fbpx

persécution

 

Nouvelles de l’AED : Chrétiens du nord-est de la Syrie

04.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Par Marta Petrosillo, persécution, Syrie

Chrétiens du nord-est de la Syrie


«Nous avons besoin d’aide.»

Propos recueillis le 28 octobre dernier par Marta Petrosillo, AED-Italie
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Mise en ligne le 1er novembre, 2019

«Au moins trois cents chrétiens ont quitté les villes de Ras al-Ain, Derbasiyah, Tall Tamr et une partie d’Al-Malikiyah, et nous craignons que si les combats continuent, un exode encore plus grand de fidèles affecte Qamishli, où 2 3000 familles chrétiennes vivent actuellement». C’est l’histoire désespérée que Mgr Nidal Thomas, représentant épiscopal de l’Église chaldéenne à Hassaké, raconte à l’Aide à l’Église en Détresse.

Le prêtre décrit une situation critique. « Nous ne savons pas ce qui se passe. Chaque heure, nous entendons parler de victimes et de disparus dans les déclarations des Kurdes, des Turcs, des Américains et des Russes. Mais nous ne connaissons pas la vérité. La seule certitude est que les bombardements, et en particulier les massacres commis par les Turcs contre notre communauté, poussent de plus en plus de chrétiens à fuir ».

À l’heure actuelle, peu de familles de fidèles ont trouvé refuge au Kurdistan irakien, mais Mgr Thomas estime que les chrétiens en fuite pourraient difficilement choisir la région semi-autonome du nord de l’Irak comme destination. « La vie y est trop chère pour les chrétiens syriens qui sont pauvres. Sans compter que le peuple irakien n’a rien fait pour éviter le scénario dramatique qui s’est malheureusement concrétisé en Syrie. Dans notre pays, il y avait des milliers de familles chrétiennes. Personne n’a essayé de nous défendre ».

Les chrétiens en danger : «Nous avons besoin d’aide.»

Aujourd’hui, les chrétiens du nord-est de la Syrie, malgré la confirmation de l’assassinat d’Abou Bakr al Baghdadi, craignent encore et toujours un retour du djihadisme. « Malheureusement, c’est une éventualité que nous devons prendre en compte », affirme Mgr Thomas selon qui beaucoup d’hommes du groupe État islamique (ÉI/Daech) auraient maintenant rejoint l’Armée syrienne libre qui est entrée dans la région de Ras al-Ain.

Par l’intermédiaire de l’Aide à l’Église en Détresse, il s’adresse à la communauté internationale et demande un soutien au nom de sa communauté. « Nous avons besoin d’aide. Nous sommes, les chrétiens, la population ayant le plus souffert de ce conflit interminable. Nous sommes le maillon faible, parce que nous voulons vivre en paix et que nous rejetons la guerre. Les deux tiers des chrétiens ont quitté le pays et le tiers restant risque de ne pas survivre. Et pendant ce temps, les pays occidentaux s’affrontent pour se répartir la Syrie, qui a été mise à genoux y compris à cause des sanctions internationales ».

L’AED-Canada continue de soutenir les chrétiens en Irak et en Syrie. Dans ce dernier pays, la campagne pour les enfants de Homs, Une goutte de lait, est toujours effective. Vous pouvez donner en visitant la page web acn-canada.org et cliquer sur le bouton Dons en haut à droite. Pour plus d’information, il est aussi possible d’appeler au 1-800-585-6333.

Entrevue de l’AED – Nigeria : Les préjugés entraînent des aberrations

29.07.2019 in Nigeria, PAIX, persécution

Nigeria
Les préjugés entraînent des aberrations,
ou bien, quand l’agresseur risque d’être présenté comme victime !

Au Nigeria, les rapports officiels des forces de sécurité sont biaisés et remplis de préjugés, ce qui exacerbe les tensions, car les victimes finissent par être accusées à la place des agresseurs. L’appartenance tribale ou religieuse joue un rôle important. Par exemple, il est fréquent que les bergers peuls disparaissent après leurs attaques meurtrières et que les villageois pauvres essaient de réagir pour se protéger ou se défendre. Finalement, ce sont souvent ces derniers qui finissent en détention, emprisonnés et torturés par les forces de sécurité. Ce fut le cas en mai dernier pour des jeunes de la tribu Kona.

Par Grace Attu
Révision française au Canada : Mario Bard
Mise en ligne  : Lundi le 29 juillet, 2019

Mgr Ignatius Ayau Kaigama, nouvel archevêque coadjuteur d’Abuja et administrateur apostolique de Jos au Nigeria, l’a fait savoir dans un message dont l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse a obtenu copie. Il y explique le conflit qui a commencé le 6 mai dernier lorsqu’un affrontement a eu lieu entre un berger Peul et un fermier de l’ethnie Jukun Kona à Yawai Abbare, près de Jalingo, capitale de l’État de Taraba. Le conflit a duré plus d’un mois et a dégénéré au point qu’à la fin, 18 villages ont été attaqués et incendiés, 65 personnes ont été tuées et 9 000 déplacées. Au passage, 15 églises, deux écoles primaires et un centre de santé ont été détruits.

« Je ne parviens pas à comprendre qu’au Nigeria, lorsqu’il y a un malentendu, les gens aient tendance à manifester leur colère et leur frustration contre les lieux de culte et d’identité religieuse, et cherchent à donner une connotation religieuse à ce qui est un conflit social. C’est quelque chose de condamnable. Il est également surprenant que ceux qui prétendent être des “croyants” détruisent des lieux de culte et prennent même des vies sans le moindre scrupule », déplore le prélat.

« Comme d’habitude, on continuera à faire des suppositions à propos de ce qui a vraiment déclenché la crise. Les Peuls et les Konas racontent chacun l’histoire d’une manière favorable à leur groupe ethnique. Cela explique pourquoi, trop souvent, lorsqu’une autorité de police considère une histoire comme véridique, sans tenir compte des faits objectifs des récits qui sont diffusés et sans comparer en profondeur les versions des parties concernées, le rapport qui est remis aux autorités supérieures ou au public est déformé. Et, dans de tels cas, l’agresseur pourrait facilement devenir la victime, tandis que la victime devient l’agresseur », explique Mgr Kaigama. Il estime que la réaction des forces de sécurité aurait dû être rapide et dépourvue de ce qui polarise tristement les Nigérians à tous les niveaux : les préjugés religieux et ethniques.

Des fonctionnaires manquent de neutralité

Il rappelle également que la violence s’est poursuivie pendant une longue période, et la tentative d’attaque du village de Kofai le 16 juin a eu pour effet de répandre chez les jeunes konas le sentiment d’être abandonnés. C’est pourquoi ils ont bloqué les routes et, du fait de leur colère et de leur frustration, ont essayé de s’opposer aux soldats. Ils ont affirmé qu’on leur avait tiré dessus et qu’on les avait arrêtés pour avoir cherché à défendre leur communauté contre les bergers. Des centaines de femmes konas ont manifesté pacifiquement pour protester contre les assassinats, les brimades et la détention de jeunes konas par des agents de sécurité, tandis que les vrais agresseurs (des hommes armés) avaient disparu après avoir commis des attaques meurtrières.

Mgr Kaigama explique que lorsqu’il a appris l’impuissance de la population, il a été forcé d’entrer en contact avec le personnel de sécurité et les hauts fonctionnaires du gouvernement pour qu’ils interviennent; il a été déçu par la réponse négative qu’il a reçue de certains d’entre eux.

« De toutes les personnes que j’ai appelées au téléphone, ce qui m’a le plus surpris, c’est la réponse, la réaction et l’attitude grossières du directeur adjoint de la police de l’État de Taraba, qui était responsable des opérations. Au cours de mes dix-neuf années en tant qu’archevêque catholique de Jos, j’ai entretenu de bonnes relations avec tous les commissaires de police, commandants de l’armée, directeurs des services de sécurité de l’État, commandants de la défense civile et commandants de l’opération Safe Havens stationnés dans l’État du Plateau, au point qu’il n’y a pas si longtemps, après une collaboration réussie pour éviter ce qui aurait pu déclencher une grande crise et un bain de sang à Jos, je les ai invités chez moi, où nous avons échangé des idées grâce à leur remarquable coopération avec l’Église. Chaque fois qu’il y avait un nouvel officier supérieur de la sécurité à Jos, il me rendait visite dans mon bureau, ou alors nous nous rencontrions dans des forums de dialogue au Centre de Dialogue, Réconciliation et Paix (DREP) que j’ai fondé à Jos en 2011 ».

« Dans certains cas, il devient évident que les agents de sécurité ont des préjugés en ce qui concerne les événements d’un conflit », dit-il.

En revanche, l’archevêque loue la réponse du vice-président du pays, le professeur Yemi Osinbajo, qui l’a écouté et a promis d’agir. « Je crois que ma demande d’intervention adressée au vice-président a conduit le Président Buhari à déclarer le 20 juin que les terres et villages des Konas devaient être protégés. Par l’intermédiaire de son adjointe chargée de la communication, Garba Shehu, le président a condamné les attaques contre le peuple Kona et a averti que les attaques contre des innocents, que ce soit pour se venger ou pour toute autre raison, ne seraient pas tolérées par le gouvernement. Par la grâce de Dieu, des mesures de paix ont également été prises », dit-il.

Chercher la paix par la vérité et la réconciliation

Nigeria-5

« Aujourd’hui, les attaques de la guérilla se produisent lorsque des fermiers qui tentent de cultiver leurs terres sont tués », poursuit-il. « Trois personnes ont été tuées le matin de ma visite du 10 juillet ».

Selon l’archevêque, la grande question est la suivante : après le retour de la paix, que se passera-t-il ? Des personnes ont été déplacées, il n’y a pas de maisons où revenir, aucune activité agricole n’est possible, etc. Sans compter la crainte que les attaques recommencent.

L’archevêque rappelle que cette crise entre les Peuls et les Konas semble être une réplique des événements qui ont eu lieu dans les années 1890 entre l’ethnie Jukun Kona et les peuls de Jalingo. En raison de l’actualité, dit-il, l’hostilité s’est intensifiée, aggravant les relations entre ces deux ethnies.

Des mesures sont donc d’une urgente nécessité pour refermer la brèche et guérir des blessures historiques. Il faut rechercher la véritable justice et la réconciliation, et un comité de vérité et de réconciliation doit être mis en place pour aller à la racine de cette question, suggère-t-il.

Récit de l’AED – Irak

10.07.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, by Xavier Bisits & Maria Lozano, Irak, persécution

Récit de l’AED – Irak

Mossoul, libéré depuis deux ans…
mais les chrétiens ont toujours peur d’y revenir

Il y a exactement deux ans, le 10 juillet 2017, le gouvernement irakien déclarait officiellement la défaite du groupe État islamique (ÉI). La libération de Mossoul a eu lieu trois ans après que la ville ait été soumise à une stricte charia, impliquant des conversions forcées, des exécutions de masse et la réapparition de l’esclavagisme.

 

 par Xavier Bisits & Maria Lozano, ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié le 10  juillet 2019

 

Lorsque la ville a été libérée, « personne ne croyait que les chrétiens retourneraient à Mossoul », a expliqué en entrevue à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le prêtre syro-catholique Amanuel Adel Kloo.

 

Le Père Kloo a décidé de revenir. Actuellement, il est le seul prêtre de Mossoul. Il sent que sa mission est de « servir sous la croix » et de « maintenir et sauver l’héritage historique du peuple chrétien », notamment des églises datant de plus de 1 200 ans. Dans le cadre de cette mission, il est en train de reconstruire l’église de l’Annonciation, qui sera la première église à être reconstruite à Mossoul.

 

Le nombre de chrétiens qui sont retournés à Mossoul est d’environ 30 ou 40 personnes. Mais il existe une communauté beaucoup plus importante de voyageurs « itinérants ». D’une part, il y a environ 1 000 étudiants chrétiens qui se rendent chaque jour à l’université de Mossoul à partir des villes voisines. À cela, s’ajoutent plusieurs centaines de travailleurs, dont beaucoup travaillent pour le gouvernement à la réparation du réseau d’approvisionnement en eau et du réseau électrique de Mossoul, qui sont encore très endommagés. Le Père Kloo espère que certains de ces chrétiens finiront par retourner à Mossoul.

 

 

En 2003, la communauté chrétienne de Mossoul comptait environ 35 000 fidèles. Au cours des onze années qui ont suivi le début de la guerre contre Saddam Hussein, leur nombre a chuté tragiquement, les meurtres et enlèvements de chrétiens étant quasiment quotidiens. Beaucoup d’églises chaldéennes ont fermé avant même l’invasion du groupe ÉI. Par exemple, un grand nombre de personnes ont quitté Mossoul après les meurtres du père Ragheed en 2007 et celui de Mgr Faraj Raho, évêque chaldéen, en 2008. En 2014, il restait 15 000 fidèles de différentes Églises dans la ville : Église chaldéenne, syro-orthodoxes, syro-catholiques et quelques familles arméniennes. Avec l’arrivée des djihadistes, les cloches qui sonnaient à Mossoul depuis près de deux mille ans ont cessé de sonner. Des milliers de chrétiens ont immédiatement fui la ville. Ceux qui ne s’étaient pas échappés ont été forcés de se convertir ou ont été exécutés.

Renaissance du christianisme dans son berceau d’Irak

Aujourd’hui, bien qu’il n’y ait pratiquement plus de chrétiens dans la ville l’instant, Mossoul reste le siège « nominal » de deux évêchés importants en Irak. Les deux diocèses ont été consolidés ces derniers mois par la nomination de nouveaux évêques : en janvier, Mgr Najeeb Michaeel Moussa, à la tête de l’archevêché catholique chaldéen de Mossoul, et en juin, Mgr Nizar Semaan, archevêque coadjuteur de Mgr Petros Mouché, de l’archéparchie syro-catholique de Mossoul.

 

… « l’église et les autres bâtiments seront ouverts, les gens se sentiront en sécurité… et beaucoup de gens reviendront »

Le Père Kloo espère construire ensuite un complexe comportant des logements pour les étudiants ainsi que pour les personnes dans le besoin. Selon lui, la chose la plus urgente est de construire une école, car étant donné que la quasi-totalité du million d’habitants de Mossoul est de confession musulmane, aucune école chrétienne n’est disponible dans la ville. C’est un point décisif pour le retour des familles.

 

 

 

Ce prêtre syro-catholique espère que l’église de l’Annonciation sera prête dans trois mois. Et il espère encore plus que cela déclenchera une renaissance du Christianisme dans cette ville historique. « Les gens ont encore peur. Cependant, lorsque l’église et les autres bâtiments seront ouverts, les gens se sentiront en sécurité… et beaucoup de gens reviendront ».

 

À la suite de l’invasion de Mossoul et des plaines de Ninive au cours de l’été 2014, l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a fourni de la nourriture, des abris, des médicaments et une éducation aux chrétiens déplacés et aux autres personnes arrivant à Erbil (capitale du Kurdistan irakien) et ailleurs. Quand les communautés ont commencé à rentrer chez elles après l’expulsion de l’ÉI, l’organisme de bienfaisance a entrepris de reconstruire des maisons, des couvents, des églises et d’autres structures.

Les bienfaiteurs de l’AED ont versé près de 64 millions de dollars d’aide en Irak, de 2014 à Mai 2019.

Entrevue-AED : 1ère journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions

07.06.2019 in Adaptation Mario Bard, persécution

Persécution religieuse

« Notre silence est notre honte »

Le 28 mai 2019, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution établissant le 22 août comme la Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions. Le projet de célébration a été présenté par la Pologne avec l’appui des États-Unis, du Canada, du Brésil, de l’Égypte, de l’Iraq, de la Jordanie, du Nigéria et du Pakistan.


Par Maria Lozano, AED International
Adapté par Mario Bard, AED Canada
Publié le 7 juin, 2019

L’Œuvre internationale de charité pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), qui est depuis plus de 70 ans au service des chrétiens souffrants et persécutés, salue cette résolution comme une première étape vers une plus grande attention portée à la tragédie encore insuffisamment reconnue de la persécution religieuse – en particulier celle de la violence contre les chrétiens, à ce jour  groupe confessionnel qui subit le plus de persécutions en raison de ses croyances religieuses. Maria Lozano s’est entretenue avec Mark Riedemann, directeur du département des affaires publiques et de la liberté religieuse à l’Aide à l’Église en Détresse.

Savez-vous comment est née cette idée ?

L’initiative a été lancée et réalisée par Madame Ewelina Ochab, avocate, auteure et coauteure d’un certain nombre de livres et d’articles traitant de la liberté religieuse. En septembre 2017, après le succès de la Conférence internationale organisée par l’AED à Rome pour présenter la reconstruction des villages chrétiens des plaines de Ninive après le départ du Groupe État islamique (ÉI), Madame Ochab a proposé d’attirer l’attention du monde entier sur les violations de la liberté religieuse, et plus spécifiquement la persécution antichrétienne. Nous avons soutenu son appel à  la communauté internationale afin qu’elle agisse.

Tout au long de l’année 2018, elle s’est exprimée lors de 17 conférences, en proposant l’idée à un réseau de soutien, dont entre autres des représentants qui lui étaient favorables aux États-Unis, au Royaume-Uni et au sein de l’UE. À la mi-2018, le Ministère des Affaires étrangères du gouvernement polonais a confirmé son soutien et les États-Unis ont inclus la proposition dans leur déclaration et plan d’action de Potomac. Comme l’a dit Madame Ochab : « La Pologne a présenté puis procédé aux démarches nécessaires à l’Assemblée générale des Nations unies, en obtenant son soutien et en travaillant sur ce projet pour assurer le consensus. Cependant, le processus a été long, impliquant beaucoup de gens. L’AED a été leur inspiration ».

Est-ce une étape utile ? Comment cela peut-il promouvoir la liberté religieuse et prévenir la violence à motivation religieuse ?

Il s’agit d’une étape qui est non seulement utile, mais aussi cruciale. À ce jour, la réponse de la communauté internationale à la violence à motivation religieuse, et à la persécution religieuse en général, peut être qualifiée de « trop peu trop tard ». Cette résolution constitue un message et un mandat clairs – dont il est fait mémoire tous les 22 août – que les actes de violence, à motivation religieuse, ne peuvent pas et ne seront pas tolérés par les Nations Unies, les États membres, ni la société civile. (Isn’t it weird the way it is formulate ?)

Par conséquent, la protection des personnes qui souffrent de la violence à motivation religieuse est également une reconnaissance de la liberté religieuse : une acceptation de la réalité sociologique de la religion dans la société, le rôle positif de la religion dans les sociétés pour en garantir la pluralité et promouvoir le développement économique et, comme l’a dit le Pape Benoît XVI, le droit fondamental de l’individu de rechercher la vérité, de chercher le transcendant, de chercher Dieu.

Est-ce un signe que la violence religieuse est prise plus au sérieux au niveau international et par l’ONU ?

Malheureusement, les recherches provenant de rapports internationaux sur la liberté religieuse tels que ceux publiés par la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), le Pew Research Center et l’Aide à l’Église en Détresse, confirment une augmentation sans précédent de la violence contre les fidèles de pratiquement toutes les croyances, et ce, sur tous les continents – les chrétiens étant ceux qui souffrent des plus grandes persécutions.

Par ailleurs, rien qu’au cours des cinq dernières années, nous avons assisté à deux cas de génocide ; l’un perpétré par le groupe État islamique contre des chrétiens et des groupes religieux minoritaires en Irak et en Syrie ; l’autre contre les musulmans rohingya au Myanmar, perpétré par l’armée du de ce pays, sans parler des atrocités systématiques qui sont de plus en plus commises en Afrique (principalement) contre des chrétiens. Notre silence est notre honte.

Quelles autres mesures doivent être prises au niveau des Nations unies ?

Des groupes religieux sont éradiqués de leurs lieux d’origine. Avant l’invasion de l’Irak en 2003, les chrétiens iraquiens étaient 1,3 million. Aujourd’hui, ils sont – au mieux – 300 000. L’important est que cette étape, cette journée internationale, ne soit pas traitée comme une fin en soi, mais qu’elle soit comprise comme le début d’un processus, qui mène à  un plan d’action coordonné à l’échelle internationale (ONU et États membres), pour s’efforcer de prévenir la persécution religieuse.

Quelles sont les prochaines étapes ?

L’institution du 22 août en tant que journée de reconnaissance des personnes ayant souffert de la violence à motivation religieuse, centrée sur la question de la persécution religieuse, est une étape importante, mais ce n’est qu’une première étape. Il appartient aux États et aux sociétés civiles de veiller à ce que cette action symbolique se transforme en une action significative. L’objectif ultime est d’empêcher, à l’avenir, les actes de persécution religieuse. Cela ne se produira pas du jour au lendemain, car les infrastructures requises manquent actuellement. Un enjeu important est la mise en place d’une plate-forme onusienne dédiée à cette question. Des représentants de groupes persécutés ou des ONG organisations non gouvernementales qui travaillent avec eux pourraient, par exemple, se tourner vers elle pour fournir des informations directes sur leur situation et les défis auxquels ils font face. Ces études de cas serviraient de base pour reconnaître les tendances en matière de persécution, les auteurs de telles atrocités, comment ils opèrent, comment ils sont financés et, ce faisant, cela aiderait à élaborer un plan d’action adapté pour prévenir de tels actes – ou empêcher l’escalade conduisant à des atrocités de masse comme des génocides.

Une autre mesure à prendre est de remédier à l’impunité actuelle pour les actes de persécution religieuse. À ce jour, les victimes non reconnues, par exemple, du génocide commis par le groupe État islamique, doivent bénéficier de la possibilité d’avoir pleinement recours à la justice. L’ONU doit œuvrer à la création d’un tribunal international traitant de la question de l’impunité pour les actes de violence à motivation religieuse commis par des groupes tels que Boko Haram, Al-Shabaab ou l’ÉI.

Que fait l’AED pour aider les chrétiens persécutés, et pourquoi ?

L’AED cherche à attirer l’attention et à apporter son soutien pour aider les chrétiens qui souffrent et sont persécutés pour leurs croyances religieuses, afin qu’ils gardent leur foi et leur espérance vivantes. Grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, nous construisons des ponts de foi, d’espérance et de charité. Si le soutien financier est nécessaire, la prise de conscience de la souffrance de ces communautés chrétiennes l’est tout autant – de sorte que leurs cris soient entendus, et que leur souffrance soit reconnue.

AED-Nouvelles : l’appel du patriarche chaldéen Sako pour que les droits des minorités soient garantis en Irak

27.05.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, persécution

 Irak

Une « discrimination constante et l’incertitude » poussent les chrétiens à quitter l’Irak

 

Le chef de l’Église chaldéenne interpelle le gouvernement irakien à mettre en place et à faire respecter les lois « qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques ».

Montréal, le 24 mai 2019 – « L’absence de mesures sérieuses » pour protéger les droits des religions minoritaires dans le pays, estime le cardinal Louis Raphaël Sako dans une déclaration dont Aide à l’Église en Détresse (AED) a obtenu copie, « poussera le reste des chrétiens et les minorités à choisir l’émigration ».

Les chrétiens et les minorités « ont joué un rôle important en enrichissant la diversité culturelle, sociale et économique de l’Irak, en faisant de précieuses contributions à l’éducation, à la santé, à l’administration publique et aux services sociaux », estime le cardinal. Sans eux, l’Irak deviendrait « un pays uniformisé [qui] pourrait s’isoler du monde et [qui] pourrait engendrer une sorte de radicalisme [et] de fanatisme ethnique et sectaire ».

 

Dans sa déclaration, le patriarche Sako énumère un certain nombre de facteurs qui poussent les chrétiens et les autres minorités à quitter le pays. Il s’agit notamment de la « fragilité de la situation en matière de sécurité » et de la « faiblesse institutionnelle de l’Irak en matière de justice », de l’incapacité de l’État à protéger les non-musulmans contre la discrimination dans les domaines de « l’éducation, l’emploi et la vie sociale », ainsi qu’au niveau politique. Le cardinal déplore que des chrétiens exceptionnellement compétents au niveau professionnel se voient refuser des postes, uniquement à cause de leur foi. Ce sont « la qualification et la compétence », insiste le cardinal, et non la religion d’un individu, qui devraient être des « critères d’embauche ».

 

Les chrétiens privés de sièges au parlement 

De plus, le patriarche fait observer que les chrétiens sont privés de leur quota légitime de cinq sièges au Parlement irakien. Il en appelle à la mise en place d’un « droit civil pour tous les Irakiens », plutôt qu’à la soumission des chrétiens et des autres minorités religieuses « à un Tribunal islamique en ce qui concerne les questions spirituelles, religieuses, de mariages, de successions, etc. ».

Le patriarche Sako propose également un certain nombre de « mesures concrètes » supplémentaires pour lutter contre « les injustices et la discrimination » subies par les minorités religieuses. Il appelle les dirigeants irakiens et les « pouvoirs politiques » à combattre « l’extrémisme religieux qui fait usage de la violence » et à prendre des mesures pour « désarmer les milices, assurer la sécurité et la stabilité, lutter contre l’extrémisme, la discrimination, le terrorisme et la corruption ».

Dans sa déclaration, le cardinal insiste pour que les dirigeants politiques irakiens promeuvent des « valeurs de citoyenneté » au soutien du bien commun, en s’inspirant des « principes de liberté, de dignité, de démocratie, de justice sociale et de véritable relation entre tous les citoyens irakiens, indépendamment de leurs affiliations religieuse, culturelle et ethnique ». De telles politiques apporteront aux minorités religieuses irakiennes une « coexistence harmonieuse avec les musulmans ».

Enfin, le patriarche appelle à l’adoption de lois qui contribuent à créer « de bonnes conditions qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques, de préserver leur patrimoine, les monuments archéologiques et historiques comme une partie intégrante de la civilisation irakienne, afin de leur permettre de continuer à vivre dignement ».

Par Joop Koopman pour ACN-International
et Mario Bard, AED-Canada
Publié lundi le 27 mai, 2019

 

Communiqué AED – Aide à l’Église en Détresse Internationale reçoit le prix Path to Peace Award 2019

24.05.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, AED États Unis, PAIX, Par Joop Koopman, persécution

Aide à l’Église en Détresse,       « cheffe de file » mondiale et
« voix » pour les chrétiens persécutés

NYC/Montréal, 23 mai 2019 – Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies et président de la Fondation Path to Peace, a salué Aide à l’Église en Détresse (AED), lauréate du Prix Path to Peace 2019, comme étant « l’organisation qui est cheffe de file dans le monde concernant la persécution dont sont victimes les chrétiens dans le monde – [elle met des mots sur ce phénomène] – et chose encore plus importante, [c’est une organisation] qui répond par l’action ».

 

Par Joop Koopman, AED-USA et Mario Bard, AED-Canada
Publié sur le web le 24 mai, 2019

S’exprimant le 22 mai 2019 lors du gala annuel de remise des prix de la fondation Path to Peace, à l’Hôtel Pierre de New York, Mgr Auza a déclaré que la fondation à voulu honorer l’AED « comme étant une voix criant dans le désert, un écho aux voix des chrétiens appelant au secours ». L’archevêque a déclaré que les rapports bisannuels de l’AED – Persécutés et oubliés et Liberté religieuse dans le monde – sont « les meilleurs rapports qui existent, chacun détaillant respectivement : les ravages de la
christianophobie ainsi que la situation de la liberté religieuse dans 196 pays.

« On ne saurait trop insister sur l’importance de l’information fournie par ces rapports », a déclaré l’archevêque, même si l’AED rend « un service encore plus grand par tout son travail sur le terrain ». Mgr Auza – qui en tant que jeune prêtre originaire des Philippines a reçu une bourse de l’AED lui permettant d’étudier à Rome – a souligné en particulier le travail de l’AED dans la plaine de Ninive en Irak, où l’organisation
« dirige ce que l’on a appelé un plan Marshall pour la reconstruction des maisons, institutions, églises ainsi que la reconstruction de la vie des familles chrétiennes, en réponse à la destruction du groupe État islamique ».

press-release-1

Erbil, Irak, décembre 2014 : grâce à l’AED, ces enfants et leurs familles déplacés
à cause de la barbarie du groupe État islamique retrouvent une vie stable. Et le sourire !

press-release-2

Irak, début 2017 : les chrétiens de la plaine de Ninive retrouvent leurs églises et nombre d’objets sacrés profanés. Sur la photo, une statue de Notre-Dame de la paix dont la tête a été coupée et que quelqu’un a tirée au niveau de la position du cœur : signes de haine envers les chrétiens.

Être une voix, grâce aux bienfaiteurs

Thomas Heine-Geldern, président de l’AED Internationale, a déclaré que cet honneur revient à tous
« ces chrétiens qui, du seul fait de leur foi, sont persécutés, opprimés, discriminés ou réduits au silence. Ce soir, en leur prêtant ma voix, j’espère que leur martyr sera un peu moins silencieux. »

Il a ajouté : « Notre travail ne serait pas possible sans le soutien indéfectible de nos bienfaiteurs dans le monde entier. Nous existons grâce à leur extraordinaire soutien moral et financier et nous devons garder à l’esprit que c’est souvent l’obole de la veuve qui nous aide. Nous nous appuyons sur nos bienfaiteurs pour construire des ponts de foi, d’espérance et de charité pour soutenir l’Église persécutée. »

L’AED a été fondée en 1947 par un jeune prêtre et chanoine Prémontré néerlandais, le Père Werenfried van Straaten (1913 -2003), afin de répondre aux besoins des réfugiés et des personnes déplacées dans l’Allemagne de l’après-guerre. Aujourd’hui, l’AED est une œuvre de charité pontificale qui, avec plus de 5 000 projets en moyenne à travers le monde chaque année, soutient les chrétiens persécutés et en détresse.

Ces projets sont dédiés à la construction d’églises et de chapelles, à la formation de séminaristes, religieux, religieuses et catéchistes laïcs, à l’aide d’urgence et à procurer des moyens de transport mis au service de l’Église.

L’an dernier, les bienfaiteurs de l’AED ont donné plus de 150 millions de dollars. Depuis 2011, l’AED a alloué aux chrétiens syriens et irakiens menacés par le groupe État islamique et d’autres groupes islamistes plus de 105 millions de dollars permettant ainsi d’assurer la survie du christianisme dans cette région.

Chrétiens persécutés : devant l’ONU grâce à l’AED

 

« La liberté religieuse est un droit de l’homme fondamental », a déclaré Thomas Heine-Geldern. Il est de la responsabilité de toutes les nations et des ONG internationales de protéger le droit à la liberté religieuse de chaque individu. Nous ne devons pas renoncer à la lutte pour la pleine réalisation de ce droit humain fondamental, indissociable de la dignité de tout être humain. »

En conclusion, il a ajouté que « nous avons tous l’obligation de répondre et de manifester notre solidarité avec les communautés chrétiennes persécutées. Et notre travail n’est pas le plus difficile. Des hommes et des femmes courageux – des évêques, des prêtres, des religieuses et des laïques bénévoles – se tiennent aux côtés des fidèles en première ligne, confrontés à la persécution, à la haine et à la violence. Serviteurs ultimes de la paix, ils restent auprès de leur peuple. Je leur offre aussi ce prix Path to Peace 2019. »

La Fondation Path to Peace soutient divers aspects du travail de la Mission permanente du Saint-Siège auprès de l’ONU. Elle finance également des projets humanitaires dans différents pays en développement. Parmi les précédents lauréats du Prix Path to Peace figurent le Cardinal Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie, le prince Henri de Luxembourg et la Reine Sofia d’Espagne.

Dans son allocution, Mgr Auza a déclaré que « la Mission du Saint-Siège n’aurait pas été en mesure de faire ce qu’elle a essayé de faire pour la défense des chrétiens aux Nations unies sans la collaboration efficace et constante de l’AED-USA ».

press-release-3

Mgr Bernadito Auza et M. Thomas Heine-Geldern, lors de la soirée de gala le 22 mai dernier à NYC.

L’AED au Canada

 

Au Canada, le bureau national de l’Aide à l’Église en Détresse est situé à Montréal depuis plus de 30 ans. Celui-ci sensibilise, récolte des fonds et organise diverses activités, dont depuis cinq ans à Montréal, une messe pour les chrétiens persécutés, présidée par l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine. Et, pour une deuxième année consécutive, le bureau national canadien coordonnera le Mercredi rouge, prévu le 20 novembre prochain. Des activités de sensibilisation sont déjà confirmées ou en cours de l’être à Montréal, Toronto et Calgary, entre autres. Pour plus d’information ou bien pour participer, téléphonez au 1-800-585-6333, poste 226.

Sri Lanka : Un crime contre l’humanité

23.04.2019 in AED, Aide à l'Église en détresse., Par Joop Koopman, Par Paulo Aido, persécution, Sri Lanka

SRI LANKA 

Les attentats à la bombe contre des églises le dimanche de Pâques sont « un crime contre l’humanité », déclare l’évêque de Chilaw à Aide à l’Église en Détresse.

Texte par Joop Koopman et Paulo Aido, AED International
Révision française au Canada : Marie-Claude Lalonde pour AED Canada
Mise en ligne : 23 avril 2019

Au moins 290 morts et plus de 450 blessés. C’est le bilan encore provisoire des attentats terroristes d’hier matin, commis contre des églises et des hôtels au Sri Lanka. Pour l’évêque de Chilaw, Mgr Devsritha Valence Mendis, il est difficile de comprendre la vague de violence qui a secoué le pays, le dimanche de Pâques. Le prélat a même parlé de « tragédie » et de « violence à l’état pur ».

Dans une déclaration faite à la Fondation pontificale AED peu après les attentats, Mgr Valence Mendis a expliqué que « tout le pays est en état de choc, et surpris par cette attaque brutale contre des innocents ». Et il a ajouté : « C’est quelque chose qui ne peut se comprendre ou s’expliquer. C’est de la violence à l’état pur. C’est une tragédie ».

Trois églises ont été la cible des terroristes lors des célébrations du matin du dimanche de Pâques. Les explosions, tout comme celles qui ont eu lieu dans certains hôtels, se sont produites dans un laps de temps relativement court, incitant les autorités à conclure qu’il s’agissait d’une attaque bien coordonnée.

Les églises touchées – l’église de Sion à Batticaloa, l’église Saint Antoine à Kochchikade (très populaire dans le pays et visitée chaque année par des milliers de personnes) et l’église Saint Sébastien à Negombo – étaient remplies de fidèles célébrant le dimanche de la Résurrection.

Pour l’évêque de Chilaw, il ne fait aucun doute que les auteurs des attentats ont tenté d’atteindre le plus grand nombre possible de personnes. « Dans les trois églises, les messes du matin étaient en train d’être célébrées, et elles étaient toutes remplies de fidèles », explique le prélat au téléphone.

La violence des attentats a surpris tout le pays. « Ces attaques étaient totalement inattendues, car nous vivions des temps paisibles, surtout ces sept, huit dernières années », déclare Mgr Valence Mendis, ajoutant que « les gens pleurent leurs proches ».

En raison des attaques, « les églises ont suspendu leurs offices liturgiques », tandis que dans tout le pays règne « un état d’alerte général ». Il est maintenant nécessaire de s’occuper de la sécurité de la population. « Il a été demandé aux gens de se disperser et de ne pas se rassembler en groupes, afin d’éviter de nouvelles catastrophes ».

Dans ses déclarations à la Fondation pontificale AED, l’évêque de Chilaw a qualifié l’ensemble des attentats commis au Sri Lanka – au total, huit bombes ont explosé – de « crime contre l’humanité », et a exprimé en ce moment si difficile la solidarité des chrétiens de son pays avec tous ceux qui, « partout dans le monde, souffrent pour l’amour de la foi ».

Les attentats au Sri Lanka ont été immédiatement condamnés au niveau international, tant par l’Inde que par le Pakistan, pays voisins, que par les principaux dirigeants européens, le Président des États-Unis et le Saint-Père.

Le Pape François a affirmé qu’il avait reçu « la nouvelle avec tristesse et douleur » et a exprimé sa « proximité affectueuse à la communauté chrétienne, atteinte alors qu’elle était rassemblée dans la prière, et à toutes les victimes d’une violence aussi cruelle ». Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a également condamné les attentats et a exprimé l’espoir que les agresseurs soient « promptement traduits en justice ».

Au Sri Lanka, un pays majoritairement bouddhiste, le Christianisme est une religion minoritaire représentant à peine 9 pour cent de la population du pays. Les catholiques sont environ 7 pour cent de la population. Cependant, ce pourcentage est plus élevé dans certaines régions, comme la capitale Colombo ou la zone de la côte occidentale.

Malgré la tragédie qui a frappé le Sri Lanka, l’évêque de Chilaw a indiqué à la Fondation AED qu’il était nécessaire de « faire face à cette situation avec foi et courage ». Une foi et un courage que tous doivent partager, d’autant plus que parmi les morts et les blessés, il y a des fidèles de différentes religions. Mgr Valence Mendis remercie les bienfaiteurs et les amis de l’Aide à l’Église en Détresse de leur sollicitude et les assure de ses prières : « Merci de votre sollicitude et de votre solidarité ».

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Vous désirez aider ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner ‘Aide au Sri Lanka’.

Communiqué de presse : #MercrediRouge Une première au Canada

19.11.2018 in AED Canada, AED-Canada, liberté religieuse, Mario Bard, PAIX, persécution

Communiqué de presse

#MercrediRouge

Une première au Canada

Montréal, 16 novembre 2018 – Toronto, Montréal, Calgary, Rimouski, Hearst, Saint-Jérôme et Québec : le mercredi 21 novembre, près d’une cinquantaine d’activités toutes liées au Mercredi Rouge (#MercrediRouge) se dérouleront dans ces diocèses du Canada. Initiée il y a quelques années par l’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED), cette activité permet de sensibiliser et d’informer sur la situation des 200 millions de chrétiens qui vivent régulièrement de la persécution et la discrimination à cause de leur foi, et ce, de manière particulièrement aiguë dans près d’une quarantaine de pays.

À Montréal, la messe pour les chrétiens persécutés en est à sa cinquième édition : Mgr Christian Lépine présidera la liturgie qui commencera à 19 h 30 et sera précédée d’un 5 à 7 pour la liberté religieuse, conçu pour les jeunes de 18-35 ans, au sous-sol de la cathédrale. À Toronto, le cardinal archevêque Thomas Collins présidera une vigile de prière interreligieuse dès 18 h 30, tandis que dans la métropole de l’Alberta, Calgary, différentes activités auront lieu dans la ville et à travers le diocèse. Sans compter les activités tenues au Versant-la-Noël chez Robert Lebel (accueil dès 18 h 15), et par la Famille Myriam-Bethléem à la Maison de mon Père de Rimouski! Enfin, se sont ajoutés dernièrement des activités dans les villes de Banff, Medecine Hat en Alberta, et Kapuskasing dans le nord de l’Ontario.

 

« Pour nous, c’est une première expérience qui démarre en lion! », indique Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien de l’AED. « Nous sommes très heureux que tant de gens acceptent de prendre part à l’événement et partagent ainsi avec nous cette préoccupation concernant la situation des chrétiens persécutés et victimes de discrimination dans le monde. C’est aussi une façon de montrer sa solidarité avec ces gens qui souffrent. »

 

Quelques éléments d’édifices – les portails d’entrées des cathédrales de Montréal et Toronto par exemple –, ainsi que l’intérieur de la cathédrale de Toronto seront illuminés de rouge, couleur du sang des martyrs. Le pavillon œcuménique du Versant-la-Noël devrait être aussi entièrement habillé de cette couleur.

 

Plusieurs nations privées d’un droit élémentaire

Dans sa lettre invitant les fidèles de son diocèse à participer au Mercredi Rouge, l’évêque de Calgary, Mgr William T. McGrattan, a d’abord souligné que, bien que les Canadiens soient devant « davantage de défi dans la pratique de la foi… nous devons continuer à exprimer notre gratitude pour les nombreuses libertés que notre pays assure. Malheureusement, plusieurs nations à travers le monde continuent de priver leurs citoyens de la liberté religieuse la plus élémentaire. »   Présentement, plus de 30 activités sont organisées dans ce diocèse, principalement des messes et des temps de prières, préparées en solidarité avec les chrétiens persécutés et souffrants de discrimination sévère.

 

Le rapport 2018 de l’AED sur la liberté religieuse : sortie 22 novembre

« Ce Mercredi Rouge concorde également avec la publication de notre Rapport sur la liberté religieuse, 2016-2018, qui aura lieu le lendemain jeudi 22 novembre, d’abord au Vatican », rappelle Mme Lalonde pour qui cette activité marque un tournant dans la compréhension qu’ont les catholiques d’ici de la persécution religieuse que vivent les chrétiens. « Je pense que les gens commencent à saisir l’ampleur du problème et réalisent que l’article 18 de la Charte universelle des droits de l’Homme qui devrait assurer la liberté religieuse dans tous les pays signataires est loin d’être respecté. »

C’est la 14e fois que ce rapport, dans lequel est examinée la situation de plus de 190 pays, paraît. Il documente la situation juridique actuelle ainsi que les violations du droit à la liberté religieuse durant la période allant de 2016 à 2018,
en plus de montrer comment la situation a évolué dans certains pays
où la situation était jugée critique entre 2014 et 2016.


Nigeria : des bergers peuls – majoritairement musulmans – menacent des agriculteurs – majoritairement chrétiens. Conflit économique ou religieux ? Réponse le 22 novembre. (Photo: © Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications )
 

 

Au Canada, il sera disponible uniquement en ligne, en français et en anglais : www.religion-freedom-report.org. Un Rapport abrégé produit en format PDF sera disponible sur le site web de l’AED-Canada : www.aed-canada.org/fr.

 

Pour plus d’informations :

http://bit.ly/MRouge_Canada,
1-800-585-6333 ou encore,
info@acn-canada.org.

– 30 –

Informations médias : Mario Bard, responsable de l’information, Aide à l’Église en Détresse Canada : 514-932-0552, ou sans frais : 1-800-585-6333, poste 224. Cellulaire : 514-967-8340.

Les articles et communiqués de l’AED sont offerts gratuitement pour publication partielle ou totale, à la seule condition que la source, Aide à l’Église en Détresse (AED), soit mentionnée.
Aide à l’Église en Détresse (AED) est une œuvre pontificale de charité catholique internationale qui a pour mandat «
le service de la charité fraternelle envers les Églises locales les plus souffrantes et nécessiteuses», par linformation, la prière et l’action.
Fondée par le Père Werenfried en 1947, elle aide spirituellement et matériellement l’Église en détresse dans plus de 140 pays.

 

Actualités AED : Pakistan L’espoir renaît pour Asia Bibi

11.10.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Pakistan, Par John Pontifex et John Newton, persécution, Voyager avec l'AED

Pakistan
L’espoir renaît pour Asia Bibi

Montréal – 10 octobre 2018 – Au Pakistan, l’espoir renaît pour Asia Bibi. Cette chrétienne de confession catholique se bat contre une condamnation à la peine de mort qui fait suite à des événements survenus en 2009. Sa famille pense que la Cour Suprême du pays pourrait annoncer son acquittement dans les prochains jours, voire, les prochaines heures. Ce lundi 8 octobre, la Cour a reporté son jugement d’une ultime audience en appel qui concerne la condamnation pour blasphème.

Depuis le Royaume uni où il est l’invité de l’organisme international de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) – et s’exprimant au nom du mari d’Asia Bibi, Ashiq Masih, et de sa fille, Eisham Ashiq – le Père Emmanuel Yousaf a confirmé cette information.

Selon lui, et dans de nombreux cas similaires vécus dans le passé, « le verdict a toujours été positif ». Il a déclaré : « Nous allons devoir attendre quelques jours, mais nous sommes convaincus que les choses iront bien ». Asia Bibi, une catholique mère de cinq enfants, est devenue en 2010 la première femme au Pakistan à être condamnée à mort pour blasphème.

Pendant l’audition finale lundi, une manifestation a eu lieu devant la Cour Suprême. Les protestataires ont demandé que la peine de mort soit maintenue, mais à la fin de la procédure, le verdict était encore attendu.

Le Père Yousaf a déclaré : « Il n’y a pas de décision – nous sommes dans l’expectative – mais si Dieu le veut, tout sera bientôt terminé et [Asia Bibi] sera de retour chez elle avec sa famille ». Tout au long de la procédure, Asia Bibi a insisté sur le fait qu’elle n’avait pas insulté le prophète musulman Mohammed, ce qui est passible de la peine de mort conformément à l’article 295 C du Code pénal pakistanais.

Renouvelant les appels à la prière pour la libération d’Asia Bibi, le Père Yousaf a déclaré : « Cela fait déjà 10 ans que nous prions pour notre sœur Asia, et j’ai confiance dans le fait que nos prières seront entendues et que le jugement sera en faveur d’Asia, de sa famille et de toute la communauté chrétienne pakistanaise ».

Il a ajouté : « Le jugement peut être rendu demain. Il peut arriver après deux ou trois jours, mais je suis sûr qu’il sera favorable. Toute personne qui croit que la loi sur le blasphème n’a pas été bien utilisée doit prier pour la libération d’Asia Bibi, quelle que soit sa religion ».

En 2017, Aide à l’Église en Détresse a soutenu 63 projets pour les activités pastorales de l’Église catholique locale pour un montant total de 1,222,768 $.