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COMMUNIQUÉ / Nigeria – « Boko Haram est un produit de la corruption »

02.08.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaNIGERIA

Malgré la menace permanente émanant d’actes terroristes de l’organisation islamiste « Boko Haram », les fidèles du diocèse de Maiduguri, au nord du Nigeria, sont « très courageux et n’ont pas peur », comme le déclarait Mgr Oliver Dashe Doeme, évêque de Maiduguri, dans une interview accordée à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique l’Aide à l’Église en Détresse.

Son diocèse aurait certes été sévèrement touché par les violences perpétrées contre les chrétiens, mais les croyants témoigneraient « publiquement de leur foi avec beaucoup de courage ». Même peu après les attentats terroristes contre des églises, les gens continueraient de venir en grand nombre aux offices religieux.

La fidélité de ses prêtres aussi serait « un grand appui » pour le diocèse, a poursuivi l’évêque en disant : « Malgré le danger de mort et les menaces permanentes, nos prêtres restent dans leurs paroisses et continuent d’assurer leur service ». Le nombre de vocations serait également très réjouissant. Actuellement, 30 aspirants à la prêtrise vivraient au séminaire de Maiduguri. Dernièrement, son diocèse aurait célébré l’ordination de huit prêtres.

L’évêque désigne « Boko Haram » comme un « produit de la corruption ». Pour restaurer la paix, il serait donc indispensable de lutter contre la corruption sévissant dans tout le pays et d’offrir des perspectives d’avenir aux jeunes. Selon l’évêque, certains groupes manipuleraient la jeunesse sans perspectives, tandis que des adolescents bien intégrés dans la société ne se laisseraient pas abuser aussi facilement pour des ambitions n’étant pas les leurs. « Si quelqu’un leur dit ‘Va et tue’, des adolescents intégrés dans la société ne le feront pas », assure littéralement Mgr Doeme.

Il a insisté sur le fait que le Nigeria est un pays riche en ressources naturelles, mais que la corruption ainsi que la concentration unilatérale de l’économie sur l’extraction de pétrole, aux dépens d’autres secteurs économiques, notamment l’agriculture, qui ne bénéficieraient d’aucun appui, constitueraient un énorme inconvénient pour ce pays d’Afrique occidentale. Il serait donc essentiel d’agir.

Selon Mgr Doeme, l’Église au nord du Nigeria devrait affronter de grands défis pour reconstruire ses sanctuaires et autres édifices religieux dévastés par les attentats terroristes et pour assurer la pastorale des veuves et des orphelins.

Bolivie – Des Bibles pour la paroisse

01.08.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., bolivie, PROJETS AED

AED International

Adaptation Robert Lalonde Canada

La Bolivie est considérée comme le pays le plus pauvre d’Amérique latine. Deux-tiers des quelque 11 millions d’habitants, en grande partie autochtone, vivent dans la pauvreté, et 40 % vivent même dans une extrême pauvreté. Cependant, ce n’est pas le seul problème, car comme au Venezuela, la situation de la liberté de religion et d’expression en Bolivie s’est de plus en plus détériorée ces dernières années.

BOLIVIE-1

Il est d’autant plus important d’affermir la foi des catholiques. La paroisse « Cuerpo de Cristo », dans la ville d’El Alto (plus de 900 000 habitants), située à plus de 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur le haut plateau des Andes, effectue un travail intensif avec les Saintes Écritures. Les gens viennent à la messe dominicale avec leur Bible, lisent ensuite ensemble les textes de la liturgie du jour, réfléchissent et cherchent des réponses aux questions que le curé a préparées pour ces conversations.

C’est une forme très fructueuse de catéchèse. Les 41 professeurs d’instruction religieuse aident leurs élèves à mieux apprendre à connaître la Parole de Dieu. Mgr Jesús Juárez Párraga soutient beaucoup cet engagement du curé et souhaite que le plus possible de fidèles puissent en profiter. Mais les habitants d’El Alto sont très pauvres et ne peuvent pas se payer leur propre exemplaire des Saintes Écritures. C’est pourquoi le curé a demandé à l’Aide à l’Église en Détresse de l’aider à acquérir 700 exemplaires de la Bible. Le don de 6 785$ de nos bienfaiteurs a permis au père Sebastian de poursuivre son précieux travail avec la Bible.

Islande – Aide à la traduction du missel en islandais

31.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED

ISLANDE-1AED International

Adaptaion Robert Lalonde, AED Canada

Le travail de traduction du missel en islandais a commencé il y a quarante ans. Grâce au soutien de l’Aide à l’Église en Détresse, il a pu être imprimé pour « l’année de la foi ». Mgr Pierre Bürcher a déjà pu en remettre un exemplaire au Pape François.

Il n’y a au total que 10 000 catholiques sur l’île d’Islande. Ils ne représentent que 3,3 % de la population. Cependant, la bonne nouvelle est que le nombre de catholiques a triplé au cours des 10 dernières années. Il y a dix fois plus de baptêmes que d’enterrements, et chaque année, entre 5 et 20 adultes sont baptisés au cours de la veillée de pâques. Par ailleurs, le nombre de catholiques augmente aussi du fait de l’immigration, principalement polonaise et philippine.

L’évêque, originaire de Suisse, dit : « Alors que je vivais encore en Suisse, je croyais moi-même que l’Église catholique d’Islande n’avait pas besoin d’aide, mais c’était une information erronée. En réalité, l’Église d’Islande ne pourrait pas survivre en tant qu’Église sans une aide de l’étranger. Nous sommes très reconnaissants envers l’Aide à l’Église en Détresse. »

Si l’Église d’Islande a besoin d’aide, c’est surtout parce qu’il n’y a pas beaucoup de catholiques en Islande et qu’ils sont, en outre, très dispersés. Beaucoup d’entre eux sont des migrants qui n’ont eux-mêmes que peu d’argent. Or l’Église ne reçoit de l’État qu’une contribution symbolique.

Syrie – Un prêtre jésuite enlevé par des extrémistes

31.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Syrie

AED Portugal

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaPRETRE

Selon l’agence Reuters, Paolo Dall’Oglio, un prêtre jésuite reconnu pour son opposition au régime Assad, aurait été enlevé par un groupe extrémiste qui se nomme lui-même « État islamique d’Irak et du Levant ». Ce groupe radical est composé de militants en lien avec Al-Qaïda en Irak.

Ce prêtre âgé de 58 ans aurait été enlevé alors qu’il marchait dans les rue de la ville de Raqqa, contrôlée par les forces rebelles. Le père jésuite qui a toujours été engagé dans le dialogue entre chrétiens et musulmans, avait été expulsé du pays où il a vécu pendant près de trois décennies, en raison précisément de son plaidoyer en faveur du dialogue entre les religions.

Dans les années 80, il avait été responsable de la restauration du monastère syriaque catholique de Maqr Musa (monastère de Saint Moïse l’Abyssin), dans le désert au Nord de Damas. Les bienfaiteurs de l’AED ont soutenu la reconstruction du monastère de la Communauté de Saint-Siméon Stylite dont le Supérieur, le père François Maurad, a été assassiné en juin dernier, après une attaque du groupe armé djihadfiste al-Jabat nustra.

Madagascar – Une chapelle et un lieu d’hébergement pour un prêtre qui arrive de loin

30.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED

AED International

Adaptaion Robert Lalonde, AED Canada

La paroisse d’Antsohihy, au nord-ouest de Madagascar, se situe dans une région où les gens découvrent tout juste le MADAGASCAR-1christianisme. Il y a 12 000 personnes qui sont déjà catholiques. Cependant, la plupart des habitants sont encore adeptes de religions traditionnelles. Il y a sur le territoire de cette énorme paroisse 26 stations missionnaires avec de petites chapelles qui ne sont parfois que des huttes de paille. La zone est sous-développée. Il n’y a ni électricité, ni téléphone, ni poste. Beaucoup de villages sont situés dans une épaisse forêt. Seulement 40 % des enfants vont à l’école.

L’évangélisation relève surtout de la responsabilité des catéchistes qui préparent les gens aux sacrements du baptême, de la confession, du mariage et de l’Eucharistie. Il est en effet impossible que le prêtre soit dans tous les villages en même temps. Chaque village a un catéchiste qui effectue l’instruction religieuse et invite les gens à prier.

Le village d’Andrafia, avec ses 1400 habitants, a aussi un catéchiste, mais seul un prêtre peut administrer les sacrements. C’est pourquoi un prêtre s’y rend deux fois par mois. Jusqu’à présent, la messe était célébrée dans la cabane d’une famille, mais grâce aux 57 000$ d’aide de nos bienfaiteurs, une chapelle a pu être construite à Andrafia. Il y a aussi un petit lieu d’hébergement pour le prêtre qui vient de loin et qui peut désormais passer la nuit sur place.

MADAGASCAR-2Le Père Jean Bosco, l’économe du diocèse d’Ambanja, tient à remercier tous les donateurs qui ont contribué à la construction de la petite église dont les fidèles sont tellement heureux : « Je vous salue et vous remercie au nom de tous les chrétiens de la région, lesquels ont bien coopéré à la construction de leur église. Ils ont tous fourni une contribution à la construction de la chapelle afin que les chrétiens puissent se réunir le dimanche pour prier, chanter, suivre la catéchèse, entendre la parole de Dieu et recevoir le pain de vie à la table du Seigneur.

Les jeunes ont apporté du sable et des pierres, les femmes sont allées chercher l’eau, et les enfants ont regardé pendant leur temps libre. Je vous assure de mes prières de reconnaissance, et de celles des chrétiens d’Andrafia et de tout mon diocèse. »

Son Éminence le cardinal Schönborn en interview avec l’Aide à l’Église en Détresse

30.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Église Brésil, JMJ Rio 2013. JMJ

Votre Éminence, quelles sont vos pensées concernant les Journées mondiales de la Jeunesse de Rio ? CARDINAL

C’est la deuxième fois que je me rend au Brésil, la première fois était en 1996. Je vois un pays plein de vie, une Église qui explose presque de vitalité. Je vois tant de nouvelles communautés qui naissent au Brésil. J’entends et je vois qu’il existe beaucoup de défis, énormément de défis sociaux, mais j’ai aussi l’impression que les chrétiens, et spécialement l’Église catholique de ce pays, peuvent parvenir à une nouvelle évangélisation du Brésil avec le secours de Dieu, et avec l’aide et l’inspiration de Sa Sainteté le Pape François. Un seul exemple : le premier jour de mon séjour, je suis entré dans l’une des grandes églises ici à Rio, et à ma grande joie et à ma grande surprise, j’y ai vu tant de jeunes gens en prière, vraiment plongés dans une profonde prière. J’avais l’impression que la prière était pour eux un élément tellement naturel, qu’ils l’avaient tout à fait intégrée à leur vie. Je  suis rempli d’espérance pour ce pays. Il ne me reste plus qu’à louer le Seigneur pour tout le bien qui croît dans ce pays, et je suis reconnaissant pour tout le formidable travail fourni par l’Aide à l’Église en Détresse.

Votre Éminence, vous venez juste de visiter notre stand, où nous attirons l’attention sur YOUCAT. Pouvez-vous nous en dire un peu plus là-dessus, comment il est né et ce que vous pensez de l’action YOUCAT aux Journées mondiales de la Jeunesse de Rio 2013 ?

YOUCAT est une sorte de miracle. C’est arrivé comme cela, simplement. Quelques personnes avaient le courage d’oser une expérience, de réaliser d’abord un grand catéchisme et le compendium du catéchisme de l’Église catholique, et puis un véritable catéchisme pour les jeunes gens. Comme l’écrivait Sa Sainteté le Pape émérite Benoît XVI dans sa préface, il doutait lui-même fortement qu’il puisse être possible de réaliser le catéchisme de l’Église catholique, le grand catéchisme. Mais alors il a ensuite été témoin du miracle de la création de ce grand catéchisme, et comme il le disait, un miracle comparable s’est produit avec YOUCAT. Dès le début, son soutien était infiniment important. Il a encouragé le projet. Beaucoup d’obstacles ont pu être surmontés grâce à son encouragement. Et les obstacles étaient nombreux ! À mon avis, ce livre, paru avec la bénédiction du Pape Benoît XVI, est devenu un immense succès dans le monde entier : il a été traduit en 27 langues, et entre-temps, probablement plus. Bienheureux Jean-Paul II avait toujours rêvé d’un tel encouragement : la nouvelle évangélisation. Avec la jeunesse, pour la jeunesse et à travers la jeunesse, YOUCAT est simplement une bénédiction.

CARDINAL-1Votre Éminence, 1,5 million d’exemplaires de YOUCAT ont été distribués gratuitement par l’Aide à l’Église en Détresse à la jeunesse du Brésil. Que pensez-vous de cette initiative ?

Je voudrais remarquer ici que Sa Sainteté le Pape émérite Benoît XVI a fortement insisté pour que YOUCAT soit distribué à tous les jeunes gens à Madrid, et que c’était un cadeau de l’Aide à l’Église en Détresse au Pape Benoît de permettre cette distribution à travers le grand don de 2011. Un million de jeunes gens ont reçu un exemplaire du YOUCAT dans les langues principales. Et maintenant, grâce à l’Aide à l’Église en Détresse, vous avez encore largement surpassé au Brésil le cadeau offert au Pape Benoît à Madrid. Je crois que le défunt Père Werenfried applaudit probablement au ciel, parce que les dons de tant de gens ont été utilisés pour cet objectif. Il insistait sur la catéchèse, qui constituait une exigence centrale de sont travail. Je crois qu’il éprouverait énormément de joie et de bonheur, il se réjouit certainement beaucoup du succès de YOUCAT, et pas seulement au Brésil.

Ouganda – Aide à la rénovation pour le séminaire d’Alokolum

29.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED

OUGANDA-1AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Plus de 220 jeunes hommes originaires de plusieurs diocèses du pays se préparent actuellement au sacerdoce au séminaire d’Alokolum, dans le nord de l’Ouganda. Cette bonne nouvelle confronte pourtant le séminaire à un grand défi, car il commence à craquer de tous les côtés. Il est donc extrêmement urgent de rénover l’un des bâtiments qui abritent les séminaristes afin de le rendre habitable, car l’espace est restreint.

Pendant la guerre civile (1988-2007), le séminaire d’Alokolum a partagé de près le sort de la population. Lors de cette guerre, et même quelques temps après, il y avait un camp de réfugiés sur son terrain. Les futurs prêtres sont formés en particulier pour assister les personnes traumatisées et les aider. Les gens ont vu leurs sœurs, mères, filles et femmes se faire violer, et des personnes se faire tuer. Des mères ont été obligées de voir leurs enfants se faire enlever dans la brousse.

L’Église n’a pas non plus été épargnée : le 11 mai 2013, les rebelles de la célèbre Lord’s Resistance Army (LRA) ont attaqué par surprise le petit séminaire de l’archidiocèse de Gulu et enlevé 41 séminaristes. Ils ont emmené les jeunes dans la brousse pour les former comme soldats. À ce jour, douze des garçons sont encore manquants.

Des traumatismes importantsOUGANDA

Les gens ont besoin d’aide pour reconstruire leur vie. « Presque toute une génération est déjà née ou a grandi dans des camps de réfugiés. Toute la culture de l’effort a été détruite, les gens ont pris l’habitude de recevoir chaque jour leur ration de nourriture et ne savent plus comment gagner leur pain quotidien », déclare Cosmas Alule, le recteur du séminaire.

Ici, l’Église doit fournir un soutien important et conseiller les gens. Le gouvernement donne certes quelques matériaux de construction et des graines aux gens qui retournent dans leurs villages, mais cela ne suffit pas. « Il s’agit d’aider les gens à restaurer leur vie d’un point de vue également psychologique, culturel et spirituel », souligne-t-il. Au cours de la guerre, quelques prêtres ont même été enlevés, blessés, emprisonnés, voire tués. Les mains d’un prêtre ont été criblées de balles alors qu’il roulait en voiture en direction d’une chapelle.

Bon nombre des séminaristes ont également subi des traumatismes. Cela représente un défi pour les formateurs. Les accompagnateurs spirituels des séminaristes ont saisi ces problèmes à bras-le-corps. Cependant, c’est également une bonne chose que les futurs prêtres aient partagé les expériences de la population, car nous avons besoin de prêtres qui savent ce que c’est que la souffrance. Si quelqu’un a fait ces expériences douloureuses et que cela ne l’a pas brisé, il pourra d’autant mieux aider les autres », estime le recteur.

Afin que le séminaire n’ait pas à renvoyer les jeunes hommes qui souhaitent se mettre au service de Dieu et de leur peuple comme des bons pasteurs, l’Aide à l’Église en Détresse voudrait offrir 27 000$ pour aider à la rénovation du logement.

Communiqué : République centrafricaine – « Je ne peux me taire lorsqu’on tue des Centrafricains comme on écraserait des mouches »

24.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Centreafrique

 Eva-Maria Kolmann, AED Intenational

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaCENTRAFRIQUE-1

 Montréal, le mercredi 24 juillet 2013Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, a décrit sans équivoque la situation dans son pays lors de son homélie prononcée dimanche dernier, le 21 juillet 2013, dans la cathédrale Notre-Dame de Bangui. « Je ne peux donc me taire lorsque les fils de ce pays sont victimes de la pire barbarie. Je ne peux me taire lorsqu’on torture et tue des Centrafricains comme on écraserait des mouches. Je ne peux me taire lorsqu’on viole nos sœurs et nos mères. Je ne peux me taire lorsque la dignité du Centrafricain est foulée aux pieds, lorsque des innocents sont spoliés, lorsque le fruit de labeur juste et mérité de toute une vie est détruit et saccagé tel un château de cartes. Je ne peux me taire lorsqu’on consacre l’impunité et impose la dictature des armes. »

En même temps, il a accordé son pardon à ceux qui voyaient en lui un « opposant politique » ou lui attribuaient « à tort des ambitions politiques voir pouvoiristes ». Il a déclaré : «  Je suis un pasteur, pas un opposant politique. J’ose espérer que les uns et les autres sauront recueillir par ma voix les cris de souffrance du peuple centrafricain. »

CENTRAFRIQUE-2La Sainte Messe s’est déroulée à l’occasion du premier anniversaire de son ordination épiscopale. Le 26 juin 2013, l’archevêque Mgr Dieudonné Nzapalainga et 33 autres archevêques du monde entier avaient reçu le pallium des mains de Sa Sainteté le Pape François. Dimanche dernier, la capitale centrafricaine de Bangui a été le théâtre de la Messe d’Action de Grâce. Simultanément, des messes pour la paix en République centrafricaine ont été célébrées dans de nombreux pays.

Cette journée mondiale de la prière avait été initiée par  la congrégation des Carmes en Italie, qui gère cinq missions en Centrafrique. L’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse avait également invité les fidèles du monde entier à prier en cette journée pour les hommes et les femmes de ce pays sombrant dans la violence et le chaos.

Islande – Dix fois plus de baptêmes que d’enterrements

19.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

L’Église catholique d’Islande, qui ne compte que 10 000 fidèles, est bien petite, mais elle se développe de façon très dynamique.Islande 1 Mgr Pierre Bürcher, évêque de Reykjavik, raconte à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED) la vie de la diaspora. Son diocèse s’étend sur plus de 100.000 kilomètres carrés.

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Pierre Bürcher ne s’était pas représenté de façon si littérale la sommation de Jésus : « Avance au large ! ». Cela faisait 13 ans qu’il était évêque auxiliaire de Lausanne, en Suisse, lorsque le Pape Benoît XVI le nomma évêque de Reykjavik en octobre 2007. « Je n’avais jamais été en Islande auparavant », admet en souriant ce suisse de 67 ans. « Ce fut une grosse surprise. Dieu m’a vraiment emmené au large ! »

Pour lui, l’Islande est un pays de contrastes. Et pas seulement parce qu’il y a des volcans et de la glace et qu’en hiver les jours ne durent que 4 heures, tandis qu’il ne fait quasiment pas nuit en été. En effet, l’Église catholique comporte au moins autant de diversité. « Nous avons de nombreuses nationalités, c’est une véritable Église universelle» déclare Mgr Bürcher.

Bien que les 10 000 fidèles catholiques ne représentent qu’une petite minorité d’à peine plus de 3 % d’une population d’environ 320 000 habitants, le dynamisme de l’Église a de quoi réjouir. Le nombre de catholiques a triplé au cours des 10 dernières années, et le pourcentage de catholiques au sein de la population totale est le plus élevé qui soit parmi les pays nordiques. Il y a dix fois plus de baptêmes que d’enterrements, et chaque année, entre 5 et 20 adultes sont baptisés au cours de la veillée de Pâques. Par ailleurs, le nombre de catholiques augmente aussi du fait de l’immigration, principalement polonaise et philippine.

Islande 2 Une soupe populaire à Reykjavik

Cependant, la vie dans la diaspora n’est pas facile. Il n’y a que 17 prêtres. À part un islandais, ils sont tous d’origine étrangère. Les catholiques vivent très dispersés, et dans certaines régions l’instruction religieuse doit avoir lieu par Internet, vu le faible nombre d’enfants catholiques. Quand Mgr Bürcher se rend à une confirmation, il doit prendre l’avion, parce que les distances sont grandes et que les routes sont souvent dangereuses: « Les routes ne sont pas des autoroutes. C’est surtout en hiver qu’il est dangereux de rouler sur la glace. Mais en été, il y a souvent un vent puissant. Nous avons beaucoup d’accidents avec des voitures trop légères qui sont déportées de la route par le souffle du vent. »

L’Islande a été particulièrement touchée par la crise économique. Auparavant, l’île était considérée comme l’un des pays les plus riches au monde qui ne connaissait pas le chômage. Aujourd’hui, c’est différent. Des gens qui avaient acheté de grandes maisons ou de grosses voitures il y a quelques années ne peuvent maintenant plus rembourser les crédits et sont endettés. « Il y a quelques années, lorsque les sœurs de l’ordre des Missionnaires de la Charité ont voulu ouvrir une soupe populaire à Reykjavik, les autorités ont déclaré qu’une telle institution était inutile car il n’y avait pas de pauvres. Cependant, les sœurs de l’ordre fondé par Mère Teresa de Calcutta ont loué un petit local où environ 20 personnes venaient chaque jour au petit déjeuner.

Maintenant, après la crise économique, il y a chaque jour jusqu’à 70 personnes qui répondent à la proposition. Il y a beaucoup de volontaires et c’est un merveilleux apostolat et témoignage de la foi », raconte l’évêque. « L’expérience montre que l’amour est contagieux. Un boulanger du voisinage donnait auparavant son pain de la veille à un agriculteur pour son bétail. Maintenant, il offre le pain aux sœurs en disant : « Il n’est désormais plus possible de donner le pain aux animaux ». Malgré tous les problèmes créés par la crise économique, l’évêque constate certaines évolutions positives : « Beaucoup de gens reviennent aux vraies valeurs. La simplicité, la famille, le contact avec la nature – tout cela retrouve de l’importance. »

L’Église catholique d’Islande a besoin de soutien. C’est pourquoi l’AED a par exemple soutenu la publication du Missel en islandais. L’évêque en a déjà remis cette année un exemplaire au Pape François en personne. La publication de la petite Bible de l’enfant « Dieu parle à ses enfants » et du petit Catéchisme « Je crois » en islandais a également été soutenue.

Par ailleurs, l’AED a aidé quelques prêtres et religieuses à acheter un véhicule pour la pastorale, et a fourni des subsides pour des travaux sur des bâtiments appartenant aux sœurs. Mgr Bürcher déclare : « Alors que je vivais encore en Suisse, je croyais moi-même que l’Église catholique d’Islande n’avait pas besoin d’aide. Mais c’était une information erronée. En réalité, l’Église d’Islande ne pourrait pas survivre en tant qu’Église sans une aide de l’étranger. Nous sommes très reconnaissants envers l’AED. »

Le Sud-Soudan souffre des exactions des rebelles : « Une présence militaire n’est pas la bonne solution »

18.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Soudan

AED International

Adaptation AB Griffin, AED Canada

Les politiques devraient s’engager plus fort en faveur d’un dialogue pour la paix, a exigé Mgr Edward Hiiboro Kussala, évêque du diocèse sud-soudanais de Tambura-Yambio, dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique « L’Aide à L’Église en détresse ». Dans son diocèse situé dans la région frontalière, la population souffrirait des violences perpétrées par les rebelles venus d’Ouganda et de République démocratique du Congo, et particulièrement par les membres de l’Armée de Résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army LRA). « Ils enlèvent des enfants, incendient les maisons et tuent les hommes et les femmes. Beaucoup de gens s’enfuient dans les villes. Il y a énormément de personnes déplacées dans mon diocèse. », relate l’évêque.

 

L’Armée de Résistance du Seigneur, créée en 1987 sous la direction de Joseph Kony en Ouganda, et quasiment chassée entre-temps de son pays d’origine, déploie aujourd’hui surtout ses activités dans les régions frontalières du Sud-Soudan, de la République démocratique du Congo et de la République centrafricaine.

 

© AED/ACN

© AED/ACN

Pour améliorer la situation de la sécurité dans la région, des soldats des armées ougandaise et sud-soudanaise, un contingent américain ainsi que des forces de l’Union africaine y sont stationnés, raconte Mgr Kussala en déplorant : « Cette présence militaire n’est pas la bonne solution. Par ailleurs, la communauté internationale manque de volonté d’arrêter Joseph Kony, le leader de l’Armée de Résistance du Seigneur. »

 

« Lobby » pour la paix

« Les politiques croient en l’action des forces armées, mais tous ces efforts restent vains », poursuit Mgr Kussala. Dans ce processus de paix, une grande importance reviendrait à l’Église, puisqu’elle éduquerait les gens à la paix et à la réconciliation et constituerait une sorte de « lobby » pour la paix. Souvent, elle s’engagerait à travers des voies diplomatiques pour promouvoir la paix, ajoute l’évêque.

 

Le Sud-Soudan, pays à majorité chrétienne et animiste, a obtenu le 9 juillet 2011 sont indépendance de la partie nord du pays, majoritairement musulmane. Entre 1983 et 2005, une sanglante guerre civile avait sévi sur tout le territoire soudanais, exigeant plus de deux millions de vies humaines et faisant perdre leur patrie à des millions de personnes.