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Irak – La Lamborghini du pape pour reconstruire ! – AED-Infos

26.02.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Communications, Communiqué, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Aide à l’Église en Détresse en Irak

La Lamborghini du pape pour reconstruire

Montréal, 26 février 2019 – Grâce au don de 300 000 dollars reçu à la suite de la vente aux enchères de la Lamborghini offerte au Pape François, Aide à l’Église en Détresse (AED) pourra financer deux nouveaux projets au profit des familles chrétiennes et d’autres minorités revenues s’installer dans la plaine de Ninive.

Par Marta Petrosillo pour ACN-International et Mario Bard, AED-Canada

« Il est heureux que le pape François ait choisi de redistribuer les profits de ce qui est d’abord un cadeau. Bien sûr, notre organisme est honoré de participer à la redistribution des fruits de la vente », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED-Canada. « Ce projet pour le retour des chrétiens dans la plaine de Ninive était audacieux il y a deux ans, car l’insécurité était encore très grande. Finalement, l’AED a eu raison d’aller de l’avant avec d’autres partenaires, afin d’assurer ce retour des chrétiens en Irak : ils reviennent de plus en plus nombreux. »

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

La destruction du centre paroissial a été totale.

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

Les deux bâtiments sont situés à Bashiqa, à seulement 30 kilomètres de Mossoul. Le village a été gravement touché par la guerre, mais la communauté chrétienne est revenue en grand nombre. De fait, 405 des 580 habitations détruites ont déjà été réparées, et 50 % des chrétiens sont revenus, soit 1 585 personnes.

Les deux opérations financées grâce au produit de la vente de la Lamborghini bénéficieront également aux autres minorités de la ville, car le centre polyvalent, capable d’accueillir plus de 1 000 personnes, sera utilisé pour les mariages et les fêtes religieuses des différentes communautés. Ce sera le plus grand centre de la région, et il sera à la disposition de plus de 30 000 personnes, appartenant à différentes ethnies et confessions.

Le retour : un succès inespéré !

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Un peu plus de deux ans après la libération des villages de la plaine de Ninive, le nombre de chrétiens ayant pu rentrer chez eux a dépassé les prévisions les plus optimistes. Le 11 janvier dernier, le nombre de familles ayant regagné leurs villages s’élevait à 9 108, soit près de 46 % des 19 832 familles qui y vivaient en 2014 avant l’arrivée de l’État islamique. Cela est dû à l’immense travail de reconstruction – largement financé par l’AED – qui a jusqu’ici permis de reconstruire ou de réparer 41 % des 14 035 habitations détruites ou endommagées par l’État islamique.

L’œuvre pontificale de charité ainsi que les Églises locales ont été à l’avant-garde de cette opération qui a trouvé dans le Saint-Père un bienfaiteur assidu. En 2016, le Pape François avait déjà financé à hauteur de 150 000 dollars la clinique Saint-Joseph d’Erbil, qui donne une assistance médicale gratuite.

Ce don supplémentaire du Saint-Père permettra aux chrétiens de vivre leur foi et d’assurer un avenir en Irak à leurs enfants. Il constituera en même temps un message fort et une invitation à une coexistence pacifique entre les religions, dans une région où le fondamentalisme a malheureusement détérioré les relations interreligieuses.

Depuis 2014, l’AED a déjà fait don de plus de 60 millions de dollars pour soutenir les chrétiens irakiens. Dans la plaine de Ninive, l'espoir est plus que jamais présent!  Merci de continuer à nous aider à soutenir l'Église en Irak dans ses efforts de reconstruction!

Irak : enfin, une porte ouverte vers l’espérance!


Union de prière avec Pape François pour les petits enfants de la Syrie

03.12.2018 in Adaptation Mario Bard, PAIX, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, Prière

 Initiative de l’AED
50 000 bougies pour la paix en Syrie !

Aide à l’Église en Détresse (AED) lance pour Noël une campagne de prière, de solidarité intitulée des « Bougies pour la paix en Syrie ». La campagne a commencé ce dimanche 2 décembre, premier dimanche de l’Avent, par l’allumage symbolique d’une bougie par le Saint-Père à la fin de l’Angélus.

Ces derniers jours, cette initiative a permis l’implication de plus de 50 000 enfants de différentes religions, originaires de nombreuses villes syriennes fortement touchées par la guerre, dont Alep, Damas, Homs, Marmarita, Hassaké, Tartus et Lattaquié. Les enfants ont prié et peint des dessins sur le thème de la paix pour décorer leurs bougies : des croix, des colombes et des messages d’espérance à travers lesquels les petits Syriens, qui sont les premières victimes du conflit encore en cours, ont adressé au monde leur appel à la paix.

 

L’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse invite toute personne dans le monde à répondre au cri de paix des enfants de Syrie en allumant une bougie, comme l’a fait le Saint-Père, et ce, afin de répandre le message des petits Syriens et d’insuffler de l’espérance pendant le temps de l’avent.

 

La bougie que le Saint-Père a allumée a été fabriquée par un artisan du quartier de Bab Touma, dans la vieille ville de Damas, et comporte des photos d’une quarantaine d’enfants, originaires d’Alep pour la plupart, le logo de la campagne (une colombe dont les ailes ont la forme d’une main d’enfant, avec l’inscription « la paix pour les enfants – Syrie 2018 [Peace for the Children Syria 2018] ») et le logo de l’AED.

L’AED avait déjà donné la parole aux petits Syriens en 2016, en apportant leurs dessins pour la paix au Parlement européen.

 

Canada : une réponse de prière et de petits gestes solidaires

« Au Canada, les bienfaiteurs qui reçoivent le Bulletin pourront faire directement un cadeau de Noël pour la Syrie », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED. « Nous les invitons plus spécialement à prier afin que les familles de Syrie puissent pleinement goûter à la joie d’un Noël pacifique. Nous espérons que les Noëls à venir se vivent aussi dans la paix. » Aide à l’Église en Détresse a déjà fait parvenir 22,5 millions de dollars pour la reconstruction en Syrie, qui s’ajoutent aux 44 millions de dollars déjà donnés depuis le début du conflit en 2011.

De plus, depuis deux ans à Montréal, une activité permet d’amasser des fonds pour le programme La goutte de lait.

Communiqué – Le pape François prie pour tous les chrétiens persécutés

02.03.2017 in Adaptation Mario Bard, AED, liberté religieuse, Miséricorde, MONDE, PAIX, Pape, Pape François, Prière

Intention de prière de mars


Le pape François prie pour tous les chrétiens persécutés

Produite par le « Réseau mondial de la prière du Pape » et cofinancée par Aide à l’Église en Détresse (AED), l’édition de mars de la vidéo du Pape* est consacrée à la situation des chrétiens persécutés et discriminés en raison de leur foi dans le monde entier – sans distinction de rite ou de confession.

Le Pape François ne cesse de rappeler que « tant de gens sont persécutés à cause de leur foi et sont forcés de fuir leurs maisons, leurs lieux de culte, leur terre, leurs proches ! » Nous devons nous montrer solidaires avec nos frères et sœurs qui souffrent de la discrimination, de la violence ou de persécution à cause de leur foi, estime le pape.Selon le dernier Rapport sur la liberté religieuse dans le monde publié en novembre dernier, les chrétiens constituent le groupe religieux souffrant le plus de persécutions. Ce droit humain fondamental qu’est la liberté religieuse — Article 18 de la Déclaration des droits de l’homme — est gravement violé dans 38 pays du monde, et dans 23 d’entre eux, cette violation est même classée comme étant de la persécution.

 

Rapport abrégé et rapport complet disponible à l’adresse web suivante :http://bit.ly/LiberteReligieuse

Dans son intention de prière, le Saint-Père lance un appel à la prière en faveur de ces chrétiens persécutés : « Je vous demande ceci : combien d’entre vous prient pour les chrétiens persécutés ? Je vous demande de prier avec moi pour qu’ils éprouvent le soutien de toutes les Églises et communautés à travers la prière et l’aide matérielle. »

 

« Nous remercions le Saint-Père de la préoccupation constante qu’il manifeste pour les chrétiens persécutés », indique Johannes Heereman, président exécutif d’AED.« Depuis sa fondation, Aide à l’Église en Détresse soutient l’Église en souffrance. Malheureusement, la situation dans le monde ne s’est pas améliorée avec le temps. Les circonstances sont différentes, mais la souffrance persiste toujours. Jadis, il s’agissait du communisme, aujourd’hui du fondamentalisme islamique. Cet appel est plus actuel que jamais. »

Les intentions de prière du pape pour Mars : « L’aide pour les chrétiens persécutés : pour qu’ils éprouvent le soutien de toute l’Église à travers la prière et l’aide matérielle. »

À propos d’Aide à l’Église en Détresse

Aide à l’Église en Détresse est une œuvre pontificale qui relève directement du Saint-Siège. En tant qu’œuvre de charité catholique, AED soutient les fidèles là où ils sont opprimés ou persécutés, où ils souffrent de la misère — à travers l’information, la prière et des programmes d’aide. L’AED a été fondée en 1947 par le père Werenfried van Straaten, que saint Jean-Paul II a qualifié « d’apôtre exceptionnel de l’amour du prochain ». Actuellement, l’œuvre déploie ses activités dans plus de 140 pays du monde entier. À travers des milliers de projets par an, elle fournit une aide d’urgence aux persécutés, des aides au transport pour le service de l’Église, des Bibles pour les enfants, du soutien aux médias et aux projets d’évangélisation, des intentions de messe ainsi que d’autres soutiens pour les prêtres, les religieuses et la formation des séminaristes.

*À propos de la vidéo du Pape

La « Vidéo du Pape » est une initiative du Réseau mondial de prière du Pape (Apostolat de la prière), afin de diffuser l’intention mensuelle de prière du Saint-Père concernant les défis de l’humanité aujourd’hui. L’objectif de ces vidéos développées par La Machi Communication pour les bonnes causes est d’unir les hommes et les femmes du monde entier à Sa Sainteté le Pape François, au sein d’une intention de prière commune. Le projet est soutenu par Vatican Television Center (CTV).

 

À propos du Réseau mondial de prière du Pape

L’Apostolat de la Prière est le Réseau Mondial de Prière du Pape au service des défis de l’humanité et de la mission de l’Église. Sa mission est de prier et vivre les défis de l’humanité qui préoccupent le Saint-Père, exprimés dans ses intentions mensuelles. Le réseau permet d’être comme des apôtres dans le quotidien de nos vies, à travers un chemin spirituel appelé « chemin du cœur », qui transforme notre façon d’être au service de la mission du Christ. Fondé en 1844, il est présent dans plus de 98 pays. Plus de 35 millions de personnes intègrent ce réseau, y compris sa branche jeunesse, le Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ). Pour plus d’information : www.prieredupape.net.

 


 

 

Azerbaïdjan – à la rencontre d’une communauté ultra-minoritaire

15.09.2016 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Azerbaïdjan, Marc Fromager, PAIX, Pape, Pape François, Voyager avec l'AED

Azerbaïdjan 

Le pape, messager de paix

 

Quatorze ans après la visite de Jean-Paul II, l’Azerbaïdjan reçoit à nouveau un pape venu rendre visite à la minuscule communauté catholique, mais aussi œuvrer pour la paix dans une région éprouvée.

 

Abstraction faite des grandes barres d’immeubles d’influences soviétiques rassemblés à la périphérie, Bakou est une très belle ville nichée au bord de la Mer Caspienne. La capitale réunit en effet plusieurs périodes historiques dans un mélange tout oriental, entre la vieille ville aux ruelles étroites, vieux bâtiments et anciennes mosquées, la ville baroque du premier boom pétrolier au début du XXe siècle et la ville ultramoderne du nouveau boom pétrolier où les architectes les plus audacieux de la planète se sont donné rendez-vous.

 

Le pays est riche – et même très riche! – grâce au pétrole qui lui permet de se lancer dans des projets pharaoniques. Le « Dubaï de la Caspienne » projetait même de se lancer dans la création d’îles artificielles comme cela se fait dans les riches émirats de la péninsule arabique. Ce sont 95 pour cent des ressources qui proviennent de l’énergie, ce qui n’est pas sans conséquence étant donné la chute du prix du baril. Les grands projets comme l’agrandissement du métro sont suspendus pour le moment et certaines difficultés budgétaires apparaissent.

 

Lorsque les sœurs de Mère Teresa – les Missionnaires de la Charité – sont arrivées dans le pays en 2006 pour servir les pauvres, on leur a répondu qu’il n’y avait pas de pauvres en Azerbaïdjan! Pourtant, les oubliés du système existent et ils regrettent l’époque de l’Union soviétique où tout le monde recevait le minimum.

 

Une société sécularisée

 

Azerbaïdjan 2016: marché à Baku

Azerbaïdjan 2016: marché à Baku.

Pays à 97 pour cent musulman parmi lesquels plus des 2/3 sont chiites (ce qui s’explique par l’influence perse voisine), l’Azerbaïdjan est un des États les plus laïcs au sein du monde musulman et le contrôle exercé à l’encontre des différents groupes religieux, pour enrayer la croissance potentielle de l’extrémisme islamique, y demeure important.

 

Baku, «Dubaï de la Caspienne», allie ultra-modernité et architecture plus traditionnelle.

Baku, «Dubaï de la Caspienne», allie architecture ultra-moderne et  plus traditionnelle.

Ancienne république soviétique, le pays a connu 70 ans de communisme et de répression religieuse. Au tournant du millénaire, la pratique religieuse y était très faible et la société extrêmement sécularisée. Encore aujourd’hui, l’islam y est très discret, par rapport à la France par exemple, où sa présence visible est plus grande à Paris ou dans les grandes villes françaises

 

Les sunnites y sont minoritaires, entre 15 et 30 pour cent selon les estimations, et toute tentative de radicalisation est suivie de très près par le gouvernement qui a sans doute conservé des réflexes de méfiance vis-à-vis de la religion, mais qui comprend également le risque de débordement dans l’environnement actuel du Moyen-Orient.

 

Les orthodoxes représentent le deuxième groupe religieux le plus important même s’ils ne dépassent pas 2 pour cent de la population (9,7 millions au total). Autrefois près d’un demi-million, leur nombre a chuté à 200 000 quand, après l’indépendance en 1991, la moitié des Russes ont quitté le pays. L’Église orthodoxe compte une éparchie avec une quinzaine de paroisses et entretient de bonnes relations avec l’Église catholique.

 

 

Une Église ultra-minoritaire

 

Au moment du premier boom pétrolier au début du 20e siècle, une église catholique avait été construite en 1912 puis fermée à l’arrivée des Bolchéviques en 1920, pour finalement être détruite au début des années 30. Des 10 000 catholiques de l’époque, il ne restait plus qu’une dizaine de personnes âgées lorsque l’Église catholique est revenue en 1992. Aujourd’hui, la communauté compte 300 fidèles autochtones (souvent des mariages mixtes) et un millier d’étrangers dont 300 Philippins, une présence quasi symbolique à l’échelle du pays. En moyenne, la pratique hebdomadaire réunit 500 personnes.

 

Considérée au départ comme une secte prosélyte, l’Église catholique va bénéficier de la visite de Jean-Paul II. Par exemple à l’occasion de celle-ci, le président a donné un terrain pour l’église qui est consacrée à l’Immaculée Conception. Une grande statue de la Vierge Marie trône aujourd’hui devant l’église. Elle attire beaucoup de personnes, dont de nombreux musulmans, surtout les femmes.

Azerbaïdjan: 95% des habitants sont musulmans, mais la pratique est discrète.

Azerbaïdjan: 95% des habitants sont musulmans, mais la pratique y est discrète.

 

L’Église catholique compte une seule paroisse en Azerbaïdjan avec une église et une chapelle, desservies par six prêtres. Cinq sœurs Missionnaires de la Charité et deux religieuses salésiennes complètent les effectifs de cette petite communauté placée sous l’autorité d’un Préfet Apostolique, Mgr Vladimir Fekete, un salésien slovaque.

 

Le 29 mai de cette année eut lieu à St Pétersbourg l’ordination diaconale en vue du sacerdoce du premier azéri, une très bonne nouvelle pour l’Église en Azerbaïdjan, sans doute les premiers bourgeons de cette présence missionnaire discrète, mais réelle.

 

*Photo du haut: église catholique à Baku, la capitale, avec la statue de la Vierge Marie. 

Texte: Marc Fromager, AED France
Adaptation: Mario Bard, Aide à l’Église en Détresse Canada

Enfants tenant la Bible pour enfants, Azerbaïdjan. AED soutient cette communauté chrétienne ultra-minoritaire.

Enfants tenant la Bible pour enfants, Azerbaïdjan. AED soutient cette communauté chrétienne ultra-minoritaire.

Trip to Azerbaijan of ACN France in 2016

Tours ultramodernes dans le ciel de Baku. Le pape François se rend en Azerbaïdjan entre le 30 septembre et le 2 octobre.                                                        

François : un soutien « exceptionnel » !

17.06.2016 in Aide à l'Église en détresse., Année de la Miséricorde, Mario Bard, Miséricorde, Pape, Pape François, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Le pape François et Aide à l’Église en Détresse : 

un soutien « exceptionnel »!

 

Montréal, 17 juin 2016 – Lors d’une conférence de presse qui a eu lieu aujourd’hui à Rome, le Vatican a confirmé que le pape François soutient le travail de l’organisme international de charité. « Je fais confiance à Aide à l’Église en Détresse, une œuvre pontificale, afin de porter le travail de la miséricorde dans le monde entier », a indiqué le pape dans un message vidéo enregistré le 3 avril dernier, jour du Dimanche de la Divine Miséricorde.

« C’est un soutien exceptionnel qui nous réjouit! », déclare Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien d’Aide à l’Église en Détresse (AED). « Le pape nous confie une mission; celle d’être porteuses et porteurs de Miséricorde.»

 

« Pour notre œuvre, cela veut dire être présente pour nos partenaires dans plus de 140 pays, eux qui développent des projets pastoraux – démarche de réconciliation en République centrafricaine par exemple – ou bien donner du soutien aux communautés religieuses qui, en plus de nourrir les personnes itinérantes, les accompagnent par leur simple présence, comme cela se fait en Colombie . » 

En République centrafricaine, Mgr Dieudonné Nzapalainga est un agent de réconciliation, dont le travail est soutenu par AED.

En République centrafricaine, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, est un agent de réconciliation, dont le travail est soutenu par AED

Ces dernières années, les Églises locales ont aussi été appelées à répondre aux besoins d’urgence créés par les guerres et conflits dans le monde, que ce soit au Soudan du Sud ou au Liban. « Là-bas, les réfugiés sont soutenus par les communautés catholiques locales. Le nombre de projets en ce sens explose depuis quelques années », indique Mme Lalonde.

 

Être « la caresse de Dieu »

 

Les 22 bureaux nationaux d’AED dans le monde participent à l’appel lancé par le pape François. « Je vous invite tous, ensemble avec Aide à l’Église en Détresse, à faire partout dans le monde, un travail de Miséricorde, mais un [travail] qui reste, un travail de Miséricorde qui est permanent », indique le pape François.

 

« Ici au Canada, nous diffuserons des clips télévisuels sur les ondes de Télévision Sel et Lumière et des capsules sur les ondes de Radio VM. Nous espérons que la population répondra en grand nombre! », indique Marie-Claude Lalonde. « De plus, les gens peuvent se référer à un site web créé pour l’occasion, www.acnmercy.org, où l’on pourra voir le message du pape et mieux connaître le travail qu’AED soutient dans le monde. »

Des enfants réfugiés Syriens au Liban bénéficient de l'aide apportée par les bienfaiteurs d'Aide à l'Église en Détresse.

Des enfants réfugiés Syriens au Liban bénéficient de l’aide apportée par les bienfaiteurs d’Aide à l’Église en Détresse.

 

À la fin de son message, le pape a surpris en affirmant ceci : « Je vous remercie pour tout ce que vous faites. Et n’ayez pas peur de la Misécorde : la Misécorde est la caresse de Dieu. » Une phrase qui « inspire », considère la directrice nationale. « Donner pour que nous soyons la “caresse de Dieu” dans le monde; certains pourraient trouver cela prétentieux. Au contraire, je pense que cela rejoint l’adage qui dit que nous devons être les mains de Dieu sur cette terre. »

 

En 2015, ce sont 6 209 projets qui ont été soutenus dans 146 pays, pour un montant total de plus de 159 millions de dollars canadiens.


Le bureau canadien d’Aide à l’Église en Détresse recueille dès maintenant les dons pour cette campagne spéciale, destinée entre autres à des projets en Inde, en Colombie, en Zambie, en Irak et en Ukraine. Pour donner : 514-932-0552, sans frais 1-800-585-6333, poste 222. Par internet sur notre site sécurisé :
https://secure.acn-aed-ca.org/fr/.

Plus d’information : www.acn-aed-ca.org/fr , www.acnmercy.org, www.facebook­.com/AideEglise et sur notre page Youtube

 

*Photo du pape, septembre 2015, Philadelphie
Grezgorz Galazka/ACN

 


 

 

Au Mexique, François exprime espoir et réconfort

17.02.2016 in Adaptation Mario Bard, AED, AED Mexique, Mario Bard, Mexique, Pape, Pape François, Voyager avec l'AED

Mexique 

Le pape François en prière devant Notre-Dame-de-la-Guadalupe

Le pape François en prière devant Notre-Dame-de-la-Guadalupe

Le pape invite
à être ambassadeur
de la miséricorde

 

Au cours de son séjour au Mexique, le pape François met en évidence son intérêt pour les problèmes sociaux, la douleur et la souffrance des personnes à qui il donne des messages remplis d’optimisme, d’espoir et de réconfort. Son sourire comme son langage révèle les attitudes du Christ.

 

« Les larmes de ceux qui souffrent ne sont pas stériles », a-t-il déclaré, préoccupé par « les petits et les personnes déplacées ». François appelle tous les baptisés à être comme San Juan Diego : des ambassadeurs de la Vierge de Guadalupe, à travers les œuvres de miséricorde qui évoquent l’Évangile des Béatitudes.

 

Le Saint-Père se préoccupe également des jeunes, surtout qu’il les considère comme la plus grande richesse du Mexique. Enfin, il a eu des mots de réconfort pour les personnes âgées ou négligées. En tout temps, il rappelle que la miséricorde est un devoir chrétien.

 

Que le Mexique devienne une terre d’opportunité pour tous

 

Aide à l’Église en Détresse est présent par le biais de son bureau mexicain, et surveille chacune des allées et venues du Saint-Père. Par le biais des réseaux sociaux, l’organisme international de charité se fait l’écho de ses paroles et de ses gestes.

 

Le monde autochtone est également présent dans ses discours. Ainsi au premier jour de son séjour, François a demandé que soit reconnue la contribution de ces peuples premiers dans la construction d’une nation pluraliste, prospère et pleine d’espoir. Le pape désire un Mexique qui soit une terre d’opportunités pour tous, sans que les gens n’aient à chercher en dehors de leur pays d’origine. D’ailleurs, le phénomène de la migration – non seulement au Mexique, mais dans le monde –, est présent dans ses paroles et dans son cœur, et à tout moment, il appelle à la solidarité et à la miséricorde.

 

Faisant référence à l’Évangile du 1er dimanche du carême (le Christ tenté au désert), le pape a également mis en garde de ne pas tomber dans trois tentations : les biens mal acquis provenant du trafic de la drogue; la corruption; la vanité qui cherche à se placer au-dessus de l’autre et de l’orgueil. Le pape a d’ailleurs noté que Jésus n’a répondu à aucune de ces tentations, parce qu’on ne dialogue pas avec le diable.

 

Le message du Saint-Père touche certainement le cœur de beaucoup de gens qui vivent de près ou de loin ces situations. Aujourd’hui, nous nous souvenons aussi que nous sommes appelés à être missionnaire de la Miséricorde et de la paix; une paix qui crie sa volonté d’exister, dans un Mexique en proie à tellement de violence, d’injustice et d’inégalité.

 

François invite tous les Mexicains à être une Église qui soit la voix et l’espoir de construire un monde différent, où il y a des chances pour tous.

 

Article: AED-Mexique
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

Kenya : « Reste fort dans la foi… N’aie pas peur! »

25.11.2015 in Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Centrafrique, Ouganda, Pape, Pape François

Kenya

 « Reste fort dans la foi… N’aie pas peur! »Original-Logo-Pope-Francis1

Les Kényans sont heureux. Ils attendent avec impatience la venue du pape François qui visite le continent africain pour la première fois. Une délégation d’Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est rendue au Kenya, le premier pays qu’il visite avant de se rendre ensuite en Ouganda, et finalement en République centrafricaine. Au Kenya On estime qu’il y a 7,5 millions de baptisés catholiques au Kenya (33 pour cent de la population). Les chrétiens représentent 80 pour cent de la population.

Cette semaine, nous vous présentons quelques-uns des fruits de ces rencontres, un survol de ce pays qui rencontre plusieurs défis, dont ceux du dialogue interreligieux, de la corruption et du terrorisme.

Alors que les Kényans se préparent à recevoir le Saint-Père dans leur pays, Waumini News Today – une radio catholique – a interrogé quelques fidèles concernant quelques sujets qu’ils aimeraient que François aborde.

Voici quelques-uns des appels, des souhaits et des mots d’encouragements qu’ils adressent au pape.

 

Pascal : « Qu’il transmette un message de paix, qu’il encourage la tolérance religieuse et l’acceptation mutuelle.»

 

Roselyn : « Qu’il prie pour les familles et les jeunes afin qu’ils soient capables de comprendre et de pratiquer l’enseignement social de l’Église catholique! »

 

David : « Qu’il se souvienne des jeunes familles qui sont en train de lutter pour se comprendre à travers toutes sortes de pressions. Quelques familles se sentent déconnectées et négligées, sans aucune place dans les mouvements de l’Église.»

 

Linus : « Qu’il s’adresse aux malades dans l’Église et dans les gouvernements et qu’il nous aide à comprendre l’Année de la miséricorde. Nous demandons que vous nous visitiez plus souvent et que la béatification du serviteur de Dieu, le cardinal Maurice Michael Otunga soient célébrés au Kenya.»

 

Florence : « Recevez nos salutations et notre grande appréciation d’accepter de visiter le Kenya. Quand vous allez venir, abordez gentiment les sujets de corruption, du tribalisme, du terrorisme et encouragez les dirigeants politiques à prêcher la paix et l’unité au lieu de politiques qui divisent. Prier pour les dirigeants afin qu’ils soient pacifiques et nous dirigent vers le développement de la nation.»

 

Anthony : « Prier pour les vocations, et que les hommes et les femmes consacrés restent vrais dans leur appel.»

 

 

Un mois de Rosaire pour le succès de la visite

Les témoignages montrent que les catholiques au Kenya rappellent leurs grandes attentes et espérances que la visite du pape François soit un élément unificateur dans une nation qui a expérimenté les attaques terroristes, la corruption, et les politiques ethniques négatives qui divisent. Ils souhaitent que les familles catholiques soient renforcées.

En préparation de la venue du pape au Kenya, les jeunes catholiques ont organisé des rosaires quotidiens, un cadeau des jeunes Kényans au Saint-Père à ses multiples intentions, ainsi que pour la paix dans le monde.

Selon le père Charles Odira, le coordinateur national de la Commission pour la pastorale et l’apostolat des laïcs, la prière quotidienne du Rosaire a commencé le jeudi 15 octobre et s’est terminée le 15 novembre dernier.

« Tous les chapelets qui ont servi à la prière des jeunes, dans tout le pays, vont être transformés en une plaque qui sera remise au pape François durant sa rencontre avec les jeunes au Complexe sportif Kasarani de Nairobi. »

Parmi les différentes activités du Saint-Père, il y a aura cette rencontre avec les jeunes Kényans de tout le pays qui proviendront de différentes traditions religieuses, et non pas seulement avec des catholiques.

Vues d’ailleurs sur Radio VM : RCA

13.11.2015 in AED, AED Canada, Centrafrique, ESPOIR, Mario Bard, PAIX, Pape, Pape François, Radio Ville Marie, Radio VM, Refugiés, Vues D'ailleurs

RCA, République centrafricaine

De nouveau en proie à la violence

Vues d’ailleurs vous propose la semaine prochaine une rencontre à propos de ce pays martyr, où la situation se détériore de jour en jour. Pourquoi ? Quels sont les grands défis qu’y rencontre l’Église dans son travail pastoral ? Est-ce que le pape François pourra s’y rendre à la fin du mois de novembre, tel que prévu?

Point de vue divers, dont celui de Christine du Coudray,
directrice de projet section Afrique pour Aide à l’Église en Détresse.

Des personnes déplacées sont logées au Centre pastoral Jean XXIII (Bangui). Les catholiques, et même des non-catholiques, espèrent que la visite prévue du pape les 29 et 30 novembre prochain apporte des changements dans les violences et les tourments politiques que vit le pays.

Des personnes déplacées sont logées au Centre pastoral Jean XXIII (Bangui). Les catholiques, et même des non-catholiques, espèrent que la visite prévue du pape les 29 et 30 novembre prochain apporte des changements dans les violences et les tourments politiques que vit le pays.

Rendez-vous le mercredi 18 novembre à 19 h, sur les ondes de Radio VM.

En rediffusion le jeudi 19 novembre à 23 h 30
et le samedi 21 novembre à 4 h 30.

RCA : le pape apporte la réconciliation, espère les évêques

06.11.2015 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Centrafrique, Oliver Maksan, PAIX, Pape, Pape François, Voyager avec l'AED

République Centrafricaine

« Le pape vient nous apporter la réconciliation »Visit of Pope Francis to Turkey 28. – 30. November2014

La visite du pape François a fait naître de grands espoirs en République Centrafricaine. « Le pape vient pour inviter le peuple à reconstruire un pays où existent l’amour et la fraternité » a déclaré Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, la capitale, dans une entrevue accordé à l’Aide à l’Église en détresse (AED). Le pape François se rendra en Centrafrique les 29 et 30 novembre. Depuis 2013, après un putsch de l’alliance des rebelles musulmans Séléka, la violence y fait rage.

 

« Depuis le début, François s’est présenté comme pape des pauvres. Ici en Centrafrique, nous sommes une Église très pauvre. Nous avons vécu des périodes très difficiles », poursuit Mgr Nzapalainga, en ajoutant qu’à travers sa venue, le pape voulait encourager les gens à aller de l’avant sur la voie de la réconciliation. « Dans ses paroles, c’est ainsi que nous le croyons, nous entendons la voix de Jésus-Christ, qui nous appelle et qui s’adresse à notre conscience, afin que nous confessions nos péchés et les terribles crimes qui ont été commis. Car telle est la voie de la réconciliation. »

 

Archbishop Dieudonné Nzapalainga (C.S.Sp.) of Bangui, Central African Republic

Mgr Dieudonné Nzapalainga (C.S.Sp.) archevêque de Bangui, République centrafricaine

Mgr Nzapalainga considère que situation actuelle demeure agitée. « C’est comme si nous étions assis sur de la braise. Il y a encore tant de gens qui détiennent des armes. Il suffit d’une petite étincelle pour réanimer l’incendie. » Néanmoins, l’archevêque n’est pas inquiet au sujet de la sécurité du pape. « Dieu est notre premier protecteur. Et le pape vient ici au nom de Jésus-Christ. Le pape François a souhaité rencontrer ses frères et ses sœurs et, d’une certaine manière, partager leur incertitude. Il veut voir de ses yeux la réalité dans laquelle vivent les gens. »

 

Redécouvrir la fraternité interreligieuse

 

Pour l’archevêque, la visite pontificale revêt une grande importance pour ce qui est des relations entre le christianisme et l’islam. « À l’occasion de la visite du pape, les musulmans et les chrétiens se réuniront comme des frères et sœurs. Finalement, malgré tout, nous croyons tous en un Dieu unique. La visite pontificale est une invitation à redécouvrir cette fraternité. » Le rôle de la religion est de réunir et non de diviser. « Trop souvent déjà, la religion a été utilisée et on a abusée d’elle », déplore l’archevêque.

 

La dimension interreligieuse de cette visite a également été soulignée par Mgr Cyr-Nestor Yapaupa, évêque d’Alindao. « Le pape tentera de nous apporter la paix et d’unifier le pays. En ce sens, il est essentiel qu’il rende visite non seulement à la communauté islamique, mais aussi à la communauté protestante. Toutes deux sont invitées à nos cérémonies. »

 

Mgr Yapaupa s’est récemment rendu au bureau italien de l’AED à Rome. Il y a déclaré que la lutte contre la pauvreté et la guérison des profondes plaies de la

Bishop Cyr-Nestor Yapaupa of Alindao, Central African Republic - Mgr Cyr-Nestor Yapaupa, évêque d'Alindao, République centrafricaine.

Mgr Cyr-Nestor Yapaupa, évêque d’Alindao, République centrafricaine.

population représentent les deux missions principales de l’Église dans son pays. « C’est dans notre région que la rébellion de la Séléka a pris naissance. 2013 a été une année terrible pour nous. » Au cours des premiers mois, l’alliance de rebelles s’en est prise à l’infrastructure de l’Église en pillant systématiquement les presbytères, les centres sanitaires et les institutions de Caritas. En outre, tous les véhicules du diocèse, y compris ceux utilisés pour assurer les soins médicaux de la population villageoise, ont été volés.

 

 

« La communauté chrétienne a énormément souffert parce que beaucoup de prêtres ont été obligés de quitter leur paroisse. Les rebelles ont tout volé. Ils n’avaient donc plus de quoi vivre », a expliqué l’évêque. Dernièrement, et grâce au soutien de l’AED, il a été possible de réparer les portes d’entrée des presbytères.

 

En 2014, toutefois, la situation s’est améliorée, comme l’a souligné Mgr Ypaupa. En raison de l’arrivée de troupes internationales, les rebelles ont quitté la capitale Bangui. Mais la Séléka est restée dans son diocèse. « Pour le moment, leur présence se limite à certaines régions. Mais actuellement, différents groupes de rebelles se réunissent. Ils veulent à nouveau marcher sur la capitale. Ils possèdent de nombreuses armes et restent donc extrêmement dangereux. »

 

L’évêque déplore la présence des hommes de la Séléka, qui décourage de nombreux chrétiens de retourner dans leurs villages, qu’ils avaient quittés en 2013. « Nous n’avons que trois médecins pour 273 000 habitants. Les enseignants aussi ont peur de revenir. »

 

Malgré de grandes difficultés, l’Église continue d’aider la population. L’évêque affirme que les sept établissements scolaires catholiques d’Alindao sont les seuls à ne pas avoir fermé définitivement au cours des trois années de crise. Son objectif consiste maintenant à rétablir les services médicaux mobiles pour pouvoir apporter assistance à la population dans les villages.

En décembre 2013, 2000 réfugiés au couvent des Carmes de Bangui, victimes du conflit. - In 2013, nearly 2000 refugees in the monastery of the Carms, in Bangui.

En décembre 2013, plus de 2000 réfugiés au couvent des Carmes de Bangui, victimes du conflit. 

 

« À l’avenir, nous voulons aussi créer un centre de consultation. En plus de la lutte contre la pauvreté, il s’agit de guérir les plaies profondes que ces événements dramatiques ont causées dans la population. Tant de gens ont perdu leurs proches. Il faudra beaucoup de temps pour guérir ces plaies.»

Kobine Layama and Mons. Dieudonné Nzapalainga. Kobine Lama et Mgr Dieudonné Nzapalainga (crédit photo: Jose Carlos Rodriguez Soto/ACN)

Kobine Layama et Mgr Dieudonné Nzapalainga (crédit photo: Jose Carlos Rodriguez Soto/AED)

 

Texte : Oliver Maksan, AED international. Adaptation, Mario Bard, AED Canada

Cuba : une visite remplie d’espérance

23.10.2015 in Adaptation Mario Bard, AED, Aide à l'Église en détresse., Mario Bard, Pape, Pape François, Par Joop Koopman, Voyager avec l'AED

Cuba

Une visite remplie d’espérance

Ulrich Kny est responsable des projets à Cuba au sein de Aide à l’Église en Détresse. À l’occasion de la visite du Saint-Père le mois dernier, il s’est rendu sur l’Île et nous donne ses impressions de voyage et réflexions sur l’impact de la visite du Saint-Père. Ses propos sont rapportés par notre collègue américain Joop Koopman (ACN/É.-U.)

Ulrich Kny, responsable de projets de l'AED pour Cuba, en attendant la messe, place de la Révolution, à La Havane.

Ulrich Kny, responsable de projets de l’AED pour Cuba, juste avant la messe, place de la Révolution à La Havane, la capitale.

 

Qu’est-ce ce que le Pape François a apporté à Cuba?

 

Avant même sa visite, le Pape François avait déclenché un grand enthousiasme en raison de la réussite de son rôle de médiation dans le rapprochement diplomatique entre Cuba et les États-Unis. Il a offert à la plupart des Cubains l’espoir d’une suppression rapide de l’embargo économique américain. C’est pourquoi il a été reçu avec jubilation, dès son arrivée à La Havane, par des dizaines de milliers de Cubains qui agitaient des drapeaux.

 

Cependant, le Saint-Père ne vient pas à Cuba d’abord en tant que chef d’État, mais en tant que missionnaire de la charité. Ce sont surtout des messages dans la « logique d’amour » de Jésus qu’il a apportés : un amour désintéressé au service de son prochain; un amour miséricordieux qui est en mesure de transformer les cœurs; un amour qui met en mouvement et construit des ponts; un amour qui se révèle surtout dans la vie familiale.

 

Place de la Révolution: une dame attend le début de la messe présidée par le pape François. Avec ce portrait de Jésus Miséricordieux, elle attend peut-être aussi la révolution des coeurs.

Place de la Révolution: une dame attend le début de la messe présidée par le pape François. Avec ce portrait de Jésus Miséricordieux, elle espère peut-être aussi la révolution des coeurs.

Et le Pape François est venu lancer toute une série d’appels : il a par exemple invité « à vivre la révolution de la tendresse comme Marie, la mère de la Miséricorde. » À La Havane, il a appelé les jeunes à une « culture de la rencontre » : malgré la différence des points de vue, les Cubains doivent « former une amitié sociale » à la recherche du bien commun, et ils doivent « partir ensemble à la recherche de l’espérance, à la recherche de l’avenir et de la noblesse de la patrie ».

 

Parce que le Pape François s’adressait non seulement aux fidèles, mais aussi à tous les Cubains – aux catholiques comme aux non-catholiques, aux Cubains insulaires comme aux exilés cubains – il est vraiment venu à Cuba en « Pontife », au sens le plus strict du terme, c’est-à-dire, en « bâtisseur de ponts ».

 

Au niveau des anecdotes, plusieurs Cubains se sont aussi réjouis que l’arrivée de François se fasse sous la pluie, des gouttes qu’ils attendaient depuis longtemps puisque le pays a connu récemment une sécheresse d’une longueur exceptionnelle.

 

Quels effets sa visite a-t-elle déjà?

 

Même si à Cuba, jusqu’à présent, il n’y a qu’une faible proportion de la population qui se qualifie de catholiques actifs, la visite du pape François a été le sujet dominant. Même la télévision d’État cubaine a rapporté la visite du Pape avec une ampleur auparavant inconnue, par des retransmissions en direct et des documentaires. C’est ainsi que des millions de Cubains ont pu suivre les sermons et discours du Saint-Père, dans leur propre langue.

 

Et même si des non-catholiques ont pu ne pas être très ouverts aux paroles du Pape, les gestes du Saint-Père – sa manière d’aller vers les gens, son attention consacrée aux personnes qui ont pu le saluer individuellement, et comment il a béni les malades et les enfants – ces gestes d’ouverture, de cordialité et d’humanité, doivent avoir profondément marqué les cœurs de tous les Cubains.

 

Selon vous, quel sera l’héritage de la visite du Pape François?

 

Les conséquences à long terme de la visite du Pape François à Cuba ne peuvent pas encore être établies. Des thèmes très importants ont certainement été abordés lors de la rencontre face à face entre le Saint-Père et le Président Raúl Castro, ainsi que lors de la réunion avec les évêques cubains au séminaire « San Basilio Magno » à Santiago de Cuba. Les deux réunions ont eu lieu à huis clos. La rencontre avec le Pape François doit avoir laissé une impression profonde sur les évêques cubains; le Saint-Père a écouté avec beaucoup d’attention ceux d’entre eux qui ont parlé de la situation à Cuba.

Les évêques Cubains, mais aussi certains américains et haïtiens, entourent François lors de la messe célébrée Place de La Révolution, à La Havane.

Les évêques Cubains, mais aussi certains Américains et Haïtiens, entourent François lors de la messe célébrée Place de La Révolution, à La Havane.

 

J’espère vraiment qu’après cette visite du Pape, l’Église de Cuba ne sera pas simplement gratifiée d’un jour férié supplémentaire. Après la visite du Pape Benoît XVI, le Vendredi saint était devenu jour férié, mais autrement, rien n’avait vraiment changé pour l’Église. J’espère que la conséquence [principale] de cette visite du Pape sera une plus grande latitude pour le développement de l’Église.

 

Quelle est la situation de l’Église à Cuba? Quels sont ses succès?

 

Officiellement, le gouvernement cubain s’est engagé en faveur de la liberté de religion. Mais dans la pratique, l’Église catholique à Cuba est encore loin de la normalité pastorale. Il faut demander des autorisations pour tous les événements qui se déroulent à l’extérieur des locaux de l’église, ce qui, pour les collaborateurs de l’Église, est non seulement humiliant, mais cause aussi de nombreuses tracasseries.

 

C’est ce qui produit lors des préparatifs de la visite pontificale. Par exemple, beaucoup de larmes ont coulé au sein de l’équipe de préparation de la rencontre du Saint-Père avec les jeunes à La Havane, parce que les autorités ont attendu à la dernière minute pour préciser si elles autoriseraient le programme prévu pour les jeunes.

 

De nombreux diocèses ont dû se battre pour que, dans les trains et dans les autobus, suffisamment de places soient mises à la disposition des pèlerins dans les autobus et les trains voulant se rendre aux trois messes présidées par le Pape.

 

Un gros problème est aussi que l’Église a trop peu d’accès aux médias, et qu’elle n’a, pour l’instant, reçu aucun permis pour l’importation de véhicules. Enfin, l’Église catholique ne reçoit pas encore d’autorisations – en général – pour construire des églises neuves, à quelques exceptions près, comme par exemple une église dédiée à Saint Jean-Paul II à La Havane, dont nous soutenons la construction. Par contre, les groupes protestants et les sectes comme les Témoins de Jéhovah ont pu construire de plus en plus de temples ces dernières années.

Défi pastoral, mais aussi, défi matériel, entre autres pour le transport.

Défi pastoral, mais aussi défi matériel, entre autres pour le transport.

 

Malgré toutes ces difficultés, il semble que l’Église catholique devienne un acteur de plus en plus important de la société cubaine. Ses efforts pour le bien-être de la population cubaine, qui se manifestent aussi à travers un engagement social croissant, sont également reconnus par le gouvernement, et de plus en plus d’activités sont au moins tolérées.

 

Quels sont les défis de l’Église à court terme et à long terme?

L’Église à Cuba fait face à un grand nombre de défis. Tout d’abord, l’Église ne réunit pas les conditions humaines, matérielles et logistiques pour affermir et approfondir la foi des Cubains. Après près de quarante ans au cours desquels la foi a été cantonnée dans le domaine privé et dans les locaux de l’Église, les Cubains recommencent lentement, depuis la visite de Saint Pape Jean-Paul II, et de plus en plus ces dernières années, osent sortir des catacombes et montrent leur foi en public.

 

La soif de Dieu est immense, mais beaucoup de Cubains n’ont qu’une très faible connaissance de la foi. L’approfondissement de cette connaissance de la foi au moyen d’une catéchèse de grande envergure et par des expériences de rencontre personnelle avec le Christ vivant est un énorme défi pour l’Église à Cuba.

 

Hélas, elle dispose de trop peu de personnel pastoral (prêtres, religieuses, diacres, laïcs). De nombreux collaborateurs laïcs, jeunes et engagés, ne voient aucune perspective d’avenir pour eux-mêmes, et face aux difficultés persistantes de la situation à Cuba, ils émigrent à l’étranger. Il est donc fréquent qu’aucune continuité ne puisse être assurée dans la formation des laïcs.

 

La grande insuffisance des transports publics à Cuba soulève d’autres problèmes pour l’éducation et la formation du personnel pastoral et des laïcs, parce qu’il faut presque toujours louer des moyens de transport (camions et autobus) pour les événements organisés par l’Église, afin d’amener les fidèles à l’emplacement de la manifestation.

Malgré le manque de personnel pastoral, les religieuses missionnaires de la Congrégation de Marie évangélisatrice sont prêtes à soutenir le peuple Cubain dans sa recherche de sens.

Malgré le manque de personnel pastoral, les religieuses missionnaires de la Congrégation de Marie évangélisatrice – Afrique – sont prêtes à soutenir le peuple Cubain dans sa soif de Dieu.

 

Le parc automobile des diocèses a vieilli et les véhicules, trop peu nombreux, ont besoin d’être réparés. Tout cela empêche que des visites pastorales fréquentes aient lieu jusque dans les petites chapelles. Les coûts élevés du carburant (1 litre d’essence coûte près d’un dixième d’un mois de salaire d’un médecin), et la forte consommation en carburant des vieux véhicules font par ailleurs de n’importe quel voyage une opération coûteuse.

 

Un problème plus grave : détérioration morale

 

Un autre problème pour l’Église réside dans le développement de ses infrastructures. J’ai déjà mentionné le fait qu’il n’est pratiquement délivré aucun permis pour construire de nouvelles églises. Cependant, l’Église a trouvé une solution de fortune pour obtenir de nouveaux bâtiments : s’il n’est pas permis de construire de nouveaux bâtiments, alors des maisons ou des appartements sont achetés et utilisés comme chapelles, presbytères ou maisons de religieuses.

 

Un nouveau centre paroissial installé dans un appartement. Dans une des chambres, se trouve une chapelle.

Un nouveau centre paroissial installé dans un appartement. Dans une des chambres se trouve une chapelle.

Puis, ces dernières années, l’Église a récupéré beaucoup de bâtiments qui lui avaient été confisqués après la révolution. Toutefois, la plupart d’entre eux se trouvent dans un état complet de délabrement et doivent d’abord être rénovés. La pénurie de matériaux de construction et d’argent ainsi que la lenteur dans l’obtention des permis sont, à cet égard, un obstacle majeur.

 

Mais je vois un problème beaucoup plus grave pour l’avenir de Cuba dans la détérioration morale de la société cubaine. J’entends par là non seulement la pratique largement répandue de l’avortement, mais aussi l’absence des valeurs chrétiennes dans le domaine de l’éducation, lequel relève d’un monopole d’État depuis des décennies. Un autre problème a trait à ce qu’on appelle la « période spéciale », c’est-à-dire la profonde crise économique dans laquelle le pays est tombé après l’effondrement de son principal partenaire économique, l’URSS.

 

En raison de la pénurie économique chronique et des rationnements alimentaires draconiens, les Cubains ont dû acquérir de nouvelles stratégies de survie. Comme les salaires sont habituellement payés dans la monnaie locale, qui est faible, tandis que beaucoup de biens de la vie quotidienne ne sont disponibles que dans des monnaies adossées au dollar américain, les gens dépendent de l’aide financière que leur donne la parenté vivant à l’étranger, ou alors ils sont pratiquement obligés de voler les biens publics, ou de s’approvisionner au marché noir. Le terme espagnol est « resolver », ce qui signifie à peu près « se débrouiller ». En raison de la situation actuelle, une telle attitude, qui est en fait contraire à la morale chrétienne, ne peut pas être reprochée aux Cubains, mais elle implique de grands dangers pour l’avenir parce qu’elle contribue à corrompre entièrement la société.

 

Pouvez-vous commenter les changements récents dans les relations cubano-américaines? Quelles sont les relations avec la communauté expatriée aux États-Unis?

 

Comme indiqué en introduction, les Cubains de Cuba sont très reconnaissants pour le rapprochement parce qu’il leur offre de grandes perspectives d’amélioration de leur situation matérielle. Par ailleurs, ils peuvent intensifier leurs contacts avec leurs proches aux États-Unis. J’ai été frappé, récemment, de voir le soir dans plusieurs villes où le gouvernement cubain venait d’installer des accès à Internet, de nombreuses personnes avec les ordinateurs portables, tablettes électroniques et téléphones intelligents les plus modernes se retrouver pour surfer sur Internet, échanger des courriels ou participer à des conversations avec leurs proches aux États-Unis. Les appareils et les coûteux codes d’accès sont la plupart du temps financés par des proches de l’étranger.

 

Que peut offrir l’Église cubaine au reste du monde?

L’Église de Cuba a appris à survivre pendant des décennies dans un environnement athée. Elle est désormais ressortie de ses catacombes et – malgré toutes les résistances et les difficultés – elle est devenue une force sociale active qui a gagné un grand respect à tous les niveaux de la société cubaine. Aujourd’hui, l’Église cubaine peut offrir à l’Église universelle son expérience du dialogue avec une société qui n’a en grande partie aucune connaissance de Dieu. Je suis particulièrement impressionné par la créativité des évêques, prêtres, religieux et laïcs qui savent lentement mais sûrement élargir les marges de manœuvre accordées à l’évangélisation.

 

Que recommanderiez-vous aux personnes vivant à l’extérieur de Cuba pour aider le pays?

 

Tout d’abord, Cuba a besoin de notre prière afin que les paroles et les gestes du Saint-Père puissent germer sur un sol fertile, et afin que la Vierge d’El Cobre puisse mener sa « révolution de la miséricorde ». En même temps, nous devons maintenant soutenir l’Église de Cuba encore plus intensément qu’auparavant par une aide décisive, afin qu’elle puisse profiter de toutes ses potentialités d’évangélisation, et qu’elle ne soit pas limitée par le manque d’argent. Après la visite du Pape François, je pense que le moment est très favorable pour investir massivement dans la formation et la subsistance des prêtres et religieux, catéchistes et collaborateurs laïcs, dans le développement de l’infrastructure de l’Église et la diffusion de documentation religieuse, afin que de plus en plus de Cubains aient la possibilité de faire une rencontre personnelle avec Jésus Christ.

 

Quelles sont les mesures contre-productives que les gens hors de Cuba devraient éviter?

 

Dans toutes nos critiques légitimes des violations des droits de l’Homme et du manque de liberté pour la population cubaine, nous devrions éviter la polémique et la confrontation. Dieu merci, le gouvernement cubain a réalisé que l’Église n’est pas une opposition politique, mais qu’elle agissait pour le bien-être de la population cubaine. Elle ne se limite pas à dénoncer l’injustice, mais cherche le dialogue avec le gouvernement et la société, et fait tout son possible pour diffuser des valeurs chrétiennes et apporter aux Cubains de l’espoir pour l’avenir. Je pense que l’Église à Cuba est sur une bonne voie.Project trip of Ulrich Kny