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Venezuela

 

Entretiens de l’AED – avec le Cardinal Porras, Venezuela

05.08.2019 in Adapted by Amanda Bridget Griffin, Amérique du Sud, Messe pour les chrétiens persécutés, PROJETS AED, Venezuela

Venezuela

Entretien avec le Cardinal Porras : « Le Venezuela souffre d’une économie de guerre »

by Maria Lozano & Josué Villalón , pour ACN International,
adapté par Amanda Griffin pour l’AED Canada,
Publié sur le web le 5 août, 2019

La situation sociale, politique et économique du Venezuela continue de se détériorer, avec des pénuries de nourriture, de médicaments et de produits de première nécessité pour la vie quotidienne. L’Église, avec le peuple, souffre des conséquences de cette crise et dans de nombreux diocèses du pays, le clergé ainsi que les autres agents pastoraux qui accomplissent un travail irremplaçable pour alléger les carences matérielles et spirituelles de la population, ont besoin d’aide pour survivre.

Le Cardinal Baltasar Porras, administrateur apostolique de Caracas et archevêque de Mérida, s’est entretenu avec représentants de l’Aide à l’Église en Détresse qui s’est rendue dans le pays pour voir de près quels étaient les besoins, et savoir comment les projets de la l’œuvre pontificale soutenaient le travail pastoral et social de l’Église vénézuélienne.

 


Le Venezuela n’est pas en guerre, mais en réalité, il vit en état de guerre. Que pensez-vous de cette appréciation ?

Nous sommes dans une situation atypique et sans précédent, qui n’est pas le produit d’une guerre, ni d’un conflit armé ou d’une catastrophe naturelle, mais qui a des conséquences similaires. Le régime politique qui dirige le Venezuela a brisé le pays, il a généré un conflit social qui va en s’accentuant. Il y a aussi la réalité de l’exil de tant de Vénézuéliens, quelque chose que l’on n’avait jamais connu ici auparavant. Les gens partent à cause de leur situation économique, de leurs idées politiques, d’autres à cause des brimades qu’ils subissent dans le pays dont l’appareil économique est pratiquement détruit. Il n’y a aucune sécurité juridique. De même, il n’y a pas assez de travail, et les soins de santé sont déficients. Les gens n’ont pas la possibilité d’apporter chez eux le minimum pour subvenir aux besoins de la famille. Les spécialistes qualifient tout cela d’économie de guerre.

 

Des voitures en attente pour de l’essence.

Nous avons entendu parler des négociations d’Oslo entre le gouvernement et l’opposition, mais il y a beaucoup de scepticisme à ce sujet. Pensez-vous que cela puisse vraiment être un pas en avant dans l’amélioration de la situation du pays ?

Il faut comprendre qu’au cours des vingt dernières années, lorsque le gouvernement a été en difficulté, il a appelé plusieurs fois au dialogue. Mais ces appels ne visaient qu’à faire trainer les choses, car le gouvernement n’avait pas la volonté sincère de négocier ni de concéder quoi que ce soit. Face à une telle situation, une grande partie de la population se méfie totalement et ne croit plus du tout au dialogue. Cependant, malgré cela, c’est l’occasion de découvrir s’il existe la volonté de restaurer la démocratie qui a totalement disparu dans le pays. Nous sommes très préoccupés par le fait qu’au cours de cette dernière année, depuis le phénomène Guaidó, le nombre de personnes arrêtées, torturées, tuées et disparues a augmenté et que ces actions impliquent non seulement des militaires de haut rang, mais également une partie de la population. Certains organismes d’État sont considérés comme une police nazie qui génère de la peur dans la population. Le gouvernement a perdu la rue, et la seule manière de contrôler les gens est de leur faire peur et de provoquer des pénuries d’essence, de nourriture et d’énergie.

 

Le transport est devenue un problème

Au cours de notre visite, nous avons vu que là où il y a une paroisse ou une œuvre de l’Église, les gens viennent chercher de l’aide, et se sentent réconfortés. Peut-on dire que l’Église au Venezuela est l’Église de l’Espérance ?

Les institutions publiques et privées ont été détruites, et la seule institution qui reste indemne est l’Église. C’est grâce à notre proximité avec les gens et à notre présence dans tous les domaines. En outre, l’Église a eu le courage de souligner les manquements de ce régime. Par peur, d’autres acteurs sociaux n’osent pas s’exprimer sur cette crise, car le gouvernement est menaçant, ferme les médias et attaque les entreprises.

 

En raison de cette position claire et ferme, l’Église subit également des menaces et des pressions. Peut-on dire que l’Église vénézuélienne est persécutée ?

Vous ne pouvez pas dire qu’elle ne l’est pas. Par exemple, dans le domaine de l’éducation, il y a des restrictions contre les établissements catholiques. Des obstacles apparaissent pour inciter l’Église elle-même à fermer ses écoles. Cela fait des années que nous subissons des pressions subtiles, mais aussi des menaces verbales et du harcèlement à l’encontre des œuvres à caractère social comme Caritas. Les paroisses sont attaquées par le gouvernement lui-même, par les conseils municipaux et les groupes pro-gouvernementaux dits « collectifs ». Par exemple, à Caracas, dans les quartiers populaires, les collectifs se mettent aux portes des églises paroissiales et écoutent ce que dit le prêtre dans son homélie. Si ça ne leur plait pas, les menaces commencent.

 

le cardinal Baltazar Enrique Porras dîne avec les pauvres

 

Que se passerait-il au Venezuela si l’Église catholique n’était pas présente ?

La situation serait pire et s’aggraverait pour beaucoup de gens. Cela nous fait mal de voir notre peuple comme ça. Avec le phénomène de l’émigration, nous qui sommes restés, sommes privés d’affection parce que la famille et l’environnement dans lequel nous avons vécu ont disparu. Ceux d’entre nous qui sont restés ressentent un manque de compagnie et souffrent aussi parce que les choses ne se passent pas bien pour beaucoup de ceux qui sont partis. Le Venezuela devient un problème géopolitique qui affecte d’autres pays. Il y a déjà 4 millions de vénézuéliens à l’extérieur du pays : 1,5 million en Colombie, 700.000 au Pérou, 400.000 au Chili, 500.000 en Floride – la moitié d’entre eux sans papiers – et beaucoup d’autres dans d’autres pays d’Amérique et d’Europe. C’est très triste.

 

La pauvreté augmente

Qu’est-ce que le pape François vous dit au cours de vos rencontres ?

Le Pape connaît très bien la situation vénézuélienne, il la connaissait avant même de devenir pape. En outre, ses plus proches collaborateurs, comme le secrétaire d’État du Vatican, ont eu des relations directes avec le Venezuela et sont fortement impliqués. Le Pape fait confiance aux instances locales de l’Église. Lors de la dernière rencontre de tout l’épiscopat vénézuélien avec le Saint-Père, il nous a dit : « J’approuve tout ce que vous faites ». Certains se demandent pourquoi il ne parle plus du Venezuela. Des choses sont faites, mais discrètement, entre autres pour ne pas nuire aux organisations qui aident l’Église vénézuélienne.

 

Un dernier message pour les personnes qui, à travers l’AED, collaborent avec l’Église vénézuélienne ?

La proximité de nombreuses institutions, pas exclusivement catholiques, est un baume sur nos plaies. Nous remercions notamment de tout cœur l’AED, non seulement pour son aide matérielle, mais aussi pour l’harmonie spirituelle exprimée avant tout par la prière. Il y a quelque chose qu’il faut reconnaître : grâce à l’aide que nous recevons de l’AED à travers les intentions de messe, les difficultés des paroisses sont grandement atténuées, ce qui permet de consacrer d’autres ressources au renforcement du travail social. Vous nous aidez à rester présents et à aider les personnes qui en ont le plus besoin.

 

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

03.06.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Amérique du Sud, Venezuela, Voyager avec l'AED

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

Entrevue et texte par Maria Lozano, ACN International
Adapté par Mario Bard 
Publié sur le web, 3 juin, 2019

Crise au Venezuela : « Une petite lueur d’espoir »

Au Venezuela, il semble qu’un premier pas vers le changement ait été franchi grâce aux premiers entretiens qui se sont déroulés à Oslo, en Norvège entre du 25 au 29 mai, précédés de contacts faits à la mi-mai.

Avec la collaboration du gouvernement de ce pays neutre, ces contacts constituent une première tentative pour résoudre la crise. Il s’agit « d’entretiens exploratoires » entre des représentants du gouvernement de Nicolás Maduro et des représentants de l’opposition, comme l’explique le Père José Virtuoso, recteur de l’Université catholique Andrés Bello à Caracas (Venezuela). Cela fait apparaître « une petite lueur d’espoir » explique le prêtre jésuite dans un entretien qu’il a accordé à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 


Êtes-vous optimiste quant aux pourparlers d’Oslo ?

Oui. Nous savions que des rencontres informelles s’étaient déjà déroulées entre l’opposition et le gouvernement de Nicolás Maduro. Il s’agissait plutôt d’entretiens exploratoires – sans aucun engagement. Cette fois-ci, les contacts à Oslo impliquent l’engagement « officiel » d’un gouvernement, en l’occurrence celui de la Norvège. C’est un premier aspect positif. Le deuxième aspect positif est que cela démontre que le gouvernement du président Nicolás Maduro et celui du président Juan Guaidó sont ouverts pour chercher des possibilités d’entente. Il ne faut exclure aucune possibilité permettant de sortir de la crise vénézuélienne.

 

Ces entretiens se situent encore dans une phase très précoce. Est-ce qu’il y a Déjà des mesures concrètes qui en résultent ?

Il n’y a encore rien de concret et la manière de procéder n’a même pas encore été déterminée. Jusqu’à présent, il s’agit d’étapes exploratoires. Toutes les parties présentes – autant le gouvernement norvégien que le gouvernement Maduro ainsi que le président Guaidó – ont évoqué un processus exploratoire. En aucun cas nous ne pouvons parler d’un processus de dialogue ou de négociation. Nous sommes encore dans un processus de recherche de solutions.

 

Est-ce que ces tentatives de rapprochement sont en lien avec l’action de Juan Guaidó qui, le 30 avril dernier, a appelé l’armée à le soutenir ?

Je pense que depuis le 30 avril, nous sommes clairement dans une impasse : ni le gouvernement Maduro – qui souhaite écraser ses ennemis – ni le président par intérim Guaidó – qui veut mettre un terme à l’usurpation du pouvoir – n’ont bougé. Pour sortir de cette impasse qui est devenue manifeste le 30 avril dernier, nous devons chercher d’autres issues, nous devons explorer d’autres possibilités.

Quelle est l’attitude adoptée par l’Église ? Il y a presque deux ans, l’Église a participé à des tentatives de dialogue. Mais, se sentant instrumentalisée, elle s’est retirée…

Les tentatives précédentes, que ce soit les entretiens auxquels le Vatican a participé au début ou plus tard avec le processus entre le gouvernement et l’opposition à Saint-Domingue, ont échoué. Je pense que ces rencontres n’étaient pas bien préparées et ont été mal développées. Considérons l’exemple de la Colombie : là-bas, les entretiens et les accords entre le gouvernement colombien et les FARC reposaient sur un processus très long et très bien préparé, qui n’a été entamé qu’au moment où il existait déjà une véritable volonté de négociation. Au Venezuela, cette volonté n’existe pas encore véritablement. Elle doit d’abord être construite et renforcée. Il ne faut pas aller trop vite, parce que le processus pourrait être abandonné. Je pense que c’est ce qui s’est passé lors des tentatives précédentes. Nous devons essayer de trouver une voie stable pour parvenir à un accord éventuel. C’est pourquoi je dis que ce sera un processus lent et difficile. Mais je pense qu’au final, les Vénézuéliens le veulent.

Comparer aux tentatives antérieures, croyez-vous que cette fois sera différente, parce que Nicolás Maduro a compris que ça ne pouvait pas continuer ainsi ?

Je pense que, non seulement l’opposition, mais tous les Vénézuéliens ont des doutes considérables et surveillent avec défiance les avancées de ces processus. Le gouvernement reste déterminé à ne pas reconnaître l’opposition et la possibilité d’un accord. Pour cette raison, nous continuons d’entrevoir les choses avec un certain scepticisme. Mais d’une manière ou d’une autre, nous nous engageons sur cette voie. Comme il y a là une petite lueur d’espoir, nous devons essayer de l’entretenir afin qu’elle ne s’éteigne pas, mais qu’au contraire, elle devienne encore plus claire. Par ailleurs, l’ONU soutient ce processus, les pays du groupe de Lima le voient positivement ainsi que les pays de l’Union européenne. Je crois que la communauté internationale, y compris les États-Unis qui ont adopté une position plus dure, s’accorde pour dire qu’une solution sans violence est préférable à une solution violente. Et c’est évidemment la position de l’Église : faciliter, soutenir, créer les conditions d’une solution pacifique au conflit vénézuélien.

Évoquons maintenant la situation de la population. Les médias du monde entier ont parlé des coupures d’électricité durant plusieurs jours sur l’ensemble du Venezuela. Qu’en est-il actuellement de cette situation ainsi que du ravitaillement en denrées alimentaires dans le pays ?

L’approvisionnement énergétique s’est normalisé dans les grandes villes, en particulier dans le centre du pays, comme à Caracas et dans d’autres villes importantes du centre. En revanche, dans les régions frontalières, c’est un véritable drame. Dans l’État du Zulia, à la frontière de la Colombie, la situation est déplorable. C’est l’État le plus peuplé, comptant la deuxième plus grande ville du pays, mais l’alimentation électrique y reste toujours très irrégulière. La situation est similaire dans les deux États frontaliers de Táchira et de Mérida, à l’ouest du pays, où vit une très grande partie de la population. Ainsi, ce problème s’est résolu dans certaines parties du pays et dans d’autres, c’est toujours le même drame. C’est terrible !

 

Nicolás Maduro a maintenant permis à la Croix-Rouge d’entrer pour fournir de l’aide humanitaire. Est-ce que c’est une solution ?

En réalité, l’aide humanitaire est fortement réduite. Ainsi, certaines fournitures médicales et des groupes électrogènes ont été livrés à des hôpitaux, ce qui est une bonne chose. Mais, on a l’impression que beaucoup de pays aimeraient coopérer de manière plus active en envoyant à la population du matériel médical, des médicaments et des denrées alimentaires, mais qu’on ne leur en donne pas la possibilité.

En qualité de recteur de l’université, vous êtes particulièrement préoccupé par la question de l’éducation. Comment se présente la situation dans ce domaine ?

Je suis très inquiet à cause du système éducatif qui se détériore au Venezuela. Les enfants et les jeunes ne peuvent venir régulièrement en classe à cause des problèmes de transport ou d’alimentation. Tous nos établissements scolaires, nos lycées et nos universités souffrent des terribles conséquences de l’émigration des enseignants et des professeurs. Étudier au Venezuela devient presque un exploit.

 

 

Il y a presque deux ans que nous parlons de la situation au Venezuela. Le moment pourrait arriver où les gens diront : « Eh bien, on ne peut rien faire ! » Comment ne pas perdre courage ?

Le Venezuela a un besoin urgent de l’aide du monde entier. Après la Deuxième Guerre mondiale ainsi que dans les terribles années 1950, durant les années de la reconstruction, beaucoup d’Européens sont venus s’établir au Venezuela. Je suis moi-même fils d’un immigrant européen, d’un Italien venu de Sicile. Beaucoup de Vénézuéliens sont des enfants ou des petits-enfants d’immigrants qui ont beaucoup apporté au pays. L’Europe devrait rendre le soutien que le Venezuela lui a donné à d’autres époques. Il s’agit là d’un soutien solidaire et d’un soutien économique qui peuvent être fournis de nombreuses façons. Je voudrais encourager à persévérer dans ce soutien, car il engendre un sentiment de solidarité très important.

Venezuela – Appel à prier pour le pays ce dimanche 10 février!

08.02.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Maria Lozano, Prière, Venezuela, Voyagez avec AED

Venezuela

Appel à prier le dimanche 10 février

Dans un communiqué conjoint publié le lundi 4 février, la Conférence épiscopale vénézuélienne, la Conférence des religieux et religieuses et le Conseil national des laïcs du Venezuela se déclarent soucieux « d’éviter de plus grandes souffrances au peuple », tout en espérant un changement dans le cours politique et démocratique que vit le Venezuela.

Photo : María Alejandra Mora (SoyMAM)

« Avec détermination et espoir », ils aspirent à la recherche « d’un changement politique par le biais d’un processus de transition pacifique et transparent, conduisant à des élections libres et légitimes pour reprendre le cours démocratique et parvenir au rétablissement de l’État de droit, à la reconstruction du tissu social, à la relance d’une production économique, au rétablissement de la morale et à l’unité de tous les Vénézuéliens.» Les auteurs du communiqué indiquent aussi : « C’est une situation difficile qui s’inscrit dans l’histoire du Venezuela et que le peuple vénézuélien, le clergé vénézuélien et la communauté internationale vivent avec beaucoup d’espoir et, en même temps, avec une grande inquiétude.»

Les présidents des trois instances religieuses les plus représentatives de l’Église catholique du pays dénoncent dans le communiqué « la répression croissante pour des raisons politiques, la violation des droits de l’homme et les détentions arbitraires et sélectives » et insistent pour que cette transition se fasse de manière pacifique et en accord avec la Constitution nationale.

Ils saluent le travail de tous ceux qui, malgré les risques, défendent et promeuvent les droits de l’homme en temps de crise et les encouragent à continuer à s’occuper des «   victimes qui souffrent d’injustice ». Ils indiquent également : « Nous demandons le respect et la sécurité personnelle et juridique de ceux qui exercent ce service digne au Venezuela. » Ils rappellent ainsi que l’Eglise catholique s’est engagée envers la population la plus touchée, « agissant selon les principes d’indépendance, d’impartialité et d’humanité » et qu’elle demande « les autorisations nécessaires pour bénéficier de l’aide humanitaire afin d’atténuer l’impact de la crise sur les personnes les plus vulnérables. Nous – Caritas Venezuela et les diverses institutions d’assistance sociale de l’Église agissant sur tout le territoire national, nous nous engageons à continuer le service que nous avons rendu avec équité, inclusion, transparence et efficacité. »

Le communiqué se termine en appelant à prier le dimanche 10 février dans « toutes les églises, maisons et communautés, demandant au Seigneur de nous accorder la paix, la réconciliation, la liberté, la santé spirituelle et corporelle ».

Une situation sans précédent

La situation politique actuelle au Venezuela est la conséquence des élections présidentielles de mai 2018 qui, selon la version officielle du gouvernement, ont été remportées par Nicolás Maduro, mais qui ont été qualifiées d’élections illégitimes par la plupart des pays de la communauté internationale, dont l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, l’Espagne et les États-Unis, car elles ont fait l’objet de diverses irrégularités. Ainsi, selon ce constat, le Président Maduro, à la fin de son mandat précédent le 10 janvier, est devenu illégitime et non reconnu comme Président de la République.

En conséquence et selon la constitution vénézuélienne, le président de l’Assemblée nationale du pays, en l’occurrence Juan Gerardo Guaidó, est devenu président responsable du Venezuela. Ainsi, le 11 janvier 2019, Guaidó a annoncé qu’il assumait l’article 233 de la Constitution pour convoquer de nouvelles élections nationales et le 23 janvier, il a prêté serment comme Président responsable du Venezuela.

 

Dimanche 10 février, merci de prier pour un dénouement pacifique de la crise au Venezuela.


 

Amérique du Sud : Venezuela – Des prêtres, instruments de réconfort spirituel

30.07.2018 in Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Venezuela

Amérique du Sud 


Des prêtres, instruments de réconfort spirituel

« Beaucoup de gens arrivent en pleurant, avec de graves problèmes, inquiets ou tristes parce qu’ils quittent le pays, parce qu’ils n’ont rien à manger, ou qu’ils manquent de médicaments. Notre mission est de les réconforter à la lumière de la Parole de Dieu et par la prière », dit le Père Esteban Galvis, curé de l’église Notre-Dame de Lourdes située dans la ville d’Aguas Calientes (Venezuela), à la frontière entre la Colombie et le Venezuela.

« Nous sommes des pauvres qui prenons soin des pauvres. » 

L’attention portée aux migrants à la frontière et à la population locale appauvrie n’est pas que matérielle. Elle est aussi et surtout pastorale et spirituelle.

« Nous vivons une réalité très difficile. Nous nous trouvons dans une situation particulière », raconte le Père Estaban Galvis. « D’une part, les immigrés qui passent par nos paroisses et d’autre part la pauvreté des familles frontalières, les membres de notre communauté eux-mêmes, qui continuent d’être affectés par la situation critique du pays ».

« Nous sommes des pauvres qui prenons soin des pauvres. Ne serait-ce qu’avec un verre de limonade », dit-il.

Le curé raconte que « chaque personne ou chaque famille a sa propre histoire, mais tout le monde a confiance en Dieu. Et les gens cherchent auprès du prêtre et dans les paroisses un refuge qui les fortifie et les réconforte. Ils viennent se confesser et se remettre entre les mains de Dieu ».

 

« L’histoire de Juan Carlos est un bon exemple : il a voyagé avec sa femme et son fils en partant de l’État de Falcón pour se rendre dans un autre pays, mais il est arrivé ici sans argent pour pouvoir continuer »raconte le Père Galvis.

« Un homme qui pleurait avec sa femme parce qu’ils ne savaient pas quoi faire. La première chose que j’ai faite a été de prier avec eux pour demander à Dieu de nous éclairer, puis j’ai partagé ma nourriture avec eux. Et pendant la journée, une autre personne de la communauté leur a offert un endroit où passer la nuit. Ils ont alors décidé de rester dans la région, et pendant la journée, d’aller travailler à Cúcuta (Colombie). Peu à peu, ils ont résolu leurs problèmes, avec l’aide de Dieu ».

Dans les paroisses frontalières, la pastorale sociale a été renforcée, principalement par l’accompagnement spirituel, « qui est avant tout notre mission principale. Beaucoup de gens arrivent en pleurs à l’église, avec leurs problèmes et leurs soucis. Et c’est à nous d’être les instruments de Dieu pour consoler le peuple », estime le prêtre.

 

Inflation et frontière fermée : mission

Dans le cadre de ses activités pastorales, la paroisse organise des journées d’adoration eucharistique et un accompagnement spirituel permanent pour les personnes en quête de réconfort.

« Depuis la fermeture de la frontière », dit le Père Galvis, « nous encourageons des campagnes d’action sociale en partageant un peu de nourriture, mais l’inflation est en train de rendre ce travail impossible. Nous continuons à aider, mais avec le minimum, et ce sont surtout les personnes âgées et les enfants que nous aidons. Parce que nous n’arrivons pas à aider tout le monde ».

 

Le « rapport sur la mobilité humaine vénézuélienne », publié en mai par le service aux réfugiés des Jésuites du Venezuela, précise que les principales raisons qui ont poussé les Vénézuéliens à traverser la frontière sont l’insécurité, l’inquiétude face à ce qui se passe dans le pays, la faim, les niveaux élevés de stress au quotidien, l’incertitude de ne pas savoir ce qui va se passer et le manque de médicaments pour les traitements médicaux. Ce sont 83,6% des gens qui ont émigré, à la recherche d’un cadre de vie plus sûr, et 31,2% ont été obligés de quitter leur ville d’origine.

Récemment, l’Assemblée des Laïcs frontaliers a été tenue. Avec les prêtres et l’évêque du diocèse de San Cristóbal, ils ont réaffirmé leur engagement permanent au service de la pastorale spécifique à la zone frontalière.

 

Le Père Esteban Galvis souligne qu’il est urgent que les chrétiens s’engagent à « prier et jeûner, ce qui aidera à sortir de cette situation ». Et enfin, il nous invite à nous joindre à cette mission : « Nous sommes la consolation de ceux qui vivent et souffrent à la frontière. J’invite ceux qui voudraient se joindre à cette mission de prier à le faire pour la situation que les gens vivent ici, car Dieu est notre seule force ».

 

Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est récemment rendue dans la ville de San Antonio de Tachira (en Colombie) pour offrir de l’aide et manifester de la solidarité aux diocèses frontaliers du Venezuela et de la Colombie dans cette situation difficile.  L’AED étudie les aides futures à apporter au projet d’une maison des migrants.

 

 

Venezuela : Le portrait de l’impuissance à la frontière vénézuélienne

14.06.2018 in Adaptation Traduction Julie Bourbeau, AED, Aide à l'Église en détresse., Refugiés, Venezuela, Voyager avec l'AED

« Aide à l’Église en Détresse » s’est récemment rendue dans la ville de San Antonio de Tachira (en Colombie) pour offrir de l’aide aux diocèses frontaliers du Venezuela et de la Colombie, leur témoigner sa solidarité au cœur de cette situation difficile et étudier les possibilités d’aide éventuelle à offrir au projet de maison des migrants.

 


 

Venezuela

Le portrait de l’impuissance à la frontière vénézuélienne

Suite aux élections présidentielles controversées ayant eu lieu au Venezuela, le flux des migrants à la recherche de meilleures conditions de vie dans d’autres pays continue de s’accroître, et les milliers de Vénézuéliens qui traversent quotidiennement la frontière colombo-vénézuélienne continuent d’avoir un grand besoin d’aide.

Sur le pont international Simón Bolívar qui relie les villes de San Antonio del Táchira (au Venezuela) et de San José de Cúcuta (en Colombie), les contrôles sont stricts pour ceux qui souhaitent quitter le pays en proie à une grave crise politique, économique et sociale. Plusieurs ne parviennent pas à franchir la frontière, si bien qu’ils en sont réduits à errer dans les villes frontalières à la recherche d’aide humanitaire.

Augmentation significative du nombre de migrants vénézuéliens

C’est le cas de Fernando et Marisela et de leurs deux enfants âgés de 3 et 7 ans, Luis et Camila. La jeune famille a quitté Caracas dans le but de traverser la frontière et d’atteindre l’Équateur, mais en raison de difficultés concernant les papiers d’identité des enfants mineurs, ils n’ont pas été en mesure de quitter le pays.

« La vie est difficile dans la capitale, il vaut mieux émigrer », dit Fernando. Aujourd’hui, avec des ressources limitées, ils passent la nuit sur place en compagnie d’autres migrants, et travaillent dans le secteur de l’économie informelle tout en essayant de résoudre leurs problèmes pour poursuivre leur voyage.

Un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations, publié le 14 mai dernier, signale que le nombre d’immigrés vénézuéliens en Amérique latine et dans les Caraïbes est passé de 89 000 à 900 000 personnes entre 2015 et 2017, soit une augmentation de plus de 900 %. Et ces statistiques ne tiennent pas compte des citoyens qui ont traversé la frontière de façon irrégulière vers la Colombie ou le Brésil.

Des centaines de personnes traversent ce pont à pied tous les jours, la circulation des véhicules y étant interdite depuis août 2015. Certains empruntent ce passage pour atteindre d’autres pays d’Amérique du Sud, d’autres vont dans la ville de Cúcuta à la recherche de nourriture ou de médicaments, puis reviennent, et quelques-uns décident de rester à la frontière à la recherche d’occasions d’emploi improvisées.

C’est le cas notamment du jeune Andrés Vargas, 18 ans, qui a voyagé de Barquisimeto vers le Chili, mais qui par manque d’argent, a décidé de demeurer à la frontière. « Ici, je gagne une commission en emmenant les voyageurs acheter des billets, et c’est suffisant pour manger et parfois même pour me payer un hébergement », dit-il.

D’autres, après un long voyage, ne parviennent pas à passer la frontière, puisqu’elle est complètement fermée entre 20 h à 6 h. C’est ce qu’a vécu la famille Fonseca – le père, la mère et leurs trois filles – qui avaient voyagé 12 heures en autobus depuis Valence. En arrivant à San Antonio, la frontière était fermée et ils ont dû passer la nuit dans la rue, sous les intempéries : « C’est toute une aventure, mais cette mauvaise nuit ne se compare pas à tout ce que nous avons vécu au cours des dernières années », explique Carlos Fonseca.

 

L’Église au Venezuela – guidée par l’Esprit Saint

Pour l’évêque du diocèse de San Cristóbal au Venezuela, Mgr Mario Moronta, la situation à cette frontière « brosse le portrait de la détresse de tant de Vénézuéliens qui ne disposent pas des fournitures de base nécessaires à la vie quotidienne : nourriture, médicaments, etc. ».

Face à cette situation, l’évêque déclare : « L’Église, conduite et guidée par l’Esprit Saint, cherche des solutions charitables, avec beaucoup d’humanité, pour répondre aux besoins des migrants. »

Le Père Reinaldo Contreras, recteur de la Basilique San Antonio de Padoue, située à quelques mètres de la frontière, nous a dit que l’Église répondait à cette situation au moyen de la pastorale sociale, mais « avec beaucoup de difficultés, en raison des pénuries et des prix élevés de la nourriture, ainsi que du manque d’infrastructures pour prendre les migrants en charge adéquatement. »

Cependant, les paroisses de la frontière mènent tous les jours des campagnes alimentaires pour offrir une ration de nourriture aux plus vulnérables. Le prêtre a souligné qu’il envisageait la possibilité d’aménager un espace, comme une maison des migrants, pour leur offrir une aide plus complète.

Beaucoup d’immigrés, au moment de franchir la frontière, reçoivent également le soutien de la « Maison de passage Divine Miséricorde » du diocèse de Cúcuta, qui offre aux immigrés des services médicaux, une prise en charge pastorale, et distribue plus d’un millier de repas par jour.

Dans des déclarations récentes adressées à la Fondation pontificale « Aide à l’Église en Détresse » (AED), l’évêque de Cúcuta, Mgr Victor Manuel Ochoa, a décrit la situation comme étant « un drame de la douleur » et nous a demandé de prier : « L’Église est présente à la frontière, nous avons voulu être la main qui accompagne nos frères vénézuéliens qui souffrent. Je me souviens du Père Werenfried, le fondateur de l’AED, qui distribuait de la nourriture aux réfugiés en 1947. Nous voulons suivre ses traces. Je vous invite à prier pour le Venezuela et pour la Colombie, afin que nous puissions trouver des chemins de paix et de réconciliation ».

 


 

Projet de la semaine AED : Venezuela

16.05.2018 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Construction, PROJETS AED, Venezuela, Voyagez avec AED

Venezuela

Un centre pour la pastorale des jeunes

 

Le Venezuela est enfoncé dans une crise très grave. Les gens sont désespérés et amers, la violence et le taux d’homicides augmentent. De plus, beaucoup cherchent refuge et consolation dans les drogues. L’Église est aux côtés de la population souffrante et tente de redonner espoir aux gens.

 

En ces temps particulièrement difficiles, Mgr Raùl Biord Castillo, évêque de la Guaira dans le nord du pays, voudrait renforcer la pastorale. « Quelle est la volonté de Dieu pour nous ? », se demande-t-il.

 

Venezuela, La Guaira, 2018
Mgr. Raúl Biord Castillo, évêque de La Guaira avec les croyants.

Mgr Castillo aime particulièrement les jeunes et croit en leur potentiel. Dans certaines paroisses, il y a déjà des groupes de jeunes, et certains mouvements spirituels accompagnent la pastorale des jeunes. L’objectif qu’ils ont est de s’occuper des problèmes qu’ils vivent et de les accompagner dans leur foi. L’évêque estime qu’ils doivent grandir dans une spiritualité qui tienne compte de la vie communautaire, et qu’ils doivent approfondir leur foi. Il faut aussi encourager les vocations religieuses.

 

À son avis, la pastorale doit mettre l’accent sur les différents besoins des différents milieux, car les problèmes sont différents selon que les jeunes grandissent à la campagne, en ville ou dans les banlieues. Certains jeunes sont étudiants à l’université, d’autres travaillent, et il y a aussi de nombreuses situations difficiles causées par la toxicomanie, l’alcoolisme, la prostitution, la violence, le crime. Il y a aussi des enfants qui traînent dans les rues et des jeunes qui sont en prison…

 

Pour commencer, un lieu.

Certaines paroisses n’ont pas de locaux pour les activités des jeunes, et ne disposent pas non plus du personnel qui puisse se consacrer à cet apostolat. L’évêque voudrait donc fonder une « école de chefs de groupe ». Si tout va comme prévu, elle sera créée dans un ancien couvent de religieuses qu’il va falloir rénover.

Venezuela, La Guaira, 2018
Mgr. Raúl Biord Castillo, évêque de La Guaira avec les jeunes.

Ainsi, il serait possible de faire d’une pierre deux coups : former les chefs de groupe, et en même temps, permettre aux groupes de jeunes des différentes paroisses qui ne disposent pas des locaux appropriés d’utiliser le bâtiment pour des retraites et diverses activités pastorales. L’endroit est idéal, car en raison de sa localisation en montagne, il n’y fait pas trop chaud et ceux qui l’utiliseront jouiront d’une belle vue, qui fait du bien à l’âme. La demande est grande, et le cahier de réservation de la maison est déjà presque complet. Mais pour l’instant, seuls des groupes d’un maximum de 20 personnes peuvent y être admis. Si ce lieu est transformé comme il convient, le centre aura de la place pour héberger 80 personnes.

 

Aide à l’Église en Détresse veut soutenir ce projet, pour faire sortir de terre un centre qui donnera aux jeunes un nouvel espoir, dans un pays qui en a bien besoin.

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