fbpx

International Catholic Charity Aid to the Church in Need

 

AED Informations — COVID19 : les chrétiens de Terre sainte paient un lourd tribut (2)

07.04.2020 in COVID19, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Terre Sainte

AED Informations — COVID19

Coronavirus : les chrétiens de Terre sainte paient un lourd tribut (2)

Par Christophe Lafontaine (AED International)
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

Mise en ligne au Canada : 7 avril 2020

Lire la première partie Coronavirus : les chrétiens de Terre sainte paient un lourd tribut (1)

Revenir en Terre sainte après la pandémie

Même appel de la part de frère Alberto qui assure que les frères en Terre sainte répondront aux prières en rendant la pareille sur les Lieux saints pour tous ceux qui souffrent du virus. Mais il explique aussi que les dons et les offrandes seront bienvenus quand cela sera envisageable. Conscient que la situation pourrait s’aggraver pour les chrétiens locaux si la quête du Vendredi saint a été reportée, comme il le craignait. Cette collecte vise à montrer la solidarité des Églises catholiques du monde entier avec la Terre sainte. Elle est pourtant l’une des sources financières principales, destinée à assurer l’entretien des Lieux saints, l’accueil des pèlerins et, mais aussi pour soutenir l’Église locale de Jérusalem et du Moyen-Orient dans leurs efforts pour que les chrétiens restent dans leurs pays. « Pour l’instant, la collecte du Vendredi saint n’est pas annulée, même si en Europe et probablement en Amérique les fidèles ne pourront pas aller dans les églises et ne pourront pas faire leurs dons. Il est prévu de changer la date à l’été, mais rien n’est clair », fait savoir frère Alberto. En cas d’absence de collecte, « les dommages causés représenteraient 80 % de nos revenus », alerte le franciscain.

 

La basilique de la Nativité fermée

En attendant, l’atmosphère en Terre sainte est à la sinistrose. Depuis le 12 mars et jusqu’à une date indéterminée, le Franciscan Pilgrims Office de Jérusalem a annulé toutes les messes réservées par les groupes de pèlerins dans tous les sanctuaires de la Terre sainte. Si pour l’instant, les églises et les sanctuaires en Israël sont ouverts, explique frère Alberto, seulement dix personnes peuvent participer à une liturgie. « Chaque jour, il y a des réunions des chefs des Églises et les décisions sont prises progressivement », explique frère Alberto.

 

Du côté palestinien, les autorités ont placé la ville de Bethléem en quarantaine, il y a maintenant plus de deux semaines (mi-mars 2020). Les écoles et les universités (y compris chrétiennes), les mosquées et les églises sont totalement fermées. Ainsi que, depuis le 5 mars, la basilique de la Nativité, lieu de la naissance de Jésus. « Elle ne fut dans le passé fermée uniquement qu’en cas de guerre ou de siège [ndlr : en 2002] », souligne frère Alberto qui dit n’avoir aucune information de la date à laquelle elle rouvrira.

À Jérusalem, il restait encore vendredi dernier de rares commerces de viandes ou d’alimentation encore ouverts, mais la plupart des rues sont vides, sans vie et les rideaux des magasins quasi tous baissés. Plus aucun pèlerin à l’horizon. « Quand on pense qu’il y a seulement un mois, il n’y avait pas d’endroit où faire dormir les pèlerins ! L’affluence avait été très élevée. Aujourd’hui, il n’y a plus personne, les derniers pèlerins américains sont partis la semaine dernière », déplore frère Ibrahim.

 

Vers des fêtes de Pâques sans pèlerins à Jérusalem

Une Européenne qui vit à Jérusalem depuis des années explique que l’agence de pèlerinages pour laquelle elle travaille a vu tous les groupes de pèlerins prévus jusqu’à fin avril annulés, englobant Pâques qui marque généralement la première haute saison de l’année avec l’arrivée de milliers de visiteurs. « D’autres collègues, confie-t-elle, ont annulé la venue de groupes jusqu’en août. » Tous espèrent un retour à la normale après l’été, pour l’autre haute saison de l’année (septembre-octobre).   « Faisons confiance au Seigneur, tout est dans ses mains même si l’on traverse un moment où c’est plus difficile de le comprendre et de l’accepter », conclut-elle.

 

 

L’AED a approuvé 40 projets en Terre sainte 2018 et 2019 pour un montant de plus de 1012500 $.

 

 

 

Nouvelles de l’AED – Cameroun Boko Haram : la bête de l’apocalypse

27.01.2020 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Cameroun, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Maria Lozano

Cameroun


Boko Haram : la bête de l’apocalypse
«Pas un jour ne passe sans incursions dans les villages camerounais à la frontière avec le Nigeria»

Propos recueillis par Maria Lozano, ACN International
Adaptation — AED Canada par Mario Bard

Publié sur le web le 27 janvier, 2020

 

«Boko Haram est comme la bête de l’Apocalypse qui, même si on lui coupe la tête, semble en avoir une autre qui repousse», déclare Mgr Bruno Ateba, évêque du diocèse de Maroua-Mokolo, dans le nord du Cameroun, lors d’un entretien avec l’œuvre pontificale de charité, Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

Le gouvernement nigérian avait annoncé que le groupe terroriste — né au Nigeria en 2002 et radicalisé en 2009 — avait été vaincu fin 2015. Cependant, selon les informations recueillies par la Fondation AED, tout semble indiquer que son territoire d’action se soit simplement recentré sur les zones rurales du Nigeria, et étendu aux zones frontalières du Cameroun et du lac Tchad. « Dans les villages de l’État de Borno, au Nigeria, et dans toute la zone frontalière du Cameroun, il ne se passe pas un jour sans que soient annoncées des attaques et incursions de terroristes. Les enlèvements et les exécutions de paysans ont instauré un règne de peur et de psychose au sein de la population », explique Mgr Ateba.

Après Noël, une vidéo montrant la décapitation de onze personnes au Nigeria a été rendue publique. Elle a été revendiquée par l’État islamique en Afrique de l’Ouest, l’une des deux factions issues de la division de Boko Haram en 2016. À peu près au même moment, Mgr Barthélemy Yaouda Hourgo, évêque de Yaouga au Cameroun, originaire d’un village proche de la frontière avec le Nigeria, a écrit à la fondation : « Mon village natal de Blablim n’existe plus ! Les terroristes ont tué un jeune homme de ma famille, ils ont saccagé tout le village ainsi que ma maison natale. Tout le monde, à l’exception des personnes âgées et des malades, a dû fuir vers Mora, à 17 km de là. La récolte du coton ne pourra pas être effectuée. Actuellement, les températures sont très basses là-bas. Priez pour tous ceux qui doivent dormir en plein air à cette époque de l’année ».

 

Le terrorisme ou le crime organisé?

Destructions, pillages, vols et enlèvements sont les signes du passage des terroristes. Selon les autorités militaires nigérianes, le groupe djihadiste islamique aurait perdu son pouvoir et se serait divisé en groupes criminels organisés. Le lieutenant-général Tukur Yusufu Buratai, chef d’état-major de l’armée nigériane, signalait en septembre 2019 : « Les membres de ces groupes ont un mode de fonctionnement purement criminel, dans le but d’en tirer des gains personnels. Il est de notoriété publique que ces criminels ne prétendent plus défendre une autre cause que la recherche de biens matériels, ce qui se manifeste par des meurtres et la terreur infligée à d’infortunées populations ». Il a également encouragé les Nigérians à ne pas « glorifier ces criminels, en ne les appelant pas par un autre nom que celui de criminels, violeurs, kidnappeurs, voleurs armés ou assassins ».

Il est vrai que, selon les données du Nigeria Security Tracker, si plus de 36 000 personnes sont mortes du conflit depuis 2012 — en prenant en compte les civils, les forces armées et les terroristes —, le nombre de victimes a fortement diminué par rapport aux chiffres épouvantables atteints en 2014 et 2015, selon la même source.

Ce résultat positif est dû en partie au travail de forces militaires multinationales, incluant les armées du Nigeria, du Cameroun, du Niger et du Tchad. Selon l’organisation indépendante International Crisis Group, plus de 7 000 militaires ont été déployés au Cameroun lors de deux grandes opérations militaires, mobilisant des unités du Bataillon d’intervention rapide (BIR), l’élite de l’armée.

 

La bête réapparaît avec une violence renouvelée

Cependant, bien que les forces armées aient efficacement évité les attaques conventionnelles de Boko Haram ces dernières années, elles n’ont pas réussi à éradiquer le mouvement et une nouvelle génération de militants semble menacer à nouveau. « La pauvreté et l’insécurité dans les zones rurales, ainsi que le manque de perspectives pour les jeunes en font des cibles faciles à manipuler pour les djihadistes », confirme Mgr Ateba.

Selon les données de Human Rights Watch, le conflit entre les forces gouvernementales et Boko Haram a déplacé plus de 270 000 personnes dans le pays depuis 2014. Le groupe armé islamiste Boko Haram aurait mené plus de 100 attaques au Cameroun en 2019, tuant plus de 100 civils. « Au moment où l’on croyait que la bête Boko Haram avait été complètement décapitée, l’horreur a refait surface dans le nord du Cameroun. Dans mon diocèse, il y a eu 13 attaques au cours des quatre dernières semaines. Une église a été incendiée le jour de l’épiphanie. Nous enquêtons, mais tout indique qu’il s’agissait d’un acte terroriste », explique l’évêque. (23.01.2020)

 

 

Inde – Une religieuse, survivante d’une agression sexuelle, redonne espoir à son peuple.

15.01.2020 in AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Inde, International Catholic Charity Aid to the Church in Need

Inde

Une religieuse, survivante d’une agression sexuelle, redonne espoir à son peuple.

Propos recueillis par Anto Akkara, ACN International
Adapté par Mario Bard, ACN Canada
Publié sur le web le 15 janvier, 2020

 

Le district de Khandamal dans l’État de l’Odisha où ont eu lieu en 2008 les émeutes antichrétiennes menées par des hindous radicaux.

En août 2008, le district de Kandhamal, dans l’État d’Odisha, a été le théâtre de la pire persécution antichrétienne de l’histoire indienne contemporaine. Elle a été déclenchée par le meurtre d’un leader hindou local. Les radicaux hindous ont qualifié ce meurtre de «conspiration chrétienne internationale», accusant le Pape, l’Europe et les États-Unis. Ils ont appelé à la vengeance contre les chrétiens, entraînant la mort de 100 personnes et la destruction de 300 églises et 6000 maisons. Sept chrétiens, accusés à tort du meurtre du Swami*, ont passé neuf ans en prison. Début décembre, les cinq autres chrétiens ont finalement été libérés sous caution.

 

Pendant la vague de violence qui a balayé le district de Kandhamal, Sœur Meena Barwa a été violée et exhibée à moitié nue dans les rues. Après des années de traumatisme et de procédures judiciaires, qui sont toujours en cours, Sœur Barwa a décidé de s’inscrire dans une faculté de droit et de travailler pour les personnes marginalisées. Elle s’est récemment entretenue avec l’Aide à l’Église en Détresse.

 

 Courage et traumatisme

« Le traumatisme était presque insupportable, et j’ai déménagé plusieurs fois pour ma propre sécurité, parfois dans des endroits où je ne pouvais pas parler la langue locale. J’ai même dû porter des déguisements. Pendant des années, j’ai été séparée de ma famille. Et les nuits étaient particulièrement mauvaises. Je rêvais souvent de l’agression. Le fait de savoir que les chrétiens de Kandhamal souffraient ne faisait qu’ajouter à ma douleur.

De temps en temps, je retournais dans l’État d’Odisha pour des procédures judiciaires. Le premier procès m’a à nouveau traumatisée. Je n’ai pas pu dormir pendant les jours qui l’ont suivi. J’ai été humiliée, offensée et torturée mentalement. J’en ai développé une sérieuse aversion pour le système judiciaire indien.

Mais cela ne m’a pas abattue. J’ai décidé d’agir au nom de tous ceux qui ont souffert avec moi, d’obtenir justice pour eux. En 2009, je me suis inscrite anonymement dans une université hors d’Odisha. J’étais juste l’une des jeunes filles hébergées par le couvent. En 2015, j’ai commencé un cursus d’études juridiques de trois ans, tout en continuant à remplir mes obligations de religieuse.

« La prière n’a de sens que lorsque je pardonne. »

 

«Tribals» catholiques du district de Kandamal, État de l’Odisha, là où les émeutes antichrétiennes ont eu lieu en 2008. Ces villageois ont été chassés de leurs terres, ont tout perdu et ont été relocalisés après qu’ils aient passé plusieurs mois dans la forêt ou bien dans des camps de réfugiés situés ailleurs dans le district.

Une force née de la souffrance et des grâces de Dieu

Beaucoup de choses ont changé au cours de la dernière décennie. Aujourd’hui, je mène une vie normale, et je suis devenue beaucoup plus forte. Les gens que j’ai rencontrés m’ont aidée à oublier ma douleur. Je les considère comme des bénédictions de Dieu. Ce sont des anges qui ont été envoyés pour me guider, afin que je ne me complaise pas dans mon malheur. Au lieu de cela, je me suis relevée de mon traumatisme, et j’ai trouvé un moyen d’apporter de l’espoir aux miens. Je suis devenue plus humble, plus patiente et plus humaine.

Je prie le Seigneur tous les jours. La prière n’a de sens que lorsque je pardonne. Comment puis-je prier le Notre Père si je ne pardonne pas ? En pardonnant à mes agresseurs, je me suis libérée de mon traumatisme, de ma peur, de ma honte, de mon humiliation et de ma colère. Je sens que je vis une vie normale et je suis heureuse parce que je leur ai pardonné. Sinon, je serais devenue folle. Je n’ai pas de ressentiment envers mes agresseurs. Je souhaite seulement qu’ils deviennent de bonnes personnes.

 

« Il m’a donné la force de servir les autres »

Je suis reconnaissante pour ma vie et pour la force et la motivation qui m’ont toutes été données par Dieu. Il est ma force, même si mon procès traîne. Et Il m’a donné la force de servir les autres.

Le peuple de Kandhamal a beaucoup souffert, mais il a mis toute sa confiance dans le Seigneur. La souffrance en soi est une grâce. Je la vois comme un défi pour grandir. L’attitude de la communauté chrétienne à l’égard de ce qui s’est passé à Kandhamal en 2008 n’est pas négative. Ses membres ont de l’espoir et ont une foi plus profonde. La tragédie les a rendus plus forts. Une parole de Saint Paul me vient à l’esprit : “Qui peut nous séparer de l’Amour du Christ ?” C’est ce que vivent les gens de Kandhamal. »

* Mot en sanskrit qui signifie littéralement «celui qui sait».

 


 

 

Le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) offre un livre, Une initiative de Dieu, dans lequel Robert Lalonde et Marie-Claude Lalonde livrent le contenu d’entrevues réalisées en 2015 avec des religieuses de partout dans le monde, dont Sœur Meena. Disponible au bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse : 514-932-0552, poste 227, ou encore en écrivant à info@acn-canada.org. Don suggéré de 20 $. Tous les profits seront remis aux œuvres pastorales soutenues par l’AED dans plus de 140 pays.

 

 

Communiqué de presse – #MercrediRouge – 20 novembre

18.11.2019 in AED, Aide à l'Église en détresse., Communications, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Martyrs, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Persécution, Voyagez avec AED

Communiqué de presse – pour diffusion immédiate

#MercrediRouge, 20 novembre 2019
Pierres et prières
Soyez solidaires des chrétiens persécutés !

Les façades d’au moins cinq monuments seront illuminées en rouge cette année au Canada, dont la basilique-cathédrale Marie-Reine du monde à Montréal et la cathédrale St. Michael à Toronto.

Montréal, 18 novembre 2019 – Ce mercredi 20 novembre, Aide à l’Église en Détresse Canada invite tous les Canadiens à participer aux activités du Mercredi Rouge (#MercrediRouge). Pour l’occasion, en soirée au moins cinq monuments de pierres seront illuminés en rouge : la façade de la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde à Montréal, la cathédrale St. Michael à Toronto, la cathédrale St. Mary à Calgary, le porche d’entrée du Grand séminaire de Montréal et l’Ambassade de Hongrie à Ottawa, située dans l’édifice historique du Château Birkett.

Dans le diocèse de Calgary, on annonce déjà plus de 80 activités.
« Je crois que de plus en plus de Canadiens sont conscients des problèmes liés au manque de liberté religieuse dans le monde, et en particulier, de la situation de plus de 327 millions de chrétiens qui vivent dans un pays où sévit la
persécution », indique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED Canada.

Grand mouvement international

Les activités au Canada ouvrent une semaine complète d’évènements qui auront lieu partout dans le monde jusqu’au 27 novembre. Dans au moins 15 pays, des temps de prières et de rencont

res d’informations seront organisés et des édifices seront illuminés en rouge – dont plus de 2000 aux Philippines et 120 au Royaume-Uni –, afin de sensibiliser aux questions liées à la liberté religieuse et à la persécution des chrétiens.

Au Canada, plusieurs manières d’être solidaire :

  • Participer à l’une des activités déjà annoncées – liste à l’adresse : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/ Information : 514-932-0552 ou sans frais : 1-800-585-6333.
  • S’informer et informer, grâce au rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19
    https://acn-canada.org/fr/persecutes-et-oublies/
  • Habillez-vous de rouge
  • Priez pour les chrétiens persécutés dans le monde et toutes les personnes qui souffrent à cause du manque de liberté religieuse.

Parmi la centaine d’activités qui auront lieu partout au Canada, nous en soulignons trois qui auront lieu le mercredi 20 novembre :

  • 19 h 30 : Messe à la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde, présidée par Mgr Christian Lépine. Animation du chant assurée par la chorale de la cathédrale syriaque-catholique Saint-Éphrem.
  • 19 h 30 : Vigile œcuménique à la cathédrale St. Michael de Toronto, présidée par le Cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto.
  • 18 h 30 : Dans la ville touristique de Banff en Alberta, célébration de la messe à l’église St. Mary.

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.


 

AED-Nouvelles : l’appel du patriarche chaldéen Sako pour que les droits des minorités soient garantis en Irak

27.05.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, persécution

 Irak

Une « discrimination constante et l’incertitude » poussent les chrétiens à quitter l’Irak

 

Le chef de l’Église chaldéenne interpelle le gouvernement irakien à mettre en place et à faire respecter les lois « qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques ».

Montréal, le 24 mai 2019 – « L’absence de mesures sérieuses » pour protéger les droits des religions minoritaires dans le pays, estime le cardinal Louis Raphaël Sako dans une déclaration dont Aide à l’Église en Détresse (AED) a obtenu copie, « poussera le reste des chrétiens et les minorités à choisir l’émigration ».

Les chrétiens et les minorités « ont joué un rôle important en enrichissant la diversité culturelle, sociale et économique de l’Irak, en faisant de précieuses contributions à l’éducation, à la santé, à l’administration publique et aux services sociaux », estime le cardinal. Sans eux, l’Irak deviendrait « un pays uniformisé [qui] pourrait s’isoler du monde et [qui] pourrait engendrer une sorte de radicalisme [et] de fanatisme ethnique et sectaire ».

 

Dans sa déclaration, le patriarche Sako énumère un certain nombre de facteurs qui poussent les chrétiens et les autres minorités à quitter le pays. Il s’agit notamment de la « fragilité de la situation en matière de sécurité » et de la « faiblesse institutionnelle de l’Irak en matière de justice », de l’incapacité de l’État à protéger les non-musulmans contre la discrimination dans les domaines de « l’éducation, l’emploi et la vie sociale », ainsi qu’au niveau politique. Le cardinal déplore que des chrétiens exceptionnellement compétents au niveau professionnel se voient refuser des postes, uniquement à cause de leur foi. Ce sont « la qualification et la compétence », insiste le cardinal, et non la religion d’un individu, qui devraient être des « critères d’embauche ».

 

Les chrétiens privés de sièges au parlement 

De plus, le patriarche fait observer que les chrétiens sont privés de leur quota légitime de cinq sièges au Parlement irakien. Il en appelle à la mise en place d’un « droit civil pour tous les Irakiens », plutôt qu’à la soumission des chrétiens et des autres minorités religieuses « à un Tribunal islamique en ce qui concerne les questions spirituelles, religieuses, de mariages, de successions, etc. ».

Le patriarche Sako propose également un certain nombre de « mesures concrètes » supplémentaires pour lutter contre « les injustices et la discrimination » subies par les minorités religieuses. Il appelle les dirigeants irakiens et les « pouvoirs politiques » à combattre « l’extrémisme religieux qui fait usage de la violence » et à prendre des mesures pour « désarmer les milices, assurer la sécurité et la stabilité, lutter contre l’extrémisme, la discrimination, le terrorisme et la corruption ».

Dans sa déclaration, le cardinal insiste pour que les dirigeants politiques irakiens promeuvent des « valeurs de citoyenneté » au soutien du bien commun, en s’inspirant des « principes de liberté, de dignité, de démocratie, de justice sociale et de véritable relation entre tous les citoyens irakiens, indépendamment de leurs affiliations religieuse, culturelle et ethnique ». De telles politiques apporteront aux minorités religieuses irakiennes une « coexistence harmonieuse avec les musulmans ».

Enfin, le patriarche appelle à l’adoption de lois qui contribuent à créer « de bonnes conditions qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques, de préserver leur patrimoine, les monuments archéologiques et historiques comme une partie intégrante de la civilisation irakienne, afin de leur permettre de continuer à vivre dignement ».

Par Joop Koopman pour ACN-International
et Mario Bard, AED-Canada
Publié lundi le 27 mai, 2019

 

Projet de la semaine AED – Brésil – Matériel de catéchèse pour le travail pastoral

27.02.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Brésil, Catéchèse, Catéchètes, Eva-Maria Kolmann, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, PROJETS AED, Projets pastorale, Voyagez avec AED

Brésil – Projet de la semaine AED

Matériel de catéchèse pour le travail pastoral

Le « Missao Belem » (Mission Bethléem) est une communauté spirituelle qui s’occupe principalement des personnes sans-abries, des toxicomanes et des personnes isolées ou celles qui vivent en situation de crise. Les membres de la Communauté, qui se décrivent comme des « missionnaires », vivent 24 heures sur 24 avec les personnes sans-abries, souvent même dans les rues, et partagent leur vie. Ce faisant, ils essaient de rendre tangible la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ pour ceux qui sont en marge de la société.

Cette communauté encore jeune, fondée au Brésil en 2005, s’occupe actuellement de 160 maisons missionnaires et de sept centres de transit dans 70 villes au Brésil, en Haïti et en Italie.

À l’heure actuelle, 2 000 sans-abri sont soignés par 70 membres consacrés de la communauté et 200 bénévoles à temps plein. Ils vivent tous ensemble comme dans une grande famille. Dans cette atmosphère familiale, les personnes ayant vécu dans la rue se réhabituent lentement à un rythme de vie régulier et peuvent découvrir le potentiel qu’ils ont en eux. Pour cela, des établissements thérapeutiques coopèrent avec la communauté. Celle-ci offre également la possibilité d’effectuer une formation professionnelle ou de se réintégrer à la vie professionnelle.

Par ailleurs, les enfants de la rue sont aidés, dans la mesure du possible, à retourner dans leur famille. Lorsque cela est impossible, ils sont placés dans des familles d’accueil ou d’adoption, en accord avec les autorités compétentes.

Jusqu’à maintenant, 50 000 personnes ont été prises en charge par la communauté. Près de la moitié d’entre elles sont revenues à une vie normale. Beaucoup ont également trouvé la foi et ont été baptisées. Il est particulièrement émouvant de voir des hommes d’âge avancé, après des années d’errance ou de toxicomanie, porter les vêtements blancs du baptême en tenant une bougie baptismale, ou être des « premiers communiants ». Il est particulièrement visible que le baptême leur offre une nouvelle vie en tant qu’enfants de Dieu.

Les cours d’évangélisation de la Communauté sont appréciés et sont une réussite. Jusqu’à présent, 1 400 personnes ont participé à ces événements. Elles se préparent ainsi à la tâche de prêcher l’Évangile aux personnes qui sont loin de l’Église, et en particulier aux groupes sociaux marginalisés. Ces personnes peuvent distribuer du matériel de catéchèse quand les gens qu’ils rencontrent le demandent.

 

Aide à l’Église en Détresse (AED) voudrait aider à acquérir le matériel nécessaire pour les quatre prochaines années, et a donc promis 69 150 dollars.


 

Irak – La Lamborghini du pape pour reconstruire ! – AED-Infos

26.02.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Communications, Communiqué, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Aide à l’Église en Détresse en Irak

La Lamborghini du pape pour reconstruire

Montréal, 26 février 2019 – Grâce au don de 300 000 dollars reçu à la suite de la vente aux enchères de la Lamborghini offerte au Pape François, Aide à l’Église en Détresse (AED) pourra financer deux nouveaux projets au profit des familles chrétiennes et d’autres minorités revenues s’installer dans la plaine de Ninive.

Par Marta Petrosillo pour ACN-International et Mario Bard, AED-Canada

« Il est heureux que le pape François ait choisi de redistribuer les profits de ce qui est d’abord un cadeau. Bien sûr, notre organisme est honoré de participer à la redistribution des fruits de la vente », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED-Canada. « Ce projet pour le retour des chrétiens dans la plaine de Ninive était audacieux il y a deux ans, car l’insécurité était encore très grande. Finalement, l’AED a eu raison d’aller de l’avant avec d’autres partenaires, afin d’assurer ce retour des chrétiens en Irak : ils reviennent de plus en plus nombreux. »

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

La destruction du centre paroissial a été totale.

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

Les deux bâtiments sont situés à Bashiqa, à seulement 30 kilomètres de Mossoul. Le village a été gravement touché par la guerre, mais la communauté chrétienne est revenue en grand nombre. De fait, 405 des 580 habitations détruites ont déjà été réparées, et 50 % des chrétiens sont revenus, soit 1 585 personnes.

Les deux opérations financées grâce au produit de la vente de la Lamborghini bénéficieront également aux autres minorités de la ville, car le centre polyvalent, capable d’accueillir plus de 1 000 personnes, sera utilisé pour les mariages et les fêtes religieuses des différentes communautés. Ce sera le plus grand centre de la région, et il sera à la disposition de plus de 30 000 personnes, appartenant à différentes ethnies et confessions.

Le retour : un succès inespéré !

signature

Un peu plus de deux ans après la libération des villages de la plaine de Ninive, le nombre de chrétiens ayant pu rentrer chez eux a dépassé les prévisions les plus optimistes. Le 11 janvier dernier, le nombre de familles ayant regagné leurs villages s’élevait à 9 108, soit près de 46 % des 19 832 familles qui y vivaient en 2014 avant l’arrivée de l’État islamique. Cela est dû à l’immense travail de reconstruction – largement financé par l’AED – qui a jusqu’ici permis de reconstruire ou de réparer 41 % des 14 035 habitations détruites ou endommagées par l’État islamique.

L’œuvre pontificale de charité ainsi que les Églises locales ont été à l’avant-garde de cette opération qui a trouvé dans le Saint-Père un bienfaiteur assidu. En 2016, le Pape François avait déjà financé à hauteur de 150 000 dollars la clinique Saint-Joseph d’Erbil, qui donne une assistance médicale gratuite.

Ce don supplémentaire du Saint-Père permettra aux chrétiens de vivre leur foi et d’assurer un avenir en Irak à leurs enfants. Il constituera en même temps un message fort et une invitation à une coexistence pacifique entre les religions, dans une région où le fondamentalisme a malheureusement détérioré les relations interreligieuses.

Depuis 2014, l’AED a déjà fait don de plus de 60 millions de dollars pour soutenir les chrétiens irakiens. Dans la plaine de Ninive, l'espoir est plus que jamais présent!  Merci de continuer à nous aider à soutenir l'Église en Irak dans ses efforts de reconstruction!

Irak : enfin, une porte ouverte vers l’espérance!


Syrie – L’AED soutient un plan « crucial » pour l’avenir de la communauté chrétienne

25.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, PROJETS AED, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

Un plan d’action qui veut permettre à des milliers de chrétiens de retourner chez eux dans la ville syrienne de Homs a été approuvé dans le cadre d’un programme de réparation de maisons impliquant des responsables ecclésiaux et une œuvre de charité catholique de premier plan : Aide à l’Église en Détresse (AED).

Par John Pontifex pour ACN-International

Lors de la réunion à Homs, les dirigeants de cinq communautés ecclésiales ont signé l’Accord du Comité de Reconstruction de Homs qui prévoit que l’AED répare 300 maisons dans le cadre de la première étape du plan.

L’AED participera également en partie à la deuxième phase de reconstruction lors de laquelle 980 maisons supplémentaires doivent être reconstruites – 80 pour la communauté gréco-catholique melkite, 600 pour la communauté grecque orthodoxe et 300 pour des familles syriaques orthodoxes.

Soulignant l’importance de cet accord, le coordonnateur des projets de l’AED au Moyen-Orient, le Père Andrzej Halemba, a déclaré : « Cet accord est l’une des étapes les plus importantes dans le rétablissement de la communauté chrétienne à Homs. L’engagement à reconstruire autant de maisons apporte aux gens désespérés une lueur d’espoir ; celle de pouvoir revenir dans cette ville qui est l’une des plus importantes pour les chrétiens de toute la Syrie ».

Le père Andrzej Halemba, responsable de projet pour le Moyen-Orient et Mgr Nicolas Sawaf, archevêque grecque catholique melkite de Lattaquié.

Lueur d’espoir pour la communauté chrétienne de Homs

Des chrétiens heureux de retrouver leur ville et de pouvoir y habiter de nouveau.

L’évêque grec orthodoxe de Homs, Mgr Georges Abou Zakhem, a déclaré : « Les gens ont besoin de revenir dans leurs maisons, mais ils ne le peuvent pas sans l’aide de l’AED ».

Un prêtre melkite, le Père Bolos Manhal, a déclaré : « Je suis très heureux que les gens aient cette merveilleuse occasion de retourner chez eux. Ils ont tant souffert, et pour beaucoup d’entre eux, revenir à la maison sera la réalisation d’un rêve.

« Ils ont dû dépenser tant d’argent pour louer un endroit où vivre que la reconstruction de leurs maisons représente une pression énorme sur les budgets familiaux. Mais comme il y a plus de possibilités d’emploi en ville qu’à la campagne, ils pourront maintenant en profiter ».

L’AED contribuera aux frais à hauteur de 4 600 dollars par maison réparée.

Avec plus de 12 500 maisons détruites à Homs et 37 500 gravement endommagées, de nombreux chrétiens vivent depuis sept ans dans la vallée des chrétiens toute proche.

Au plus fort du conflit en 2014, il restait moins de 100 chrétiens dans la vieille ville de Homs, et les attaques ciblées des extrémistes islamistes avaient obligé près de 250 000 chrétiens à partir.

L’année dernière, l’AED a piloté un programme de réparation de 100 maisons appartenant à des familles melkites et syro-orthodoxes, dont 85 sont déjà à nouveau habitées, tandis que les autres devront être restituées au début de la nouvelle année scolaire, à l’automne.

En 2018, le plan de rénovation de Homs faisait partie d’un programme qui a déjà permis la réparation de près de 500 maisons à travers la Syrie, dont beaucoup à Alep. (25-02-2019)

Depuis le début de la crise en Syrie en 2011, l’AED a achevé 750 projets impliquant 150 partenaires.

Philippines – Amitié entre chrétiens et musulmans « mise à rude épreuve » – AED-Infos

25.02.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Asie, Dialogue interreligieux, Entrevue AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Philippines, Voyagez avec AED

Philippines


Amitié entre chrétiens et musulmans « mise à rude épreuve »

 

Le 27 janvier 2019, deux bombes ont explosé dans la cathédrale de Jolo, dans l’archipel des Sulu, entre Mindanao et Bornéo, tuant 23 personnes et en blessant 112 autres. Cette tragédie a été suivie d’un attentat à la grenade, le 30 janvier, dans la mosquée de Zamboanga à l’ouest de l’île de Mindanao. Le père Sebastiano d’Ambra, missionnaire de l’Institut pontifical des missions étrangères (PIM) qui œuvre depuis 40 ans pour le dialogue interreligieux dans le sud des Philippines, explique à l’œuvre de charité pontificale Aide à l’Église en Détresse quelle est la situation dans ce pays du continent asiatique qui a le plus grand nombre de catholiques.

***

AED : Père d’Ambra, vous êtes prêtre à Zamboanga, non loin de l’île de Jolo. Pourriez-vous nous décrire la situation sur place, après l’attentat du 27 janvier ?

Père d’Ambra : Cela nous a tous profondément choqués, en raison de la violence de cette attaque, bien entendu, mais aussi parce qu’elle touchait un lieu sacré. Malheureusement, cette violence s’inscrit dans un contexte d’augmentation des tensions. Depuis ces quelques dernières années, il y a de plus en plus de radicalisme. Mais la petite minorité chrétienne de l’île de Jolo (1% de la population totale de 120 000 personnes de l’île de Jolo, NDLR) n’en est pas la seule victime. J’entends des musulmans qui viennent me voir et me disent : « Père nous aussi nous sommes menacés parce que nous ne sommes pas le même genre de musulmans qu’eux ! ».

AED : Trois jours après l’attentat de la cathédrale, l’explosion d’une grenade dans une mosquée à Zamboanga, où vous habitez, a fait deux morts. Craignez-vous un conflit interreligieux ?

Père d’Ambra : Je ne crois pas qu’il faille connecter les deux attentats. Je n’imagine pas des chrétiens allant venger leurs morts en attaquant un lieu de culte musulman. Je crois au contraire qu’il faut à nouveau y voir l’œuvre de ces groupes extrémistes qui ajoutent toujours plus de violences et de confusions. Ils veulent séparer les chrétiens des musulmans. Ils veulent profiter de la situation et provoquer le chaos dans tout le pays pour remettre en cause son équilibre. Un équilibre qui repose en bonne partie sur les relations entre les fidèles des différentes religions.

AED : Pourtant, selon les autorités, la guerre contre le terrorisme islamique est en voie d’être gagnée. Partagez-vous cette analyse ?

Père d’Ambra : Pas du tout, non. Malheureusement, la tension interreligieuse est bien là. Ce n’est pas parce que des chefs de groupes extrémistes ont été exécutés qu’il faut croire que le gouvernement philippin gagne la guerre. C’est une erreur ! Je sais bien que l’armée fait ce qu’elle peut pour contrôler ces groupes, mais je ne crois pas que cela soit suffisant. Les groupes comme Daech, Maute ou Abu Sayyaf, ont un désir commun de semer le trouble dans le pays. Ils peuvent revenir en force dans les temps qui viennent. Je ne dis pas qu’il faut vivre dans la peur, mais il faut être réaliste, je ne les vois pas déjà défaits ! Je crois que notre amitié avec nos voisins musulmans va être mise à l’épreuve.

N’ayez pas peur ! Croyez bien que l’amour est plus fort que la haine.

AED : Vous-même, avez-vous le sentiment que votre vie est en danger ?

Père d’Ambra : Oh, vous savez, cela fait 40 ans que je suis ici. J’ai bien eu le temps d’être ciblé, et ce, à plusieurs reprises. Une fois de façon tout à fait claire, quand j’ai été pris dans une embuscade. La balle qui m’était destinée a tué l’un de mes amis. À cette époque, j’étais négociateur auprès des rebelles musulmans. C’était une expérience inhabituelle, un prêtre, parmi ces groupes pendant presque trois ans. Nous avions établi de bonnes relations de respect mutuel, et je suppose que l’idée qu’un seul prêtre pouvait être plus efficace qu’un millier de soldats, pour faire la paix, a dû frapper ceux qui ne voulaient pas la fin du conflit. Cette attitude se retrouve de nos jours. Certains musulmans nous disent que nos programmes de dialogues entre chrétiens et musulmans ne sont pas du goût des extrémistes.

AED : Avez-vous un message final à confier ?

Père d’Ambra : N’ayez pas peur ! Croyez bien que l’amour est plus fort que la haine. Je remercie l’AED pour être si proche des chrétiens en difficultés dans le monde et je demande à tous les chrétiens de promouvoir, à leur niveau, le dialogue, pour échapper à la logique du conflit.

 

 

***

Le père Sebastiano d’Ambra est fondateur du Mouvement Silsilah qui travaille au dialogue, et dont l’Aide à l’Église en Détresse est un partenaire régulier, que ce soit par le soutien de son travail médiatique (Silsilah Media Centre for Dialogue and Peace), ou encore par le soutien à la publication ainsi qu’aux initiatives de paix et d’harmonie qui sont lancées régulièrement dans la population de cette partie des Philippines. (25-02-2019)

 


 

Pakistan – Les nombreux cas « Asia Bibi » ignorés du monde – AED-Informations

16.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Asie, Chrétiens Catholique, Informations, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Maria Lozano, Pakistan, Par Marta Petrosillo, Persécution, Voyagez avec AED

Pakistan : « Mon mari est innocent ! »

La Colony Jospeh. En mars 2013, plus de 3000 personnes ont détruit près de 300 maisons et deux églises. Elles étaient en colère après l’accusation de blasphème contre Sawan Masih.

 Les nombreux cas « Asia Bibi » ignorés du monde

Au Pakistan, 224 chrétiens ont été victimes de la loi contre le blasphème depuis son adoption en 1986. C’est ce qu’a déclaré Cecil Shane Chaudhry, directeur exécutif de la Commission nationale Justice et Paix du Pakistan (NCJP), à une délégation de l’Aide à l’Église en Détresse en visite au Pakistan.

Par Marta Petrosillo et Maria Lozano, ACN-International 

Alors qu’’Asia Bibi, une mère chrétienne accusée de blasphème, a définitivement été libérée le 29 janvier, une étude de la commission présentée à l’AED indique qu’il y aurait actuellement 25 cas de chrétiens qui souffrent encore en prison. Et 23 chrétiens ont également été tués pour blasphème entre 1990 et 2017.

Les deux paragraphes B et C de l’article 295 du Code pénal pakistanais constituent la Loi contre le blasphème. Le paragraphe 295B stipule la peine d’emprisonnement à perpétuité pour ceux qui diffament le Coran ; en vertu de l’article 295C, la peine de mort sanctionne toute profanation du nom du prophète Mahomet.

« Pour les fondamentalistes, la loi contre le blasphème constitue une arme puissante afin d’exercer le pouvoir, utilisée au dépend des minorités, et elle est souvent utilisée à des fins de vengeance personnelle » explique Cecil Chaudhry. « Et lorsque c’est un chrétien qui est accusé, les conséquences concernent l’ensemble de la communauté. »

Cecil Chaudhry, Directeur de la Commission nationale pour la justice et la paix du Pakistan. 

C’est exactement ce qui s’est passé en mars 2013 dans le quartier chrétien Joseph Colony à Lahore. Le jeune chrétien Sawan Masih avait été accusé d’avoir offensé le prophète Mahomet. « Après la prière du vendredi 9 mars, une foule en furie composée de 3 000 musulmans a incendié et brûlé tout le quartier, détruisant presque 300 habitations et deux églises », raconte le Père Emmanuel Yousaf, président du NCJP à la délégation de l’AED lors de sa visite du quartier. Entre-temps, grâce à l’aide du gouvernement, le quartier a pu être reconstruit et restitué aux chrétiens.

Alors que les 83 meneurs de l’incendie criminel ont tous été acquittés et remis en liberté, Sawan Masih a été condamné à la peine de mort en 2014 et attend toujours son audience e

n appel. « Les audiences sont sans cesse repoussées à plus tard », déclare l’avocat Me Tahir Bashir. « La dernière audience avait été fixée au 28 janvier, mais le juge n’est simplement pas venu. Maintenant, la prochaine audience est prévue le 27 février. »

Comme dans l’affaire Asia Bibi, nombreuses sont les irrégularités dans le cas de Sawan Masih. Les accusations portées contre lui ont été faites par un de ses amis musulmans, Shahid Imran, suite à une dispute entre les deux hommes. Ce n’est que deux jours plus tard que deux témoins ont comparu, qui n’étaient même pas présents au moment de la prétendue offense envers Mahomet. « Les accusations contre Sawan Masih sont instrumentalisées », affirme le Père Yousaf  à l’AED. « En vérité, il s’agit d’évincer les chrétiens de ce quartier très prisé de la ville, apprécié parce qu’il est à proximité des aciéries. »

Des membres de la Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP), créée en 1985 par la Conférence des évêques catholiques du Pakistan. Elle fournit des services dans le domaine de la défense des droits de l’homme. Depuis 1990, la Commission défend les cas de blasphème contre les musulmans, les chrétiens et les hindous et fait campagne pour l’abolition des lois sur le blasphème. L’équipe de la Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP).

Entre-temps, Sobia, l’épouse de Sawan Masih, élève ses trois enfants toute seule. « Je ne sais pas pourquoi ils accusent mon mari », dit-elle à l’AED. « Tout ce que je sais, c’est que l’homme qui a porté plainte contre lui était de l’un de ses amis, avec lequel il s’était disputé. Sawan est innocent ! »