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Communiqué de l’AED : Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie

16.09.2019 in AED Canada, AED-Canada, Mario Bard, PAIX, Pape François, Syrie

Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie
Marie-Claude Lalonde parmi les délégués de l’AED

Par Mario Bard, AED Canada

Lundi 16 septembre 2019 — Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED), a participé ce dimanche 15 septembre à la bénédiction d’une icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, par le pape François, à la Maison Sainte-Marthe au Vatican. Par la suite, l’icône sera transportée dans 34 diocèses de Syrie — on parle ici du pèlerinage de l’icône — offerte à la vénération des fidèles, et devrait terminer son périple à Damas en mai 2020.

 

« C’est une très grande joie pour moi d’avoir pris part à cet événement qui a eu lieu juste un peu avant l’Angélus de ce dimanche », indique fébrile Marie-Claude Lalonde au bout du fil. « Cette bénédiction est un pur bonheur, puisque nous étions au cœur même de la mission de l’AED : soutenir pastoralement les chrétiens qui en ont le plus besoin. » Elle ajoute : « Cette initiative rejoint tous les autres appels à la paix que le pape François a lancés pour que cesse ce conflit abominable et dont les civils syriens ont terriblement souffert. Par ce geste, il redit avec force tout son soutien à la population syrienne brisée par la guerre ».

Pèlerinage de l’icône : pour la guérison des cœurs

 L’Icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, a été écrite en août dernier par le père Spiridon Kabbash de Homs et sera présentée à la vénération des fidèles dans 34 diocèses de Syrie, fort probablement jusqu’à la fin du mois de mai 2020.

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde

« Un projet comme celui de la bénédiction d’une icône peut paraître anodin et sans importance pour des sociétés sécularisées comme les nôtres », explique Mme Lalonde.
« Mais, en Syrie, les traditions religieuses sont encore très présentes dans l’espace social et ces gestes — écrire une icône, la bénir et la proposer à la vénération des fidèles — sont considérés comme un véritable baume, immense et pratiquement essentiel pour tous les chrétiens, blessés par cette guerre, eux qui ont survécu à plus de huit ans de conflit fratricide. »

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde.

Le message du pape aux familles qui accompagne l’icône est : « Vous n’êtes pas seul, nous sommes avec vous. » Par ailleurs, au même moment en Syrie, les 6 000 chapelets bénis par le pape il y a un mois ont été distribués dans les paroisses syriennes.

Vatican, 15 septembre 2019 : le pape bénie l’icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens. Le père Spiridon Kabbash de Homs, qui a écrit l’icône, se tient à côté. (© ACN/AED)

 

Le tout fait partie d’une grande campagne de prière pour et avec le peuple syrien, Consolez mon peuple, promue par l’Aide à l’Église en Détresse et des Églises syriennes.

 

Une goutte de lait à Homs en Syrie

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse Canada est toujours en campagne de financement et espère collecter plus de 378 000 dollars afin de donner quotidiennement du lait à plus de 6 000 enfants âgés de 0 à 10 ans dans la ville de Homs, et ce, pendant une période de six mois.

Il y a trois manières faciles et sécuritaires de donner pour ces enfants :

  •         Le site sécurisé : acn-canada.org/fr/gouttedelait
  •          Par téléphone : 1-800-585-6333, poste 222
  •          Par la poste :

Une goutte de lait pour Homs
Aide à l’Église en Détresse Canada

C.P. 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

Entrevue de l’AED – Nigeria : Les préjugés entraînent des aberrations

29.07.2019 in Nigeria, PAIX, persécution

Nigeria
Les préjugés entraînent des aberrations,
ou bien, quand l’agresseur risque d’être présenté comme victime !

Au Nigeria, les rapports officiels des forces de sécurité sont biaisés et remplis de préjugés, ce qui exacerbe les tensions, car les victimes finissent par être accusées à la place des agresseurs. L’appartenance tribale ou religieuse joue un rôle important. Par exemple, il est fréquent que les bergers peuls disparaissent après leurs attaques meurtrières et que les villageois pauvres essaient de réagir pour se protéger ou se défendre. Finalement, ce sont souvent ces derniers qui finissent en détention, emprisonnés et torturés par les forces de sécurité. Ce fut le cas en mai dernier pour des jeunes de la tribu Kona.

Par Grace Attu
Révision française au Canada : Mario Bard
Mise en ligne  : Lundi le 29 juillet, 2019

Mgr Ignatius Ayau Kaigama, nouvel archevêque coadjuteur d’Abuja et administrateur apostolique de Jos au Nigeria, l’a fait savoir dans un message dont l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse a obtenu copie. Il y explique le conflit qui a commencé le 6 mai dernier lorsqu’un affrontement a eu lieu entre un berger Peul et un fermier de l’ethnie Jukun Kona à Yawai Abbare, près de Jalingo, capitale de l’État de Taraba. Le conflit a duré plus d’un mois et a dégénéré au point qu’à la fin, 18 villages ont été attaqués et incendiés, 65 personnes ont été tuées et 9 000 déplacées. Au passage, 15 églises, deux écoles primaires et un centre de santé ont été détruits.

« Je ne parviens pas à comprendre qu’au Nigeria, lorsqu’il y a un malentendu, les gens aient tendance à manifester leur colère et leur frustration contre les lieux de culte et d’identité religieuse, et cherchent à donner une connotation religieuse à ce qui est un conflit social. C’est quelque chose de condamnable. Il est également surprenant que ceux qui prétendent être des “croyants” détruisent des lieux de culte et prennent même des vies sans le moindre scrupule », déplore le prélat.

« Comme d’habitude, on continuera à faire des suppositions à propos de ce qui a vraiment déclenché la crise. Les Peuls et les Konas racontent chacun l’histoire d’une manière favorable à leur groupe ethnique. Cela explique pourquoi, trop souvent, lorsqu’une autorité de police considère une histoire comme véridique, sans tenir compte des faits objectifs des récits qui sont diffusés et sans comparer en profondeur les versions des parties concernées, le rapport qui est remis aux autorités supérieures ou au public est déformé. Et, dans de tels cas, l’agresseur pourrait facilement devenir la victime, tandis que la victime devient l’agresseur », explique Mgr Kaigama. Il estime que la réaction des forces de sécurité aurait dû être rapide et dépourvue de ce qui polarise tristement les Nigérians à tous les niveaux : les préjugés religieux et ethniques.

Des fonctionnaires manquent de neutralité

Il rappelle également que la violence s’est poursuivie pendant une longue période, et la tentative d’attaque du village de Kofai le 16 juin a eu pour effet de répandre chez les jeunes konas le sentiment d’être abandonnés. C’est pourquoi ils ont bloqué les routes et, du fait de leur colère et de leur frustration, ont essayé de s’opposer aux soldats. Ils ont affirmé qu’on leur avait tiré dessus et qu’on les avait arrêtés pour avoir cherché à défendre leur communauté contre les bergers. Des centaines de femmes konas ont manifesté pacifiquement pour protester contre les assassinats, les brimades et la détention de jeunes konas par des agents de sécurité, tandis que les vrais agresseurs (des hommes armés) avaient disparu après avoir commis des attaques meurtrières.

Mgr Kaigama explique que lorsqu’il a appris l’impuissance de la population, il a été forcé d’entrer en contact avec le personnel de sécurité et les hauts fonctionnaires du gouvernement pour qu’ils interviennent; il a été déçu par la réponse négative qu’il a reçue de certains d’entre eux.

« De toutes les personnes que j’ai appelées au téléphone, ce qui m’a le plus surpris, c’est la réponse, la réaction et l’attitude grossières du directeur adjoint de la police de l’État de Taraba, qui était responsable des opérations. Au cours de mes dix-neuf années en tant qu’archevêque catholique de Jos, j’ai entretenu de bonnes relations avec tous les commissaires de police, commandants de l’armée, directeurs des services de sécurité de l’État, commandants de la défense civile et commandants de l’opération Safe Havens stationnés dans l’État du Plateau, au point qu’il n’y a pas si longtemps, après une collaboration réussie pour éviter ce qui aurait pu déclencher une grande crise et un bain de sang à Jos, je les ai invités chez moi, où nous avons échangé des idées grâce à leur remarquable coopération avec l’Église. Chaque fois qu’il y avait un nouvel officier supérieur de la sécurité à Jos, il me rendait visite dans mon bureau, ou alors nous nous rencontrions dans des forums de dialogue au Centre de Dialogue, Réconciliation et Paix (DREP) que j’ai fondé à Jos en 2011 ».

« Dans certains cas, il devient évident que les agents de sécurité ont des préjugés en ce qui concerne les événements d’un conflit », dit-il.

En revanche, l’archevêque loue la réponse du vice-président du pays, le professeur Yemi Osinbajo, qui l’a écouté et a promis d’agir. « Je crois que ma demande d’intervention adressée au vice-président a conduit le Président Buhari à déclarer le 20 juin que les terres et villages des Konas devaient être protégés. Par l’intermédiaire de son adjointe chargée de la communication, Garba Shehu, le président a condamné les attaques contre le peuple Kona et a averti que les attaques contre des innocents, que ce soit pour se venger ou pour toute autre raison, ne seraient pas tolérées par le gouvernement. Par la grâce de Dieu, des mesures de paix ont également été prises », dit-il.

Chercher la paix par la vérité et la réconciliation

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« Aujourd’hui, les attaques de la guérilla se produisent lorsque des fermiers qui tentent de cultiver leurs terres sont tués », poursuit-il. « Trois personnes ont été tuées le matin de ma visite du 10 juillet ».

Selon l’archevêque, la grande question est la suivante : après le retour de la paix, que se passera-t-il ? Des personnes ont été déplacées, il n’y a pas de maisons où revenir, aucune activité agricole n’est possible, etc. Sans compter la crainte que les attaques recommencent.

L’archevêque rappelle que cette crise entre les Peuls et les Konas semble être une réplique des événements qui ont eu lieu dans les années 1890 entre l’ethnie Jukun Kona et les peuls de Jalingo. En raison de l’actualité, dit-il, l’hostilité s’est intensifiée, aggravant les relations entre ces deux ethnies.

Des mesures sont donc d’une urgente nécessité pour refermer la brèche et guérir des blessures historiques. Il faut rechercher la véritable justice et la réconciliation, et un comité de vérité et de réconciliation doit être mis en place pour aller à la racine de cette question, suggère-t-il.

Entretien AED : Père Prasad Harshan aide les victimes des attentats au Sri Lanka.

26.07.2019 in Adaptation Mario Bard, PAIX, par Stephan Baier, Sri Lanka

Sri Lanka

« En une seule nuit, tout le pays a été baptisé »

Avec son équipe appelée Faith Animation, le Père Prasad Harshan aide les victimes des attentats terroristes au Sri Lanka.

Un entretien mené par Stephan Baier/Aide à l’Église en Détresse (AED)

Père Prasad Harshan, les attaques terroristes commises à Pâques contre trois églises chrétiennes au Sri Lanka ont blessé de nombreux fidèles, non seulement sur le plan physique et psychique, mais aussi dans leur foi. Comment l’Église les aide-t-elle ? S. E. Mgr Malcolm Ranjith, notre cardinal, souhaitait que des missionnaires descendent dans les rues pour aller de paroisse en paroisse, de rue en rue, pour être à l’écoute des gens dans leurs maisons, pour écouter leurs histoires et les aider dans chacun de leurs combats de la foi. Nous avions déjà commencé à mettre ce projet en branle il y a trois ans. Aujourd’hui, cette approche s’est avérée une véritable bénédiction lorsque nous avons appris cette tragédie : une bénédiction pour l’Église et pour la population. Nous sommes à présent cinq prêtres qui travaillent avec les victimes des attentats. Nous déployons en particulier nos activités à Negombo, où 115 personnes d’une seule paroisse ont été assassinées, et où plus de 280 personnes ont été blessées. Nous apercevons partout des fanions noirs en signe de deuil. Les gens sont blessés sur le plan physique, mental et spirituel. Nous constatons l’ampleur des blessures dans leur foi et dans leur vie spirituelle. Durant les trente années de guerre civile, nous n’avions jamais vécu ce genre d’attaques à la bombe dans des églises. Aujourd’hui, les gens se posent des questions : pourquoi est-ce arrivé ? Pourquoi le jour de Pâques ?

..« comment Dieu a-t-il pu permettre cela, dans Sa propre maison ? »

Père Prasad Harshan

Est-ce qu’il s’ensuit des doutes au niveau de la foi et une certaine distance par rapport à l’Église ? Les gens ont d’abord été sous le choc : comment Dieu a-t-il pu permettre cela, dans Sa propre maison ? Nous, les prêtres, avons décidé de rester aux côtés des gens, même si nous ne pouvions leur donner aucune réponse. Nous avons été auprès d’eux dans leurs maisons. Nous avons voulu leur montrer que Dieu est et demeure auprès d’eux. Après le choc, il a y eu la colère. En particulier lorsqu’ils ont appris que le gouvernement avait été, au préalable, alerté par des informations. Les gens ont dû lutter contre leurs émotions. Dans ce contexte, l’exhortation du cardinal de se laisser guider par la foi et non par les émotions a joué un rôle majeur.

À quoi ressemble concrètement votre travail pastoral ? Aujourd’hui, nous travaillons beaucoup avec des enfants qui ont peur de retourner à l’église ou à l’école dominicale. Nous suivons aussi les mères pour renforcer leur foi. Il y a 475 ans, un roi hindou a assassiné 600 chrétiens au nord du Sri Lanka. Nous emmenons maintenant les proches des victimes des attentats aux mémoriaux de ces martyrs, dans le nord du pays. Les morts du dimanche de Pâques sont des martyrs parce qu’ils ont perdu leur vie pour leur foi. À travers ce voyage auprès de ces anciens martyrs, nous tentons de guérir les blessures des proches. Les blessés et les personnes qui ont perdu leur conjoint durant la guerre civile s’adressent également à eux, les encouragent et témoignent de leur foi en Dieu. Beaucoup de catholiques au Sri Lanka m’ont dit qu’après les attentats terroristes, ils étaient plus forts et plus croyants qu’auparavant.

Les personnes directement concernées portent encore aujourd’hui leurs blessures. Néanmoins, cette tragédie est devenue une bénédiction pour les catholiques de notre pays, car en une seule nuit, tout le pays a été baptisé. En effet, il y a un baptême d’eau et un baptême de sang. Soudainement, notre pays a pris conscience de la présence des catholiques et de la particularité de leur croyance. Auparavant, environ 4 000 personnes regardaient les messages vidéo du cardinal, alors qu’aujourd’hui, ils sont des centaines de milliers. Ils veulent savoir ce qu’il pense. Nous vivons une véritable Pâque ! Mais, cela a commencé le dimanche de Pâques par les corps déchiquetés, par le sang des martyrs.

Victimes des attentats du 23 avril, 2019

Les bouddhistes représentent 70 pour cent de la population du Sri Lanka. Pourquoi les terroristes n’ont-ils pas attaqué des temples bouddhistes ? Les bouddhistes constituent une majorité dans ce pays, et parmi eux, il y a aussi des guerriers. Nous ignorons pourquoi aucun temple bouddhiste n’a été attaqué. C’est peut-être relié au fait que l’Église catholique constitue certes une minorité dans notre pays, mais qu’elle représente la plus grande communauté religieuse du monde. Les terroristes voulaient impliquer le monde entier.

« Ils se sont demandé : pourquoi ne se vengent-ils pas ? »

Comment les attentats ont-ils influencé la relation entre les bouddhistes et les catholiques ? Les bouddhistes ont commencé à discuter entre eux et à souligner à quel point les catholiques étaient admirables. Ils se sont demandé : pourquoi ne se vengent-ils pas ? Heureusement, nous avons un merveilleux système dans l’Église catholique : les prêtres écoutent le cardinal, les fidèles écoutent les prêtres. Actuellement, les moines bouddhistes nous admirent également, nous autres catholiques, et nous témoignent beaucoup de sympathie et de respect.
Comment les chefs de la communauté religieuse islamique du Sri Lanka ont-ils réagi à la terreur issue de leurs rangs ?
Les autorités musulmanes ont reconnu qu’elles avaient commis l’erreur de se taire au sujet des activités des groupes terroristes dans leurs communautés. Nous n’en savions rien, mais elles étaient au courant. Elles ont compris que c’était un désastre pour tout le pays. Tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais tous les kamikazes qui ont commis les attentats-suicides étaient musulmans. Les musulmans ne peuvent donc nier avoir leur part de responsabilité à assumer. Leur mission est maintenant d’effectuer une purification intérieure. Lorsque les enquêtes ont commencé, des armes ont été trouvées dans les mosquées. Nous en avons été choqués. Les dirigeants islamiques ont le devoir d’interpréter le Coran de manière pacifique.

La solidarité internationale avec les victimes a-t-elle été tangible au Sri Lanka ? Les organisations de secours catholique comme Aide à l’Église en Détresse (AED) nous ont été d’un très grand soutien. Nous sommes une minorité dans ce pays, mais nous savons que nous appartenons à une famille bien plus grande. Des gens qui ne sont jamais venus au Sri Lanka prient pour nous et nous font des dons ! C’est ainsi que l’Église catholique est devenue une bénédiction pour toute la population du Sri Lanka. En effet, des musulmans, des hindous et des bouddhistes aussi sont morts dans nos églises. Alors que les gens se tournent maintenant vers l’Église catholique, une conversion intérieure a commencé. Les gens commencent à comprendre ce que cela signifie de vivre en Jésus-Christ.

Communiqué AED – Aide à l’Église en Détresse Internationale reçoit le prix Path to Peace Award 2019

24.05.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, AED États Unis, PAIX, Par Joop Koopman, persécution

Aide à l’Église en Détresse,       « cheffe de file » mondiale et
« voix » pour les chrétiens persécutés

NYC/Montréal, 23 mai 2019 – Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies et président de la Fondation Path to Peace, a salué Aide à l’Église en Détresse (AED), lauréate du Prix Path to Peace 2019, comme étant « l’organisation qui est cheffe de file dans le monde concernant la persécution dont sont victimes les chrétiens dans le monde – [elle met des mots sur ce phénomène] – et chose encore plus importante, [c’est une organisation] qui répond par l’action ».

 

Par Joop Koopman, AED-USA et Mario Bard, AED-Canada
Publié sur le web le 24 mai, 2019

S’exprimant le 22 mai 2019 lors du gala annuel de remise des prix de la fondation Path to Peace, à l’Hôtel Pierre de New York, Mgr Auza a déclaré que la fondation à voulu honorer l’AED « comme étant une voix criant dans le désert, un écho aux voix des chrétiens appelant au secours ». L’archevêque a déclaré que les rapports bisannuels de l’AED – Persécutés et oubliés et Liberté religieuse dans le monde – sont « les meilleurs rapports qui existent, chacun détaillant respectivement : les ravages de la
christianophobie ainsi que la situation de la liberté religieuse dans 196 pays.

« On ne saurait trop insister sur l’importance de l’information fournie par ces rapports », a déclaré l’archevêque, même si l’AED rend « un service encore plus grand par tout son travail sur le terrain ». Mgr Auza – qui en tant que jeune prêtre originaire des Philippines a reçu une bourse de l’AED lui permettant d’étudier à Rome – a souligné en particulier le travail de l’AED dans la plaine de Ninive en Irak, où l’organisation
« dirige ce que l’on a appelé un plan Marshall pour la reconstruction des maisons, institutions, églises ainsi que la reconstruction de la vie des familles chrétiennes, en réponse à la destruction du groupe État islamique ».

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Erbil, Irak, décembre 2014 : grâce à l’AED, ces enfants et leurs familles déplacés
à cause de la barbarie du groupe État islamique retrouvent une vie stable. Et le sourire !

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Irak, début 2017 : les chrétiens de la plaine de Ninive retrouvent leurs églises et nombre d’objets sacrés profanés. Sur la photo, une statue de Notre-Dame de la paix dont la tête a été coupée et que quelqu’un a tirée au niveau de la position du cœur : signes de haine envers les chrétiens.

Être une voix, grâce aux bienfaiteurs

Thomas Heine-Geldern, président de l’AED Internationale, a déclaré que cet honneur revient à tous
« ces chrétiens qui, du seul fait de leur foi, sont persécutés, opprimés, discriminés ou réduits au silence. Ce soir, en leur prêtant ma voix, j’espère que leur martyr sera un peu moins silencieux. »

Il a ajouté : « Notre travail ne serait pas possible sans le soutien indéfectible de nos bienfaiteurs dans le monde entier. Nous existons grâce à leur extraordinaire soutien moral et financier et nous devons garder à l’esprit que c’est souvent l’obole de la veuve qui nous aide. Nous nous appuyons sur nos bienfaiteurs pour construire des ponts de foi, d’espérance et de charité pour soutenir l’Église persécutée. »

L’AED a été fondée en 1947 par un jeune prêtre et chanoine Prémontré néerlandais, le Père Werenfried van Straaten (1913 -2003), afin de répondre aux besoins des réfugiés et des personnes déplacées dans l’Allemagne de l’après-guerre. Aujourd’hui, l’AED est une œuvre de charité pontificale qui, avec plus de 5 000 projets en moyenne à travers le monde chaque année, soutient les chrétiens persécutés et en détresse.

Ces projets sont dédiés à la construction d’églises et de chapelles, à la formation de séminaristes, religieux, religieuses et catéchistes laïcs, à l’aide d’urgence et à procurer des moyens de transport mis au service de l’Église.

L’an dernier, les bienfaiteurs de l’AED ont donné plus de 150 millions de dollars. Depuis 2011, l’AED a alloué aux chrétiens syriens et irakiens menacés par le groupe État islamique et d’autres groupes islamistes plus de 105 millions de dollars permettant ainsi d’assurer la survie du christianisme dans cette région.

Chrétiens persécutés : devant l’ONU grâce à l’AED

 

« La liberté religieuse est un droit de l’homme fondamental », a déclaré Thomas Heine-Geldern. Il est de la responsabilité de toutes les nations et des ONG internationales de protéger le droit à la liberté religieuse de chaque individu. Nous ne devons pas renoncer à la lutte pour la pleine réalisation de ce droit humain fondamental, indissociable de la dignité de tout être humain. »

En conclusion, il a ajouté que « nous avons tous l’obligation de répondre et de manifester notre solidarité avec les communautés chrétiennes persécutées. Et notre travail n’est pas le plus difficile. Des hommes et des femmes courageux – des évêques, des prêtres, des religieuses et des laïques bénévoles – se tiennent aux côtés des fidèles en première ligne, confrontés à la persécution, à la haine et à la violence. Serviteurs ultimes de la paix, ils restent auprès de leur peuple. Je leur offre aussi ce prix Path to Peace 2019. »

La Fondation Path to Peace soutient divers aspects du travail de la Mission permanente du Saint-Siège auprès de l’ONU. Elle finance également des projets humanitaires dans différents pays en développement. Parmi les précédents lauréats du Prix Path to Peace figurent le Cardinal Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie, le prince Henri de Luxembourg et la Reine Sofia d’Espagne.

Dans son allocution, Mgr Auza a déclaré que « la Mission du Saint-Siège n’aurait pas été en mesure de faire ce qu’elle a essayé de faire pour la défense des chrétiens aux Nations unies sans la collaboration efficace et constante de l’AED-USA ».

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Mgr Bernadito Auza et M. Thomas Heine-Geldern, lors de la soirée de gala le 22 mai dernier à NYC.

L’AED au Canada

 

Au Canada, le bureau national de l’Aide à l’Église en Détresse est situé à Montréal depuis plus de 30 ans. Celui-ci sensibilise, récolte des fonds et organise diverses activités, dont depuis cinq ans à Montréal, une messe pour les chrétiens persécutés, présidée par l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine. Et, pour une deuxième année consécutive, le bureau national canadien coordonnera le Mercredi rouge, prévu le 20 novembre prochain. Des activités de sensibilisation sont déjà confirmées ou en cours de l’être à Montréal, Toronto et Calgary, entre autres. Pour plus d’information ou bien pour participer, téléphonez au 1-800-585-6333, poste 226.

L’Aide à l’Église en Détresse (AED) lauréate du prix 2019 de la fondation “Path to Peace”

13.05.2019 in Adaptation Mario Bard, MONDE, PAIX, Par Joop Koompan, Voyagez avec AED

New York

L’Aide à l’Église en Détresse (AED) lauréate du prix 2019 de la fondation “Path to Peace”


NEWYORK/KÖNIGSTEIN/MONTRÉAL  Le 15 avril dernier, Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et président de la fondation Path to Peace a annoncé que le prix 2019 de cet organisme sera décerné à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).
Par Joop Koopman, pour ACN International
Adaptation par Mario Bard pour le bureau canadien
Publié sur le web – 13 mai , 2019
 

Thomas Heine-Geldern, président de l’AED internationale, recevra le prix au nom de l’organisme lors du dîner de gala annuel de Path to Peace le 22 mai prochain à New York. « Recevoir ce prix exceptionnel est un grand honneur pour l’Aide à l’Église en Détresse », affirme-t-il, avant d’ajouter : « C’est une reconnaissance extraordinaire du pont d’amour construit par la générosité de nos bienfaiteurs et l’Église souffrante et persécutée dans le monde entier. »a mission du Saint-Siège explique avoir choisi de rendre hommage à l’AED en reconnaissance de son soutien humanitaire et pastoral aux chrétiens persécutés.

 

Reconnaissance dans une année sombre

« Je suis bien sûr extrêmement heureuse que notre organisationrecoive cet honneur exceptionnel pour son travail », indique quant à elle Marie-Claude Lalonde, directrice nationale l’AED-Canada. « Ce prix arrive à point nommé : depuis le début de 2019, il semble que nous soyons entrés dans l’une des pires années en ce qui concerne la persécution des chrétiens ».

Dans un article récent – à lire sur notre site web –, Monsieur Heine-Geldern rappelait qu’au moins quatre attaques majeures contre des chrétiens ont déjà eu lieu dans le monde depuis le début de l’année, dont la dernière au Sri Lanka qui a tué plus de 268 personnes, principalement des participants aux messes de Pâques, et blessées plus de 500 autres. «  Aide à l’Église en Détresse se bat jours après jours pour soutenir ces Églises locales, et pour informer à leurs propos », indique encore Mme Lalonde. « La liberté religieuse dont un bon nombre d’entre elles ne disposent pas est une liberté fondamentale inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies. L’hommage que l’on reçoit invite l’AED à continuer son travail avec la plus grande diligence. »

La fondation Path to Peace soutient divers aspects du travail de la Mission du Saint-Siège auprès de l’ONU. Elle finance également des projets humanitaires dans différents pays en développement.

Parmi les précédents lauréats du Prix Path to Peace figurent le Cardinal Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie et la Reine Sofia d’Espagne.

Fondée en 1947 par le Père Werenfried van Straaten) pour aider les réfugiés et les personnes déplacées dans l’Allemagne de l’après-guerre, l’AED soutient plus de 5 000 projets chaque année dans plus de 140 pays. Ces projets sont dédiés à la construction d’églises et de chapelles, à la formation de séminaristes, de religieux, de religieuses et de catéchistes laïcs, à l’aide d’urgence, notamment aux chrétiens persécutés et aux moyens de transport pour faciliter le travail pastoral. L’an dernier, les bienfaiteurs de l’AED ont donné plus de 150 millions de dollars, provenant principalement des 23 bureaux nationaux, dont celui du Canada. 

Depuis 2011, l’AED a alloué plus de 105 millions de dollars aux chrétiens syriens et irakiens menacés par le groupe État islamique et d’autres groupes islamistes, permettant ainsi de maintenir le christianisme dans la région.

Le dîner de gala de la fondation Path to Peace se déroulera le 22 mai prochain, à Manhattan.

Nicaragua : une Église aux côtés de son peuple

16.04.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED, Aide à l'Église en détresse., Nicaragua, PAIX, Voyager avec l'AED

Nicaragua : une Église aux côtés de son peuple

« Nous portons un petit bout de la Croix du Christ. Nous ne pourrions pas la porter en entier. Il nous y aide ».

Par Ines San Martin, ACN-International Révision canadienne-française : Mario Bard Mise en ligne : 16 avril 2019

Le Nicaragua est aujourd’hui un pays coincé entre deux identités : d’une part une nation dirigée par un gouvernement qui représente à bien des égards un long passé dictatorial, à l’image de la dynastie des Somoza qui gouverna le pays pendant près de six décennies au cours du 20e siècle.

D’autre part, c’est aussi un pays dont la population a exprimé son exaspération. Un pays qui est sorti de sa léthargie et qui veut aller de l’avant, avec une Église catholique dirigée par dix évêques qui n’ont pas peur de guider leurs ouailles et d’être cette Église « en sortie » que demande le pape François, qui ouvre les portes des cathédrales pour être littéralement un « hôpital de campagne ». Sans drapeaux politiques et sans faire de distinction dans l’attention portée aux blessés, l’Église soutient ceux qui souffrent et nourrit les affamés tant physiquement que spirituellement.

« Vous êtes venus à un moment compliqué… où les gens souffrent beaucoup, parce qu’ils ont peur de sortir dans la rue », a déclaré un prêtre du diocèse de Matagalpa – qui pour des raisons de sécurité, préfère rester anonyme – à une délégation de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), venue en visite dans le pays à la fin du mois de novembre pour manifester sa solidarité, compte tenu de la situation que traverse le pays.

 

Population sous tension

Malgré les affiches municipales qui parlent d’une Matagalpa « chrétienne, socialiste et solidaire », la tension est palpable, avec des policiers et des forces paramilitaires dans les rues pour dissuader la population civile de manifester, en grande partie pacifiquement. Ces manifestations ont commencé en avril 2018, mais dans le cas de Matagalpa, les forces de l’État ont même interdit à un groupe de femmes d’honorer la mémoire de leurs enfants tués lors de la guerre civile, alors que ça fait près de 20 ans qu’elles mènent cette marche.

« Je suis l’un des chanceux; beaucoup de prêtres ont dû fuir », dit-il. « Mais on ne peut pas rester les bras croisés quand des gens font irruption dans l’église pendant la messe parce qu’on essaie de les tuer. En effet, les militaires et les policiers ne leur jetaient pas des bonbons. Ils tiraient sur eux pour les tuer, en visant la tête, le cou et la poitrine ».

« L’Évangile nous enseigne que nous devons ouvrir les portes à ceux qui sont persécutés, et c’est ce que nous avons fait. Nos églises sont devenues des refuges, et non des maisons de planification, comme le gouvernement le prétend ».

Et le prêtre sait de quoi il parle : le 15 mai 2018, dans une voiture du diocèse surnommée « l’ambulance », il a sauvé 19 manifestants blessés qui avaient été touchés par des balles d’AK-47. Sur ordre du régime, les hôpitaux publics n’ont pas été autorisés à aider les blessés, en grande partie des étudiants.

« Ces jours-là, les gens assis sur les bancs de nos églises n’écoutaient pas l’Évangile, ils le vivaient », dit-il avec émotion.

L’Église défend le droit de manifester pacifiquement

Depuis septembre, et avec l’aide d’organismes internationaux, l’Église diocésaine a ouvert cinq bureaux pastoraux de Droits de l’homme, où elle vient en aide aux familles qui ont perdu des enfants pendant les manifestations, ainsi qu’aux personnes qui sont aujourd’hui persécutées pour avoir manifesté. Une cinquantaine de personnes sont actuellement emprisonnées sans procès équitable, et il y a des centaines de « disparus », tandis que 30.000 personnes se sont exilées au Costa Rica, et autant dans d’autres pays.

« Nous avons été accusés de cacher des armes, ce que nous n’avons jamais fait », déclare le prêtre. « Notre seule arme, c’était Jésus dans l’Eucharistie ».

Le nombre de personnes qui dépendent aujourd’hui de l’Église pour leur survie a triplé depuis le mois d’avril.

« Nous portons un petit bout de la Croix du Christ », dit-il. « Nous ne pourrions pas la porter en entier. Il nous y aide ».

La situation des évêques et de nombreux religieux au Nicaragua n’est pas simple. Leur attitude qui a consisté à ouvrir les portes des églises pour s’occuper des blessés, tant des étudiants que des policiers, ainsi que leur volonté de collaborer à un processus de dialogue national qui a échoué, a conduit à ce que beaucoup d’entre eux soient qualifiés par le parti au pouvoir de « putschistes » et de « terroristes ».

L’un d’eux est le Cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua, la capitale du pays. En dépit des difficultés, il n’a perdu ni son sourire ni sa foi.

Et, malgré son sourire, Mgr Brenes ne peut cacher son inquiétude pour l’avenir du Nicaragua, un pays qui a connu suffisamment de révolutions pour savoir que nombre des grandes idées qui convainquent les masses, tôt ou tard, finissent par être brisées par les abus de pouvoir d’une minorité.

La dernière révolution a commencé le 18 avril, même si beaucoup de Nicaraguayens s’accordent à dire que ça n’a été rien de plus que « l’étincelle qui a déclenché un feu qui couvait depuis longtemps ».

« L’Église accompagne le processus de dialogue mis en place après les manifestations, mais comme un service rendu au pays », affirme Mgr Brenes. « Ce qui nous intéresse, ce n’est pas le pouvoir, mais accompagner les efforts sans en attendre autre chose que le bien de la patrie. Lorsque les affrontements entre les forces nationales et les manifestants ont eu lieu, nous avons protégé tout le monde ».

Plus d’une fois, le cardinal a dû servir de médiateur entre le gouvernement et les manifestants, tant pour secourir les policiers qui avaient été enlevés, que pour que demander aux militaires qu’ils cessent de tirer sur les étudiants.

« Nous ne leur avons jamais demandé à quel camp ils appartenaient, nous avons simplement aidé tous ceux qui nous demandaient de l’aide », a-t-il dit, reconnaissant toutefois qu’ils auraient pu dénoncer l’usage de la violence par certains manifestants.

« À un moment, les deux parties ont fait preuve de violence, mais le gouvernement a fait un usage disproportionné de la violence », déclare-t-il. « La police antiémeute avait des fusils, tandis que les jeunes avaient des lance-pierres et des explosifs fait maison ».

Prier le Rosaire pour la paix

Le défi consiste maintenant à œuvrer à la réconciliation nationale, ce qui pourra prendre des générations, c’est pourquoi il ne s’attend pas à en être témoin. « Mais nous devons en jeter les bases ».

Malgré le défi, Mgr Brenes décide de s’accrocher à sa foi au lieu de perdre espoir, en étant de plus en plus convaincu du prophétisme de la phrase prononcée par le Pape Pie X qui a dit : « Donnez-moi une armée qui prie le rosaire tous les jours et nous changerons le monde ».

« Moi, je prie tous les jours. Le premier mystère pour le Nicaragua, le second pour la conversion du gouvernement, le troisième pour les mères qui ont perdu leurs enfants ou dont les enfants sont en prison, le quatrième pour les prisonniers politiques, et le cinquième pour le clergé ».

« Si nous croyons que la foi peut déplacer des montagnes, la prière du chapelet peut convertir les cœurs à la vraie réconciliation, guérir les cœurs blessés et chercher le bien de tous », dit Mgr Brenes. « Pouvez-vous prier pour le Nicaragua? »

Nigeria : Priez pour la paix! Appel de Mgr Kaigama – Entrevue AED

13.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Entrevue AED, Grace Attu, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Mgr Ignatius Kaigama, Nigéria, PAIX, Prière, Voyagez avec AED

Nigeria 

Priez pour des élections pacifiques! 

 

 « Si les élections sont entachées par des actes de violence, de nombreux Nigérians innocents en paieront le prix. Aide à l’Église en Détresse peut mobiliser son réseau mondial d’amis, de bienfaiteurs et de partisans pour prier, en particulier pour le Nigeria en cette période électorale critique. » Mgr Ignatius Kaigama.

***

*Cet article a été publié avant que la Commission électorale du Nigeria ne reporte la première ronde d’élections, du 16 au 23 février, ainsi que la seconde, prévue le 2 mars et reportée au neuf. 

Le 16 février et le 2 mars 2019, les citoyens nigérians éliront le président, le parlement fédéral et d’autres représentants du gouvernement. La violence exercée par des groupes d’extrémistes islamistes comme Boko Haram règne toujours dans de vastes zones du pays. Aide à l’Église en détresse (AED) s’est entretenue avec Mgr Ignatius Ayau Kaigama, archevêque catholique de Jos, au sujet de la situation actuelle, des élections parlementaires au Nigéria et de ses espérances pour le pays.  Enfin, rappelons que les évêques catholiques du Nigeria représentent toujours une autorité morale extrêmement forte et estimée par la population, dans un pays où règne une grande corruption et la violence contre les chrétiens, en particulier dans les régions du centre et du nord-est du pays.

Propos recueillis par Grace Attu.
Adaptation et révision pour le Canada français : Mario Bard, AED-CAnada

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Lors de son voyage au Canada en juin 2018, Mgr Kaigama en pleine discussion avec Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED.

AED-Grace Attu : Quelle est la situation présentement au Nigeria alors que se tiendront les élections parlementaires ce samedi 16 février et puis le 2 mars ?

Mgr Kaigama : Comme partout dans le monde, les émotions politiques soulèvent de fortes vagues en période électorale. Beaucoup de personnalités politiques et leurs partisans développent une paranoïa politique. On entend parler de la facilité avec laquelle certains politiciens passent d’un parti à l’autre. Cela montre que leur motivation de s’engager en politique n’est pas fondée sur de bons principes politiques, une idéologie ou des programmes politiques électoraux favorables aux citoyens, mais qu’elle dépend en première ligne de leurs intérêts personnels. La plupart d’entre eux ne réfléchissent que très peu à la manière de garantir une gouvernance responsable ou bien une amélioration de la situation des gens simples, en particulier les pauvres, les marginalisés, les chômeurs, les victimes d’extrémismes religieux et les millions de personnes qui sont devenues victimes des dérivés toxiques de la corruption, véritablement pandémique.

Les campagnes électorales actuelles sont relativement modérées par rapport aux campagnes précédentes, bien qu’aujourd’hui, il y ait aussi eu des morts à déplorer. Par contre, ce qui saute à l’œil, ce sont les affirmations furieuses et infondées de certains hommes politiques, qui pourraient être considérées comme discours d’incitation à la haine ou d’invitation à la violence.

Il y a eu des incidents et quelques accidents mortels lors de quelques manifestations ; nous tenons cependant à saluer les campagnes électorales pacifiques de la plupart des partis. Néanmoins, il règne une tension et une inquiétude généralisées au sujet des futures réactions de ceux qui, dès à présent, ont l’impression que les élections pourraient être manipulées.

 

Ces derniers temps, les attentats commis par Boko Haram se sont intensifiés. Selon vous, est-ce qu’il pourrait y avoir un lien avec les élections ?

Mgr Kaigama : Le nombre d’attentats de Boko Haram s’était déjà intensifié auparavant. Plusieurs membres du personnel militaire ont été tués. Les rebelles ont même été suffisamment effrontés pour s’attaquer à des hommes armés en causant de graves pertes parmi leurs rangs. Ils n’épargnent même pas les collaborateurs d’œuvres de charité internationales. D’une manière insolente, ils mettent en garde la communauté internationale de ne pas se dresser en travers de leur chemin. Ils combattent pour s’emparer du pouvoir dans certaines régions du Nigeria et des pays voisins afin d’atteindre leur objectif d’édifier un État islamique d’Afrique de l’Ouest.

Récemment, les candidats au gouvernorat de l’État Plateau ont signé une déclaration dans laquelle ils se sont engagés à faire une campagne électorale pacifique. Le tout s’est tenu au Centre pour le dialogue, la réconciliation et la paix de Jos, la capitale de l’État. Les dirigeants religieux, dont Mgr Kaigama, ont été les témoins cet engagement.

Nous avons été surpris de voir que ces derniers jours, les attentats de Boko Haram se sont intensifiés dans les régions de Michika, Shuwa, Madagali et Mubi, dans les États fédéraux de Borno et d’Adamawa. Des gens qui disent que ces nouvelles attaques sont motivées et encouragées par des facteurs politiques pour collecter des points politiques, ou qu’elles pourraient être une tentative de priver une partie des électeurs de leurs droits de vote durant les élections. Ce qui est indubitable, c’est que ces attaques doivent clairement démontrer que Boko Haram n’est pas encore vaincu. La menace provenant de Boko Haram reste tout à fait réelle. Ils sont très loin reconnaître leur échec.

 

Est-ce que vous vous inquiétez ?

Mgr Kaigama : Je devrais le faire. Lorsque la paix est perturbée, les chefs de l’Église catholique comme moi souffrent plus que ceux qui ont été élus au gouvernement. En effet, c’est dans nos maisons et nos bureaux que les gens viennent en foule, parce qu’ils savent qu’ils n’en seront pas chassés par les policiers armés ou des soldats, ni agressés ou menacés par les aboiements des chiens policiers, alors qu’ils veulent venir demander de l’aide ou des biens de première nécessité. Nous devons réussir à aider ceux qui ont été expulsés de chez eux et qui ont perdu tous leurs moyens d’existence. À cause du surmenage et du stress auxquels nous, les chefs de l’église, sommes exposés en temps de crise, nous prions beaucoup, et nous travaillons très dur pour encourager de manière proactive une culture de la paix. Nous nous efforçons en commun d’assurer que nous aurons des élections libres et équitables qui aboutiront à la paix pour tous.

Si les élections sont entachées par des actes de violence, de nombreux Nigérians innocents en paieront le prix. J’espère que les élections seront équitables, pacifiques et crédibles, et que la victoire reviendra à des membres du gouvernement qui se distinguent par la bonté, le patriotisme, l’altruisme et la piété, et auxquels le bien de la communauté tiendra plus à cœur que leur ambition personnelle ou le luxe inhérent à leur fonction. Dehors, dans les rues, il y a beaucoup de jeunes gens avec une bonne formation et une bonne qualification, mais qui n’ont pas de travail. Nous espérons que ceux qui aspirent à des postes à tous les niveaux du gouvernement considéreront la situation critique des jeunes comme l’une de leurs priorités.

 

Quelle est la contribution que fournit l’Église pour que les élections se déroulent correctement ?

Mgr Kaigama : L’Église catholique du Nigéria joue le même rôle que lors de n’importe quelle autre élection. Notre comité pour la justice, le développement et la paix (Justice, Development and Peace Commission – JDPC) travaille de manière proactive et est tout à fait conscient que les élections doivent se dérouler impérativement de manière pacifique et équitable. Par le passé, le comité a honorablement assumé sa mission en matière de surveillance électorale et attiré l’attention sur les défauts, les points faibles et les points forts. Récemment, la conférence des évêques catholiques du Nigeria a publié une déclaration appelant à la prière et à une exécution correcte des élections ainsi qu’à développer une attitude convenable des citoyens lors de ces élections.

Dans l’archidiocèse de Jos, l’Église s’est fébrilement chargée de nombreuses missions pour contribuer à ce que les élections se déroulent dans la paix. Nous avons appelé nos membres à la prudence. Ils doivent respecter la loi, rester pacifiques et ne pas se laisser exploiter par des hommes politiques égoïstes. Ils doivent s’assurer de posséder une carte d’électeur et aller voter. En notre qualité de prêtres, nous encourageons nos concitoyens, et leur rappelons de rester vigilants en cette période. Nous nous remettons en mémoire que nous-mêmes, les membres du clergé, nous avons le devoir de rester impartiaux. Depuis deux ans, le comité pour la justice, le développement et la paix s’occupe, dans différentes communes particulièrement choisies, de projets pour favoriser des élections pacifiques. Différentes communes bénéficient de formations spéciales pour apprendre comment formuler des exigences sous forme de charte et définir ce qu’elles doivent exiger des hommes politiques qui briguent leurs suffrages.

Mgr Kaigama, lors de l’engagement des candidats à faire une campagne électorale pacifique pour l’élection générale des 16 février et 2 mars prochain.

Le comité organise dans les établissements scolaires et les communautés des formations axées sur la « Promotion de la paix » ainsi que des programmes dédiés aux « Alternatives à la violence ». Dans le cadre des activités qui se sont déroulées préalablement aux élections, notre Centre pour le dialogue, la réconciliation et la paix (Dialogue Reconciliation and Peace Centre) a récemment organisé une cérémonie de signature d’un accord de paix par tous les candidats au poste de gouverneur de l’État fédéral de Plateau, à laquelle ont assisté des chefs traditionnels, des chefs religieux, des groupes de la société civile, des dirigeants des forces de sécurité et différentes parties prenantes de la société. Par ailleurs, notre comité pour la justice, le développement et la paix a été officiellement accrédité comme observateur électoral. De plus, nous sommes préparés à intervenir pour redresser la situation en cas d’explosion de violence lors des élections. Nous prions que cela ne se produise pas.

 

Qu’espérez-vous pour le Nigeria ?

Mgr Kaigama : Je suis un grand optimiste. Je suis très fermement persuadé que le meilleur pour le Nigeria est à portée de nos mains. Je suis un patriote convaincu en ce qui touche mon pays, le Nigeria. Tant de choses négatives sont évoquées en rapport avec le Nigeria, mais je crois que malgré tous ses défauts et ses imperfections, le Nigeria surprendra un jour le monde et enchantera et stupéfiera tous ceux qui se moquent aujourd’hui du pays et le donnent pour perdu. Les Nigérians sont un peuple pacifique, joyeux, travaillant dur, croyant et coriace, qui a simplement la malchance d’avoir des dirigeants qui se réjouissent de pouvoir voler l’énorme richesse par laquelle Dieu nous a béni, au lieu d’être des chefs de gouvernement altruistes et dotés d’une vision. Ils commettent ces larcins en coopération avec d’autres pays, des entreprises, des organisations et des particuliers étrangers.

Beaucoup de gens croient comme moi que le Nigeria survivra en tant que nation unique et peuple unique. Les temps sont proches où surviendra une révolution morale de la jeunesse, qui surmontera les catégories – comme l’appartenance à une tribu ou une religion –, et n’engendrera comme dirigeants que des personnalités sérieuses prêtes à souffrir et même à donner leur vie pour le Nigeria et les Nigérians, au lieu d’exhorter les pauvres gens à mourir pour eux (les dirigeants politiques). Tôt ou tard, ceux qui manipulent les élections, achètent des votes, exploitent les structures gouvernementales pour accéder à la victoire électorale et déclarent que les perdants sont vainqueurs, ne pourront plus se cacher nulle part.

 

Comment l’AED et ses bienfaiteurs peuvent-ils soutenir le Nigeria pendant cette période ?

Mgr Kaigama : L’AED peut mobiliser son réseau mondial d’amis, de bienfaiteurs et de partisans pour prier en particulier pour le Nigeria en cette période électorale critique. Nous avons besoin de soutien pour nos nombreuses initiatives de maintien de la paix et de la sensibilisation ainsi que pour différents programmes proactifs de formation à la paix, pendant et après les élections. De plus, nous avons besoin de soutien pour la réalisation d’offres éducatives et de programmes de promotion et d’autonomisation des jeunes gens, de jeunes filles adolescentes et de veuves, pour leur rendre espoir et leur éviter des problèmes.

Mais avant toute chose, prions ensemble pour des élections pacifiques et une stabilité générale, en espérant que par la grâce de Dieu, les futures élections permettent l’émergence de dirigeants visionnaires capables d’élever ce pays tellement prometteur de « l’insignifiance à la dignité ».


Merci de donner pour soutenir le travail de l’Église catholique au Nigeria.

Pour en apprendre plus sur notre soutien et les projets au Nigeria, visitez la page acn-canada.org/fr/2018nigeria

Union de prière avec Pape François pour les petits enfants de la Syrie

03.12.2018 in Adaptation Mario Bard, PAIX, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, Prière

 Initiative de l’AED
50 000 bougies pour la paix en Syrie !

Aide à l’Église en Détresse (AED) lance pour Noël une campagne de prière, de solidarité intitulée des « Bougies pour la paix en Syrie ». La campagne a commencé ce dimanche 2 décembre, premier dimanche de l’Avent, par l’allumage symbolique d’une bougie par le Saint-Père à la fin de l’Angélus.

Ces derniers jours, cette initiative a permis l’implication de plus de 50 000 enfants de différentes religions, originaires de nombreuses villes syriennes fortement touchées par la guerre, dont Alep, Damas, Homs, Marmarita, Hassaké, Tartus et Lattaquié. Les enfants ont prié et peint des dessins sur le thème de la paix pour décorer leurs bougies : des croix, des colombes et des messages d’espérance à travers lesquels les petits Syriens, qui sont les premières victimes du conflit encore en cours, ont adressé au monde leur appel à la paix.

 

L’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse invite toute personne dans le monde à répondre au cri de paix des enfants de Syrie en allumant une bougie, comme l’a fait le Saint-Père, et ce, afin de répandre le message des petits Syriens et d’insuffler de l’espérance pendant le temps de l’avent.

 

La bougie que le Saint-Père a allumée a été fabriquée par un artisan du quartier de Bab Touma, dans la vieille ville de Damas, et comporte des photos d’une quarantaine d’enfants, originaires d’Alep pour la plupart, le logo de la campagne (une colombe dont les ailes ont la forme d’une main d’enfant, avec l’inscription « la paix pour les enfants – Syrie 2018 [Peace for the Children Syria 2018] ») et le logo de l’AED.

L’AED avait déjà donné la parole aux petits Syriens en 2016, en apportant leurs dessins pour la paix au Parlement européen.

 

Canada : une réponse de prière et de petits gestes solidaires

« Au Canada, les bienfaiteurs qui reçoivent le Bulletin pourront faire directement un cadeau de Noël pour la Syrie », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED. « Nous les invitons plus spécialement à prier afin que les familles de Syrie puissent pleinement goûter à la joie d’un Noël pacifique. Nous espérons que les Noëls à venir se vivent aussi dans la paix. » Aide à l’Église en Détresse a déjà fait parvenir 22,5 millions de dollars pour la reconstruction en Syrie, qui s’ajoutent aux 44 millions de dollars déjà donnés depuis le début du conflit en 2011.

De plus, depuis deux ans à Montréal, une activité permet d’amasser des fonds pour le programme La goutte de lait.

Communiqué de presse : #MercrediRouge Une première au Canada

19.11.2018 in AED Canada, AED-Canada, liberté religieuse, Mario Bard, PAIX, persécution

Communiqué de presse

#MercrediRouge

Une première au Canada

Montréal, 16 novembre 2018 – Toronto, Montréal, Calgary, Rimouski, Hearst, Saint-Jérôme et Québec : le mercredi 21 novembre, près d’une cinquantaine d’activités toutes liées au Mercredi Rouge (#MercrediRouge) se dérouleront dans ces diocèses du Canada. Initiée il y a quelques années par l’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED), cette activité permet de sensibiliser et d’informer sur la situation des 200 millions de chrétiens qui vivent régulièrement de la persécution et la discrimination à cause de leur foi, et ce, de manière particulièrement aiguë dans près d’une quarantaine de pays.

À Montréal, la messe pour les chrétiens persécutés en est à sa cinquième édition : Mgr Christian Lépine présidera la liturgie qui commencera à 19 h 30 et sera précédée d’un 5 à 7 pour la liberté religieuse, conçu pour les jeunes de 18-35 ans, au sous-sol de la cathédrale. À Toronto, le cardinal archevêque Thomas Collins présidera une vigile de prière interreligieuse dès 18 h 30, tandis que dans la métropole de l’Alberta, Calgary, différentes activités auront lieu dans la ville et à travers le diocèse. Sans compter les activités tenues au Versant-la-Noël chez Robert Lebel (accueil dès 18 h 15), et par la Famille Myriam-Bethléem à la Maison de mon Père de Rimouski! Enfin, se sont ajoutés dernièrement des activités dans les villes de Banff, Medecine Hat en Alberta, et Kapuskasing dans le nord de l’Ontario.

 

« Pour nous, c’est une première expérience qui démarre en lion! », indique Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien de l’AED. « Nous sommes très heureux que tant de gens acceptent de prendre part à l’événement et partagent ainsi avec nous cette préoccupation concernant la situation des chrétiens persécutés et victimes de discrimination dans le monde. C’est aussi une façon de montrer sa solidarité avec ces gens qui souffrent. »

 

Quelques éléments d’édifices – les portails d’entrées des cathédrales de Montréal et Toronto par exemple –, ainsi que l’intérieur de la cathédrale de Toronto seront illuminés de rouge, couleur du sang des martyrs. Le pavillon œcuménique du Versant-la-Noël devrait être aussi entièrement habillé de cette couleur.

 

Plusieurs nations privées d’un droit élémentaire

Dans sa lettre invitant les fidèles de son diocèse à participer au Mercredi Rouge, l’évêque de Calgary, Mgr William T. McGrattan, a d’abord souligné que, bien que les Canadiens soient devant « davantage de défi dans la pratique de la foi… nous devons continuer à exprimer notre gratitude pour les nombreuses libertés que notre pays assure. Malheureusement, plusieurs nations à travers le monde continuent de priver leurs citoyens de la liberté religieuse la plus élémentaire. »   Présentement, plus de 30 activités sont organisées dans ce diocèse, principalement des messes et des temps de prières, préparées en solidarité avec les chrétiens persécutés et souffrants de discrimination sévère.

 

Le rapport 2018 de l’AED sur la liberté religieuse : sortie 22 novembre

« Ce Mercredi Rouge concorde également avec la publication de notre Rapport sur la liberté religieuse, 2016-2018, qui aura lieu le lendemain jeudi 22 novembre, d’abord au Vatican », rappelle Mme Lalonde pour qui cette activité marque un tournant dans la compréhension qu’ont les catholiques d’ici de la persécution religieuse que vivent les chrétiens. « Je pense que les gens commencent à saisir l’ampleur du problème et réalisent que l’article 18 de la Charte universelle des droits de l’Homme qui devrait assurer la liberté religieuse dans tous les pays signataires est loin d’être respecté. »

C’est la 14e fois que ce rapport, dans lequel est examinée la situation de plus de 190 pays, paraît. Il documente la situation juridique actuelle ainsi que les violations du droit à la liberté religieuse durant la période allant de 2016 à 2018,
en plus de montrer comment la situation a évolué dans certains pays
où la situation était jugée critique entre 2014 et 2016.


Nigeria : des bergers peuls – majoritairement musulmans – menacent des agriculteurs – majoritairement chrétiens. Conflit économique ou religieux ? Réponse le 22 novembre. (Photo: © Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications )
 

 

Au Canada, il sera disponible uniquement en ligne, en français et en anglais : www.religion-freedom-report.org. Un Rapport abrégé produit en format PDF sera disponible sur le site web de l’AED-Canada : www.aed-canada.org/fr.

 

Pour plus d’informations :

http://bit.ly/MRouge_Canada,
1-800-585-6333 ou encore,
info@acn-canada.org.

– 30 –

Informations médias : Mario Bard, responsable de l’information, Aide à l’Église en Détresse Canada : 514-932-0552, ou sans frais : 1-800-585-6333, poste 224. Cellulaire : 514-967-8340.

Les articles et communiqués de l’AED sont offerts gratuitement pour publication partielle ou totale, à la seule condition que la source, Aide à l’Église en Détresse (AED), soit mentionnée.
Aide à l’Église en Détresse (AED) est une œuvre pontificale de charité catholique internationale qui a pour mandat «
le service de la charité fraternelle envers les Églises locales les plus souffrantes et nécessiteuses», par linformation, la prière et l’action.
Fondée par le Père Werenfried en 1947, elle aide spirituellement et matériellement l’Église en détresse dans plus de 140 pays.

 

Communiqué de l’AED – le cauchemar des attaques de bergers peuls au Nigeria

09.11.2018 in ACN International, ACN-Malte, adaptation : Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, CAMPAGNE AED, Grace Attu, Nigeria, PAIX, Persecution of Christians

Communiqué de presse – pour diffusion immédiate

Nigeria

le cauchemar des attaques de bergers peuls
Mgr Kaigama lance un appel aux terroristes
et l’AED-Canada est en campagne pour le Nigeria

« Nous ne renoncerons pas à notre lutte pour la coexistence pacifique et pour un comportement civilisé.» Mgr Ignatius Kaigama, archevêque de Jos, Nigeria.

Montréal, 9 novembre 2018 – La ville de Jos, dans le nord du Nigeria, a souffert pendant de longues années de violence interreligieuse de la part du groupe terroriste Boko Haram. Juste au moment où il semblait que la ville allait renaître comme le phénix de ses cendres, les attaques incessantes des bergers peuls, qui ont enflammé de nombreux autres États du pays, mettent un terme à ces espoirs.

Article et entrevues : Grace Attu, ACN-Malte
Adaptation française au Canada : Mario Bard, AED-Canada

Fin septembre, une nouvelle vague de violence a été déclenchée par une attaque commise de nuit par les bergers dans le quartier de Rukuba Road à Jos. Deux jours plus tôt, l’armée et les bergers peuls étaient venus dans le quartier, en prétendant chercher le cadavre d’un garçon peul disparu. Cette ultime attaque de ces bergers nomades a laissé de nombreuses personnes sans défense, orphelines ou veuves.

À Kaduna au Nigeria, un exemple de la destruction par les bergers peuls (archive-2017)

 

L’une des victimes est Blessing Kogi, une étudiante de 23 ans qui vit à Jos avec sa famille. Au cours d’un entretien accordé à l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), elle a expliqué comment elle avait perdu sa mère, trois frères et sœurs, et six autres membres de sa famille lors d’une attaque commise de nuit par des bergers peuls.

 

Blessing Kogi, une étudiante de 23 ans qui vit à Jos avec sa famille.

Récit d’horreur

« Dans la soirée du 27 septembre vers 19h00, nous étions tous dans la maison en train de souper, ma grand-mère, ma mère, trois de mes frères et sœurs, ma belle-sœur, mon neveu et trois de mes cousins. Nous étions en train de manger quand des hommes armés inconnus sont soudainement entrés et ont ouvert le feu. Alors, je suis tombée au sol et j’ai fait comme si j’étais morte, mais l’un d’eux s’est approché de moi et m’a tiré dessus à deux reprises, dans le cou et l’épaule. Ces hommes, qui parlaient entre eux en haoussa et en peul, ont continué leur tuerie dans mon quartier. Au total, 15 personnes ont été tuées : 10 chez moi, trois dans une autre maison et deux ailleurs. Cinq personnes ont également été blessées, dont trois enfants dans une autre maison et deux d’entre nous».

Seule Blessing et l’une de ses cousines ont survécu à l’attaque, bien qu’elles aient aussi été blessées. Son père était encore au travail quand ce tragique événement s’est produit. Tout comme beaucoup d’autres victimes, Blessing est brisée et traumatisée. Elle déclare : « Je sens qu’il ne me reste plus rien dans la vie. Mon père ne mange pas et ne peut même plus parler. Nous ne savons pas quoi faire ni comment tout recommencer. Cette situation a vraiment affecté ma foi en tant que chrétienne. Depuis que tout cela est arrivé, j’ai dit beaucoup de choses sans même savoir ce que je disais. Il me semblait que le Christ avait cessé d’exister. Mais j’ai réalisé plus tard que Dieu est vivant et qu’il sait tout, c’est pourquoi j’abandonne tout entre ses mains. Maintenant, je trouve de la force en priant et en chantant des louanges à Dieu », dit-elle.

Blessing lance un appel passionné aux chrétiens du monde entier : « J’ai vraiment besoin que les chrétiens du monde entier nous aident dans la prière, parce que nous vivons des moments difficiles. Priez pour nous afin que nous soyons plus forts dans le Christ et ainsi il nous donnera la force de supporter cette épreuve ».

Les bergers peuls, également connus sous le nom de milices peules, appartiennent au groupe ethnique des pasteurs nomades qui vivent dans les régions du nord et du centre du Nigeria appelée Middle Belt, la ceinture du milieu. La majorité d’entre eux sont musulmans. Cela fait des années qu’ils sont en conflit avec les tribus indigènes locales, principalement des fermiers chrétiens, à propos des pâturages.

Des paroissiens sont réunis à l’église Saint-François Fwapwa, lors d’une messe en l’honneur de ceux et celles qui ont été tués lors des attaques de septembre.

Mgr Kaigama : les gens « ont besoin d’aide »

L’archevêque de Jos au Nigeria et visage incontesté du dialogue interreligieux dans son pays et à travers le monde, Mgr Ignatius Kaigama, a souvent parlé de la situation lors de sa visite au Canada en juin dernier. Commentant les dernières attaques des bergers peuls dans de nombreuses régions du pays et en particulier dans son archidiocèse il a confié à l’AED : « Une fois de plus, à Jos, des vies innocentes ont été perdues, des propriétés détruites, d’anciennes plaies ont été rouvertes, des traumatismes psychologiques ont été causés et les méfiances interethniques et interreligieuses ont été ravivées. Cette année, les gens n’ont pas été en mesure d’accomplir normalement leurs activités agricoles à cause de la crainte d’attaques constantes. Ils ont certainement besoin d’aide pour la nourriture, les médicaments, les vêtements et surtout pour pouvoir rentrer chez eux et commencer à reconstruire sans que ces marchands de la mort les agressent davantage ».

« Et vous, criminels terroristes, cessez de blesser l’humanité ! La vie est sacrée. Respectez-là ! » Mgr Ignatius Kaigama.

L’archevêque a également déclaré : « Nous ne renoncerons pas à notre lutte pour la coexistence pacifique et pour un comportement civilisé. Chacun doit collaborer : les chefs religieux doivent sincèrement prêcher la paix. Politiciens, arrêtez d’agir de façon maligne en coulisse ! Agents de sécurité, soyez justes, impartiaux et neutres dans vos opérations ! Membres du gouvernement, occupez-vous des citoyens qui sont victimes d’attaques terroristes et criminelles. Jeunes, ne soyez pas irrationnels et cessez de vous laisser utiliser ! Et vous, criminels terroristes, cessez de blesser l’humanité ! La vie est sacrée. Respectez-la ! »

 

Le bureau canadien de l’AED a lancé au début du mois de novembre une campagne pour soutenir les efforts de paix de l’Église catholique au Nigeria nommée « Offrons lui un peu de paix ».


Plus obtenir plus d’informations et faire un don, rendez-vous sur le site web dédié à la campagne :
http://bit.ly/NigeriaAED.
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