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Émirats arabes unis

 

Émirats arabes unis – visite historique

04.02.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, By Oliver Maksan, Émirats arabes unis, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Mario Bard, Moyen-Orient, Voyagez avec AED

Abu Dhabi – AED Informations

« Une visite historique »

Le pape François est à Abu Dhabi jusqu’à demain, 5 février. Bien que cet émirat soit plus tolérant que les autres États musulmans de la région envers les chrétiens, la pleine liberté religieuse n’existe pas aux Émirats arabes unis.

Mgr Paul Hinder : « L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres ! »

Dans une entrevue accordée à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) peu avant la visite de Sa Sainteté le pape François à Abu Dhabi, l’Église locale souligne le soutien dont elle bénéficie de la part des musulmans. L’évêque Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique de l’Arabie du Sud, a évoqué une visite « historique » et déclaré : « C’est la première fois qu’une célébration eucharistique se déroulera dans un domaine public mis à disposition à cet effet par le gouvernement ». Mgr Hinder, Capucin suisse, espère qu’environ 130 000 fidèles vont se réunir pour la messe célébrée le 5 février par le pape François dans la capitale des Émirats arabes unis, au dernier jour de sa visite, débutée le dimanche 3 février.

Dans l’histoire de l’Église, il s’agit de la toute première visite d’un pape dans la péninsule arabique. Mgr Hinder poursuit : « J’ai reçu plusieurs demandes venant de musulmans, qui voulaient savoir comment ils pourraient nous aider lors des préparatifs. Nombreux sont ceux qui ont manifesté leur intérêt d’assister à la messe. Le gouvernement fait aussi tout ce qui est en son pouvoir pour que le plus grand nombre possible de nos fidèles puissent voir le pape.»

Les Émirats arabes unis sont considérés comme étant relativement ouverts et tolérants envers les non-musulmans. Le rapport sur la liberté religieuse de l’AED évoque l’initiative du prince héritier d’Abu Dhabi de rebaptiser la mosquée Sheik Zayed en mosquée Marie mère de Jésus. Le prince héritier souhaitait que cette décision renforce les liens humains entre les croyants de différentes religions. « Cela fait quinze ans que je vis à Abu Dhabi et je n’ai encore jamais perçu d’hostilité », déclare Mgr Hinder et il ajoute : « Bien entendu, nous savons que dans tous les pays islamiques, les non-musulmans – et pas seulement les chrétiens – doivent se soumettre aux règles sociales de l’islam. D’un autre côté, je vois aussi au sein de la population locale un grand respect pour les chrétiens. C’est ce que nous ressentons particulièrement maintenant, à l’approche de la visite du Pape.»

Alors qu’en Arabie Saoudite, comme l’explique l’évêque, les offices religieux sont uniquement tolérés dans un cadre privé et avec des groupes relativement petits, il existe aux Émirats arabes unis des églises où des milliers de fidèles se rendent régulièrement pour assister à la messe. En fait, presque un million de catholiques de différents rites vivent aux Émirats arabes unis ! Ils sont presque tous des travailleurs immigrés qui séjournent dans le pays pour une période limitée. Nombre d’entre eux sont originaires d’Inde, des Philippines ou du Sri Lanka. Ils sont accueillis dans neuf paroisses. Mgr Hinder espère qu’il y aura d’autres constructions d’églises. « Il serait souhaitable d’avoir plus d’églises, car le nombre de paroisses dont nous disposons est encore insuffisant par rapport au nombre de fidèles qui vivent ici. »

Voyage du pape : répondre à l’Esprit même de l’Évangile

Le rapport sur la liberté religieuse publié en 2018 par l’AED souligne que l’islam est la religion d’État aux Émirats. La charia, la loi islamique, est l’une des sources principales de la législation. Le rapport dit littéralement que « seuls les musulmans sont autorisés à faire du prosélytisme; les adeptes d’autres religions qui sont pris en flagrant délit de vouloir convertir des musulmans peuvent être punis. Les non-ressortissants sont également menacés de retrait de leur permis de séjour et d’expulsion ». Selon ce rapport, les églises chrétiennes n’ont pas le d

 

roit d’avoir des clochers ni d’être décorées avec des croix. La conversion de musulmans au christianisme est interdite. À ce sujet, Mgr Hinder explique : « Je ne connais aucun pays musulman où la liberté religieuse est totale. Même là où la conversion d’un musulman à une autre religion n’est pas sanctionnée par le droit pénal local, l’environnement social – et surtout la famille – réagit par l’ostracisme et même la violence physique. Comme je l’ai dit, la liberté de culte est plus ou moins grande selon les pays.»

Le vicaire apostolique espère surtout que la visite papale aura un effet sur l’ambiance générale : « J’espère que la visite du Pape changera positivement l’ambiance générale. Néanmoins, nous ne devons pas attendre trop de miracles d’une telle visite. L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres !»

Le Père Andrzej Halemba, responsable de cette région au sein de l’AED, est d’accord avec Mgr Hinder : « La visite du Saint-Père constitue un grand encouragement pour les chrétiens qui travaillent dans le Golfe d’Arabie. Ils éprouvent ici la solidarité de l’Église universelle ». Le Père Halemba considère comme particulièrement importante la rencontre interreligieuse du pape avec les représentants de l’islam qui se déroule aujourd’hui. « En tendant la main aux musulmans, le Pape répond à la mission de l’Évangile, car il s’agit d’un dialogue de Dieu avec les hommes, qui se poursuit comme un dialogue de personne à personne. »