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liberté religieuse

 

Communiqué de presse – #MercrediRouge – 20 novembre

18.11.2019 in AED, Aide à l'Église en détresse., Communications, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Martyrs, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Persécution, Voyagez avec AED

Communiqué de presse – pour diffusion immédiate

#MercrediRouge, 20 novembre 2019
Pierres et prières
Soyez solidaires des chrétiens persécutés !

Les façades d’au moins cinq monuments seront illuminées en rouge cette année au Canada, dont la basilique-cathédrale Marie-Reine du monde à Montréal et la cathédrale St. Michael à Toronto.

Montréal, 18 novembre 2019 – Ce mercredi 20 novembre, Aide à l’Église en Détresse Canada invite tous les Canadiens à participer aux activités du Mercredi Rouge (#MercrediRouge). Pour l’occasion, en soirée au moins cinq monuments de pierres seront illuminés en rouge : la façade de la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde à Montréal, la cathédrale St. Michael à Toronto, la cathédrale St. Mary à Calgary, le porche d’entrée du Grand séminaire de Montréal et l’Ambassade de Hongrie à Ottawa, située dans l’édifice historique du Château Birkett.

Dans le diocèse de Calgary, on annonce déjà plus de 80 activités.
« Je crois que de plus en plus de Canadiens sont conscients des problèmes liés au manque de liberté religieuse dans le monde, et en particulier, de la situation de plus de 327 millions de chrétiens qui vivent dans un pays où sévit la
persécution », indique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED Canada.

Grand mouvement international

Les activités au Canada ouvrent une semaine complète d’évènements qui auront lieu partout dans le monde jusqu’au 27 novembre. Dans au moins 15 pays, des temps de prières et de rencont

res d’informations seront organisés et des édifices seront illuminés en rouge – dont plus de 2000 aux Philippines et 120 au Royaume-Uni –, afin de sensibiliser aux questions liées à la liberté religieuse et à la persécution des chrétiens.

Au Canada, plusieurs manières d’être solidaire :

  • Participer à l’une des activités déjà annoncées – liste à l’adresse : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/ Information : 514-932-0552 ou sans frais : 1-800-585-6333.
  • S’informer et informer, grâce au rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19
    https://acn-canada.org/fr/persecutes-et-oublies/
  • Habillez-vous de rouge
  • Priez pour les chrétiens persécutés dans le monde et toutes les personnes qui souffrent à cause du manque de liberté religieuse.

Parmi la centaine d’activités qui auront lieu partout au Canada, nous en soulignons trois qui auront lieu le mercredi 20 novembre :

  • 19 h 30 : Messe à la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde, présidée par Mgr Christian Lépine. Animation du chant assurée par la chorale de la cathédrale syriaque-catholique Saint-Éphrem.
  • 19 h 30 : Vigile œcuménique à la cathédrale St. Michael de Toronto, présidée par le Cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto.
  • 18 h 30 : Dans la ville touristique de Banff en Alberta, célébration de la messe à l’église St. Mary.

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.


 

#Mercredi Rouge 2019 – le 20 novembre, soyez solidaires !

12.11.2019 in Actualités, AED Canada, Communiqué, liberté religieuse, Mario Bard, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Voyagez avec AED

 #Mercredi Rouge 2019
Le 20 novembre, partout au Canada
Soyez solidaire!

 

Montréal, 12 novembre 2019 – Pour une deuxième année consécutive, Aide à l’Église en Détresse Canada (AED) organise et coordonne des activités dans le cadre du Mercredi Rouge — # MercrediRouge —, journée de sensibilisation et d’action destinée à faire connaître le sort de plus de 300 millions de chrétiens dans le monde qui vivent dans des pays où sévit la persécution religieuse.
Le 20 novembre prochain, soyez solidaire
!

« J’invite les gens qui organisent une activité dans le cadre de cette journée à nous contacter afin que l’on puisse l’annoncer sur le site web de l’AED Canada », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale. L’une des activités proposées est d’illuminer en rouge un édifice emblématique, qu’il soit religieux ou civil. « Cette année, on compte de nouveaux participants dont le Grand séminaire de Montréal et la pro-cathédrale of The Assumption de North Bay, où l’on priera spécialement, à la messe de 12 h 05, en solidarité avec les chrétiens persécutés ». En plus des liturgies qui y seront célébrées, la Basilique-Cathédrale Marie-Reine du monde de Montréal, le Grand séminaire de Montréal, ainsi que la cathédrale St. Michael de Toronto seront illuminés. Enfin, dans le diocèse de Calgary, les activités devraient être annoncées sous peu. Dans ce diocèse l’an dernier, plus de 50 activités avaient été inscrites au calendrier. Pour en savoir plus sur l’édition 2019 et trouver du matériel pour participer  : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/.

 

Persécutés et oubliés? 2017-19 : une crise qui s’aggrave

 

Au Canada, le mois de novembre correspond également à la sortie d’un rapport bisannuel de l’AED, concernant la liberté religieuse dans le monde. « Le rapport de cette année, qui documente exclusivement la situation des chrétiens, n’annonce rien de bon. Dans Persécutés et oubliés ? 2017-19, on craint pour la survie des communautés chrétiennes historiques de Syrie, mais plus particulièrement de celles d’Irak », explique Mme Lalonde. Depuis 2003, le nombre de chrétiens y a diminué de 90 %, passant de 1,5 million à moins de 150 000. Les plus pessimistes parlent plutôt de 120 000.

 

Croix désacralisée dans les restes d’une église incendiée (Égypte).

« Makgré les efforts de notre organisation afin de reconstruire les villes et villages chrétiens dans la plaine de Ninive, nous craignons que la présence chrétienne en Irak ne soit plus qu’une chose du passé dans quelques années seulement. Nous en parlons depuis des années, mais on dirait que la communauté internationale ne donne aucune réponse concrète à cette menace d’extinction », s’indigne Mme Lalonde.

 Elle souligne par ailleurs qu’entre 2017-19, c’est en Asie du Sud et de l’Est que la situation s’est la plus détériorée. « En Inde, des attaques contre des chrétiens ont eu lieu dans 24 des 29 états du sous-continent et l’on retrouve des lois anti-conversion dans neuf États. L’hindûtva — le nationalisme hindou — en est en partie responsable. Celui-ci prône le retour d’une Inde purement hindoue où ne seraient reconnues que les traditions religieuses qui en sont issues (bouddhisme, jaïn, sikh). Au contraire, le christianisme et l’Islam sont vus par les promoteurs de l’hindûtva comme des éléments étrangers qui ne peuvent participer à la construction du pays. »

Enfin, l’Afrique subsaharienne est plus que jamais sous attaque. « Chrétiens et musulmans modérés sont victimes de groupes qui se revendiquent de l’État islamique (Daech). Ainsi, au Nigeria, 19 personnes qui participaient à la messe — dont deux prêtres — ont été tuées par des hommes armés et la responsabilité de l’attaque a été revendiquée par des bergers peuls islamistes », explique Mme Lalonde.

Elle conclut : « Cela fera 20 ans en 2020 que je suis directrice nationale, et je n’ai vu aucune diminution de la persécution contre les chrétiens. C’est très difficile. Toutefois, des événements comme le Mercredi Rouge, et l’intérêt solidaire dont font preuve de plus en plus de communautés chrétiennes au Canada en organisant une activité me permettent d’espérer. Cela ne règle rien tout de suite, mais c’est peut-être déjà le début d’une meilleure connaissance qu’auront les gens d’ici sur ce phénomène mondial. »

Nigeria : déjà en 2015, le diocèse de Maidaguri était visé par Boko Haram. Sur cette photo, Mgr Oliver Dashe Doeme visite une église qui a été brûlée par les terroristes.  

 

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.

 

 

Entretien avec Mark Reidemann sur la persécution religieuse

21.10.2019 in Adaptation Mario Bard, liberté religieuse, Maria Lozano, Voyagez avec AED

AED International

Organisation confessionnelle et soutien humanitaire

Regard sur la question

 
 Entretien par Maria Lozano, ACN International
Adaptation du texte, Mario Bard, AED Canada
  • L’ambassadeur de l’Union Européenne annonce une nouvelle initiative visant à réduire l’ignorance religieuse ou « l’analphabétisme » religieux1 dans le monde entier.
  • Cardinal Parolin : Les gouvernements devraient éviter la « colonisation idéologique ou culturelle ».
  • 20ème anniversaire du Rapport sur la liberté religieuse de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)

Mark von Riedemann, directeur des affaires publiques et de la liberté religieuse de l’œuvre pontificale de charité de l’AED, a été invité à animer une table ronde sur l’aide humanitaire lors d’un récent symposium entre les États-Unis et le Saint Siège intitulé « Des chemins pour atteindre la dignité humaine : partenariat avec des organisations confessionnelles ». Maria Lozano, responsable de l’information au bureau international de l’AED, l’a interviewé à ce sujet.

AED : L’ambassade des États-Unis à Rome et le Saint-Siège ont récemment coparrainé un symposium où le secrétaire d’État américain, Michael R. Pompeo, le Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, Mgr Paul Gallagher et le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Vatican, se sont exprimés sur la façon dont les gouvernements peuvent s’associer avec des organisations confessionnelles pour mieux défendre la liberté religieuse. Qu’est-ce qui a motivé ce symposium ?

Mark von Riedemann : Le symposium a voulu rappeler les 35 ans de coopération positive entre le gouvernement américain et le Saint-Siège, avec le travail du Pape Saint Jean-Paul II et de Ronald Reagan et leurs efforts combinés pour mettre fin au communisme dans l’ex-Union soviétique.

L’intention était également de présenter des nouvelles initiatives prises par le gouvernement américain pour travailler directement sur le terrain avec les organisations confessionnelles. Comme l’a fait remarquer l’ambassadrice des États-Unis auprès du Saint-Siège, Mme Castella Louise Gingrinch dans son discours d’ouverture, les gouvernements à eux seuls ne peuvent pas faire grand-chose. Elle a noté, par exemple, que même pour les États-Unis qui sont l’un des principaux pourvoyeurs d’aide humanitaire dans le monde, l’efficacité de ce soutien nécessite des partenariats avec les organisations travaillant sur le terrain. Les organisations catholiques et autres organisations confessionnelles peuvent fournir une aide plus efficace dans les endroits où les gouvernements n’ont ni l’expérience ni le réseau pour cela. La forte participation diplomatique à cette occasion a également incité le représentant de l’Union européenne auprès du Saint-Siège, l’Ambassadeur Mr Jan Tombinski, à annoncer le lancement d’une initiative de l’UE appelée « Echange mondial sur la religion dans la société », qui vise à réduire l’ignorance religieuse ou « l’analphabétisme » religieux dans l’UE et le reste du monde. L’objectif d’une telle initiative est de reconnaître l’importance de la foi dans la vie quotidienne. Il s’agit d’une première absolue pour l’Europe, qui s’était jusqu’à présent vantée d’être « aveugle à la religion ».

Le Cardinal Parolin a salué ces nouvelles initiatives. Dans son discours, cependant, il a mis en garde contre la tentation des pays donateurs d’imposer certaines valeurs culturelles ou visions du monde qui deviennent des conditions préalables à l’octroi de l’aide aux pays bénéficiaires.

 

En effet, il a fermement demandé aux gouvernements d’éviter, lorsqu’ils parrainent des organisations confessionnelles, ce que le pape François a appelé une « colonisation idéologique ou culturelle » consistant à « imposer une vision du monde ou un ensemble de valeurs différentes aux sociétés les plus pauvres, faisant souvent de l’adoption de ces valeurs une condition préalable pour recevoir une aide humanitaire ou au développement ». Bien que l’Aide à l’Église en Détresse n’ait jamais été touchée par cette question, car nous comptons uniquement sur le soutien de bienfaiteurs privés, j’ai été heureux qu’il en fasse mention. Nos partenaires de projet nous ont en effet, et ce à maintes reprises, témoigné  de ce genre d’abus. En effet, il est abusif de subordonner l’aide alimentaire à l’acceptation de programmes de promotion de la contraception et de l’avortement. Et ce phénomène est bien documenté.

Ce symposium fait partie d’une série d’autres actions menées ces derniers mois dans le domaine de la liberté religieuse et de l’attention portée à la question de la persécution des chrétiens. Quelle tendance avez-vous notée ?

 

La liberté religieuse est de plus en plus reconnue comme un droit fondamental, les deux tiers de la population mondiale vivant dans des pays où la liberté religieuse est restreinte, et les chrétiens constituant le plus grand groupe confessionnel soumis à des persécutions.

Cette conférence s’inscrit dans la foulée d’un « Appel mondial à la protection de la liberté religieuse », lancé le 23 septembre 2019, qui a été le premier acte de l’ONU sur la liberté religieuse parrainé par un président américain, et de la résolution de l’ONU du 28 mai 2019 faisant du 22 août la « Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions ». Au cours des deux dernières années, il y a eu une série d’initiatives, dont la création d’un « Secrétariat d’État pour l’aide aux chrétiens persécutés » en Hongrie, l’Alliance internationale pour la liberté religieuse lancée par les États-Unis, et ce qui est peut-être le plus remarquable, le nombre croissant de nations qui instituent ou réactivent des ambassadeurs pour la liberté religieuse et liberté de croyance dans des pays comme le Danemark, les Pays-Bas, les États-Unis, la Norvège, la Finlande, l’Allemagne et le Royaume-Uni, entre autres.

2019 marque le 20ème anniversaire du Rapport sur la liberté religieuse de l’AED. L’AED a-t-elle été une sorte de voix prophétique dans le désert appelant à la liberté religieuse et à la fin de la persécution des chrétiens ?

 

Le rapport a en effet été prophétique. En 1999, la liberté religieuse n’était pas un sujet majeur pour la plupart des gouvernements, mais l’AED recevait déjà de nos partenaires de projet sur le terrain de plus en plus de témoignages de persécution des chrétiens. Par exemple, les tensions religieuses au Nigeria se sont développées cette année-là avec l’imposition de la charia dans une douzaine d’États à majorité musulmane, entraînant une violence sectaire importante qui se poursuit encore aujourd’hui. Depuis lors, nous avons été témoins d’événements dramatiques au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, et les souffrances qui en ont résulté pour des millions de personnes ont exigé une attention et une réaction accrues.

Puis, il y a eu un moment charnière en 2016 lorsque l’Union européenne et les États-Unis ont adopté des résolutions qualifiant de génocide les atrocités commises par l’État islamique (ÉI/Daesh) contre les chrétiens en Syrie et en Irak. La persécution des chrétiens est-elle une surprise ? Non, elle s’est développée au fil des siècles, plongeant ses racines dans l’intolérance, qui s’est transformée en discrimination et persécution, jusqu’à ce que le monde prenne enfin conscience du génocide des chrétiens en Irak et en Syrie. Un triste symptôme de ce génocide est la diminution de la présence chrétienne au Moyen-Orient : en 1910, les chrétiens représentaient 13,6 % de sa population. En 2010, ce nombre était tombé à 4,2 %. L’appel du gouvernement américain en faveur d’un nouveau partenariat entre le gouvernement et les organisations confessionnelles est un signe supplémentaire que les pays occidentaux prennent conscience de ces réalités, et c’est un pas important dans la bonne direction.

  1. Sur l’expression « analphabétisme religieux », voir le rapport abrégé de l’AED 2016-18 sur la liberté religieuse.

Nouvelles de l’AED : Inde et liberté religieuse

04.10.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Inde, liberté religieuse

Inde et liberté religieuse

«Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité».

Texte par Matthias Böhnke. ACN International
Adaptation par Mario Bard pour le bureau canadien

« Pour les chrétiens de notre diocèse, les circonstances de la vie sont difficiles », explique à l’Aide à l’Église en Détresse Mgr Stephen Antony, évêque de Tuticorin, diocèse situé au sud de l’Inde. « Pour pouvoir pratiquer notre foi, nous sommes soumis à de plus en plus de restrictions », indique également l’évêque âgé de 67 ans, qui était en visite ad limina à Rome avec 53 autres évêques indiens.

 

L’évêque affirme que le gouvernement indien s’efforce de transformer cet immense pays marqué par l’hindouisme en une nation unie, n’ayant qu’une seule langue et un seul point de vue politique. Il s’agit là d’un projet ambitieux, difficile sinon impossible à réaliser dans un pays multiple comportant 29 États fédéraux et qui, avec 1,37 milliard d’habitants, constitue le deuxième pays le plus peuplé du monde. Sur le plan démographique, l’Inde pourrait dès l’an prochain dépasser la Chine, actuellement première au classement.

 

Politiques favorisant les plus riches

Les élections parlementaires qui se sont déroulées cette année et ont été remportées haut la main — avec un résultat étonnamment élevé par le parti nationaliste BJP (Bharatiya Janata Party) du gouvernement du premier ministre Narendra Modi, ont encore exacerbé la situation : « Les circonstances dans lesquelles nous vivons actuellement ne sont pas particulièrement encourageantes. Le gouvernement prend de nombreuses décisions hâtives, de sorte que certaines choses deviennent imprévisibles. La politique ne se déploie plus qu’en faveur des gens riches dans la population. Les pauvres en pâtissent », déplore l’évêque.

 

Projet soutenu pas l’AED : moyen de transport pour le travail pastoral et social des religieuses de Saint-Charles Borromée, au couvent Saint-Charles, province de l’Est, Vilathikulam, Tutcorin District.

Environ 450 000 catholiques vivent dans le diocèse de Tuticorin, ce qui correspond à environ 17 pour cent de la population. Les attaques ciblées contre des fidèles et des groupes de pèlerins rendent la situation de plus en plus difficile. Mais elle empire surtout pour les hôpitaux et les plus de 200 établissements scolaires gérés par l’Église. Il y a un taux de chômage élevé non seulement chez les enseignants, mais aussi chez de nombreux petits paysans et ouvriers industriels à cause de l’absence de soutien de la part du gouvernement. L’évêque explique très clairement que dans cette région, beaucoup de gens sont tellement désespérés qu’ils ne voient aucune autre issue que de se suicider.

 

Néanmoins, en particulier après sa visite auprès du pape François à Rome, il perçoit un signe d’espoir : « Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité », assure Mgr Stephen Antony et ajoute : « Nous espérons que bientôt, il régnera à nouveau plus de tolérance entre les hindous et les chrétiens et que la propension à la violence diminuera dans le pays. Je suis profondément reconnaissant à l’AED et à tous les bienfaiteurs qui ne cessent de nous soutenir dans tous les domaines de la pastorale en nous apportant le nécessaire et qui nous accompagnent par leurs prières. »

Communiqué : Saisie « brutale » en Érythrée des institutions de santé gérées par l’Église

11.07.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Communiqué, liberté religieuse, Par John Pontifex

Érythrée

Saisie « brutale » des institutions de santé gérées par l’Église

Par Tobias Lehner, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié sur le web le 11 juillet, 2019

Commencée à la mi-juin, la saisie des 21 établissements de santé tenus par l’Église catholique en Érythrée s’est déroulée de manière « brutale », a expliqué en entrevue la semaine dernière à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le père Mussie Zerai, lui-même originaire d’Érythrée, mais présentement en service pastoral à Rome. « Les patients ont littéralement été jetés hors de leurs lits. L’armée a détruit des portes et des fenêtres et fait pression sur les employés […] Une religieuse franciscaine, directrice d’un hôpital du nord du pays, a même été emprisonnée parce qu’elle résistait. »

 

«Rien ne justifie l’action du régime. Elle sanctionne ceux qui s’occupent des plus pauvres », estime le Père Zerai. Sans compter la souffrance qu’elle fait vivre aux 200 000 personnes qui reçoivent chaque année des soins de la part de ces institutions maintenant fermées.  Car, pour l’instant, le gouvernement n’a annoncé aucune nouvelle mesure de remplacement. Sa volonté première est de « nationaliser » les institutions de santé pour favoriser « la séparation des pouvoirs » et contrôler tout le secteur social, selon une loi qui date de 1995, mais qui n’avait jamais été appliquée de manière aussi brutale. Le père Zerai indique que « la plupart des patients n’étaient pas des catholiques, mais des chrétiens orthodoxes, des musulmans et des membres d’autres religions. Souvent, les établissements sont situés dans des régions très isolées [et pauvres] ». En 2018, huit dispensaires avaient été fermés de force.

 

Des observateurs étrangers supposent que cette nouvelle escalade de violence étatique vient du fait que le président Isaias Aferweki prend ombrage de la trop grande assurance qu’exprime ces derniers mois l’Église catholique dans le processus de paix avec l’Éthiopie. Pour le Père Zerai, la situation est très claire : « Le gouvernement est obsédé à vouloir contrôler tout un chacun. Il considère l’Église catholique comme une menace parce qu’elle dispose d’un réseau international et [qu’elle ose] poser des questions. »

Tous les croyants souffrent dans cet État marqué par l’athéisme

Il est estimé que de 120 000 à 160 000 catholiques vivent en Érythrée, alors que la moitié de la population est chrétienne et appartient aux Églises orthodoxes ou évangéliques luthériennes. Ce sont d’ailleurs les seules Églises chrétiennes qui soient tolérées par le régime, avec l’Islam sunnite. Une situation qui présente des similitudes avec celle observée dans certains régimes communistes, où les traditions religieuses officielles cohabitent en parallèle avec celles qui refusent toute ingérence étatique dans leurs affaires. Ou bien pire, quand elles sont honnies ou carrément interdites par le régime, et doivent donc rentrer donc dans la clandestinité.

 

 

De plus, contrairement à de nombreux pays d’Afrique du Nord, l’islam n’est pas la religion d’État en Érythrée. Le pays est « marqué par l’athéisme. Si cela ne dépendait que du gouvernement, il n’y aurait aucune religion. En fin de compte, cela procède du même type de pensée qu’en Chine », estime le père Zerai. En tous les cas, ce sont tous les croyants qui souffrent d’une pareille situation.

Pas de Constitution, pas de droits fondamentaux

« La raison pour laquelle de plus en plus de jeunes Érythréens partent pour l’étranger réside dans l’absence d’État de droit », estime le Père Zerai. Il n’existe aucune constitution, et ce, malgré l’indépendance du pays proclamée en 1993. « Les gens peuvent donc être arrêtés et emmenés de chez eux sans raison. Le service militaire s’est transformé en esclavage légalisé. Les jeunes gens sont privés de toute possibilité de se construire un avenir », déplore-t-il. Certes, à l’heure actuelle, « les États tentent d’impliquer plus fortement l’Érythrée à l’échelle internationale pour déclencher une certaine ouverture », explique-t-il. Mais, bien que le pays ait été élu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies en octobre 2018, la situation y demeure critique et le pays reste isolé. Rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme en Érythrée, Mme Daniela Kravetz considère que les actions des dernières semaines contre les institutions médicales tenues par l’Église catholique « montrent que, et bien qu’il y ait eu une amélioration du climat de sécurité et de paix dans la région, la situation des droits de la personne demeure inchangée. » Une situation qui s’applique également à la liberté de religion.

 

 

Cependant, et ce malgré les violences actuelles, le prêtre est convaincu que « l’Église catholique poursuivra ses activités pastorales, mais aussi sociales. Comme il est écrit dans la Bible : la foi n’est rien sans véritable engagement, sans œuvre. Retirer à l’Église la possibilité de pratiquer la charité, c’est comme si on lui amputait un bras. »

 

***

 

Rien que depuis 2016, l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu en Érythrée 44 projets, allouant environ 1,35 millions de dollars. Ces fonds ont permis de financer des aides à la construction de chapelles et d’institutions de l’église, des bourses, des automobiles assurant la mobilité des prêtres ainsi que l’aide à la subsistance de religieuses.

 

Nouvelles de l’AED – Les chrétiens sont toujours sous le choc en Sri Lanka

27.06.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, liberté religieuse, Sri Lanka

Nouvelles de l’AED – Sri Lanka

 

Les chrétiens sont toujours sous le choc

Par Matthias Böhnke, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié le 27 juin 2019

« Ces attaques ont ravivé chez beaucoup de gens les souvenirs de l’état d’urgence lié à la guerre civile. La population du Sri Lanka, et en particulier tous les chrétiens, est toujours sous le choc », résume Véronique Vogel, responsable de projets pour l’Aide à l’Église en Détresse (AED) dans ce pays d’Asie. Tout juste quatre semaines après les attaques terroristes du dimanche de Pâques qui ont fait plusieurs centaines de morts et de blessés au Sri Lanka, elle s’est rendue sur place afin d’évaluer la situation et de sympathiser avec certains partenaires qui ont été directement touchés par la violence.

 

Elle évoque une tension palpable dans tout le pays, des troubles réguliers et la peur : « Les mesures de sécurité étaient nombreuses au Sri Lanka lors de notre visite, marquée par l’omniprésence des forces de l’ordre et de l’armée. La population chrétienne en particulier vit toujours dans la peur. Les gens savent que les auteurs des attentats du dimanche de Pâques n’ont pas tous été identifiés et arrêtés. Donc, tout le monde sait qu’il y a des personnes extrêmement dangereuses en liberté qui peuvent attaquer à tout moment. »

 

Mgr Albert Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo au Sri Lanka, exhorte aujourd’hui la population à garder son calme et à s’abstenir de tout acte de vengeance. « Au cours de ce voyage, j’ai pu constater à maintes reprises que les chrétiens avaient entendu les paroles de leur archevêque et leur en étaient reconnaissants », affirme Véronique Vogel. En quelques jours, la petite délégation de l’AED a visité la région de Colombo, capitale du pays, et celle de la ville voisine de Negombo, où la plupart des attentats ciblant églises et hôtels ont eu lieu. « Le but de notre voyage était de nous permettre d’apprécier personnellement la situation des paroisses catholiques et de les assurer de notre solidarité. De fait, les chrétiens étaient spécifiquement visés par ces actes terroristes », ajoute Véronique Vogel. « Nous tenions à rendre compte nous-mêmes, à nos bienfaiteurs, de la situation sur place, pour que nous n’oubliions pas de prier pour le Sri Lanka et pour être capable de lui apporter notre soutien. »

 

Chrétiens : une grande foi malgré tout

Depuis le 21 mai, tout juste un mois après la série d’attentats, les églises sont à nouveau ouvertes aux fidèles, mais de nombreux chrétiens restent fortement traumatisés, comme l’explique Véronique Vogel : « Beaucoup de gens m’ont dit avoir peur d’aller à l’église ou être angoissés par le tintement des cloches. Ces témoignages déchirants montrent bien à quel point les événements de ce dimanche de Pâques ont marqué les esprits. » Elle a pu néanmoins constater que ces épreuves ont renforcé la foi de bon nombre de personnes, elles-mêmes victimes ou proches de victimes. « Certes, les gens ne comprennent pas pourquoi ils ont dû endurer de telles souffrances au Sri Lanka alors même que le pays a connu un calme

relatif ces dernières années. Mais ils ont une immense envie de vivre et sont animés d’une grande foi. Les chrétiens et toute la population du Sri Lanka ne veulent plus de la guerre civile, mais souhaitent au contraire s’engager sur la voie d’une paix durable », souligne la responsable de projets de l’AED.

 

Véronique Vogel s’est montrée particulièrement impressionnée par la visite du couvent des Franciscains à Negombo : « Ce couvent se trouve directement en face de l’église Saint-Sébastien, l’une des cibles principales où au moins 100 personnes ont trouvé la mort. Les Franciscains nous ont montré des vidéos avec des scènes terribles de la journée de l’attentat. Ils nous ont dit être allés sur place directement après les explosions pour s’occuper des blessés et des morts. » Et d’ajouter : « Malgré ces expériences traumatisantes, ils font preuve au quotidien d’un amour du prochain, déterminés à ne pas céder à la terreur et à la violence, vivant pleinement leur foi et cultivant leur esprit de service. »

 

Pays insulaire situé dans l’océan Indien, le Sri Lanka compte environ 22 millions d’habitants, dont 70 % sont bouddhistes, 12,5 % hindous, 9,5 % musulmans et 8 % sont chrétiens. Le dimanche 21 avril 2019, jour de Pâques, de nombreuses personnes ont été tuées ou grièvement blessées lors d’une série d’attentats ciblant notamment trois églises et trois hôtels de la capitale Colombo, de la ville voisine de Negombo et de Batticloa, localité située sur la côte est. Les estimations s‘élèvent actuellement à au moins 253 morts et quelque 500 blessés. Les autorités attribuent les attentats à un mouvement islamiste local et à des djihadistes.

 

Au cours des 15 dernières années, l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse a investi plus de 12 millions de dollars dans des projets au Sri Lanka. Cet argent a permis de financer, entre autres, la construction d’institutions chrétiennes, des offrandes de Messe, des formations théologiques et l’achat local de littérature chrétienne.

 

Suite aux récentes attaques terroristes, l’AED poursuit et amplifie son engagement sur le long terme dans l’aide pastorale apportée dans le pays, pour que les blessures puissent guérir et les paroisses retrouver espoir et confiance.

Entretien de l’AED : Inde les attaques contre les minorités chrétiennes sont de plus en plus violentes

18.04.2019 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Inde, liberté religieuse

Inde
les attaques contre les minorités chrétiennes sont de plus en plus violentes

 

L’Inde vient d’entamer son processus électoral qui se déroulera en sept étapes, du 11 avril au 19 mai. Il est de plus en plus à craindre que le pays le plus peuplé du monde ne devienne une nation hindoue théocratique, car le parti prohindou Bharatiya Janata (BJP) cherche à obtenir un second mandat. Au cours de son mandat actuel, selon le Rapport sur la liberté religieuse de la Fondation AED, il y a eu une augmentation des violences interreligieuses. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2016, 86 personnes sont mortes et 2 321 autres ont été blessées au cours de 703 manifestations de violence sectaire. En 2017, il y a eu 111 morts et 2 384 blessés au cours des 822 incidents qui ont été répertoriés.

 

Le dernier cas s’est produit le 26 mars dernier au collège catholique (Higher Secondary School) Little Flower de Chinnasalem, dans le Tamil Nadu : une foule de fondamentalistes hindous ont démoli l’école et même essayé d’étrangler les religieuses responsables du lycée. Maria Lozano qui travaille à l’information pour l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse, a interviewé Monseigneur Theodore Mascarenhas, secrétaire général de la Conférence épiscopale indienne, pour discuter des élections et de la gravité de cet événement.

 

Entrevue : Maria Lozano, ACN-International
Révision française au Canada : Hélène Poisson
Mise en ligne : 18 avril 2019

AED : Nous avons entendu parler de l’augmentation des attaques fondamentalistes contre les minorités dans d’autres parties de l’Inde, en particulier dans le nord du pays, mais la violence brutale de celle-ci nous a surpris. Comment vous l’expliquez-vous ?

 

L’année dernière, le fondamentalisme a plus ou moins augmenté dans le Tamil Nadu. Ce sont surtout les « églises domestiques » évangéliques ou protestantes qui s’en sont plaintes. Un de leurs membres publie sur le web des récits de tabassage de chrétiens, en prière dans leurs églises, ou évoque la destruction d’une petite église. Mais jusqu’à présent, en tant qu’Église catholique, nous n’avions pas subi ce genre d’attaque ouverte, du moins pas d’attaque d’une telle ampleur. Il n’y a eu que de petites choses ici où là. Il y a deux ans, il y a eu, le Vendredi saint, quand une foule nous a empêchés de célébrer l’office à un endroit. Nous avons ainsi eu des incidents ici ou là. Cependant, les Églises protestantes, groupes protestants et autres petites confessions ont eu beaucoup d’ennuis au cours de ces deux dernières années. Je n’ai donc pas été surpris que, finalement, on nous attaque aussi. Mais le fait qu’il s’agisse d’une attaque de si grande ampleur est vraiment effrayant.

AED : Cela a sans doute été un choc énorme pour les sœurs de la Congrégation franciscaine du Cœur immaculé de Marie, qui administrent l’école depuis 74 ans. Quelle est la situation actuelle à Chinnasalem ? Comment vont les religieuses ?

 

C’est une petite ville. Les religieuses ont fait un excellent travail pour les enfants très pauvres. Et, de fait, le pensionnat accueille des jeunes filles qui proviennent de régions où les familles vivent dans un grand dénuement. Le pensionnat vise à aider ces enfants. J’ai parlé aux religieuses hier (11 avril 2019) et j’ai également parlé avec l’archevêque ; et pour l’instant, quelques personnes ont été arrêtées et nous attendons d’autres arrestations. Mais, pour moi, l’important n’est pas ce qui se passe après une attaque. Pour moi, ce que nous devons nous demander, c’est comment ces incidents peuvent se produire dans une société civilisée.

 

AED : Plus que l’incident lui-même, malgré sa gravité, c’est la dimension sociale qu’il implique qui vous préoccupe ?

 

Exactement. Comment est-il possible que tant de haine se répande au sein de la société ? Et que pouvons-nous faire pour empêcher cette haine de se répandre ? C’est exactement ça la question. Il y a des groupes qui font la promotion de la haine, et rien les arrête ; encore davantage dans les médias sociaux ou dans la vie réelle, il semble qu’ils bénéficient d’une protection et de privilèges politiques. Et même d’une approbation politique, et c’est ça le gros problème. Le problème n’est pas que ces petits groupes exigent quelque chose de nous ou présentent des charges contre nous ou nous accusent. Le problème est que, de fait, les dirigeants politiques les encouragent.

 

AED : Pensez-vous que cette augmentation du nombre d’incidents au cours de la dernière année soit liée aux élections ?

 

Il se peut que cela soit lié aux élections, mais je pense que c’est un problème de long terme. Vous voyez, ma position est très simple à ce sujet. Une fois que vous plantez la semence de la haine, une fois que vous faites ressortir la bête, la bête de la colère, de la haine, de la violence, cet animal ne peut pas être contrôlé. Et c’est ce qui me préoccupe. Tous ceux qui propagent cette haine doivent connaître les dommages qu’ils infligent à la société, et le fait que cela devient incontrôlable. Et si on ne peut plus la contrôler, nous aurons un gros problème.

 

AED : Mais ce sont surtout les minorités qui sont particulièrement visées ?

 

Oui, ce sont les minorités qui sont concernées. Mais je pensais aujourd’hui à ce beau poème attribué à un pasteur luthérien allemand : « D’abord, ils sont venus pour les socialistes, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas socialiste. Puis ils sont venus pour les syndicalistes, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas syndicaliste. Puis ils sont venus pour les juifs, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas juif. Puis ils sont venus pour moi, et là, il n’y avait plus personne pour me défendre ». Je fais donc mention maintenant de ce poème, parce qu’on commence par une minorité, puis on s’attaque à la seconde. En ce moment, les musulmans sont attaqués, les dalits sont attaqués, et nous sommes attaqués… Nous ne savons pas quel groupe sera les prochains.

 

AED : Voulez-vous dire que finalement le fondamentalisme nationaliste que les dirigeants politiques soutiennent va nuire à tout le pays ?

 

Je dois dire une chose pour être juste : une grande majorité d’hindous et une grande majorité d’Indiens, quelle que soit leur religion, sont tolérants. Nous nous acceptons mutuellement, et nous coexistons sans difficulté. Nous vivons ensemble depuis des milliers d’années, c’est une société multiculturelle, multireligieuse et diversifiée. Mais voilà que tout d’un coup, nous arrivons à une situation où certains groupes se renforcent et propagent cette haine. Ce n’est pas acceptable, parce qu’en fin de compte, c’est la nation qui en souffrira. Pas seulement les minorités.

 

AED : L’Inde prend-elle le chemin de la théocratie comme le Pakistan ?

 

Deux pays sont nés en 1947, le Pakistan et l’Inde. Ils ont décidé que le Pakistan serait un pays fondé sur une religion, l’Islam. En revanche, les pères fondateurs de l’Inde ont décidé que nous ne serions pas basés sur une religion ou une culture, mais que l’Inde serait multiculturelle et multireligieuse, avec différentes langues et régions. Et après cela, le pays a vécu en paix.

 

AED : Qui sont ces gens qui veulent changer cette caractéristique fondatrice, et pourquoi ?

 

Il s’agit de certains groupes fondamentalistes qui surgissent dans toutes les sociétés, et les groupes fondamentalistes nuisent toujours à la société. Mais quand les groupes fondamentalistes commencent à recevoir le soutien ouvert ou caché d’autrui, alors ils deviennent dangereux.

 

AED : Quelle est la réaction de la communauté chrétienne quand elle entend de telles nouvelles ? Ces incidents doivent-ils faire peur à ses membres ?

En tant que chrétiens, nous faisons confiance au Seigneur, nous n’avons pas peur. Quand j’ai demandé aux sœurs de Chinnasalem : « Avez-vous peur ? », elles m’ont répondu : « Non, nous allons continuer notre travail ». Et je pense que c’est notre esprit, nous continuerons notre travail, nous n’aurons peur de personne. Nous pensons à Jésus qui nous a dit : « Craignez ceux qui peuvent prendre votre âme, et non ceux qui peuvent détruire votre corps ». Il s’agit donc d’un principe de base.

Nous allons donc poursuivre notre travail, nous continuerons à servir les plus pauvres d’entre les pauvres. Nous savons que cela nous apportera des difficultés, cela nous vaudra des persécutions, et même la souffrance, mais nous continuerons de faire notre travail pour les pauvres, pour Dieu et pour Jésus.

 

AED : Une dernière question : pensez-vous justement que le fait que vous travailliez avec les personnes les plus pauvres et socialement méprisées soit une des raisons pour lesquelles certaines personnes ne semblent pas aimer le travail de l’Église ?

 

Nous avons un dicton dans ma propre langue locale, le Konkani : « On ne jette des pierres qu’à un arbre qui donne du fruit ». On ne jette pas de pierres à un arbre stérile, mais uniquement à un arbre qui porte du fruit. En effet, il y a des gens qui n’aiment pas que nous servions les pauvres, et je pense que c’est la vraie raison pour laquelle nous sommes attaqués.

 

Pakistan – Les nombreux cas « Asia Bibi » ignorés du monde – AED-Informations

16.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Asie, Chrétiens Catholique, Informations, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Maria Lozano, Pakistan, Par Marta Petrosillo, Persécution, Voyagez avec AED

Pakistan : « Mon mari est innocent ! »

La Colony Jospeh. En mars 2013, plus de 3000 personnes ont détruit près de 300 maisons et deux églises. Elles étaient en colère après l’accusation de blasphème contre Sawan Masih.

 Les nombreux cas « Asia Bibi » ignorés du monde

Au Pakistan, 224 chrétiens ont été victimes de la loi contre le blasphème depuis son adoption en 1986. C’est ce qu’a déclaré Cecil Shane Chaudhry, directeur exécutif de la Commission nationale Justice et Paix du Pakistan (NCJP), à une délégation de l’Aide à l’Église en Détresse en visite au Pakistan.

Par Marta Petrosillo et Maria Lozano, ACN-International 

Alors qu’’Asia Bibi, une mère chrétienne accusée de blasphème, a définitivement été libérée le 29 janvier, une étude de la commission présentée à l’AED indique qu’il y aurait actuellement 25 cas de chrétiens qui souffrent encore en prison. Et 23 chrétiens ont également été tués pour blasphème entre 1990 et 2017.

Les deux paragraphes B et C de l’article 295 du Code pénal pakistanais constituent la Loi contre le blasphème. Le paragraphe 295B stipule la peine d’emprisonnement à perpétuité pour ceux qui diffament le Coran ; en vertu de l’article 295C, la peine de mort sanctionne toute profanation du nom du prophète Mahomet.

« Pour les fondamentalistes, la loi contre le blasphème constitue une arme puissante afin d’exercer le pouvoir, utilisée au dépend des minorités, et elle est souvent utilisée à des fins de vengeance personnelle » explique Cecil Chaudhry. « Et lorsque c’est un chrétien qui est accusé, les conséquences concernent l’ensemble de la communauté. »

Cecil Chaudhry, Directeur de la Commission nationale pour la justice et la paix du Pakistan. 

C’est exactement ce qui s’est passé en mars 2013 dans le quartier chrétien Joseph Colony à Lahore. Le jeune chrétien Sawan Masih avait été accusé d’avoir offensé le prophète Mahomet. « Après la prière du vendredi 9 mars, une foule en furie composée de 3 000 musulmans a incendié et brûlé tout le quartier, détruisant presque 300 habitations et deux églises », raconte le Père Emmanuel Yousaf, président du NCJP à la délégation de l’AED lors de sa visite du quartier. Entre-temps, grâce à l’aide du gouvernement, le quartier a pu être reconstruit et restitué aux chrétiens.

Alors que les 83 meneurs de l’incendie criminel ont tous été acquittés et remis en liberté, Sawan Masih a été condamné à la peine de mort en 2014 et attend toujours son audience e

n appel. « Les audiences sont sans cesse repoussées à plus tard », déclare l’avocat Me Tahir Bashir. « La dernière audience avait été fixée au 28 janvier, mais le juge n’est simplement pas venu. Maintenant, la prochaine audience est prévue le 27 février. »

Comme dans l’affaire Asia Bibi, nombreuses sont les irrégularités dans le cas de Sawan Masih. Les accusations portées contre lui ont été faites par un de ses amis musulmans, Shahid Imran, suite à une dispute entre les deux hommes. Ce n’est que deux jours plus tard que deux témoins ont comparu, qui n’étaient même pas présents au moment de la prétendue offense envers Mahomet. « Les accusations contre Sawan Masih sont instrumentalisées », affirme le Père Yousaf  à l’AED. « En vérité, il s’agit d’évincer les chrétiens de ce quartier très prisé de la ville, apprécié parce qu’il est à proximité des aciéries. »

Des membres de la Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP), créée en 1985 par la Conférence des évêques catholiques du Pakistan. Elle fournit des services dans le domaine de la défense des droits de l’homme. Depuis 1990, la Commission défend les cas de blasphème contre les musulmans, les chrétiens et les hindous et fait campagne pour l’abolition des lois sur le blasphème. L’équipe de la Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP).

Entre-temps, Sobia, l’épouse de Sawan Masih, élève ses trois enfants toute seule. « Je ne sais pas pourquoi ils accusent mon mari », dit-elle à l’AED. « Tout ce que je sais, c’est que l’homme qui a porté plainte contre lui était de l’un de ses amis, avec lequel il s’était disputé. Sawan est innocent ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Émirats arabes unis – visite historique

04.02.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, By Oliver Maksan, Émirats arabes unis, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Mario Bard, Moyen-Orient, Voyagez avec AED

Abu Dhabi – AED Informations

« Une visite historique »

Le pape François est à Abu Dhabi jusqu’à demain, 5 février. Bien que cet émirat soit plus tolérant que les autres États musulmans de la région envers les chrétiens, la pleine liberté religieuse n’existe pas aux Émirats arabes unis.

Mgr Paul Hinder : « L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres ! »

Dans une entrevue accordée à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) peu avant la visite de Sa Sainteté le pape François à Abu Dhabi, l’Église locale souligne le soutien dont elle bénéficie de la part des musulmans. L’évêque Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique de l’Arabie du Sud, a évoqué une visite « historique » et déclaré : « C’est la première fois qu’une célébration eucharistique se déroulera dans un domaine public mis à disposition à cet effet par le gouvernement ». Mgr Hinder, Capucin suisse, espère qu’environ 130 000 fidèles vont se réunir pour la messe célébrée le 5 février par le pape François dans la capitale des Émirats arabes unis, au dernier jour de sa visite, débutée le dimanche 3 février.

Dans l’histoire de l’Église, il s’agit de la toute première visite d’un pape dans la péninsule arabique. Mgr Hinder poursuit : « J’ai reçu plusieurs demandes venant de musulmans, qui voulaient savoir comment ils pourraient nous aider lors des préparatifs. Nombreux sont ceux qui ont manifesté leur intérêt d’assister à la messe. Le gouvernement fait aussi tout ce qui est en son pouvoir pour que le plus grand nombre possible de nos fidèles puissent voir le pape.»

Les Émirats arabes unis sont considérés comme étant relativement ouverts et tolérants envers les non-musulmans. Le rapport sur la liberté religieuse de l’AED évoque l’initiative du prince héritier d’Abu Dhabi de rebaptiser la mosquée Sheik Zayed en mosquée Marie mère de Jésus. Le prince héritier souhaitait que cette décision renforce les liens humains entre les croyants de différentes religions. « Cela fait quinze ans que je vis à Abu Dhabi et je n’ai encore jamais perçu d’hostilité », déclare Mgr Hinder et il ajoute : « Bien entendu, nous savons que dans tous les pays islamiques, les non-musulmans – et pas seulement les chrétiens – doivent se soumettre aux règles sociales de l’islam. D’un autre côté, je vois aussi au sein de la population locale un grand respect pour les chrétiens. C’est ce que nous ressentons particulièrement maintenant, à l’approche de la visite du Pape.»

Alors qu’en Arabie Saoudite, comme l’explique l’évêque, les offices religieux sont uniquement tolérés dans un cadre privé et avec des groupes relativement petits, il existe aux Émirats arabes unis des églises où des milliers de fidèles se rendent régulièrement pour assister à la messe. En fait, presque un million de catholiques de différents rites vivent aux Émirats arabes unis ! Ils sont presque tous des travailleurs immigrés qui séjournent dans le pays pour une période limitée. Nombre d’entre eux sont originaires d’Inde, des Philippines ou du Sri Lanka. Ils sont accueillis dans neuf paroisses. Mgr Hinder espère qu’il y aura d’autres constructions d’églises. « Il serait souhaitable d’avoir plus d’églises, car le nombre de paroisses dont nous disposons est encore insuffisant par rapport au nombre de fidèles qui vivent ici. »

Voyage du pape : répondre à l’Esprit même de l’Évangile

Le rapport sur la liberté religieuse publié en 2018 par l’AED souligne que l’islam est la religion d’État aux Émirats. La charia, la loi islamique, est l’une des sources principales de la législation. Le rapport dit littéralement que « seuls les musulmans sont autorisés à faire du prosélytisme; les adeptes d’autres religions qui sont pris en flagrant délit de vouloir convertir des musulmans peuvent être punis. Les non-ressortissants sont également menacés de retrait de leur permis de séjour et d’expulsion ». Selon ce rapport, les églises chrétiennes n’ont pas le d

 

roit d’avoir des clochers ni d’être décorées avec des croix. La conversion de musulmans au christianisme est interdite. À ce sujet, Mgr Hinder explique : « Je ne connais aucun pays musulman où la liberté religieuse est totale. Même là où la conversion d’un musulman à une autre religion n’est pas sanctionnée par le droit pénal local, l’environnement social – et surtout la famille – réagit par l’ostracisme et même la violence physique. Comme je l’ai dit, la liberté de culte est plus ou moins grande selon les pays.»

Le vicaire apostolique espère surtout que la visite papale aura un effet sur l’ambiance générale : « J’espère que la visite du Pape changera positivement l’ambiance générale. Néanmoins, nous ne devons pas attendre trop de miracles d’une telle visite. L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres !»

Le Père Andrzej Halemba, responsable de cette région au sein de l’AED, est d’accord avec Mgr Hinder : « La visite du Saint-Père constitue un grand encouragement pour les chrétiens qui travaillent dans le Golfe d’Arabie. Ils éprouvent ici la solidarité de l’Église universelle ». Le Père Halemba considère comme particulièrement importante la rencontre interreligieuse du pape avec les représentants de l’islam qui se déroule aujourd’hui. « En tendant la main aux musulmans, le Pape répond à la mission de l’Évangile, car il s’agit d’un dialogue de Dieu avec les hommes, qui se poursuit comme un dialogue de personne à personne. »


 

Informations AED – Nigeria : les attaques des bergers Peuls, « une bombe à retardement »

19.12.2018 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, liberté religieuse, Nigéria

Nigeria

Mgr William Avenya, évêque de Gboko au Nigeria

Les attaques des bergers peuls, « une bombe à retardement »

Le nord du Nigeria subit les attaques de Boko Haram, organisation terroriste de renommée internationale. Mais il ne s’agit pas du seul défi auquel est confronté le pays le plus peuplé d’Afrique : les attaques sanglantes des Peuls contre les fermiers chrétiens se multiplient dans la ceinture centrale du pays.

 

« C’est une bombe à retardement qui risque d’emporter le pays. » Tel est le constat accablant que dresse Mgr Amove Avenya, évêque de Gboko, avec qui Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est entretenu. Dans son diocèse situé dans l’État à majorité chrétienne de Benue, « des Peuls lourdement armés tuent les femmes enceintes, massacrent les enfants, détruisent nos fermes. » Les paysans, chrétiens, y sont confrontés aux violentes attaques des Peuls, nomades musulmans de la bande du Sahel lourdement armés. Depuis 2010, ces attaques ont déjà fait plusieurs milliers de morts et provoqué d’importants déplacements de population – impossible jusqu’à maintenant à quantifier.

 

Berger Peul et son troupeau. Nouveauté dans la guerre qui semble opposer les bergers et les agriculteurs : l’utilisation d’armes automatiques.Crédit: © Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications

« Une bombe à retardement »

Le constat que dresse Mgr Avenya est d’autant plus préoccupant que les autorités nigérianes ne se mobilisent pas pour mettre fin à ces violences. Il dénonce, d’ailleurs à nouveau leur silence et celui des médias, alors que « les Peuls ont fait beaucoup plus de victimes en 2018 que Boko Haram », rappelle-t-il. « C’est une bombe à retardement, souligne-t-il, qui risque d’emporter le pays. »

 

De passage en Europe afin de présenter le Rapport 2018 sur la Liberté religieuse dans le monde, publié par l’AED, Mgr Avenya a rencontré des hommes politiques à Bruxelles qui, eux non plus, n’avaient pas l’air très informés de la situation dans le centre de son pays et de la menace que représentent les Peuls armés d’armes automatiques.

Kaduna au Nigeria, touchée par les violences des bergers peuls (2017).

« Nous ne perdons pas notre espérance »

Présentation du Rapport sur la liberté religieuse 2018 au Parlement européen, le 4 décembre dernier. De gauche à droite;
Dr Ulil Abshar Abdalla, Directeur de la Conférence Indonésienne pour la religion et la paix;
Mark von Riedemann, Directeur des Affaires publiques et de la liberté religieuse à l’Aide à l’Église en Détresse Internationale; son Excellence Mgr Alain Lebeaupin, nonce apostolique à l’Union Européenne; Son Excellence Mgr William Avenya, évêque de Gboko, Nigeria; Soeur Fida Chaaya, Damas en Syrie.

En juin dernier, Mgr Avenya avait pourtant adressé un appel bouleversant à la communauté internationale, l’exhortant à « ne pas attendre qu’un génocide ait eu lieu pour intervenir ». Et, à plusieurs reprises, la conférence épiscopale a appelé Muhammadu Buhari, le président de la République, à garantir effectivement la sécurité de son peuple ou, à défaut, à démissionner. Un appel ignoré : les violences se poursuivent et Muhammadu Buhari a prévu de se représenter aux élections qui auront lieu en février prochain.

« En attendant, fait savoir Mgr Avenya, l’Église continue à soigner les blessures. Nous ne perdons pas notre espérance. Mais nous avons besoin d’aide.»

 

Le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse soutient l’Église au Nigeria. Soyez généreux avec nos partenaires : http://bit.ly/AEDNigeria.

 Merci et priez pour et avec le peuple du Nigeria afin qu’ils vivent un Noël de paix !