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Aide à l’Église en détresse.

 

Égypte – « Malheureusement, la transition ne sera pas bien silencieuse. »

12.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

Oliver Maksan, qui a suivi pendant près de deux semaines les événements s’étant déroulées en Égypte, y compris la destitutionOLIVER MAKSAN du président Morsi, répond aux questions de Maria Lozano de l’Aide à l’Église en Détresse.

Vous êtes rentré hier d’un long voyage en Égypte. Comment était la situation à votre arrivée ?

Je suis arrivé le vendredi 28 juin. Ce jour-là, les grandes manifestations contre Morsi avaient déjà commencé dans tout le pays. Les premières victimes étaient aussi à déplorer. Par exemple, un jeune américain a été assassiné à Alexandrie. Les États-Unis ont fait évacuer leur personnel diplomatique. Les vols du Caire vers l’Europe et les États-Unis étaient, paraît-il, complets. Tout cela n’augurait rien de bon pour la fin de semaine à venir.

Dimanche 30 juin, cela faisait un an que le Président Morsi était entré en fonctions ?

C’est exact. Une alliance affirmait avoir recueilli 22 millions de signatures pour réclamer la démission de Morsi. Des manifestations monstres étaient attendues. On craignait des violences et des émeutes. J’habitais chez des sœurs catholiques, près de la place Tahrir. Elles étaient très préoccupées, mais aussi très optimistes quant au départ probable de Morsi. C’était également l’avis de nombreuses personnes au Caire : « Les Frères musulmans sont un serpent au sein de ce pays», m’a dit une femme. Le soir de mon arrivée, je suis allé place Tahrir. Tout le monde attendait avec nervosité ce qu’apporterait le week-end.

La violence redoutée est-elle arrivée le 30 juin ? 

En fait, non. Contre toute attente, le jour que tout le monde attendait fébrilement s’est déroulé calmement. Le jour même, j’ai assisté aussi bien aux manifestations des partisans de Morsi qu’à celles de ses adversaires. Tout se déroulait partout paisiblement. Il régnait une véritable ambiance de fête populaire. Lors de leur manifestation, les Frères musulmans s’efforçaient visiblement d’expliquer leur position aux visiteurs venus d’occident : leur Président avait été élu légalement et ne démissionnerait pas. Mais beaucoup d’entre eux avaient également des barres de fer et des bâtons de bois dans les mains. Pour se défendre, affirmaient-ils. L’un d’eux m’a dit : « Nous protégerons notre Président par nos vies ». Pendant ce temps, sur la place Tahrir, les gens continuaient de réclamer la démission de Morsi.

L’alliance anti-Morsi « Tamarod » a ensuite mis le Président sous pression en menaçant de paralyser le pays par la désobéissance civile ?

 Exactement. Le lundi 1er juillet, l’armée s’est jointe à elle et a également lancé un ultimatum : si la volonté populaire n’était pas accomplie dans les 48 heures, l’armée chercherait une porte de sortie. C’était l’annonce d’un coup d’État. La jubilation dans le camp des adversaires de Morsi était d’autant plus grande lundi soir. On savait que Morsi avait déjà été vaincu. Des feux d’artifice ont été tirés place Tahrir. Des voitures roulaient en klaxonnant à travers la ville. Il y avait des familles avec des enfants sur la place Tahrir. C’était comme après une victoire au football.

Mais malheureusement, la situation a ensuite changé. Quand l’ambiance s’est-elle retournée ? Après l’ultimatum de mercredi ?

Oui, mais avec du retard. L’ultimatum s’achevait le mercredi vers 16h 30 et on pouvait ressentir partout de la tension. Tout d’abord, il ne s’est rien passé, mais peu après, vers 19h00, les événements ont commencé à se succéder. L’armée s’installait à tous les points stratégiques de la ville. Le général Al-Sisi, chef des armées, annonça pour la soirée une déclaration à la télévision nationale. Vers 21h, au moment où il fit part de la destitution de Morsi et de la mise en place d’un gouvernement de transition, la joie fut indescriptible et ne retomba pas au cours des heures suivantes. La fête continua bien après minuit. Les Chrétiens ont eux aussi acclamé sans réserves la destitution de Morsi. En revanche, du côté des Frères musulmans, c’était la stupéfaction. Certains islamistes fanatiques ont rapidement accusé les coptes d’être coupables et ont commis ce soir-là un incendie criminel sur une église catholique à Minya, au sud du Caire.

Pourquoi attribuent-ils la faute spécifiquement aux coptes ?

 Parce qu’alors il n’y a pas de musulmans à accuser. En outre, les coptes sont faciles à intimider collectivement, parce qu’ils constituent un groupe relativement restreint – à peine quelque 10 % de la population sont chrétiens. Par ailleurs, cette logique du bouc émissaire renforce la cohésion interne des islamistes. Par exemple, un membre éminent des Frères musulmans, Safwat Al-Hegazy, a menacé à plusieurs reprises les coptes de faire couler le sang s’ils manifestaient pour la démission du Président.

Malgré la jubilation après la démission de Morsi, certaines voix soucieuses ne se sont-elles pas fait entendre ?

Dans l’ensemble, l’ambiance était très optimiste la semaine dernière. Le départ du pouvoir de Morsi s’est déroulé en grande partie de manière silencieuse. L’armée avait créé contre lui une grande alliance qui comprenait non seulement la gauche, les libéraux et les chrétiens, mais aussi l’Université Al-Azhar et même le parti salafiste Al-Nour. Lors de la proclamation de la démission de Morsi, le Pape copte Tawadros II est apparu à la télévision assis aux côtés du Grand Cheikh d’Al-Azhar.

Et les chrétiens ? N’étaient-ils pas inquiets ? En tant que minorité, ils sont particulièrement vulnérables.

 Ils craignaient des actes de violence de la part des islamistes. Mais dans l’ensemble, les chrétiens étaient enthousiastes et soulagés. Le message était : ils font à nouveau partie de l’Égypte. Sous Morsi, ils se sentaient exclus. Vendredi, j’ai parlé avec le Patriarche copte catholique Ibrahim. Il considère que les problèmes politiques et économiques sont grands mais pas insolubles.

Cet optimisme s’est-il dissipé depuis lundi matin ? Au moins 51 personnes ont été tuées au Caire au cours d’affrontements entre les partisans de Morsi et l’armée. Certains parlent d’un massacre.

Lundi matin, j’ai assisté de près à cette confrontation. On pouvait voir des partisans de Morsi tout en sang. Des coups de feu retentissaient au loin. Cela a provoqué l’indignation dans le monde entier. Depuis lors, la peur s’est accrue dans le pays lui-même. Ce sont surtout les chrétiens qui se sentent vulnérables. « Nous sommes des cibles faciles », entend-on sans cesse. En plus des regrettables pertes humaines, les dégâts politiques sont grands. Les salafistes se sont retirés de l’alliance de transition. Le Grand Cheikh envisage de suspendre sa participation. Cela retire une grande partie de la crédibilité de la transition auprès des musulmans. Pour les frères musulmans, il est désormais devenu plus facile de dénoncer la destitution de Morsi comme un coup d’État des anciennes forces du régime de Moubarak.

Et maintenant, où sont les adversaires de Morsi ? On n’entend parler que de l’armée.

 Au Caire. Ils se maintiennent avec persévérance dans le quartier Nasr City, près de la mosquée de Rabaa. Ils y ont installé leur campement. Cependant, les affrontements de lundi matin ont eu lieu ailleurs. Le Cairote de base se rend compte de peu de choses, tant la ville est énorme.

Les médias parlent de guerre civile. Selon vous, est-ce exagéré ?

Il faut être prudent avec des termes aussi extrêmes. Bien sûr, le pays est divisé, et même de plus en plus. Il est indubitable qu’une escalade a eu lieu lundi. De plus, les Frères musulmans et les islamistes ont une base de partisans solide qui englobe au moins 25 % de l’électorat. Ils restent donc un facteur politique. D’un autre côté, le rejet de Morsi transcendait les camps et la ligne de partage ne passait pas uniquement entre laïcs d’un côté et islamistes de l’autre. Place Tahrir, j’ai vu des femmes portant le voile intégral qui étaient contre Morsi parce qu’il faisait une mauvaise politique. Malgré cela, la tendance est au recours à la violence. De plus, des armes sont également disponibles. Il est très improbable qu’on en arrive à une guerre civile comme en Syrie. L’armée et la police sont tout simplement trop fortes. Mais il est probable que des éruptions de violence seront récurrentes. Des attentats terroristes de la part de groupes djihadistes ne sont pas non plus à exclure. Malheureusement, la transition ne sera pas bien silencieuse. Dans le pire des cas, la menace est celle d’un scénario comme dans l’Algérie des années 1990, où les islamistes réprimés par le pouvoir ont basculé dans la résistance armée. Au mieux, les Frères musulmans retrouveront le chemin du processus politique.

Égypte – Les représentants religieux égyptiens sont pleins d’espérance

12.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Égypte

 Université Al-Azhar au Caire : « Nous ne voulons pas d’État islamique » – Le patriarche copte catholique exige le droit à la construction rapide d’églises – L’évêque copte orthodoxe proclame que « la démocratie est plus que le règne de la majorité »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canda

En rencontre avec à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), des représentants religieux d’Égypte ont exprimé leurs espérances concernant une évolution positive dans leur pays ébranlé par les crises suite à la chute du Frère musulman Mohamed Morsi.

KyrillosMgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout en Haute-Égypte, a dit dans une interview accordée mardi à l’AED qu’il déplorait les nombreuses victimes lors des affrontements ayant eu lieu lundi matin au Caire entre l’armée et les partisans du président destitué Mohamed Morsi. Il est question de plus de 50 morts et de centaines de blessés. « C’est triste », regrette l’évêque.

Mgr Kyrillos a entre-temps exprimé son espérance quant au retour au calme : « Il n’y aura pas de guerre civile. D’ailleurs, qui y lutterait contre qui ? Le peuple n’a aucune raison de le faire. Je n’exclus toutefois pas des actes de violence isolés commis par les Frères musulmans, mais l’armée et la police sont trop puissantes », a poursuivi le prélat.

Mardi dernier, la nomination d’un chef du gouvernement montrerait cependant une lente normalisation de la situation ainsi qu’une évolution dans la transition politique. « De toute façon, la vie de la plupart des gens continue normalement en Égypte », a expliqué l’évêque. Concernant les Frères musulmans, il a ajouté que nul n’était exclu du processus politique. « Les Frères musulmans sont invités à s’ouvrir à la réconciliation nationale. »

« L’Égypte n’est pas la Syrie »

Le patriarche Ibrahim Isaac Sidrak, primat de l’Église copte catholique, avait auparavant déclaré dans un entretien accordé vendredi au Caire à l’AED que la destitution du président égyptien Mohamed Morsi, qui s’est déroulée la semaine dernière, devait être située entre un putsch militaire et une deuxième révolution du peuple. « En fait, l’armée ne s’est pas emparée du pouvoir. D’ailleurs, le peuple souhaitait un changement et avait demandé de l’aide à l’armée. Heureusement que notre armée est du côté du peuple. L’Égypte n’est pas la Syrie », a affirmé le patriarche.

Morsi n’aurait pas su remplir les attentes qu’on avait mises en lui. « J’avais l’impression qu’il n’était pas préparé à cette tâche. Je crois que l’un des problèmes principaux était aussi que Morsi n’était pas vraiment le président. Il avait lui-même un président, en l’occurrence le chef des Frères musulmans et d’autres personnes de cette société internationale. C’est de là qu’il a reçu ses instructions », a estimé le patriarche.

Patriarche IbrahimQuestionné au sujet de son espérance concernant la nouvelle Constitution égyptienne, le patriarche Ibrahim Isaac Sidrak a répondu : « J’espère un État civil garantissant la liberté de chacun. » Le primat a toutefois exclu une relation entre l’État et la religion sur le modèle français. « Nous sommes un pays marqué par la religion. La majorité de la population est de croyance musulmane ou copte orthodoxe. C’est un fait dont il faut aussi tenir compte. »

Les chrétiens : une cible facile

Toutefois, le patriarche a exigé avec insistance que soient instaurées des modifications concernant les procédures de permis de construction d’églises chrétiennes. « Je trouve qu’une demande de permis de construire une église devrait être traitée comme n’importe quelle autre demande de permis de ce genre. La réglementation en matière de construction doit être respectée. Mais une fois que cela est réglé, il faudrait alors en rester là. » Jusqu’à présent, c’est le chef d’État en personne qui devait statuer sur un permis de construction. Souvent, il pouvait se passer dix ans ou plus avant que le demandeur ne reçoive de réponse.

Globalement, le patriarche Ibrahim se dit optimiste pour ce qui est de l’avenir du pays : « Si les Égyptiens en ont seulement la volonté, alors ils pourront surmonter les problèmes économiques et politiques. Depuis la révolution du 25 janvier 2011, nous avons été ici témoins d’événements que nous aurions crus impossibles auparavant. En ce sens, je suis optimiste. »

Mgr Thomas, l’évêque copte orthodoxe de Qussia, en Haute-Égypte, a également défendu la destitution du président Morsi par l’armée égyptienne. Lui aussi, dans un entretien avec l’AED, il a souligné dimanche : « Ce n’était pas un coup d’État, mais une révolution née du peuple. Nous sommes heureux que l’armée ait repris le flambeau. Les chrétiens ont beaucoup souffert sous les Frères musulmans. »

Ainsi, en comparaison de l’époque où l’ancien chef d’État Hosni Moubarak était au pouvoir, les poursuites judiciaires de chrétiens auraient augmenté de manière significative en raison de la législation sur le blasphème. « En l’espace d’un an, nous avions de nombreux cas », a affirmé l’évêque. Par ailleurs, beaucoup de chrétiens auraient été enlevés par des islamistes qui auraient exigé des rançons pour leur libération. Il y aurait eu sans cesse des exactions violentes contre des chrétiens et leurs institutions. La protection aurait manqué. Des plaintes adressées à la police, à la suite des incidents à motivation islamiste, n’auraient eu aucune conséquence. « Les Frères musulmans ont donné leur feu vert à tout cela », a ajouté Mgr Thomas. « Maintenant, après leur chute, les Frères musulmans nous menacent directement.

Nous autres chrétiens constituons une cible facile pour les extrémistes islamiques. Les menaces terroristes par des groupes extrémistes continueront. Notre propre situation ne s’améliorera globalement qu’à travers la stabilisation de la situation en matière de sécurité dans toute l’Égypte. » Cependant, malgré les actuels problèmes tels que des attaques contre des chrétiens et leurs institutions, l’évêque se montre optimiste quant à l’avenir des chrétiens en Égypte : « J’espère un virage vers des circonstances meilleures. »

La démocratie est plus que le règne de la majorité

Pour l’évêque, une religion politique comme l’islamisme des Frères musulmans ne constitue toutefois pas la panacée aux problèmes de l’Égypte. Il conviendrait plutôt de prendre conscience que la démocratie est plus que le règne de la majorité. « La majorité arrivée au pouvoir grâce aux élections est investie de la responsabilité de protéger les droits de chacun. » En ce sens, il souhaiterait que la nouvelle Constitution égyptienne soit marquée du principe d’un État civil. « La Constitution doit exprimer l’égalité de tous les Égyptiens face à la loi, des chrétiens comme des musulmans. »

MahmoudUn représentant de l’Université Al-Azhar du Caire s’est exprimé en des termes similaires face à l’AED. Mahmoud Azab, conseiller du grand Imam d’Al-Azhar pour le dialogue interreligieux, a dit dimanche, au Caire : « Nous ne voulons pas d’État islamique en Égypte. C’est la position de l’Université Al-Azhar, que nous avons déjà exposée en diverses circonstances. » Mahmoud Azab poursuit en disant que c’est là que résiderait d’ailleurs la différence principale par rapport à l’islam des Frères musulmans et d’autres islamistes. « Nous voulons en Égypte un État national et constitutionnel, démocratique et moderne. Les musulmans et les chrétiens d’Égypte doivent bénéficier des mêmes droits, fondés sur leur citoyenneté. »

Le représentant de l’Université Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, a souligné en même temps que son institution ne souhaitait toutefois aucune séparation entre la religion et l’État comme elle serait notamment pratiquée en France. « La laïcité française n’est pas applicable à l’Égypte ». Ainsi, les questions relatives au statut personnel devraient par exemple être réglées par la charia pour ce qui est des musulmans, et par des réglementations correspondantes de leurs Églises pour les chrétiens. Mahmoud Azab s’est toutefois exprimé formellement contre une interprétation fondamentaliste de la charia. Il a en outre condamné les actes de violence envers les chrétiens. « C’est contraire à l’islam. » Le dialogue et le respect devraient constituer le fondement des rapports entre les différents groupes sociaux d’Égypte.

Égypte – « Nous assistons à l’émergence d’une Église enracinée dans la foi »

11.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Égypte

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaÉGYPTE-1

Peu après l’éviction du Frère musulman Mohamed Morsi, la tension est palpable et omniprésente en Égypte. Certes, la vie continue, comme au Caire où les cafés et salons de thé de la mégalopole sont remplis. Mais les gens sont devenus plus attentifs qu’avant, plus nerveux ; les chauffeurs de taxis évitent certains quartiers de la ville ; les chars et les soldats de l’armée sécurisent entre-temps des endroits importants ; sans cesse, des hélicoptères et des escadrons entiers survolent le centre-ville du Caire pour démontrer la solidarité de l’armée avec les manifestants de la Place Tahrir, mais aussi pour transmettre un sentiment de sécurité. Vendredi dernier, la Place Tahrir avait été le théâtre d’affrontements sanglants entre les partisans et les opposants de Mohamed Morsi.

À quelques rues à peine de cette place de notoriété mondiale se situe le petit snack-bar d’un copte. Il refuse de faire publier son nom ou sa photo. On ne sait jamais, dit-il. Toutefois, on peut voir, suspendue à l’entrée de son snack-bar, une affiche bien visible montrant le chef de l’armée Al-Sisi qui, mercredi dernier, avait annoncé la destitution du président Morsi. À droite et à gauche de l’affiche, on voit respectivement le grand cheik de l’université Al-Azhar et le patriarche copte Tawadros II. Le restaurateur copte veut exprimer un message : « Nous autres chrétiens et musulmans sommes indissociables en Égypte. C’est ce qui fait la particularité de notre pays. La plupart de mes clients sont musulmans. Nous ne nous laisserons pas scinder. » Mais c’est exactement la stratégie apparemment adoptée ces derniers jours par les islamistes défaits.

ÉGYPTE-2

« Nous sommes nerveux »

Au Caire, dimanche dernier, la Sainte Messe est célébrée dans l’église des Franciscains dédiée à Saint Joseph. Il n’y a que peu de fidèles dans cette immense église. L’un d’eux, un jeune homme, qui avait allumé une bougie devant l’effigie de la Vierge avant le début de la messe, explique la raison pour laquelle l’assistance est si clairsemée: « Nous sommes nerveux. On ne sait pas ce que les islamistes projettent de faire. Ils nous accusent de la destitution de Morsi. Ce qui est évidemment ridicule. L’immense majorité de la population voulait s’en débarrasser, et pas seulement nous autres chrétiens. »

Le Père franciscain Michael Selim Zaki aussi célèbre cette messe dominicale dans l’Église Saint-Joseph avec plus de tension que d’habitude. Après la messe, il nous confie dans la sacristie : « J’ai fait très attention aux gens qui sont venus et qui sont passés là par la porte. Nous avons peur de la vengeance des islamistes ».

Le jeune prêtre est Égyptien et les exactions commises contre les chrétiens de son pays n’ont rien de nouveau pour lui. « Nous autres chrétiens sommes une cible facile, parce que nous n’employons pas la violence. Mais nous faisons confiance à l’armée et savons qu’elle nous protégera. Elle doit libérer le pays des islamistes prêts à la violence. » Actuellement, ceux-ci seraient très nerveux et exaspérés parce qu’ils ont perdu le pouvoir. « Ils veulent prendre possession de l’Égypte, mais l’Égypte n’appartient pas aux fondamentalistes. Nous ne sommes pas l’Afghanistan. »

ÉGYPTE-3Propos haineux envers les chrétiens

Effectivement, la haine des islamistes a déjà fait les premières victimes chrétiennes. Samedi, un prêtre copte orthodoxe avait été assassiné par des islamistes masqués. Le clerc était secrétaire de l’évêque d’El-Arich, une ville côtière au nord de la péninsule du Sinaï. Les médias égyptiens affirment que le Père Abuna Mina Aboud aurait été tué dans sa voiture. Selon le diocèse copte, cet assassinat aurait engendré une véritable peur panique chez les chrétiens d’El- Arich. Les islamistes de la ville ne cessent de propager des propos haineux envers les chrétiens. Il y a longtemps que le Sinaï est considéré comme le haut lieu de l’islam extrémiste.

Des exactions anti-chrétiennes ont été perpétrées dans la ville natale du Père Michael Selim Zaki, la destination touristique de Louxor. « Dans une localité proche de Louxor, des islamistes ont incendié vendredi dernier plus d’une douzaine de maisons chrétiennes et détruit nos magasins. Les chrétiens ont aussi dû déplorer des morts parmi eux, mais nous connaissons cette situation. »

Persister dans la foi eucharistique

Toutefois, le Père Michael voit aussi le bon côté des choses : « Une Église profondément enracinée dans la foi est en train de mûrir. C’est une vieille loi que la croissance de l’Église va de pair avec celle de ses difficultés. Le sang des martyrs sème des chrétiens. » Le prêtre connaît des églises de maison qui se sont créées ces derniers temps pour la lecture des Saintes Écritures. « Lors de cette lecture des Saintes Écritures, les gens apprennent comment le Seigneur nous révèle sa proximité même aujourd’hui »

Peu avant, le Père Michael Selim Zaki avait axé son sermon sur la proximité du Seigneur à travers l’eucharistie, puisque les catholiques d’Égypte avaient célébré dimanche la Fête-Dieu. Ils se réfèrent depuis quelques années au calendrier orthodoxe. « Une procession serait impensable », déplore le Père Michael. Puis, il ajoute : « C’est une chose qu’on pouvait faire avant, alors que l’esprit était encore plus libéral. De nos jours, c’est devenu impossible. Mais j’ai encouragé les fidèles dans mon sermon à persister dans la foi eucharistique. La très grande majorité musulmane du pays ne la partage pas avec nous. Cependant, pour nous autres chrétiens, le sacrement de l’eucharistie est une source de vie. Nous ne pourrions pas vivre sans elle. »

Questionné sur ce que les chrétiens d’Occident pourraient faire pour les frères et sœurs de religion en Égypte, le Père Michael n’a pas besoin de réfléchir longuement avant de répondre : « Venez chez nous en touristes. De nombreux chrétiens travaillent dans le tourisme. L’Égype est un pays magnifique. Votre visite assure les revenus de familles chrétiennes. Si vous avez peur et ne voulez pas venir en Égypte, alors priez. Vous pouvez toujours prier. Priez pour l’Égypte et pour nous autres chrétiens. C’est ce que je vous demande de tout cœur. »

Communiqué – Égypte / « L’armée a exécuté la volonté du peuple »

10.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Égypte

 Par Oliver Maksan, AED Intenational

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaÉGYPTE-2

Montréal, le mercredi 10 juillet 2013Le Père Rafik Greiche, chargé de presse de la conférence épiscopale catholique d’Égypte, a souligné que la destitution du président islamiste Mohammed Morsi par l’armée égyptienne n’était pas un coup d’État. « L’armée a exécuté la volonté du peuple. Ces derniers jours, le peuple a exprimé cette volonté sans aucune équivoque à travers des millions de signatures et de gigantesques manifestations au Caire et dans l’ensemble du pays », a déclaré le prêtre catholique grec dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique, l’Aide à l’Église en détresse (AED).

« Certains médias occidentaux le décrivent maintenant comme un coup d’État. Un putsch, c’est quand des officiers s’emparent du pouvoir et agissent sans l’approbation du peuple. Or, ce n’est pas ce qui a eu lieu en Égypte. L’armée voulait éviter l’effusion de sang annoncée par les Frères musulmans. Voilà pourquoi elle est intervenue. »

Le général Al-Sisi, chef des forces armées égyptiennes, avait annoncé, le mercredi 3 juillet dernier, dans une allocution télévisée, la destitution du chef d’État Mohamed Morsi ayant effet immédiatement et la création d’un gouvernement intérimaire jusqu’à la tenue de nouvelles élections législatives et présidentielles. En outre, la Constitution adoptée en décembre 2012 a été suspendue. Des Égyptiens laïcs et chrétiens n’avaient jamais cessé de critiquer les tendances islamistes du texte adopté en décembre dernier à la suite d’ un référendum.

ÉGYPTE-1« Un jour heureux pour les chrétiens »

« La destitution de Morsi et le nouveau départ politique sont un jour heureux pour nous autres chrétiens d’Égypte et pour tous les Égyptiens. Nous espérons que nous ne serons pas exclus du processus politique qui nous attend. » Il serait encore trop tôt pour toute conjecture sur l’avenir de l’association islamiste des Frères musulmans. Toutefois, son échec serait manifeste aux yeux de tous les Égyptiens, a souligné le prêtre, en ajoutant : « Les Frères musulmans n’étaient pas préparés à gouverner. En outre, ce qui leur importait dès le début, c’était l’édification d’un califat islamique, et non l’Égypte en soi en premier lieu. Le peuple ne voulait plus l’accepter plus longtemps. »

Le Père Greiche craint toutefois que les Frères musulmans, chassés du pouvoir, ne se vengent et attisent des troubles. Dans ce contexte, il y aurait déjà eu des premiers cas de violence islamiste envers des institutions chrétiennes, affirme le prêtre. « À deux reprises la semaine dernière, des exactions ont été commises contre une église catholique près de Minya. Le bâtiment a été légèrement endommagé. Mais ce sont surtout les commerces chrétiens à proximité qui ont été sinistrés. »

Le Père Greiche a souligné en outre qu’il revenait à présent à l’université Al-Azhar, au Caire, principale institution islamique du pays, de faire revenir dans le droit chemin les jeunes gens induits en erreur par l’idéologie des Frères musulmans. « Oui, l’Égypte est un pays religieux. C’est vrai pour les musulmans et pour les chrétiens, mais les Égyptiens ne sont pas des fondamentalistes », assure le Père  Greiche.

Globalement, il se dit optimiste en ce qui concerne l’avenir politique de l’Égypte. « L’opposition non islamique a trouvé une nouvelle unité. Ce qui est essentiel, c’est que la jeunesse conduise la politique et pas l’inverse. Les jeunes gens de la Place Tahrir doivent maintenant être associés au processus. On ne doit pas les exclure une nouvelle fois comme après la révolution de 2011. »

Ukraine – Réparer des dégâts considérables

05.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

La présente série de textes a pour objectif de vous faire connaître toutes sortes d’aides dont ont besoin divers organismes, paroisses ou communautés catholiques à travers le monde. Ainsi voyagerez-vous dans tous les continents pour réaliser combien votre soutien est important.

 

Bonne lecture !

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 AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

À Balta, l’église paroissiale de Saint Stanislas, évêque et martyr, est la plus ancienne église catholique romaine du diocèse d’Odessa-Simferopol, dans le sud de l’Ukraine. Après les longues années de régime soviétique athée, la paroisse est aujourd’hui à nouveau bien vivante. La messe est célébrée tous les jours, mais il y a aussi beaucoup d’autres événements.

La catéchèse a lieu pour les enfants chaque mercredi ; les premiers communiants suivent un cours le jeudi ; un cercle biblique se réunit le samedi ; et la catéchèse pour adulte se tient le dimanche après la messe. Il y a aussi des réunions pour enfants de chœur ainsi que pour les adultes qui se préparent au baptême ou au mariage. « Les membres de ma paroisse aiment s’engager, que ce soit dans la préparation des célébrations religieuses ou dans les travaux au sein de l’église – aussi bien par leur collaboration que par leur soutien financier », exprime fièrement le Père curé Marcin Planeta.

UKRAINE-2L’important soutien des religieuses

De plus, les filles de la Charité sont actives dans la paroisse depuis 2007. Elles s’occupent particulièrement des enfants issus de familles brisées. Certains parents sont alcooliques et ne peuvent pas s’occuper de leurs enfants. Les enfants entrent alors beaucoup trop tôt en contact avec l’alcool et les cigarettes, ou commencent à voler. Les religieuses leur offrent protection et affection. En plus de se soucier de leur bien-être physique.

En effet les sœurs ont mis en place un déjeuner pour les enfants qui, sans cela, ne recevraient pas de repas chauds. Ils peuvent ensuite faire paisiblement leurs devoirs tout en étant soutenus. Il y a également des activités de loisirs et de la catéchèse. Il y a 40 enfants et adolescents qui profitent actuellement de l’offre des sœurs, et ce nombre augment de plus en plus. Elles proposent également des camps d’été. À travers les enfants, les sœurs et le curé peuvent aussi approcher leurs parents qui, de cette manière, reçoivent également de l’aide.

Cependant, la paroisse a maintenant un problème : l’église a un besoin urgent de travaux de rénovation, parce que le manque d’étanchéité du toit et de drainage des fondations a causé des dégâts considérables à cause de l’humidité, si bien que les messes doivent maintenant avoir lieu dans le presbytère. Le plancher, le crépi extérieur et intérieur, le plafond, le toit – tout doit être rénové. Malgré l’esprit de sacrifice des paroissiens, la paroisse n’a pas les moyens de financer elle-même toute la rénovation. C’est pourquoi le Père Planeta demande de l’aide à l’Aide à l’Église en Détresse. Nous avons promis 24 400 $.

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Si vous souhaitez fournir un don, communiquez au

(514) 932-0552 ou 1 (800) 585 6333

Géorgie – Un centre d’aide aux handicapés de l’ordre des Camilliens

04.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Chrétiens Catholique, Prière, Vues D'ailleurs

La présente série de textes a pour objectif de vous faire connaître toutes sortes d’aides dont ont besoin divers organismes, paroisses ou communautés ou catholiques à travers le monde. Ainsi voyagerez-vous dans tous les continents pour réaliser combien votre soutien est important.

 

Bonne lecture !

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AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

En Géorgie, il n’y a que quelques établissements de soins pour les personnes handicapées. En général, c’est aux familles de prendre en charge ces soins. La situation est pire encore en dehors de la capitale Tbilissi. C’est ainsi que dans les zones rurales, il n’y a aucune aide.

GÉORGIE-2La ville d’Akhaltsikhe, dans le sud de la Géorgie, compte 17 300 habitants. On y dénombre 232 personnes handicapées, mais l’estimation officielle pourrait être beaucoup plus élevée. Un petit centre pour malades physiques et mentaux y a été créé en 2010. Lors de leurs visites à domicile chez les personnes handicapées, les sœurs de Sainte-Nino avaient constaté que le besoin de soins et la détresse des personnes handicapées et de leurs familles étaient très grands. Beaucoup de jeunes ayant des déficiences physiques ou mentales sont condamnés à la solitude et n’ont pas la moindre perspective d’un avenir digne et autonome. Leur état de santé et leurs conditions de vie médiocres ne leur permettent pas de recevoir une éducation ni de développer leurs compétences ou leurs centres d’intérêt.

Pas plus de six personnes

Le petit centre est ouvert du lundi au jeudi, de 10 à 14 heures. Ces jours-là, les patients sont amenés, en voiture de location, pour suivre un cours et une thérapie. Le vendredi, les employés font leurs visites à domicile, aidés de bénévoles. Les exercices thérapeutiques et les cours visent à renforcer les capacités physiques ou intellectuelles des patients et à les aider à agir de façon indépendante dans leur vie quotidienne.

Les pièces qui étaient jusqu’à présent utilisées sont trop petites en plus d’être dans un état de délabrement avancé, sans installations sanitaires adéquates ni cuisine. En raison de l’exiguïté et de l’inadaptation des lieux ainsi que du manque de ressources financières, le centre est actuellement dans l’incapacité de prendre en charge plus de six personnes. Maintenant, l’ordre des Camilliens, qui a déjà une grande expérience de tels établissements, projette de construire un centre de soins professionnel pour trente patients dans lequel il y aura diverses possibilités de thérapie et d’aide.

Mgr Giuseppe Pasotto, administrateur apostolique des catholiques vivant dans le Caucase a écrit à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) en ces termes : « En Géorgie, les personnes handicapées vivent en marge de la société, sans avenir ni perspectives. Il est prévu de consolider le travail en faveur des personnes handicapées, grâce à un nouveau centre de soins où les personnes handicapées connaîtront l’amour de Dieu et seront encouragées et traitées selon leurs possibilités. Notre paroisse est très pauvre et ce projet ne peut être exécuté sans soutien. Au nom des personnes handicapées auxquelles nous procurerons un avenir meilleur dans le centre de soins avec l’aide de Dieu, nous vous prions sincèrement d’examiner avec bienveillance notre demande et de soutenir ce projet. » L’AED aimerait fournir une aide de 81 500$.

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Côte-d’Ivoire – Des rizières et des champs de maïs pour 20 paroisses

03.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Chrétiens Catholique, Cote d'Ivoire, PROJETS AED

La présente série de textes a pour objectif de vous faire connaître toutes sortes d’aides dont ont besoin divers paroisses, communautés ou organismes catholiques à travers le monde. Ainsi voyagerez-vous dans tous les continents pour réaliser combien votre soutien est important.

 

Bonne lecture !

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AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Soixante groupes ethniques ont longtemps cohabité pacifiquement en Côte d’Ivoire. La situation s’est détériorée à la fin des années 1990, aboutissant en 2002 à une guerre civile qui a duré jusqu’en 2007. Ce pays d’Afrique de l’Ouest qui tient son nom du fait que des éléphants ont longtemps été chassés dans la région pour le commerce de l’ivoire a plusieurs fois fait les manchettes, y compris après la fin de la guerre civile, parce que la violence s’y était à nouveau embrasée.

Les gens tentent de reconstruire leur vie. D’une part, le pays est économiquement le plus puissant de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, mais d’autre part, plus de 43 % de la population vivent dans la pauvreté, ce taux pouvant même atteindre 50 % dans certaines régions.

COTE-D'IVOIRE-1La population de Côte d’Ivoire est jeune, l’âge moyen étant de 20 ans. Près de 40 % des quelque 22 millions d’habitants sont des enfants et des jeunes âgés de moins de 15 ans. Il y a 16,8 % de catholiques, les chrétiens représentant au total un peu plus d’un tiers de la population, et les musulmans un peu moins d’un autre tiers. Les adeptes des religions traditionnelles africaines sont à peine majoritaires avec 35 %.

L’Église catholique est subdivisée en 15 diocèses. Le diocèse d’Odienné, dans le nord-ouest du pays, est encore jeune puisqu’il célèbre l’année prochaine son dixième anniversaire. Il se situe dans une région qui, pendant la guerre civile, a été un bastion de l’opposition politique ayant été fortement disputé. Lors de la division du pays, il a fait partie de la sphère d’influence des rebelles des Forces nouvelles de Côte- d’Ivoire.

Pour une indépendance financière

Mgr Antoine Koné est inquiet parce que la pauvreté est grande : « La plupart des gens sont de petits agriculteurs. Ils dépendent des rares chutes de pluie, et d’un sol latéritique infertile. Les seuls qui obtiennent de bonnes récoltes sont ceux qui peuvent se payer un tracteur, des bœufs, des semences sélectionnées ainsi que des engrais et produits phytosanitaires. Mais tout cela est bien trop cher pour la majorité de nos chrétiens. » Les gens ne peuvent donc pas beaucoup donner faisant en sorte que les paroisses aussi sont pauvres.

L’évêque aimerait donc que les paroisses disposent d’une source de revenus propre afin d’être indépendantes financièrement. C’est pourquoi il souhaiterait qu’elles cultivent des rizières et des champs de maïs, d’autant plus que cela permettrait d’aider les pauvres. Mgr Kone se réfère aux paroles prononcées par Jésus lors de la multiplication des pains : « Donnez-leur à manger ! » (Mt 14,16). Il se demande : « Peut-on prêcher l’Évangile devant des hommes et des femmes dont le ventre est vide et qui souffrent de malnutrition ? »

Une somme de 20 400$ permettrait d’aider 20 paroisses à cultiver leurs propres champs. L’Aide à l’Église en Détresse voudrait les aider. Le proverbe dit : « Donnez à un homme un poisson et il mangera un jour. Apprenez-lui à pêcher et il mangera toute sa vie. » Si nous soutenons ce projet, l’Église d’Odienné aura désormais moins besoin d’une aide de l’extérieur.

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Serbie – Du chauffage pour des soins dignes

02.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED, Serbie

La présente série de textes a pour objectif de vous faire connaître toutes sortes d’aides dont ont besoin divers organismes, paroisses ou communautés catholiques à travers le monde. Ainsi voyagerez-vous dans tous les continents pour réaliser combien votre soutien est important.

 

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Depuis 1986, les « Servantes de la Sainte Vierge Marie » ont leur maison provinciale à Ruski Krstur dans la région de Voïvodine, dans le nord de la Serbie. « Notre maison provinciale est le centre et le cœur de notre province Saint-Joseph », disent-elles. La maison disposait de beaucoup de place pour pouvoir accueillir les réunions, rencontres et autres événements pour les jeunes filles et les religieuses. Mais avec le temps, les missions des sœurs n’ont cessé d’augmenter.

À proximité de la maison provinciale, il y a une maison de retraite qui n’offre que quelques places. C’est ainsi que de plus en plus de femmes âgées et solitaires sont venues chez les sœurs pour y trouver un gîte et des soins. Leur nombre a augmenté d’année en année, et de nouveaux locaux ont dû être créés.

SERBIE-2La communauté des sœurs a grandi elle aussi. Ce qui est en fait une bonne nouvelle a pourtant posé des problèmes à la communauté, car elle s’est retrouvée à l’étroit dans la maison. Le bâtiment a dû être agrandi encore une fois. Maintenant, il y a certes plus d’espace, mais il y a un autre problème : le système de chauffage n’avait été conçu que pour la taille de l’édifice d’origine. Il y a maintenant plus de chambres, mais elles ne peuvent pas être chauffées. Le chauffage, qui est dans un état misérable, a été plusieurs fois réparé, mais les sœurs ne peuvent pas faire autrement que d’installer un nouveau système de chauffage.

Sœur Veronika Anna Graljuk écrit : « C’est pourquoi nous demandons à l’Aide à l’Église en Détresse une aide financière et espérons de la compréhension et de la compassion, afin que nous puissions avec accorder aux personnes âgées une aide et des soins dignes d’eux, les aidant ainsi à attendre en paix la vie éternelle auprès de Dieu. » Nous aimerions fournir 11 500 $ d’aide.

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Soudan – Pour lire, prier et approfondir leur foi

28.06.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Chrétiens Catholique, Persécution, PROJETS AED, Projets pastorale, Soudan, Vocation

La présente série de textes a pour objectif de vous faire connaître toutes sortes d’aides dont ont besoin divers organismes, paroisses ou communautés catholiques à travers le monde. Ainsi voyagerez-vous dans tous les continents pour réaliser combien votre soutien est important.

 

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 AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

SOUDAN-2Les prêtres soudanais savent ce que signifie souffrir. Ils ne l’ont pas lu dans le journal ou vu à la télévision, mais ils le vivent dans leur propre corps, dans le chemin de croix sanglant de l’Église au Soudan. Les jeunes prêtres n’ont connu leur pays qu’en guerre pendant presque toute leur vie, et ont été formés dans les conditions les plus difficiles. Toute une génération n’a appris à connaître que la violence, les déplacements forcés et la misère.

Près de 25 années de guerre civile, dont les plaies saignent encore, même après le référendum ayant permis la création du nouvel État du Soudan du Sud, ont marqué le pays. Un triste bilan : 2,5 millions de morts, 5 millions de personnes ayant fui vers les pays limitrophes, 4 millions de personnes déplacées à l’intérieur même du pays, et d’innombrables âmes blessées.

Besoin de renforcer leur vocation

Les prêtres sont à tous égards aux côtés de leurs fidèles : pastorale, aide matérielle, éducation – ils doivent s’occuper de tous ces gens et toutes ces activités bien qu’ils soient trop peu nombreux pour pouvoir affronter cet océan de détresse. Leurs propres âmes sont tout aussi blessées que celles de leurs fidèles et leurs mains sont vides, car eux-mêmes n’ont rien. Mais Dieu les a appelés à être les bergers de son troupeau tourmenté.

L’Église souffre également de l’introduction de la charia islamique, qui s’applique aussi aux chrétiens. Elle régit le droit public comme le droit privé et s’applique également en matière d’éducation. Le but de l’islamisation de la société soudanaise occupe un vaste espace en politique. L’Église a de plus en plus de mal à respirer.

Il n’est pas étonnant que certains prêtres aient atteint les limites de leurs capacités et vivent de graves crises de vocation en ces temps difficiles. Au Vatican, le préfet de la Congrégation pour le clergé, Mgr Mauro Piacenza, a décrit de manière imagée le prêtre comme quelqu’un qui a besoin d’avoir dans son cœur « les muscles d’un Rambo » pour trouver tout l’amour et la force spirituelle dont il a besoin pour sa vocation. Cela est d’autant plus valable dans les pays qui vivent un Golgotha au quotidien.

Mgr Gabriel Zubeir Wako, Cardinal archevêque de Khartoum, écrit : « Ceux parmi nous qui ont des prêtres sous leur responsabilité se font du souci pour leur bien-être spirituel, en ces temps de grands changements, et nous voulons créer un environnement dans lequel ils aient du temps pour lire, prier et approfondir leur foi, afin qu’ils puissent à leur tour faire paître leur troupeau. »

Les prêtres ont besoin d’aide afin de ne pas craquer. C’est pourquoi 68 prêtres de l’archidiocèse de Khartoum et 22 prêtres d’El Obeid doivent participer à un programme de formation complémentaire et d’approfondissement spirituel. C’est ainsi qu’ils pourront renforcer leur vocation et relever conjointement les défis auxquels ils font face, ainsi que se consoler, s’affermir et se soutenir mutuellement en paroles et en actes.

En cette « année de la foi, les prêtres des deux diocèses se rencontreront quatre fois. L’Aide à l’Église en Détresse prend en charge leur voyage et la mise en œuvre du programme, à hauteur de 12 700 $.

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Jamaïque – La formation de 106 religieux et 44 novices

27.06.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Chrétiens Catholique, Formation religieux, Jamaïque, PROJETS AED

La présente série de textes a pour objectif de vous faire connaître toutes sortes d’aides dont ont besoin divers organismes, paroisses et communautés catholiques à travers le monde. Ainsi voyagerez-vous dans tous les continents pour réaliser combien votre soutien est important.

 

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AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Ce que Richard Ho Lung a vu a tout changé. La pauvreté et la détresse, la violence et la souffrance en Jamaïque l’ont profondément touché. En 1981, ce jésuite, prêtre et professeur a renoncé à ses titres et ses fonctions. Il avait étudié la philosophie, la littérature anglaise et la théologie, et avait enseigné au St. George’s College, à l’University of the West Indies (UWI) en Jamaïque, ainsi qu’au Boston College aux États-Unis. Jamaïcain de naissance, il avait été ordonné prêtre en 1971. « Je prêchais la parole de Dieu, mais je ne la vivais pas », estime aujourd’hui le Père Richard Ho Lung.

JAMAIQUE-2Richard Ho Lung a quitté l’ordre des Jésuites pour se rendre dans les bidonvilles et les ghettos de Kingston, la capitale jamaïcaine. « J’ai appris à connaître la vie des pauvres, j’ai compris les béatitudes du Christ comme une mission », déclare rétrospectivement cet homme maintenant âgé de 73 ans, dont le grand-père était originaire de Chine.

Au début, l’étonnement des personnes était grand, mais bien vite, ce prêtre qui s’occupait des pauvres, des personnes âgées et des malades a été apprécié. Son exemple a incité d’autres personnes à le rejoindre. Une petite communauté de quatre hommes, prêtres et laïcs est née. Ils se faisaient appeler les « frères des pauvres », parce que c’est en tant que tels qu’ils ont été acceptés par les pauvres.

La Jamaïque : un pays jeune

L’évêque de Kingston a encouragé le jeune ordre qui venait de naître. Un peu plus tard, c’est dans une maison pour sans-abri que les frères ont continué leur service dans les bidonvilles. Ils en sont rapidement venus à s’occuper également des détenus. Une vie communautaire de foi, avec des temps fixes pour la prière, pour la liturgie et pour discuter, leur a donné la force de développer leur mission consistant à adoucir la détresse matérielle et spirituelle des plus pauvres. Le jeune ordre a grandi et s’appelle désormais les « missionnaires des pauvres ».

Les béatitudes du Christ sont devenues leur ligne directrice, l’écoute et l’aide sont leurs tâches quotidiennes. Afin de montrer la voie qui permet de sortir de la pauvreté et de la violence, les frères ont encouragé les intéressés à penser autrement et à se transformer en profondeur. Au lieu de miser sur la violence et de se battre, ils devaient prendre des initiatives communes. Pour le Père Ho Lung : « Quoi que le Christ ait dit, fait et supporté, nous aussi, nous devons le dire, le faire et le supporter ».

Les centres gérés par les frères sont des lieux de rencontre et des centres sociaux, mais aussi des lieux de silence et de prière. Ils considèrent comme un défi les détresses spirituelles et matérielles concrètes d’une société. Un exemple parmi tant d’autres est le projet Holy Innocents en Jamaïque, la « maison des innocents ». Il s’agit d’un nouveau gîte pour 200 bébés ou nourrissons et leurs mères ainsi que pour les femmes enceintes sur le bord d’accoucher. Sa raison d’être ? La Jamaïque est un pays jeune. L’âge moyen est de 24 ans pour une population totale de 2,8 millions d’habitants.

Actuellement, la Communauté compte plus de 500 frères et prêtres. Ils œuvrent en Jamaïque, en Haïti, en Inde, en Indonésie, au Kenya, aux Philippines, en Ouganda et aux États-Unis. Des volontaires s’engagent, sur des périodes déterminées, à les soutenir dans leur service.

L’Aide à l’Église en Détresse soutient cette année en Jamaïque la formation de 106 religieux et de 44 novices à hauteur de 27 000 $, afin que leur service aux pauvres et leur vie spirituelle reposent sur des bases plus sûres.

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