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Aide à l’Église en détresse.

 

Communiqué – De Syrie, le père Ziad Hilal à Montréal

26.05.2016 in AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Communiqué, Mario Bard, Syrie

Montréal

Un jésuite syrien en conférence

Partenaire de longue date d’Aide à l’Église en Détresse (AED), le père Ziad Hilal, jésuite, sera à Montréal le vendredi 3 juin prochain afin de donner une conférence, dès 19 h, au Centre Saint-Pierre à Montréal. Le thème est « Comment se portent nos sœurs et frères en Syrie? » 

Le père Ziad, lors d'une rencontre des membres du Service Jésuite des Réfugiés.

Le père Ziad, lors d’une rencontre des membres du Service Jésuite des Réfugiés à Homs.

Jusqu’en 2015, le religieux a dirigé un Centre social à Homs, ville stratégique du centre-ouest du pays, où l’on s’occupe toujours des déplacés et des réfugiés, travail soutenu en partie par Aide à l’Église en Détresse. Dans cette ville aujourd’hui dévastée, ils étaient 125 000 chrétiens avant le début des hostilités; il ne serait plus que 50 000 aujourd’hui.

« Depuis 2011, ma vie a totalement changé », confiait le père Ziad en juin 2015. « Je n’ai plus du tout de temps pour moi […], il y a tout simplement trop de travail. Mais je ne m’en plains pas. Le service en vaut la peine. »

Tout juste après cette entrevue accordée à AED, les supérieurs du père Ziad ont décidé de l’envoyer à Londres et à Dublin pour y poursuivre de la formation. « Je quitte la Syrie le cœur en paix », avait-il confié. « Voilà ce que je lance aux chrétiens de Syrie : ayez confiance. Le pays a besoin de vous », citant également le pape François qui abonde dans le même sens.

Ce départ de sa terre natale ne l’empêche pas de conserver des contacts étroits avec la population de son pays. La conférence qu’il donnera permettra d’en savoir un peu plus sur la situation actuelle de la population, prise en étau entre différents groupes de combattants – on en comptait 16 à un certain moment à Homs! – ayant différents objectifs.

Crainte pour les chrétiens

En 2014, le prêtre confiait à AED : « Les armes ne mettront pas fin à l’effusion de sang en Syrie. […] En Syrie, même le gouvernement et l’opposition doivent entamer un dialogue. De même, il faut stopper autant les livraisons d’armes que l’infiltration de djihadistes venus de tous les coins de la Syrie. »

Il indiquait aussi : « Les chrétiens font partie intégrante de ce pays, de sa culture et de son histoire. Mais s’il n’advient pas de changement fondamental, un jour ou l’autre, nous aurons la même situation qu’en Iran ou en Turquie. Dans ces pays, il y avait aussi jadis des communautés chrétiennes florissantes, mais aujourd’hui, il n’en reste presque plus rien. Dieu nous garde que nous autres chrétiens syriens soyons menacés par le même destin » avait-il conclu.

Destruction dans la vieille ville de Homs.

Destruction dans la vieille ville de Homs.  

La conférence – gratuite et ouverte à tous – aura lieu le vendredi 3 juin, à 19 h, au Centre Saint-Pierre, 1212 rue Panet à Montréal.
Accès par la station de métro Beaudry.
Pour information : 514-932-0552.

 

 

 


 

Communiqué: Appel d’un évêque à la suite des carnages

26.05.2016 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Adapted by Amanda Bridget Griffin, AED, John Pontifex, Persécution, PROJETS AED, Refugiés, Syrie

Syrie

Appel de Mgr Chbeir à la suite des carnages

 

Tartous_Maronite Cathedral_Maronite Bishop Geroges Chbier

Tartous -Évêque maronite Chbier

 

En entrevue avec Aide à l’Église en Détresse, l’évêque maronite de Lattaquié a décrit les efforts désespérés que lui et sa communauté chrétienne font afin de prendre en charge les blessés et les mourants, à la suite des multiples attaques perpétrées par l’État islamique (ÉI) à Tartous et Jableh, qui ont fait jusqu’à maintenant plus de 200 morts et près de 650 blessés.

 

Mgr Antoine Chbeir a souligné que les attaques du lundi 23 mai dernier dans son diocèse étaient les premières de ce genre dans cette zone où des Syriens déplacés sont rassemblés par centaines de milliers, l’un des derniers endroits sûrs du pays. L’évêque a décrit les efforts désespérés du clergé et d’autres membres du diocèse pour aider les blessés et les mourants, précisant qu’hier (mardi 24 mai) ses prêtres ont commencé à enterrer les morts.

 

En entrevue téléphonique, Mgr Chbeir a déclaré : « Nous essayons d’aider les gens et de prendre soin des blessés. C’est une situation très dramatique, et lorsque la catastrophe a frappé, nous nous sommes demandé si nous pourrions y faire face. À l’heure actuelle, nos prêtres et notre personnel sont sur place. Ils rendent visite aux gens, dont beaucoup ont une jambe cassée et des plaies profondes, sans oublier de mentionner les conséquences psychologiques. »

 

1 Syria ChbeirNouvel exode?

 

Dans cette zone contrôlée par le gouvernement, qui est restée presque totalement indemne malgré cinq années de guerre, l’évêque averti que les attaques sur ces deux villes côtières, attribuées à l’État islamique, pourraient provoquer une augmentation du nombre de personnes fuyant la Syrie. Selon l’évêque, il y a eu cinq explosions mardi, à Jableh, tuant 110 personnes et en blessant 340 autres, en plus de quatre autres explosions qui ont eu lieu vers 9 h 30 du matin, faisant plus de 100 morts et 300 blessés.

 

Mgr Chbeir se trouvait à moins de trois kilomètres des explosions, à son domicile. « Ces attaques sont les premières que nous ayons subies ici, au cours de cette période de guerre, et elles auront des conséquences dramatiques. S’il n’y a pas de zones de sécurité en Syrie, les gens quitteront le pays – sans doute pour de bon… Beaucoup d’entre eux partiront par la mer », estime-t-il. L’évêque a évoqué le profond besoin de reconstruire l’espoir. « Aujourd’hui, nous sommes plus déterminés que jamais à rester en Syrie. À chaque fois que nous aurons un attentat à la bombe, nous ferons tout ce qu’il faut pour rester dans le pays où nous vivons », a-t-il indiqué.

 

L’évêque, qui est un partenaire de premier plan des projets d’Aide à l’Église en Détresse dans la région, a déclaré que sa réponse à la crise repose sur le soutien d’AED aux milliers de personnes déplacées dans la région, laquelle consiste en des vivres, des abris et des médicaments. « Tout d’abord, nous avons besoin d’aide physique et matérielle, juste pour aider les victimes à avoir quelque chose à manger, et pour les aider à prendre soin de ceux qui souffrent le plus », estime Mgr Chbeir.

 

Aide à l’Église en Détresse Canada continue à recueillir les dons pour les déplacés et réfugiés en Syrie. Pour faire un don : 514-932-0552, poste 222, ou encore via l’adresse web suivante : secure.acn-aed-ca.org/fr/

 

« Nous prenons soin de gens, non pas à cause de leur religion particulière, mais parce qu’ils sont des êtres humains. » Il a déclaré que les besoins de la population ont augmenté parce que l’économie syrienne manque de nourriture et d’autres articles de base. « Tartous est en plein marasme. Au cours des deux dernières semaines, la monnaie syrienne a perdu 40 % de sa valeur. L’État syrien n’a aucun revenu. Il ne fait que dépenser. Les sanctions économiques contre la Syrie affectent vraiment la population. » Il a conclu : « En ce mois de mai, nous prions Notre-Dame de nous aider. Merci à Aide à l’Église en Détresse de continuer à nous soutenir. »

 

Transformer ces criminels en êtres humains

 

L’évêque a dénoncé l’attentat, confirmant la rumeur selon laquelle il avait été perpétré par l’ÉI. « Les membres de l’État islamique sont des barbares. Le pire, c’est qu’ils commettent ces horreurs au nom de Dieu. Au nom de Dieu, ils tuent des gens partout dans le monde. » Par contre, l’évêque estime que des représailles ne seraient pas la réponse. « Nous devons appeler à la paix. Nous ne devons pas tuer ces criminels. Nous devons transformer ces criminels en êtres humains qui se soucient de la vie humaine. »

 

D’après des rapports en provenance de la région, l’objectif apparent de l’ÉI était de frapper le régime Assad au cœur de son bastion, lequel est soutenu par la flotte russe toute proche.

 

 

Propos recueillis par John Pontifex, AED International

Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 

 

 


 

 

Entrevue-Mali Réconciliation essentielle pour une paix durable

20.05.2016 in Adaptation Mario Bard, AED, Emmanuelle Kaeser (ACN France)

Photo: financement pour la construction dans la paroisse de Eze, à Bandiagara

 

Entrevue-Mali
Réconciliation essentielle pour une paix durable

Le père Germain Arama du diocèse de Mopti à Mali, visite l'AED International le 21 avril, 2013

Le père Germain Arama du diocèse de Mopti à Mali, visite l’AED International le 21 avril, 2016

Le Père Germain était de passage aux bureaux internationaux d’Aide à l’Église en Détresse le jeudi 21 avril dernier. Né à Mopti au Mali, il a fait son séminaire à Bamako, et exerce maintenant son ministère comme économe diocésain du diocèse de Mopti (environ trois millions de personnes dans cette région). Voici une entrevue réalisée par notre collègue Emmanuelle Kaeser.

 

Dans un pays principalement musulman, agité par les rébellions touaregs et la menace djihadiste, comment se porte le diocèse de Mopti qui se trouve au centre du Mali?

Il existe une progression considérable du nombre de catholiques et des sacrements qui sont donnés. Rien que pour 2015, il y a eu 1400 baptêmes, 674 confirmations, presque autant de premières communions et 140 mariages. Pour vous donner un ordre d’idée, on ne recensait en 2012 que 600 à 700 baptêmes!

 

Qu’est-ce qui explique cette croissance?

En voyant vivre les chrétiens, en voyant ce qu’ils font pour les autres, les gens sont convaincus qu’ils suivent la bonne voie. Ils se disent : « ah, ils ne sont pas nombreux, mais ce qu’ils font est vraiment louable ». Les conversions se font beaucoup dans le sens : religion traditionnelle de nos ancêtres vers le catholicisme. Par exemple, un jour, une paroisse aidait des gens à creuser des puits par-ci par-là. Quand la population du village réalise que ce sont des chrétiens à l’œuvre, le chef animiste se convertit au catholicisme avec toute sa famille : 10 personnes.

 

L’augmentation du nombre de catholiques n’est-elle pas une conséquence de la fuite des chrétiens du nord vers le sud?

Je ne pense pas. Les chrétiens du nord qui ont fui vers chez nous n’étaient pas nombreux : cinq ou six à Kidal; 20 à Tombouctou; 100 à 200 personnes à Gao. En plus, ils étaient déjà baptisés. Alors, oui, ils sont venus gonfler un peu le nombre des chrétiens de notre diocèse, mais pas celui des baptisés.

 

Le nombre des prêtres grandit-il proportionnellement au nombre de baptisés?

Proportionnellement, on ne peut pas dire ça, mais, dans mon diocèse, on compte à peu près 30 prêtres aujourd’hui dont cinq jeunes ordonnés l’année dernière et, si tout va bien, quatre nouveaux pour les deux années à venir. Et au grand séminaire, ils sont huit. Mais dans certaines régions, il y a encore du travail. On peut encore trouver des zones où il n’y a que quatre prêtres pour 250 paroisses ou chapelles-églises!

 

Quels sont les besoins spécifiques de votre diocèse?

Déjà, nous comptons beaucoup sur vos prières, mais nous avons aussi des besoins matériels. En tout, nous avons sept paroisses et chacune a sa langue. On vient d’inaugurer une nouvelle paroisse qui ne dispose pas encore de bureaux. On a besoin de formations. Dans certains villages, il y a quatre ou cinq mosquées – magnifiques! – et nous, les catholiques, sommes dans une sorte de hangar. On a aussi besoin que des congrégations de religieuses viennent nous aider dans la pastorale et pour cela, il faut que nous puissions les loger.

 

Mopti - Mali: Il n'est pas facile d'avoir des photos car certains ont encore peur croyant qu'ils seront traités non pas comme des réfugiés mais comme des rébelles. Certains enfants malnutris sont accueillis dans notre centre de santé.

Mopti – Mali: il n’est pas facile d’avoir des photos car certains ont encore peur, croyants qu’ils seront traités non pas comme des réfugiés mais comme des rebelles. Sur la photo, des enfants mal-nourris sont accueillis dans un centre de santé.

En quoi les religieuses sont-elles particulièrement précieuses?

Elles sont particulièrement précieuses pour l’accompagnement de la femme. Chez nous, on dit : « La maison appartient à la femme »; elle a un rôle très important auprès de ses enfants, de son mari. Elle se lève avant tout le monde et se couche après tout le monde. Pour ne pas tomber dans le découragement, elle a besoin d’être accompagnée. Il y a aussi les jeunes filles. À Sévaré par exemple, là où les religieuses seront installées quand les moissons sont finies, il n’y a pas tellement d’activité dans les villages, donc toutes les jeunes filles viennent chercher du travail en ville. Elles se font exploiter, attrapent des maladies en tout genre… il leur faut un accompagnement.

 

Au Nord du pays, reste-t-il des catholiques?

Le peu qui reste, ce sont surtout des expatriés : des militaires venus de France (opération Barkhane), de la MINUSMA, des Casques Bleus, des Togolais, des Ivoiriens.

 

Aucun Malien catholique?

Si, ceux qui travaillent dans l’administration ou les enseignants (comme à l’école Sainte-Geneviève, à Gao). À Noël, ils étaient plus de 200 l’année dernière. Idem pour Pâques. Mais, je ne crois pas que ce soit par conviction. Ils travaillent là par nécessité. Il faut gagner le pain quotidien.

 

Pouvez-vous me confirmer que l’Église ne s’est pas vraiment réinstallée au nord depuis 2012, ni à Gao ni à Tombouctou, à cause de l’insécurité? Pas de résidence de prêtres et pas d’église de manière stable?

C’est vrai, il y a une situation difficile. Il y a les kamikazes, les bombes posées par-ci par-là. Toute pastorale est en attente. Le seul prêtre qui vient de temps en temps célébrer part en avion encadré par des militaires; ou bien, s’il vient en voiture, ça lui prend une journée. Il a au moins 600 à 700 km à parcourir. Impossible pour lui de s’installer sur place. Dans le nord, quand tu pars travailler, tu quittes ta famille le matin, mais… vas-tu rentrer le soir et la retrouver? Chrétiens ou pas, on peut tous être frappés par le même bâton. Mais, je pense qu’il faut espérer, inviter à la paix et à la réconciliation.

 

Seminaristes en formation: Mopti 2014-2015

Séminaristes en formation: Mopti 2014-2015

 

Pourtant, il y a quelques années, il existait des communautés chrétiennes dans le nord?

Oui, des Missionnaires d’Afrique, à Gao, et des religieuses, mais qui sont partis. Certains ont quitté le mali, d’autres sont à Bamako.

 

Existe-t-il encore des tensions entre chrétiens et musulmans dans le pays?

Les chrétiens et les musulmans se côtoient, du matin au soir, et les problèmes ne viennent pas de là. Au début de la rébellion, certains ont cru que les causes étaient confessionnelles, mais en fait, ce n’était pas ça. La région du nord, appelée Azawad, voulait l’indépendance et a profité de la crise en Libye pour obtenir de l’aide dans son combat. C’est surtout ça le problème.

 

Qui sont ces djihadistes?

Il y a 2 sortes de djihadistes, 2 visions différentes : ceux qui se sont mêlés aux rebelles pour obtenir l’indépendance de l’Azawad et ceux qui veulent que tout le Mali soit musulman. D’ailleurs, ils ne s’entendaient pas.

 

Que sont devenus les adeptes de la charia au Mali? Certains sont-ils encore dans le pays?

Ils ont été repoussés. Quelques-uns sont morts, d’autres, on ne sait pas où ils sont. Ils ont dû se cacher, fuir vers la Mauritanie, vers l’Algérie, ça et là. Mais il faut reconnaître que certains sont encore avec nous, parmi nous. Certains sont même originaires de nos villages. Voilà pourquoi on remarque encore des attentats, des kamikazes.

 

Quels sont les principaux défis à relever pour l’Église catholique aujourd’hui?

La réconciliation. Les chrétiens ont perdu des parents. Les musulmans aussi ont perdu qui un oncle, qui un frère. Il y a eu tellement de complots! Il faudrait que les gens acceptent vraiment de se réconcilier. Et si nous, Chrétien, nous voulons une paix durable, il faut que nous passions par cette réconciliation. C’est inévitable.

 

La réconciliation est-elle possible?

Oui, mais les médias qui rapportent encore les attentats et les tensions montrent que ce n’est pas fait. Il faut que l’Église catholique sensibilise les gens en leur disant qu’il y a eu des erreurs commises, on a fait des faux pas, mais que le monde tourne toujours.

 


 

Belle histoire : rénovation du couvent des Carmélites de Reyes

11.05.2016 in ACN Canada, Adapted by Amanda Bridget Griffin, AED, Aide à l'Église en détresse., bolivie, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

 

Bolivie

 

Success Story: Rénovation du couvent des Carmélites à Reyes 

          

Le couvent des Carmélites de Reyes a été fondé en 1979 par huit sœurs originaires d’Espagne. L’évêque de l’époque n’aurait jamais osé rêver que des sœurs cloîtrées s’installent un jour dans son vicariat, car il se situe dans une zone de forêt vierge, une région défavorisée et oubliée. Mais alors qu’elle était encore une jeune novice, Sœur Maria Teresa de l’Enfant Jésus avait déjà ressenti le désir de fonder un Carmel dans une zone de mission. Trente ans plus tard, ce grand rêve s’est réalisé. Les sœurs espagnoles voulaient être proches des missionnaires et les soutenir par leur prière. Mais elles voulaient surtout donner aux jeunes autochtones l’occasion de découvrir la richesse de la vie contemplative. Ce fut un succès, car la communauté a grandi. En 1991, quelques Carmélites ont pu être envoyées d’ici dans le Carmel de Cochabamba, situé dans les Andes, et dont les sœurs étaient à l’époque très âgées. En 1995, les sœurs espagnoles qui avaient fondé le couvent ont pu revenir paisiblement dans leur pays, car il y avait assez de vocations autochtones.

 

ACN-20160201- BOLIVIA

 

 

Les sœurs du couvent de Reyes sont jeunes, la plupart ont entre 30 et 40 ans. Elles gagnent leur vie en créant et en restaurant des images de saints, en cousant et brodant des vêtements liturgiques, de même qu’en produisant et vendant des conserves de fruits et de yogourt. Elles cultivent également des fruits et légumes dans leur jardin pour leurs propres besoins. Mais tout cela ne suffit que pour leurs très modestes besoins quotidiens.

 

Ces dernières années, les carmélites ont dû faire face à la nécessité de réparer les dommages subis par leur couvent, car il a été construit en 1980 et n’a jamais été rénové depuis lors. Les fortes pluies, le soleil et l’humidité avaient endommagé le bâtiment, et les carmélites n’avaient pas d’autre choix que d’effectuer les travaux nécessaires.

Sœur Susanne-Marie de la Sainte-Trinité nous a écrit, en février de l’année dernière, pour nous dire quelle grande surprise et quelle joie elle a ressenties en tenant dans ses mains la lettre de promesse de don. Les travaux de rénovation ont maintenant pu s’achever, et Sœur Susanne remercie à nouveau tous les donateurs : « Nous remercions Dieu, l’Aide à l’Église en Détresse, et tous les bienfaiteurs ! Que Dieu vous comble tous de ses bénédictions et vous accorde la vie éternelle ! Que Dieu, qui est riche en miséricorde, vous rende le bien que vous faites dans ce monde. Nous vous remercions de tout cœur et vous portons toujours dans nos prières devant le Seigneur. »

 

Grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, nous avons pu aider les sœurs à hauteur de 21 750 $ CAD.

 

Pour faire un don destiné à ce projet ou bien à un projet similaire, merci de le faire en ligne sur notre nouvelle page de don sécuriser.

Si vous préférez nous appeler ou nous écrire, veuillez trouver nos coordonnées ici.

 


 

Projet de la semaine – des Bibles de l’enfant à Pakistan

04.05.2016 in ACN Canada, ACN International, Adapted by Amanda Bridget Griffin, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED, Projets pastorale

20120109_010 PAKISTAN KARACHIPakistan
5 000 Bibles de l’enfant en langue ourdou

Au Pakistan, les chrétiens sont discriminés à bien des égards, ils subissent des pressions et sont défavorisés. La plupart d’entre eux font partie des classes sociales les plus basses, et il leur est difficile de progresser dans la société. Beaucoup d’entre eux sont balayeurs de rues ou domestiques.

Ils veulent que leurs enfants vivent mieux, mais cela est rendu difficile parce que les musulmans sont en général favorisés, et qu’à égalité de formation, leurs chances de réussite sont meilleures. D’autre part pour les chrétiens, envoyer leurs enfants à l’école représente un grand sacrifice. Les mères et même les sœurs aînées doivent souvent aller travailler pour payer les frais de scolarité.

En général, les familles ont beaucoup d’enfants, et ceux-ci sont considérés comme un don de Dieu et un espoir pour l’avenir. Les parents sont fiers d’avoir bien éduqué leurs enfants, mais la plupart d’entre eux ne savent ni lire ni écrire. C’est pourquoi ils peinent à aider leurs enfants.

De plus, si les enfants chrétiens vont dans une école publique, ils se retrouvent dans un environnement islamique qui les presse de renoncer à leur foi. Afin de pouvoir s’enraciner profondément dans leur foi, la plupart d’entre eux vont dans l’une des nombreuses écoles du dimanche de leurs paroisses.

Ils y grandissent dans la foi de l’Église, ils y prient et ils y chantent ensemble. Ils apprennent aussi à mieux connaître la Bonne Nouvelle, et donnent des représentations de théâtre portant sur des récits de la Bible. Cela permet non seulement d’embellir les fêtes, mais aussi d’enseigner ces récits bibliques aux adultes, dont beaucoup ne peuvent même pas lire la Bible.

Les Sœurs de Saint Paul qui se consacrent à l’apoChild's Biblestolat des médias et travaillent également au Pakistan depuis 1965 publient de la littérature religieuse et du matériel catéchétique. Actuellement, elles voudraient publier une Bible pour enfants contenant de petites prières en plus des récits bibliques. Cette Bible est censée être utilisée dans les écoles du dimanche et pour l’instruction religieuse des écoles confessionnelles de l’Église.

« Si les enfants connaissent leur foi, les parents ont moins peur de les envoyer à l’école publique », disent les religieuses. En effet, le risque est alors plus faible qu’ils se laissent détourner de leur foi.

Aide à l’Église en Détresse prend en charge l’impression de 5 000 exemplaires, à hauteur de 9 425 $ CAN.


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Entrevues Alep : « À Pâques, nos enfants reçoivent des cercueils »

29.04.2016 in #callitgenocide, Adaptation Mario Bard, Oliver Maksan, Syrie
Suffering Aleppo - smoking and burning cars in the street The pictures shows the desastrous effects of the ongoing fighting in Aleppo. The Pictures were sent by a Syrian Sister (who works there with the help of ACN) as example for the bombings in Aleppo. She took it from different facebook sources – copyright and sources not clear: The pictures are JUST FOR ILLUSTRATION OF THE STORY – NOT FOR PRESS

La souffrance à Alep – Crédit photo: Facebook

Alep, Syrie

Entrevues : « À Pâques, nos enfants reçoivent des cercueils »

Les combats ont repris à Alep – « Si cette situation persiste, encore plus de chrétiens partiront », craint Mgr Antoine Audo, archevêque chaldéen d’Alep

 Dans l’ancienne métropole économique d’Alep, en Syrie, les combats entre le gouvernement et l’opposition ont repris, comme le rapportent des représentants ecclésiastiques catholiques dans un entretien avec Aide à l’Église en Détresse.

 

 

 

« Depuis la semaine dernière, les combats se sont à nouveau massivement renforcés. Surtout depuis samedi, c’est très grave. La situation de la population est catastrophique. Il y a tant de morts et de blessés. J’espère que l’escalade de la violence va cesser, mais c’est déjà très grave. Si les combats continuent comme cela, encore plus de chrétiens quitteront Alep », estime Mgr Antoine Audo, archevêque chaldéen de la ville, dans un entretien accordé mardi à l’organisme international de charité catholique.

Il ajoute : « Avant la guerre, Alep comptait plus de 150 000 chrétiens de différentes confessions. Aujourd’hui, environ deux tiers d’entre eux sont des déplacés dans leur propre pays ou se sont réfugiés à l’étranger, par exemple au Liban, mais aussi dans les pays occidentaux ».

Ceux qui restent sont surtout les personnes âgées et les pauvres. L’archevêque affirme « C’est d’eux que nous nous occupons maintenant, et notamment grâce au soutien d’AED. Mais, leur situation est inquiétante à tout point de vue. La pauvreté et un mauvais approvisionnement marquent profondément le quotidien. »

Par ailleurs, Mgr Audo a déclaré que pour les groupes de rebelles du front Al-Nosra, dominés par les djihadistes – et qui contrôlent encore certaines zones d’Alep –, il importe de semer la peur et la terreur par des fusillades et des bombardements. « Ce sont des groupes financés par l’étranger. Ils ne viennent pas de Syrie. Chez nous, les relations entre les chrétiens et les musulmans étaient bonnes, et le sont toujours. Naturellement, le fanatisme existait déjà auparavant. Mais, en général, les relations étaient bonnes. Nous autres chrétiens étions reconnus. À Alep, il en est toujours ainsi. Ça s’est même encore amélioré. En effet, les musulmans nous respectent à cause de notre travail caritatif et du soutien dont ils bénéficient. J’espère de tout cœur qu’après cette guerre, nous aurons une Syrie où tous sans exception jouiront des pleins droits et de l’égalité. »

Suffering Aleppo - schoolbag and textbook of one of the little victims The pictures shows the desastrous effects of the ongoing fighting in Aleppo. The Pictures were sent by a Syrian Sister (who works there with the help of ACN) as example for the bombings in Aleppo. She took it from different facebook sources – copyright and sources not clear: The pictures are JUST FOR ILLUSTRATION OF THE STORY – NOT FOR PRESS

Souffrance à  Alep – sac d’école d’un enfant victime des vilences.  Crédit photo: Facebook

Cessez-le-feu : « nous nous sommes trompés »

Interviewée par AED, Sœur Annie Demerjian rapporte également que les combats à Alep ont empiré. « Lundi, c’était très grave. 17 personnes sont mortes sous les coups de feu, dont six enfants. Il y avait beaucoup de chrétiens parmi eux », déplore la religieuse, qui persévère depuis des années dans cette ville divisée entre le gouvernement syrien et l’opposition.

« Les blessés viennent s’ajouter aux morts. L’une des femmes qui m’aident a été choquée en voyant un transport de personnes grièvement blessées. De plus, tant de magasins, de maisons et de voitures ont été détruits à cause des bombardements. Nous espérions tant que le cessez-le-feu des dernières semaines marque le début de la fin de cette guerre. Nous étions vraiment pleins d’espoir. Mais, nous nous sommes trompés. Il y a longtemps que cela n’a pas été aussi grave qu’aujourd’hui. Des centaines de bombes et d’obus ont été tirés. La dernière fois que nous avions des combats de cette violence, c’était à Pâques 2015. » Tout comme les autres habitants, les chrétiens qui sont toujours à Alep sont désespérés et épuisés.

ACN-20160428-39863« Après tant d’années de guerre, les gens n’en peuvent tout simplement plus. Ils ont l’impression que tout recommence! Cela les rend tristes et furieux. Un père m’a demandé de prier pour ses enfants afin qu’ils rentrent sains et saufs à la maison. Je ne sais pas si on peut s’imaginer l’effroi que ces gens peuvent endurer. Et pas seulement depuis hier. Je crois que nous, ici à Alep, sommes les plus touchés par la guerre en Syrie. Et nous n’arrivons simplement pas à comprendre pourquoi des innocents doivent endurer tant de souffrances. »

Cadeau de Pâques orthodoxes : un cercueil…

Selon Sœur Annie, les chrétiens orthodoxes d’Alep appréhendent l’approche de leur fête de Pâques, dimanche prochain. « Un chrétien orthodoxe m’a dit récemment que dans le monde entier, les enfants recevaient des cadeaux à Pâques. Mais, à Alep, ils reçoivent des cercueils. N’est-ce pas infiniment triste d’entendre cela? » Avec insistance, la religieuse a invité à la prière pour la population opprimée par la guerre en Syrie. « Je vous en supplie, priez pour nous. Dieu est notre dernier soutien. »

Le Père franciscain Ibrahim Alsabagh parle également de violents combats à Alep. « Les bombardements ont recommencé. Récemment, une roquette est tombée dans notre zone d’Azizieh, une maison a été détruite, d’autres endommagées.

Syria, Aleppo, February 2016 SYRIA / ALEP-LAT 15/00031 Extraordinary help for the Christian families (electricity): Fr. Ibrahim Alsabagh

Père Ibrahim Alsabagh

Dans certaines zones, comme Midan par exemple, la situation était extrêmement critique. Les ouvriers employés dans notre monastère sont venus au travail les yeux rougis, morts de fatigue, parce qu’ils n’ont pas dormi de la nuit », assure le franciscain qui œuvre à Alep. « La hausse du dollar se poursuit, tandis que les gens ont de plus en plus de difficultés à gagner un peu d’argent pour acheter de quoi manger. Pour nous, c’est une course sans fin, car la totalité du travail humanitaire nous retombe sur les épaules, alors que nous sommes vraiment bien organisés et que beaucoup de bénévoles et de collaborateurs nous apportent leur aide. Mais, chaque jour, de plus en plus de gens frappent au portail de notre monastère, mais il y a aussi beaucoup de familles et de gens qui rendent grâce au Seigneur de la présence des frères franciscains, parce que nous sommes restés à Alep pour aider ces gens désespérés. »

AED soutient les chrétiens d’Alep depuis des années. À travers nos partenaires, les Églises locales, cette aide soutient notamment des programmes visant à donner des vêtements, de la nourriture et des médicaments, auxquels viennent s’ajouter des subventions de logements et d’études. Par ailleurs, AED apporte son soutien aux chrétiens de Syrie et d’Irak obligés de fuir la guerre et la terreur, et qui cherchent refuge dans d’autres régions de leur propre pays ou dans les pays avoisinants.

 

Par Oliver Maksan, AED International 
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

 


 

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Communiqué : colloque sur les chrétiens victimes de génocide

19.04.2016 in Adaptation Mario Bard, Aide à l'Église en détresse., liberté religieuse, Mario Bard, Moyen-Orient, Persécution, Voyager avec l'AED

Colloque sur la persécution des chrétiens à Montréal

Participation d’Aide à l’Église en Détresse Canada

« De notre côté, nous estimons que les chrétiens de Syrie et d’Irak subissent un génocide lent, mais certain », déclare Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien de l’organisme international de charité catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

À l’invitation de l’organisme Solidarité International Trinitaire, elle fera partie d’un panel réunissant Sami Aoun, géopolitologue, et Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque grec catholique melkite d’Alep en Syrie, et animé par le journaliste Pierre Maisonneuve. Le thème dont ils discuteront : « Les chrétiens dans le monde sont-ils victimes d’un génocide? »

 

Le panel, qui se déroulera le samedi matin 23 avril à 9 h, ouvrira le colloque du même nom, qui aura lieu du 22 au 24 avril, au Grand Séminaire de Montréal, 2065 rue Sherbrooke Ouest.

 

« La question est large », estime la directrice qui est en poste depuis 15 ans. « Quand on parle de génocide, il faut être extrêmement prudent quant aux genres de situations que l’on veut qualifier. Si on parle de ce qui se passe en Irak et en Syrie, il est clair que l’État islamique (ÉI) fait tout pour éliminer la présence chrétienne et d’autres minorités religieuses. »

 

Le Canada : toujours en attente

 

« Pour parler de génocide, nous nous référons toujours à la définition qu’en donne le droit international », indique-t-elle, « C’est-à-dire : comme un acte “commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux”. L’État islamique (ÉI) est coupable de génocides, selon le Parlement européen et le Secrétariat d’État américain. Maintenant la question demeure : à quand une reconnaissance par le gouvernement du Canada? »

Partie de l'affiche annonçant le Colloque.

Partie de l’affiche annonçant le Colloque.

 

En février dernier, Mme Lalonde a fait parvenir une lettre au premier ministre Justin Trudeau et au ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, demandant que le gouvernement canadien reconnaisse que ce qui se passe en Syrie et en Irak est un génocide contre les chrétiens et les minorités religieuses.

 

Aide à l’Église en Détresse (AED), organisme international de charité catholique, travaille depuis plus de 60 ans afin de conscientiser la population au sort des chrétiens persécutés et à la question de la liberté religieuse. À tous les deux ans, le rapport Persécutés et oubliés? dresse un portrait de la situation des chrétiens dans le monde, alors que – également publié tous les deux ans —, le Rapport sur la liberté religieuse dans le monde englobe toutes les traditions religieuses.

 

Le Colloque Les chrétiens dans le monde sont-ils victimes d’un génocide? se tiendra du vendredi 22 avril 16 h, au dimanche 24 avril midi. Traduction simultanée, contribution volontaire. Grand Séminaire de Montréal : 2065 rue Sherbrooke Ouest, métro Guy-Concordia.


 

Délégation catholique-orthodoxe : en Syrie

14.04.2016 in #callitgenocide, AED, Aide à l'Église en détresse., Liban, Moyen-Orient, PAIX, Persécution, Prière, Projets pastorale, Russie, Syrie, Témoignage

Syrie 08 Avril 2016
Al-Qaryatayn quelques jours après la libération de la ville des mains de l’État islamique. 

Russie/Syrie

Délégation catholique-orthodoxe :
une « réaction concrète à la rencontre entre le pape et le patriarche de Moscou »

ACN Middle East specialist, Father Halemba in front of St Elian Church (Syriac Orthodox) in Ql-Qaryateyn

 Le père Halemba devant l’église Elian (orthodoxe) 

Peter Humeniuk, expert de la Russie auprès de l’œuvre internationale de charité catholique Aide à l’Église en Détresse  a désigné le voyage d’une délégation catholique-orthodoxe au Liban et en Syrie comme une « réaction concrète » à la déclaration commune signée par Leurs Saintetés le pape François et le patriarche russe orthodoxe Cyrille.

Peter Humeniuk a expliqué l’objectif du voyage était de suivre ce que François et Cyrille : « ont dénoncé d’une seule voix : la persécution des chrétiens et la situation dramatique des chrétiens du Moyen-Orient. » D’ailleurs, « c’était l’une des raisons de leur rencontre historique en février de cette année », a rappelé Humeniuk. « L’Église catholique et l’Église russe orthodoxe de Russie ont suivi le message de leurs primats et ont entrepris des mesures afin de réagir en commun à la souffrance des chrétiens du Moyen-Orient. »

Selwanos Boutros Al-Nemeh (left) and His Holiness Moran Mor Ignatius Aphrem II

Selwanos Boutros Al-Nemeh (gauche) et Moran Mor Ignatius Aphrem II

La semaine dernière, plusieurs personnes participaient à cette délégation. Mgr Paolo Pezzi, président de la conférence épiscopale catholique de Russie, l’hiéromoine Stefan Igumnov, secrétaire pour le dialogue interchrétien du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le Père Andrzej Halemba, expert du Moyen-Orient auprès d’AED, ainsi que Peter Humeniuk y ont rencontré des représentants de différentes confessions chrétiennes pour donner « un signal de solidarité » et pour « évaluer les possibilités de mesures de soutien communes ».

De très grands besoins

Au Moyen-Orient, la rencontre en février entre le pape et le patriarche de Moscou a été accueillie de manière « très positive » et « avec une grande attention ». L’entrevue des deux primats y a été considérée comme un « signal fort que les confessions chrétiennes devaient s’exprimer d’une seule voix et faire face à la situation engendrée par la souffrance, la guerre et la persécution. »

Durant ce voyage, il a été décidé de domaines concrets de coopération entre les différentes Églises chrétiennes du Moyen-Orient, comportant notamment la documentation des lieux saints détruits par la guerre en Syrie, afin d’évaluer les dommages, ainsi que la collecte de témoignages sur le martyre de chrétiens syriens dans le but de les sauvegarder pour la postérité. Par ailleurs, il a été envisagé d’entreprendre une action commune au bénéfice des enfants. Le voyage de la délégation catholique orthodoxe était une première étape, et il est prévu que « d’autres suivront ».

Peter Humeniuk a souligné : « Maintes fois, nous avons entendu dire au cours de ce voyage que, pour de nombreux chrétiens du Moyen-Orient, l’essentiel était que leurs évêques restent auprès d’eux, et que la remise en état des salles et édifices religieux ayant été détruits – et où se déroule la vie spirituelle des communautés –, leur tenait plus à cœur que la reconstruction de leurs propres maisons d’habitation. Le troupeau veut se rassembler autour de ses bergers. Cela m’a beaucoup impressionné. Il est évident que la reconstruction des bâtiments exige tant de moyens financiers, qu’ils ne pourront pas être mobilisés à court terme. Mais nous réfléchissons déjà à l’avenir. »

Aide à l’Église en Détresse avait organisé ce voyage, car la Fondation Pontificale est très active au Moyen-Orient et s’engage simultanément depuis 25 ans en faveur du dialogue entre l’Église catholique et l’Église russe orthodoxe.

La délégation s’est rendue à Beyrouth et à Damas, ainsi que dans la plaine de la Bekaa, à la frontière entre la Syrie et le Liban, où de très nombreux Syriens déplacés ont trouvé refuge. Quelques familles de réfugiés vivant à Zahlé, au Liban, ont dépeint leurs destins à la délégation.

 Russia Syria 1

 

Parmi les représentants des Églises que la délégation a rencontrées, se trouvaient au Liban S.E. le cardinal Bechara Boutros Raï, patriarche maronite, et l’archevêque Mgr Gabriele Caccia, nonce apostolique au Liban. En Syrie, la délégation a respectivement rencontré un représentant du patriarcat grec orthodoxe d’Antioche et du patriarcat melkite grec catholique d’Antioche et de tout l’Orient, puisque les deux patriarches eux-mêmes étaient en voyage à ce moment.

Par ailleurs, la délégation a rencontré S. B. Ignace Éphrem II Karim, patriarche syriaque orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient, l’archevêque Mgr Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie ainsi que de nombreux autres évêque.

 

Article: ACN International
Adaptation : Mario Bard ACN Canada


 

Communiqué : « Nous ne voulons pas vivre sous la domination islamique »

12.04.2016 in Adaptation Mario Bard, Oliver Maksan, Syrie

© Wassim Farkouh

Scène de la destruction à Homs 

Syrie

« Nous ne voulons pas vivre sous la domination islamique »

ACN-20160219-36888

Ignace Éphrem II Karim

Sa Béatitude le patriarche syriaque orthodoxe Ignace Éphrem II Karim a visité la ville d’Al-Qaryataïne, libérée de l’État islamique. Il s’est montré choqué par l’ampleur des ravages.

Après avoir visité la ville syrienne d’Al-Qaryataïne, récemment libérée du joug de l’État islamique (ÉI), Sa Béatitude le patriarche syriaque orthodoxe Ignace Éphrem II Karim éprouve des sentiments mélangés.

Dans un entretien accordé à l’organisme international de charité catholique Aide à l’Église en Détresse, le primat de l’Église syriaque orthodoxe, dont la résidence est à Damas, a déclaré vendredi qu’il se réjouit que la milice terroriste ait été chassée de cette ville habitée par des musulmans et des chrétiens. L’ÉI avait envahi Al-Qaryataïne au mois d’août 2015. « C’est certainement une évolution encourageante. Mais, les habitants qui s’étaient enfuis pleurent parfois en voyant ce qu’est devenue leur ville. En tant que berger, il m’est particulièrement douloureux de voir ces larmes. »

Selon le patriarche, l’infrastructure a été gravement endommagée. « Lorsque je me suis rendu dans la ville vendredi avec nos frères catholiques, j’ai été choqué par l’ampleur des ravages. Lors des combats, beaucoup de maisons ont été entièrement détruites ou très gravement endommagées. Les objets d’ameublement et d’aménagement ont été volés », affirme le chef de l’Église syriaque orthodoxe. « C’était particulièrement douloureux de voir que l’ÉI a délibérément profané les églises. Le monastère syriaque catholique de Saint-Élie autant que notre église syriaque catholique ont été volontairement profanés. Notre église a même été encore plus gravement détruite que le monastère. »

Le patriarche a souligné que sa visite effectuée vendredi conjointement avec les catholiques est un signal important. « Par les temps actuels, nous autres chrétiens devons unir nos ressources. L’ÉI veut tous nous tuer, quelle que soit l’Église à laquelle se rattache un chrétien », ajoute Mgr Ignace Éphrem.

Une haine difficile à surmonter

« L’objectif de ma visite était surtout de donner de l’espoir aux gens. Je leur ai dit de remercier Dieu pour leur vie. Les maisons et les églises peuvent être reconstruites. Mais pas une vie perdue. En tant qu’Église, nous n’en resterons pas aux seuls mots, mais ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider la population avec les travaux de reconstruction. L’essentiel, c’est la foi que Dieu est avec nous. Notre aide vient au nom du Dieu vivant. »

Le patriarche a toutefois concédé que dans ce genre de situation, il est difficile de témoigner de la foi chrétienne et de pardonner à ses ennemis. « Dans ce genre de circonstances, il n’est pas facile de surmonter la haine et de prier Dieu d’accorder le don du pardon. Cela va durer un certain temps jusqu’à ce que les gens en soient capables. C’est humain et c’est compréhensible. Mais, nous ne pourrons pas écarter la disposition à pardonner. C’est un fondement essentiel de la vie chrétienne. »

Une réconciliation possible

Dans ce contexte, le patriarche a souligné que les Syriens avaient beaucoup d’expérience dans la cohabitation des religions. « En Syrie, la guerre n’existait pas entre chrétiens et musulmans. Nous sommes aujourd’hui en présence de terroristes, majoritairement étrangers, qui viennent ici pour combattre dans le djihad. Certes, il existe entre-temps aussi des Syriens qui se sont ralliés à l’idéologie djihadiste. Mais ses idées viennent de l’extérieur, surtout d’Arabie Saoudite et du wahhabisme de ce pays. »

Le patriarche « ne considère pas que la réconciliation entre les Syriens de différentes confessions soit le problème. Cette réconciliation est possible. Car de fait, malgré maintes difficultés, également avant la guerre, nous avons vécu ensemble dans la paix en Syrie. C’était la Syrie que nous connaissions. »

Quant aux efforts menés par les Nations unies pour générer une solution politique au conflit, grâce à des négociations entre le gouvernement syrien et l’opposition, le patriarche estime : « Si nous autres Syriens pouvions régler les affaires entre nous, je pense qu’il n’y aurait pas de problème. Mais nous ne sommes pas naïfs. Les difficultés d’une solution politique au conflit résident dans le fait que des intérêts, autant régionaux qu’internationaux, se heurtent en Syrie. C’est ce qui rend les choses aussi compliquées. »

« Aidez-nous à pouvoir rester ici »

Sa Béatitude Ignace Éphrem II Karim se montre sceptique quant aux représentants de l’opposition syrienne qui négocient avec le gouvernement syrien à Genève. « Bien entendu, j’espère que ces négociations aboutiront. Mais l’opposition là-bas n’a pas beaucoup d’adhérents ici même, en Syrie. En outre, elle compte beaucoup d’islamistes. Ni nous, les chrétiens, ni d’autres ne voulons vivre sous la domination islamique. »

Le patriarche ajoute aussi qu’environ 40 pour cent des chrétiens de Syrie ont quitté leur patrie pour fuir dans les pays voisins ou en Occident. « Je ne me fais pas d’illusions. La plupart d’entre eux ne reviendront pas. Si ça continue comme ça, nous, les chrétiens, disparaîtrons de Syrie, comme nous avons presque entièrement disparu de Turquie et d’Irak. » C’est la raison pour laquelle le patriarche rejette une immigration des chrétiens encouragée par l’Occident.

« La meilleure voie pour nous soutenir, c’est de nous aider à pouvoir rester ici, dans notre patrie. Émigrer en Occident n’est pas une solution. Ce n’est pas une bonne expérience que d’être un réfugié en Europe. Sur le plan culturel, on est déraciné. Ce n’est bon ni pour les réfugiés ni pour les sociétés qui les accueillent. »

Le patriarche explique qu’il existe des lieux de refuge sûrs pour la population, en Syrie et tout autant que dans les pays voisins. « Pour l’Europe, ce serait beaucoup moins cher d’aider nos gens à rester en Syrie ou à vivre provisoirement au Liban ou ailleurs. Toutefois, il est important d’appuyer les projets de l’Église sur place. Nous sommes très reconnaissants à Aide à l’Église en Détresse d’opter pour cette voie et d’aider la population sur place. J’espère que plus d’organisations suivront cet exemple. »

 

Article d’Oliver Maksan, ACN International
Adaptation : Mario Bard ACN Canada


 

Reportage : « Les fruits de votre amour nous consolent »

07.04.2016 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Aide à l'Église en détresse., Non classifié(e), Oliver Maksan

Syrie

Reportage : « Les fruits de votre amour nous consolent »

Father Ibrahim

Père Ibrahim

Malgré le cessez-le-feu, la vie des chrétiens d’Alep reste compliquée. Aide à l’Église en Détresse soutient maintenant un projet destiné à améliorer le quotidien de la population.

En mars, le conflit en Syrie est entré dans sa sixième année. Pour la première fois, le cessez-le-feu et les négociations de Genève entre les belligérants laissent poindre un espoir ténu, que la mort de centaines de milliers de personnes pourrait prendre fin. Toutefois, il n’y a pas de véritable sécurité, ni de paix pour la population. Par exemple Alep, théâtre de violents combats. Le Père Ibrahim, un franciscain qui travaille dans la paroisse catholique romaine de cette ville – ancien poumon économique –, en a récemment parlé dans un entretien avec AED.

« Même si l’on parle beaucoup du cessez-le-feu actuellement, le bombardement des parties d’Alep sous contrôle de l’armée régulière a recommencé dernièrement. Ce sont exactement les quartiers où vivent les chrétiens. » Mais, le Père Ibrahim ne perd pas courage. « Remercions le Seigneur des choses positives qui surviennent, et espérons que le cessez-le-feu, respecté par au moins une partie des milices et des groupes armés, persiste. »

Mais même si les armes se taisaient complètement, le quotidien de la population resterait très difficile. « La situation de nos familles à Alep s’explique simplement. Parmi toutes les familles dans des villes de Syrie, celles d’Alep vivent dans les circonstances les plus pénibles », explique le franciscain, et continue en avançant le calcul suivant : « Selon un récent recensement, chaque famille d’Alep a besoin de 17 000 livres syriennes, l’équivalent d’un peu plus de 100 dollars canadiens. C’est le strict minimum pour payer l’essentiel, donc l’électricité, l’eau et le gaz. »

Mais, cette somme n’est pas accessible à tous. « Sur nos 600 familles, plus de 250 vivent dans la pauvreté absolue, avec des revenus mensuels inférieurs à 25 000 livres syriennes (150 dollars canadiens). » Selon le Père Ibrahim, ces familles sont incapables d’acheter suffisamment de nourriture comme l’exigerait la dignité de tout être humain. Et, dans de nombreux cas, les conséquences sont catastrophiques. « Ces dernières semaines, quinze de nos paroissiens ont dû être hospitalisés pour avoir une transfusion de sang, parce qu’ils étaient en danger de mort à cause de la malnutrition et de ses conséquences. »

 

ACN-20160212-36337

L’électricité : pour éduquer

Le Père Ibrahim assure que peu de gens échappent à la détresse. « Selon nos données, parmi les 600 familles de notre communauté latine, il n’y en a que cinq qui sont vraiment fortunées, tandis que les autres vivent à la limite de la pauvreté. Quant à ceux qui étaient jadis aisés, la plupart d’entre eux se sont appauvris durant les cinq années de guerre et demandent maintenant ouvertement de l’aide. » Les années de détresse ont laissé des traces profondes. « C’est impressionnant de voir des gens qui étaient des industriels et qui bénéficiaient de revenus à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars, maintenant frappés par la pauvreté. Ils ont perdu leurs bureaux et leurs entreprises avec toutes les machines. Il ne leur reste plus que leurs dettes auprès des banques, qu’ils ne peuvent même pas régler. »

D’autres problèmes d’approvisionnement viennent s’ajouter à la malnutrition. « L’électricité compte parmi nos problèmes majeurs. Les maisons ne sont alimentées que grâce aux groupes électrogènes d’entreprises privées, qui vendent les “ampères” à des prix prohibitifs », déplore-t-il. « Il faut au moins deux ampères à une famille ou une personne seule pour faire fonctionner, ne serait-ce que deux ou trois lampes, ou une télévision, ou une radio. Deux ampères ne suffisent même pas pour faire tourner une laveuse ou une pompe, dans les moments exceptionnels où nous avons de l’eau… Deux ampères correspondent à la consommation minimum d’un pauvre ou d’une famille pauvre. » Lorsque la quantité est inférieure, assure le Père Ibrahim, on reste dans l’obscurité. « Nous avons fréquemment observé que cette situation a généré de nombreux troubles psychologiques et le désespoir de beaucoup de gens. »

Le déficit d’électricité touche particulièrement les familles avec des enfants. « Une famille avec des enfants en âge scolaire, au primaire, au secondaire ou bien à l’université, ne peut pas vivre sans électricité, puisque les enfants ne peuvent pas faire leurs devoirs ou étudier [le soir]. Voilà pourquoi nous avons pensé aider les familles pauvres qui sont restées ici, parce qu’elles sont attachées à leur pays ou parce que, par manque d’argent, elles ne peuvent fuir. Nous voulons les aider à vivre dignement. »

Pour cela, le Père Ibrahim a créé le Projet deux ampères pour chaque famille. « C’est notre contribution pour financer les dépenses minimales d’une famille. C’est une aide qui a aussi une valeur psychologique et qui exprime la solidarité. »

 

ACN-20160212-36326

Grâce aux dons provenant de différents pays, l’AED a soutenu le projet pour les chrétiens d’Alep.

Dès à présent, le Père Ibrahim est reconnaissant aux bienfaiteurs d’AED. « Même si les attaques aux tirs de roquettes nous effraient, rendent nos cœurs lourds et tristes, les fruits de votre amour nous consolent. Au nom des chrétiens d’Alep, et particulièrement au nom de la paroisse latine et des Franciscains d’Alep, je vous transmets nos meilleurs vœux pour une sainte voie de la conversion au père riche en miséricorde. »

 

Par Oliver Maksan, ACN International
Adaptation par Mario Bard, ACN Canada