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Brésil – La Mission Bethléem : être une famille pour ceux qui n’en ont pas.

19.12.2019 in Non classifié(e)

Brésil – La Mission Bethléem

Être une famille pour ceux qui n’en ont pas.

 

Dans la ville de Sao Paulo, il y a plus de 25 000 sans-abris. Comme le disent les missionnaires de la Mission Bethléem : ce sont les « frères de la rue. » La Mission Bethléem, un programme de sensibilisation fondé en 2005 par le Père Gianpietro Carraro et la Sœur Cacilda da Silva Leste, a pour charisme de vivre ce qui s’est passé lors de la toute première Nuit de Noël : « S’incarner au milieu des pauvres afin que Dieu puisse les rejoindre encore davantage. »

 

Par Rodriguo Arantes, ACN International et Julie Bourbeau, AED Canada.

La Mission Bethléem a commencé son travail en vivant avec eux dans la rue. Cependant, ils ont vite réalisé qu’ils devaient offrir un logement à ces frères. C’est alors qu’ils ont commencé leur travail d’accueillir des hommes, des femmes, des enfants et des personnes âgées vivant dans la rue. Dans la plupart des cas, ils ont également dû les aider à quitter une vie marquée par la drogue, la violence et les abus.

 

 

« Celui qui ne donne pas à Dieu ne donne que très peu. » 

 

Ces paroles du Pape émérite Benoît XVI sont souvent reprises par les missionnaires de la Mission Bethléem. Le Père Gianpietro dit qu’il ressent comme une blessure au cœur quand il entend quelqu’un qualifier son travail d’assistance sociale. « Sans aucun doute, nous faisons tout notre possible pour aider ces frères, mais nous sommes avant tout une œuvre d’évangélisation. Jésus guérissait, prêchait, bénissait et restait avec les gens, tout comme le fait la Mission Bethléem. Quand quelqu’un vient dans nos refuges, c’est qu’il a déjà été touché par Dieu, parce qu’il est très difficile pour quelqu’un de quitter la rue et la drogue pour un autre motif. Au cours des quatorze dernières années, 1500 personnes ont demandé à être baptisées ».

 

Rafael de Jésus est l’une de ces personnes ayant été sauvées par la Mission Bethléem. Les souffrances vécues pendant son enfance ont engendré une vie de violence, de drogue, de vols et de séjours en prison. Il s’est retrouvé au centre-ville de Sao Paulo parce qu’il ne voulait plus vivre. Il a vécu dans la rue pendant six ans, accro au crack, cherchant sa nourriture dans les ordures. Il priait Dieu en lui demandant seulement qu’Il reprenne sa vie. Il voulait s’endormir et ne plus se réveiller. « Quand je suis arrivé chez les missionnaires de Bethléem, personne ne m’a demandé ce que j’avais fait de mal, mais ils m’ont pris dans leurs bras, m’ont souri et m’ont offert de la nourriture, un bain et de nouveaux vêtements. Cela faisait au moins deux mois que je portais les mêmes vêtements sans m’être lavé. Je savais que Dieu était miséricordieux, mais je ne savais pas à quel point. En effet, j’avais eu de nombreuses occasions de m’en sortir, mais je les avais toutes gâchées. Je me croyais perdu. Je pensais que Dieu ne me tendait déjà plus la main et que je mourrais dans la rue ». Aujourd’hui, Rafael est servant d’autel et prévoit de se marier. « Je sens que j’ai retrouvé mon humanité. »

 

C’est d’abord grâce au travail d’évangélisation effectué auprès des « frères de la rue » que l’AED a voulu faire partie de l’histoire de la Mission Bethléem.

Faire une différence fondamentale !

 

On encourage chaque personne accueillie dans la chaleur d’un refuge de la Mission Bethléem à faire une retraite et on lui remet un journal spirituel. Ce livret mensuel contient l’Évangile du jour, une méditation sur la Parole et un espace pour écrire comment l’Évangile est vécu. C’est aussi au moyen de ce journal que bon nombre des personnes accueillies sont alphabétisées.

 

Ce matériel risquait toutefois de disparaître sans la contribution financière de l’AED, qui a également offert des copies du YouCat, le catéchisme pour les jeunes que chaque personne accueillie reçoit après une période de 6 mois.

 

« C’est merveilleux de sentir qu’au sein de l’Église, nous ne faisons qu’un. Nous sommes dans la rue alors qu’en même temps, il y a une personne, parfois modeste, qui habite loin et qui ne peut éventuellement même plus sortir de chez elle, mais qui apporte sa contribution. C’est merveilleux, car ce bienfaiteur devient un véritable instrument d’évangélisation. Si nous n’avions ni Bible ni matériel pour la catéchèse, comment travaillerions-nous ? », dit le Père Gianpietro à propos de l’aide des bienfaiteurs.

 

L’AED s’est engagé à soutenir pendant quatre ans la Mission Bethléem au moyen de matériel d’évangélisation : une promesse faite qui s’appuie sur la « garantie » des dons des bienfaiteurs. À Noël, beaucoup de gens sont à la recherche d’une occasion d’aider ceux qui en ont le plus besoin, et veulent souvent changer radicalement la vie de ceux qui sont dans la rue. Voici une occasion de le faire ! Une aide qui restaure la dignité de ceux qui, comme la Sainte Famille, doivent faire face à de nombreuses portes closes et ont maintenant la possibilité de sentir l’Enfant Dieu naître dans leurs cœurs .

Moyen-Orient : la fin des chrétiens du Moyen-Orient ?

19.12.2019 in Non classifié(e)

Chrétiens du Moyen-Orient

Risque de disparition

 

Les chrétiens du Moyen-Orient sont directement menacés par une nouvelle attaque qui les ferait disparaître des terres de la Bible, selon le père Andrzej Halemba, qui y coordonne des secours d’urgence depuis près d’une décennie. Le Père Andrzej Halemba, responsable des projets de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) pour le Moyen-Orient, a déclaré que les chrétiens pourraient être totalement éradiqués de pays comme l’Irak et la Syrie, où pourtant, ils sont présents depuis l’époque des premiers apôtres du Christ.

 

Par Fionn Shiner, AED-international et
Mario Bard, AED Canada

 

« Je ne peux pas imaginer le Moyen-Orient sans chrétiens. Mais la menace est réelle. Le groupe État islamique (Daesh) a voulu éradiquer les chrétiens et cette mentalité génocidaire perdure chez Al-Nosra et dans d’autres groupes », indique le père Halemba. « Si les chrétiens réussissent à rester ensemble et à s’entraider, alors ils pourront rester au Moyen-Orient. S’ils ne le peuvent pas, cela sera peut-être comme en Turquie après le terrible génocide de 1915 ».

 

Le Père Halemba a souligné que l’éradication du christianisme serait tragique du point de vue de la pluralité religieuse et en raison du rôle des chrétiens en tant que bâtisseurs de ponts dans les zones de conflit : « Les chrétiens sont l’âme du pays et ils jouent un rôle très important dans les sociétés du Moyen-Orient. Ce sont des artisans de paix. Les chrétiens œuvrent pour la paix et la coexistence pacifique en contribuant au bien-être du pays ».

 

L’AED soutient tous les chrétiens

 

En 2003, il y avait 1,5 million de chrétiens en Irak. Maintenant, ils sont moins de 250 000 — certains rapports ayant même fait état d’à peine 120 000. De même, en Syrie, il y avait 1,5 million de chrétiens en 2011 et il n’en reste plus que 500 000.

 

Le Père Halemba a déclaré que tous les chrétiens devaient travailler ensemble pour assurer leur survie dans la région : « Les familles qui prient ensemble restent unies. Nous devons tous travailler pour le bien de tous. L’AED aide tous les chrétiens et pas seulement les catholiques. Les chrétiens doivent rester ensemble, c’est le désir de Jésus-Christ. Il voulait l’unité parmi ses disciples ».

 

En Irak et en Syrie, l’AED a soutenu des centaines de projets différents, aidant les chrétiens qui voulaient rester dans leur patrie en leur fournissant des paniers de nourriture, de quoi acheter de l’eau, du lait pour les enfants, des allocations scolaires, en reconstruisant des maisons et des églises, et bien plus encore. Cette année, l’œuvre pontificale a approuvé 147 projets en Syrie. En 2018, l’AED a soutenu 40 projets en Irak.

 

« L’AED essaie toujours d’aider les chrétiens et les autres personnes en détresse, mais nous voulons le faire avec nos deux mains. Dans une main, nous avons du pain pour nourrir les gens, et dans l’autre, nous avons la Bible. Nous apportons une aide matérielle et une aide spirituelle sous la forme de la Parole de Dieu », conclut le père Halemba.

Discours de Mgr Bashar Warda, Archevêque chaldéen catholique de l’archidiocèse d’Erbil, région du Kurdistan, Irak

10.12.2019 in Non classifié(e)

Irak

Discours au Conseil de sécurité des Nations unies

Un partenaire de l’AED, Mgr Bashar Warda, évêque d’Erbil en Irak, a présenté un discours au Conseil de sécurité des Nations unies le 3 décembre dernier. Voici ce qu’il avait à dire aux membres de ce cercle international.

 


Discours de Mgr Bashar Warda Chaldean, Archevêque catholique de l’archidiocèse d’Erbil, région du Kurdistan, Irak

Au Conseil de sécurité de l’ONU, New York

3 décembre 2019

Réunion du Conseil de sécurité concernant la situation en Irak

 

Merci, Madame la Présidente,

 

Quelle est la situation actuelle ?

 

Les manifestations actuelles en Irak démontrent le refus de la majorité des Irakiens de la structure et du gouvernement mises en place dans le pays après 2003. Nous constatons le rejet d’une constitution sectaire qui a divisé l’Irak et l’a empêché de devenir un pays unifié et fonctionnel. Plutôt que d’engendrer l’espoir et la prospérité, la structure gouvernementale actuelle a créé de la corruption et suscité du désespoir, en particulier chez les jeunes Irakiens.

 

Il est très significatif que les manifestations aient été dirigées par de jeunes Irakiens. Ces jeunes ont clairement exprimé le désir que l’Irak soit un pays indépendant de toute ingérence étrangère et qu’il soit un endroit où tous puissent vivre ensemble en tant que citoyens égaux, dans un pays défini par un pluralisme légitime et le respect pour tous.

 

Il est important de comprendre que les chrétiens ont non seulement pris position ouvertement pour les manifestants, mais aussi que les chrétiens et d’autres minorités, y compris les Yazidis, aient été accueilli dans le mouvement par les musulmans irakiens. Ces manifestations démontrent réellement la vraie richesse de l’Irak historique. Cette ouverture à la réconciliation entre tous les Irakiens témoigne d’un véritable espoir de changements positifs dans lesquels un nouveau gouvernement en Irak, si un nouveau gouvernement entre en fonction, sera beaucoup plus favorable à un Irak véritablement multireligieux, avec une pleine citoyenneté pour tous et qui sonnera enfin le glas de cette maladie sectaire qui nous a tous si violemment blessés et dénigrés.

 

En revanche, la non-violence des manifestants ne doit pas être négligée par la communauté internationale. Ces manifestants courageux se sont engagés dans la non-violence dès le début du mouvement, même s’il y a eu des cas quotidiens d’extrême violence à l’encontre des manifestants de la part des milices qui ont continuellement tenté de provoquer la confrontation.

Plus de 400 manifestants innocents ont été assassinés et des milliers d’autres, gravement blessés. Pourtant, les manifestants demeurent non-violents.

 

 

Quels sont les enjeux ?

L’enjeu est de savoir si l’Irak se libérera enfin du traumatisme de Saddam et des 16 dernières années, et ce, pour devenir un pays légitime, indépendant et fonctionnel, ou s’il deviendra une région sans loi permanente, ouverte à des guerres par procuration avec d’autres pays et mouvements et au service des revendications sectaires de ceux qui se trouvent à l’étranger.

 

Si le mouvement de manifestation réussit à créer un nouveau gouvernement muni d’une nouvelle constitution civile qui respecte la diversité de ses religions et de ses cultures et qui n’est pas basé sur la charia, mais plutôt sur les concepts fondamentaux de liberté pour tous, libertés d’ailleurs consacrées par la Déclaration universelle des droits de l’homme rédigée par l’organisation où nous nous trouvons tous aujourd’hui, alors l’espoir peut encore subsister pour le peuple irakien qui souffre depuis trop longtemps. Le peuple irakien aime son pays malgré tout et il souhaite le récupérer.

 

Si le mouvement de protestation échoue et que la communauté internationale reste les bras croisés en permettant que le meurtre d’innocents se poursuive, l’Irak sombrera probablement bientôt dans une guerre civile qui aura pour effet d’envoyer dans la diaspora de millions de jeunes Irakiens, qui sont pour la plupart chrétiens et yézidis. Lors de la crise et du génocide de 2014, plus de quatre millions d’Irakiens, de musulmans, de Yazidis et de chrétiens se sont réfugiés dans la région du Kurdistan pour fuir le mal de l’État islamique, mais sont demeurés au pays. Lors d’un autre conflit majeur, nous verrons probablement les gens fuir l’Irak pour de bon. Notre pays en est possiblement à sa dernière chance.

 

Que peut et doit faire la communauté internationale pour aider ?

La communauté internationale ne doit pas se contenter de changements de dirigeants factices qui ne représentent pas un réel changement. Il est clair que les groupes au pouvoir n’ont pas l’intention d’abandonner le contrôle et qu’ils feront tout leur pouvoir pour maintenir entièrement les structures de pouvoir en place. La communauté internationale doit clairement comprendre que les manifestants ne l’accepteront pas et la communauté internationale doit refuser d’appuyer tout changement de ce type.

 

Cela ne veut toutefois pas dire que certains groupes n’ont aucune préoccupation légitime quant à leur représentation au sein d’un nouveau gouvernement. Or, ces préoccupations doivent être abordées d’une manière qui reflète la réalité de la nature brisée actuelle du gouvernement irakien et de son besoin fondamental de changement et de remplacement.

 

La première étape doit être le déclenchement d’élections anticipées. Les manifestants insistent sur cet aspect et la communauté internationale doit le soutenir pleinement. Contrairement à la participation très limitée des élections passées, ces élections doivent impliquer les jeunes du pays, ceux qui ont si courageusement lutté contre la corruption lors des manifestations des dernières semaines.

 

Pendant les élections, ainsi qu’au cours de la période qui les précède, la presse, tant irakienne qu’internationale, doit être totalement libre de rendre compte et de discuter de toutes les questions qui doivent être abordées lors des élections. En ce sens, le blocage actuel des reportages d’actualités, de l’internet et des médias sociaux doit cesser immédiatement.

 

Enfin, les élections doivent être pleinement surveillées par l’ONU et observées par tous les principaux partis en Irak pour s’assurer qu’elles soient réalisées dans la légitimité, la liberté et la régularité. Ce n’est qu’ainsi qu’un nouveau gouvernement pourra tracer la voie de l’avenir d’un Irak exempt de corruption où l’on retrouvera une citoyenneté à part entière et des possibilités pour tous.

 

Les jeunes chrétiens d’Irak ont participé chaque jour à ces manifestations. Ils y étaient parce que les protestations leur ont donné l’espoir d’un avenir, un avenir auquel ils appartiennent en tant que citoyens irakiens égaux et actifs. Comme des millions d’autres Irakiens marginalisés, ils comptent maintenant sur la communauté internationale pour leur témoigner son soutien et poser des gestes en ce sens. C’est le devoir que nous vous attribuons. L’Irak, le pays qui a si souvent souffert, se tourne maintenant vers vous tous pour obtenir de l’aide. Nous croyons que nous avons un avenir et nous vous demandons de ne pas nous tourner le dos maintenant.

 

Merci

 

Malawi — histoire de réussite AED

09.10.2019 in Non classifié(e)

Malawi — histoire de réussite AED

Aide d’urgence après les graves inondations de mars 2019

En mars 2019, plusieurs régions du sud du Malawi — un pays situé à la frontière des régions du sud et de l’est de l’Afrique — ont été frappées par de graves inondations. Pendant des jours, de fortes pluies sont tombées sans interruption ! Près d’un million de personnes ont été touchées dans 16 des 28 districts que compte le pays.

 

 

Les chiffres sont révélateurs de l’ampleur du désastre : près de 80 000 personnes ont perdu leur maison, plus de 500 ont été blessées, et il y a eu près de 60 morts. Des maisons, des champs, des routes et des ponts ont été lourdement endommagés.

 

Le Malawi est un pays qui est déjà touché par la misère ; c’est l’un des pays les plus pauvres du monde. De plus, selon le Haut-commissariat pour les réfugiés des Nations unies ainsi que le dernier rapport sur la liberté religieuse produit par Aide à l’Église en Détresse (AED),  « des milliers de réfugiés sont venus provenant du Mozambique sont venus au Malawi dans les dernières années, fuyant les combats entre les rebelles et le gouvernement. La prise en charge de soins pour les réfugiés est un défi pour les Églises du Malawi et les autres traditions religieuses, en ce qui concerne les approches sociales et pastorales. L’expérience démontrer que les tensions religieuses s’aggravent quand différents groupes de différentes traditions sont dans l’obligation de vivre ensemble dans une situation d’extrême pauvreté. »

 

L’AED entre en action

Malgré cette dure réalité, l’Église catholique a immédiatement proposé d’apporter une assistance spirituelle et morale aux personnes traumatisées. La Conférence épiscopale a également voulu apporter une aide d’urgence matérielle aux personnes touchées, en fournissant de la nourriture, des couvertures, vêtements, bâches, de la vaisselle et des outils de traitement de l’eau.

Nos bienfaiteurs ont offert 30 000 dollars afin qu’il soit possible de les soutenir sans tarder. Un grand merci à tous ceux qui ont contribué et merci de prier pour les efforts visant à soulager la misère au Malawi.

 

Mauritanie Aide à la subsistance pour 27 religieuses

10.04.2019 in Non classifié(e)

Mauritanie

Aide à la subsistance pour 27 religieuses

La population de la République islamique de Mauritanie, située dans le nord-ouest de l’Afrique, est musulmane à presque 100 pour cent. Les quelque 4 000 chrétiens catholiques sont exclusivement des étrangers. L’évêque, les prêtres et les religieuses du seul diocèse du pays proviennent également de vingt pays différents d’Europe, d’Asie et d’Afrique.

En Mauritanie, pays qui est l’un des plus pauvres au monde, les 27 religieuses sont débordées. Elles s’occupent des femmes enceintes, des malades, des migrants, des détenus et des handicapés. Elles travaillent dans les écoles et les établissements de formation, elles enseignent des compétences pratiques telles que la couture, mais aussi la lecture et l’écriture, aux femmes qui n’ont pas pu aller à l’école. Elles s’occupent aussi des enfants qui souffrent de malnutrition, qui sont environ 40 000 rien que dans la capitale, Nouakchott.

La situation empire

La situation de la population mauritanienne ne cesse d’empirer. Alors qu’en 1960, quand le pays a obtenu son indépendance, environ 85 pour cent des habitants du pays étaient encore des nomades vivant de l’élevage de bovins, le désert se répand de plus en plus depuis le début des années 1970, et beaucoup de Mauritaniens ont perdu leurs troupeaux. De plus en plus de gens migrent vers les bidonvilles autour des villes.

Le pays, qui à l’ouest est bordé par l’océan Atlantique, est également affecté par l’élévation du niveau de la mer, ce qui implique que certains quartiers des villes côtières ne sont plus habitables. Et, bien que la pression de fondamentalistes islamistes monte dans le pays, le travail de l’Église catholique est apprécié par de nombreux musulmans.

Des religieuses à la portée de tous

Mgr Martin Happe a un ami mauritanien qui, bien qu’étant musulman, garde de beaux souvenirs d’enfance des religieuses catholiques. Quand il était enfant, lui et ses camarades s’inventaient de petits bobos pour sonner à la porte des sœurs de Saint-Joseph. Parce que – comme disait son copain – « en plus du pansement, nous recevions toujours un verre de limonade ». À ce jour, il se souvient encore des noms des sœurs qui étaient là à l’époque.

L’Église catholique est également respectée par le gouvernement pour ses œuvres de charité, mais elle ne reçoit pas de soutien financier. Aide à l’Église en Détresse soutiendra donc encore cette année les 27 religieuses par une contribution de 30 000 dollars d’aide à la subsistance.

Conférence œcuménique à Moscou sur la pastorale des malades mentaux

13.03.2019 in Non classifié(e)

Russie – Succès de l‘AED

Les maladies mentales sont en hausse partout dans le monde et ont désormais dépassé en nombre le cancer et les maladies cardiovasculaires. Avec 13 pourcents de toutes les maladies au niveau mondial, elles occupent la première place. On parle même d’une « épidémie mondiale ».

Cette évolution est également un défi pour la pastorale. C’est pourquoi des experts catholiques et orthodoxes et des représentants ecclésiaux se sont rencontrés à Moscou en novembre 2018 pour partager leurs expériences et trouver les moyens de mieux s’occuper pastoralement des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale et de leurs proches. Les participants venaient de Russie, d’Allemagne, de Grèce, des États-Unis, d’Espagne et de plusieurs pays d’Europe orientale.

Voici quelques questions qui ont été abordées

  • Quelles idées religieuses peuvent avoir un impact positif ou négatif sur la maladie mentale ?
  • Quel rôle les sacrements de la confession, de la communion et de l’extrême-onction jouent-ils pour les malades mentaux
  • Quelle aide pastorale proposer aux personnes aux idées suicidaires ?
  • Quelles formes de psychothérapie peuvent ne pas être compatibles avec la foi chrétienne ?
  • à quoi peut ressembler une collaboration fructueuse entre les médecins et les prêtres
  • comment faire la distinction entre les phénomènes de possession et la maladie mentale ?

Il a aussi été grandement question de la formation et de l’amélioration de l’enseignement des prêtres et des séminaristes dans le domaine de la pastorale psychiatrique.

Comme lors d’autres initiatives auxquelles les Églises catholique et orthodoxe collaborent main dans la main en Russie, cette conférence a également été le fruit d’un groupe de travail orthodoxe et catholique initié par l’Aide à l’Église en Détresse (AED). L’Œuvre de bienfaisance, qui est engagée depuis plus d’un quart de siècle dans le dialogue entre orthodoxes et catholiques, a commencé à rechercher des formes nouvelles et approfondies de coopération œcuménique à la suite de la réunion historique entre le Pape François et le Patriarche Cyrille en février 2016. Le groupe de travail, mis en place pour atteindre cet objectif, a déjà organisé plusieurs événements portant sur différents sujets, dont le thème de la protection de la vie et celui de la pastorale des toxicomanes.

L’objectif de ces initiatives est d’une part que les chrétiens catholiques et orthodoxes trouvent ensemble des solutions aux défis pressants de notre époque et unissent ainsi leurs forces pour pouvoir agir plus efficacement et aider les gens concrètement, et d’autre part d’envoyer un signal fort de fraternité entre les Églises. L’AED a soutenu la Conférence de Moscou à hauteur de 21 000 dollars.

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Lettre de Bethléem

21.12.2018 in Aide à l'Église en détresse., Non classifié(e)

Crédit photo : Ilona Budzbon/Aide à l’Église en Détresse

Lettre de Bethléem

Le Seigneur puisse-t-Il t’offrir Sa paix !

              Noël approche et la joie renaît dans nos cœurs. Ici, à Bethléem, dans la Sainte Nuit, les anges annoncent avec joie aux bergers : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Luc 2,11-12). En tant que gardien de l’Enfant Jésus, de Marie, sa mère et de saint Joseph, je suis rempli d’émotion et de bonheur de pouvoir contempler les lieux saints et d’avoir l’honneur de m’y tenir. Nous savons que la vie d’aujourd’hui est difficile, que l’avenir paraît sombre et que notre cœur pleure parfois, mais… « Le jour où paraît la vie, il n’y a plus d’espace pour la tristesse ».

      Que s’est-il passé à Bethléem ? Dieu S’est fait enfant, si petit et si pauvre qu’Il reposait sereinement dans une mangeoire. C’est Jésus, le fils de Marie, que nous contemplons dans la Grotte de Bethléem : « C’est ici que la Vierge Marie a donné naissance à Jésus ». « Nous L’avons vu de nos yeux », nous L’avons « contemplé », « nous L’avons touché de nos mains », et « nous vous écrivons cela afin que votre joie soit parfaite » (cf. 1re lettre de saint Jean, 1,1-4).

    De Bethléem, mon foyer, je te souhaite en ces fêtes de Noël que tu puisses agir comme Saint François d’Assise qui, chaque Noël, « redevenait enfant avec l’Enfant Jésus » (2Cel/Vita secunda 7,35). Donne une place dans ton cœur à tous les enfants du monde, en particulier « aux enfants innocents de Bethléem et de ses environs », que l’Hérode du moment ne cesse de vouloir éliminer. Au vu du sourire du Divin Enfant, tu comprendras aujourd’hui mieux que jamais auparavant les paroles de Jésus : « Quiconque reçoit en mon nom ce petit enfant me reçoit moi-même » (Luc 9,48).

 

Crédit photo : Ilona Budzbon/Aide à l’Église en Détresse

 

Il est le « Prince de la paix » (Ésaïe 9,6) et nous L’implorons pour qu’Il nous accorde cette paix annoncée par les anges de Bethléem : « … paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime ! » (Luc 2,14) et que nous espérons tant sur terre. Parle aux autres hommes et femmes de ta rencontre avec le Divin Enfant à Noël et fais-toi le témoin de Son amour ! Tu vivras un grand miracle : « L’Enfant-Jésus était, de fait, endormi dans l’oubli au fond de bien des cœurs jusqu’au jour où, par son serviteur François, son souvenir fut ranimé et imprimé de façon indélébile dans les mémoires » (1Cel/Vita prima 30, 86). Il ne servirait à rien de dire que Dieu est devenu homme par la Vierge Marie, « s’Il n’a pas vu le jour en moi », écrit Origène, « s’Il n’est pas également né en mon cœur. ».

 

             Je suis en bonne santé. Je suis très occupé par les pèlerins (en quatre mois, j’ai eu ici 123 rencontres et environ 5 000 pèlerins). Je me réjouis pour eux, même si parfois, je n’ai même pas le temps de souffler parce que je m’occupe d’eux. Ensuite, il y a les autres tâches qui m’ont été confiées en tant que supérieur d’un très grand monastère, l’enseignement n’étant qu’une tâche parmi tant d’autres. Je souhaiterais que l’amour de tous pour Bethléem et le Divin Enfant devienne encore plus grand, et que les pèlerins continuent de venir ici comme cette année, qui fut une année merveilleuse. À présent, je te quitte à nouveau. L’Enfant de Bethléem puisse-t-Il te combler de grâce ! C’est la prière que j’adresse à l’Enfant Jésus et à Sa mère dans la grotte de Noël, lorsque j’y célèbre la sainte messe ; en ces jours, je le fais presque quotidiennement. Puisse la Nouvelle année que nous entamerons bientôt t’apporter santé et bonheur. C’est ce que je te souhaite, à toi et aux êtres qui te sont chers :

 

Joyeux Noël et bonne et heureuse année 2019 !

 

Père Artemio, gardien de l’Enfant Jésus.

 

Crédit photo : Ilona Budzbon/Aide à l’Église en Détresse

Projet de la semaine : Cameroun

06.12.2018 in Non classifié(e)

Projet de la semaine : Cameroun

Aide à la formation pour les séminaristes affectés par le terrorisme de Boko Haram

 

Le Nigeria n’est pas le seul pays terrorisé par Boko Haram. Le nord du Cameroun, frontalier du Nigeria, est également frappé par la violence de cette organisation terroriste islamiste. Et bien que les attaques armées de Boko Haram aient diminué grâce à une offensive militaire conjointe de plusieurs pays africains, les attentats-suicides, les assassinats et les enlèvements continuent. Les gens vivent dans la peur.

 

Le diocèse catholique de Maroua-Mokolo fait face à des défis majeurs : non seulement il est situé dans l’une des régions les plus pauvres du pays, mais il doit aussi accueillir un grand nombre de réfugiés nigérians et de déplacés internes camerounais. Toutefois, il y a aussi de bonnes nouvelles; la foi des gens est intacte, et en dépit des craintes d’attaques, les fidèles affluent vers les églises. En même temps, le nombre de vocations est en augmentation.

Au séminaire, 32 séminaristes se préparent actuellement à être ordonnés prêtres. Par ailleurs, il y a 18 garçons au « petit séminaire », et quatre autres qui suivent leur année de propédeutique en vue d’entrer au séminaire. Ces chiffres sont étonnamment élevés si on les compare au nombre de catholiques qui ne sont qu’environ 84 000. Mgr Bruno Ateba Edo se réjouit de ces vocations, mais il a besoin d’aide pour pouvoir bien former ces jeunes. Il a demandé du soutien à l’Aide à l’Église en Détresse et nous aimerions contribuer, à hauteur de 40 500 dollars.   Merci!

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Syrie : le courage inspirant des jeunes chrétiens

02.11.2018 in Non classifié(e)

Syrie

Le courage inspirant des jeunes chrétiens

« Lorsque nous écoutons Sa Sainteté le pape François, nous pensons qu’il y a encore de l’espoir pour la paix en Syrie »

Un dessin dans les rues de Homs, « De retour à Homs.»

Le caractère universel de l’Église  était à nouveau bien visible à Rome à l’occasion du Synode des évêques, qui s’est tenu jusqu’au 28 octobre. Des participants venus de cinq continents ont discuté de différents thèmes relatifs à la jeunesse, à ses besoins et aux défis auxquels elle est confrontée. Dans ce contexte, la fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est entretenue en Syrie avec plusieurs jeunes chrétiens. Ceux-ci ont expliqué ce que cela signifie pour eux d’être chrétien, ce qu’ils attendent d’une Église dans un pays où ils constituent une minorité menacée souffrant de la guerre depuis plus de sept ans.

 

Janvier 2016 à Marmarita – traiter les demande de médicaments et de loyers d’immeuble.

Majd Jallhoum, dentiste récemment diplômée, participe à la distribution des aides au sein de l’Église grecque catholique de Marmarita, dans la région appelée la « Vallée des Chrétiens ». Elle demande à l’Église d’être proche des jeunes. « Elle ne doit pas être une Église parfaite, car aucun de nous n’est parfait. Mais elle doit être proche de nous, de nos souhaits et de nos aspirations. » La jeune femme ignorait tout de la réunion des évêques avec le Pape à Rome. Toutefois, elle pense que c’est une occasion favorable de mettre en lumière les situations difficiles dans lesquelles vivent de nombreux jeunes gens dans différents pays. « Nous, les jeunes chrétiens de Syrie, désirons être très proches de Dieu. Nous vivons des moments difficiles. Nous avons été témoins de la mort d’amis, de proches et de parents. Beaucoup d’autres ont quitté le pays. Mais nous avons aussi vécu des moments de joie. Sans aucun doute, c’est dû à la main de Dieu. »

Majd Jallhoum avec une famille de déplacés dans la Vallée des Chrétiens

Majd Jallhoum connaît bien la situation de nombreuses familles déplacées dans la Vallée des Chrétiens. Elle leur rend souvent visite pour leur demander ce dont elles ont besoin, pour accompagner des malades à l’hôpital ou pour distribuer des médicaments fournis par l’AED conjointement avec l’Église locale. « Je reste ici en raison de ma foi, même si souvent, je manque d’espoir. Cependant, j’ai compris que ma mission consiste à rester ici et à apporter mon aide à ces gens. Mes parents et quelques-uns de mes frères et sœurs ont émigré aux États-Unis. Mais moi, j’ai décidé de rester ici. Jésus a été et reste ma source d’inspiration. »

Majd Jallhoum (de la droite), secrétaire du Centre d’acceuil Saint Pierre, avec le groupe de bénévoles du centre.

Le jeune Hanna Mallouhi est un autre jeune déplacé de Marmarita qui donne de son temps et de ses efforts pour soutenir le grand travail d’assistance de la paroisse Saint-Pierre dans la Vallée des Chrétiens. Il y a cinq ans, le jeune homme est arrivé ici de Homs, dont il s’est enfui pour échapper aux bombardements. Hanna Mallouhi suit des études de médecine. « Malgré la guerre, je ne voulais pas renoncer à mes études. J’ai choisi un hôpital à Damas pour y effectuer mon stage. Lorsque la guerre sera terminée, je voudrais rester ici et aider les gens afin qu’ils aient une meilleure vie en Syrie. »

Concernant le Synode des évêques, le jeune homme dit : « Pour moi, il est important que nous autres jeunes gens soyons accompagnés par des prêtres et des personnes responsables qui mènent une vie simple et qui nous montrent à travers leurs actions que nous sommes importants pour eux. J’ai besoin de me sentir accompagné par des personnes qui sont proches de Dieu afin que je me sente également proche de Lui. »

 

De droite à gauche, Hanna Mallouhi et son frère Raja Mallouhi

« J’attends de l’Église… qu’elle nous encourage »

À Homs également, troisième plus grande ville de Syrie après Damas et Alep, il y a une présence chrétienne importante qui est concentrée dans le Vieux Homs, le plus ancien des quartiers de la ville, et qui est situé au pied de la vieille citadelle. Là-bas, quelque 300 étudiants se sont réunis pour célébrer ensemble l’eucharistie dans la cathédrale Melkite Notre-Dame de la Paix. Celle-ci vient tout juste d’être reconstruite.

Pascal Napki est l’un d’eux. Cet étudiant en économie suit régulièrement les messages du Saint-Père à Rome : « Je ne connais pas personnellement Sa Sainteté le pape François. Cependant, je perçois dans ses paroles et dans ses actes que c’est un homme humble. Chaque fois que nous l’écoutons, nous pensons qu’il y a encore de l’espoir pour la paix en Syrie. Je suis particulièrement ému quand il demande aux fidèles de prier pour notre pays. » Aux côtés de Pascal se tient Halil, un jeune étudiant en pharmacie. Questionné sur ce qu’il attend de l’Église, Halil réfléchit en silence durant quelques secondes avant de répondre avec fermeté : « Qu’elle nous comprenne, qu’elle nous encourage, et qu’elle nous donne l’occasion de croire également en nous-mêmes. Je sais que ce n’est pas facile. Mais cela signifie de cheminer ensemble, de se faire mutuellement confiance et de s’entraider les uns les autres. »

 

À l’intérieure de la cathédrale de Homs reconstruit. Une messe pour les étudiants universitaire.

Après la cérémonie, un groupe de jeunes gens se promène dans les ruelles étroites du quartier. Anaghem Tannous raconte qu’à cause de la souffrance des gens en Syrie, certaines personnes se sont détournées de Dieu. « Cependant, ni les bombes, ni la détresse et la violence omniprésente ne sont parvenues à anéantir le désir de vivre et les illusions de la jeunesse. Voilà pourquoi en tant qu’Église, nous devons tout d’abord encourager les jeunes gens à se rapprocher de Dieu. » Au cours de la promenade, ils entrent dans une église toute proche pour y prier ensemble. C’est une église mariale de la communauté syriaque orthodoxe. « Ici, nous vivons le plus naturellement ensemble, comme catholiques et orthodoxes. Nous sommes très proches. Cela fait partie de notre culture. »

 

Bénévoles à Marmarita pour distribution d’aide de l’AED

En franchissant le seuil de l’église, Wisam dit : « Nous prions pour le Pape et pour l’Église du monde entier. Ici, la foi représente quelque chose de fondamental. Elle constitue une grande part de notre identité. Au cours des dernières années, justement parce que nous n’avons perdu ni la foi ni l’espoir, nous sommes parvenus à surmonter de nombreuses difficultés dans nos familles, nos études et notre travail. »

 

Le témoignage de ces jeunes gens de la communauté chrétienne en Syrie, une minorité qui a beaucoup souffert durant le conflit armé, peut être une source d’inspiration pour d’autres personnes. Selon les informations de l’église syriaque, 1,5 million de chrétiens vivaient dans le pays avant la guerre. Actuellement, ils ne sont plus qu’environ 500 000. L’insécurité, la violence et la menace provenant de groupes djihadistes comme l’État islamique ont eu pour conséquence une vague d’émigrations absolument inédite. Aide à l’Église en Détresse soutient de nombreux projets pour les enfants et les jeunes gens dans différentes villes de Syrie.

Entrevue-AED Mgr Michael Miabesue Bibi parle des tensions grandissantes au Cameroun

23.10.2018 in Non classifié(e)

Entrevue-AED
Mgr Michael Miabesue Bibi parle des tensions grandissantes au Cameroun

Il faut agir vite pour éviter une guette civile.

Le Cameroun est embourbé dans un conflit politique et social qui touche les régions anglophones et francophones. Il faut savoir qu’à la fin du 19e siècle, ce territoire était une colonie allemande. Après que l’Allemagne ait perdu la Première Guerre mondiale, le territoire a été divisé entre Cameroun français et Cameroun britannique. En 1961, les deux parties ont fusionné en un Cameroun indépendant. Cependant, la population des régions anglophones – situées dans le sud-ouest et le nord-ouest du pays – s’est sentie marginalisée par les autorités francophones qu’elle accuse d’imposer la langue et les traditions françaises. Les anglophones ont réclamé une plus grande autonomie et le respect de leurs coutumes.

Les troubles ont commencé à s’aggraver en 2016, lorsque la communauté anglophone a commencé à exiger un retour au système fédéral. Il y a eu plusieurs affrontements violents entre le gouvernement et les militants sécessionnistes qui réclamaient l’indépendance de la République autoproclamée d’Ambazonie (ou République fédérale du Sud Cameroun). L’armée n’a pas hésité à faire usage de la force pour les réprimer. C’est ainsi que plus de 500 personnes sont mortes et plus de 200 000 ont dû fuir.

Afin de connaître l’origine et la situation actuelle, Maria Lozano, de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est entretenue avec Mgr Michael Bibi, évêque auxiliaire de Bamenda, un archidiocèse majoritairement anglophone du nord-ouest du Cameroun, très touché par ce conflit.

Maria Lozano : Juste pour approfondir le contexte : que s’est-il passé en 2016 ? Quel a été le déclencheur de la crise ?

Mgr Michael Bibi : La crise a débuté en 2016 lorsque les avocats des régions anglophones ont demandé que la loi OHADA* soit traduite du français en anglais, afin que chaque population puisse la comprendre correctement. À la suite de cela, des manifestations ont été organisées, toujours pacifiques, mais des soldats ont systématiquement été envoyés pour les empêcher. Les avocats ont organisé un boycottage pour demander que ce ne soient pas des avocats francophones qui soient envoyés devant les tribunaux anglophones et que les affaires puissent être plaidées en anglais et non en français.

En novembre de la même année, les enseignants ont appelé à une grève pour le 21 du mois. Il s’agissait de protester contre l’envoi dans les régions anglophones d’enseignants francophones ne parlant pas bien l’anglais. Ils ont réclamé qu’il y ait des enseignants anglophones dans les régions anglophones. Ces revendications ont également fait l’objet d’une répression et sont, en fait, la cause principale du problème actuel.

 

Certains médias parlent d’une menace de guerre civile au Cameroun. Pensez-vous que la situation soit si grave ?

La situation est très grave. Depuis le début, en 2016, la question a dégénéré et s’est aggravée. Ne concernant au départ que la traduction de documents, le transfert des enseignants et le rétablissement du système éducatif anglais, la revendication est passée de la demande de fédérer deux États jusqu’à celle de demander la sécession du Cameroun anglophone. Depuis février 2018, il y a eu de nombreux morts chez les soldats et parmi ceux qui défendent la cause anglophone. Nous traversons une situation de grande insécurité, et si les choses ne sont pas résolues le plus tôt possible, nous marchons tout droit vers un désastre.

Les récentes élections du sept octobre auront-elles un effet sur la crise ? Pensez-vous que des avancées positives et productives puissent avoir lieu ?

À mon avis, le président peut résoudre ce problème s’il décide de rassembler les gens et de parler avec eux. Jusqu’à présent, le gouvernement a toujours envoyé des fonctionnaires et cela n’a rien résolu. Je pense que le silence du président a été l’une des raisons pour lesquelles les gens se sont radicalisés. S’il sort et parle à tous les Camerounais comme il parle à ses enfants, je suis sûr que ces derniers écouteront. Nous avons besoin d’un dialogue franc et sincère pour résoudre le problème et cela exige de l’humilité de part et d’autre.

La Conférence épiscopale camerounaise a signalé de graves irrégularités dans les régions anglophones et indiqué que de nombreuses personnes n’avaient pas pu voter à cause de l’insécurité. Actuellement, quelle est la situation en matière de sécurité ?

Presque tous les jours dans la région anglophone et, surtout à Bamenda, la ville d’où je viens, des coups de feu sont tirés, que ce soit par l’armée ou par ceux qui se font appeler les « Amba-Boys », les combattants séparatistes de l’Ambazonie. L’insécurité règne dans la région. C’est la raison pour laquelle aucune élection n’a pu avoir lieu dans certaines zones, alors que dans d’autres, seulement quelques personnes ont voté, protégées par une forte présence militaire. Oui, il y a vraiment de l’insécurité dans la région !

Près de 95% des électeurs des deux régions n’ont pas pu voter à cause de l’insécurité.

Dans ce contexte, est-il possible de se déplacer ? Et qu’en est-il du travail pastoral de l’Église ? Comment est-il influencé par la crise ?

Dans les deux régions, les déplacements sont difficiles. Dans la région du nord-ouest, les routes sont constamment bloquées par les Amba-Boy. Il y a des ponts détruits et des arbres qui barrent les routes et qui entravent considérablement le trafic. Certains jours, les routes sont ouvertes et d’autres jours, elles sont barrées. Tout cela rend très difficiles les déplacements d’un endroit à un autre, et cette situation affecte énormément le travail pastoral, car la plupart des curés ne peuvent circuler entre leur résidence et les chapelles dont ils s’occupent. Depuis le mois de juin, il est également très difficile pour les évêques de faire leurs visites pastorales. La semaine pastorale de l’archidiocèse qui devait avoir lieu dans les prochains jours a été annulée parce que les gens ne pouvaient pas se rendre en ville. C’est la même chose à Bamenda ; certains jours il est possible de circuler, mais souvent, pendant plusieurs jours voire plus d’une semaine, il est totalement impossible de se déplacer. Les lundis, il y a beaucoup de localités qui ressemblent à des villes fantômes parce que les commerces et les entreprises sont fermés. Il n’est pas possible de bouger.

Akiata Gerard Anjiangwe, un séminariste de l’archidiocèse de Bamenda, tué le 4 octobre 2018 à l’église Sainte-Thérèse dans la paroisse de Bamessing Qasi, Ndop.

Peu de temps avant les élections, le 4 octobre, Gérard Anjiangwe, un séminariste de votre archidiocèse de Bamenda, a été assassiné devant l’église paroissiale de Bamessing, située dans la commune de Ndop (département de Ngo-Ketunjia). Que s’est-il passé ?

Vers 9 heures 30 du matin, à la fin de la messe, les fidèles étaient en train de sortir, mais Gérard Anjiangwe et quelques lecteurs étaient restés dans l’église pour préparer la liturgie du lendemain. Un camion militaire venant de Ndop s’est arrêté à l’entrée de la route menant à l’église. Des soldats sont descendus du camion et ont commencé à tirer. Certains des servants d’autel qui étaient en train de rentrer chez eux sont revenus à l’église tandis que d’autres se cachaient dans les arbustes à proximité. Les lecteurs qui étaient avec Gérard près de la sacristie, voyant arriver les soldats, ont couru vers la sacristie et se sont enfermés, tandis que Gérard, qui était encore dehors, s’est prosterné au sol en priant le chapelet. Les soldats ont essayé d’ouvrir la porte de l’église, mais ils n’ont pas réussi. Ils se sont approchés de Gérard qui était au sol et lui ont demandé de se lever, ce qu’il a fait sans hésiter. Après l’interrogatoire, ils lui ont demandé de s’allonger à nouveau. Puis il a reçu trois coups de feu dans le cou et est mort instantanément. Gérard était le fils unique de sa famille, son père était catéchiste. Ça a été très dur pour sa famille.

Dans quel but pensez-vous qu’il ait été assassiné ?

Il est difficile de savoir exactement pourquoi Gérard a été assassiné, mais une hypothèse est qu’il a été confondu avec l’un des Amba-Boys. Pour moi, c’est la seule raison logique de son meurtre. Les soldats essaient de tuer systématiquement tous les jeunes hommes de la région, parce qu’ils sont identifiés aux Amba-Boys qui encouragent la crise.

En juillet de cette année, deux prêtres ont été tués au Cameroun, un dans le nord (Batibo) et l’autre dans le sud (le père Alexandre Nougi). De plus, plusieurs propriétés ecclésiastiques ont été détruites. Tout ceci constitue-t-il des dommages collatéraux ? Quel rôle l’Église joue-t-elle dans le conflit ?

Je dois clarifier une chose : un seul prêtre a été tué, le père Alexander Sob, de Buéa. La personne assassinée à Batibo n’était pas un prêtre, mais un pasteur du Ghana, selon ce qu’on nous a dit. Dans ses efforts pour combattre les Amba-Boys, l’armée a causé des incendies et des destructions sur son passage, et l’Église a également été affectée, car beaucoup de ses propriétés, dont des presbytères et d’autres biens matériels, ont été détruites.

Le rôle de l’Église est simple : dire la vérité et promouvoir le dialogue. Mais l’Église est coincée entre le gouvernement et les Amba-Boys, et quoi qu’elle dise, elle est accusée par une partie ou par l’autre. Lorsque l’Église dit que les enfants ont le droit d’aller à l’école et qu’on ne devrait pas leur refuser le droit à la scolarisation, les Amba-Boys croient que l’Église a été soudoyée par le gouvernement pour le dire. D’un autre côté, certains responsables gouvernementaux ont ouvertement accusé l’Église d’attiser la crise par les différents textes que nous avons rédigés. L’Église croit en la paix, mais il ne peut y avoir de paix sans justice. La justice et la vérité doivent prévaloir et c’est ce que défend l’Église.

 

Les évêques déplorent également qu’aucune mesure n’ait été prise pour permettre le vote des personnes déplacées et des réfugiés. Selon plusieurs rapports, 160 000 personnes ont fui leurs foyers et vivent en tant que déplacés au Cameroun, et 34 000 ont fui au Nigeria. Quelle est la situation des réfugiés à Bamenda ?

Il y a des personnes déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays. L’archidiocèse a formé un comité ad hoc pour aider les personnes déplacées qui vivent à Bamenda. Toutes les personnes concernées ont été identifiées, leurs noms et lieux de résidence ont été notés. Quelques personnes de bonne volonté et certaines paroisses envoient leurs contributions à ce comité pour acheter de la nourriture, des médicaments, des matelas et d’autres objets nécessaires au quotidien afin d’aider. En ce qui concerne les personnes déplacées qui sont au Nigeria, c’est par l’intermédiaire du diocèse de Mamfé qu’ils reçoivent une assistance en matière de santé, de nourriture et autres produits de première nécessité.

Quel est votre message aux bienfaiteurs de l’AED ? Que pouvons-nous faire pour soutenir votre peuple en ces temps difficiles ?

En ces temps difficiles, je voudrais que les bienfaiteurs de l’AED nous gardent dans leurs prières, pour que cette crise soit résolue au plus vite. Il est inquiétant de voir tant de vies humaines perdues, de propriétés détruites et de personnes obligées de fuir. En outre, l’AED peut nous aider à prendre soin des personnes déplacées et des réfugiés, et à aider certaines de nos paroisses dont les prêtres sont confrontés à de nombreuses difficultés dans l’accomplissement de leur travail pastoral.

 

* « La mission de l’OHADA :
Harmonisation du droit des Affaires en Afrique aux fins de garantir, au niveau de ses 17 États membres, une sécurité juridique et judiciaire pour les investisseurs et les entreprises. Accord signé le 17 octobre 1993 et (Source :
www.ohada.org). Signé le 17 octobre 1993.»

 

Révision du texte pour le Canada français : Mario Bard, AED-Canada