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Aide à l’Église en détresse.

 

Syrie – « Il aidait tout le monde sans jamais prendre parti »

28.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Moyen-Orient, Oliver Maksan, Persécution, Prière, PROJETS AED, Syrie

Fr Jacques Mourad from Mar Ellian Monastery in Syria. He has beeSyrie

« Il aidait tout le monde sans jamais prendre parti »              

À la suite de l’enlèvement du Père Jacques en Syrie, l’un de ses frères appelle à la prière

 Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

À la suite de l’enlèvement du prêtre catholique Jacques Mourad et d’un accompagnateur jeudi dernier, la consternation est vive en Syrie. Dans un entretien avec l’Œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), l’un des frères du prêtre kidnappé a invité les gens à la prière ce lundi. « Priez pour le Père Jacques et pour son accompagnateur, mais aussi pour notre communauté. Des hommes armés et masqués ont enlevé les deux hommes. Nous ne savons ni de qui il s’agissait, ni où nos frères se trouvent actuellement. Nous tâtonnons dans l’obscurité la plus complète », explique le père Djihad Youssef de la communauté monastique catholique de Mar Moussa à laquelle appartient également le père Jacques.

« Le père Jacques intervenait dans le monastère Mar Elian, à Qaryatayn, en faveur des personnes victimes des conséquences de la guerre syrienne. Il accordait une attention particulière aux projets de rénovation pour que les gens puissent réintégrer leurs maisons détruites. Mais le suivi psychologique des personnes vivant dans un pays en guerre tout comme les autres formes d’aide humanitaire d’urgence lui tenaient également à cœur. Il s’occupait des réfugiés de guerre depuis des années », confie le père Djihad.

SYRIE ACN-20150225-20890

« Dans ce contexte, poursuit-il, le père Jacques ne faisait aucune distinction entre chrétiens et musulmans. Il aidait toutes les personnes en détresse. » Le travail du père Jacques bénéficie du soutien de l’AED depuis plusieurs années.Récemment encore, le père Jacques adressait un courriel à l’AED afin d’adresser tous ses remerciements pour l’aide de plus de 136 000 $ octroyée jusqu’à présent.

Liée à l’image du Christ

Il y exposait également sa motivation. « Les efforts que nous déployons pour aider les musulmans qui souffrent et qui sont opprimés dans notre région ne sont rien d’autre que l’expression de la position de l’Église qui se sait liée à l’image du Christ crucifié. Aujourd’hui, notre témoignage reflète la lumière qui émane de la croix pour annoncer une aurore nouvelle de l’espérance en la résurrection au profit de l’humanité entière. »

Le père Andrzej Halemba, qui est en charge du Proche-Orient au sein de l’AED, qualifie de honte l’enlèvement du père Jacques. « Nous assistons une fois de plus à un exemple de haine aveugle. Le père Jacques a toujours apporté son assistance à toutes les personnes, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes. Il aidait tout le monde, sans jamais prendre parti. Pourquoi enlève-t-on un homme comme lui ? Nous voyons une fois de plus à quel point la guerre met à l’épreuve les meilleures personnes. Le père Jacques est un chef spirituel pour nombre de chrétiens et de musulmans. Des personnes des deux religions dirigent leurs regards vers lui et lui font confiance. »

Iraq, 26.03.2015Father Andrzej Halemba (project officer for Mid

Le Père Halemba séjourne actuellement en Syrie pour aller voir plusieurs projets bénéficiant du soutien de l’AED et pour se faire une idée de la situation. « La situation est épouvantable. À Qousseir, près de la frontière libanaise, j’ai traversé une ville fantôme. L’ampleur des destructions vous évoque des images apocalyptiques. Partout, on y voit la folie de la guerre », se désole le Père Halemba. « D’un autre côté, il y a des signes de vie et d’espoir. J’ai rencontré de nombreux chrétiens qui tentent de vivre leur foi même dans ces circonstances. »

Le Père Halemba s’est par exemple montré impressionné par un père de trois enfants qui refuse de quitter le pays. « Il m’a affirmé ne pas vouloir aller en Europe, souhaitant plutôt accomplir sa vocation chrétienne dans sa patrie, en Syrie. J’ai également été touché par la joie des 51 enfants venant de recevoir leur première sainte communion dans la vieille ville de Homs. Et à Yabroud, lors d’une cérémonie, des écoliers ont exhorté tous les responsables de la guerre à ne plus leur voler leur avenir. Les enfants et les jeunes sont particulièrement habités par l’envie de vivre. Cette visite m’a, une fois de plus, conforté dans la conviction que nous devons absolument aider ceux qui vivent en Syrie à retrouver un peu d’espoir en dépit de toute la détresse ambiante. »

L’AED est particulièrement active au Proche-Orient. Depuis la fin de l’année 2011, plus de 16,3 millions de dollars ont été versés pour aider les chrétiens de Syrie et d’Irak. L’AED a récemment débloqué plus de 2,72 millions de dollars en faveur de l’aide humanitaire en Syrie.

faire-un-don

 

Lettre de Mgr Jean-Clément Jeanbart

27.05.2015 in Aide à l'Église en détresse., Persécution, Syrie

LETTRE 1À peine revenu des États-Unis où il était allé parler de la situation des chrétiens de la Syrie, Mgr Jean-Clément JEANBART, archevêque d’Alep des Grecs Melkites Catholiques, est revenu dans son diocèse détruit et la cathédrale gravement endommagée. Dans une lettre qu’il a acheminée à l’Aide à l’Église en Détresse, il nous livre le témoignage qui suit.

Chers Amis,

Je viens de rentrer à Alep, après une tournée aux États Unis où j’avais fait de mon mieux pour exposer notre situation aux Chrétiens américains dans plusieurs des grandes villes de l’Est du pays. Ma tournée semble avoir été utile. C’est ce que m’ont rapporté les organisateurs de cette action de sensibilisation, les responsables de l’Aide à Église en Détresse États-Unis qui avaient été formidables dans leur dévouement et leur dédiés à notre cause!

Ils m’ont permis de m’adresser à 6 grandes assemblées d’auditeurs dans six endroits différents et de répondre aux questions de nombreux journalistes présents aux conférences, en plus de la  vingtaine d’interviews spéciales avec les médias du pays, qu’ils ont rendues possibles grâce à leur savoir faire!

Malheureusement, une fois arrivé à Alep, j’ai eu la grande tristesse de voir notre Archevêché détruit et notre cathédrale gravement endommagée. Ces bâtiments construits par mes prédécesseurs depuis deux cents ans, et pour l’amélioration desquels nous avions entrepris beaucoup de travaux de restauration ces dernières années, se trouvent à présent très endommagés, dans un état lamentable et un délabrement désolant.

Je ne peux vous dire toute ma peine et ma souffrance à la vue de cette catastrophe. Grâce à Dieu tous mes prêtres sont sortis indemnes de cette énième atteinte à notre archevêché, perpétrée par les rebelles qui avaient fait pleuvoir plusieurs obus sur cette zone chrétienne de la ville où se regroupent plusieurs églises. C’était au lendemain de la commémoration du centenaire du Génocide Arménien!…

LETTRE 2

Mes prêtres et mes fidèles sont consternés autant que moi et, depuis deux jours jours, j’essaie de reprendre mon souffle pour redonner courage à ceux qui sont autour de moi. Cela fait deux semaines que mes collaborateurs essayent de sortir tout ce qui est récupérable pour le mettre à l’abri. J’ai moi-même pris soin de mettre en sécurité les archives, les icônes, les manuscrits et tout ce qui était précieux, irremplaçable et important.

Vous comprenez que, dans ces circonstances, je me trouve désemparé et incapable de fonctionner comme il se doit. Malgré tout j’essaie de faire de mon mieux pour rester présent à mes fidèles et à mon clergé.  Je sens qu’ils ont, aujourd’hui plus que jamais, besoin d’être entourés et rassurer. Par contre mon travail administratif laisse à désirer pour le moment. Mes locaux sont délabrés et mon secrétariat hors d’usage. Il faut que je puisse trouver un bureau, récupérer mes dossiers encore indemnes et m’organiser aussi vite que possible. Je me rends compte que nous vivons des moments d’émergence très difficiles qui requièrent de nous un éveil continu et une disponibilité sans faille.

LETTRE 3Dimanche matin dernier, j’ai tenu à présider une messe de requiem célébrée pour le repos de l’âme de l’un de mes collaborateurs qui s’est joint au cortège de nos martyrs, victimes de la violence des djihadistes. Dans l’après midi j’ai assisté à un récital donné par l’une de nos écoles catholiques. Ma présence a marqué ces deux célébrations et confirmé à nos fidèles que l’Église est très proche de leurs souffrances et de leur joie. Malgré toute ma tristesse et ma désolation, le Seigneur m’a aidé à trouver les mots qui consolent le cœur meurtri des uns et qui raffermissent le courage des autres. Ce soir j’assiste à un récital de chants Byzantin dans l’une de nos églises et j’espère que nous ne serons pas épouvantés encore une fois par les tirs de mortiers qui nous prennent pour cible depuis la fête de Pâques.

Nous sommes en train de payer cher notre présence dans notre cher pays, mais nous savons aussi que l’avenir de nos nouvelles générations sera bien meilleur une fois la paix établie et la liberté acquise. Entre-temps les obus continent à nous tomber dessus chaque jour. Nous ne savons pas au juste quand cette paix tant souhaitée viendra, mais nous prions le Seigneur de nous l’accorder le plus tôt possible et nous croyons fermement qu’Il va nous la donner, car sa bonté est grande et sa miséricorde ineffable. Priez avec nous je vous en supplie. Vos prières nous seront d’un grand secours.

Avec ma reconnaissance, ma gratitude et toute ma considération,

Métropolite Jean-Clément JEANBART, archevêque d’Alep des Grecs Melkites Catholiques

Le 20.05.2015

 

Ukraine – Appel à la réconciliation et à la paix

20.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Eva-Maria Kolmann, Intentions de messe, PROJETS AED, Subsistance

Major Archbishop Svatoslav Shevchuk, head of the Ukrainian GreekUkraine

Appel à la réconciliation et à la paix

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

À l’occasion d’une visite auprès de la centrale de l’organisme de charité international de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), l’archevêque Mgr Sviatoslav Schevchuk, primat de l’Église gréco-catholique, a souligné que surtout à l’heure actuelle, il est essentiel de s’engager en faveur de la réconciliation et de la paix. « Robert Schumann et Konrad Adenauer sont pour nous des hommes sur lesquels nous prenons modèle, parce qu’ils ont entamé le processus de réconciliation après la Seconde Guerre mondiale. Les présidents vont et viennent, mais les nations restent » affirme-t-il.

UKRAINE 20120214_015La réconciliation est donc un objectif majeur pour les gens en Ukraine. Mgr Schevchuk a mis en garde contre la haine et cité un prêtre qui avait été enlevé en juillet 2014 à Donetsk, puis libéré douze jours plus tard : « Nous devons travailler sur nous-mêmes sur le plan spirituel, pour que nous ne finissions pas en nous-mêmes dans une prison de la haine lorsque nous avons été libérés d’une prison réelle ou d’un conflit réel. »

Une Église vouée au service d’autrui

L’idéal de l’archevêque est « une Église vouée au service d’autrui ». Il avoue avoir parfois l’impression que « le monde entier s’est transformé en hôpital de campagne ». Selon lui, le besoin en réconfort et en secours est immense. L’assistance aux personnes traumatisées, notamment aux enfants, est particulièrement urgente. Les prêtres sont formés spécialement afin de savoir reconnaître les troubles de stress post-traumatique et conseiller les personnes qui en souffrent.

Mgr Schevchuk a souligné en outre l’importance de la collaboration avec les autres Églises en raison de l’actuelle situation humanitaire. Plus de 5 000 personnes déplacées ont par exemple trouvé refuge à proximité du monastère russe orthodoxe de Sviatohirsk. L’Église catholique contribue à leur approvisionnement. L’année passée, Caritas a ouvert cinq nouvelles antennes en Ukraine orientale, devenant ainsi la deuxième plus grande organisation humanitaire de la région après la Croix rouge. Mais selon l’archevêque, Caritas ne néglige pas ses activités dans d’autres domaines. Les conflits armés ne doivent pas faire oublier les autres personnes ayant besoin d’aide, par exemple les jeunes gens, les malades et notamment les toxicomanes, ou alors les prisonniers.

UKRAINE / NATIONAL 14/02434Support of the Ukrainian Caritas for

Mgr Schevchuk a donc exprimé sa joie que l’Église gréco-catholique d’Ukraine célébrera conjointement avec l’Église russe orthodoxe la fête du millénaire du martyre des Saints Boris et Gleb. « Pour nous en tant que chrétiens, c’est une occasion de célébrer ensemble la mémoire des deux frères qui ont imité la Passion du Christ et refusé de lever l’épée contre le frère. Pour nous, c’est un symbole pour l’avenir », a déclaré l’archevêque majeur.

L’apport de l’AED

Il a d’ailleurs remercié l’AED de la « rapidité » avec laquelle l’œuvre a réagi l’année dernière aux requêtes d’aide d’urgence, tout en soulignant l’amitié construite au fil des années. Alors qu’il était un jeune séminariste et même plus tard, lors de ses études à Rome, il a lui-même bénéficié de l’appui de l’AED. « Depuis de longues années, nous avons été témoins de l’amour et du soutien des collaborateurs et des donateurs de l’AED. Cette o représente un élément essentiel de notre force, à travers laquelle nous affrontons les désagréments. »

UKRAINE / NATIONAL 14/02434 Support of the Ukrainian Caritas for

En 2014, l’AED a pu soutenir en Ukraine 394 projets en allouant au total 7 033 000 $. Il y a 131 de ces projets qui concernaient des aides à la construction d’églises, de monastères, de centres pastoraux. Il faudra toutefois encore beaucoup d’appui pour reconstruire les structures de l’Église gréco-catholique presque entièrement détruites, surtout sous le régime communiste.

Le soutien ne s’est cependant pas limité à « l’investissement dans la pierre ». L’AED a également appuyé des religieuses apostoliques ainsi que contemplatives, en fournissant des aides à la subsistance et à la formation, des véhicules motorisés et des fonds pour la construction (44 projets au total). L’œuvre de bienfaisance porte assistance à chaque séminariste pour qu’il puisse vraiment suivre sa vocation sacerdotale. Douze projets totalisant 162 000 $ ont été à la base d’aides d’urgence pour remédier aux troubles politiques qui bouleversent le pays.

faire-un-don

Soeur Marielle Legendre et Suzanne Loiselle à Radio VM

20.05.2015 in Aide à l'Église en détresse., Radio Ville Marie, Vues D'ailleurs

Dans le cadre de l’émission VUES D’AILLEURS, produite par l’Aide à l’Église en Détresse et diffusée sur les ondes de Radio Ville-Marie, Mario Bard s’entretiendra avec soeur Marielle Legendre de la communauté de Sainte-Croix et Suzanne Loiselle, directrice de l’Entraide missionnaire.

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Le thème sera Haïti, un paradoxe

Aujourd’hui à 19h00 – en rediffusion le jeudi suivant à 23h30.

« Au coeur des Antilles, Haïti est un paradoxe. Sa nature luxuriante et sa chaleur à l’année rendent la pauvreté et les grandes misères qui y sont rencontrées d’autant plus troublantes. Nos invités connaissent bien le pays. Ils savent qu’au-delà des images qui sont parfois douloureuses, il y a le courage de la population, sa détermination, ainsi que son optimisme de pouvoir un jour constuire une perle des Antilles qui rayonne pour eux.»

C’est un rendez-vous!

En voici un extrait:

Syrie – « Priez pour Alep, les gens ont peur comme jamais. »

15.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Moyen-Orient, Oliver Maksan, PROJETS AED, Syrie

SYRIA / ALEP-CLD 15/00051 Emergency help for the displaced familSyrie

« Priez pour Alep., les gens ont peur comme jamais. »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde

De violents combats sont attendus : une religieuse relate la situation des chrétiens d’Alep 

 

« Priez pour Alep. Les gens ont peur comme jamais. » a déclaré Sœur Annie Demerjian, religieuse arménienne catholique, en s’adressant mercredi dernier à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED).

« Les gens s’attendent à de rudes combats et des milliers de personnes ont quitté la ville, chrétiens comme musulmans. Nous nous préparons au pire. Les chrétiens emportent ce qu’ils peuvent et cherchent refuge dans la région côtière ou dans la vallée des chrétiens. Je ne sais pas combien d’entre eux sont partis, mais ils sont nombreux, des milliers. Nous nous en apercevons parce que les quartiers chrétiens se sont considérablement vidés », poursuit la religieuse, qui reste contre vents et marées depuis des années dans cette ville disputée entre le gouvernement syrien et les rebelles.

Elle reste sur place contre vents et marées

SYRIA / ALEP-CLD 15/00051 Emergency help for the displaced familLa situation des chrétiens dans l’ancienne métropole du nord de la Syrie s’est encore détériorée dernièrement. Le 10 avril dernier, date du vendredi saint de l’Église d’Orient, le quartier majoritairement chrétien de Suleymaniye a été violemment bombardé par les rebelles. « Les chrétiens d’Alep sont encore sous le choc, tant l’attaque a été rude. Les gens sursautent quand ils entendent des bruits forts. Beaucoup se sont retrouvés dans des maisons détruites. Une femme a vu ses enfants inertes dans les décombres. Heureusement, ils ont survécu. D’autres ont péri lors des attaques. Nous avons enterré nos frères et sœurs le dimanche de Pâques. Nous passons en hâte d’un enterrement à l’autre. C’était si triste. Une famille entière a été anéantie. Dans une autre famille, deux fils sont morts avec leur mère : l’explosion a projeté l’un des fils hors de la maison. Il est mort suspendu dans les lignes électriques. Sa mère et son frère ont été déchiquetés par les bombes. Aujourd’hui encore, leurs proches trouvent des morceaux de corps dans les décombres et les inhument. Peut-on s’imaginer la douleur des survivants ? Ils sont gravement blessés intérieurement, dans leur âme. Mais nous sommes habitués aux bombes et à la mort. Nous continuons, avec l’aide de Dieu », raconte la religieuse.

Sœur Annie aide depuis des années les habitants affligés d’Alep pour les choses de la vie quotidienne telles que la nourriture et les vêtements. Pour cela, elle est soutenue par l’AED. « Sans les bienfaiteurs de l’AED, nous ne pourrions pas faire ce que nous faisons. Dieu vous bénisse. Le fait de savoir qu’ils ne sont pas oubliés donne aux gens, ici, un peu de sécurité et d’espoir. Cependant, je vous demande tout particulièrement de prier et de donner de l’argent pour Alep et la Syrie. Puisse Dieu éclairer le cœur des dirigeants, pour qu’ils trouvent un chemin vers la paix. Je ne sais pas combien de temps les gens pourront encore supporter tout cela. »

Syria, Aleppo April 2015 Damage to Christian quarter of Aleppo aCes dernières semaines, plusieurs églises d’Alep ont également été gravement endommagées, dont l’église orthodoxe arménienne et l’église maronite. Vendredi de la semaine dernière (8 mai), la cathédrale melkite Notre Dame de l’Assomption  a été à nouveau frappée, et n’est plus utilisable pour le culte. D’après les informations fournies par le Patriarcat melkite de Damas à l’AED, l’opposition formée de groupes islamiques extrémistes, dont l’État islamique et le front Al-Nusra, est responsable du bombardement. Avant la guerre, explique le Patriarcat, 18 000 melkites vivaient à Alep. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 12 000.

L’AED est particulièrement active au Moyen-Orient où plus de 16,36 millions de dollars ont été dépensés depuis la fin de 2011 pour aider les chrétiens de Syrie et d’Irak. Récemment, l’AED a fourni plus de 2,73 millions de dollars d’aide humanitaire, dont la population d’Alep a également bénéficié.

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Terre Sainte – La canonisation, un motif d’espérance

14.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Moyen-Orient, Oliver Maksan, Pape, Terre Sainte

Mons. Shomali, auxiliary bishop of the Latin Patriarchate of JerTerre Sainte

« La canonisation est un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

« Les canonisations des religieuses palestiniennes Bienheureuse Marie Alphonsine Ghattas et Bienheureuse Mariam Bawardi, prévues dimanche à Rome, sont un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte », comme l’a affirmé Mgr William Shomali, évêque auxiliaire responsable des Territoires palestiniens du patriarcat latin de Jérusalem, dans un entretien accordé récemment à Jérusalem à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

« Les nouvelles saintes, originaires de Palestine, rendent la sainteté visible. Sainte-Marie Alphonsine était d’une grande humilité et Sainte-Mariam a mené une vie de prière et de piété très intense. Lorsque nous découvrons la vie de ces nouvelles saintes, cela nous motive à prendre exemple sur elles. Pour nos chrétiens d’ici, c’est effectivement très encourageant. Cela améliore également l’image de notre peuple, qui engendre aussi des saints, et pas seulement des terroristes. »

Un événement spirituel avant tout

Terre sainte 3

Selon les informations de Mgr Shomali, plus de 2 000 pèlerins venus d’Israël, de Palestine et du Liban se rendront à Rome pour participer à la cérémonie avec le pape François. Sachant que le président palestinien Mahmoud Abbas serait présent, Mgr Shomali a dit : « La canonisation est en premier lieu un événement spirituel. Mais lorsque notre président a appris que deux Palestiniennes allaient être canonisées, il a voulu se rendre à Rome. Il est ami avec le pape François et il viendra à Rome avec une délégation de dignitaires. L’événement a donc aussi une dimension politique. Le nom de la Palestine apparaîtra dans les médias et certaines personnes arboreront des drapeaux. Cela ne nous dérange pas, mais nous ne pouvons pas réduire cet événement à son côté politique. C’est avant toute chose un événement spirituel. »

Mgr Shomali a souligné par ailleurs qu’il était important que les deux saintes soient originaires du Moyen-Orient. « De nombreux saints et saintes sont originaires d’Europe et d’Amérique. Toutefois, ces derniers temps, peu de saints nous venaient du Moyen-Orient. Or, ces deux religieuses sont nées en Terre Sainte, une terre vénérée par les chrétiens du monde entier. Maintenant, leurs tombes apportent deux lieux saints additionnels à la Terre Sainte. »

Tomb Saint Mariam Bawardi. On May 17th 2015 Pope Francis canonizL’évêque auxiliaire accorde une grande importance à ces canonisations, valables à l’échelle de l’Église universelle. « Les deux saintes de Palestine appartiennent à toute l’Église. L’une des guérisons miraculeuses ayant conduit à la canonisation de Bienheureuse Mariam a eu lieu à Syracuse, en Sicile. Après une neuvaine, un enfant atteint d’une maladie cardiaque a guéri complètement et inexplicablement. Il participera d’ailleurs à la messe. Cela montre que les deux nouvelles saintes n’intercèdent pas seulement en faveur de la Terre Sainte, mais pour l’Église universelle. »

Mgr Shomali a exprimé son espérance pour que les canonisations soient signes d’une meilleure année pour la Terre Sainte. « Mon espérance, c’est que grâce aux canonisations également, l’année 2015 devienne une meilleure année que 2014, marquée par la guerre à Gaza et les troubles à Jérusalem. Mais il ne faut pas toujours tout considérer en noir et blanc. Il y a aussi eu des événements positifs en 2014 : le Saint-Père s’est rendu en Terre Sainte, le président égyptien Mohamed Al Sissi a remporté les élections et les coptes s’en sont réjouis. Il y a également eu la coalition contre l’État islamique, même si, jusqu’à présent, elle n’a pas encore de grande victoire à son actif. Mais peut-être que le Mal a pesé plus lourd que le Bien. Nous espérons que ce sera l’inverse cette année. Nous prions pour être exaucés, surtout pour la Syrie et pour l’Irak. Le Seigneur est le maître de l’Histoire et Il peut en changer le cours. »

Terre Sainte : « La canonisation est un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte »

14.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Aide à l'Église en détresse., Oliver Maksan, Terre Sainte

Terre Sainte 

« La canonisation est un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte »

« Les canonisations des religieuses palestiniennes Bienheureuse Marie Alphonsine Ghattas et Bienheureuse Mariam Bawardi, prévues dimanche à Rome, sont un motif d’espérance pour les chrétiens de Terre Sainte », comme l’a affirmé Mgr William Shomali, évêque auxiliaire responsable des Territoires palestiniens du patriarcat latin de Jérusalem, dans un entretien accordé récemment à Jérusalem à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

Tomb Saint Mariam Bawardi.On May 17th 2015 Pope Francis canoniz« Les nouvelles saintes, originaires de Palestine, rendent la sainteté visible. Sainte-Marie Alphonsine était d’une grande humilité et Sainte-Mariam a mené une vie de prière et de piété très intense. Lorsque nous découvrons la vie de ces nouvelles saintes, cela nous motive à prendre exemple sur elles. Pour nos chrétiens d’ici, c’est effectivement très encourageant. Cela améliore également l’image de notre peuple, qui engendre aussi des saints, et pas seulement des terroristes. »

Un événement spirituel avant tout

 

Selon les informations de Mgr Shomali, plus de 2 000 pèlerins venus d’Israël, de Palestine et du Liban se rendront à Rome pour participer à la cérémonie avec le pape François. Sachant que le président palestinien Mahmoud Abbas serait présent, Mgr Shomali a dit : « La canonisation est en premier lieu un événement spirituel. Mais lorsque notre président a appris que deux Palestiniennes allaient être canonisées, il a voulu se rendre à Rome. Il est ami avec le pape François et il viendra à Rome avec une délégation de dignitaires. L’événement a donc aussi une dimension politique. Le nom de la Palestine apparaîtra dans les médias et certaines personnes arboreront des drapeaux. Cela ne nous dérange pas, mais nous ne pouvons pas réduire cet événement à son côté politique. C’est avant toute chose un événement spirituel. »

Mgr Shomali a souligné par ailleurs Mons. Shomali, auxiliary bishop of the Latin Patriarchate of Jerqu’il était important que les deux saintes soient originaires du Moyen-Orient. « De nombreux saints et saintes sont originaires d’Europe et d’Amérique. Toutefois, ces derniers temps, peu de saints nous venaient du Moyen-Orient. Or, ces deux religieuses sont nées en Terre Sainte, une terre vénérée par les chrétiens du monde entier. Maintenant, leurs tombes apportent deux lieux saints additionnels à la Terre Sainte. »

L’évêque auxiliaire accorde une grande importance à ces canonisations, valables à l’échelle de l’Église universelle. « Les deux saintes de Palestine appartiennent à toute l’Église. L’une des guérisons miraculeuses ayant conduit à la canonisation de Bienheureuse Mariam a eu lieu à Syracuse, en Sicile. Après une neuvaine, un enfant atteint d’une maladie cardiaque a guéri complètement et inexplicablement. Il participera d’ailleurs à la messe. Cela montre que les deux nouvelles saintes n’intercèdent pas seulement en faveur de la Terre Sainte, mais pour l’Église universelle. »

Mgr Shomali a exprimé son espérance pour que les canonisations soient signes d’une meilleure année pour la Terre Sainte. « Mon espérance, c’est que grâce aux canonisations également, l’année 2015 devienne une meilleure année que 2014, marquée par la guerre à Gaza et les troubles à Jérusalem. Mais il ne faut pas toujours tout considérer en noir et blanc. Il y a aussi eu des événements positifs en 2014 : le Saint-Père s’est rendu en Terre Sainte, le président égyptien Mohamed Al Sissi a remporté les élections et les coptes s’en sont réjouis. Il y a également eu la coalition contre l’État islamique, même si, jusqu’à présent, elle n’a pas encore de grande victoire à son actif. Mais peut-être que le Mal a pesé plus lourd que le Bien. Nous espérons que ce sera l’inverse cette année. Nous prions pour être exaucés, surtout pour la Syrie et pour l’Irak. Le Seigneur est le maître de l’Histoire et Il peut en changer le cours. »

Bosnie – « Montrons au monde comme nous sommes forts. »

13.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Bosnie, Oliver Maksan, Pape

Neville's trip to Lebanon 2014Bosnie

« Montrons au monde comme nous sommes forts »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Vingt ans après la fin de la guerre de Bosnie, les jeunes du pays se réjouissent tout particulièrement de la visite du Pape.

« La Bosnie ? Il s’est passé quelque chose ici ? » Beaucoup de gens sont surpris quand ils entendent que le Pape François fera une courte visite de onze heure, le 6 juin prochain, dans la capitale bosniaque Sarajevo. Cela fait déjà vingt ans que s’est achevée la guerre civile qui a coûté la vie à 243 000 personnes et fait perdre leur patrie à plus de 2 millions d’autres.

Deux décennies ne suffisent pas à guérir les blessures profondes laissées par la guerre. En même temps, ces vingt années sont suffisantes pour donner aux gens le sentiment d’avoir été oubliés. Quand le pape François a annoncé son voyage, il a dit : « Je vous demande à tous de prier pour que ma visite là-bas soit un encouragement pour les catholiques, un levain pour le bien, une contribution à plus de fraternité et de paix et qu’elle contribue aussi au dialogue interreligieux et à l’amitié ».

Rencontre, réconciliation, façonner la paix et l’avenir ensemble

Bosnia And Herzegowina, June 2011 Father Simo Marsic, representa

Les catholiques qui habitent ce pays ont un besoin urgent de ces encouragements. Les évêques, dont le Cardinal Vinko Puljic, évêque de Sarajevo, et Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka, également président de la Conférence des évêques de Bosnie-Herzégovine, ne cessent d’élever la voix. En effet, les catholiques du pays, qui appartiennent à la minorité croate, ne bénéficient d’aucun lobby, ni au gouvernement de ce pays majoritairement musulman, ni au niveau de la politique internationale.

Mgr Komarica s’est plaint à plusieurs reprises que les catholiques d’ethnie croate ne touchent pas un centime de l’aide de l’Union européenne destinée au retour des réfugiés de guerre. Sur le marché du travail aussi, les personnes ayant un nom croate sont souvent désavantagées, et même parmi celles qui étaient restées pendant la guerre, beaucoup ne voient pas d’autre issue que de chercher leur fortune à l’étranger. Selon les données de l’Église catholique, il ne reste plus aujourd’hui dans le pays que 440 000 personnes parmi les quelque 835.000 catholiques qui vivaient en Bosnie-Herzégovine avant la guerre de 1992-1995.

Pourtant, l’Église est vivante. C’est en particulier au travail intensif effectué auprès de la jeunesse de l’archidiocèse de Sarajevo que l’Église est redevable du fait que, justement, beaucoup de jeunes s’engagent. Un Centre de la jeunesse portant le nom du Saint Pape Jean-Paul II s’y dresse maintenant.

 

Le Centre de la jeunesse, dont la construction a été prise en charge par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) à hauteur totale d’environ 675 000 de dollars, est ouvert à tous les groupes de la population, et servira également à des rencontres internationales. « C’est ici que l’Europe se rencontrera ! », se réjouit le Père Marsic, responsable de la pastorale de la jeunesse de l’archidiocèse de Sarajevo et recteur du Centre. « Le centre sera une fenêtre ouverte sur les autres confessions et religions, sur les autres modes de pensée et modes de vie. C’est de cette manière que l’on pratiquera et vivra une coexistence tolérante et pacifique. »

Group picture with youth in front of the future Youth ministry C

Cela se réalisera concrètement par des rencontres pastorales, des formations et des temps libres auxquels les groupes et individus de tout le pays pourront participer. La maison disposera de possibilités d’hébergement afin que des événements de plusieurs jours puissent aussi avoir lieu. La devise est : « Rencontre – réconciliation – façonner la paix et l’avenir ensemble ».

Quelques témoignages

Le Père Simo Marsic se réjouit tout spécialement que le Pape François ait choisi le Centre comme lieu de sa rencontre avec la jeunesse bosniaque. Mais ce sont surtout les jeunes eux-mêmes qui sont enthousiastes. Mandalena, une jeune fille, voit dans le voyage du Pape un message de la jeunesse bosniaque au monde et au peuple de sa patrie : « Montrons au monde et à la Bosnie-Herzégovine comme nous sommes forts ! Suivons les traces de la paix, avec un sourire sur le visage et de l’amour dans le cœur. Allons vers cet homme qui croit en nous, tirons une force de cet événement historique : de l’énergie pour l’avenir, pour les nouveaux défis et la lutte contre le désespoir, afin d’avoir un bel avenir dans ce pays. Tirons-en la force d’annoncer le Christ, d’aimer l’Église et de faire attention aux autres ».

Portrait of Valentina Gluvić, one of the young people who aValentina, une jeune responsable de groupe, dit à propos de la visite du Pape : « Cet événement marquera le mois de juin, cette année, cette décennie, ainsi que nos cœurs, pensées et sentiments. C’est l’occasion pour chacun d’entre nous d’apporter notre contribution à cette communauté et à cette Église. C’est une chance pour nous que d’écouter ce qu’a à dire cet homme aimable et modeste, le Saint Pierre de notre temps ». C’est aussi une chance pour elle personnellement, en tant que responsable de groupe, d’éveiller en elle-même « l’esprit de paix, l’esprit de prière, l’esprit de solidarité et de respect mutuel, l’esprit d’amour et de bonté », et de le faire grandir, et ainsi de diffuser l’esprit chrétien.

 

Portrait of Antonio Topalovic, one of the young people who are aAntonio, un jeune homme, place également de grands espoirs dans cette visite du Pape. Il estime que ce rassemblement va ramener l’espérance : « L’espérance, qui est l’un des fondements de la société humaine, recule lentement dans notre pays. De plus en plus de jeunes quittent le pays pour trouver le bonheur, et ils laissent derrière eux leurs familles et amis, parce qu’ils croient que tout sera mieux ailleurs. Pourtant, ajoute-t-il, le Pape nous dit de ne pas avoir peur, que nous avons la vie est devant vous, et de ne pas permettre que l’espérance nous soit volée. Cela signifie que la vie est ici, avec toutes ses Croix et ses difficultés, avec ses douleurs mais aussi ses bonheurs. La vie vaut la peine, et nous pouvons faire de belles choses. » Il voit aussi dans la visite du Pape une occasion de montrer au monde, mais aussi de se montrer à lui-même, que « des personnes formidables vivent en Bosnie, des gens qui croient ».

Le Père Marsic attend lui-même aussi beaucoup de la visite du Pape : « Je pense que la visite du Pape sera un grand encouragement, et j’espère que les jeunes s’engageront encore davantage dans l’Église et la société. Ils doivent développer les talents que Dieu leur a donnés et façonner l’avenir. Les jeunes qui s’engagent dans le Centre Saint Jean-Paul II sont souvent également très actifs dans leurs paroisses d’origine. Ils prouvent qu’il est possible de vivre ensemble en paix dans ce pays, de trouver du travail, de fonder une famille et de construire sa vie. »

Koenigstein, 15.052006 Father Dr. Simo Marsic (responsible for tLe Père Marsic a encore autre chose très à cœur : la coexistence des différentes ethnies et religions, pour construire des ponts en vue d’un avenir pacifique. L’ancienne génération a souvent du mal à se remettre en question. « Mais avec les activités en commun, les jeunes témoignent également auprès des anciennes générations qu’ils ont le courage de croire en un avenir meilleur », dit-il.

Un grand événement se prépare encore pour cette année. En effet, le Père Marsic espère que le Centre pourra ouvrir le 22 octobre 2015. Ce jour-là, l’Église célèbre le Saint patron du centre – le Saint Pape Jean-Paul II. Ce n’est pas un hasard que le Centre porte son nom. Dès 1997, deux ans après la fin de la guerre, le Pape Jean-Paul II s’était rendu à Sarajevo pour y appeler la paix et la réconciliation. En 2003, marqué par l’âge et la maladie, il est allé à Banja Luka recommandant à la jeunesse « de s’engager pour que la vie reprenne son essor à tous les niveaux et de ne pas se tenir à l’écart, de ne pas céder à la tentation du découragement, mais de développer les initiatives destinées à ce que la Bosnie-Herzégovine soit encore une fois un pays de réconciliation, de rencontre et de paix. » Simo Maric conclut : « Nous acceptons ces paroles comme la mission de notre Centre de la jeunesse ».

Syrie – « Les chrétiens de Syrie ont une vocation »

11.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Liban, Moyen-Orient, Oliver Maksan, Prière, PROJETS AED, Syrie

Patriarch H.B. Gregorius III Laham Greek Melkite of Antioch andSyrie

« Les chrétiens de Syrie ont une vocation »

Le chef de l’église catholique grecque melkite unie à Rome, sa Béatitude le patriarche Grégoire III Laham est inquiet de voir les djihadistes atteidre leur objectif en Syrie et de voir la haine s’installer entre les groupes religieux.

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

 

Dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), à Beyrouth, le patriarche Grégoire a déclaré : « L’objectif des djihadistes est de semer la haine entre les chrétiens et les musulmans. Mais le plus dangereux, c’est quand la haine envahit les cœurs. Voilà pourquoi nous coopérons avec les imams. »

Le patriarche d’origine syrienne qui a son siège à Damas et souligné la coexistence traditionnellement bonne entre les chrétiens et les musulmans en Syrie. « Alors que j’étais un jeune prêtre à Daraa, les musulmans se levaient également pour me saluer. Plus la guerre durera longtemps, plus nous risquons aujourd’hui que cette bonne relation ne se perde. »

La situation conflictuelle en Syrie aurait aussi eu de très graves répercussions sur les chrétiens. « Selon les estimations, 450 000 chrétiens ont été obligés d’abandonner leurs maisons, ont été déplacés à l’intérieur du pays même ou ont dû se réfugier à l’étranger. Presque tous les jours, des chrétiens quittent la Syrie. Nous louons le Seigneur que beaucoup d’entre eux trouvent refuge au Liban, notre pays voisin. Il est fort probable qu’ils retourneront chez eux. Tous les autres tentent par des moyens parfois dangereux de parvenir en Europe, surtout en Allemagne et en Suède. Dans ce cas, il y a peu d’espoir qu’ils ne reviennent. C’est pareil pour ceux qui partent pour le Canada, les États-Unis ou le Brésil », déplore le chef de l’église melkite.

St. Mayrs Church - Syrian Orthodox in Homs

Selon lui, plus d’une centaine d’églises de différentes confessions ont été détruites jusqu’à présent. À la fin de 2013, 91 églises avaient déjà été détruites, assure le patriarche : « Plusieurs d’entre elles ont été détruites en toute conscience, surtout aux alentours de la région d’Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. » En outre, le patriarche évalue à 2 000 le nombre de chrétiens, soldats et civils, qui ont été tués lors des combats ou en d’autres circonstances liées à la guerre.

Il existerait toutefois aussi des régions habitées par des chrétiens qui seraient un peu moins fortement touchées par la guerre. « Sauf en cas de bombardements, la vie est à peu près normale à Damas. Les gens vont travailler, les établissements scolaires et les universités fonctionnent. Même la Vallée des chrétiens, comme on l’appelle, est moins touchée, bien qu’ils y aient également accueilli beaucoup de réfugiés. Dans certaines localités chrétiennes aux alentours de Damas aussi, c’est resté jusqu’à présent à peu près calme », affirme le patriarche. La localité chrétienne de Maaloula, par contre, aurait en certains temps été complètement abandonnée. « Plus de 350 personnes sont revenues. Les gens reconstruisent leurs maisons. L’église Saint-Georges et le couvent des Saints Serge et Bacchus ont été remis en état. »

Le patriarche Grégoire considère cela comme des signes encourageants. « Nous devons trouver des solutions pour reconstruire les églises. Ce faisant, nous ne devons bien entendu pas oublier les êtres humains. À Qousseir, Homs, Yabroud ou Maaloula, beaucoup de gens sont revenus dans leur maison. Nous devons les aider à réparer leurs demeures. Le gouvernement accorde un soutien pour 25 à 35 % des coûts. Les gens doivent trouver eux-mêmes les moyens pour payer tout le reste. Cela aiderait déjà beaucoup les chrétiens à Maaloula ou à Qousseir s’ils avaient au moins une chambre qui pourrait être à nouveau habitable. À partir de là, ils pourraient reconstruire lentement tout le reste. C’est un moment extrêmement important pour l’Église. »

Le patriarche Grégoire a expressément remercié les bienfaiteurs de l’AED. « Grâce à leur soutien matériel et spirituel, nous sommes en mesure de montrer l’amour de Dieu aux êtres humains. C’est très important. Nous sommes reconnaissants de pouvoir le faire, maintenant plus que jamais ». Le patriarche ajoute que déjà à la fin de 2011, l’Église aurait commencé à aider les gens en détresse au vu de la guerre qui s’annonçait en Syrie. À ce moment, les prêtres et les religieux auraient joué un rôle particulier. « Les ecclésiastiques sont devenus de véritables points de référence pour les gens, pour les chrétiens autant que pour les musulmans. Chacun va à l’église quand il a besoin d’aide. Quel que soit celui qui vient nous voir, nous ne le laissons pas repartir sans lui avoir donné au moins un petit soutien. »

Old homs - Director of Awkaf visit the kitchen SYRIA / NATIONAL

Le patriarche Grégoire a souligné que les ecclésiastiques étaient restés fidèlement à leur poste. « Personne n’a quitté la Syrie. Tous les religieux et tous les prêtres sont restés, pour être auprès de leurs communautés. D’ailleurs, la plupart de nos fidèles font preuve d’une foi très forte, malgré la situation. Les églises sont pleines de gens. Les activités pastorales se poursuivent également, par exemple la Légion de Marie ou le travail avec les jeunes. Cela prouve la force du Saint-Esprit dans nos gens. »

Le patriarche melkite a souligné l’importance de la présence chrétienne en Syrie et dans tout le Proche-Orient. « Nous autres chrétiens avons une vocation ici. Sans les chrétiens, il n’y aurait plus qu’un monde islamique, mais plus de monde arabe. Nous sommes les porteurs du pluralisme dans le monde arabe. Celui qui s’engage en faveur de notre présence, ne s’engage pas seulement en faveur des chrétiens, mais aussi en faveur des musulmans dans la région. »

Syrian Arab Republic, diocese Damas-ARM 24.04.2005 St Serge and

Grégoire III Laham a enfin mis l’accent sur l’importance de la prière pour mettre fin à la guerre. « Par le biais de cette formidable organisation qu’est l’AED, j’ai invité les gens à prier en Syrie. Beaucoup de gens se sont ralliés à cet appel. Le 16 mars, nous avons prié en ce début de la cinquième année de guerre en Syrie. J’ai alors pris exemple sur la prière de Sa Sainteté le Pape François en septembre 2013. À l’époque, une frappe militaire américaine menaçait en Syrie. Elle a pu être empêchée. La même chose s’est reproduite maintenant. Les gens ont prié dans le monde entier. Ce jour-là, John Kerry, le secrétaire d’État des États-Unis, a dit qu’il fallait parler avec le président Assad pour trouver une solution pour la Syrie. L’Union européenne s’y est ralliée peu après, suivie plus tard par d’autres pays.

Il est important que la politique change. C’est une erreur de croire que des chrétiens occidentaux puissent aider les chrétiens d’Orient en leur fournissant des armes. La seule solution réside dans la paix. Les armes n’apportent aucune solution. Toute guerre se termine autour d’une table ronde où l’on cherche une solution. »

faire-un-don

Liban – « Que restera-t-il du Liban ? »

06.05.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Liban, Moyen-Orient, Oliver Maksan, PROJETS AED, Refugiés, Syrie

Lebanon, 19 August 2012H.B. Mar Bechara Boutros Rai, PatriarchLiban

« Que restera-t-il du Liban ? »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Son Éminence le cardinal Bechara Boutros Rahi, patriarche maronite, s’inquiète de l’équilibre religieux au Liban. Le chef de l’Église maronite unie à Rome exprimait récemment ses inquiétudes dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED) au siège du patriarcat de Bkerké, au Liban.

Conséquences économiques, sociales et culturelles

« En ce qui concerne la coexistence des musulmans et des chrétiens au Liban, il n’y a pas de problème. Tous les Libanais veulent cette coexistence. Notre grand problème, ce sont les réfugiés syriens. Il s’agit de plus de 1,5 million de personnes. Bien entendu, c’est une obligation humanitaire de les aider. Et l’Église fait beaucoup. Mais la plupart d’entre eux sont des sunnites. Sur le plan politique et religieux, ils peuvent être exploités par les sunnites libanais.  Nous avons déjà fait la même expérience avec les Palestiniens. Dans les années 1970, c’était eux qui avaient déclenché la guerre civile contre les Libanais et l’armée libanaise. À l’époque, les sunnites libanais s’étaient ralliés à eux. Cela pourrait se reproduire aujourd’hui. L’année dernière, lors de la première confrontation entre l’armée libanaise et l’État islamique (ÉI), l’armée a été attaquée par des sunnites armés syriens. À long terme, c’est une bombe à retardement. La guerre en Syrie et en Irak doit cesser afin que les gens puissent retourner dans leur pays. Le temps qui passe ne joue pas en notre faveur », explique le cardinal.

Mass at the Maronite Patriarchate in Beirut -prayerEn outre, le cardinal a déploré les conséquences économiques pour le Liban résultant de la très grande quantité de réfugiés syriens. « Les Syriens veulent manger, naturellement. C’est pourquoi ils travaillent à des tarifs inférieurs à ceux des Libanais. Mais c’est aussi la raison pour laquelle les Libanais perdent leur emploi. Les Syriens ouvrent des magasins où les prix sont inférieurs à ceux des magasins libanais. Voilà pourquoi certains Libanais ont déjà émigré. »

Par ailleurs, les conséquences sociales et culturelles seraient graves. « À long terme, que restera-t-il du Liban et de la culture libanaise, si plus de 1,5 million de Syriens vit dans notre pays ? , s’inquiète le patriarche. Évidemment, ces changements ne restent pas sans conséquences pour les chrétiens du Liban. Les chrétiens veulent la liberté et une bonne vie. C’est pour ça qu’ils vendent tous leurs biens et émigrent. Le risque s’accroît que tout le Proche-Orient perde lentement sa présence chrétienne. C’est pourquoi l’Occident doit commencer à prendre conscience de la gravité de la situation. »

Un grand besoin de miséricorde

Le cardinal souhaite attirer l’attention de l’Occident sur la situation des chrétiens du Proche-Orient : « Les responsables politiques doivent comprendre que la guerre en Syrie doit s’arrêter. La communauté internationale doit cesser de fomenter la guerre et de l’alimenter. Le trafic des armes doit cesser. Ils doivent faire fi de leur fierté et tous s’asseoir autour d’une table pour trouver une solution politique. Mais leur fierté le leur interdit. Cette fierté dissimule des intérêts économiques qui visent le gaz naturel et le pétrole. »

Le cardinal Rahi pense que groupes extrémistes islamiques tels que l’ÉI, Al Qaïda et An-Nusra auraient été créés par des États occidentaux et arabes et soutenus par de l’argent et des armes afin de les utiliser comme instruments pour leurs intérêts économiques et politiques : « Ils ne sont tout de même pas tombés du ciel, non ? Mais maintenant, ils représentent une arme contre le monde entier. »

Selon le cardinal Rahi, la seule issue consisterait dans une solution politique en Syrie. « Pourquoi Assad n’est-il pas tombé comme Moubarak en Égypte ou Ben Ali en Tunisie ? Dans ces pays, la population entière était contre eux. En Syrie pas. Là, la population est du côté du président. Récemment, des élections s’y sont déroulées, qui ont confirmé le mandat d’Assad. L’Occident ne veut pas reconnaître ces élections. On dit qu’elles auraient été truquées. Mais il faut parler avec Assad. Le dialogue entre le gouvernement et l’opposition est décisif. En France par exemple, on m’a dit que l’opposition ne voulait pas discuter avec Assad. Mais avec qui voulez-vous qu’ils parlent sinon pour résoudre le conflit ? »

Lebanon Diocese of Zahle unofficial tent refugee camp at the out

Par ailleurs, le cardinal Rahi a expliqué que les musulmans du Proche-Orient avaient besoin de Jésus-Christ et des valeurs de l’Évangile. « De quoi les musulmans du Proche-Orient entendent-ils parler aujourd’hui ? De la guerre, de la haine, de la persécution, des assassinats, des déplacements, du fondamentalisme. Mais il faudrait qu’ils entendent parler de choses comme la paix, la justice, les droits de l’homme, le respect de la vie, la fraternité, la liberté et le respect d’autrui. Ils ont besoin du contrepoison de l’Évangile de Jésus-Christ. Il faut qu’ils puissent écouter un autre langage. Ici, on ne parle pas d’amour et de paix. On parle de guerre et de haine. »

Dans ce contexte, le patriarche désigne l’Année sainte commençant en automne comme un « geste prophétique » de Sa Sainteté le pape François. « Il n’y a pas de miséricorde dans le monde qui en a pourtant besoin, surtout de nos jours. Nous prions afin que nous autres chrétiens puissions être des apôtres et des héros de la miséricorde. »

Le patriarche a expressément remercié les bienfaiteurs de l’AED pour leur générosité et leur soutien. « Je remercie les 600 000 bienfaiteurs dans le monde entier, qui aident à travers leurs prières et leur soutien matériel. Au nom de tous les chrétiens du Proche-Orient, je leur exprime toute ma gratitude et ma reconnaissance. Ils représentent la miséricorde de Dieu. Ils sont témoins de cette miséricorde dans cette région élue par Dieu. »