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Syrie

 

Rencontre AED – Syrie : Miriam, la voix d’Alep

08.04.2019 in Moyen-Orient, Syrie

Syrie – Rencontre AED
Miriam, la voix d’Alep

Montréal, lundi 8 avril 2019 – À Alep, le nombre de chrétiens a été divisé par cinq pendant la guerre. La crise économique et l’absence de perspectives professionnelles angoissent en particulier les jeunes qui font face à un taux de chômage estimé à 78 % ! Pierre Macqueron du bureau français de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a rencontré Miriam, une voix qui transforme.

Dimanche 17 mars, en fin d’après-midi. Sur scène, une chorale, composée d’une soixantaine d’enfants et de jeunes, entourés de cinq musiciens., le Mouvement de Jeunesse Orthodoxe célèbre le 63e anniversaire de sa création. Dans la salle, comble, le public semble apprécier. Un concert, simple, qui s’est fait rare, ces dernières années, dans cette ville d’Alep, qui était pourtant la capitale économique du pays avant la guerre.

Une jeunesse angoissée

Parmi ces jeunes choristes, Miriam Toubal, 23 ans, étudiante en biotechnologie, anime la chorale des enfants. Une heure par semaine, durant une année, elle leur a fait répéter ces chants. Des répétitions plus sereines que pendant la guerre, même si celle-ci n’avait pas empêché les choristes de chercher à se réunir.

Très vite, Miriam confie être angoissée quant à son avenir. Trouver un bon emploi, pour pouvoir continuer à vivre correctement, constitue un défi de taille dans une ville brisée par six années de guerre puis par l’embargo économique. En Syrie, le taux de chômage des jeunes est estimé à 78%. Et nombreux sont ceux qui s’inquiètent pour leur avenir et celui de leurs proches.

Une activité paralysée

Depuis la fin des combats, la situation ne s’est pas améliorée dans cette ville autrefois prospère – bien au contraire. Nombreux sont les Alépins à témoigner de la difficulté de la vie quotidienne : la reprise économique, tant espérée, se fait attendre ; travailler ne suffit pas à subvenir aux besoins du quotidien, tant les prix ont augmenté. Le souk, dont les 13 kilomètres de boutiques faisaient la fierté de la ville et classé au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, est en ruines et n’a pas encore été restauré. Devant ce qui était autrefois sa boutique, Elias Farah, qui y retourne pour la première fois, ne cache pas son émotion et constate, inquiet, que l’ensemble menace de s’effondrer.

L’ancienne capitale économique du pays souffre énormément de l’embargo économique. « Ce sont les pauvres et les gens simples, surtout, qui subissent la situation », affirme Mgr Antoine Chahda, archevêque syro-catholique d’Alep. La guerre se poursuit et l’absence de perspective nourrit la tristesse des familles et la désespérance de nombreux chrétiens. Dans la banlieue d’Alep, la zone industrielle offre un visage désolant : les usines, endommagées, ont été pillées et on n’observe pas la moindre activité.

Une aide structurée

Pour faire face aux besoins de la vie quotidienne, que ce soit à Alep ou à Homs, la communauté chrétienne s’est organisée et compte sur la générosité de l’Église universelle. Autrefois prospère, elle est devenue mendiante, constate Mgr George Abu Zakham, évêque grec orthodoxe de Homs, qui fait observer que les aides en provenance de l’étranger diminuent.

Le soutien apporté par l’AED, sous forme d’aide médicale et alimentaire, au logement et à l’éducation, demeure indispensable à de nombreuses familles. Pour répartir équitablement ces aides entre les différentes communautés chrétiennes, des comités de laïcs ont été mis en place. Ils ont pour mission d’identifier les besoins les plus urgents et d’assurer un suivi minutieux de l’aide apportée. Une formule efficace et qui permet aux Églises de travailler ensemble. Une aide, indispensable, qui permet de faire briller « une nouvelle étincelle dans l’air brumeux de l’horreur d’une ville en cendres » (1). Et dont Miriam s’est fait, l’espace d’un instant, la voix.

(1) Le cri d’Alep, Les Frangines

En Syrie, de mars 2011 à fin 2018, l’AED a affecté 44,2 millions de dollars à travers 738 projets et 80% d’entre eux ont été consacrés à fournir une aide d’urgence, pour un montant de 35,2 millions de dollars.

Syrie – L’AED soutient un plan « crucial » pour l’avenir de la communauté chrétienne

25.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, PROJETS AED, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

Un plan d’action qui veut permettre à des milliers de chrétiens de retourner chez eux dans la ville syrienne de Homs a été approuvé dans le cadre d’un programme de réparation de maisons impliquant des responsables ecclésiaux et une œuvre de charité catholique de premier plan : Aide à l’Église en Détresse (AED).

Par John Pontifex pour ACN-International

Lors de la réunion à Homs, les dirigeants de cinq communautés ecclésiales ont signé l’Accord du Comité de Reconstruction de Homs qui prévoit que l’AED répare 300 maisons dans le cadre de la première étape du plan.

L’AED participera également en partie à la deuxième phase de reconstruction lors de laquelle 980 maisons supplémentaires doivent être reconstruites – 80 pour la communauté gréco-catholique melkite, 600 pour la communauté grecque orthodoxe et 300 pour des familles syriaques orthodoxes.

Soulignant l’importance de cet accord, le coordonnateur des projets de l’AED au Moyen-Orient, le Père Andrzej Halemba, a déclaré : « Cet accord est l’une des étapes les plus importantes dans le rétablissement de la communauté chrétienne à Homs. L’engagement à reconstruire autant de maisons apporte aux gens désespérés une lueur d’espoir ; celle de pouvoir revenir dans cette ville qui est l’une des plus importantes pour les chrétiens de toute la Syrie ».

Le père Andrzej Halemba, responsable de projet pour le Moyen-Orient et Mgr Nicolas Sawaf, archevêque grecque catholique melkite de Lattaquié.

Lueur d’espoir pour la communauté chrétienne de Homs

Des chrétiens heureux de retrouver leur ville et de pouvoir y habiter de nouveau.

L’évêque grec orthodoxe de Homs, Mgr Georges Abou Zakhem, a déclaré : « Les gens ont besoin de revenir dans leurs maisons, mais ils ne le peuvent pas sans l’aide de l’AED ».

Un prêtre melkite, le Père Bolos Manhal, a déclaré : « Je suis très heureux que les gens aient cette merveilleuse occasion de retourner chez eux. Ils ont tant souffert, et pour beaucoup d’entre eux, revenir à la maison sera la réalisation d’un rêve.

« Ils ont dû dépenser tant d’argent pour louer un endroit où vivre que la reconstruction de leurs maisons représente une pression énorme sur les budgets familiaux. Mais comme il y a plus de possibilités d’emploi en ville qu’à la campagne, ils pourront maintenant en profiter ».

L’AED contribuera aux frais à hauteur de 4 600 dollars par maison réparée.

Avec plus de 12 500 maisons détruites à Homs et 37 500 gravement endommagées, de nombreux chrétiens vivent depuis sept ans dans la vallée des chrétiens toute proche.

Au plus fort du conflit en 2014, il restait moins de 100 chrétiens dans la vieille ville de Homs, et les attaques ciblées des extrémistes islamistes avaient obligé près de 250 000 chrétiens à partir.

L’année dernière, l’AED a piloté un programme de réparation de 100 maisons appartenant à des familles melkites et syro-orthodoxes, dont 85 sont déjà à nouveau habitées, tandis que les autres devront être restituées au début de la nouvelle année scolaire, à l’automne.

En 2018, le plan de rénovation de Homs faisait partie d’un programme qui a déjà permis la réparation de près de 500 maisons à travers la Syrie, dont beaucoup à Alep. (25-02-2019)

Depuis le début de la crise en Syrie en 2011, l’AED a achevé 750 projets impliquant 150 partenaires.

Nouvelles de AED – Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

23.07.2018 in ACN International, Adapted by Amanda Bridget Griffin, Maria Lozano, Moyen-Orient, Pastorale familiale, PROJETS AED, Refugiés, Syrie, Syrie

Aide à l’Église en Détresse

Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

Hôpital San Luis Hospital, Aleppo. 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a accordé un nouveau soutien à plus de quarante projets pour la pastorale ainsi que de l’aide d’urgence en faveur de chrétiens syriens de différents rites. L’AED tente ainsi d’améliorer la situation difficile dont souffrent les habitants du pays, causée par les récentes sanctions économiques, notamment l’embargo commercial sur le pétrole. Dans une rencontre effectuée le 27 juin à l’occasion d’une conférence devant le Parlement européen à Bruxelles, Mgr Joseph Tobji, évêque maronite d’Alep, a mis en garde contre ce genre de restrictions : « Elles tuent le peuple syrien autant que les armes ».

« Cette aide doit servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne »

 

L’archevêque maronite d’Alep, Mgr Joseph Tobji, dans sa cathédrale bombardée, située en plein coeur de la vieille ville.

« Pourquoi des enfants et des malades doivent-ils mourir par manque de médicaments ? Pourquoi des chômeurs, licenciés à cause de l’embargo, doivent-ils mourir de faim ? », a demandé l’évêque aux députés européens.

En réaction à cet appel d’urgence et à d’autres appels similaires lancés par les Églises catholique et orthodoxe locales en Syrie, l’AED a accordé une enveloppe de plus de trois millions de dollars pour assurer la subsistance et les soins médicaux de familles dans la détresse, déplacées dans plusieurs zones du pays, en particulier à Alep et à Homs.

 

Selon Mgr Tobji, la migration constitue un autre grave problème en Syrie. Elle représente « une blessure dangereuse qui continue de saigner ». L’immense vague des migrants forcés comporte évidemment aussi des chrétiens syriens. Si ces derniers formaient déjà une minorité auparavant, ils « vont disparaître maintenant totalement [de Syrie] si la situation engendrée par la guerre ne se termine pas bientôt ». Il ne reste plus qu’un tiers des chrétiens qui y vivaient avant la guerre. Au vu d’un tel taux d’émigration, l’évêque maronite se demande qui pourrait bien reconstruire le pays maintenant. En effet, la Syrie est un pays « sans productivité, sans main-d’œuvre, une société sans vie ». En qualité de « passerelle culturelle » entre l’Occident et l’Orient, les chrétiens jouent un rôle décisif à titre d’élément pacifique et pacifiant au sein de la société syrienne. Selon les prévisions de l’évêque, « si les chrétiens venaient à disparaître, beaucoup de problèmes pourraient surgir, pas seulement pour le pays même, mais aussi pour l’Europe : la Syrie n’en est éloignée que de quelques kilomètres ».

 

 

Que les enfants redécouvrent leur capacité à jouer !

Au cours des prochains mois, l’AED s’est donné comme autre grand objectif de soutenir les enfants et les jeunes gens, qui représentent, en principe, l’avenir du pays. Toutefois, le souci des parents concernant l’avenir de leurs enfants est justement la cause de l’émigration de nombreuses familles chrétiennes. Par conséquent, un quart des projets accordés par l’AED vont l’être au bénéfice de la jeunesse. D’une part, l’AED a débuté plusieurs projets de bourses scolaires, car beaucoup de familles ont perdu leurs maisons et leurs emplois et ne disposent donc plus d’aucun moyen pour assurer l’éducation de leurs enfants. La détresse économique oblige de nombreuses familles à chercher leur avenir en dehors du pays.

Un des projets soutenus par l’AED : Laissez moi vivre mon enfance! Des enfants nés sous les bombes reçoivent un peu de répit, grâce à vos dons et au travail de l’Église.

 

Au fil des prochains mois, ce programme bénéficiera à 1215 élèves et 437 étudiants à Homs, ainsi qu’à 105 étudiants à Damas. En outre, l’AED a donné son accord pour fournir des aides à la scolarisation d’enfants de 300 familles en détresse à Damas ainsi que d’enfants malades et d’orphelins.

 

D’autres projets sont prévus pour l’assistance aux enfants et aux d’adolescents d’Alep, traumatisés au bout de sept années de guerre et de conflits. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais quitté la ville au cours des sept dernières années et ne connaissent rien d’autre que la guerre. Ils ont besoin d’aide pour guérir et pour se développer sur le plan spirituel et psychique. Le Père Antoine Tahan, prêtre de l’église arménienne catholique de la Sainte-Croix, a pu convaincre un groupe de jeunes bénévoles de l’épauler dans son initiative « Let me Live My Childhood » (Laissez-moi vivre mon enfance). Le prêtre affirme : « Nous remercions l’AED de ce projet qui doit aider les enfants à se défaire de leurs ‘vêtements d’adulte’, afin de renouer avec les dons irremplaçables de l’enfance. Nous voudrions qu’ils redécouvrent la capacité de jouer, qu’ils redeviennent simplement des enfants ». Par ailleurs, l’AED soutient plusieurs cours d’été pour adolescents, organisés par les Églises catholiques maronite et syriaque orthodoxes d’Alep. Cette ville a certainement le plus souffert de la guerre.

 

Fidèle à son caractère pastoral, Aide à l’Église en Détresse fournira presque un demi-million d’euros pour la remise en état de plusieurs églises et de monastères, notamment les cathédrales maronite et syriaque catholiques d’Alep, ainsi que pour le soutien de la formation de séminaristes et pour la subsistance de prêtres. À ce sujet, l’évêque Mgr Tobji affirme : « L’Église est la première porte à laquelle les gens frappent », pour ajouter : « Cependant, sans le soutien des bienfaiteurs et des organisations et œuvres de bienfaisance de l’Église, comme l’AED », l’Église locale serait incapable d’assurer cet appui. « Ces aides doivent servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne ».

L’évêque maronite d’Alep adresse un appel désespéré à l’Occident : « Faites quelque chose de bien, aidez-nous à trouver la paix. »

Une mission d’aide soutenue par Aide à l’Église en Détresse. Merci de continuer à  nous soutenir, pour l’avenir de cette petite fille! 

 

 

Syrie – Des jeunes coordonnent de l’aide pour 2000 familles

01.05.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Aide alimentaire, Aide d'urgence, by Josue Villalon, Déplacés, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, Pape François, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie – Marmarita

Des jeunes coordonnent de l’aide pour 2000 familles

Certains d’entre eux sont également des déplacés, mais ils n’hésitent pas à aider tout le monde : « Jésus est notre motivation ».

AED (Josué Villalón, Marmarita) – Onze jeunes forment l’équipe de volontaires du centre Saint- Pierre, de l’église gréco-catholique de Marmarita, au cœur de la vallée des chrétiens, une région de Syrie proche de la frontière libanaise. Dans cette région, il y a de nombreuses personnes déplacées par la guerre, venant de tout le pays : Damas, Homs, Alep, etc. Chaque mois, cette équipe de bénévoles coordonne l’aide offerte à 2000 familles par l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED). Ils sont les messagers, mais ils sont aussi le message.

« Notre motivation, c’est Jésus. Pouvoir aider ces gens qui en ont besoin est quelque chose qui touche nos cœurs. Personnellement, c’est la raison pour laquelle je continue de vivre en Syrie », raconte Elías Jahloum, coordinateur du centre, que tout le monde ici appelle « Ili ». Tandis qu’il discute avec une délégation de l’AED, son téléphone cellulaire n’arrête pas de sonner. « Les familles ont vraiment confiance en moi, beaucoup me considèrent comme un fils. J’accompagne les malades à l’hôpital, puis je vais leur rendre visite à la maison ».

 

Syrie, mars 2018: de gauche à droite, Raja Mallouhi et Issam Ahwesh, volontaires à Marmarita, dans la Vallée des chrétiens. 

 

Le soutien que l’œuvre pontificale AED fournit à travers l’Église locale se concentre principalement sur deux types d’aide. D’une part, il s’agit de payer les loyers : « Cela fait longtemps que les familles déplacées n’ont plus l’épargne nécessaire pour payer un logement, et les rares personnes qui ont obtenu un emploi gagnent à peine ce qu’il faut pour vivre », explique Majd Jallhoum, sœur d’Ili et secrétaire de centre. « L’autre grand projet concerne les soins de santé et le paiement des médicaments. Il n’y a aucun hôpital public dans toute la vallée des chrétiens, les traitements coûtent très cher, ainsi que les médicaments ».

Tous les six mois, l’AED finance ces deux projets grâce à un montant de 422,800 dollars. « Pour les loyers, nous soutenons 340 familles qui reçoivent mensuellement par ménage environ 25,000 livres syriennes (75,50 dollars). Nous tenons compte du fait qu’actuellement, un salaire moyen en Syrie n’est que de 90,60 dollars ». Dans la région de la vallée des chrétiens, le loyer moyen est de 226,50 dollars par mois, et en été ce prix augmente parce qu’il s’agit d’une zone « touristique » en raison de son climat plus frais.

Aucun des jeunes volontaires ne reçoit de l’argent en échange de son travail. Cependant, certains d’entre eux sont des déplacés et reçoivent tout de même de l’aide en fonction de leurs besoins : « Moi, par exemple, je reçois de l’aide pour mon transport aller-retour de chez moi à l’Université, située à Homs, à une heure de route. Je n’ai jamais arrêté mes études malgré la guerre, grâce au soutien de l’AED », explique Issam Ahwesh, qui est âgé de 22 ans et étudie l’ingénierie informatique. Cette année, il obtiendra son diplôme : « Ma mère serait très heureuse de me voir apporter mon aide ici et elle se réjouirait aussi que je sois enfin diplômé. Elle est morte quelques années avant la guerre ».

 

Une équipe œcuménique

Les 11 jeunes du centre de Marmarita appartiennent à différentes Églises, de différents rites. « Certains d’entre nous sont gréco-catholiques, d’autres syro-catholiques et d’autres enfin sont orthodoxes. Nous ne faisons pas de distinctions, nous aidons tout le monde dans la mesure de ce que nous pouvons faire, et nous sommes au service du Père Walid ». Walid Iskandafy est un prêtre gréco-catholique qui est actuellement curé de l’église Saint-Pierre.

Après leurs journées de travail, les garçons du groupe vont jouer au football ensemble. Raja Mallouhi, qui étudie l’économie à Homs, dit qu’autrefois il avait l’habitude de jouer dans une équipe de sa ville natale : « Ici, mon équipe préférée est Al-Karama, c’était la meilleure équipe de football du pays avant la guerre. En dehors de la Syrie, je suis fan de l’Atletico Madrid ».

« Ce sont les joueurs du Real Madrid et je suis l’entraîneur, Zinedine Zidane », lance le père Iskandafy, tandis que les onze éclatent de rire. Ils forment un groupe très uni. Le prêtre reconnaît qu’à chaque fois qu’il y a une nouvelle demande d’aide ou un problème avec l’une des familles, ils en discutent ensemble et essaient de résoudre le problème ensemble.

 

Inspirés par le Pape

Lama Jomia vient d’obtenir son diplôme en tourisme et s’occupe des visites aux familles déplacées : « Il y a quelques années, le Pape François a dit aux jeunes de ne pas avoir peur d’aller à contre-courant et d’être fidèles à Jésus. Ces paroles nous encouragent à poursuivre notre travail, alors que dans notre pays il n’y a que la guerre et la haine ».

Pour eux, la foi est la principale raison de rester à Marmarita et d’aider ceux qui en ont le plus besoin. Un autre jeune du groupe, Rafic Assi, conclut : « Aux jeunes d’Europe et du monde entier, je dirais que le plus important, ce ne sont pas les choses matérielles. Qu’ils profitent bien de leur vie et rendent grâce de vivre dans un lieu en paix. Nous ne pensions pas que nous allions vivre ainsi, mais nous ne perdons pas espoir ».

 

À gauche, Majd et une famille qu’elle accompagne.                                                                                               


 

Appel pour la Syrie – « À quoi a servi cette guerre ? … S’il vous plaît, priez pour nous. »

20.04.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Guerre, Moyen-Orient, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

« À quoi a servi cette guerre ? … S’il vous plaît, priez pour nous. »

 

Mgr Jean Arbach, archevêque Grecque Melkite catholique de Homs, a fait parvenir à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), un message où se font sentir fatigue et tristesse quant à la situation en Syrie, après sept années de guerre et les événements des dernières semaines.

 

« Les gens n’en peuvent plus. Ils veulent avoir une vie normale, dormir paisiblement, se réveiller pour aller travailler et non pas à cause du bruit des bombes. Maintenant ça suffit, c’en est trop », écrit-il. Le prélat demande, par l’intermédiaire l’AED que l’on prie pour eux. « Nous avons besoin de prière, de prière et encore de prière. C’est la seule chose qui nous donnera l’unité dans ce pays », répète-t-il tout en rappelant que le pape François a également demandé que nous priions, car ce qui se passe en Syrie – comme il l’explique – ne concerne pas seulement ce pays, mais a traversé les frontières, et le monde entier a besoin de paix. « À quoi a servi cette guerre ? » se demande-t-il. « Tout est détruit, il y a des millions de réfugiés… Puissent les politiciens du monde entier travailler pour la paix et non pour la guerre », insiste-t-il désespérément.

Cette photo a été prise en janvier 2016, lorsque Mgr Arbach a pu revenir dans on patelin. Depuis, les icônes et les fresques de son église, Notre-Dame de Yabrud, ont été remplacées. 

 

Malgré cette terrible situation, l’évêque estime que le peuple syrien ne perd ni son courage ni la foi, en voyant comment son pays se relève. L’AED apporte son aide dans la région de Homs, à travers plusieurs projets tels que des bourses pour 4 000 étudiants, de la nourriture, des médicaments et la reconstruction, aussi bien de maisons particulières que d’édifices religieux. Selon Mgr Arbach, 80% des églises et centres de catéchèse ont déjà été reconstruits.

Violation « flagrante » du droit international

Par ailleurs, dans un autre communiqué envoyé à l’AED, les trois patriarches des Églises présentes en Syrie1 ont dénoncé les attaques lancées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni contre la Syrie en réponse à une attaque chimique présumée du gouvernement syrien dans la ville de Douma. Il s’agit d’une situation terrible que les dirigeants religieux définissent comme « une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies », qui « n’est ni justifiée ni étayée par des preuves suffisantes et claires ».

Ils insistent sur le fait que ces attaques constituent « une agression brutale qui détruit toute possibilité d’une solution politique pacifique, et qui ne mène qu’à des complications majeures ». Par ailleurs, celle-ci « encourage les organisations terroristes en leur donnant l’élan nécessaire pour poursuivre le terrorisme ».

Appel aux Églises des pays qui ont participé à l’attaque

Dans leur communiqué, les patriarches exhortent « toutes les Églises des pays qui ont participé à l’attaque à remplir leur devoir chrétien, en conformité avec l’Évangile, en condamnant cette agression et en appelant leurs gouvernements à s’engager pour la protection de la paix internationale »

 

  1. Il s’agit des patriarches suivants :
    le patriarche orthodoxe grec d’Antioche et de tout l’Orient, Jean X ;

le patriarche orthodoxe syrien d’Antioche et de tout l’Orient, Ignace Éphrem II ;

le patriarche grec melkite catholique d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem, Joseph Absi.

 

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En mars dernier, la guerre en Syrie est entrée dans sa 8e année.