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Persécution

 

Inde : Rencontre de l’AED — Un chrétien libéré après 11 ans de prison

02.03.2020 in adaptation : Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED États Unis, Asie, Inde, liberté religieuse, Persécution, Voyagez avec AED

Inde
Un chrétien libéré après 11 ans de prison
Les accusations sont mensongères

Propos recueillis par Anto Akkara, ACN USA
Adaptation au Canada : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 2 mars, 2020

BHASKAR SUNAMAJHI  (43 ans) est l’un des sept chrétiens accusés à tort et condamnés pour le meurtre en août 2008 d’un dirigeant hindou dans le district de Kandhamal, dans l’État indien d’Odisha, qui s’appelait à l’époque Orissa. Le meurtre a déclenché la pire vague de persécution antichrétienne de l’histoire récente de l’Inde. Près de 100 chrétiens ont été tués, tandis que 300 églises et 6000 maisons ont été détruites. En décembre 2019, après 11 ans de prison, Bhaskar, avec six autres accusés chrétiens, a été libéré sous caution.

Bhaskar et son fils Daud

Bhaskar, qui est membre d’une Église pentecôtiste, s’est confié à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

« Je jouais aux cartes avec mes amis dans le village de Kotagarh lorsque la police est arrivée dans ma maison au toit de chaume vers midi, le 13 décembre 2008. Je n’ai pas été surpris. En tant que gram rakhi (protecteur du village), j’étais habitué à ce que la police débarque, même à des heures bizarres, en me demandant de l’accompagner pour les besoins de son enquête ou autres choses.

“Venez maintenant. Vous pourrez rentrer demain”, m’a dit la police. Sans aucune hésitation, je me suis préparé. Cependant, j’ai été surpris quand ils m’ont dit de prendre de l’argent pour mes dépenses. C’était il y a 11 ans. Aujourd’hui, je suis heureux et ravi d’être de retour chez moi.

La prière, seul réconfort

Au début, je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle on me jetait en prison. C’était comme si je me trouvais en pleine obscurité. Peu à peu, j’ai fait la connaissance des six autres chrétiens qui avaient été arrêtés comme moi. Nous avons décidé de prier ensemble en faisant confiance au Seigneur, car nous n’avions rien fait de mal.

Au départ, d’autres prisonniers (hindous) nous ont traités comme des meurtriers et se sont montrés hostiles envers nous. C’était une situation désespérée. Nous étions tellement affligés que la prière était notre seul réconfort. En plus de nos prières communes, je commençais chaque journée par une prière et je terminais par une prière.

Certains soirs, j’étais en larmes et tellement désemparé ! Je continuais donc à prier tard dans la nuit jusqu’à ce que je m’endorme. Mais sans prière, j’aurais été une épave mentale.

La seule chose positive qui me soit arrivée en prison, c’est d’apprendre à écrire correctement. Je n’avais jamais été à l’école — comme la plupart des gens de notre région éloignée. En prison, j’ai utilisé mon temps libre pour apprendre à écrire.

En plus de lire la Bible, j’écrivais dans un carnet des hymnes que nous utilisions pendant les prières. J’écrivais dans une couleur différente chaque strophe de ces hymnes de piété.

Un long chemin tissé d’actes solidaires

Chaque mois, je ressentais un grand soulagement quand ma femme Debaki me rendait visite. Il lui fallait une journée entière de voyage pour atteindre la prison de Phulbani à partir de notre village, éloigné de 160 km, en changeant plusieurs fois de bus. Elle atteignait la porte de la prison le matin et attendait “l’heure des visites”, qui était souvent l’après-midi.

Un homme heureux d’être enfin libre!

Lorsque notre fils unique Daud a eu quatre ans, Debaki a décidé de le laisser chez un pasteur, à Phulbani, où plusieurs autres enfants se réfugiaient. Comme il n’y avait pas d’école près de notre village, nous ne voulions pas que notre fils soit analphabète comme nous. Parfois, elle emmenait Daud avec elle dans la prison. Ces jours-là, j’étais ravi. Daud n’avait que six mois quand j’ai été mis derrière les barreaux.

Pendant les visites, Debaki fondait souvent en larmes, parce qu’elle était seule et déprimée. Au fil des ans, elle a commencé à me dire à quel point de bons samaritains avaient aidé nos familles. À partir de 2014, elle a commencé à paraître plus optimiste. Elle parlait avec enthousiasme des travailleurs sociaux et d’autres personnes qui venaient visiter nos villages et rassembler des témoignages, y compris de voisins hindous.

En 2015, j’ai été ravi que certaines de ces personnes qui se consacraient à m’aider viennent me rendre visite en prison. J’étais très heureux et j’ai commencé à prier avec ferveur pour ceux qui travaillaient pour notre libération.

Quelques mois plus tard, Debaki est arrivée avec la bonne nouvelle qu’elle allait à New Delhi en mars 2016, avec les épouses des six autres détenus, pour le lancement de la campagne en ligne de demande de notre libération.

Ça nous a tous excités et remplis d’espérance. Nous avons intensifié nos prières et attendu le grand jour. Nous savions que la liberté faisait son chemin. Mais nous avons dû attendre trois ans de plus.

Lorsque Gornath Chalenseth est sorti en mai 2019, nous étions ravis. Nous savions que Dieu travaillait pour nous. Enfin, le 5 décembre, j’ai été libéré sous caution — avec l’accord de la Cour suprême indienne.

Je me suis senti très heureux lorsque tous les sept, nous avons été libérés, la Bible à la main, la veille de Noël dans notre village natal de Kotagarh. J’ai été tout aussi ravi de constater que mon fils, âgé de 11 ans, était devenu plus grand que moi. Je suis heureux d’être de retour auprès de ma femme Debaki, de mes proches et des habitants de mon village. Je remercie Dieu pour la liberté.

J’exhorte tout le monde à prier pour nous sept. Nous ne sommes en liberté que sous caution. Nous continuons d’être reconnus coupables d’un meurtre que nous n’avons pas commis. Nous prions pour que la Haute Cour d’Odisha annule le verdict de condamnation afin que nous puissions vivre en paix ».

Mozambique : « Tragédie » en cours dans le nord du pays

20.02.2020 in Mozambique, Persécution, Voyagez avec AED

 

 

Mozambique
« Tragédie » en cours dans le nord du pays
Entretien avec Mgr Luiz Fernando Lisboa, évêque de Pemba

Paulo Aidoet edité par Maria Lozano, ACN International
Adaptation du texte, Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 20 février, 2020

 

Les attaques dans le nord du Mozambique ont déjà fait plus de 500 morts et des milliers de personnes déplacées, selon Mgr Luiz Fernando Lisboa, évêque de Pemba.

La vague de violence qui frappe le nord du pays depuis octobre 2017 ne semble pas être sur le point de s’arrêter. Le prélat a confirmé qu’il y avait eu « six attaques » entre le 29 et le 30 janvier dernier dans la province de Cap Delgado, lesquelles ont forcé la population à fuir et ont causé des dégâts importants dans les villages situés autour des villes de Bilibiza et Mahate, qui font partie du district de Quissanga situé à environ 120 kilomètres de la ville de Pemba. Pour Mgr Lisboa, ces attaques « sont une tragédie ». L’une d’elles « a visé l’école d’agriculture de Bilibiza, une école de formation des professeurs qui compte plus de 500 élèves ».

« J’ai entendu dire que l’école avait été incendiée, puis que des magasins situés à proximité, avaient été détruits », a raconté le prélat. « Il est très triste que les forces de défense et de sécurité ne puissent pas contenir les attaques sans une aide internationale. Cela fait déjà deux ans et trois mois… Si la situation du gouvernement du Mozambique était meilleure, peut-être que le problème aurait déjà été résolu, mais beaucoup de gens meurent… » déclare l’évêque.

Dans cet entretien accordé à l’organisme international de charité, Aide à l’Église en Détresse, lors de sa visite au Portugal, Mgr Luiz Fernando Lisboa a reconnu que s’il n’existe pas de statistiques officielles du nombre de personnes ayant perdu la vie, le nombre de morts a certainement déjà atteint un demi-millier depuis le début des violentes attaques, à la fin de 2017, contre des villages, des postes administratifs et militaires. Pour terroriser la population, ces attaquants laissent derrière eux des gens décapités, ce qui terrorise la population.

« Il va y avoir une famine ».

Cette situation a un impact direct sur la vie quotidienne des gens. « Les villages se vident, les gens ne sèment plus, ce qui signifie qu’il va y avoir une famine, et nous avons des milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays », explique-t-il.. Selon l’ONU, environ 60 000 personnes ont été déplacées à la suite d’attaques contre des villages du nord du Mozambique. Mais le prélat mozambicain estime qu’il faudrait également compter parmi les victimes, les personnes déplacéesà cause du cyclone Kenneth. « Je pense que le total pourrait s’approcher des 100 000 personnes déplacées ». Menace régionale du fondamentalisme islamique

La région de Cap Delgado, dans le nord du Mozambique, a subi de nombreuses attaques de groupes armés. Mgr Fernando Luiz Lisboa rappelle qu’au début, en octobre 2017, les responsables de la communauté musulmane locale avaient clairement pris leurs distances et manifesté leur rejet des attaques. « Lorsque les attaques ont commencé, il a été dit qu’il s’agissait d’un groupe islamique radical, et les musulmans eux-mêmes ont pris leur distances en disant : “Ils ne sont pas des nôtres, ce sont des bandits”. Mais nous sommes inquiets et tristes, parce qu’il semble que tout ça soit, effectivement, l’œuvre d’un groupe islamique radical ».

L’intensification des attaques pourrait constituer une menace pour la sécurité de la région, certains signes indiquent que les autorités de la Tanzanie voisine sont également en état d’alerte. En fait, la Tanzanie est considérée par les experts en terrorisme comme un lieu de refuge et de recrutement pour les militants extrémistes, lesquels se déplacent facilement à travers les frontières entre les deux pays.

Selon l’évêque de Pemba, « ce serait très inquiétant », car « s’il existe un réseau international ou transnational, cela signifie qu’ils sont plus forts et qu’il sera beaucoup plus difficile d’y mettre fin ».

« Je n’ai pas peur »

La taille réelle des groupes terroristes opérant dans le nord du Mozambique est inconnue. La communauté chrétienne se sent me

nacée, l’évêque lui-même sait qu’il peut être la cible d’une de ces attaques : « Je suis conscient que cela peut arriver, mais honnêtement, je n’ai pas peur. J’essaie de remplir mon rôle qui est de soutenir les missionnaires qui sont là-bas, en ligne de mire, dans les districts où il y a des attaques. Ils sont très courageux. Je loue le Seigneur, je les remercie pour le courage qu’ils ont parce qu’ils sont souvent cette oasis dont les gens ont besoin, quelqu’un pour aller pleurer, se plaindre, raconter ses problèmes, chercher un peu d’aide…. aucun d’entre eux n’a quitté son poste, ils sont là et je ne peux pas et je n’ai pas le droit d’avoir peur. C’est justement parce qu’il faut les aider à continuer à remplir leur mission que j’essaie d’accomplir la mienne de la meilleure façon possible ».

 

Soutien de l’AED

Lors de l’entretien avec l’AED, peu avant de repartir au Mozambique, Mgr Fernando Lisboa a également exprimé sa gratitude pour les projets que l’œuvre soutient dans son diocèse. « L’AED a beaucoup aidé. Nous avons plusieurs projets, tels que des véhicules pour les missionnaires, la formation des séminaristes et ces soutiens sont importants, car sans l’aide des organisations internationales, il serait très difficile pour des diocèses pauvres comme le nôtre, comme la plupart des diocèses africains, asiatiques et latino-américains, de développer leur travail ».

 

Égypte — cinq ans déjà Hommage aux 21 martyrs Copte-orthodoxes

14.02.2020 in Adaptation Mario Bard, Égypte, Persécution

 

Égypte — cinq ans déjà
Hommage aux 21 martyrs Copte-orthodoxes

Collaboration spéciale : Engy Magdy
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web vendredi le 14 février, 2020

 

Icone des 21 martyres

Le sanctuaire consacré aux 21 chrétiens décapités par le groupe État islamique (ÉI) sur une plage de Libye en février 2015 va inaugurer ce 15 février une exposition pour souligner le cinquième anniversaire de leur mort. Vingt d’entre eux étaient des chrétiens égyptiens Coptes-orthodoxes, et la 21e victime était un chrétien du Ghana. Ils ont tous été déclarés martyrs de la foi et de la patrie par l’Église copte orthodoxe.

 

L’exposition raconte l’histoire de ces martyrs depuis leur enlèvement jusqu’au retour de leurs corps dans le village d’Al-Aour, dans la province égyptienne de Minya, où se trouve le sanctuaire. Les visiteurs pourront voir les combinaisons orange qu’ils portaient lorsqu’ils ont été décapités, les instruments avec lesquels ils ont été capturés, le sable sur lequel leur sang a été versé et les cercueils qui ont été spécialement conçus pour eux.

 

Dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), la mère de deux frères qui faisaient partie des 21 martyrs — Samuel, âgé de 22 ans, et Beshoy, 24 ans —, a déclaré : « Je suis une mère de martyrs, et je suis fière d’eux. Au ciel, ils intercèdent pour moi et pour leur père. » Elle a ajouté qu’elle priait pour les disciples de l’État islamique et demandait à Dieu « de leur donner la lumière et d’ouvrir leurs yeux sur la vérité et le bien ».

 

La mère de deux frères qui faisaient partie des 21 martyrs — Samuel, âgé de 22 ans, et Beshoy, 24 ans

 

« Nos martyrs priaient avant de mourir »

Avant la publication de la vidéo de l’ÉI montrant « le meurtre de mes frères et de leurs compagnons, notre famille et toute l’église de notre village d’Al-Aour avaient passé 45 jours à prier pour eux, depuis que nous avions appris leur enlèvement », a déclaré Basheer, frère de Samuel et Beshoy.

 

Il a ajouté que, comme l’indique la vidéo : « Dieu a parlé à travers eux lorsqu’ils ont invoqué Ô Jésus ». Nos martyrs priaient avant de mourir, et il est évident qu’ils invoquaient Jésus. C’est un réconfort pour nous, et cela nous rend fiers d’eux. Les vingt et une victimes ont eu la chance d’être martyres pour le Christ, et notre communauté se sent honorée d’avoir la garde de leurs corps », a déclaré Basheer.

 

« Mes parents se sont sentis soulagés quand ils ont su avec certitude que leurs enfants étaient restés fermes dans leur foi en Jésus-Christ. Cela nous a soulagés et réconfortés. Mes frères nous ont donné du courage face à la persécution. Nous n’avons plus peur et ne sommes plus inquiets », a-t-il ajouté.

 

Miracles attribués aux martyrs

 

« L’Église copte a une longue histoire de martyre et a traversé de nombreuses périodes de persécution tout au long de son histoire », a déclaré le Père Abu Fanus Unan qui travaille au sanctuaire qui se trouve dans l’église récemment construite en l’honneur des Martyrs de la Foi et de la Patrie. Le prêtre a déclaré à l’AED : « Nous sommes fiers du sang de ces martyrs qui ont refusé d’abjurer leur foi chrétienne ». L’Église copte rend hommage à de nombreux martyrs qui sont morts au cours des siècles passés, mais le prêtre a souligné l’impact puissant du témoignage des « martyrs contemporains qui ont refusé d’abjurer le nom de Jésus-Christ. Leur exemple affermit notre foi ».

 

Le sanctuaire prépare également la publication d’un livre recensant les miracles attribués à l’intercession de ces martyrs. « Il y a beaucoup de miracles qui leur sont attribués dans le village. Ainsi, une femme atteinte d’un cancer a guéri après avoir prié au sanctuaire », a déclaré le Père Abu Fanus, ajoutant que de nombreuses personnes ont été baptisées et sont devenues chrétiennes grâce à l’exemple des 21 martyrs. « L’Église copte survit grâce au sang de ses enfants », a dit le prêtre.

 

La dépouille du Ghanéen Matthew Ayariga se trouve toujours en Libye, mais l’ambassadeur de Libye en Égypte a promis que son corps serait transféré en Égypte une fois que la situation politique dans son pays serait stabilisée.

 

Croix des coptes, Luxor, Égypte

Communiqué de presse – #MercrediRouge – 20 novembre

18.11.2019 in AED, Aide à l'Église en détresse., Communications, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Martyrs, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Persécution, Voyagez avec AED

Communiqué de presse – pour diffusion immédiate

#MercrediRouge, 20 novembre 2019
Pierres et prières
Soyez solidaires des chrétiens persécutés !

Les façades d’au moins cinq monuments seront illuminées en rouge cette année au Canada, dont la basilique-cathédrale Marie-Reine du monde à Montréal et la cathédrale St. Michael à Toronto.

Montréal, 18 novembre 2019 – Ce mercredi 20 novembre, Aide à l’Église en Détresse Canada invite tous les Canadiens à participer aux activités du Mercredi Rouge (#MercrediRouge). Pour l’occasion, en soirée au moins cinq monuments de pierres seront illuminés en rouge : la façade de la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde à Montréal, la cathédrale St. Michael à Toronto, la cathédrale St. Mary à Calgary, le porche d’entrée du Grand séminaire de Montréal et l’Ambassade de Hongrie à Ottawa, située dans l’édifice historique du Château Birkett.

Dans le diocèse de Calgary, on annonce déjà plus de 80 activités.
« Je crois que de plus en plus de Canadiens sont conscients des problèmes liés au manque de liberté religieuse dans le monde, et en particulier, de la situation de plus de 327 millions de chrétiens qui vivent dans un pays où sévit la
persécution », indique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED Canada.

Grand mouvement international

Les activités au Canada ouvrent une semaine complète d’évènements qui auront lieu partout dans le monde jusqu’au 27 novembre. Dans au moins 15 pays, des temps de prières et de rencont

res d’informations seront organisés et des édifices seront illuminés en rouge – dont plus de 2000 aux Philippines et 120 au Royaume-Uni –, afin de sensibiliser aux questions liées à la liberté religieuse et à la persécution des chrétiens.

Au Canada, plusieurs manières d’être solidaire :

  • Participer à l’une des activités déjà annoncées – liste à l’adresse : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/ Information : 514-932-0552 ou sans frais : 1-800-585-6333.
  • S’informer et informer, grâce au rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19
    https://acn-canada.org/fr/persecutes-et-oublies/
  • Habillez-vous de rouge
  • Priez pour les chrétiens persécutés dans le monde et toutes les personnes qui souffrent à cause du manque de liberté religieuse.

Parmi la centaine d’activités qui auront lieu partout au Canada, nous en soulignons trois qui auront lieu le mercredi 20 novembre :

  • 19 h 30 : Messe à la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde, présidée par Mgr Christian Lépine. Animation du chant assurée par la chorale de la cathédrale syriaque-catholique Saint-Éphrem.
  • 19 h 30 : Vigile œcuménique à la cathédrale St. Michael de Toronto, présidée par le Cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto.
  • 18 h 30 : Dans la ville touristique de Banff en Alberta, célébration de la messe à l’église St. Mary.

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.


 

Soudan du Sud : accomplir une mission extraordinaire en dépit de tout.

29.10.2019 in ACN International, Actualités, AFRIQUE, by Tobias Lehner, Persécution, Soudan du Sud, Soudan du Sud, Voyagez avec AED

Soudan du Sud

Mission extraordinaire au milieu de la persécution, de la pauvreté et de la guerre


L’Église catholique célèbre actuellement le Mois missionnaire extraordinaire, et ce jusqu’à jeudi. L’œuvre missionnaire de l’Église est souvent menée dans des conditions difficiles, telles que la persécution, la pauvreté et la guerre.

C’est également le cas au Soudan du Sud. La guerre civile qui a éclaté en 2013, deux ans seulement après la création du pays, a laissé sur les routes des centaines de millions de personnes et fait des centaines de milliers de morts. Et, malgré le cessez-le-feu signé en juin 2018, le pays demeure dans un grand état de désolation. C’est du moins ce que déclare le Père Boniface Isenge, du diocèse de Rumbek — centre du pays —, lors de sa visite au siège de l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en Détresse.

Comme l’explique père Boniface, environ 38 pour cent des plus de 13 millions de Sud-Soudanais sont chrétiens. Son diocèse compte quelque 180 000 catholiques. En ce moment, il est bon de noter que plusieurs personnes considèrent que l’Église catholique est la seule institution du pays qui fonctionne.

Ce membre de la congrégation du Saint-Esprit a tout d’abord passé huit ans dans le pays voisin, l’Éthiopie, alors qu’il était jeune prêtre, avant de décider de s’installer au Soudan du Sud en 2013 : « Après l’indépendance du pays, mon ordre a lancé un appel aux prêtres et missionnaires volontaires pour œuvrer ici. Je souhaitais faire quelque chose de nouveau et j’étais prêt pour cette nouvelle mission », se souvient Père Boniface. À ses yeux, il est de son devoir de ramener la paix dans cette région déchirée par la guerre.

 

Soif d’éducation

Peu de temps après son arrivée, l’ecclésiastique s’est rendu compte que ses fidèles avaient soif d’éducation. « Les écoles sont parfois très éloignées les unes des autres au Soudan du Sud », déplore-t-il. « Elles sont en sureffectif et les enseignants font généralement la classe à une soixantaine d’élèves, avec parfois jusqu’à une centaine de personnes dans la même salle. » Selon les autorités, environ les trois quarts des habitants du Soudan du Sud de plus de 15 ans sont analphabètes. Le curé n’a pas tardé à s’en rendre compte : « L’instruction est essentielle pour faire disparaître les tensions récurrentes au sein de la population. L’instruction est la clé de la paix ! »

Outre son travail pastoral, Père Boniface s’attache à convaincre les parents de l’importance de l’instruction pour leurs enfants, non seulement parce que celle-ci leur permet d’avoir de meilleures opportunités que la génération précédente, et ce, malgré les conditions difficiles et les problèmes qui règnent dans le pays, mais aussi parce qu’elle consolide l’indépendance. « Il faut savoir que 17 pour cent des mariages dans ce pays sont conclus avec des filles mineures. C’est malheureusement encore une pratique courante », explique-t-il.

Le Soudan du Sud a beau être le troisième pays le plus pauvre au monde, les prix y sont relativement élevés. « Pour beaucoup, même les denrées les plus élémentaires sont inabordables et ces personnes ont besoin d’aide et d’assistance pour survivre. » De nombreuses maladies telles que la malaria viennent peser encore davantage sur le pays.

L’espoir, en dépit de l’adversité

Malgré tous ces problèmes, père Boniface est confiant : « Je remercie du fond du cœur tous ceux et toutes celles qui nous soutiennent et qui sont réunis avec nous dans la prière. J’ai espoir qu’à l’avenir, les habitants pourront bien vivre au Soudan du Sud. »

 

Rien que depuis 2015, l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en Détresse a soutenu l’Église du Soudan du Sud grâce à un montant de plus de 5,1 millions de dollars, notamment pour la reconstruction d’églises et d’établissements pastoraux, la formation des prêtres et des intentions de messe.

Communiqué AED: Mercredi Rouge 2019 – Une seconde édition au Canada

24.10.2019 in ACN Canada, ACN International, Mercredi Rouge, Miséricorde, MONDE, Par Mario Bard, Persécution, Rapport d'activités, Violences, Voyagez avec AED

Mercredi Rouge 2019

Une seconde édition au Canada Serez-vous solidaire ?

 

Montréal, 23 octobre 2019 – Alors que les résultats du dernier rapport international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) sur la persécution des chrétiens 2017-19 sortent ces jours-ci dans le monde entier, le bureau national de l’AED au Canada annonce que la 2e édition du Mercredi Rouge, activité destinée à sensibiliser éduquer à propos de la persécution dont sont victimes les chrétiens dans le monde ainsi qu’à l’importance de la liberté religieuse, se tiendra le mercredi 20 novembre prochain. Le Mercredi Rouge est également un temps de solidarité avec les chrétiens persécutés.

 Comme l’an dernier, une messe sera célébrée à 19 h 30 à la basilique-cathédrale Marie-Reine du monde à Montréal, alors qu’une vigile œcuménique de prière aura lieu à la cathédrale St. Michael de Toronto, aussi prévue à 19 h 30. Les deux événements seront présidés par les archevêques de ces deux diocèses, respectivement Mgr Christian Lépine et M. Le Cardinal Thomas Collins.

Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED au Canada, se réjouit de l’attention que porte à l’événement cette année, le recteur du Grand Séminaire de Montréal, M. Guy Guindon, sulpicien. « L’édifice historique du grand séminaire de Montréal sera illuminé de rouge et les séminaristes tiendront une vigile le jeudi 21 novembre à la chapelle historique », indique-t-elle avant d’ajouter : « Nous attendons aussi des nouvelles du diocèse de Calgary. L’année dernière, plus de 50 activités y avaient été organisées. » La tradition du Mercredi Rouge a débuté en Grande-Bretagne il y a quelques années et a été reprise par plusieurs bureaux nationaux de l’AED dans le monde, dont ceux de France, d’Italie et des Philippines.

Les personnes intéressées à souligner cette journée peuvent dès maintenant consulter la micropage créée par le bureau canadien à l’adresse www.acn-canada.org/fr/mercredi-rouge. Que ce soit en préparant un temps de prière dans une paroisse, une messe, ou bien encore en illuminant de rouge l’un ou l’autre des édifices emblématiques de leur coin de pays — église, centre diocésain, cathédrale, basilique, etc. — elles sont invitées à nous joindre afin que nous puissions faire connaître l’ampleur de ce geste de solidarité à tous les Canadiens. Au 1-800-585-6333 ou encore à l’adresse courriel info@acn-canada.org.

Irak : 90 % de moins qu’en 2003

Par ailleurs, l’AED annonce la sortie de son tout nouveau rapport consacré exclusivement à la persécution des chrétiens dans le monde. Parmi les grands points abordés dans ce rapport, dont la situation au Nigeria et celle en Asie du Sud et en Asie du Sud-est.

La carte que l’on retrouve dans le nouveau rapport Persécutés et oubliés 2017-19, disponible en format PDF sur le site web canadien de l’AED dès la semaine prochaine (Photo © AED).

Par ailleurs, celle des communautés chrétiennes du Moyen-Orient est tout simplement alarmante. « Elles sont plus que jamais en danger de disparaître », explique Marie-Claude Lalonde. Par exemple en Irak en 2003, on comptait 1,5 million de chrétiens. « En un peu plus d’une génération, leur nombre a tragiquement diminué de 90 % pour atteindre 150 000 ! Malheureusement, nous croyons que la communauté internationale n’a pas su donner de suite concrète aux inquiétudes très vives exprimées en 2016 lorsque certains gouvernements ont reconnu le génocide des chrétiens par le groupe État islamique (Daech/ÉI). Selon ce que disent nos partenaires sur le terrain, si ces terroristes devaient revenir en force et réattaquer la plaine de Ninive, lieu historique des chrétiens d’Irak, ce serait pratiquement la mort du christianisme en Irak, pourtant vieux de plus de 1 900 ans ! », s’attriste Mme Lalonde.

 

Les conclusions complètes du rapport seront disponibles en format PDF sur le site web du bureau canadien, dans la semaine du 28 octobre.

Pour plus d’information sur le Mercredi Rouge ainsi que sur l’Aide à l’Église en Détresse, visiter le site web : www.acn-canada.org/fr/mercredi-rouge.

 

Communiqué – l’AED soutient un rapport gouvernemental sur la persécution des chrétiens

16.07.2019 in ACN International, Actualités, adaptation : Mario Bard, Communiqué, MONDE, Persécution, Persecution of Christians

Persécution des chrétiens
Aide à l’Église en Détresse soutient la publication d’un rapport gouvernemental en Grande-Bretagne

Montréal/Londres/Königstein, lundi 15 juillet 2019Un rapport indépendant sur la persécution des chrétiens dans le monde commandé par le ministre britannique des Affaires étrangères est publié aujourd’hui. C’est la première étude du genre à être menée par un gouvernement national. Elle a été commandée par Jeremy Hunt, Secrétaire d’État des Affaires étrangères du Royaume uni, et a été supervisée par le Révérend Philip Mounstephen, évêque anglican de Truro. Le bureau britannique de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu sa publication.

Dans l’introduction du rapport, Mgr Mounstephen souligne que la persécution religieuse des chrétiens n’est pas un événement isolé, mais un « phénomène mondial ». Selon lui, l’accent mis dans le rapport sur le christianisme « n’est pas une plaidoirie particulière en faveur des chrétiens, mais compense plutôt un déficit important », étant donné que les chrétiens forment le groupe qui, dans le monde, subit le plus d’attaques basées sur des raisons religieuses. L’évêque anglican regrette que les pays occidentaux « ferment les yeux sur cette réalité » et souhaite que le rapport soit un appel à « cesser d’être de simples spectateurs et à devenir des acteurs ». Il souligne en même temps le fait que la persécution des chrétiens est une question de droits universels de la personne et doit être considérée comme telle.

Les 176 pages du document analysent les tendances mondiales, détaillent la situation dans des pays tels que l’Irak, le Nigeria, la Chine, le Sri Lanka, le Pakistan ou la Syrie, et finissent par une liste de 22 recommandations adressées au Ministère des Affaires étrangères. Le document appelle le gouvernement à agir davantage pour répondre à la violence contre les chrétiens, qui a parfois atteint « des niveaux proches du génocide ». Il appelle le gouvernement britannique à s’assurer que « la liberté de religion ou de croyance reste au cœur des priorités de la politique étrangère du Royaume-Uni » et l’encourage à « être le leader mondial dans la défense de la liberté religieuse ».

Sri Lanka : enterrement de victimes des attentats antichrétiens de Pâques 2019

 

Le rapport a été préparé par une commission de fonctionnaires du Ministère des Affaires étrangères, des membres d’ONG ayant de l’expérience dans le domaine de la liberté religieuse, et d’autres membres indépendants. L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED ou ACN au niveau international) y a participé. Depuis plus de 70 ans, l’AED soutient les chrétiens persécutés dans le monde et a été étroitement impliquée dans la préparation de la première partie du document, grâce à un travail d’enquête essentiel sur l’ampleur des persécutions en Afrique, au Proche-Orient et en Asie du Sud.

L’ADN de l’AED : dire et redire l’importance de la liberté religieuse

« Nous sommes heureux comme organisme international de pouvoir donner une voix aux sans voix » indique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED au Canada. « Dès le départ, notre fondateur le père Werenfried a averti les pays occidentaux dans les années 50 de la terrible tragédie que vivaient les chrétiens sous des Régimes autoritaires, dont le communisme. Et, encore aujourd’hui, notre travail avec nos partenaires dans 139 pays nous permet de constater l’ampleur de la discrimination et de la persécution exercée contre les chrétiens. J’espère que cette action du gouvernement britannique inspirera d’autres gouvernements dans le monde à oser se pencher sur la question – plus vaste – des libertés religieuses. »

Neville Kyrke-Smith, directeur du bureau britannique de l’AED, a souligné quant à lui l’importance de ce type de rapport : « Nous sommes heureux d’avoir été impliqués dans ce rapport. Le fait que ces problèmes soient enfin reconnus au niveau politique est un encouragement pour notre travail ». Il souligne en même temps l’importance de protéger les minorités chrétiennes dans les pays où elles sont victimes de persécutions et d’oppressions : « Il est essentiel de soutenir cette présence chrétienne, car les chrétiens sont souvent des bâtisseurs de ponts et des instruments de paix dans de nombreux pays ».

 

Image créée pour les réseaux sociaux en Grande-Bretagne qui dit: ne fermez pas les yeux sur la persécution religieuse.


 

La situation des chrétiens dans le monde – 2019

06.05.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, MONDE, Persécution, Voyager avec l'AED, Voyagez avec AED

MONDE

 

2019 s’annonce sanglante pour les chrétiens

 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) s’inquiète de l’augmentation des attaques perpétrées dans le monde entier contre des chrétiens. « Les attentats à l’explosif commis avec une extrême brutalité contre des églises et des hôtels au Sri Lanka le matin du dimanche de Pâques montrent que dès à présent, 2019 s’avère être l’une des années les plus sanglantes pour les chrétiens », a déclaré Thomas Heine-Geldern, président de l’AED-International.

Rien que durant les quatre premiers mois de cette année, l’œuvre de bienfaisance qui s’engage en faveur des chrétiens persécutés et en détresse dans plus de 140 pays a parlé publiquement des exactions suivantes :

    • – Attaques des islamistes de la Séléka contre une mission dans l’évêché de Bangassou en République centrafricaine au tournant de l’année, avec des douzaines de morts et environ 20 000 personnes déplacées qui ont fui les violences ;

 

    • – Attentat islamiste contre la cathédrale de Jolo, au sud des Philippines, qui a fait vingt morts et environ 90 blessés fin janvier ;

 

    • – Attentats commis à la mi-mars contre des villageois chrétiens par des membres de la tribu majoritairement musulmane des Foulani, dans l’État fédéral nigérian de Kaduna, et qui ont coûté la vie à plus de 130 personnes ;

 

  • – Exactions de nationalistes extrémistes hindous commises fins mars contre un établissement scolaire catholique dans l’État fédéral indien du Tamil Nadu, lors desquelles s’est déroulée une véritable chasse aux religieuses qui y travaillent.

 

Jesus

La persécution chrétienne ne connaît plus de limite

Heine-Geldern

 

« Les attentats au Sri Lanka constituent l’apogée sanglant d’une évolution qui dure depuis quelques années déjà : la persécution des chrétiens ne connaît aucune limite », estime M. Heine-Geldern. « Elle ne s’arrête jamais, même durant les plus grandes fêtes de la chrétienté. Elle se montre sans pitié envers les innocents, qui sont souvent considérés comme boucs émissaires des évolutions mondiales ». Après les attentats au Sri Lanka, le groupe État islamique (ÉI) a revendiqué ces violences. Les services de sécurité supposent que les attentats à la bombe ont pu avoir été organisés et commis en tant qu’actes de vengeance du massacre de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. À la mi-mars, un homme âgé de 28 ans y a tué 49 personnes, dans deux mosquées.

Aide à l’Église en Détresse insiste sur le fait que la menace islamiste persiste au Moyen-Orient, ainsi qu’en Afrique, avec la violence exercée par Boko Haram au nord du Nigéria. « C’est une fausse idée de croire que le groupe ÉI est vaincu sur le plan militaire et n’existe donc plus. En effet, l’idéologie est bien vivante, les adeptes sont toujours en vie, les voies de communication semblent fonctionner. Nos partenaires de projet au Moyen-Orient restent toujours extrêmement préoccupés », poursuit Thomas Heine-Geldern.

 

La religion, utilisée pour créer le chaos. Plus récemment, la situation dans des pays du continent américain comme le Mexique, le Nicaragua et le Venezuela a également suscité des inquiétudes à l’AED. À la suite des turbulences politiques, des évêques et des prêtres sont sans cesse victimes d’exactions. « Il s’agit ici d’un mélange d’idéologies politiques et de reproches selon lesquellesl’Église interviendrait de manière injustifiée parce qu’elle appelle à la résistance contre des gouvernements autoritaires ou contre la corruption. L’Église devient la cible d’agressions et de violences », explique Monsieur Heine-Geldern.

La religion : une arme utilisée à tort

Dans de nombreuses régions du monde, la religion est utilisée comme une arme politique afin de déséquilibrer des pays et de les entraîner dans le chaos. Actuellement, c’est exactement ce qui se passe au Sri Lanka. Là, l’Église s’efforce de manière intensive d’empêcher que la douleur causée par les actes de violence n’engendre un cercle vicieux. « L’équilibre de la société repose en grande partie sur la coexistence pacifique des différentes religions. C’est l’objectif en faveur duquel s’engagent nos partenaires de projet », assure le président de l’AED.

Malheureusement, il est rare que le grand public obtienne des informations sur les exactions antichrétiennes. Le cas d’Asia Bibi, cette mère de famille chrétienne pakistanaise initialement condamnée à la peine de mort pour blasphème et acquittée en dernier recours, est un bon exemple. Grâce à ce cas, Le monde a pu entendre parler de la situation dangereuse et parfois mortelle dans laquelle vit la minorité chrétienne du Pakistan. Conjointement avec d’autres organisations, l’AED s’était engagé en faveur de sa libération. Cependant, le destin d’Asia Bibi reste incertain.

Les extrémismes religieux et politiques : causes principales de la persécution

L’islamisme fondamentaliste, les nationalismes exacerbés et les idéologies autoritaires restent les moteurs principaux de la persécution des chrétiens et d’autres minorités religieuses. Tel est le constat du Rapport sur la liberté religieuse dans le monde (Religious Freedom Report), que l’AED a présenté en novembre 2018 et qui met en lumière la situation dans 196 pays.

« C’est avec une très grande préoccupation que nous observons que ces trois évolutions ne décroissent malheureusement pas – bien au contraire. Ce peut être observé actuellement dans des États africains tels que le Burkina Faso, le Niger et le Bénin. Les hostilités contre les missions, les prêtres et les religieuses y prennent des proportions dramatiques. La population a de plus en plus peur », constate Thomas Heine-Geldern.

Il est impératif de donner un nom à cette évolution amère. « Il appartient aux gouvernements du monde et à l’ONU d’être des artisans de la paix, de garantir la liberté religieuse et d’assurer la défense des minorités contre les exactions antireligieuses », a dit Thomas Heine-Geldern. Du côté des pouvoirs religieux, il s’agit de soutenir les chrétiens persécutés, à travers la prière et des aides actives, ainsi que de leur donner une voix et un visage, demande Thomas Heine-Geldern.

« C’est l’objectif en faveur duquel l’AED s’engage depuis plus de 70 ans. Et compte tenu de la violence croissante contre les chrétiens, cela mérite tout type de soutien et tous les efforts possibles. »

Le Rapport sur la liberté religieuse 2018 est disponible à l’adresse suivante : www.religious-freedom-report.org.
Pour les gens pressés, une version abrégée existe en format PDF sur le site web de l’AED-Canada : Rapport 2018

Récit de l’AED – Burkina Faso: Des religieuses fuient leur couvent

11.04.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Par Emmanuelle Ollivry, Persécution

Burkina Faso

Des religieuses fuient leur couvent

Après leur départ précipité de Kompienbiga, au sud-est du Burkina Faso, les religieuses membres de la congrégation des Campagnes trouvèrent refuge chez leurs frères de la branche masculine, à Pama, et ce dès janvier 2019, juste avant l’assassinat du père César Fernandez. Sœur Thérèse, la mère supérieure, et le père Soubeiga, curé de Pama, racontent à L’Aide à l’Église en Détresse la flambée de violence qui embrase le pays, pourtant réputé plus calme que ses tumultueux voisins malien et nigérien.

« Soit tu nous donnes les médicaments, soit on t’explose la tête », raconte le père F. Soubeiga, curé de Pama et Frère missionnaire des Campagnes. Il décrit l’agression de janvier 2019 contre sœur Victorine, infirmière au Centre de Santé et de Promotion sociale de Kompienbiga et membre de sa congrégation. Elle « … était de service au dispensaire, seule. Vers 16 h, huit à dix individus cagoulés et armés lui ont demandé de quoi soigner leurs combattants blessés, mais la religieuse n’avait pas accès à la pharmacie. Ils lui ont alors tenu des propos insupportables et ont tout cassé pour se servir eux-mêmes. »

Cet événement est devenu un élément déclencheur pour les religieuses de Kompienbiga :  en effet, l’accumulation de faits violents les a décidées à fuir chez les frères, à seulement 15 km, pour ne plus rester isolées.

« La tension monte et la peur saisit les gens »

« La nuit du 14 septembre 2018, deux attaques terroristes sont perpétrées dans les villages de Diabiga et Kompienbiga (respectivement à 60 et 15 km de Pama) dans la région de l’est », indique le gouvernorat de la région. Selon le père Soubeiga, « à Pama, les exactions ont commencé dès mars 2017 et les explosions de mines, visant les gendarmes, se sont multipliées. Puis, au moins 3 ou 4 depuis août 2018. »

Sœur Thérèse, mère supérieure des Sœurs des Campagnes de Kompienbiga, précise : « La tension monte surtout depuis août 2018 à Kompienbiga. Des assaillants entrent régulièrement dans les villages, rassemblent la population et leur crient des instructions. La peur saisit les gens. »

Ensuite, un peu plus au nord, le père César Fernandez est assassiné en février 2019 et le 17 mars 2019 le père Joël Yougbaré « vraisemblablement enlevé par des individus
armés »
rapporte l’Église locale. Les religieuses cherchent donc la protection des frères à Pama. Pourtant, le calme y est bien relatif…

Les religieuses se sont dispersées

« C’est la première fois que nous devons tout quitter dans l’urgence, lâche sœur Thérèse qui résidait à Kompienbiga depuis 2001. Sur les sept religieuses de la communauté, quatre sont réfugiées à Pama et trois ont quitté le pays pour le Togo où elles finissent leur formation. On ne sait pas quand elles pourront revenir. C’est dur. » Leur prieuré est implanté à Kompienbiga depuis 25 ans. Grâce à une école maternelle qu’elles ont elles-mêmes mise sur pied, les religieuses s’occupaient d’une quarantaine d’enfants de 3 à 6 ans, souvent livrés à eux-mêmes. Et elles venaient tout juste d’ouvrir un centre de couture pour apprendre le métier à cinq jeunes.

« Notre désir est de repartir au plus vite pour continuer ce que nous avons commencé, martèle sœur Thérèse. S’il vous plaît, priez pour nous. »

« Les catholiques sont les plus exposés »

Pour l’instant, même à Pama « où c’est plus calme », le couvre-feu est de rigueur. « Nous vivons dans un climat délétère, confirme le père Soubeiga. En tant que catholiques, nous sommes les plus exposés, car nous représentons une institution centralisée, facilement identifiable. Frapper un curé, c’est pénaliser tout un territoire. Les conséquences ne seraient pas les mêmes pour les protestants ou les musulmans, aux communautés plus morcelées, encadrées par de nombreux pasteurs et imams locaux. »

Interdits de veillée pascale 

La gendarmerie impose donc des règles strictes de sécurité. « Certaines zones me sont interdites, se désole le curé de Pama. Au mois de janvier, en 15 jours, j’ai dû faire évacuer les catéchistes de Diabiga, de Kompenbiga et d’un autre village à 78 km de Pama. Quant à l’avenir proche, il est très probable que nous ne puissions pas célébrer la veillée pascale ! »

À la question de savoir qui est responsable des exactions de ces derniers mois, le prêtre est formel : « Impossible de comprendre. Aucun groupe ne revendique les attaques. On parle de mercenaires, mais certains terroristes sont clairement Burkinabés, car ils parlent parfaitement les langues locales. »

Récit recueilli par Emmanuelle Ollivry pour ACN-International
Révision franco-canadienne : Mario Bard, AED-Canada 
Mise en ligne au Canada : jeudi 11 avril 2019

Zanzibar (Tanzanie) – Récit – Souvenirs amers du temps de la terreur

08.03.2019 in ACN Canada, ACN Feature, ACN International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Persécution, Tanzanie, Violences, Voyagez avec AED

Le Père Damas Mfoi est prêtre catholique dans l’archipel semi-autonome de Zanzibar, sur la côte de Tanzanie. Zanzibar est à prédominance musulmane et comprend une petite communauté chrétienne. Depuis 2010, le Père Mfoi est curé de paroisse sur l’île principale d’Unguja.

Père Damas Mfoi : « Il n’y a pas moyen de se remettre de ce qui s’est passé, et comme les assaillants sont peut-être encore actifs, nous ne sommes pas complètement en sécurité. Mais à travers tous ces problèmes, nous continuons notre travail de dialogue interreligieux.»

En 2012, la communauté insulaire qui vivait paisiblement a été témoin d’une série d’attaques violentes contre des chefs religieux. Un religieux musulman a été brûlé à l’acide pendant l’automne ; un prêtre catholique a été blessé par balle le jour de Noël, et un autre a été tué par balle au mois de février suivant. Des tracts ont aussi été distribués pour inciter à la violence. Certains portaient la marque du groupe islamiste radical Uamsho. Cependant, la responsabilité des attentats n’a pas encore été revendiquée ou officiellement attribuée. Le Père Mfoi raconte à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le temps de la terreur.

 

Propos recueillis par Anne Kidmose

 

C’était le soir de Noël 2012. J’avais prévu d’aller souper avec d’autres dirigeants de l’Église quand nous avons appris que le père Ambrose venait d’être blessé par balle. Nous étions en état de choc, et nous ne pouvions plus partager notre repas. Nous étions effrayés. Nous nous sommes précipités à l’hôpital, mais avec discrétion, car il avait été annoncé par le biais de tracts que les dirigeants de l’Église seraient tués et que les églises seraient détruites.

 

Quand nous sommes arrivés, le père Ambrose perdait encore beaucoup de sang et il ne pouvait pas parler. Le lendemain, il a été transporté par avion à Dar es-Salaam pour y être soigné. Après cet évènement, c’est notre foi qui nous a donné la force de rester. Les gens sur le continent nous incitaient à rentrer chez nous, mais en tant que chrétiens engagés dans l’Évangile, nous savions dès le début que notre mission était une mission de souffrance et que nos vies pouvaient être menacées. Il n’y a pas eu de départ.

 

D’autres tracts ont alors été distribués, disant que les musulmans ne devraient pas autoriser la vente d’alcool ou la présence d’églises. Les tracts étaient anonymes, mais aujourd’hui, nous savons qui en étaient les auteurs. Bien que certains pensaient qu’il ne s’agissait que de faibles menaces, nous ne savions pas ce qui allait se passer. Moins de trois mois plus tard, une nouvelle tragédie nous a frappés et le Père Evaristus Mushi en a été la victime.

 

C’était un dimanche matin à 7 h 15. Je disais la messe dans une petite église. Un voisin non catholique est entré en courant ; il a crié : « Père Damas, j’ai quelque chose à vous dire ! » Il m’a alors informé que le père Mushi était mort, victime d’une fusillade. Un homme lui avait tiré dessus ce matin-là, alors qu’il se garait devant son église. Je me suis rendu dans les autres églises pour célébrer la messe ; maintenant que le Père Mushi était mort, je devais accomplir seule la mission du Christ.

 

La nouvelle de la mort du Père Mushi s’est répandue dans toute la communauté, mais ce n’était pas la fin. Après l’avoir enterré et lui avoir rendu un dernier hommage, un groupe de femmes est venu à mes portes en pleurant. Je leur ai dit : » Ne pleurez plus maintenant. Le Père Mushi est aux cieux”. L’une d’elles a répondu : » Père, elle ne pleure pas sur le Père Mushi. Elle pleure à cause de vous”. Les assaillants m’avaient en effet pris pour cible parce que j’avais construit trop d’églises.

 

Le lendemain matin, je me suis enfui sur le continent, et un mois plus tard, je suis revenu. Je pensais en moi même : « Nous ne pouvons pas abandonner notre mission. Jésus ne voudrait pas nous voir échouer. Il y a encore des chrétiens ici, pourquoi leurs chefs devraient-ils s’en aller ?”

 

Tombe du père Evaristus Miushi tué devant son église le 17 février 2013.

À mon retour, j’ai constaté que la police avait établi sur mon terrain un poste de surveillance et, au cours des deux années suivantes, les policiers ont patrouillé dans la zone en raison de la tension qui persistait. Le gouvernement a bien pris soin de nous, mais nous savions surtout que Dieu nous protégeait. Quand on m’a offert un garde du corps, j’ai refusé. Je crois que l’œuvre de Jésus n’a pas besoin de mitrailleuse ; il a promis à son peuple qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps.

 

Six ou sept mois se sont écoulés, et pendant un certain temps, nous avons pensé que le pire était passé, même si la sécurité était encore très stricte. Mais en septembre, un prêtre a été arrosé d’acide alors qu’il quittait son café habituel. Il a survécu à l’attaque, mais a subi de graves blessures.

 

Il n’y a pas moyen de se remettre de ce qui s’est passé, et comme les assaillants sont peut-être encore actifs, nous ne sommes pas complètement en sécurité. Mais à travers tous ces problèmes, nous continuons notre travail de dialogue interreligieux. Nous parlons aux membres de la communauté et nous leur disons que nous croyons que Dieu nous a tous créés et qu’il nous a donné la liberté de croire de la manière dont on nous l’a appris. On enseigne aux musulmans qui est Mahomet, aux chrétiens qui est Jésus-Christ. Nous devrions tous faire de notre mieux pour respecter cela et éviter de mélanger la politique et la religion. »

En 2017, l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu des projets de l’Église en Tanzanie à hauteur de plus de 2,5 millions de dollars.

Mise en ligne:  8 mars 2019