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Tchéquie – Des pionniers courageux

30.05.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Pape

Eva-Maria Kolmann, AED International

Robert Lalonde, AED Canada

Les Carmes célèbrent le 20ème anniversaire de leur retour à Prague. Après la fin du communisme, ils ont dû repartir de zéro. Le Père Anastasio Roggero, du Sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague, se rappelle.CARMÉLITES -2

Dans le tramway numéro 22, un homme ouvre grand ses yeux, comme s’il avait vu une apparition. C’est qu’à Prague, on ne voit pas une telle procession tous les jours ! L’Enfant Jésus de Prague est porté à travers les rues sous le tintement des cloches, devant les églises, les vitrines et les studios de massage thaï, devant les cafés où les touristes  prennent des photos près des passants médusés. Une foule immense suit en chantant le « Jezulátko », du nom qu’on donne affectueusement à l’Enfant Jésus en tchèque. Le « petit roi » parcourt fièrement les rues, sur un brancard orné de fleurs, et bénit la ville et le monde de sa main droite.

L’Église a pu reprendre espoir

Le fait que cette profession de foi publique soit possible ne va pas de soi. En effet, la Tchécoslovaquie a fait partie des pays d’Europe centrale et orientale dans lesquels l’Église a été persécutée de la manière la plus brutale qui soit à l’époque communiste. Les fidèles ont subi des représailles, de nombreux prêtres et religieux ont été condamnés à la prison ou aux travaux forcés, les monastères ont été dissous. La statue miraculeuse de l’Enfant Jésus de Prague est restée seule sur son autel et oubliée de tous pendant plusieurs décennies. Les insectes xylophages avaient emménagé dans les bancs et les autels de l’église. Les cloches étaient silencieuses. Officiellement, Dieu était mort.

Mais l’histoire a pris une tournure différente en 1989. Avec l’effondrement du communisme, l’Église a enfin pu reprendre espoir. Et le « Jezulátko » n’allait plus rester seul longtemps. En effet, l’ancien Cardinal archevêque de Prague, Mgr Miroslav Vlk, a invité, en 1993, des pères Carmes d’Italie à venir dans son diocèse. Le Père Anastasio Roggero, originaire de Gênes, qui est maintenant âgé de 74 ans et qui a célébré cette année le cinquantième anniversaire de son ordination, a été l’un des pionniers. Le Cardinal lui a confié le sanctuaire.

Le début n’a pas été facile. Le Père Anastasio se souvient : « L’église était dans un état inimaginable. Il n’y avait pas de messes. La famille, qui avait les clefs de l’église, suspendait son linge à sécher dans la sacristie. Un piano hors d’usage trainait là, l’organiste n’ayant pas su comment s’en débarrasser. Le plancher et les meubles étaient en mauvais état. La crypte et les autres pièces de l’église n’étaient qu’un amas de décombres. Le Père Viktor et moi-même étions logés dans deux petites chambres à côté de l’orgue. Le moteur de l’orgue se trouvait dans l’une des chambres. La cuisine se réduisait au minimum et la salle à manger servait à la fois de bureau et de salle de réception. »

L’ancien monastère franciscain de Slaný, à 20 km de Prague, qui avait été cédé aux Carmes pour leur noviciat parce qu’il n’y avait pas de place pour les jeunes religieux à Prague, était aussi dans un état déplorable. Après l’expulsion des religieux en 1950, le monastère avait été profané et transformé en prison et en atelier, le jardin servant d’espace pour les exercices de tir, et même de zoo et de dépotoir. Le Prieur Petr Glogar et les autres Carmes ont fait face à une ruine quand le monastère leur a été rendu. Mais ils se sont retroussé les manches pour se mettre au travail.

Un travail surhumain

À l’époque, l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu la rénovation à hauteur de 20 000$ en plus d’aider les Pères à acquérir une voiture pour la pastorale. Maintenant, grâce au travail acharné des Carmes, le monastère est un petit joyau de calme et de beauté. Une communauté dynamique s’est formée autour du monastère avec beaucoup de jeunes familles. En outre, il sert pour des retraites spirituelles et est donc un centre important de l’Église catholique dans l’archevêché de Prague, en plus du sanctuaire de l’Enfant Jésus.

Les quatre Pères Carmes du sanctuaire de Prague ont également du travail par-dessus la tête. En effet, plus d’un million de personnes de partout dans le monde viennent désormais chaque année voir la statue miraculeuse de l’Enfant Jésus. Le pèlerin le plus célèbre fut le Pape Benoît XVI, qui est venu voir en septembre 2009, pour la première station de son voyage en République tchèque. « Cette visite a été un grand encouragement pour les Carmes », dit le père Anastasio.

CARMÉLITES-1Ce religieux polyglotte qui peut célébrer la messe dans au moins dix langues, salue tous les pèlerins dans leur langue maternelle. De plus, il n’attend pas seulement que les pèlerins viennent à Prague, mais veille aussi à ce que la vénération de l’Enfant Jésus se répande partout dans le monde. Il a d’ailleurs envoyé d’innombrables figurines de l’Enfant Jésus de Prague dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe ainsi qu’aux États-Unis, afin qu’il y ait de nouveaux lieux de pèlerinage sur tous les continents. La Mongolie, l’île Maurice, la Réunion, la République centrafricaine, la Chine, le Japon, le Myanmar et Singapour n’en sont que quelques exemples. Même au Pakistan, il existe maintenant un sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague. C’est dans l’Inde voisine qu’on trouve déjà les sanctuaires de l’Enfant Jésus de Prague les plus importants au monde. C’est pourquoi deux Pères Carmes indiens travaillent maintenant aussi à Prague, afin de prendre en charge les nombreux pèlerins.

Les bénédictions et les grâces affluent de Prague dans le monde entier. Cela fait vingt ans que les Pères Carmes sont revenus dans la capitale de la République tchèque. Il y a encore beaucoup à faire. La beauté de l’église « Notre-Dame-de-la-Victoire » ne doit pas faire oublier que les défis sont encore immenses, près d’un quart de siècle après la fin du communisme. Mais le travail entrepris par les Pères depuis leur arrivée est presque surhumain. « Depuis vingt ans, nous voyons augmenter le nombre des fidèles qui arrivent de tous les continents pour prier l’Enfant Jésus, attendre son sourire, lui demander des grâces et raconter les prières exaucées », se réjouit le Père Anastasio.

Les cloches sonnent. L’Enfant Jésus parcourt les rues de Prague. Staline est mort. L’histoire récente confirme à nouveau ce qu’écrivait Sainte-Edith Stein, philosophe et carmélite, peu de temps avant sa mort au camp de concentration d’Auschwitz à propos de l’Enfant Jésus de Prague : « C’est Lui qui tient les rênes en main, même quand les hommes pensent gouverner ».

 

 

République centrafricaine / Interview Mgr Juan José Aguirre

29.05.2013 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Persécution

République centrafricaine

« Depuis que la Seleka est arrivée en Centrafrique, tout est destruction. »

 

INTERVIEW AVEC MGR JUAN JOSÉ AGUIRRE; ÉVÊQUE DE BANGASSOU INTERVIEW 1

Par Raquel Martin & Josué Villalón – AED Espagne

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Comment s’est déroulé le mois dernier ?

C’était un mois très dur et chaotique. Les gens ont survécu parce qu’ils se sont réfugiés au Congo. Nous tentons de revenir à la normalité en donnant aux gens une perspective d’espoir. Nous commençons à faire certaines choses pour organiser nos vies. Hier, par exemple, nous avons administré des confirmations. Une autre lueur d’espoir se profile, car des militaires sont arrivés il y a deux jours et cette fois cela semble plus sérieux que ceux qui étaient en place jusqu’à présent. L’objectif de ces nouveaux militaires n’est pas le pillage. Certes, ils font partie de la Seleka, mais d’une nouvelle génération. Jusqu’à présent, l’autorité était aux mains d’un Lybien qui ne parlait ni le français, ni le sango. Les nouveaux miliciens Seleka ont arrêté ce commandant, et lui ont retiré ses armes et son uniforme. Ils l’ont emmené, probablement pour le renvoyer dans son pays. Ils désarment tous ceux qui ont profité de la rébellion pour piller le pays.

Qu’avez-vous observé en retournant dans votre diocèse ? Dans quel état se trouvaient les communautés, les missions, les églises ? Les chrétiens ont-ils été victimes de violences ?

En revenant dans mon diocèse, je n’ai vu que le chaos. Les gens s’enfuyaient comme ils pouvaient. Des familles entières se sont réfugiées au Congo. Les gens ont été tués lors d’exécutions sommaires, il y a eu des viols, des vols armés et des pillages de missions. C’étaient de véritables actes de guerre. Dans un village à proximité de Bangassou, la mission a été entièrement détruite, tout comme les maisons des pères et des religieuses. Environ 400 maisons ont été incendiées, neuf personnes ont été tuées. Au moins la moitié des biens du diocèse a été volée et ils ont confisqué les véhicules. Maintenant, nous marchons et, pour ma part, je vais partout à pieds avec mon sac à dos. L’hôpital pédiatrique, le centre Internet, la pharmacie, le garage ont été incendiés, tout comme d’autres bâtiments administratifs des organisations non-gouvernementales et d’autres Églises. Ils se sont montrés très durs envers les confessions chrétiennes et surtout envers l’Église catholique.

INTERVIEW 2

Des prêtres, des religieuses ou des catéchètes ont-ils été… tués ?

Dieu soit loué, aucun prêtre, aucune religieuse et aucun catéchète n’ont été assassinés. Nous avons beaucoup prié le Saint-Esprit. La semaine dernière, la Sainte Messe a été célébrée en remerciement parce que nous avons survécu. Mais en dehors de Bangassou, il y a eu des exécutions aléatoires. Des adultes et des enfants ont été abattus par des rafales de mitraillette. Depuis que la Seleka est arrivée en Centrafrique, tout est destruction. Les miliciens de la Seleka sont entrés dans le pays en décembre et ont envahi la capitale en avril, le Dimanche des Rameaux. Ils étaient environ 300 soldats accompagnés de quelque 3 000 mercenaires d’autres nationalités, pillant tout sur leur passage. Ils ont volés des automobiles, des radios, des panneaux solaires, des batteries, etc. La plus grande partie du butin a été transportée au Tchad où ils le vendent leurs marchandises sur le marché noir. Ils nous ont spoliés.

On dit que le nouveau gouvernement veut instaurer une république islamique. Ce soupçon se confirme-t-il dans la pratique ?

Jusqu’à aujourd’hui, il s’est confirmé jour pour jour. Un jour férié a été introduit récemment. Nous avons appris qu’il s’agissait de l’anniversaire de Mahomet. Je crois qu’un tournant est en train de se produire dans les pays limitrophes de la Centrafrique. La France commence à comprendre que c’était une grande erreur d’accepter que la Seleka prenne le pouvoir dans le pays. J’espère que l’Union européenne prendra une décision dans cette affaire. On dit qu’environ 2 000 soldats doivent venir de six ou sept pays africains libres pour pacifier le pays. Ce contingent serait réparti entre les différentes communautés du pays pour le pacifier et il resterait ici jusqu’en 2016, lorsqu’il y aura des élections démocratiques pour établir un nouveau président. En effet, l’actuel président est musulman. C’est lui qui a réalisé le coup d’État.

L’Aide à l’Église en Détresse a lancé une campagne pour collecter des fonds d’urgence au bénéfice de la République de Centrafrique. Quels sont les besoins de votre diocèse sur le plan pastoral et matériel ?

INTERVIEW 3Pour assurer nos activités pastorales, il nous faut des automobiles et des motos pour nous rendre dans les chapelles. Comme je l’évoquais plus haut, toutes nos voitures et motos nous ont été volées. Il y a quelques jours, nous nous sommes rendus dans la maison des religieuses, qui a été entièrement pillée. C’est une mission, mais nous avons six missions totalement pillées. Il nous faut des tables, des chaises, des moustiquaires, des draps, des armoires, des assiettes, des couteaux, des lampes, des câbles, des panneaux solaires, des batteries. Sur le plan matériel, il nous faut du lait en poudre, ainsi que des médicaments et des remèdes pour les sidéens en phase terminale, des médicaments « antirétroviraux ». Nous avons besoin d’aide pour les familles qui tentent d’envoyer à nouveau leurs enfants à l’école, mais on a besoin de beaucoup de fournitures scolaires, de crayons noirs, de règles…Tout a disparu. Nous avons aussi besoin d’urgence d’un accès Internet parce que c’est le « cordon ombilical » qui nous relie au monde extérieur. Nous avons retrouvé les ordinateurs par terre, complètement détruits.

Et les églises ?

Trois églises au moins ont été pillées et même profanées. Ils ont d’abord tenté d’attaquer les prêtres et les religieuses, qui ont été obligés de s’enfuir. Ensuite, les miliciens ont pénétré dans les chapelles pour y empiler les bancs et y mettre le feu. Puis, ils ont forcé le tabernacle et emporté les hosties consacrées. Nous avons donc aussi besoin d’aide pour remettre en état les églises, les peintures et les bancs. Des églises catholiques et des chapelles protestantes faites de paille ont aussi été incendiées. Nous vivons un acharnement brutal contre l’Église catholique. Nous devons tenir, et avec le soutien de Dieu, nous nous relèverons progressivement et sortirons la tête de l’eau.

Pour ce qui concerne la spiritualité, comment vous maintenez-vous fermement dans la foi et comment raffermissez-vous la foi de vos fidèles ?

Nous tâchons de travailler, de parler, de prier – et nous tâchons aussi de rire pour que notre foi reste ferme, à l’exemple du Mont du Calvaire et sur le modèle des apôtres. Nous voyons qu’ils prêchent avec tant de courage, qu’ils sourient, qu’ils sont satisfaits et qu’ils considèrent que c’est un honneur d’avoir pris des coups au nom du Christ. Ces lectures que nous faisons à vêpres nous donnent beaucoup de courage à nous tous. En Centrafrique, il se passe quelque chose de similaire à ce qui est arrivé il y a 2000 ans : la résurrection du Christ a donné courage aux apôtres. Lorsqu’ils ont découvert qu’Il était ressuscité, lorsqu’Il leur est apparu et leur a montré Ses mains et Son flanc, ils ont repris courage. Toutefois, les plaies de la passion, de la souffrance et des tribulations persistent après la résurrection.

Que diriez-vous aux bienfaiteurs de L’Aide à l’Église en Détresse et en général à tous les chrétiens du monde ?

Si nous nous adonnons au nombrilisme, notre fin sera identique à celle de la femme dans les Évangiles, dont le dos était tellement recourbé parce qu’elle ne voyait qu’elle-même. L’Église doit sortir d’elle-même pour aller vers les périphéries de l’existence, comme dit Sa Sainteté le Pape. Nous devons prendre conscience que les périphéries représentent aussi l’Église. Je voudrais communiquer les tribulations que nous rencontrons ici parce que l’Église universelle doit concevoir nos tribulations en Centrafrique comme étant les siennes. Alors, nous serons un, comme le dit l’évangile selon Saint-Jean.

IFHIM – CHANT CRÉOLE

28.05.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Formation religieuse, Prière

MARDIHYMNE À LA PAIX

 

Nous vous proposons aujourd’hui un chant créole qui est une espèce d’hymne à la paix`et dont le titre est : La pèse yon reyalite, interprété par la troupe El Adido (paroles et musique Eustache Madelon et Jean Devalcin).

En voici les paroles :

Ref :Lapè se yon reyalite pou n viv se sa tout moun domi reve ti moun jènn moun gran moun ansanm a law konbit interesan.

1-      Kotem’ pase s’onsèl koze se lapè tout mou nap chèche, lapè toupatout et toutan nan ko, nan kè ni nan lespri

2-      Mwen menm lapè m’pap refize vi n fè la desant lakay ou ;  M’ap fèw tounen pwofèt lapè, nan yon sosyete k’an boulvès

3-      Wi viv lapè aba lagè viv dènye kras pitit lapè,

Aba lagè aba rayi, viv tèt ansanm alelouya

Taduction du chant

 La paix  c’est une réalité à vivre c’est ce que tout le monde rêve, enfants jeunes adultes tout le monde ensemble, c’est un travail intéressant

1-      Partout ou je passe  c’est une seule parole c’est la paix que tout le monde cherche, la paix partout et toujours, dans le corps, le cœur et dans l’esprit.

2-      Moi, la paix je ne  refuse pas de  venir habiter chez toi,  je ferai de toi un prophète de paix dans une société bouleversée.

3-      Oui vive la paix et non la guerre, vive tous les enfants de paix

Non à la guerre non à la haine, vive l’unité  alléluia.

https://dl.dropboxusercontent.com/u/35471368/MARD–CHANT%20CR%C3%89OLE%20MVI_0771.MOV

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 Ne manquez pas demain la vidéo d’une danse malgache.

PROCHAINE STATION : « VOUS ÊTES NOTRE ESPOIR »

27.05.2013 in AED, AFRIQUE, AMOUR, ESPOIR, Formation religieuse, Formation religieux, PAIX

LUNDI 1FRobert Lalonde, AED Canada

 Le samedi 11 mai dernier, les étudiant(e)s de l’Institut de formation humaine intégrale de Montréal (IFHIM), organisaient, pour une deuxième fois en cinq semaines[1], une soirée-spectacle dédiée à la paix.

Rappelons d’abord que l’IFHIM est un centre international de formation qui cherche à tout mettre en œuvre pour que règnent l’amour et la paix dans le monde. Pour réaliser cet objectif ambitieux, l’IFHIM offre une formation mettant l’accent sur le cheminement personnel à partir d’expériences vécues en vue d’acquérir une autonomie accrue et une plus grande ouverture à l’entourage et aux autres. Cette formation vise aussi à ce que ces personnes apprennent à se concerter avec d’autres pour susciter des changements qui apportent plus de paix et de vie aux gens de divers milieux.[2]

En route pour la paix

Même si je connaissais l’heure du départ du PAXIBUS à bord duquel j’ai pris place ce soir-là, j’ignorais tout du trajet que nous allions emprunter. J’en connaissais encore moins la destination, mais ça, c’est une autre histoire. Une fois à bord d’un tel voyage, c’est le bonheur qui glisse sous nos pieds et sur lequel on veut surfer… pour l’éternité.

D’entrée de jeu, l’animatrice, Angéline – une religieuse malienne Carmélite missionnaire Thérésienne – nous a guidés, tel un ange – comment faire autrement avec un nom pareil ? – vers  Martine, la conductrice du Paxibus – une religieuse française pour la communauté Sacré-Cœur de Jésus et Marie – qui devait assurer notre confort tout au long du périple. Après nous avoir expliqué les consignes de sécurité qui s’imposent, Martine nous a invités à bien nous installer et à nous attacher pour nous mettre en route pour la paix.

Première station : « Tu es mon semblable »

À peine partis, nous nous sommes retrouvés sur le premier pont de paix liant Haïti à Madagascar. À la manière de Gentils Organisateurs (GO) qui participent à toute la vie et à l’animation du village, une chorale formée d’une quarantaine d’étudiants s’est rassemblée sur la scène pour entonner l’hymne à la paix, en créole : 40 voix, 23 nationalités, des hommes et des femmes à l’unisson. Un départ prometteur !

Après quoi, le PAXIBUS a poursuivi son chemin avant de faire escale à Madagascar où nous attendait une troupe de danseurs, formée de 6 étudiantes, 4 femmes et 2 hommes, tous Malgaches. De la musique, de la couleur et de la joie envahissaient nos cœurs qui se sont mis à battre au rythme du moteur de notre embarcation.

Une fois le PAXIBUS arrivé à la première station, la conductrice, comme pour nous mettre en garde contre les ennemis de la paix, nous a raconté l’histoire du dernier conflit  ayant eu lieu à bord du PAXIBUS.  Par le biais d’un petit sketch, une quinzaine d’étudiants simulaient les plus importants fléaux menant à une inévitable querelle : le mépris, la cupidité, la renommée, la colère, la soif du pouvoir… étaient les vedettes de ce scénario en trois actes où régnait le chaos.

Alors, pour désamorcer ces conflits, les « secouristes de paix », tels des ambulanciers,  se sont amenés en toute hâte sur le champ de bataille. Bien nantis des instruments qu’il faut pour réveiller les consciences, ils sont arrivés, ensemble, à briser leurs préjugés et avec eux les murs qui les séparaient. Les passages ainsi créés nous ont permis d’assister à une scène de réconciliation dont seul l’amour a le secret. Le voisin n’était dorénavant plus ni d’une religion, ni d’une classe sociale, ni d’une autre race, mais simplement… une autre personne semblable. L’inconnu était désormais franchi, et affranchi.

Deuxième station : « Tu es mon frère »

De retour vers Haïti, nous avons eu le plaisir d’apprécier une danse festive sur une chanson non moins enjouée qui exprimait le souhait d’unité entre tous les pays du monde. De là, nous avons traversé un autre pont de paix qui, celui-là, nous a conduit dans divers pays d’Afrique.

Des chants traditionnels accompagnaient les rythmes camerounais, congolais, sénégalais et ivoiriens sur lesquels les danseurs, chacun décoré d’un sourire d’ivoire au milieu d’un visage d’ébène, se trémoussaient dans leurs costumes multicolores. On se sentait en pleine brousse, entouré de la présence d’une force surnaturelle. Un spectacle d’une dizaine de minutes qu’on aurait voulu voir durer toujours. Un pur délice ! (voir ci-dessous l’extrait vidéo)

LUNDI 3ATroisième station : « La vraie richesse est dans la personne »

Une fois sorti de cette jungle africaine, le PAXIBUS s’est engagé sur un très long pont de paix qui devait, celui-là, nous mener jusqu’en Amérique latine. Pendant cet imposant parcours, on nous a invités à s’intérioriser sur des chants spirituels, inspirés de textes d’Isaïe.

Le premier, Here I am Lord, comme une exhortation auprès des serviteurs de Dieu à porter les peuples de la terre, grâce à l’aide du Seigneur qui change les ténèbres en lumière et les cœurs de pierre en cœur d’amour, nous invitait au recueillement. Le second, Ne crains rien, comme un encouragement de Dieu à ses témoins pour qu’ils aillent vers tous les peuples de la terre afin de  construire des ponts de paix, allumait en nous une flamme de compassion.

Comme par hasard, s’est enchaînée à cette chanson, une danse latino-américaine, intitulée « La cadena ». Cette danse qui exprimait la construction de pont de paix était la conclusion d’une longue « chaîne ininterrompue de rencontres » ayant créé dans toute la salle une ambiance où se mariaient l’unité et la complicité et où se conjuguait le verbe être avec le verbe aimer. Des petits bâtisseurs de pont de paix naîtront assurément de l’intimité de cette union.

Prochaine station : «  Vous êtes notre espoir ».

Embarquez-vous?

____https://dl.dropboxusercontent.com/u/35471368/MVI_0747.MOV________________________________

L’IFHIM fait partie des projets de formation que l’Aide à l’Église en Détresse soutient grâce aux dons des bienfaiteurs. Si vous souhaitiez supporter un tel projet, veuillez communiquer avec l’une ou l’autre des personnes mentionnées ci-dessous :

Amanda Griffin, (514) 932-0552 poste 221

Robert Lalonde, (514) 932-0552 poste 224

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Nous vous invitons à écouter, à compter de demain, et ce toute la semaine jusqu’à dimanche inclusivement, des extraits vidéo de la soirée.

Demain : le Chant créole, qui est une espèce d’hymne à la paix.


[1] Une soirée semblable avait eu lieu dans les locaux de l’IFHIM le samedi 6 avril dernier.

[2] Pour en savoir plus sur l’IFHIM, nous vous invitons à consulter leur site Internet au http://www.ifhim.ca/

République centrafricaine – « L’opinion publique mondiale ne s’intéresse qu’au massacre des éléphants »

23.05.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Chrétiens Catholique, Persécution

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, le 23 mai 2013. Le Père Aurelio Gazzera, missionnaire dans la localité centrafricaine de Bozoum et directeur de Caritas du diocèse de Bouar, déplore le manque d’intérêt que l’opinion publique mondiale montre face à la situation dramatique de la République centrafricaine. « Au cours des deux dernières semaines, la principale information sur la Centrafrique véhiculée par les mass médias concernait le massacre de 26 éléphants par des braconniers. Les nombreux morts et blessés ainsi que les viols ou les pillages, par contre, ne suscitent que peu d’intérêt » a souligné le carme italien dans un entretien avec l’œuvre internationale de bienfaisance catholique l’Aide à l’Église en détresse (AED). La République centrafricaine risquerait « d’être abandonnée à son sort et de se transformer en enfer ».

Selon le Père Gazzera, l’ingérence du Tchad et celle du Soudan seraient particulièrement inquiétantes parce que la majorité des rebelles de la troupe Seleka seraient des étrangers ne parlant pas le sango, la langue nationale, mais uniquement l’arabe. Les rebelles seraient hors contrôle. « Les rebelles m’ont dit récemment : ‘Ici, c’est une province du Tchad. Nous sommes en guerre !’ »

À cela, il faut y ajouter l’influence croissante de l’islam. Le nouveau gouvernement est composé de la moitié de musulmans, alors que leur taux ne s’élève pourtant qu’à 15 % de la population totale, tandis que les chrétiens représentent 66 % de cette même population, explique le missionnaire. « Les victimes des pillages sont surtout des non musulmans et particulièrement des fidèles de l’Église catholique », constate le Père Gazzera. « C’est inquiétant dans un pays où, jusqu’ici, la coexistence était bonne. » Les tensions ethniques, mais surtout religieuses, sembleraient s’accroître.

Quelqu’un marquera peut-être un temps d’arrêtCentrafrique-3

La République centrafricaine a souvent été le théâtre de coups d’État, déplore le carme. Cette fois-ci, cependant, la situation serait beaucoup plus grave. Depuis deux mois, les pillages, assassinats, fusillades et violences n’en finiraient plus. Les fonctionnaires de l’État auraient pris la fuite, tout comme les militaires et les forces de sécurité. Les établissements scolaires et institutions publiques seraient fermés depuis des mois.

Le Père Gazzera continue : « Avec un taux d’analphabétisme de 51,4 %, des classes d’une centaine d’élèves, un système juridique qui se dresse contre les faibles, une politique dont le seul objectif est la quête de ses propres avantages et un système de santé publique qui ne s’intéresse qu’à la bourse des malades et peu à leur soucis de santé, je me demande comme dans les Psaumes : ‘Que fera le juste ?’ (Ps 11,3). Il est évident que nous sommes confrontés à une immense mission d’éducation à tous les niveaux. C’est la raison pour laquelle nous ne voulons pas quitter le pays et pourquoi nous crions fort ! »

L’Église, et notamment « la voix d’évêques courageux comme l’archevêque de Bangui », compterait parmi les rares voix qui continueraient à ébranler les consciences dans le pays. La Centrafrique serait un pays « peu connu et doté d’un faible poids à l’échelle internationale », ajoute le missionnaire. « Si nous parlons, si nous écrivons et si nous crions fort, quelqu’un marquera peut-être un temps d’arrêt et nous écoutera – et pourra alors entreprendre quelque chose ! Nous voulons continuer et parler, nous voulons travailler pour que ces choses n’arrivent jamais plus à l’avenir. »

Récemment, l’AED a accordé un nouveau soutien d’urgence de 213 000 $ à l’Église catholique de la République centrafricaine.

 

COMMUNIQUÉ – Calme trompeur au Mali

21.05.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution

Reinhard Backes, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED canada

Montréal, le 21 mai 2013 – Actuellement, plus aucun chrétien ne vit au nord et à l’est du Mali. Environ 500 catholiques ont quitté la région. Bien que les troupes armées françaises contrôlent des villes importantes telles que Kidal, Gao et Tombouctou, les prêtres, et les  religieuses ne peuvent pas retourner dans leurs missions, tel que le Frère Wilfried Langer de l’Ordre des Pères Blancs et le Père Germain Arama, prêtre et économiste du diocèse de Mopti, l’ont exprimé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en détresse (AED) lors d’une visite.

Selon le Frère Wilfried Langer, la situation au nord et à l’est du Mali est totalement confuse et trompeuse : « Le gouvernement et l’armée ne permettent pas le retour des prêtres et des religieuses parce que les prises d’otages sont l’une des sources financières des islamistes. Des millions de dollars de rançons sont exigés. »

Puis, il poursuit : « Les leaders islamistes se sont repliés au-delà des frontières, en Algérie, en Libye et en Mauritanie. Ils attendent que les Français se retirent. » Le Frère Wilfried Langer, originaire d’Allemagne, avait travaillé comme missionnaire au Mali de 1963 à 2012. Au cours des décennies passées, il s’est occupé de nombreuses paroisses et a construit des églises, des missions et des presbytères.

Le contexte

Début 2012, des combats s’étaient déclenchés au nord du Mali entre des Touaregs et les forces armées régulières du pays. Cette région a environ deux fois la superficie de Terre-Neuve-et-Labrador. Des groupements islamistes se sont ralliés aux Touaregs et se sont rapidement emparés du pouvoir. La crise nationale s’est aggravée lorsque les militaires ont renversé le gouvernement dans la capitale malienne de Bamako. Comme ce pays d’Afrique occidentale, important sur le plan stratégique, risquait de tomber complètement aux mains des forces islamistes, la France est intervenue dans le conflit aux côtés de l’armée malienne en janvier 2013.

En janvier 2013, l’AED avait accordé à l’évêché malien de Mopti, au sud du pays, environ 53 000 $ d’aide d’urgence pour 326 familles de réfugiés. Selon l’abbé Germain Arama, cet argent a été utilisé pour assurer les soins médicaux de première nécessité des réfugiés et pour acheter des médicaments, des vivres et des couvertures.

Environ 40 000 catholiques vivent sur le territoire du diocèse, nettement plus vaste que la superficie du Manitoba. Il y a 22 prêtres qui assurent actuellement la pastorale dans les six grandes paroisses. Par rapport au pays entier, le taux de chrétiens majoritairement catholiques ne s’élève qu’à 1%, tandis que  80 à 90 % des 16 millions d’habitants sont musulmans, les autres étant des adeptes des religions traditionnelles africaines.

Suite Europe de l’Est – Biélorussie

17.05.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

Construction d’un ensemble conventuel comprenant un centre pastoral pour les Capucins de Maladetchna

AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

 BIÉLORUSS..En 1990, juste après le changement de régime politique intervenu en Europe de l’Est, des frères Capucins se sont installés en Biélorussie. Aujourd’hui, avec plus de 40 frères, ils forment la plus grande Congrégation catholique masculine dans ce pays d’Europe orientale, qui a fait partie de l’Union soviétique jusqu’en 1991. Plus de la moitié d’entre eux ont déjà été ordonnés prêtres.

Frère Andrei Zylewicz, le vice-provincial, écrit : « Seuls cinq des Capucins sont originaires de Pologne, les autres sont des citoyens biélorusses. Ceci témoigne du fait que les Capucins sont devenus partie intégrante de la réalité ecclésiale biélorusse, et qu’ils fournissent une contribution très importante à la vie sociale, au milieu des difficiles conditions locales. L’enseignement des valeurs et d’une conception chrétienne de l’homme constitue un grand défi pour la société en perpétuelle mutation de ce pays. »

 

Les Capucins sont actifs dans sept paroisses et mettent l’accent sur le travail auprès de la jeunesse. Ils font la catéchèse et fournissent une instruction religieuse non seulement dans les paroisses elles-mêmes, mais aussi dans les écoles, dont  les écoles pour aveugles et les maternelles. Ils organisent également des camps de vacances pour les enfants et les adolescents. « Pour beaucoup d’enfants, c’est la seule façon de passer des vacances en dehors de la ville », écrit Frère Andrei.

 

Dans la ville de Maladetchna où les Capucins travaillent depuis 1998, 200 enfants et 40 adolescents participent au camp d’été. Ce simple fait montre combien le travail des religieux BIÉLORUSS..2intéresse. La ville compte 100 000 habitants, dont 20 à 25 % de catholiques. Au départ, les messes avaient lieu sous une croix en plein air, et plus tard sous une tente militaire. Enfin, une chapelle a pu être construite. Non seulement les messes y sont célébrées, mais les enfants et les adultes s’y rencontrent également pour la catéchèse et diverses autres activités. Une minuscule pièce séparée était prévue pour l’aumônier.

 

Les locaux provisoires sont désormais insuffisants pour les nombreuses activités de la paroisse, de même que pour la vie monastique des frères. C’est pourquoi il faut construire un ensemble conventuel comprenant un centre pastoral. L’Aide à l’Église en Détresse voudrait fournir une aide de $34 000.

 

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Nous espérons que cette série d’articles sur l’Europe de l’Est a su vous intéresser et nous vous invitons à nous faire des commentaires. Bonne fin de semaine et que Dieu vous garde!

Mgr Anba Kyrillos William Samaan : » Un tournant oecuménique «

16.05.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Égypte

Interview avec Mgr Anba Kyrillos William Samaan, évêque catholique copte d’Assiout

Cette interview a été menée par Oliver Maksan de l’Aide à l’Église en Détresse Internationa, le jeudi 16 mai 2013

 

Excellence, Sa Sainteté le Pape François et le Patriarche copte orthodoxe Tawadros II se sont récemment rencontrés à Rome. Était-ce un tournant œcuménique entre les deux Églises ?ÉGYPTE-1

 Mgr Kyrillos : « Oui, on pourrait vraiment l’appeler ainsi. Sa Sainteté le Pape Tawadros a montré dès le début qu’il souhaitait se rapprocher des autres Églises. Peu après l’élection de Sa Sainteté le Pape François, il a insisté pour le rencontrer le 10 mai, la date du 40ème anniversaire de la rencontre entre le Pape Paul VI et le patriarche Chenouda III. Certes, il n’est pas très facile d’obtenir rapidement une audience au Vatican, mais on s’ est efforcé d’accéder au souhait de Tawadros. Je suis donc vraiment persuadé qu’il s’agit d’un tournant. En ce qui concerne l’œcuménisme, Tawadros est tellement différent de son prédécesseur Chenouda. »

 

Dans quelle mesure ?

Mgr Kyrillos : « D’un côté, le patriarche copte Chenouda voulait rendre visite en 1973 au Pape Paul VI au Vatican, mais de l’autre, il a rapidement eu peur que l’œcuménisme puisse troubler les fidèles et entraîner ainsi que ces derniers une perte de valeur quant à leur appartenance confessionnelle. C’est pourquoi il ne voulait entretenir aucune relation avec l’Église catholique locale. La question de la reconnaissance du baptême catholique pesait particulièrement lourd sur les relations entre les deux Églises en Égypte. Des catholiques se convertissant par exemple à l’Église copte pour pouvoir se marier doivent être rebaptisés. »

 

Vous attendez-vous ici à ce que les choses évoluent ?

Mgr Kyrillos : «  Oui, le Pape Tawadros lui-même l’a dit. Le Pape Chenouda avait exigé un nouveau baptême parce que selon lui, l’unité dans la foi était une condition indispensable pour la reconnaissance du baptême catholique. Il se référait ici à l’épître aux Éphésiens, où il est question d’un seul Seigneur, d’une seule foi, d’un seul baptême. La difficulté proviendra du fait que le synode copte est toujours composé de nombreux partisans de Chenouda. Mais il y a aussi des évêques qui ne suivaient que par pure obéissance et non par conviction la ligne de conduite de Chenouda en ce qui a trait au nouveau baptême. Je ne peux donc pas prévoir s’il y aura un changement quant à la ligne de conduite, mais j’ai le sentiment que la cordialité du Pape et l’ouverture d’esprit des représentants de la Curie ont positivement impressionné Tawadros et ses compagnons parmi lesquels sont aussi des élèves de Chenouda. »

 

Pourrait-on dire que les problèmes que les chrétiens rencontrent actuellement en Égypte ont engendré un rapprochement œcuménique ?

Mgr Kyrillos : « Oui, très certainement. Lorsque la révolution s’est déclenchée il y a deux ans, il y a eu des consultations spontanées entre nous autres catholiques, les orthodoxes et les protestants. Nous voulions nous exprimer d’une seule voix. Sur le plan institutionnel, ce rapprochement s’est traduit dans le Conseil des Églises d’Égypte. »

 

Pensez-vous que le rapprochement œcuménique butera au plus tard sur la question relative à la primauté du Pape ?

Mgr Kyrillos : « Non, je ne pense pas. La question de la primauté du Pape a été discutée dans les débats théologiques menés entre catholiques et membres des Églises antiques orientales. Ce qui est déterminant, c’est la pratique reconnue au cours du premier millénaire, avant le schisme entre les Églises d’Orient et d’Occident. Dans sa lettre encyclique Ut unum sint de 1995, Bienheureux Jean-Paul II avait invité les patriarches orientaux à réfléchir sur ce qui pourrait leur sembler acceptable quant à un accomplissement du ministère pétrinien. »

 

À l’échelle internationale, l’Église catholique et le Pape sont considérés comme une instance morale. Est-ce attrayant pour une Église nationale telle que l’Église copte orthodoxe ?

Mgr Kyrillos : « Oui, ça l’est aussi. Une Église mondiale comme l’Église catholique a évidement d’autres moyens qu’une Église uniquement nationale pour attirer l’attention sur les problèmes survenant dans un pays. L’Église copte est encouragée par la manière dont l’Église catholique s’engage en sa faveur. C’est ressorti nettement lors de la visite de Tawadros. »

 

Europe de l’Est – Suite

16.05.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

Moldavie

Une voiture pour la paroisse de la Divine Providence à Chisinau

AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

MOLDAVIE -1

La République de Moldavie n’a qu’un seul diocèse catholique et il a son siège dans la capitale Chisinau. Les catholiques représentent une infime minorité d’un peu plus de 0,4 % de la population qui vit très dispersée. Il n’y a que deux paroisses catholiques dans la ville de Chisinau, qui compte 700 000 habitants. Le curé de la paroisse de la Divine Providence est le Père Mihai Balan. Lui et trois autres prêtres avec lesquels il partage sa voiture doivent parcourir tous les mois plus de 1 100 kilomètres au service de la pastorale.

La vieille Skoda dont la paroisse se sert déjà depuis huit ans a maintenant dépassé les dix ans. Vu le mauvais état des routes du pays, c’est un miracle qu’elle ait pu tenir aussi longtemps. De plus, elle dévore de plus en plus d’argent parce qu’elle a de plus en plus souvent besoin de passer chez le garagiste.

Comme il ne vaut plus la peine de la réparer sans arrêt et qu’il est devenu dangereux de rouler avec elle, le Père Balan s’est adressé à l’Aide à l’Église en Détresse en nous demandant de l’aider à acheter une voiture qui n’ait pas en permanence des problèmes.

MOLDAVIE - 2En effet, non seulement le curé et les trois autres prêtres parcourent les rues de la ville de Chisinau, mais ils desservent aussi trois autres localités où de nouvelles paroisses ont été érigées où il n’y a pas encore de curé. Les prêtres visitent les malades, leur apportent la Sainte Communion, bénissent les maisons et organisent des rencontres d’enfants et de jeunes. La voiture qui est par ailleurs  indispensable au travail social de la paroisse, doit également être à la disposition des activités pastorales du diocèse.

Les bienfaiteurs ont aidé à l’achat d’une nouvelle voiture pour une somme de $8 000. Cela a permis d’empêcher l’arrêt de la vie paroissiale faute d’un moyen de transport approprié.

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Demain :       la Biélorussie où l’Aide à l’Église en Détresse souhaite soutenir la construction d’un ensemble conventuel comprenant un centre pastoral en fournissant une aide financière de 34 000$ étant donné que  les locaux provisoires sont désormais insuffisants pour les nombreuses activités de la paroisse, de même que pour la vie monastique des frères.

Communiqué : République Centrafricaine – Question de survie

15.05.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution

 

 AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaCentrafrique-4

 

Montréal, le mercredi 15 mai – Un nouveau chapitre dramatique de la persécution des chrétiens se déroule en Centrafrique alors que l’opinion publique mondiale n’en tient pratiquement pas compte.

Comme l’œuvre internationale de bienfaisance catholique, l’Aide à l’Église en Détresse (AED) l’a appris par des milieux ecclésiaux d’Afrique centrale, les missions et églises sont pillées, détruites ou même incendiées par des milices proches du nouveau gouvernement. Toute résistance est abattue sans pitié. Plusieurs chrétiens ont été tués ou blessés.

Les neuf diocèses sont concernés et sept d’entre eux même très gravement. Les diocèses d’Alindao et de Bangassou auraient « tout perdu ». Ils ne pourraient même plus venir en aide aux plus démunis. Les évêques sont particulièrement menacés, mais ils refusent d’abandonner leurs fidèles. De nombreux chrétiens ont fui à la campagne et n’osent plus retourner dans leurs maisons de peur de rencontrer des rebelles. Les milices appartiennent au mouvement musulman Seleka venu du nord et ils sont bien armés.

Centrafrique-3En janvier dernier, l’AED avait déjà fait parvenir un soutien d’urgence au diocèse de Kanga Bandoro  en empruntant des voies et canaux sûrs. Vu la situation d’urgence extrême, ce soutien sera maintenant augmenté. Quatre autres diocèses recevront une aide d’urgence de 210 600$ au total.

Précisons qu’il n’est pas permis d’envisager la reconstruction des églises et des maisons ou l’achat de nouveaux véhicules pour remplacer ceux volés par les rebelles. L’enjeu actuel, c’est uniquement de survivre. »

Toute personne souhaitant participer à cette aide est invitée à le faire en communiquant avec la personne ci-dessous mentionnée.

Robert Lalonde (514) 932-0552 poste 224

OU

Amanda Griffin (514) 657-7342 poste 221