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liberté religieuse

 

Communiqué : Saisie « brutale » en Érythrée des institutions de santé gérées par l’Église

11.07.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Communiqué, liberté religieuse, Par John Pontifex

Érythrée

Saisie « brutale » des institutions de santé gérées par l’Église

Par Tobias Lehner, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié sur le web le 11 juillet, 2019

Commencée à la mi-juin, la saisie des 21 établissements de santé tenus par l’Église catholique en Érythrée s’est déroulée de manière « brutale », a expliqué en entrevue la semaine dernière à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le père Mussie Zerai, lui-même originaire d’Érythrée, mais présentement en service pastoral à Rome. « Les patients ont littéralement été jetés hors de leurs lits. L’armée a détruit des portes et des fenêtres et fait pression sur les employés […] Une religieuse franciscaine, directrice d’un hôpital du nord du pays, a même été emprisonnée parce qu’elle résistait. »

 

«Rien ne justifie l’action du régime. Elle sanctionne ceux qui s’occupent des plus pauvres », estime le Père Zerai. Sans compter la souffrance qu’elle fait vivre aux 200 000 personnes qui reçoivent chaque année des soins de la part de ces institutions maintenant fermées.  Car, pour l’instant, le gouvernement n’a annoncé aucune nouvelle mesure de remplacement. Sa volonté première est de « nationaliser » les institutions de santé pour favoriser « la séparation des pouvoirs » et contrôler tout le secteur social, selon une loi qui date de 1995, mais qui n’avait jamais été appliquée de manière aussi brutale. Le père Zerai indique que « la plupart des patients n’étaient pas des catholiques, mais des chrétiens orthodoxes, des musulmans et des membres d’autres religions. Souvent, les établissements sont situés dans des régions très isolées [et pauvres] ». En 2018, huit dispensaires avaient été fermés de force.

 

Des observateurs étrangers supposent que cette nouvelle escalade de violence étatique vient du fait que le président Isaias Aferweki prend ombrage de la trop grande assurance qu’exprime ces derniers mois l’Église catholique dans le processus de paix avec l’Éthiopie. Pour le Père Zerai, la situation est très claire : « Le gouvernement est obsédé à vouloir contrôler tout un chacun. Il considère l’Église catholique comme une menace parce qu’elle dispose d’un réseau international et [qu’elle ose] poser des questions. »

Tous les croyants souffrent dans cet État marqué par l’athéisme

Il est estimé que de 120 000 à 160 000 catholiques vivent en Érythrée, alors que la moitié de la population est chrétienne et appartient aux Églises orthodoxes ou évangéliques luthériennes. Ce sont d’ailleurs les seules Églises chrétiennes qui soient tolérées par le régime, avec l’Islam sunnite. Une situation qui présente des similitudes avec celle observée dans certains régimes communistes, où les traditions religieuses officielles cohabitent en parallèle avec celles qui refusent toute ingérence étatique dans leurs affaires. Ou bien pire, quand elles sont honnies ou carrément interdites par le régime, et doivent donc rentrer donc dans la clandestinité.

 

 

De plus, contrairement à de nombreux pays d’Afrique du Nord, l’islam n’est pas la religion d’État en Érythrée. Le pays est « marqué par l’athéisme. Si cela ne dépendait que du gouvernement, il n’y aurait aucune religion. En fin de compte, cela procède du même type de pensée qu’en Chine », estime le père Zerai. En tous les cas, ce sont tous les croyants qui souffrent d’une pareille situation.

Pas de Constitution, pas de droits fondamentaux

« La raison pour laquelle de plus en plus de jeunes Érythréens partent pour l’étranger réside dans l’absence d’État de droit », estime le Père Zerai. Il n’existe aucune constitution, et ce, malgré l’indépendance du pays proclamée en 1993. « Les gens peuvent donc être arrêtés et emmenés de chez eux sans raison. Le service militaire s’est transformé en esclavage légalisé. Les jeunes gens sont privés de toute possibilité de se construire un avenir », déplore-t-il. Certes, à l’heure actuelle, « les États tentent d’impliquer plus fortement l’Érythrée à l’échelle internationale pour déclencher une certaine ouverture », explique-t-il. Mais, bien que le pays ait été élu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies en octobre 2018, la situation y demeure critique et le pays reste isolé. Rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme en Érythrée, Mme Daniela Kravetz considère que les actions des dernières semaines contre les institutions médicales tenues par l’Église catholique « montrent que, et bien qu’il y ait eu une amélioration du climat de sécurité et de paix dans la région, la situation des droits de la personne demeure inchangée. » Une situation qui s’applique également à la liberté de religion.

 

 

Cependant, et ce malgré les violences actuelles, le prêtre est convaincu que « l’Église catholique poursuivra ses activités pastorales, mais aussi sociales. Comme il est écrit dans la Bible : la foi n’est rien sans véritable engagement, sans œuvre. Retirer à l’Église la possibilité de pratiquer la charité, c’est comme si on lui amputait un bras. »

 

***

 

Rien que depuis 2016, l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu en Érythrée 44 projets, allouant environ 1,35 millions de dollars. Ces fonds ont permis de financer des aides à la construction de chapelles et d’institutions de l’église, des bourses, des automobiles assurant la mobilité des prêtres ainsi que l’aide à la subsistance de religieuses.

 

Nouvelles de l’AED – Les chrétiens sont toujours sous le choc en Sri Lanka

27.06.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, liberté religieuse, Sri Lanka

Nouvelles de l’AED – Sri Lanka

 

Les chrétiens sont toujours sous le choc

Par Matthias Böhnke, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié le 27 juin 2019

« Ces attaques ont ravivé chez beaucoup de gens les souvenirs de l’état d’urgence lié à la guerre civile. La population du Sri Lanka, et en particulier tous les chrétiens, est toujours sous le choc », résume Véronique Vogel, responsable de projets pour l’Aide à l’Église en Détresse (AED) dans ce pays d’Asie. Tout juste quatre semaines après les attaques terroristes du dimanche de Pâques qui ont fait plusieurs centaines de morts et de blessés au Sri Lanka, elle s’est rendue sur place afin d’évaluer la situation et de sympathiser avec certains partenaires qui ont été directement touchés par la violence.

 

Elle évoque une tension palpable dans tout le pays, des troubles réguliers et la peur : « Les mesures de sécurité étaient nombreuses au Sri Lanka lors de notre visite, marquée par l’omniprésence des forces de l’ordre et de l’armée. La population chrétienne en particulier vit toujours dans la peur. Les gens savent que les auteurs des attentats du dimanche de Pâques n’ont pas tous été identifiés et arrêtés. Donc, tout le monde sait qu’il y a des personnes extrêmement dangereuses en liberté qui peuvent attaquer à tout moment. »

 

Mgr Albert Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo au Sri Lanka, exhorte aujourd’hui la population à garder son calme et à s’abstenir de tout acte de vengeance. « Au cours de ce voyage, j’ai pu constater à maintes reprises que les chrétiens avaient entendu les paroles de leur archevêque et leur en étaient reconnaissants », affirme Véronique Vogel. En quelques jours, la petite délégation de l’AED a visité la région de Colombo, capitale du pays, et celle de la ville voisine de Negombo, où la plupart des attentats ciblant églises et hôtels ont eu lieu. « Le but de notre voyage était de nous permettre d’apprécier personnellement la situation des paroisses catholiques et de les assurer de notre solidarité. De fait, les chrétiens étaient spécifiquement visés par ces actes terroristes », ajoute Véronique Vogel. « Nous tenions à rendre compte nous-mêmes, à nos bienfaiteurs, de la situation sur place, pour que nous n’oubliions pas de prier pour le Sri Lanka et pour être capable de lui apporter notre soutien. »

 

Chrétiens : une grande foi malgré tout

Depuis le 21 mai, tout juste un mois après la série d’attentats, les églises sont à nouveau ouvertes aux fidèles, mais de nombreux chrétiens restent fortement traumatisés, comme l’explique Véronique Vogel : « Beaucoup de gens m’ont dit avoir peur d’aller à l’église ou être angoissés par le tintement des cloches. Ces témoignages déchirants montrent bien à quel point les événements de ce dimanche de Pâques ont marqué les esprits. » Elle a pu néanmoins constater que ces épreuves ont renforcé la foi de bon nombre de personnes, elles-mêmes victimes ou proches de victimes. « Certes, les gens ne comprennent pas pourquoi ils ont dû endurer de telles souffrances au Sri Lanka alors même que le pays a connu un calme

relatif ces dernières années. Mais ils ont une immense envie de vivre et sont animés d’une grande foi. Les chrétiens et toute la population du Sri Lanka ne veulent plus de la guerre civile, mais souhaitent au contraire s’engager sur la voie d’une paix durable », souligne la responsable de projets de l’AED.

 

Véronique Vogel s’est montrée particulièrement impressionnée par la visite du couvent des Franciscains à Negombo : « Ce couvent se trouve directement en face de l’église Saint-Sébastien, l’une des cibles principales où au moins 100 personnes ont trouvé la mort. Les Franciscains nous ont montré des vidéos avec des scènes terribles de la journée de l’attentat. Ils nous ont dit être allés sur place directement après les explosions pour s’occuper des blessés et des morts. » Et d’ajouter : « Malgré ces expériences traumatisantes, ils font preuve au quotidien d’un amour du prochain, déterminés à ne pas céder à la terreur et à la violence, vivant pleinement leur foi et cultivant leur esprit de service. »

 

Pays insulaire situé dans l’océan Indien, le Sri Lanka compte environ 22 millions d’habitants, dont 70 % sont bouddhistes, 12,5 % hindous, 9,5 % musulmans et 8 % sont chrétiens. Le dimanche 21 avril 2019, jour de Pâques, de nombreuses personnes ont été tuées ou grièvement blessées lors d’une série d’attentats ciblant notamment trois églises et trois hôtels de la capitale Colombo, de la ville voisine de Negombo et de Batticloa, localité située sur la côte est. Les estimations s‘élèvent actuellement à au moins 253 morts et quelque 500 blessés. Les autorités attribuent les attentats à un mouvement islamiste local et à des djihadistes.

 

Au cours des 15 dernières années, l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse a investi plus de 12 millions de dollars dans des projets au Sri Lanka. Cet argent a permis de financer, entre autres, la construction d’institutions chrétiennes, des offrandes de Messe, des formations théologiques et l’achat local de littérature chrétienne.

 

Suite aux récentes attaques terroristes, l’AED poursuit et amplifie son engagement sur le long terme dans l’aide pastorale apportée dans le pays, pour que les blessures puissent guérir et les paroisses retrouver espoir et confiance.

Entretien de l’AED : Inde les attaques contre les minorités chrétiennes sont de plus en plus violentes

18.04.2019 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Inde, liberté religieuse

Inde
les attaques contre les minorités chrétiennes sont de plus en plus violentes

 

L’Inde vient d’entamer son processus électoral qui se déroulera en sept étapes, du 11 avril au 19 mai. Il est de plus en plus à craindre que le pays le plus peuplé du monde ne devienne une nation hindoue théocratique, car le parti prohindou Bharatiya Janata (BJP) cherche à obtenir un second mandat. Au cours de son mandat actuel, selon le Rapport sur la liberté religieuse de la Fondation AED, il y a eu une augmentation des violences interreligieuses. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2016, 86 personnes sont mortes et 2 321 autres ont été blessées au cours de 703 manifestations de violence sectaire. En 2017, il y a eu 111 morts et 2 384 blessés au cours des 822 incidents qui ont été répertoriés.

 

Le dernier cas s’est produit le 26 mars dernier au collège catholique (Higher Secondary School) Little Flower de Chinnasalem, dans le Tamil Nadu : une foule de fondamentalistes hindous ont démoli l’école et même essayé d’étrangler les religieuses responsables du lycée. Maria Lozano qui travaille à l’information pour l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse, a interviewé Monseigneur Theodore Mascarenhas, secrétaire général de la Conférence épiscopale indienne, pour discuter des élections et de la gravité de cet événement.

 

Entrevue : Maria Lozano, ACN-International
Révision française au Canada : Hélène Poisson
Mise en ligne : 18 avril 2019

AED : Nous avons entendu parler de l’augmentation des attaques fondamentalistes contre les minorités dans d’autres parties de l’Inde, en particulier dans le nord du pays, mais la violence brutale de celle-ci nous a surpris. Comment vous l’expliquez-vous ?

 

L’année dernière, le fondamentalisme a plus ou moins augmenté dans le Tamil Nadu. Ce sont surtout les « églises domestiques » évangéliques ou protestantes qui s’en sont plaintes. Un de leurs membres publie sur le web des récits de tabassage de chrétiens, en prière dans leurs églises, ou évoque la destruction d’une petite église. Mais jusqu’à présent, en tant qu’Église catholique, nous n’avions pas subi ce genre d’attaque ouverte, du moins pas d’attaque d’une telle ampleur. Il n’y a eu que de petites choses ici où là. Il y a deux ans, il y a eu, le Vendredi saint, quand une foule nous a empêchés de célébrer l’office à un endroit. Nous avons ainsi eu des incidents ici ou là. Cependant, les Églises protestantes, groupes protestants et autres petites confessions ont eu beaucoup d’ennuis au cours de ces deux dernières années. Je n’ai donc pas été surpris que, finalement, on nous attaque aussi. Mais le fait qu’il s’agisse d’une attaque de si grande ampleur est vraiment effrayant.

AED : Cela a sans doute été un choc énorme pour les sœurs de la Congrégation franciscaine du Cœur immaculé de Marie, qui administrent l’école depuis 74 ans. Quelle est la situation actuelle à Chinnasalem ? Comment vont les religieuses ?

 

C’est une petite ville. Les religieuses ont fait un excellent travail pour les enfants très pauvres. Et, de fait, le pensionnat accueille des jeunes filles qui proviennent de régions où les familles vivent dans un grand dénuement. Le pensionnat vise à aider ces enfants. J’ai parlé aux religieuses hier (11 avril 2019) et j’ai également parlé avec l’archevêque ; et pour l’instant, quelques personnes ont été arrêtées et nous attendons d’autres arrestations. Mais, pour moi, l’important n’est pas ce qui se passe après une attaque. Pour moi, ce que nous devons nous demander, c’est comment ces incidents peuvent se produire dans une société civilisée.

 

AED : Plus que l’incident lui-même, malgré sa gravité, c’est la dimension sociale qu’il implique qui vous préoccupe ?

 

Exactement. Comment est-il possible que tant de haine se répande au sein de la société ? Et que pouvons-nous faire pour empêcher cette haine de se répandre ? C’est exactement ça la question. Il y a des groupes qui font la promotion de la haine, et rien les arrête ; encore davantage dans les médias sociaux ou dans la vie réelle, il semble qu’ils bénéficient d’une protection et de privilèges politiques. Et même d’une approbation politique, et c’est ça le gros problème. Le problème n’est pas que ces petits groupes exigent quelque chose de nous ou présentent des charges contre nous ou nous accusent. Le problème est que, de fait, les dirigeants politiques les encouragent.

 

AED : Pensez-vous que cette augmentation du nombre d’incidents au cours de la dernière année soit liée aux élections ?

 

Il se peut que cela soit lié aux élections, mais je pense que c’est un problème de long terme. Vous voyez, ma position est très simple à ce sujet. Une fois que vous plantez la semence de la haine, une fois que vous faites ressortir la bête, la bête de la colère, de la haine, de la violence, cet animal ne peut pas être contrôlé. Et c’est ce qui me préoccupe. Tous ceux qui propagent cette haine doivent connaître les dommages qu’ils infligent à la société, et le fait que cela devient incontrôlable. Et si on ne peut plus la contrôler, nous aurons un gros problème.

 

AED : Mais ce sont surtout les minorités qui sont particulièrement visées ?

 

Oui, ce sont les minorités qui sont concernées. Mais je pensais aujourd’hui à ce beau poème attribué à un pasteur luthérien allemand : « D’abord, ils sont venus pour les socialistes, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas socialiste. Puis ils sont venus pour les syndicalistes, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas syndicaliste. Puis ils sont venus pour les juifs, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas juif. Puis ils sont venus pour moi, et là, il n’y avait plus personne pour me défendre ». Je fais donc mention maintenant de ce poème, parce qu’on commence par une minorité, puis on s’attaque à la seconde. En ce moment, les musulmans sont attaqués, les dalits sont attaqués, et nous sommes attaqués… Nous ne savons pas quel groupe sera les prochains.

 

AED : Voulez-vous dire que finalement le fondamentalisme nationaliste que les dirigeants politiques soutiennent va nuire à tout le pays ?

 

Je dois dire une chose pour être juste : une grande majorité d’hindous et une grande majorité d’Indiens, quelle que soit leur religion, sont tolérants. Nous nous acceptons mutuellement, et nous coexistons sans difficulté. Nous vivons ensemble depuis des milliers d’années, c’est une société multiculturelle, multireligieuse et diversifiée. Mais voilà que tout d’un coup, nous arrivons à une situation où certains groupes se renforcent et propagent cette haine. Ce n’est pas acceptable, parce qu’en fin de compte, c’est la nation qui en souffrira. Pas seulement les minorités.

 

AED : L’Inde prend-elle le chemin de la théocratie comme le Pakistan ?

 

Deux pays sont nés en 1947, le Pakistan et l’Inde. Ils ont décidé que le Pakistan serait un pays fondé sur une religion, l’Islam. En revanche, les pères fondateurs de l’Inde ont décidé que nous ne serions pas basés sur une religion ou une culture, mais que l’Inde serait multiculturelle et multireligieuse, avec différentes langues et régions. Et après cela, le pays a vécu en paix.

 

AED : Qui sont ces gens qui veulent changer cette caractéristique fondatrice, et pourquoi ?

 

Il s’agit de certains groupes fondamentalistes qui surgissent dans toutes les sociétés, et les groupes fondamentalistes nuisent toujours à la société. Mais quand les groupes fondamentalistes commencent à recevoir le soutien ouvert ou caché d’autrui, alors ils deviennent dangereux.

 

AED : Quelle est la réaction de la communauté chrétienne quand elle entend de telles nouvelles ? Ces incidents doivent-ils faire peur à ses membres ?

En tant que chrétiens, nous faisons confiance au Seigneur, nous n’avons pas peur. Quand j’ai demandé aux sœurs de Chinnasalem : « Avez-vous peur ? », elles m’ont répondu : « Non, nous allons continuer notre travail ». Et je pense que c’est notre esprit, nous continuerons notre travail, nous n’aurons peur de personne. Nous pensons à Jésus qui nous a dit : « Craignez ceux qui peuvent prendre votre âme, et non ceux qui peuvent détruire votre corps ». Il s’agit donc d’un principe de base.

Nous allons donc poursuivre notre travail, nous continuerons à servir les plus pauvres d’entre les pauvres. Nous savons que cela nous apportera des difficultés, cela nous vaudra des persécutions, et même la souffrance, mais nous continuerons de faire notre travail pour les pauvres, pour Dieu et pour Jésus.

 

AED : Une dernière question : pensez-vous justement que le fait que vous travailliez avec les personnes les plus pauvres et socialement méprisées soit une des raisons pour lesquelles certaines personnes ne semblent pas aimer le travail de l’Église ?

 

Nous avons un dicton dans ma propre langue locale, le Konkani : « On ne jette des pierres qu’à un arbre qui donne du fruit ». On ne jette pas de pierres à un arbre stérile, mais uniquement à un arbre qui porte du fruit. En effet, il y a des gens qui n’aiment pas que nous servions les pauvres, et je pense que c’est la vraie raison pour laquelle nous sommes attaqués.

 

Pakistan – Les nombreux cas « Asia Bibi » ignorés du monde – AED-Informations

16.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Asie, Chrétiens Catholique, Informations, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Maria Lozano, Pakistan, Par Marta Petrosillo, Persécution, Voyagez avec AED

Pakistan : « Mon mari est innocent ! »

La Colony Jospeh. En mars 2013, plus de 3000 personnes ont détruit près de 300 maisons et deux églises. Elles étaient en colère après l’accusation de blasphème contre Sawan Masih.

 Les nombreux cas « Asia Bibi » ignorés du monde

Au Pakistan, 224 chrétiens ont été victimes de la loi contre le blasphème depuis son adoption en 1986. C’est ce qu’a déclaré Cecil Shane Chaudhry, directeur exécutif de la Commission nationale Justice et Paix du Pakistan (NCJP), à une délégation de l’Aide à l’Église en Détresse en visite au Pakistan.

Par Marta Petrosillo et Maria Lozano, ACN-International 

Alors qu’’Asia Bibi, une mère chrétienne accusée de blasphème, a définitivement été libérée le 29 janvier, une étude de la commission présentée à l’AED indique qu’il y aurait actuellement 25 cas de chrétiens qui souffrent encore en prison. Et 23 chrétiens ont également été tués pour blasphème entre 1990 et 2017.

Les deux paragraphes B et C de l’article 295 du Code pénal pakistanais constituent la Loi contre le blasphème. Le paragraphe 295B stipule la peine d’emprisonnement à perpétuité pour ceux qui diffament le Coran ; en vertu de l’article 295C, la peine de mort sanctionne toute profanation du nom du prophète Mahomet.

« Pour les fondamentalistes, la loi contre le blasphème constitue une arme puissante afin d’exercer le pouvoir, utilisée au dépend des minorités, et elle est souvent utilisée à des fins de vengeance personnelle » explique Cecil Chaudhry. « Et lorsque c’est un chrétien qui est accusé, les conséquences concernent l’ensemble de la communauté. »

Cecil Chaudhry, Directeur de la Commission nationale pour la justice et la paix du Pakistan. 

C’est exactement ce qui s’est passé en mars 2013 dans le quartier chrétien Joseph Colony à Lahore. Le jeune chrétien Sawan Masih avait été accusé d’avoir offensé le prophète Mahomet. « Après la prière du vendredi 9 mars, une foule en furie composée de 3 000 musulmans a incendié et brûlé tout le quartier, détruisant presque 300 habitations et deux églises », raconte le Père Emmanuel Yousaf, président du NCJP à la délégation de l’AED lors de sa visite du quartier. Entre-temps, grâce à l’aide du gouvernement, le quartier a pu être reconstruit et restitué aux chrétiens.

Alors que les 83 meneurs de l’incendie criminel ont tous été acquittés et remis en liberté, Sawan Masih a été condamné à la peine de mort en 2014 et attend toujours son audience e

n appel. « Les audiences sont sans cesse repoussées à plus tard », déclare l’avocat Me Tahir Bashir. « La dernière audience avait été fixée au 28 janvier, mais le juge n’est simplement pas venu. Maintenant, la prochaine audience est prévue le 27 février. »

Comme dans l’affaire Asia Bibi, nombreuses sont les irrégularités dans le cas de Sawan Masih. Les accusations portées contre lui ont été faites par un de ses amis musulmans, Shahid Imran, suite à une dispute entre les deux hommes. Ce n’est que deux jours plus tard que deux témoins ont comparu, qui n’étaient même pas présents au moment de la prétendue offense envers Mahomet. « Les accusations contre Sawan Masih sont instrumentalisées », affirme le Père Yousaf  à l’AED. « En vérité, il s’agit d’évincer les chrétiens de ce quartier très prisé de la ville, apprécié parce qu’il est à proximité des aciéries. »

Des membres de la Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP), créée en 1985 par la Conférence des évêques catholiques du Pakistan. Elle fournit des services dans le domaine de la défense des droits de l’homme. Depuis 1990, la Commission défend les cas de blasphème contre les musulmans, les chrétiens et les hindous et fait campagne pour l’abolition des lois sur le blasphème. L’équipe de la Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP).

Entre-temps, Sobia, l’épouse de Sawan Masih, élève ses trois enfants toute seule. « Je ne sais pas pourquoi ils accusent mon mari », dit-elle à l’AED. « Tout ce que je sais, c’est que l’homme qui a porté plainte contre lui était de l’un de ses amis, avec lequel il s’était disputé. Sawan est innocent ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Émirats arabes unis – visite historique

04.02.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, By Oliver Maksan, Émirats arabes unis, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Mario Bard, Moyen-Orient, Voyagez avec AED

Abu Dhabi – AED Informations

« Une visite historique »

Le pape François est à Abu Dhabi jusqu’à demain, 5 février. Bien que cet émirat soit plus tolérant que les autres États musulmans de la région envers les chrétiens, la pleine liberté religieuse n’existe pas aux Émirats arabes unis.

Mgr Paul Hinder : « L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres ! »

Dans une entrevue accordée à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) peu avant la visite de Sa Sainteté le pape François à Abu Dhabi, l’Église locale souligne le soutien dont elle bénéficie de la part des musulmans. L’évêque Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique de l’Arabie du Sud, a évoqué une visite « historique » et déclaré : « C’est la première fois qu’une célébration eucharistique se déroulera dans un domaine public mis à disposition à cet effet par le gouvernement ». Mgr Hinder, Capucin suisse, espère qu’environ 130 000 fidèles vont se réunir pour la messe célébrée le 5 février par le pape François dans la capitale des Émirats arabes unis, au dernier jour de sa visite, débutée le dimanche 3 février.

Dans l’histoire de l’Église, il s’agit de la toute première visite d’un pape dans la péninsule arabique. Mgr Hinder poursuit : « J’ai reçu plusieurs demandes venant de musulmans, qui voulaient savoir comment ils pourraient nous aider lors des préparatifs. Nombreux sont ceux qui ont manifesté leur intérêt d’assister à la messe. Le gouvernement fait aussi tout ce qui est en son pouvoir pour que le plus grand nombre possible de nos fidèles puissent voir le pape.»

Les Émirats arabes unis sont considérés comme étant relativement ouverts et tolérants envers les non-musulmans. Le rapport sur la liberté religieuse de l’AED évoque l’initiative du prince héritier d’Abu Dhabi de rebaptiser la mosquée Sheik Zayed en mosquée Marie mère de Jésus. Le prince héritier souhaitait que cette décision renforce les liens humains entre les croyants de différentes religions. « Cela fait quinze ans que je vis à Abu Dhabi et je n’ai encore jamais perçu d’hostilité », déclare Mgr Hinder et il ajoute : « Bien entendu, nous savons que dans tous les pays islamiques, les non-musulmans – et pas seulement les chrétiens – doivent se soumettre aux règles sociales de l’islam. D’un autre côté, je vois aussi au sein de la population locale un grand respect pour les chrétiens. C’est ce que nous ressentons particulièrement maintenant, à l’approche de la visite du Pape.»

Alors qu’en Arabie Saoudite, comme l’explique l’évêque, les offices religieux sont uniquement tolérés dans un cadre privé et avec des groupes relativement petits, il existe aux Émirats arabes unis des églises où des milliers de fidèles se rendent régulièrement pour assister à la messe. En fait, presque un million de catholiques de différents rites vivent aux Émirats arabes unis ! Ils sont presque tous des travailleurs immigrés qui séjournent dans le pays pour une période limitée. Nombre d’entre eux sont originaires d’Inde, des Philippines ou du Sri Lanka. Ils sont accueillis dans neuf paroisses. Mgr Hinder espère qu’il y aura d’autres constructions d’églises. « Il serait souhaitable d’avoir plus d’églises, car le nombre de paroisses dont nous disposons est encore insuffisant par rapport au nombre de fidèles qui vivent ici. »

Voyage du pape : répondre à l’Esprit même de l’Évangile

Le rapport sur la liberté religieuse publié en 2018 par l’AED souligne que l’islam est la religion d’État aux Émirats. La charia, la loi islamique, est l’une des sources principales de la législation. Le rapport dit littéralement que « seuls les musulmans sont autorisés à faire du prosélytisme; les adeptes d’autres religions qui sont pris en flagrant délit de vouloir convertir des musulmans peuvent être punis. Les non-ressortissants sont également menacés de retrait de leur permis de séjour et d’expulsion ». Selon ce rapport, les églises chrétiennes n’ont pas le d

 

roit d’avoir des clochers ni d’être décorées avec des croix. La conversion de musulmans au christianisme est interdite. À ce sujet, Mgr Hinder explique : « Je ne connais aucun pays musulman où la liberté religieuse est totale. Même là où la conversion d’un musulman à une autre religion n’est pas sanctionnée par le droit pénal local, l’environnement social – et surtout la famille – réagit par l’ostracisme et même la violence physique. Comme je l’ai dit, la liberté de culte est plus ou moins grande selon les pays.»

Le vicaire apostolique espère surtout que la visite papale aura un effet sur l’ambiance générale : « J’espère que la visite du Pape changera positivement l’ambiance générale. Néanmoins, nous ne devons pas attendre trop de miracles d’une telle visite. L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres !»

Le Père Andrzej Halemba, responsable de cette région au sein de l’AED, est d’accord avec Mgr Hinder : « La visite du Saint-Père constitue un grand encouragement pour les chrétiens qui travaillent dans le Golfe d’Arabie. Ils éprouvent ici la solidarité de l’Église universelle ». Le Père Halemba considère comme particulièrement importante la rencontre interreligieuse du pape avec les représentants de l’islam qui se déroule aujourd’hui. « En tendant la main aux musulmans, le Pape répond à la mission de l’Évangile, car il s’agit d’un dialogue de Dieu avec les hommes, qui se poursuit comme un dialogue de personne à personne. »


 

Informations AED – Nigeria : les attaques des bergers Peuls, « une bombe à retardement »

19.12.2018 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, liberté religieuse, Nigéria

Nigeria

Mgr William Avenya, évêque de Gboko au Nigeria

Les attaques des bergers peuls, « une bombe à retardement »

Le nord du Nigeria subit les attaques de Boko Haram, organisation terroriste de renommée internationale. Mais il ne s’agit pas du seul défi auquel est confronté le pays le plus peuplé d’Afrique : les attaques sanglantes des Peuls contre les fermiers chrétiens se multiplient dans la ceinture centrale du pays.

 

« C’est une bombe à retardement qui risque d’emporter le pays. » Tel est le constat accablant que dresse Mgr Amove Avenya, évêque de Gboko, avec qui Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est entretenu. Dans son diocèse situé dans l’État à majorité chrétienne de Benue, « des Peuls lourdement armés tuent les femmes enceintes, massacrent les enfants, détruisent nos fermes. » Les paysans, chrétiens, y sont confrontés aux violentes attaques des Peuls, nomades musulmans de la bande du Sahel lourdement armés. Depuis 2010, ces attaques ont déjà fait plusieurs milliers de morts et provoqué d’importants déplacements de population – impossible jusqu’à maintenant à quantifier.

 

Berger Peul et son troupeau. Nouveauté dans la guerre qui semble opposer les bergers et les agriculteurs : l’utilisation d’armes automatiques.Crédit: © Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications

« Une bombe à retardement »

Le constat que dresse Mgr Avenya est d’autant plus préoccupant que les autorités nigérianes ne se mobilisent pas pour mettre fin à ces violences. Il dénonce, d’ailleurs à nouveau leur silence et celui des médias, alors que « les Peuls ont fait beaucoup plus de victimes en 2018 que Boko Haram », rappelle-t-il. « C’est une bombe à retardement, souligne-t-il, qui risque d’emporter le pays. »

 

De passage en Europe afin de présenter le Rapport 2018 sur la Liberté religieuse dans le monde, publié par l’AED, Mgr Avenya a rencontré des hommes politiques à Bruxelles qui, eux non plus, n’avaient pas l’air très informés de la situation dans le centre de son pays et de la menace que représentent les Peuls armés d’armes automatiques.

Kaduna au Nigeria, touchée par les violences des bergers peuls (2017).

« Nous ne perdons pas notre espérance »

Présentation du Rapport sur la liberté religieuse 2018 au Parlement européen, le 4 décembre dernier. De gauche à droite;
Dr Ulil Abshar Abdalla, Directeur de la Conférence Indonésienne pour la religion et la paix;
Mark von Riedemann, Directeur des Affaires publiques et de la liberté religieuse à l’Aide à l’Église en Détresse Internationale; son Excellence Mgr Alain Lebeaupin, nonce apostolique à l’Union Européenne; Son Excellence Mgr William Avenya, évêque de Gboko, Nigeria; Soeur Fida Chaaya, Damas en Syrie.

En juin dernier, Mgr Avenya avait pourtant adressé un appel bouleversant à la communauté internationale, l’exhortant à « ne pas attendre qu’un génocide ait eu lieu pour intervenir ». Et, à plusieurs reprises, la conférence épiscopale a appelé Muhammadu Buhari, le président de la République, à garantir effectivement la sécurité de son peuple ou, à défaut, à démissionner. Un appel ignoré : les violences se poursuivent et Muhammadu Buhari a prévu de se représenter aux élections qui auront lieu en février prochain.

« En attendant, fait savoir Mgr Avenya, l’Église continue à soigner les blessures. Nous ne perdons pas notre espérance. Mais nous avons besoin d’aide.»

 

Le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse soutient l’Église au Nigeria. Soyez généreux avec nos partenaires : http://bit.ly/AEDNigeria.

 Merci et priez pour et avec le peuple du Nigeria afin qu’ils vivent un Noël de paix ! 

 

Pakistan : Asia Bibi s’inquiète pour sa famille

30.11.2018 in Adaptation Mario Bard, Asie, liberté religieuse, Pakistan, Par Marta Petrosillo

Pakistan

Asia Bibi s’inquiète pour sa famille

« Nous avons peur ! » C’est ce qu’a déclaré Joseph Nadeem, l’homme qui s’occupe de la famille d’Asia Bibi, lors d’un court entretien avec l’Aide à l’Église en Détresse. « Ces derniers jours, les islamistes ont tiré sur la porte d’entrée de notre maison. Nous espérons être bientôt en sécurité, et peut-être déjà à Rome pour Noël. »

 

Eisham Ashiq, 19 ans, fille d’Asia Bibi.

« Nous sommes constamment menacés et, à plus d’une occasion, j’ai été suivi ». Telle est la situation dramatique de la famille d’Asia Bibi, décrite à l’Aide à l’Église en Détresse par Joseph Nadeem. Depuis la condamnation de la femme chrétienne pour blasphème, il a pris soin de ses filles. Asia et son mari étant presque analphabètes, c’est aussi lui qui les a aidés avec les avocats et qui a accompagné Ashiq, son mari et sa fille la plus jeune, Eisham, dans leurs voyages à l’étranger afin qu’ils témoignent de la situation d’Asia Bibi.

Aujourd’hui, Joseph Nadeem et sa famille sont également en danger et vivent avec les filles d’Asia Bibi. « Dès qu’Asia a été acquittée, nous avons dû fuir – elle et son mari sont dans un endroit sûr protégés par le gouvernement. Mais nous, ne pouvions pas être avec eux ». Depuis lors, la famille Nadeem et les deux filles d’Asia ont dû changer de logement à quatre reprises. « Les islamistes nous traquent, et chaque fois que nous nous rendons compte que nous sommes en danger, nous fuyons immédiatement. Nous ne pouvons même pas aller acheter à manger. Je ne sors que la nuit, le visage couvert ».

 

Elle parle tous les jours à ses filles

Asia est consciente de la difficulté de la situation. « Je l’ai rencontrée lors de sa libération et depuis, nous parlons au téléphone avec elle chaque jour. Elle est très inquiète pour ses filles ». Pour Esha et Eisham, il est encore impossible de serrer leur mère dans leurs bras. Au moins, par téléphone, elles ont pu retrouver un minimum de relations au quotidien. « Je n’oublierai jamais leur premier appel téléphonique – ajoute Nadeem – Esha et Eisham ont pleuré de joie pendant des heures. Asia est impatiente de les retrouver et espère quitter bientôt le pays avec elles et son mari ».
Bien que son cauchemar ne soit pas encore fini, Asia Bibi fait preuve d’une foi et d’une force extraordinaires. « C’est une femme incroyable ! Elle a conservé une foi inébranlable et une confiance infinie dans le Seigneur. Cela peut paraître étrange, mais c’est elle qui nous soutient en ces temps difficiles. Elle nous invite à ne pas nous décourager et dit que, par rapport à ce qu’elle a traversé jusqu’à présent, ce n’est qu’un bref moment qui passera vite ».

Pakistan : un homme assis dans un quartier chrétien de Multan, ville où Asia Bibi a été emprisonnée.

Joseph Nadeem et les filles d’Asia sont bien conscients du flux d’informations et de l’intérêt suscité dans le monde entier par le cas d’Asia, et ils ont eu l’occasion d’en parler avec Asia elle-même. « L’attention et la solidarité internationales nous réconfortent. Eisham a été émue en voyant son message vidéo projeté à Venise illuminée en rouge. Nous tous, y compris Asia, sommes reconnaissants envers ceux qui élèvent la voix pour dénoncer notre situation ».
« Nous espérons que, bientôt, nous allons pouvoir quitter le Pakistan pour vivre dans un endroit sûr. Aide à l’Église en Détresse a été le premier organisme à nous offrir l’hospitalité et nous espérons que nos deux familles pourront passer ce Noël à Rome, avec vous ».

Propos recueillis par Marta Petrosillo, AED-Italie

Communiqué de presse : #MercrediRouge Une première au Canada

19.11.2018 in AED Canada, AED-Canada, liberté religieuse, Mario Bard, PAIX, persécution

Communiqué de presse

#MercrediRouge

Une première au Canada

Montréal, 16 novembre 2018 – Toronto, Montréal, Calgary, Rimouski, Hearst, Saint-Jérôme et Québec : le mercredi 21 novembre, près d’une cinquantaine d’activités toutes liées au Mercredi Rouge (#MercrediRouge) se dérouleront dans ces diocèses du Canada. Initiée il y a quelques années par l’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED), cette activité permet de sensibiliser et d’informer sur la situation des 200 millions de chrétiens qui vivent régulièrement de la persécution et la discrimination à cause de leur foi, et ce, de manière particulièrement aiguë dans près d’une quarantaine de pays.

À Montréal, la messe pour les chrétiens persécutés en est à sa cinquième édition : Mgr Christian Lépine présidera la liturgie qui commencera à 19 h 30 et sera précédée d’un 5 à 7 pour la liberté religieuse, conçu pour les jeunes de 18-35 ans, au sous-sol de la cathédrale. À Toronto, le cardinal archevêque Thomas Collins présidera une vigile de prière interreligieuse dès 18 h 30, tandis que dans la métropole de l’Alberta, Calgary, différentes activités auront lieu dans la ville et à travers le diocèse. Sans compter les activités tenues au Versant-la-Noël chez Robert Lebel (accueil dès 18 h 15), et par la Famille Myriam-Bethléem à la Maison de mon Père de Rimouski! Enfin, se sont ajoutés dernièrement des activités dans les villes de Banff, Medecine Hat en Alberta, et Kapuskasing dans le nord de l’Ontario.

 

« Pour nous, c’est une première expérience qui démarre en lion! », indique Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien de l’AED. « Nous sommes très heureux que tant de gens acceptent de prendre part à l’événement et partagent ainsi avec nous cette préoccupation concernant la situation des chrétiens persécutés et victimes de discrimination dans le monde. C’est aussi une façon de montrer sa solidarité avec ces gens qui souffrent. »

 

Quelques éléments d’édifices – les portails d’entrées des cathédrales de Montréal et Toronto par exemple –, ainsi que l’intérieur de la cathédrale de Toronto seront illuminés de rouge, couleur du sang des martyrs. Le pavillon œcuménique du Versant-la-Noël devrait être aussi entièrement habillé de cette couleur.

 

Plusieurs nations privées d’un droit élémentaire

Dans sa lettre invitant les fidèles de son diocèse à participer au Mercredi Rouge, l’évêque de Calgary, Mgr William T. McGrattan, a d’abord souligné que, bien que les Canadiens soient devant « davantage de défi dans la pratique de la foi… nous devons continuer à exprimer notre gratitude pour les nombreuses libertés que notre pays assure. Malheureusement, plusieurs nations à travers le monde continuent de priver leurs citoyens de la liberté religieuse la plus élémentaire. »   Présentement, plus de 30 activités sont organisées dans ce diocèse, principalement des messes et des temps de prières, préparées en solidarité avec les chrétiens persécutés et souffrants de discrimination sévère.

 

Le rapport 2018 de l’AED sur la liberté religieuse : sortie 22 novembre

« Ce Mercredi Rouge concorde également avec la publication de notre Rapport sur la liberté religieuse, 2016-2018, qui aura lieu le lendemain jeudi 22 novembre, d’abord au Vatican », rappelle Mme Lalonde pour qui cette activité marque un tournant dans la compréhension qu’ont les catholiques d’ici de la persécution religieuse que vivent les chrétiens. « Je pense que les gens commencent à saisir l’ampleur du problème et réalisent que l’article 18 de la Charte universelle des droits de l’Homme qui devrait assurer la liberté religieuse dans tous les pays signataires est loin d’être respecté. »

C’est la 14e fois que ce rapport, dans lequel est examinée la situation de plus de 190 pays, paraît. Il documente la situation juridique actuelle ainsi que les violations du droit à la liberté religieuse durant la période allant de 2016 à 2018,
en plus de montrer comment la situation a évolué dans certains pays
où la situation était jugée critique entre 2014 et 2016.


Nigeria : des bergers peuls – majoritairement musulmans – menacent des agriculteurs – majoritairement chrétiens. Conflit économique ou religieux ? Réponse le 22 novembre. (Photo: © Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications )
 

 

Au Canada, il sera disponible uniquement en ligne, en français et en anglais : www.religion-freedom-report.org. Un Rapport abrégé produit en format PDF sera disponible sur le site web de l’AED-Canada : www.aed-canada.org/fr.

 

Pour plus d’informations :

http://bit.ly/MRouge_Canada,
1-800-585-6333 ou encore,
info@acn-canada.org.

– 30 –

Informations médias : Mario Bard, responsable de l’information, Aide à l’Église en Détresse Canada : 514-932-0552, ou sans frais : 1-800-585-6333, poste 224. Cellulaire : 514-967-8340.

Les articles et communiqués de l’AED sont offerts gratuitement pour publication partielle ou totale, à la seule condition que la source, Aide à l’Église en Détresse (AED), soit mentionnée.
Aide à l’Église en Détresse (AED) est une œuvre pontificale de charité catholique internationale qui a pour mandat «
le service de la charité fraternelle envers les Églises locales les plus souffrantes et nécessiteuses», par linformation, la prière et l’action.
Fondée par le Père Werenfried en 1947, elle aide spirituellement et matériellement l’Église en détresse dans plus de 140 pays.

 

Nouvelles de l’AED: PAKISTAN – Asia Bibi et ses proches : près de 10 années de souffrance

19.10.2018 in adaptation : Mario Bard, Asie, liberté religieuse, Pakistan, Persécution

Pakistan

Asia Bibi et ses proches : près de 10 années de souffrance

 

La fille aînée d’Asia Bibi, 19 ans, invitée par le bureau britannique de l’AED. « Nous sommes ici pour témoigner qu’elle a été faussement accusée du crime de blasphème. »

Neuf ans. C’est le nombre d’années qu’Asia Bibi a passé en détention puis dans le couloir de la mort, pour un soi-disant blasphème – ce qu’elle a toujours nié. C’est aussi l’âge qu’avait sa fille, Eisham, quand elle a vu une foule en colère battre sa mère, en juin 2009. L’AED l’a rencontrée samedi 13 octobre, à Londres, accompagnée de son père, Ashiq Masih.

 

« Nous avons vu Asia Bibi lundi 1er octobre, avant de venir au Royaume-Uni. Elle va bien, physiquement et spirituellement […]. Accusée de blasphème, elle souffre, sa famille souffre, depuis bientôt 10 ans. Mais par la grâce de Dieu, elle sera libérée très bientôt », a confié son époux, Ashiq Masih à l’AED, samedi 13 octobre, à Londres.

 

Invités au Royaume-Uni par le bureau britannique de l’AED, Ashiq et Eisham Masih ont accepté de venir partager l’histoire de leur épouse et mère. « Asia Bibi est en prison depuis presque 10 ans maintenant, rappelle Ashiq. C’est terrible pour un époux, pour un enfant. Nous sommes actuellement ici pour témoigner, pour porter la voix d’Asia Bibi, accusée à tort d’avoir blasphémé. Elle m’a chargé de vous demander de vous souvenir d’elle, dans vos prières, pour qu’elle soit libérée très rapidement. » Accusée d’avoir « insulté » le prophète Mahomet lors d’une altercation avec deux femmes musulmanes de son village qui avaient refusé de boire de l’eau dans un verre qu’elle venait d’utiliser, Asia Bibi est la première femme à avoir été condamnée à mort au titre de la loi anti-blasphème au Pakistan.

 

Royaume-Unis, Octobre 2018, Entrevue avec Eisham Ashiq fille d’Asia Bibi) et Ashiq Masih (mari d’Asia Bibi).

Une fidélité inébranlable

Alors que la Cour suprême, dernier espoir judiciaire d’Asia Bibi, a indiqué le lundi 8 octobre « réserver sa décision pour le moment », les proches d’Asia Bibi se montrent, veulent se montrer résolument optimistes. « Nous croyons que les juges de la Cour Suprême vont se prononcer en faveur d’Asia Bibi », affirment-ils. Une conviction qui repose sur un solide dossier juridique et sur l’espérance bouleversante de cette famille qui confie « tir [er] sa force du Seigneur Jésus-Christ, qui écoute ceux qui souffrent ».

 

Les raisons de désespérer seraient pourtant nombreuses pour cette famille obligée de vivre cachée, en République islamique du Pakistan, où le blasphème constitue un sujet extrêmement sensible. De simples allégations s’y terminent régulièrement par des lynchages et les chrétiens, minorité persécutée, sont fréquemment visés.

 

Depuis lundi 8 octobre, les fondamentalistes exigent de la Cour suprême l’exécution de la sentence prononcée en première et seconde instance à l’encontre d’Asia Bibi : la mort, par pendaison. Sur les réseaux sociaux, c’est un déchaînement de violence : « Si vous libérez Asia Bibi, préparez-vous à d’autres Mumtaz Qatris », peut-on lire. De sinistre mémoire, Mumtaz Qadri, pendu en 2016, avait assassiné Salman Taseer, gouverneur du Pendjab, le 4 janvier 2011, car celui-ci avait publiquement pris la défense d’Asia Bibi et critiqué la loi anti-blasphème. Introduite au Pakistan par les Britanniques, lorsque l’Empire britannique des Indes s’étendait à l’actuel Pakistan, cette législation controversée punit le blasphème de la peine de mort depuis 1986, mesure ajoutée sous la dictature du général Zia-ul-Haq (1977-1988).

 

« Nous ne pourrons pas rester au Pakistan »

 

Lucide, Ashiq reconnaît d’ailleurs que « Tout le monde a peur, tout le monde fait l’objet de menaces. Les partisans d’Asia Bibi, ses avocats, ses juges ». Pourtant, on le sent fier de vivre au Pakistan, parmi les musulmans, qui représentent près de 96% de la population. D’ailleurs, « ceux-ci ne sont pas tous favorables à l’exécution d’Asia Bibi, affirme-t-il. Nombreux sont ceux qui pensent que nous sommes en détresse. Mais les extrémistes, les organisations fondamentalistes sont eux aussi nombreux. » Nombreux, et extrêmement vindicatifs, comme le souligne le père Emmanuel Yousaf, président de la Commission Justice et Paix de la conférence épiscopale pakistanaise.

 

Aussi, c’est à contrecœur qu’Ashiq reconnaît que sa famille ne pourra pas rester au Pakistan. Et s’il ne révèle pas le lieu de leur exil, il fait à nouveau confiance à la providence. « Dieu prendra soin d’Asia Bibi et de sa famille ; il nous fournira un lieu paisible, qu’Il aura choisi ». Un lieu paisible d’où sa fille, Eisham, entend bien poursuivre des études en droit, afin de devenir avocate. Et venir ainsi en aide aux plus démunis, accusés de blasphème.

 

Article de Pierre Macqueron, AED-France

AED-Nouvelles – Pakistan : appel à prier pour le Pakistan

26.04.2018 in ACN International, Asie, Attentat, Entrevue AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, John Pontifex, liberté religieuse, Mario Bard, Pakistan, Persécution, Prière, Voyagez avec AED

Photo : une prière interreligieuse pour la paix en 2017, avec le grand mufti de Lahore et Mgr Sebastian Shaw

Pakistan

Appel à prier après des attaques contre les chrétiens

Un évêque pakistanais appelle à prier pour les chrétiens de Quetta qui ont subi leur troisième attaque en cinq mois. Deux chrétiens – Rashid, Khalid et Azhar Iqbal – ainsi que trois autres ont été blessés après l’assaut lancé par quatre personnes à moto qui ont commencé à tirer sur les gens près d’une église dans le quartier chrétien d’Essa Nagri, à Quetta.

Cette attaque, survenue le dimanche 15 avril dernier, s’est passée près de deux semaines après qu’une famille de quatre catholiques de Lahore ait été abattue près de chez un parent auquel elle rendait visite pour Pâques.

Selon ce qui est rapporté, les défunts – dont les noms sont Parvaiz, Kamran, Tariq et Fordous – étaient sortis pour acheter de la crème glacée quand ils ont été pris pour cible.

Selon un groupe missionnaire au Pakistan, les agresseurs ont déposé un pamphlet sur les lieux du crime.  Ils y ont qualifié le meurtre de « premier épisode du génocide des chrétiens ».

L’État Islamique a revendiqué la responsabilité des deux attaques.

Dans un entretien accordé à l’Aide à l’Église en Détresse », Œuvre de bienfaisance catholique qui soutient les chrétiens persécutés et souffrants, Mgr Sebastian Shaw, archevêque de Lahore, a déclaré : « Les fidèles de Quetta sont profondément préoccupés et inquiets. [Mais], Toutes ces souffrances et cette douleur peuvent être surmontées grâce à la foi. C’est pourquoi je lance à chacun un appel, à travers l’AED, à prier pour la paix et l’harmonie afin que les gens de toutes les religions puissent vivre au Pakistan en paix et en harmonie. »

Mgr Sebastian Shaw : « « Quand nous sommes tentés de perdre espoir, nous nous rappelons qu’à travers votre compassion et vos prières, vous êtes avec nous, à nos côtés ».

L’archevêque, qui a accordé l’entretien au cours d’une visite au siège international de l’AED à Königstein, en Allemagne, a déclaré : « Quand nous voyons ces atrocités se produire les unes après les autres, alors nous dépendons beaucoup de la communion spirituelle que nous avons avec nos amis et bienfaiteurs de l’AED ».

Il a ajouté : « Quand nous sommes tentés de perdre espoir, nous nous rappelons qu’à travers votre compassion et vos prières, vous êtes avec nous, à nos côtés ».

L’archevêque a demandé une protection accrue de la police. Il a déclaré : « Le gouvernement devrait assurer une meilleure sécurité afin que tous les gens puissent vivre côte à côte en toute sécurité ».

Les chrétiens de Quetta avaient été ciblés en décembre dernier lorsque deux kamikazes avaient pris d’assaut une messe de Noël bondée dans l’église méthodiste Bethel de la ville, faisant 11 morts et plus de 50 blessés.

En octobre dernier, des miliciens avaient lancé une grenade dans une église protestante dans le quartier de Quetta Arbab Karam Khan Road, mais personne n’avait été blessé car les fidèles avaient déjà quitté le bâtiment.

Le Pakistan a été identifié comme un pays où la persécution s’aggrave dans le rapport de l’AED Persécutés et oubliés ? 2015-17, un rapport sur les chrétiens opprimés pour leur foi, publié tous les deux ans par l’Œuvre de bienfaisance, qui examine les parties du monde qui sont un sujet majeur de préoccupation pour les fidèles menacés de violations de la liberté religieuse.

 

Le Pakistan est un pays prioritaire pour l’AED,
qui travaille dans plus de 140 pays à travers le monde.
Si vous  voulez contribuer à un projet au Pakistan,
vous pouvez donner en cliquant sur le bouton ci-dessous.

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