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Aide à l’Église en détresse.

 

Syrie – « Priez pour Alep, les gens ont peur comme jamais. »

15.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Moyen-Orient, Oliver Maksan, PROJETS AED, Syrie

SYRIA / ALEP-CLD 15/00051 Emergency help for the displaced familSyrie

« Priez pour Alep., les gens ont peur comme jamais. »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde

De violents combats sont attendus : une religieuse relate la situation des chrétiens d’Alep 

 

« Priez pour Alep. Les gens ont peur comme jamais. » a déclaré Sœur Annie Demerjian, religieuse arménienne catholique, en s’adressant mercredi dernier à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED).

« Les gens s’attendent à de rudes combats et des milliers de personnes ont quitté la ville, chrétiens comme musulmans. Nous nous préparons au pire. Les chrétiens emportent ce qu’ils peuvent et cherchent refuge dans la région côtière ou dans la vallée des chrétiens. Je ne sais pas combien d’entre eux sont partis, mais ils sont nombreux, des milliers. Nous nous en apercevons parce que les quartiers chrétiens se sont considérablement vidés », poursuit la religieuse, qui reste contre vents et marées depuis des années dans cette ville disputée entre le gouvernement syrien et les rebelles.

Elle reste sur place contre vents et marées

SYRIA / ALEP-CLD 15/00051 Emergency help for the displaced familLa situation des chrétiens dans l’ancienne métropole du nord de la Syrie s’est encore détériorée dernièrement. Le 10 avril dernier, date du vendredi saint de l’Église d’Orient, le quartier majoritairement chrétien de Suleymaniye a été violemment bombardé par les rebelles. « Les chrétiens d’Alep sont encore sous le choc, tant l’attaque a été rude. Les gens sursautent quand ils entendent des bruits forts. Beaucoup se sont retrouvés dans des maisons détruites. Une femme a vu ses enfants inertes dans les décombres. Heureusement, ils ont survécu. D’autres ont péri lors des attaques. Nous avons enterré nos frères et sœurs le dimanche de Pâques. Nous passons en hâte d’un enterrement à l’autre. C’était si triste. Une famille entière a été anéantie. Dans une autre famille, deux fils sont morts avec leur mère : l’explosion a projeté l’un des fils hors de la maison. Il est mort suspendu dans les lignes électriques. Sa mère et son frère ont été déchiquetés par les bombes. Aujourd’hui encore, leurs proches trouvent des morceaux de corps dans les décombres et les inhument. Peut-on s’imaginer la douleur des survivants ? Ils sont gravement blessés intérieurement, dans leur âme. Mais nous sommes habitués aux bombes et à la mort. Nous continuons, avec l’aide de Dieu », raconte la religieuse.

Sœur Annie aide depuis des années les habitants affligés d’Alep pour les choses de la vie quotidienne telles que la nourriture et les vêtements. Pour cela, elle est soutenue par l’AED. « Sans les bienfaiteurs de l’AED, nous ne pourrions pas faire ce que nous faisons. Dieu vous bénisse. Le fait de savoir qu’ils ne sont pas oubliés donne aux gens, ici, un peu de sécurité et d’espoir. Cependant, je vous demande tout particulièrement de prier et de donner de l’argent pour Alep et la Syrie. Puisse Dieu éclairer le cœur des dirigeants, pour qu’ils trouvent un chemin vers la paix. Je ne sais pas combien de temps les gens pourront encore supporter tout cela. »

Syria, Aleppo April 2015 Damage to Christian quarter of Aleppo aCes dernières semaines, plusieurs églises d’Alep ont également été gravement endommagées, dont l’église orthodoxe arménienne et l’église maronite. Vendredi de la semaine dernière (8 mai), la cathédrale melkite Notre Dame de l’Assomption  a été à nouveau frappée, et n’est plus utilisable pour le culte. D’après les informations fournies par le Patriarcat melkite de Damas à l’AED, l’opposition formée de groupes islamiques extrémistes, dont l’État islamique et le front Al-Nusra, est responsable du bombardement. Avant la guerre, explique le Patriarcat, 18 000 melkites vivaient à Alep. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 12 000.

L’AED est particulièrement active au Moyen-Orient où plus de 16,36 millions de dollars ont été dépensés depuis la fin de 2011 pour aider les chrétiens de Syrie et d’Irak. Récemment, l’AED a fourni plus de 2,73 millions de dollars d’aide humanitaire, dont la population d’Alep a également bénéficié.

faire-un-don

Terre Sainte – La canonisation, un motif d’espérance

14.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Moyen-Orient, Oliver Maksan, Pape, Terre Sainte

Mons. Shomali, auxiliary bishop of the Latin Patriarchate of JerTerre Sainte

« La canonisation est un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

« Les canonisations des religieuses palestiniennes Bienheureuse Marie Alphonsine Ghattas et Bienheureuse Mariam Bawardi, prévues dimanche à Rome, sont un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte », comme l’a affirmé Mgr William Shomali, évêque auxiliaire responsable des Territoires palestiniens du patriarcat latin de Jérusalem, dans un entretien accordé récemment à Jérusalem à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

« Les nouvelles saintes, originaires de Palestine, rendent la sainteté visible. Sainte-Marie Alphonsine était d’une grande humilité et Sainte-Mariam a mené une vie de prière et de piété très intense. Lorsque nous découvrons la vie de ces nouvelles saintes, cela nous motive à prendre exemple sur elles. Pour nos chrétiens d’ici, c’est effectivement très encourageant. Cela améliore également l’image de notre peuple, qui engendre aussi des saints, et pas seulement des terroristes. »

Un événement spirituel avant tout

Terre sainte 3

Selon les informations de Mgr Shomali, plus de 2 000 pèlerins venus d’Israël, de Palestine et du Liban se rendront à Rome pour participer à la cérémonie avec le pape François. Sachant que le président palestinien Mahmoud Abbas serait présent, Mgr Shomali a dit : « La canonisation est en premier lieu un événement spirituel. Mais lorsque notre président a appris que deux Palestiniennes allaient être canonisées, il a voulu se rendre à Rome. Il est ami avec le pape François et il viendra à Rome avec une délégation de dignitaires. L’événement a donc aussi une dimension politique. Le nom de la Palestine apparaîtra dans les médias et certaines personnes arboreront des drapeaux. Cela ne nous dérange pas, mais nous ne pouvons pas réduire cet événement à son côté politique. C’est avant toute chose un événement spirituel. »

Mgr Shomali a souligné par ailleurs qu’il était important que les deux saintes soient originaires du Moyen-Orient. « De nombreux saints et saintes sont originaires d’Europe et d’Amérique. Toutefois, ces derniers temps, peu de saints nous venaient du Moyen-Orient. Or, ces deux religieuses sont nées en Terre Sainte, une terre vénérée par les chrétiens du monde entier. Maintenant, leurs tombes apportent deux lieux saints additionnels à la Terre Sainte. »

Tomb Saint Mariam Bawardi. On May 17th 2015 Pope Francis canonizL’évêque auxiliaire accorde une grande importance à ces canonisations, valables à l’échelle de l’Église universelle. « Les deux saintes de Palestine appartiennent à toute l’Église. L’une des guérisons miraculeuses ayant conduit à la canonisation de Bienheureuse Mariam a eu lieu à Syracuse, en Sicile. Après une neuvaine, un enfant atteint d’une maladie cardiaque a guéri complètement et inexplicablement. Il participera d’ailleurs à la messe. Cela montre que les deux nouvelles saintes n’intercèdent pas seulement en faveur de la Terre Sainte, mais pour l’Église universelle. »

Mgr Shomali a exprimé son espérance pour que les canonisations soient signes d’une meilleure année pour la Terre Sainte. « Mon espérance, c’est que grâce aux canonisations également, l’année 2015 devienne une meilleure année que 2014, marquée par la guerre à Gaza et les troubles à Jérusalem. Mais il ne faut pas toujours tout considérer en noir et blanc. Il y a aussi eu des événements positifs en 2014 : le Saint-Père s’est rendu en Terre Sainte, le président égyptien Mohamed Al Sissi a remporté les élections et les coptes s’en sont réjouis. Il y a également eu la coalition contre l’État islamique, même si, jusqu’à présent, elle n’a pas encore de grande victoire à son actif. Mais peut-être que le Mal a pesé plus lourd que le Bien. Nous espérons que ce sera l’inverse cette année. Nous prions pour être exaucés, surtout pour la Syrie et pour l’Irak. Le Seigneur est le maître de l’Histoire et Il peut en changer le cours. »

Terre Sainte : « La canonisation est un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte »

14.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Aide à l'Église en détresse., Oliver Maksan, Terre Sainte

Terre Sainte 

« La canonisation est un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte »

« Les canonisations des religieuses palestiniennes Bienheureuse Marie Alphonsine Ghattas et Bienheureuse Mariam Bawardi, prévues dimanche à Rome, sont un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte », comme l’a affirmé Mgr William Shomali, évêque auxiliaire responsable des Territoires palestiniens du patriarcat latin de Jérusalem, dans un entretien accordé récemment à Jérusalem à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

Tomb Saint Mariam Bawardi.On May 17th 2015 Pope Francis canoniz« Les nouvelles saintes, originaires de Palestine, rendent la sainteté visible. Sainte-Marie Alphonsine était d’une grande humilité et Sainte-Mariam a mené une vie de prière et de piété très intense. Lorsque nous découvrons la vie de ces nouvelles saintes, cela nous motive à prendre exemple sur elles. Pour nos chrétiens d’ici, c’est effectivement très encourageant. Cela améliore également l’image de notre peuple, qui engendre aussi des saints, et pas seulement des terroristes. »

Un événement spirituel avant tout

 

Selon les informations de Mgr Shomali, plus de 2 000 pèlerins venus d’Israël, de Palestine et du Liban se rendront à Rome pour participer à la cérémonie avec le pape François. Sachant que le président palestinien Mahmoud Abbas serait présent, Mgr Shomali a dit : « La canonisation est en premier lieu un événement spirituel. Mais lorsque notre président a appris que deux Palestiniennes allaient être canonisées, il a voulu se rendre à Rome. Il est ami avec le pape François et il viendra à Rome avec une délégation de dignitaires. L’événement a donc aussi une dimension politique. Le nom de la Palestine apparaîtra dans les médias et certaines personnes arboreront des drapeaux. Cela ne nous dérange pas, mais nous ne pouvons pas réduire cet événement à son côté politique. C’est avant toute chose un événement spirituel. »

Mgr Shomali a souligné par ailleurs Mons. Shomali, auxiliary bishop of the Latin Patriarchate of Jerqu’il était important que les deux saintes soient originaires du Moyen-Orient. « De nombreux saints et saintes sont originaires d’Europe et d’Amérique. Toutefois, ces derniers temps, peu de saints nous venaient du Moyen-Orient. Or, ces deux religieuses sont nées en Terre Sainte, une terre vénérée par les chrétiens du monde entier. Maintenant, leurs tombes apportent deux lieux saints additionnels à la Terre Sainte. »

L’évêque auxiliaire accorde une grande importance à ces canonisations, valables à l’échelle de l’Église universelle. « Les deux saintes de Palestine appartiennent à toute l’Église. L’une des guérisons miraculeuses ayant conduit à la canonisation de Bienheureuse Mariam a eu lieu à Syracuse, en Sicile. Après une neuvaine, un enfant atteint d’une maladie cardiaque a guéri complètement et inexplicablement. Il participera d’ailleurs à la messe. Cela montre que les deux nouvelles saintes n’intercèdent pas seulement en faveur de la Terre Sainte, mais pour l’Église universelle. »

Mgr Shomali a exprimé son espérance pour que les canonisations soient signes d’une meilleure année pour la Terre Sainte. « Mon espérance, c’est que grâce aux canonisations également, l’année 2015 devienne une meilleure année que 2014, marquée par la guerre à Gaza et les troubles à Jérusalem. Mais il ne faut pas toujours tout considérer en noir et blanc. Il y a aussi eu des événements positifs en 2014 : le Saint-Père s’est rendu en Terre Sainte, le président égyptien Mohamed Al Sissi a remporté les élections et les coptes s’en sont réjouis. Il y a également eu la coalition contre l’État islamique, même si, jusqu’à présent, elle n’a pas encore de grande victoire à son actif. Mais peut-être que le Mal a pesé plus lourd que le Bien. Nous espérons que ce sera l’inverse cette année. Nous prions pour être exaucés, surtout pour la Syrie et pour l’Irak. Le Seigneur est le maître de l’Histoire et Il peut en changer le cours. »

Bosnie – « Montrons au monde comme nous sommes forts. »

13.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Bosnie, Oliver Maksan, Pape

Neville's trip to Lebanon 2014Bosnie

« Montrons au monde comme nous sommes forts »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Vingt ans après la fin de la guerre de Bosnie, les jeunes du pays se réjouissent tout particulièrement de la visite du Pape.

« La Bosnie ? Il s’est passé quelque chose ici ? » Beaucoup de gens sont surpris quand ils entendent que le Pape François fera une courte visite de onze heure, le 6 juin prochain, dans la capitale bosniaque Sarajevo. Cela fait déjà vingt ans que s’est achevée la guerre civile qui a coûté la vie à 243 000 personnes et fait perdre leur patrie à plus de 2 millions d’autres.

Deux décennies ne suffisent pas à guérir les blessures profondes laissées par la guerre. En même temps, ces vingt années sont suffisantes pour donner aux gens le sentiment d’avoir été oubliés. Quand le pape François a annoncé son voyage, il a dit : « Je vous demande à tous de prier pour que ma visite là-bas soit un encouragement pour les catholiques, un levain pour le bien, une contribution à plus de fraternité et de paix et qu’elle contribue aussi au dialogue interreligieux et à l’amitié ».

Rencontre, réconciliation, façonner la paix et l’avenir ensemble

Bosnia And Herzegowina, June 2011 Father Simo Marsic, representa

Les catholiques qui habitent ce pays ont un besoin urgent de ces encouragements. Les évêques, dont le Cardinal Vinko Puljic, évêque de Sarajevo, et Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka, également président de la Conférence des évêques de Bosnie-Herzégovine, ne cessent d’élever la voix. En effet, les catholiques du pays, qui appartiennent à la minorité croate, ne bénéficient d’aucun lobby, ni au gouvernement de ce pays majoritairement musulman, ni au niveau de la politique internationale.

Mgr Komarica s’est plaint à plusieurs reprises que les catholiques d’ethnie croate ne touchent pas un centime de l’aide de l’Union européenne destinée au retour des réfugiés de guerre. Sur le marché du travail aussi, les personnes ayant un nom croate sont souvent désavantagées, et même parmi celles qui étaient restées pendant la guerre, beaucoup ne voient pas d’autre issue que de chercher leur fortune à l’étranger. Selon les données de l’Église catholique, il ne reste plus aujourd’hui dans le pays que 440 000 personnes parmi les quelque 835.000 catholiques qui vivaient en Bosnie-Herzégovine avant la guerre de 1992-1995.

Pourtant, l’Église est vivante. C’est en particulier au travail intensif effectué auprès de la jeunesse de l’archidiocèse de Sarajevo que l’Église est redevable du fait que, justement, beaucoup de jeunes s’engagent. Un Centre de la jeunesse portant le nom du Saint Pape Jean-Paul II s’y dresse maintenant.

 

Le Centre de la jeunesse, dont la construction a été prise en charge par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) à hauteur totale d’environ 675 000 de dollars, est ouvert à tous les groupes de la population, et servira également à des rencontres internationales. « C’est ici que l’Europe se rencontrera ! », se réjouit le Père Marsic, responsable de la pastorale de la jeunesse de l’archidiocèse de Sarajevo et recteur du Centre. « Le centre sera une fenêtre ouverte sur les autres confessions et religions, sur les autres modes de pensée et modes de vie. C’est de cette manière que l’on pratiquera et vivra une coexistence tolérante et pacifique. »

Group picture with youth in front of the future Youth ministry C

Cela se réalisera concrètement par des rencontres pastorales, des formations et des temps libres auxquels les groupes et individus de tout le pays pourront participer. La maison disposera de possibilités d’hébergement afin que des événements de plusieurs jours puissent aussi avoir lieu. La devise est : « Rencontre – réconciliation – façonner la paix et l’avenir ensemble ».

Quelques témoignages

Le Père Simo Marsic se réjouit tout spécialement que le Pape François ait choisi le Centre comme lieu de sa rencontre avec la jeunesse bosniaque. Mais ce sont surtout les jeunes eux-mêmes qui sont enthousiastes. Mandalena, une jeune fille, voit dans le voyage du Pape un message de la jeunesse bosniaque au monde et au peuple de sa patrie : « Montrons au monde et à la Bosnie-Herzégovine comme nous sommes forts ! Suivons les traces de la paix, avec un sourire sur le visage et de l’amour dans le cœur. Allons vers cet homme qui croit en nous, tirons une force de cet événement historique : de l’énergie pour l’avenir, pour les nouveaux défis et la lutte contre le désespoir, afin d’avoir un bel avenir dans ce pays. Tirons-en la force d’annoncer le Christ, d’aimer l’Église et de faire attention aux autres ».

Portrait of Valentina Gluvić, one of the young people who aValentina, une jeune responsable de groupe, dit à propos de la visite du Pape : « Cet événement marquera le mois de juin, cette année, cette décennie, ainsi que nos cœurs, pensées et sentiments. C’est l’occasion pour chacun d’entre nous d’apporter notre contribution à cette communauté et à cette Église. C’est une chance pour nous que d’écouter ce qu’a à dire cet homme aimable et modeste, le Saint Pierre de notre temps ». C’est aussi une chance pour elle personnellement, en tant que responsable de groupe, d’éveiller en elle-même « l’esprit de paix, l’esprit de prière, l’esprit de solidarité et de respect mutuel, l’esprit d’amour et de bonté », et de le faire grandir, et ainsi de diffuser l’esprit chrétien.

 

Portrait of Antonio Topalovic, one of the young people who are aAntonio, un jeune homme, place également de grands espoirs dans cette visite du Pape. Il estime que ce rassemblement va ramener l’espérance : « L’espérance, qui est l’un des fondements de la société humaine, recule lentement dans notre pays. De plus en plus de jeunes quittent le pays pour trouver le bonheur, et ils laissent derrière eux leurs familles et amis, parce qu’ils croient que tout sera mieux ailleurs. Pourtant, ajoute-t-il, le Pape nous dit de ne pas avoir peur, que nous avons la vie est devant vous, et de ne pas permettre que l’espérance nous soit volée. Cela signifie que la vie est ici, avec toutes ses Croix et ses difficultés, avec ses douleurs mais aussi ses bonheurs. La vie vaut la peine, et nous pouvons faire de belles choses. » Il voit aussi dans la visite du Pape une occasion de montrer au monde, mais aussi de se montrer à lui-même, que « des personnes formidables vivent en Bosnie, des gens qui croient ».

Le Père Marsic attend lui-même aussi beaucoup de la visite du Pape : « Je pense que la visite du Pape sera un grand encouragement, et j’espère que les jeunes s’engageront encore davantage dans l’Église et la société. Ils doivent développer les talents que Dieu leur a donnés et façonner l’avenir. Les jeunes qui s’engagent dans le Centre Saint Jean-Paul II sont souvent également très actifs dans leurs paroisses d’origine. Ils prouvent qu’il est possible de vivre ensemble en paix dans ce pays, de trouver du travail, de fonder une famille et de construire sa vie. »

Koenigstein, 15.052006 Father Dr. Simo Marsic (responsible for tLe Père Marsic a encore autre chose très à cœur : la coexistence des différentes ethnies et religions, pour construire des ponts en vue d’un avenir pacifique. L’ancienne génération a souvent du mal à se remettre en question. « Mais avec les activités en commun, les jeunes témoignent également auprès des anciennes générations qu’ils ont le courage de croire en un avenir meilleur », dit-il.

Un grand événement se prépare encore pour cette année. En effet, le Père Marsic espère que le Centre pourra ouvrir le 22 octobre 2015. Ce jour-là, l’Église célèbre le Saint patron du centre – le Saint Pape Jean-Paul II. Ce n’est pas un hasard que le Centre porte son nom. Dès 1997, deux ans après la fin de la guerre, le Pape Jean-Paul II s’était rendu à Sarajevo pour y appeler la paix et la réconciliation. En 2003, marqué par l’âge et la maladie, il est allé à Banja Luka recommandant à la jeunesse « de s’engager pour que la vie reprenne son essor à tous les niveaux et de ne pas se tenir à l’écart, de ne pas céder à la tentation du découragement, mais de développer les initiatives destinées à ce que la Bosnie-Herzégovine soit encore une fois un pays de réconciliation, de rencontre et de paix. » Simo Maric conclut : « Nous acceptons ces paroles comme la mission de notre Centre de la jeunesse ».

Syrie – « Les chrétiens de Syrie ont une vocation »

11.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Liban, Moyen-Orient, Oliver Maksan, Prière, PROJETS AED, Syrie

Patriarch H.B. Gregorius III Laham Greek Melkite of Antioch andSyrie

« Les chrétiens de Syrie ont une vocation »

Le chef de l’église catholique grecque melkite unie à Rome, sa Béatitude le patriarche Grégoire III Laham est inquiet de voir les djihadistes atteidre leur objectif en Syrie et de voir la haine s’installer entre les groupes religieux.

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

 

Dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), à Beyrouth, le patriarche Grégoire a déclaré : « L’objectif des djihadistes est de semer la haine entre les chrétiens et les musulmans. Mais le plus dangereux, c’est quand la haine envahit les cœurs. Voilà pourquoi nous coopérons avec les imams. »

Le patriarche d’origine syrienne qui a son siège à Damas et souligné la coexistence traditionnellement bonne entre les chrétiens et les musulmans en Syrie. « Alors que j’étais un jeune prêtre à Daraa, les musulmans se levaient également pour me saluer. Plus la guerre durera longtemps, plus nous risquons aujourd’hui que cette bonne relation ne se perde. »

La situation conflictuelle en Syrie aurait aussi eu de très graves répercussions sur les chrétiens. « Selon les estimations, 450 000 chrétiens ont été obligés d’abandonner leurs maisons, ont été déplacés à l’intérieur du pays même ou ont dû se réfugier à l’étranger. Presque tous les jours, des chrétiens quittent la Syrie. Nous louons le Seigneur que beaucoup d’entre eux trouvent refuge au Liban, notre pays voisin. Il est fort probable qu’ils retourneront chez eux. Tous les autres tentent par des moyens parfois dangereux de parvenir en Europe, surtout en Allemagne et en Suède. Dans ce cas, il y a peu d’espoir qu’ils ne reviennent. C’est pareil pour ceux qui partent pour le Canada, les États-Unis ou le Brésil », déplore le chef de l’église melkite.

St. Mayrs Church - Syrian Orthodox in Homs

Selon lui, plus d’une centaine d’églises de différentes confessions ont été détruites jusqu’à présent. À la fin de 2013, 91 églises avaient déjà été détruites, assure le patriarche : « Plusieurs d’entre elles ont été détruites en toute conscience, surtout aux alentours de la région d’Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. » En outre, le patriarche évalue à 2 000 le nombre de chrétiens, soldats et civils, qui ont été tués lors des combats ou en d’autres circonstances liées à la guerre.

Il existerait toutefois aussi des régions habitées par des chrétiens qui seraient un peu moins fortement touchées par la guerre. « Sauf en cas de bombardements, la vie est à peu près normale à Damas. Les gens vont travailler, les établissements scolaires et les universités fonctionnent. Même la Vallée des chrétiens, comme on l’appelle, est moins touchée, bien qu’ils y aient également accueilli beaucoup de réfugiés. Dans certaines localités chrétiennes aux alentours de Damas aussi, c’est resté jusqu’à présent à peu près calme », affirme le patriarche. La localité chrétienne de Maaloula, par contre, aurait en certains temps été complètement abandonnée. « Plus de 350 personnes sont revenues. Les gens reconstruisent leurs maisons. L’église Saint-Georges et le couvent des Saints Serge et Bacchus ont été remis en état. »

Le patriarche Grégoire considère cela comme des signes encourageants. « Nous devons trouver des solutions pour reconstruire les églises. Ce faisant, nous ne devons bien entendu pas oublier les êtres humains. À Qousseir, Homs, Yabroud ou Maaloula, beaucoup de gens sont revenus dans leur maison. Nous devons les aider à réparer leurs demeures. Le gouvernement accorde un soutien pour 25 à 35 % des coûts. Les gens doivent trouver eux-mêmes les moyens pour payer tout le reste. Cela aiderait déjà beaucoup les chrétiens à Maaloula ou à Qousseir s’ils avaient au moins une chambre qui pourrait être à nouveau habitable. À partir de là, ils pourraient reconstruire lentement tout le reste. C’est un moment extrêmement important pour l’Église. »

Le patriarche Grégoire a expressément remercié les bienfaiteurs de l’AED. « Grâce à leur soutien matériel et spirituel, nous sommes en mesure de montrer l’amour de Dieu aux êtres humains. C’est très important. Nous sommes reconnaissants de pouvoir le faire, maintenant plus que jamais ». Le patriarche ajoute que déjà à la fin de 2011, l’Église aurait commencé à aider les gens en détresse au vu de la guerre qui s’annonçait en Syrie. À ce moment, les prêtres et les religieux auraient joué un rôle particulier. « Les ecclésiastiques sont devenus de véritables points de référence pour les gens, pour les chrétiens autant que pour les musulmans. Chacun va à l’église quand il a besoin d’aide. Quel que soit celui qui vient nous voir, nous ne le laissons pas repartir sans lui avoir donné au moins un petit soutien. »

Old homs - Director of Awkaf visit the kitchen SYRIA / NATIONAL

Le patriarche Grégoire a souligné que les ecclésiastiques étaient restés fidèlement à leur poste. « Personne n’a quitté la Syrie. Tous les religieux et tous les prêtres sont restés, pour être auprès de leurs communautés. D’ailleurs, la plupart de nos fidèles font preuve d’une foi très forte, malgré la situation. Les églises sont pleines de gens. Les activités pastorales se poursuivent également, par exemple la Légion de Marie ou le travail avec les jeunes. Cela prouve la force du Saint-Esprit dans nos gens. »

Le patriarche melkite a souligné l’importance de la présence chrétienne en Syrie et dans tout le Proche-Orient. « Nous autres chrétiens avons une vocation ici. Sans les chrétiens, il n’y aurait plus qu’un monde islamique, mais plus de monde arabe. Nous sommes les porteurs du pluralisme dans le monde arabe. Celui qui s’engage en faveur de notre présence, ne s’engage pas seulement en faveur des chrétiens, mais aussi en faveur des musulmans dans la région. »

Syrian Arab Republic, diocese Damas-ARM 24.04.2005 St Serge and

Grégoire III Laham a enfin mis l’accent sur l’importance de la prière pour mettre fin à la guerre. « Par le biais de cette formidable organisation qu’est l’AED, j’ai invité les gens à prier en Syrie. Beaucoup de gens se sont ralliés à cet appel. Le 16 mars, nous avons prié en ce début de la cinquième année de guerre en Syrie. J’ai alors pris exemple sur la prière de Sa Sainteté le Pape François en septembre 2013. À l’époque, une frappe militaire américaine menaçait en Syrie. Elle a pu être empêchée. La même chose s’est reproduite maintenant. Les gens ont prié dans le monde entier. Ce jour-là, John Kerry, le secrétaire d’État des États-Unis, a dit qu’il fallait parler avec le président Assad pour trouver une solution pour la Syrie. L’Union européenne s’y est ralliée peu après, suivie plus tard par d’autres pays.

Il est important que la politique change. C’est une erreur de croire que des chrétiens occidentaux puissent aider les chrétiens d’Orient en leur fournissant des armes. La seule solution réside dans la paix. Les armes n’apportent aucune solution. Toute guerre se termine autour d’une table ronde où l’on cherche une solution. »

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Liban – « Que restera-t-il du Liban ? »

06.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Liban, Moyen-Orient, Oliver Maksan, PROJETS AED, Refugiés, Syrie

Lebanon, 19 August 2012H.B. Mar Bechara Boutros Rai, PatriarchLiban

« Que restera-t-il du Liban ? »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Son Éminence le cardinal Bechara Boutros Rahi, patriarche maronite, s’inquiète de l’équilibre religieux au Liban. Le chef de l’Église maronite unie à Rome exprimait récemment ses inquiétudes dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED) au siège du patriarcat de Bkerké, au Liban.

Conséquences économiques, sociales et culturelles

« En ce qui concerne la coexistence des musulmans et des chrétiens au Liban, il n’y a pas de problème. Tous les Libanais veulent cette coexistence. Notre grand problème, ce sont les réfugiés syriens. Il s’agit de plus de 1,5 million de personnes. Bien entendu, c’est une obligation humanitaire de les aider. Et l’Église fait beaucoup. Mais la plupart d’entre eux sont des sunnites. Sur le plan politique et religieux, ils peuvent être exploités par les sunnites libanais.  Nous avons déjà fait la même expérience avec les Palestiniens. Dans les années 1970, c’était eux qui avaient déclenché la guerre civile contre les Libanais et l’armée libanaise. À l’époque, les sunnites libanais s’étaient ralliés à eux. Cela pourrait se reproduire aujourd’hui. L’année dernière, lors de la première confrontation entre l’armée libanaise et l’État islamique (ÉI), l’armée a été attaquée par des sunnites armés syriens. À long terme, c’est une bombe à retardement. La guerre en Syrie et en Irak doit cesser afin que les gens puissent retourner dans leur pays. Le temps qui passe ne joue pas en notre faveur », explique le cardinal.

Mass at the Maronite Patriarchate in Beirut -prayerEn outre, le cardinal a déploré les conséquences économiques pour le Liban résultant de la très grande quantité de réfugiés syriens. « Les Syriens veulent manger, naturellement. C’est pourquoi ils travaillent à des tarifs inférieurs à ceux des Libanais. Mais c’est aussi la raison pour laquelle les Libanais perdent leur emploi. Les Syriens ouvrent des magasins où les prix sont inférieurs à ceux des magasins libanais. Voilà pourquoi certains Libanais ont déjà émigré. »

Par ailleurs, les conséquences sociales et culturelles seraient graves. « À long terme, que restera-t-il du Liban et de la culture libanaise, si plus de 1,5 million de Syriens vit dans notre pays ? , s’inquiète le patriarche. Évidemment, ces changements ne restent pas sans conséquences pour les chrétiens du Liban. Les chrétiens veulent la liberté et une bonne vie. C’est pour ça qu’ils vendent tous leurs biens et émigrent. Le risque s’accroît que tout le Proche-Orient perde lentement sa présence chrétienne. C’est pourquoi l’Occident doit commencer à prendre conscience de la gravité de la situation. »

Un grand besoin de miséricorde

Le cardinal souhaite attirer l’attention de l’Occident sur la situation des chrétiens du Proche-Orient : « Les responsables politiques doivent comprendre que la guerre en Syrie doit s’arrêter. La communauté internationale doit cesser de fomenter la guerre et de l’alimenter. Le trafic des armes doit cesser. Ils doivent faire fi de leur fierté et tous s’asseoir autour d’une table pour trouver une solution politique. Mais leur fierté le leur interdit. Cette fierté dissimule des intérêts économiques qui visent le gaz naturel et le pétrole. »

Le cardinal Rahi pense que groupes extrémistes islamiques tels que l’ÉI, Al Qaïda et An-Nusra auraient été créés par des États occidentaux et arabes et soutenus par de l’argent et des armes afin de les utiliser comme instruments pour leurs intérêts économiques et politiques : « Ils ne sont tout de même pas tombés du ciel, non ? Mais maintenant, ils représentent une arme contre le monde entier. »

Selon le cardinal Rahi, la seule issue consisterait dans une solution politique en Syrie. « Pourquoi Assad n’est-il pas tombé comme Moubarak en Égypte ou Ben Ali en Tunisie ? Dans ces pays, la population entière était contre eux. En Syrie pas. Là, la population est du côté du président. Récemment, des élections s’y sont déroulées, qui ont confirmé le mandat d’Assad. L’Occident ne veut pas reconnaître ces élections. On dit qu’elles auraient été truquées. Mais il faut parler avec Assad. Le dialogue entre le gouvernement et l’opposition est décisif. En France par exemple, on m’a dit que l’opposition ne voulait pas discuter avec Assad. Mais avec qui voulez-vous qu’ils parlent sinon pour résoudre le conflit ? »

Lebanon Diocese of Zahle unofficial tent refugee camp at the out

Par ailleurs, le cardinal Rahi a expliqué que les musulmans du Proche-Orient avaient besoin de Jésus-Christ et des valeurs de l’Évangile. « De quoi les musulmans du Proche-Orient entendent-ils parler aujourd’hui ? De la guerre, de la haine, de la persécution, des assassinats, des déplacements, du fondamentalisme. Mais il faudrait qu’ils entendent parler de choses comme la paix, la justice, les droits de l’homme, le respect de la vie, la fraternité, la liberté et le respect d’autrui. Ils ont besoin du contrepoison de l’Évangile de Jésus-Christ. Il faut qu’ils puissent écouter un autre langage. Ici, on ne parle pas d’amour et de paix. On parle de guerre et de haine. »

Dans ce contexte, le patriarche désigne l’Année sainte commençant en automne comme un « geste prophétique » de Sa Sainteté le pape François. « Il n’y a pas de miséricorde dans le monde qui en a pourtant besoin, surtout de nos jours. Nous prions afin que nous autres chrétiens puissions être des apôtres et des héros de la miséricorde. »

Le patriarche a expressément remercié les bienfaiteurs de l’AED pour leur générosité et leur soutien. « Je remercie les 600 000 bienfaiteurs dans le monde entier, qui aident à travers leurs prières et leur soutien matériel. Au nom de tous les chrétiens du Proche-Orient, je leur exprime toute ma gratitude et ma reconnaissance. Ils représentent la miséricorde de Dieu. Ils sont témoins de cette miséricorde dans cette région élue par Dieu. »

Népal – « Une scène plus qu’effrayante »

29.04.2015 in Adaptation Robert Lalonde, AED Royaume-Uni, Communiqué, John Pontifex

Népal

« Une scène plus qu’effrayante  »

Montréal/Katmandou – mercredi 29 avril, 2015 – Dans un message adressé à l’Aide à l’Église en Détresse le lundi 27 avril dernier, Mgr Paul Simick, évêque catholique du Népal a décrit le  tremblement de terre catastrophique qui a secoué le pays, tout en admettant la chance qu’il a eue de survivre. Mgr Simick a déclaré avoir vu les maisons tomber comme un jeu de cartes  et les gens courir dans tous les sens pour sauver leur vie. « C’était une scène plus qu’effrayante », a-t-il précisé.

Et l’évêque d’ajouter : « J’ai moi-même dû courir pour sauver ma vie. » Mgr Simick qui est basé à Katmandou, la capitale, a poursuivi : « Il vient tout juste d’avoir une nouvelle secousse du séisme et j’ai dû courir loin de mon bureau. Ces secousses ont effrayé les gens si bien qu’ils ont quitté leurs maisons et dressé des tentes en toile dans les rues et les champs. »

Difficile d’évaluer précisément la situation

Tout en spécifiant que les estimations les plus récentes indiquaient plus de 4 000 morts, l’évêque a ajouté que des reportages de la radio locale avaient prédit une hausse de ce nombre, car on retrouvait encore des corps.  Il a continué : « J’ai vu des animaux tués par la chute d’une étable et de murs en pierre ainsi que des glissements de terrain après la secousse ressentie partout dans la colline où je me trouvais. »

Puis, en décrivant les effets dévastateurs du tremblement de terre sur la petite communauté catholique du Népal qui ne compte que 10 000 nepalffidèles, il a précisé : « Ici, dans la ville de Katmandou, beaucoup de familles catholiques ont des fissures dans leur maison, voire des dommages très importants. »

Compte tenu des problèmes de communications, Mgr Simick a souligné qu’il était difficile d’évaluer la situation sur le terrain, tout en décrivant l’effet paralysant qu’occasionnaient les routes impraticables, l’absence de vols locaux et le fait que des communautés entières étaient encore coupées du monde.

L’évêque a invité les gens à la prière : « Je voudrais également demander le soutien de votre prière pour les familles des victimes qui ont perdu des êtres chers, pour les personnes encore manquantes et celles qui sont gravement blessées. »

Relatant les souffrances de la communauté catholique, il a décrit comment certains fidèles avaient perdu la vie dans un poste de missions qui n’a pu être atteint qu’après trois jours de marche. « Lundi, un hélicoptère a survolé voir les lieux, mais à cause du mauvais temps, il n’a pas pu atterrir et les pilote n’ont rien vu. Cependant, beaucoup de nos églises, écoles, couvents et autres établissements ont des dommages. »

Cameroun – « Aidez-nous à cesser cette brutalité »

22.04.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Cameroun, Eva-Maria Kolmann, Persécution, PROJETS AED, Refugiés

Bishop Bruno Ateba EdoCAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094ConstruCameroun

« Ce qui s’est passé à Paris, lors des attentats, nous le vivons tous les jours ici »

La terreur causée par Boko Haram continue de se propager dans le nord du Cameroun

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Dans un document dont dispose l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse, Mgr Bruno Ateba, évêque de Maroua-Mokolo (Cameroun), déplore que les violences perpétrées par le groupe terroriste Boko Haram dans le nord du Cameroun à la frontière avec le Nigeria soient largement passées sous silence. « Ce qui s’est passé à Paris, lors des attentats, nous le vivons tous les jours ici et personne n’en parle dans le monde. » Le monde entier tourne plutôt son regard vers le Proche-Orient.

Cependant, rien que dans son diocèse, deux employés, trois catéchistes et plus d’une trentaine d’autres chrétiens ont été tués depuis le dernier trimestre de l’année 2014. À cela s’ajoutent de nombreux enlèvements.

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094 Construction d'un hangar comme

Non seulement les chrétiens sont touchés par la terreur, mais beaucoup de musulmans en sont également les victimes. Dans plusieurs localités, des mosquées ont été incendiées et des imams égorgés parce qu’ils ne voulaient pas suivre les consignes de Boko haram. La communauté musulmane camerounaise, depuis décembre 2013, se positionne de plus en plus clairement contre Boko Haram, lui refusant toute autorisation de « se prétendre musulman ». Il arrive souvent que des musulmans aident des chrétiens qui sont en danger.

Au cours des trois dernières décennies, un changement de l’Islam s’est dessiné dans le nord du Nigeria et le nord du Cameroun. Il est causé par une influence salafiste / wahhabite, fortement encouragée et financièrement soutenue par l’Arabie Saoudite, et plus récemment aussi par le Qatar. À cet égard, de plus en plus d’étudiants sont envoyés en Arabie saoudite, au Soudan ou au Niger. « N’oublions pas que c’est bien cet islam saoudien qui a donné naissance et nourri ces monstres terroristes de Al-Qâida, Al-Nosra, État islamique, Boko Haram…», peut-on lire dans le document.

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094Construction d'un hangar commeToutefois, « ce vent de réforme islamique qui est en train de changer le visage de l’islam de notre région, ne veut pas encore dire islamisme radical. Ce réformisme devient islamisme radical dès qu’il adopte un projet politique précis de société islamique. Dans le nord du Cameroun, la communauté musulmane n’a pas franchi la limite consistant à avoir le projet politique d’imposer une société islamique dans notre région ». De plus en plus de rencontres interreligieuses entre chrétiens et musulmans ont lieu. « C’est avec eux que nous portons cette souffrance », écrit l’évêque.

Dans le passé, des villages situés dans le nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria, ont déjà servi de bases de retrait à Boko Haram, permettant aux terroristes de trouver refuge et d’échapper à l’armée nigériane. Avec le temps, de plus en plus d’armes de contrebande ont été introduites dans la région. En outre, Boko Haram a profité des élections : pendant leur préparation, les terroristes ont fraudé pour obtenir des passeports camerounais dont ils se servent aujourd’hui pour contourner les contrôles et pouvoir séjourner au Cameroun sans être inquiétés. Le fait que beaucoup de policiers locaux soient corrompus et délivrent de fausses cartes d’identité contre le paiement d’une somme d’argent, cinq à sept fois plus élevée que le tarif officiel, est également préoccupant, car cela signifie que « des personnes indésirables peuvent entrer dans le pays ».

Les premiers avertissements d’une incursion de la terreur ont été l’enlèvement d’une famille de français en février 2013, ainsi que l’enlèvement du prêtre français Georges Vandenbeusch en novembre de la même année. Des attaques ont eu lieu presque sans interruption depuis juillet 2014, et c’est surtout pendant la période comprise entre le 24 décembre 2014 et le 8 janvier 2015 que « le calme n’a pas prévalu une seule journée. » Des hommes lourdement armés, roulant à trois ou quatre par moto, « sèment la panique » dans la région. On observe une « certaine professionnalisation » des combattants. L’usage des mines depuis fin octobre a marqué une étape dans la stratégie de terreur mise en place par Boko Haram, portant ainsi un grand coup au moral des troupes camerounaises.

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094 Construction d'un hangar comme

Un gros problème consiste également dans le fait que Boko Haram enrôle des enfants et des jeunes âgés de 5 à 15 ans en offrant des incitations financières aux familles, ou les enlève par la force et les oblige à servir de « chair à canon », relate l’évêque. Il ressort de données datant de décembre 2014 qu’en quelques mois, deux mille enfants et adolescents camerounais ont été initiés de cette manière à la violence de Boko Haram. Il y a aussi des filles parmi eux.

L’infrastructure de la région concernée, qui est l’une des régions les plus pauvres du Cameroun, a été gravement endommagée. À cause de la terreur, plus de 110 écoles et 13 centres de santé ont été fermés, et des postes de police détruits. Par ailleurs, plus de 55 000 personnes ont pris la fuite rien que dans le diocèse de Maroua-Mokolo. Beaucoup ont trouvé à se loger auprès d’amis ou de parents, et plus de 22 000 ont trouvé refuge quelque part en pleine nature.

La situation à Amchidé, où tous les habitants ont fui après plusieurs attaques de Boko Haram, est particulièrement grave. De ce fait, les activités pastorales de la paroisse ont été complètement interrompues à titre temporaire. La chapelle a été incendiée, et des témoins rapportent qu’on trouve des crânes humains dans les rues. À la population locale en fuite s’ajoute l’afflux de dizaines de milliers de réfugiés du Nigéria, tentant également d’échapper à la violence de Boko Haram.

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094 Construction d'un hangar comme

Mgr Ateba lance un appel à la communauté internationale : « Aujourd’hui, nous implorons votre attention, votre prière et votre aide. Aidez-nous à faire cesser cette brutalité sans nom qui détruit tout espoir d’avenir et réduit à néant le travail de plusieurs générations de croyants qui travaillent au coude à coude. Nous notons cependant avec admiration que, malgré la peur et le danger, de nombreuses communautés chrétiennes continuent à se rassembler pour la prière, comme autant de petites lucioles de foi allumées dans la nuit ».

Nous évaluons à 19 560 $ le montant qui permettraient à l’Aide à l’Église en Détresse de soutenir la construction d’une grande salle dans laquelle les 5 200 réfugiés catholiques actuels du camp de Minawao pourraient se réunir pour prier et assister à la messe, et être pris en charge pastoralement.

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Russie – Rencontre de L’AED avec le métropolite Hilarion à Moscou

21.04.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Eva-Maria Kolmann, Formation religieux, PROJETS AED, Russie

Metropolitan Hilarion, head of the Department of External ChurchRussie

Rencontre de L’AED avec le métropolite Hilarion à Moscou

 Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Le lundi 20 avril, le métropolite Hilarion (Alfeïev), président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a reçu à Moscou le président du comité exécutif de la fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse, Johannes von Heereman, accompagné d’une délégation composée de membres du comité exécutif de l’œuvre de bienfaisance.

Au cours d’un entretien d’une heure, le métropolite Hilarion a désigné l’AED comme un « partenaire fiable » qui, durant les vingt dernières années, a fourni son soutien « en particulier dans le domaine tellement essentiel de la vie ecclésiastique qu’est la formation des prêtres. ».

Metropolitan Hilarion( 4 from right), head of the Department of

Le président exécutif a déclaré : « Particulièrement en ces temps difficiles, une préoccupation commune à tous les participants est d’entretenir des relations qui se sont développées au cours de plus de vingt ans de coopération. C’est sur cette base que nous avons cherché de nouvelles voies pour faire évoluer l’échange théologique entre les confessions et pour encourager le perfectionnement théologique. Comme c’était déjà le cas par le passé, l’objectif des futurs projets consiste essentiellement à intensifier le dialogue entre l’Église orthodoxe de Russie et l’Église catholique romaine. »

D’autres thèmes de cet entretien d’une heure portaient sur les défis que les deux Églises doivent relever dans le monde actuel. Parmi ceux-ci, il faut compter la préoccupation commune concernant la situation de la famille dans la société d’aujourd’hui, le problème de la persécution des chrétiens au Proche-Orient et en Afrique du Nord ainsi que les évolutions dans le monde islamique.

 

 

 

 

 

 

Irak – « Beaucoup de gens reprennent espoir »

20.04.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Irak, Oliver Maksan, PROJETS AED, Refugiés

Iraq, 26.03.2015 Father Andrzej Halemba (project officer for MidIrak

« Beaucoup de gens reprennent espoir »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

« Beaucoup de gens reprennent espoir », nous dit le Père Andrzej Halemba, responsable de la section Moyen-Orient de l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), en décrivant la situation des chrétiens réfugiés dans le nord de l’Irak.

L’été dernier, plus de 120 000 personnes ont dû fuir l’invasion de la milice terroriste islamiste dorénavant appelé État islamique (ÉI) dans la région autonome kurde au nord de l’Irak. Récemment rentré d’une visite dans la région, le père Halemba a ajouté : « Les gens n’ont plus l’impression qu’ils sont directement menacés d’être submergés. Ils ont un gilet de sauvetage. Même si le rivage est encore loin, ils savent qu’ils sont sauvés. Les mesures que nous avons pu prendre en collaboration avec l’Église locale ont stabilisé la situation. »

Renforcer l’esprit d’initiative

Iraq, January 2015 Young man with one of the food packages distr

Il y a encore quelques mois, selon le Père Halemba, la colère et le désespoir étaient prépondérants chez les réfugiés. « Les gens ne pensaient qu’à obtenir des visas et de l’argent liquide, et aux moyens de quitter l’Irak dès que possible. Maintenant, beaucoup de gens se sont habitués à la situation et veulent rester dans le pays. Ce sont surtout les récents succès militaires de l’armée irakienne à Tikrit qui ont été considérés comme des signes d’un espoir de pouvoir bientôt revenir dans les parties du pays occupées par l’ÉI. »

Selon le Père Halemba, c’est surtout le transfert de nombreux réfugiés des tentes et des caravanes dans des appartements en location qui a eu un impact stabilisant. « Cela a redonné aux gens un sentiment de dignité et de sécurité et réveillé chez plusieurs l’esprit d’initiative. C’était ce qui manquait. Entretemps, bon nombre d’entre eux ont retrouvé un emploi dans les régions kurdes. Certes, les employeurs les exploitent, connaissant la situation de détresse dans laquelle se trouvent les chrétiens, néanmoins les pères de famille peuvent à nouveau subvenir aux besoins de leur famille en travaillant sur des chantiers ou à des postes similaires ».

Les écoles pour enfants de réfugiés, soutenues par l’AED, ont également contribué à l’amélioration de la situation. « Pour les parents, il est crucial de savoir que leurs enfants peuvent poursuivre leur scolarité. Cela aussi donne un sentiment de normalité. » Au total, six des huit écoles prévues doivent fonctionner avant mai.Celles d’Erbil-et d’Ankawa ont déjà entrepris leurs activités. Chaque école peut accueillir environ 900 élèves.

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À ce stade, selon le Père Halemba, il était essentiel que l’Église soutienne l’espoir de la population. « L’attention et la compassion sont psychologiquement importantes. « Les gens doivent ressentir qu’ils ne sont pas oubliés. » C’est pourquoi le Père Halemba souhaite porter son attention sur l’amélioration de la situation du logement. « Le temps des containers est définitivement derrière nous. C’est pourquoi nous voulons essayer d’héberger encore plus de monde dans des appartements loués. Mais en même temps, il faut renforcer leur esprit d’initiative. Nous prévoyons de réduire progressivement, mois après mois, notre aide à la location. Cela leur met une légère pression pour qu’ils s’efforcent eux-mêmes de chercher des revenus. »

Faire croître l’espoir

En attendant, l’aide internationale, comme celle de l’AED, est importante, et pas seulement du point de vue matériel, souligne le Père Halemba. La compassion de l’Église mondiale s’est notamment exprimée par des signes tels que la campagne de cadeau de Noël pour 1 500 enfants. Au total, quelque 15 000 familles ont été soutenues d’une manière ou d’une autre par « l’Aide à l’Église en Détresse ». Depuis le début de la crise, « l’Aide à l’Église en Détresse » a dépensé plus de 4,8 millions d’Euros, selon le Père Halemba.

D’autres mesures humanitaires sont prévues. C’est ainsi que l’AED veut soutenir un programme par lequel les religieuses qui avaient fui l’ÉI pourraient faire une pause spirituelle et psychologique, par exemple au Liban. Elles subissent souvent elles-mêmes la pression des événements et sont complètement épuisées. « Elles ont urgemment besoin de notre aide afin de pouvoir elles-mêmes à nouveau aider les autres. Leurs batteries sont tout simplement vides. »

Iraq, January 2015 Women with litte baby in small refugee PVC caCela est compréhensible, compte tenu de la perte d’un apostolat édifié au fil des ans dans les écoles, foyers pour enfants et maisons de retraite, explique le Père Halemba. Les prêtres et religieux locaux auront cependant un rôle crucial pour donner de l’espoir aux gens. « Ils sont la force motrice de la communauté et sont proches des gens. » Nous avons besoin d’eux de façon urgente. »

Compte tenu de l’issue toujours imprévisible de la situation des réfugiés et de l’émigration continue, le Père Halemba considère le temps comme un facteur clé en Irak. « Nous ne savons pas combien de temps cette situation durera encore et nous devons continuer à aider les gens à s’aider eux-mêmes. Nous sommes auprès d’eux. En définitive, il faut que l’espoir croisse en eux ».

Le Père Halemba a souligné de manière positive les efforts accomplis par l’AED pour attirer l’attention du public sur la situation des chrétiens au Moyen-Orient au travers de l’information et des relations publiques. « Les événements que nous avons organisés à Bruxelles et à Genève ont contribué à expliquer aux politiciens la gravité de la situation. Ils manifestaient peu d’intérêt il y a encore peu de temps. Cela a changé. De nombreux hommes politiques comprennent la nécessité de permettre aux chrétiens de rester dans leur pays d’origine. »

En fin de compte, cela ne sera toutefois possible que si les musulmans de la région parviennent à coexister pacifiquement. « Les pays occidentaux doivent contribuer à diffuser au Mloyen-Orient le concept de la non-violence. Il faut en particulier que les imams et autres responsables islamiques soient acquis à cette cause. »

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