contre,  de nombreux cas n’ont pas été signalés, souligne M. Chaudhry.

Brick kilns near Faisalabad: Many Christians do this job which earns very little money and results in them becoming in effect bonded labourers at the mercy of brick kiln owners/landlords

Le chef de la CNJP a interpellé le gouvernement et lui demande de consulter les groupes minoritaires sur les initiatives de réponses à la crise de la COVID-19, ainsi qu’à faire un meilleur usage des données du recensement afin de cibler l’aide pour les plus vulnérables. Il a déclaré : « Bien que des plans soient en cours d’élaboration, pour l’instant nous n’avons pas connaissance d’initiatives destinées à inclure les membres des minorités religieuses, afin d’assurer que leurs besoins ne soient pas ignorés. »

 

L’Aide à l’Église en Détresse a mis en place un programme d’aide d’urgence d’un peu plus de 7,5 millions de dollars afin de soutenir le travail des Églises locales dans le monde entier, et ce, pour contrer les effets de la pandémie,

 

Nous devons être présent pour eux ! Aidons nos frères et sœurs dans la foi.

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Succès de l’AED : Inde Dix cyclomoteurs pour soutenir le travail pastoral

07.05.2020 in Adaptation Mario Bard, Inde, Motorisation, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Succès de l’AED : Inde
Dix cyclomoteurs pour soutenir le travail pastoral

Mise en ligne le 7 mai, 2020

Les îles Andaman et Nicobar forment un chapelet de quelque 572 îles de l’océan Indien appartenant à l’union indienne. Seulement 37 d’entre elles sont habitées.

Et même sur les îles habitées, plus d’un tiers de la superficie constitue une forêt tropicale protégée. Elles sont aussi le foyer de nombreuses tribus indigènes aborigènes, y compris certaines qui sont totalement isolées et qui rejettent presque toutes les formes de contact avec le monde extérieur. Depuis les années 80, la population de ces îles ne cesse de croître, en raison des migrations en provenance du continent indien. Aujourd’hui, on y retrouve 380 000 personnes, dont un tiers vit dans la capitale, Port Blair.

Construction et inauguration de l’église St Patrick à Radhanagar, avec Mgr Aleixo das Neves Dias

 

Le diocèse catholique de Port Blair compte environ 34 000 fidèles, presque tous nicobarais. Les 16 paroisses du diocèse sont dispersées sur plusieurs îles, et il existe plus de 500 petites communautés chrétiennes. Pour voyager entre les îles, les prêtres ont besoin de bateaux. Mais, sur les îles, les routes sont difficiles. Presque aucun des prêtres n’a de voiture, et les vieux vélos et cyclomoteurs qui sont couramment utilisés sont très vite endommagés par ces routes en mauvais état.

 

C’est pourquoi, l’année dernière, l’administrateur diocésain a demandé à l’Aide à l’Église en Détresse de l’aider à acheter dix nouveaux cyclomoteurs pour le travail pastoral. Grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, nous avons pu répondre rapidement avec un don de 13 500 dollars, et les cyclomoteurs ont été achetés. Les prêtres peuvent de nouveau atteindre plus facilement les catholiques dans les villages dispersés de ces îles.

 

Les dix prêtres qui ont bénéficié de ces nouveaux cyclomoteurs ont exprimé leur sincère gratitude. Grâce à votre aide, le diocèse peut désormais intensifier son action auprès de la jeunesse, par exemple, et il est plus facile d’aller à la rencontre de tous les fidèles catholiques du territoire.

Nos remerciements les plus chaleureux à tous nos bienfaiteurs!

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Projet de la semaine : Compléter la nouvelle église à Abnee Baitak

23.04.2020 in Adaptation Mario Bard, Construction, Égypte, PROJETS AED

Égypte

Compléter la nouvelle église avec salle paroissiale à Abnee Baitak

Info du département des projets, AED International
Mise en ligne le 23 avril, 2020

Abnee Baitak est une nouvelle banlieue satellite de Madinat as-Sadis min Uktubar, la «ville du 6 octobre», qui est elle-même une ville relativement nouvelle, située tout près du Caire. Abnee Baitak a été fondée par le gouvernement et a été créée avant tout pour fournir un logement aux jeunes familles.

 

Ce qui manque encore à la nouvelle cité, c’est une église catholique, la plus proche étant située à plus de 20 kilomètres.

 

En 2015, le premier ministre a accordé un permis de construction, et comme l’obtention d’un tel permis n’avait pas été facile, les travaux ont immédiatement commencé. À l’époque, l’AED avait déjà offert une aide de 45 000 dollars. Actuellement, la construction de l’église avec une salle attenante pour les diverses activités pastorales et sociales de la paroisse est déjà bien avancée. Pour que les travaux puissent être terminés rapidement, la paroisse nous a adressé une nouvelle demande d’aide. Nous la soutiendrons à nouveau à hauteur de 45 000 dollars.

Merci de nous aider à compléter ce projet !  

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COVID-19 en Afrique : les radios catholiques, porteuses d’espoir !

17.04.2020 in Média, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

COVID-19 en Afrique
les radios catholiques, porteuses d’espoir !

En Afrique, plus de 14500 cas ont été déclarés positifs au Covid-19. Le virus a déjà coûté la vie à près de 800 personnes. Les lieux publics comme les églises et les écoles ont fermé dans de nombreux pays du continent. Beaucoup d’Africains n’ont ni Internet ni la télévision, et la radio reste le meilleur moyen pour l’Église d’accompagner et de rejoindre ses fidèles. Prenant au sérieux son rôle d’«Église en sortie»*.

Par Christophe Lafontaine, AED International
Adapté par Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne 17 avril, 2020

« En ce temps de confinement, la radio est un espace de vie dont beaucoup
ont besoin » a indiqué à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le père Apollinaire Cibaka Cikongo, concernant la situation vécue en République Démocratique du Congo (RDC), pays également touché par la Covid-19. Le père Apollinaire du diocèse de Mbujimayi a fondé la station de radio Ditunga, basée à Ngandajika dans le diocèse de Mbujimayi, situé au centre du pays. Le média a été fondé il y a dix ans grâce à l’aide de l’AED.

« Depuis la fermeture des églises pour les raisons sanitaires que nous connaissons, Radio Ditunga a adapté sa programmation, accordant plus d’espace à la célébration de l’Eucharistie, à la prière et aux méditations animées par les prêtres de Ngandajika », explique le prêtre. Il souligne d’autre part que tous les exercices spirituels et toutes les célébrations liturgiques sont diffusés en direct. Ce fut ainsi le cas pour celles du Triduum pascal.

 

 

La station de radio diffuse dans une aire d’écoute habitée par environ cinq millions d’habitants. Cette année, le temps de silence traditionnel du Samedi saint n’a pas été observé. « Face à la concurrence d’autres communautés de croyants qui utilisent d’autres radios et qui font circuler des messages mensongers, certains d’entre eux attribuant au pape et à l’Église catholique la responsabilité spirituelle de la maladie du coronavirus, nous avons pensé — affirme le père Apollinaire — qu’un temps de silence mènerait nos auditeurs vers les chaînes concurrentes, avec tous les dangers de manipulation que cela comporte ».

 

Nouveau défi : l’école en direct sur les ondes

En outre, avec la fermeture des écoles depuis le 19 mars, les responsables de la radio ont décidé d’organiser l’école sur ses ondes. Ils veulent ainsi maintenir le lien entre professeurs et élèves. « C’est une expérience totalement inédite dans notre milieu », avoue le père Apollinaire. « Nous avons commencé à travailler avec Le Centre Éducatif Catholique La Robertanna. Comme nous avons un total de 153 familles avec des enfants chez nous, nous avons acheté et remis un petit poste de transistor à chacune de ces familles. D’autres familles sont intéressées et pourront participer à l’expérience, parce que la radio est ouverte à tous. Deux heures de cours par jour sont organisées ».

Ainsi, les professeurs viennent à la radio. Il y a ensuite trente minutes de questions et réponses en direct pendant les enseignements du soir. » L’un des enjeux est de
« s’assurer de l’implication des parents, surtout ceux qui sont analphabètes ». L’autre défi est financier, explique le père Apollinaire, « parce que les écoles étant fermées, il est difficile que les parents paient spontanément ».

 

Messagers d’espérance

Le média qu’est la radio s’avère un carrefour crucial pour les chrétiens en cette période de crise sanitaire et pas seulement en RDC. De nombreux partenaires de projet de l’AED utilisent actuellement la radio pour soutenir les efforts de la société pour contrer les effets du virus.

 

En Guinée-Bissau, la station de radio Sol Mansi, pour ne citer qu’elle, a aussi renforcé ses programmes. Non seulement pour sensibiliser la population sur les mesures concernant le Covid-19, mais aussi, et plus que jamais, pour que continue son travail d’évangélisation en assurant la transmission des messes, des catéchèses, et les différents moments de prières, déclare sœur Alessandra Bonfanti, directrice adjointe de la radio lusophone. « En cette période, dit-elle, nous avons le rôle de messagers d’espérance pour la société qui a peur de la pandémie. Il nous faut aider à maintenir la flamme de la foi dans l’espérance que si chacun collabore, le monde pourra revenir à la normale ».

 

L’Aide à l’Église en Détresse soutient plusieurs stations de radio en Afrique. Au cours des cinq dernières années, outre la Guinée-Bissau et la République démocratique du Congo, l’œuvre pontificale de charité a soutenu des radios en Angola, au Burkina Faso, au Cameroun, au Kenya, au Libéria, à Madagascar, au Malawi, au Mozambique, en Ouganda, en République centrafricaine, en Tanzanie, au Togo, et en Zambie. ACN a soutenu le financement de 35 projets dédiés à de nouveaux équipements techniques et de cinq projets pour la production de nouveaux programmes.

 

Ensemble, continuons de donner pour soutenir nos frères et sœurs qui souffrent. En ces temps de crise, nous devons être encore plus solidaires, puisque les besoins sont criants. Pour offrir vos dons ou vos prières, visitez notre site web au www.acn-canada.org/fr/covid-19-fr

 

*Pape François, dans un discours le 17 juin 2016.

 

 

 

 

COVID-19 : Ukraine – Des religieuses en première ligne

17.04.2020 in COVID19, Europe de l'Est, PROJETS AED

COVID-19 – Ukraine
Des religieuses en première ligne

Le coronavirus a aussi atteint l’Europe de l’Est. Pour l’Ukraine, la propagation de la maladie pourrait avoir des conséquences tragiques. Avant même le COVID-19, une crise persistante due à la guerre et aux problèmes de paiement des retraites avait déjà exposé les personnes âgées aux risques de maladies et de pauvreté.

Par Maria Lozano, AED International
Adapté par Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne 17 avril, 2020

C’est pour ce type de situation que l’Œuvre pontificale internationale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) a approuvé une aide d’urgence aux prêtres et aux religieuses, afin qu’ils puissent continuer d’accomplir leur service pastoral et social auprès de ces personnes. En Ukraine, quatre religieuses qui sont en première ligne pour apporter l’amour de Dieu aux personnes souffrantes racontent leur travail à l’heure du coronavirus. 

 

La grâce de Dieu au front

Sœur Daniela Pukhalska (sur la photo en compagnie d’un médecin en vêtements de protection) est infirmière à Odessa, au bord de la mer Noire. Elle appartient à la communauté des petites sœurs du Cœur-Immaculé de Marie. Elle travaille au service des maladies infectieuses et a l’expérience de la souffrance.

« En ce moment, de nombreux patients présentant les signes du Coronavirus viennent nous voir », a-t-elle déclaré à l’AED. « Il y a quelques jours, nous avons été informés que, désormais, nous n’aurions plus que des patients ayant été déclarés positifs. Il y a tellement à faire que je me sens complètement épuisée à la fin de la journée de travail. » Certains médecins ont même paniqué au point d’en démissionner, affirme Sœur Daniela. Quant à elle, elle reste relativement calme : « Comme le dit toujours notre médecin-chef, nous savions dans quel département nous travaillons et à quoi nous attendre ».

Elle-même ne craint pas d’être contaminée. Cette confiance vient du Ciel et des prières que font de nombreuses personnes pour elle et pour les malades, souligne la religieuse. « Je sais que beaucoup de gens prient pour nous, pour les médecins et pour tout le personnel. Nous en sommes très reconnaissantes. Nous continuons de demander des prières, afin que la force ne nous quitte pas ».

 

La grâce de Dieu dans les maisons pour personnes âgées

Les religieuses qui s’occupent des personnes âgées et des personnes ayant besoin de soins sont également gravement affectées par la pandémie. Par exemple Sœur Justiniana, de la maison de retraite « Marie, Mère de la Miséricorde » à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine. C’est là que les Sœurs de Saint-Joseph s’occupent de 25 personnes alitées qui ont besoin de soins médicaux 24 heures sur 24. Et, à cause de l’épidémie de Coronavirus, les mesures de sécurité ont été renforcées. Il est interdit de rendre visite aux patients, explique Sœur Justiniana, et le personnel utilise des masques et des vêtements de protection. Tout est strictement désinfecté. « Nous craignons que les ressources et médicaments nécessaires nous manquent bientôt, car il est difficile de se fournir », rapporte-t-elle avec inquiétude. « Malgré tout, nous essayons de ne pas paniquer, mais d’apaiser et de protéger les patients ».

Elle puise également dans sa foi le courage nécessaire pour se battre au quotidien : « Au début du mois d’avril, nous avons célébré le 15e anniversaire de la mort de Saint Jean-Paul II. Nous nous souvenons de ses paroles : “‘N’ayez pas peur ! Ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! »’ Lorsque nous nous ouvrons au Christ et l’acceptons, nous sommes sous sa protection spéciale. C’est pourquoi nous lui confions notre foyer et le monde entier ».

La missionnaire bénédictine Jana Lypivska (sur la photo, celle qui a le pouce levé) travaille depuis deux ans dans la paroisse Saint Aloisius à Zhmerynka, dans le centre du pays. Jusqu’à tout récemment, sa tâche principale était la catéchèse aux enfants et aux adultes, ainsi que la préparation aux sacrements. Mais Sœur Jana s’est également toujours occupée des personnes âgées et des nécessiteux de la paroisse. C’est aujourd’hui la part la plus importante de son activité. « Ces personnes, explique-t-elle, ont tout spécialement besoin de notre aide et de notre témoignage de vie en cette période difficile de confinement. Beaucoup nous demandent nos prières. Nous ouvrons notre chapelle à celles qui veulent y prier, nous faisons les courses et nous sommes tout simplement là pour les écouter ».

 

La grâce de Dieu protège et apaise les opprimés

Avant la pandémie, la situation économique de l’Ukraine était déjà déplorable, à cause de la guerre qui dure depuis 2014. Là-bas, presque personne n’a des épargnes, et les pertes d’emplois à cause de la pandémie entraînent les gens au bord de la misère. Les religieuses d’Ivano-Frankivsk, dans l’ouest du pays, le vivent également. Sœur Elena Gnadziuk fait partie de la Congrégation des Vierges porteuses de Myrrhe (Myronositsi).

Une douzaine de personnes qui se trouvent dans une situation financière difficile se rendent quotidiennement dans leur monastère. Les religieuses partagent leur nourriture avec elles. Il y en a de plus en plus chaque jour. « Chaque fois qu’on sonne et que j’ouvre la porte de notre couvent, je vois des gens dans le besoin. Parmi eux, il y a des personnes sans-abris et d’autres qui ont perdu leur emploi et se retrouvent donc dans une situation difficile.

Hier, une femme nous a demandé de la nourriture pour ses trois enfants. Après elle, un homme est venu pour en demander pour sa mère… Il y a beaucoup de personnes seules parmi les gens dans le besoin », explique Sœur Elena.

 

Toutes ces communautés de religieuses sont soutenues depuis des années par l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Ainsi, elles peuvent mieux réaliser leur charisme qui est de soigner et servir les plus pauvres. Les projets soutenus par l’AED contribuent à former les membres de la communauté, à aider les religieuses malades ou dans le besoin, et à fournir de l’aide à celles qui rendent service gratuitement aux autres. Cette aide est extrêmement importante et précieuse pour elles, soulignent les religieuses avec insistance.

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Projet de la semaine AED – Brésil : aide à la formation pour les séminaristes d’une communauté nouvelle

15.04.2020 in ACN International, adaptation : Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Brésil

Aide à la formation pour les séminaristes d’une communauté nouvelle

 

La communauté «Eis aí tua mãe – Obra de Maria» (œuvre de Marie) a été fondée en 1990 au Brésil. Ses membres sont environ 3350 et proviennent de tous les horizons. Ils sont prêtres, diacres, consacrés, mariés et célibataires. Ils forment une grande famille!

 

Au total, la Communauté est présente dans sept pays d’Amérique latine, dans 22 pays africains, en Israël et en Palestine, ainsi qu’en Italie et au Portugal. Une de ses missions consiste à organiser des pèlerinages dans les sanctuaires du monde entier, auxquels participent des milliers de personnes. « L’œuvre de Marie » organise par ailleurs des congrès, des retraites et des concerts au service de l’évangélisation, elle est active dans l’apostolat des médias et la pastorale de la jeunesse et des vocations, et supervise des projets sociaux, entre autres pour les toxicomanes.

 

Les fruits de la communauté

L’un des fruits de la communauté au diocèse est l’augmentation du nombre de vocations sacerdotales. Dans l’archidiocèse brésilien d’Olinda e Recife, 50 jeunes hommes de la communauté se préparent actuellement à la prêtrise. Ils sont originaires du Brésil ainsi que de pays africains comme le Togo, le Bénin et le Mozambique.

 

Les responsables de la communauté nous ont demandé de les aider. En effet, pour cette jeune communauté, c’est un défi que de devoir faire face à la formation des séminaristes, car ils doivent payer eux-mêmes leurs moyens de subsistance, leur logement et leurs frais de scolarité. L’année dernière, nous avons pu soutenir la formation de 23 jeunes hommes grâce à un montant de 123 000 dollars. Nous allons encore les aider cette année.

 

Est-ce que vous aimeriez les aider?

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Projet de la semaine AED – Ukraine : achever la construction d’un centre paroissial

31.03.2020 in Construction, PROJETS AED, Ukraine, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Projet de la semaine AED – Ukraine

Aide à l’achèvement d’un centre paroissial à Voyutychi

Encore aujourd’hui, les conséquences de la persécution de l’Église par l’Union soviétique se font sentir en Ukraine. De nombreux bâtiments dont l’Église avait été expropriée par les communistes. Ils n’ont pas encore été rendus ou sont dans un état pitoyable. Ceux qui ont été redonnés ne pourront être réparés que progressivement ou bien ils seront carrément reconstruits quand leur rénovation est impossible.

La paroisse catholique romaine Sainte-Catherine-d’Alexandrie à Voyutychi, dans l’ouest de l’Ukraine (district de Lviv), a été rouverte en 1990 après le changement de régime politique. Cependant, le chemin a été long avant que l’église ne soit restaurée. De plus, le presbytère était en si mauvais état qu’on a dû le démolir. Aujourd’hui, les prêtres vivent dans des pièces étroites et inadaptées, au-dessus de la sacristie de l’église, car ils n’ont pas de logement.

Il n’y a pas non plus d’espaces adaptés pour les nombreuses activités de cette paroisse dynamique qui rassemble 148 familles. Les groupes d’enfants et de jeunes, les enfants de chœur, le club des aînés, la Légion de Marie, la chorale paroissiale et bien d’autres groupes doivent se contenter de locaux inappropriés, ce qui nuit au travail pastoral.

Il a donc été décidé de construire un centre paroissial. Celui-ci permettra de loger les deux prêtres et d’avoir des locaux pour les activités des différents groupes de la paroisse. Les travaux ont déjà commencé. Le père Victor Palczynski nous a demandé de l’aide pour les terminer, et c’est avec plaisir que nous soutenons cette paroisse avec un montant de 15 000 dollars.

(Mise en ligne au Canada : 30-03-2020)

Donner en ligne pour ce projet ou pour tout autre projet semblable. Merci !