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Bangladesh

 

Succès de l’AED : une église et un centre paroissial

24.10.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Bangladesh, Construction, PROJETS AED

Bangladesh

Succès de l’AED : une église et un centre paroissial

 

Les fidèles de la paroisse de Nayanagar sont très heureux de leur nouvelle église et de son centre paroissial. Le tout a enfin pu être inauguré grâce à l’aide généreuse de nos bienfaiteurs. Cela faisait des années que les fidèles en rêvaient. Malgré leur pauvreté, ils avaient organisé des collectes. Toutefois, ils n’ont pas été en mesure de ramasser beaucoup d’argent. C’est « l’obole de la veuve », nous écrit le curé. Nos bienfaiteurs ont donné un total de 120,800 dollars pour que les fidèles réalisent leur rêve.

 

Tous les dimanches, de 3 000 à 3 500 personnes viennent à la messe. Ils sont encore bien plus nombreux les jours de fête, comme à Pâques et à Noël. Les messes de semaine sont également bien fréquentées. Par ailleurs, la catéchèse a lieu la fin de semaine et il y a divers groupes d’enfants et de jeunes.

 

Située en plein cœur de la capitale du Bangladesh, Dacca, la paroisse se développe de plus en plus, car beaucoup de gens des régions rurales viennent gonfler le nombre de personnes qui habitent dans la capitale (déjà 8, 9 millions d’habitants), pour y trouver un avenir meilleur. Les pères de l’ordre des Oblats de la Vierge Marie s’occupent de la pastorale des fidèles, mais ils aident aussi les personnes qui viennent de la campagne à s’acclimater à la ville. Ils s’assurent que les enfants puissent aller à l’école, s’occupent de leur trouver des soins médicaux et apportent leur aide et leurs conseils dans de nombreux besoins.

 

Au Bangladesh, les catholiques ne représentent qu’une infime minorité sur une population musulmane d’environ 90 pour cent. Les fidèles de la paroisse de Nayanagar sont d’origine autochtone à 80 pour cent, un chiffre qui reflète bien la situation de l’ensemble des chrétiens du Bangladesh, lesquels proviennent majoritairement de l’une des minorités ethniques. Un phénomène qui s’observe également pour les vocations.

 

Le provincial des oblats, le père Ajit Victor Costa, nous écrit au nom de ses frères et des fidèles : « Nous apprécions vraiment la valeur de votre amour, de votre amitié et de votre aimable geste. Vos prières, vos sacrifices et votre soutien financier nous ont énormément aidés à faire de notre rêve une réalité. À travers vous et avec vous, nous avons profondément ressenti la présence des mains aimantes de Dieu et votre sincère générosité. Nous prions pour tous les bienfaiteurs qui y ont contribué ».

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Projet de la semaine AED – Bangladesh : construire une chapelle

23.05.2018 in AED, Bangladesh, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Bangladesh

Une chapelle pour un village

 

La population du Bangladesh est à près de 90 % musulmane. Les catholiques ne constituent qu’une infime minorité de 0,2%. Les fidèles appartiennent majoritairement à des minorités ethniques. Ils sont donc doublement minoritaires. Par contre, même si l’Église catholique est faible en nombre, elle est très vivante, et la foi des catholiques est forte. L’an dernier, la visite du Pape François leur a apporté un encouragement supplémentaire.

 

Près de 80 000 catholiques vivent dans le diocèse de Mymesingh, dans le nord du pays. La foi catholique n’est arrivée dans la région qu’il y a 125 ans. La plupart des gens qui se sont fait baptiser étaient auparavant adeptes de religions traditionnelles. Ces personnes ont profondément imprégné la Bonne Nouvelle du Christ dans leur vie, et ils pratiquent leur foi très intensément et profondément. L’Église est devenue pour eux une patrie.

 

Le village de Digolbagh, compte 200 familles catholiques et est situé à environ 3,2 kilomètres de la station missionnaire de Bhalukapara. Malgré cette distance qui est assez courte pour des gens qui vivent en ville, le village est isolé. Il est catholique depuis 1924, mais n’a pas encore de chapelle. Le curé, le père Peter Rema, fait beaucoup d’efforts pour le bien-être spirituel de sa paroisse. Il nous a donc demandé de l’aide pour qu’une chapelle soit enfin construite, et que les catholiques puissent s’y rassembler pour prier. Déjà, les fidèles font de grands sacrifices pour réaliser ce projet, mais ils sont trop pauvres pour réunir tous les fonds nécessaires à la construction. C’est pourquoi nous aimerions les aider avec un montant de 15 000 dollars.

 

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Entrevue AED – Mgr D’Cruze au Bangladesh

23.02.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Espagne, Asie, Bangladesh, Bangladesh, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Josué Villalon, PROJETS AED, Voyagez avec AED

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Remplir sa mission en milieu musulman : une vision

 

Notre collègue espagnol s’est entretenu avec Mgr Bejoy N. D’Cruze, évêque de Sylhet, au nord du Bangladesh. Il remplit sa mission dans un pays musulman, entre de pauvres cueilleurs de thé et des groupes tribaux. Un évêque sans pays, sans maison et sans voiture : « Je louais un logement dans une maison appartenant à des musulmans, où je ne pouvais pas célébrer l’Eucharistie », a-t-il raconté.

 

Mgr D’Cruze est plutôt petit de taille, mais c’est un homme au grand cœur. Il sourit même en évoquant des situations difficiles de sa vie et de sa mission. Avec beaucoup d’humour, il a récemment raconté au bureau national espagnol de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) comment se sont déroulées les premières années de son épiscopat à Sylhet, un diocèse tout jeune fondé il y a sept ans, au nord du Bangladesh. Ce pays est majoritairement musulman, et compte des minorités hindouistes et bouddhistes. Les chrétiens représentent moins d’un pour cent de la population. Mgr D’Cruze travaille dans une région très pauvre, avec de très nombreuses plantations de thé, et où la majorité de la population vit avec moins d’un dollar par jour. Voici l’entrevue réalisée par Josué Villalon.

 

AED – Aujourd’hui, quelles sont vos conditions de vie dans le diocèse de Sylhet ?

Mgr D’Cruze – Le diocèse est relativement jeune. Il a été fondé en 2011, et je suis son premier évêque. Lorsque Véronique Vogel nous a rendu visite la première fois – responsable des projets pour le Bangladesh à l’Aide à l’Église en Détresse –, je n’avais même pas ma propre maison ! Je louais un logement dans une maison appartenant à des musulmans et où je ne pouvais pas célébrer l’Eucharistie. Il m’était également interdit de tenir des réunions religieuses. Il m’était seulement permis de respecter mes heures de prière. Cependant, j’ai célébré l’Eucharistie en secret, parfois avec mes prêtres.

 

Cela signifie qu’au début, vous ne disposiez même pas d’un endroit convenable pour célébrer l’Eucharistie ?

En acceptant ma nouvelle mission en tant qu’évêque de Sylhet, je suis devenu un homme sans pays, sans maison et sans voiture. Au cours de mes deux premières années comme évêque, j’ai été obligé de prendre les transports en commun. Le problème, c’est qu’au Bangladesh, il faut attendre longtemps les autobus et

Mgr D’Cruze se tient devant le terrain où sera construit le centre pastoral

les trains, parce qu’ils sont toujours en retard. J’ai donc perdu beaucoup de temps. Par ailleurs, bien que les terrains à construire soient très chers parce que c’est un pays relativement petit avec une forte densité de population — plus de 160 millions de personnes sur un territoire de 143 998 km2, densité de 1 173 hab./km2 –, j’essaie de réaliser plusieurs projets de construction. Pour l’instant, je n’ai ni cathédrale ni centre pastoral.

 

De quoi l’Église de Sylhet a-t-elle le plus besoin ?

Dans la ville où j’habite, mis à part les moyens pour assurer notre service aux pauvres, nous avons particulièrement besoin d’une église afin que les gens voient qu’ici, il y a une présence chrétienne. Dans cette ville vivent 300 000 musulmans et environ 1 500 chrétiens. Grâce au soutien de l’AED et à celui d’autres personnes, nous allons bientôt pouvoir consacrer la première église. Elle servira à tenir des réunions et sera aussi le lieu de rencontre pour les adultes et les enfants qui sont en catéchèse. Ce sera une église autant qu’un espace polyvalent. De plus, il y a six communautés protestantes à Sylhet. Depuis que je suis ici, nous entretenons d’excellentes relations avec elles et elles m’acceptent comme si j’étais aussi leur évêque. Nous avons beaucoup de rencontres œcuméniques. Cette église disposera aussi d’une autre salle polyvalente parce que les communautés protestantes n’ont aucun endroit où elles peuvent se réunir.

 

Comment la majorité musulmane de la population voit-elle la construction d’une église ?

Au Bangladesh, nous assistons à une lutte incessante contre les minorités hindoues, bouddhistes et chrétiennes. L’Église constitue un espoir pour les minorités, parce qu’elle s’engage toujours en faveur de leurs droits. Nous sommes aussi témoins de discriminations, au niveau de l’emploi et dans les infrastructures. Dans certaines villes, les chrétiens obtiennent difficilement un permis de construction. Malgré tout, le Bangladesh est un pays musulman où, la plupart du temps, on est respecté. Il y a moins de radicalisme ici, et bien que nous soyons une petite communauté, nous avons beaucoup d’influence dans le domaine de l’éducation et de la santé. Jusqu’à présent, cette nouvelle église n’a pas été une grande source d’irritation pour la population, bien que des personnes particulièrement radicales aient exprimé leur désaccord.

 

Au cours des dernières années, des islamistes radicaux ont attaqué des minorités au Bangladesh. Certains de ces attentats ont été revendiqués par Daesh. Ce radicalisme augmente-t-il?

Le fondamentalisme islamiste a un peu augmenté, et bien qu’il soit limité, il est puissant. Le 20 novembre 2015, un missionnaire de l’Institut pontifical pour les missions étrangères PIME, qui était également médecin, a été poignardé par quelques fondamentalistes. Il a été grièvement blessé et est toujours en convalescence dans un hôpital en Italie. Il y a également eu le meurtre de deux ou trois chrétiens et l’attaque d’une église. Personnellement, je ne pense pas être très menacé. Le 23 décembre 2015, donc peu avant Noël, j’ai reçu un message « cordial » de ces fondamentalistes : « Évêque, prépare-toi, car nous allons te tuer ». Mais rien ne m’est arrivé. Ça a dû être une erreur, dit-il en riant !

 

Quelle a été l’influence de la visite du pape François début décembre 2017 sur la société et l’Église du Bangladesh ?

Depuis que le pape a visité ce pays, de plus en plus de gens viennent à nos réunions dans mon diocèse et en général dans l’Église. Nous entretenons de bonnes relations interreligieuses et nous espérons qu’il y aura encore plus d’amélioration. Je m’en réjouis beaucoup, ainsi que de l’aide dont nous continuons à bénéficier. Je remercie Aide à l’Église en Détresse qui réalise cet excellent travail pour nous. Nous en sommes très reconnaissants.

 

L’œuvre pontificale internationale Aide à l’Église en Détresse travaille avec l’Église locale à Sylhet depuis la fondation de ce diocèse. Actuellement, l’AED soutient différents projets de formation spirituelle et de développement humain, en lien avec les commissions pour la pastorale, l’éducation ainsi que la justice et la paix. En 2016, l’AED a soutenu des projets au Bangladesh à hauteur de plus de 845 000 dollars.