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AED

 

Palestine – « Nous faisons quotidiennement l’expérience de ce que signifie une occupation. »

14.08.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

Israéliens et Palestiniens discutent à nouveau. Qu’en attendent les chrétiens de Terre Sainte ? Et comment vivent-ils l’occupation israélienne ?

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaPALESTINE-1

« Les colonies juives nous entourent de toutes parts et nous rendent la vie très difficile, à nous autres palestiniens ». Louis Hazboun est né à Bethléem. Depuis l’an dernier, cet homme sympathique est curé de la paroisse catholique romaine de Bir Zeit, une petite ville des environs de Ramallah où, mise à part l’université, il ne se passe pas grand-chose.

La Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, est rurale et très pittoresque : des oliveraies et de petits champs entourent ce lieu tranquille dont la population est composée d’un mélange de musulmans et de chrétiens. Environ 4000 des quelque 7000 habitants sont musulmans, le reste se subdivisant entre catholiques, orthodoxes et anglicans. La coexistence des religions est une tradition. Toutefois, en raison de la présence des colonies juives voisines, l’idylle est trompeuse.

L’exode se déroule par vagues

« Les colons ne cessent de nous couper l’eau ou l’électricité, car ils en ont eux-mêmes besoin. Cela nous limite beaucoup. Tout cela, dans notre propre pays ! Nous faisons quotidiennement l’expérience de ce que signifie une occupation. » Lors de sa visite à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), le Père Hazboun a de plus rappelé l’existence des points de contrôle, qui entravent considérablement la liberté de circulation des Palestiniens. Ce sont souvent des soldats israéliens de 18 ans qui décident si un vieil homme de quatre-vingts ans peut ou non passer. « L’arbitraire est grand et la procédure est humiliante » explique le Père Hazboun.

À cela s’ajoutent les conséquences économiques de l’occupation. « Israël détermine ce qui peut être importé. Par exemple, si les Israéliens ont un excédent d’olives, ils inondent nos marchés et font s’effondrer les prix de nos agriculteurs. Or, l’agriculture est déterminante pour de nombreuses familles chrétiennes. » Autrefois, avant la construction du mur qui sépare Israël des territoires occupés, beaucoup de chrétiens des environs travaillaient dans la ville toute proche de Jérusalem. Elle se situe à peine à 20 kilomètres. Aujourd’hui, en raison des fastidieux contrôles routiers et des restrictions de visa, c’est en général impossible.

PALESTINE-2Il n’y a que quelques chrétiens de Bir Zeit qui travaillent ici, au Patriarcat latin comme médecins ou comme enseignants dans les écoles chrétiennes. « Malgré toute notre bonne volonté, l’Église ne peut pas embaucher tous les chrétiens », déplore le Père Hazboun. C’est pourquoi beaucoup de chrétiens de la localité sont au chômage – ce qui a de graves conséquences : « Nous avons plusieurs hommes qui voudraient se marier et fonder une famille, mais ils n’en ont tout simplement pas les moyens. Les jeunes qui le peuvent s’en vont donc. »

Yusef Daher voit cet exode chrétien de Terre Sainte avec beaucoup d’inquiétude. Ce catholique dirige le « Inter Church Center » à Jérusalem, un organisme œcuménique engagé en faveur des droits des chrétiens en Terre Sainte. « Il existe aujourd’hui environ 1 million de chrétiens palestiniens, mais seulement 20 % d’entre eux vivent dans ce qui est aujourd’hui Israël et les territoires occupés. Le reste est dispersé à travers le monde. » Environ 150 000 chrétiens sont répartis dans Israël, le reste, soit environ 50 000, est domicilié à Jérusalem-Est, en Cisjordanie ou sur la bande de Gaza. « L’exode des chrétiens de Terre Sainte se déroule par vagues » déclare Yusef Daher. « La dernière grande vague a eu lieu au cours de la deuxième intifada après l’an 2000. »

Des permis limités

L’expert considère Jérusalem comme un cas particulier, dont la moitié orientale a été annexée par Israël, mais revendiquée par les Palestiniens comme capitale d’un futur État. Ici, les Arabes chrétiens, comme la plupart des autres Palestiniens qui vivent depuis 1967 sous l’autorité israélienne, n’ont pas la citoyenneté israélienne, mais seulement un permis de séjour qu’ils perdent en cas de séjour trop prolongé hors de Jérusalem. Par exemple, quand ils vont chez des parents en Cisjordanie. « Une sorte d’émigration forcée a lieu ici. C’est pourquoi le nombre de chrétiens a dramatiquement diminué à Jérusalem », raconte Yusef Daher.

Pour Yusef Daher, on compte aussi parmi les situations de détresse vécues par les chrétiens palestiniens les pratiques israéliennes arbitraires en matière d’attribution de permis d’entrée PALESTINE-3lors des grandes fêtes, quand beaucoup de chrétiens des territoires occupés veulent se rendre en pèlerinage à Jérusalem. Tout le monde n’obtient pas ce permis. Yusef Daher y voit l’expression d’une discrimination fondamentale effectuée par Israël entre juifs et non-juifs : « Les chrétiens palestiniens souffrent comme les autres palestiniens. Dès que vous n’êtes pas juif, vous subissez le même traitement discriminatoire. »

Le Père Hazboun et ses paroissiens vivent cela quotidiennement. C’est pourquoi il n’attend pas grand-chose des pourparlers de paix qui ont repris entre Israéliens et Palestiniens. « Nous, Palestiniens, espérons naturellement que les pourparlers de paix entre nous et les Israéliens mèneront finalement à une solution à deux États. Mais pour l’instant, je ne suis ni optimiste ni pessimiste. Il y a déjà souvent eu des discussions qui n’ont abouti à rien. Mais je sais une chose avec certitude : on ne peut pas priver sur une trop longue période un peuple libre de son propre État. »

NIGERIA – NOUS PORTONS LA CROIX DE LA PERSÉCUTION

14.08.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution, Prière

« Sans vos prières, tout serait bien pire »

John Pontifex, AED Royaum-Uni

Robert Lalonde, AED CanadaREPORTAGE - MERCREDI

Au nord du Nigeria, un climat empreint de peur s’installe en raison des attaques persistantes qui menacent de rendre ingouvernables certaines parties de la région.

Des attaques menées contre des institutions de l’État, des places du marché et des communautés religieuses (musulmanes et chrétiennes) créent partout un climat empreint de peur et de terreur. Des milliers de personnes se sont déjà enfuies.

De nombreux groupes toujours prêts à commettre des actes de violence opèrent dans le nord du Nigeria. C’est toutefois le mouvement extrémiste islamiste Boko Haram que la population craint le plus, car il a non seulement déclaré la guerre à l’État, mais aussi aux chrétiens en particulier en perpétrant des attentats contre leurs maisons, leurs postes de travail et leurs églises. D’ailleurs, certains rapports affirment qu’en 2012, plus de 900 chrétiens ont perdu la vie au Nigeria à cause d’attentats à motif religieux.

Le gouvernement du président nigérian Goodluck Jonathan a réagi en décrétant l’État d’urgence au nord-est du pays. L’épicentre de la crise se situe à Maiduguri, non loin de l’endroit où le Père John Bakeni travaille dans une paroisse à la frontière du Niger. La formation du Père John Bakeni a été partiellement financée par l’Aide à l’Église en Détresse qui soutient aussi des prêtres comme lui avec des intentions de messe.

REPORTAGE - MERCREDI 2Voici comment le père John Bakeni nous raconte sa vie dans sa paroisse : « Au cours des trois premiers mois où j’étais ici dans cette église, je ne parvenais pas à dormir. À l’extérieur de l’église, on tire tout le temps des coups de feu et des gens sont tués sans cesse. Des pierres sont jetées sur le cimetière et des cadavres d’animaux projetés par-dessus les murs de l’église. »

Malgré ces épreuves, le Père Bakeni reste présent pour ses paroissiens : « Beaucoup de gens se sont enfuis, mais ceux qui ont pu rester prennent courage en voyant que je suis avec eux, que je lis la messe et que je leur rends visite chez eux. »

Puis, le Père Bakeni de continuer : « L’Église a toujours été une Église persécutée. Si nous sommes persécutés et que je dois donner ma vie pour cela, alors qu’il en soit ainsi. Nous sentons vraiment quand vous priez pour nous. Sans vos prières, tout serait bien pire encore. »

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5000 séminaristes au Nigeria REPORTAGE - MERCREDI 3

« Quand vous rentrerez chez vous, dites aux gens que beaucoup d’entre nous veulent devenir prêtres. Les extrémistes au Nigeria s’engagent sur la voie de la violence, mais nous voulons nous engager sur la voie du Seigneur. »

Le diacre Hezekiah Kovona, qui sera ordonné prêtre dans quelques mois, est l’un des 327 jeunes hommes vivant au séminaire de Ste-Augustine à Jos. À plusieurs reprises, les extrémistes ont menacé Ste-Augustine.

Une fois, des islamistes ont incendié un monastère à proximité du séminaire et menacé d’attaquer aussi Sainte-Augustine, mais les séminaristes se sont lancés hors du bâtiment et ont chassé la foule en furie.

En réaction à cet incident, les séminaristes ont instauré une patrouille le long du mur entourant le séminaire et, grâce à une ligne téléphonique permanente, tout problème peut être signalé immédiatement au quartier général de la police à in Jos.

Un séminariste appelé Genesis explique : « C’est à Dieu que nous devons d’avoir survécu. Les gens et même nos familles nous demandent parfois pourquoi nous mettons nos vies en jeu en tant que prêtres, mais nous n’avons pas peur. » Genesis est l’un des plus de 5 000 séminaristes au Nigeria : nulle part en Afrique, ils ne sont aussi nombreux.

L’Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est donné pour mission d’apporter son soutien aux séminaristes de Ste-Augustine et à quelques autres dans leur préparation à la prêtrise. Depuis 2010, l’AED soutient en permanence 56 séminaristes de l’archidiocèse de Jos et aide 19 prêtres œuvrant à St Augustine par le biais d’intentions de messe.

Une vidéo sur les séminaristes de Ste-Augustine à Jos vous est proposée sous www.acnuk.org/nigeria.

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Demain 

« Consolation pour ceux qui souffrent »

Extrait : « Mon cœur est brisé – Dieu seul peut me venir en aide. Je ne perdrai jamais la foi en Dieu. »

                                      ET

«  Pionnières de la foi »

Extrait : « Je crois qu’en tant que femme, je peux faire beaucoup plus pour l’Église. (…) Je voudrais apporter la paix à un monde qui n’en a pas. »

Si vous souhaitez fournir un don, communiquez au :

(514) 932-0552 ou 1 (800) 585 6333

NIGERIA – NOUS PORTONS LA CROIX DE LA PERSÉCUTION

13.08.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution

Un miracle

John Pontifex, AED Royaume-Uni

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

John Abba décrit cette journée d’octobre 2012, lorsqu’un kamikaze a foncé avec sa voiture dans son église Sainte-Rita, au nord de Kaduna.REPORTAGE - MARDI

« Nous étions agenouillés. Le prêtre voulait juste prendre l’hostie et dire ‘ Ceci est l’agneau de Dieu ‘ lorsque nous avons entendu comment une auto qui enfonçait le mur à l’extérieur de l’église. Ensuite, une énorme explosion s’est produite et j’ai perdu connaissance. »

 John est debout dans le chœur de l’église. Je lui parle exactement à l’endroit où il était agenouillé lorsque l’explosion s’est produite.

En plus de John, je rencontre sept autres croyants qui avaient été grièvement blessés lors de cet attentat suicide et qui sont restés estropiés à jamais. Quelques-uns d’entre eux ont perdu un œil, d’autres ont des blessures causées par des éclats d’obus.

John raconte : «  Les gens croyaient que j’étais mort, car j’étais couché dans une mare de sang. Ils ont crié mon nom et cru à un miracle lorsque je leur ai répondu.  Je ne pouvais absolument rien voir. Plus tard, les médecins m’ont dit que j’étais un cas sans espoir. Mais je n’ai jamais cessé d’avoir confiance en Dieu. »

 Je suis resté aveugle durant deux mois et dix jours et puis, au bout de nombreuses opérations, j’ai à nouveau retrouvé un peu la vue avec un œil. Quand je raconte mon histoire, les gens me regardent souvent et disent : oui, Dieu existe. »

L’Aide à l’Église en Détresse ne soutient pas seulement les prêtres qui apportent un secours pastoral aux victimes, mais s’engage aussi en faveur du dialogue entre les différentes religions afin d’enrayer les troubles surgissant après les actes de terreur.

Le 22 mars 2013, des fidèles qui priaient justement dans l’église St-Martin à Ganye, à l’est du Nigeria, se sont enfuis en courant pour sauver leurs vies lors d’une attaque de leur église. Vous trouverez sous www.acnuk.org/nigeria un reportage complet avec une vidéo, des interviews et des photos.

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REPORTAGE - MARDI 2La Bible d’Esther

Voici Esther Dowda, de Zaria, dans le nord du Nigeria. Elle a trois ans.

Elle tient entre les mains la bible pour les enfants de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), rédigée en haoussa, l’une des principales langues vernaculaires pratiquées dans cette partie du pays.

Nous avons rencontré Esther dans les ruines de son église St-Stephen, détruite par l’explosion de bombes, où son père lui faisait la lecture dans sa bible pour les enfants.

Grâce aux bienfaiteurs, l’AED a pu imprimer et distribuer 100 000 bibles pour enfants en haoussa. Une quantité similaire de bibles a été fournie en yoruba et en tiv et 200 000 autres bibles traduites en ibo ont déjà été expédiées. Dans tout le pays, il existe plus de 250 000 bibles en anglais.

Ibrahim dit : « Esther adore les histoires que je lui lis, mais elle aime surtout les images multicolores. »

L’AED a déjà reçu des demandes concernant une édition de la Bible pour les enfants en béroé, une langue vernaculaire parlée dans l’État fédéral de Plateau

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Demain 

« Sans vos prières, tout serait bien pire. »

Extrait : « Au cours des trois premiers mois où j’étais ici dans cette église, je ne parvenais pas à dormir. À l’extérieur de l’église, on tire tout le temps des coups de feu et des gens sont tués sans cesse. Des pierres sont jetées sur le cimetière et des cadavres d’animaux projetés par-dessus les murs de l’église. »

                        ET

«  5000 séminaristes au Nigeria »

Extrait :          « Les gens et même nos familles nous demandent parfois pourquoi nous mettons nos vies en jeu en tant que prêtres, mais nous n’avons pas peur. »

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NIGERIA – NOUS PORTONS LA CROIX DE LA PERSÉCUTION

12.08.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution

« Aidez-nous à panser nos blessures et à guérir nos cœurs brisés. »

REPORTAGE - LUNDIJohn Pontifex, AED Royaune-Uni

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

« Dans le nord-est du Nigeria, il peuvent attaquer nos maisons, mais ils ne peuvent pas anéantir notre esprit. Nous avons été persécutés, discriminés et harcelés, mais ils ne parviendront jamais à nous enlever notre foi et notre espérance en notre Père qui est aux cieux. » Mgr Ignatius Kaigama, archevêque de Jos – Président de la conférence épiscopale du Nigeria

Alors que la crise s’aggrave au nord du Nigeria, les gens dans la région de Maiduguri, qui est la plus sévèrement touchée, ne savent pas ce qui adviendra demain ni ce que l’avenir offrira à leurs enfants.

Lorsque le gouvernement a décrété l’état d’urgence, l’équipe de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) était déjà en route pour se faire une idée de la situation actuelle et de l’avancement des projets dans une région dont on prétend qu’elle constitue l’un des endroits les plus dangereux du monde pour des chrétiens. Malgré leur souffrance, les gens étaient remplis de foi et d’espérance. Qu’est-ce qui nous attendait là ?

Le jeune catholique John Abba nous raconte ci-dessous (article à paraître demain) comment il a vécu il y a quelque mois la terrible attaque perpétrée contre son église durant la sainte messe. «  Ils croyaient que j’étais mort, mais j’ai survécu. Ils croyaient que je resterais aveugle, mais maintenant, je peux vous voir. Ils croyaient qu’ils pourraient se débarrasser de nous, mais nous sommes toujours ici et nous remercions Dieu. »

Des personnes de toutes les couches sociales ont souffert, mais les chrétiens ont été touchés de manière particulièrement dure, puisqu’ils ont subi presque une centaine d’attaques contre des églises depuis 2007.

Malgré le généreux soutien dont les bienfaiteurs ont fait preuve jusqu’à présent, il reste encore tellement à faire pour venir en aide aux fidèles qui portent la croix de la persécution. Parmi les projets urgents de l’AED, il faut compter la reconstruction d’églises, l’aide pastorale aux victimes des atrocités, l’élaboration d’une coopération entre les différentes croyances, la formation des catéchistes, la distribution de bibles pour les enfants, la formation de séminaristes et le soutien aux prêtres opprimés à travers des intentions de messe.

Il n’est pas facile de survivre malgré la persécution, mais avec votre aide, cela peut être rendu possible. Comme nous le disait une religieuse en s’inspirant du psaume 147 : « Aidez-nous à panser nos blessures et à guérir nos cœurs brisés. »

Lors des trois prochains jours, nous vous proposons une série de 6 articles, intitulée NOUS PORTONS LA CROIX DE LA PERSÉCUTION. Ces articles ont été écrits par John Pontifex, le journaliste du bureau national du Royaume-Uni de l’Aide à l’Église en Détresse.

Demain 

 

« Un miracle »

 

 

Extrait :          « Je suis resté aveugle durant deux mois et dix jours et puis, après de nombreuses opérations, j’ai à nouveau retrouvé la vue avec un œil. »

 

ET

«  La Bible d’Esther »

 

 

Extrait :          «Nous avons rencontré Esther dans les ruines de son église St-Stephen, détruite par l’explosion de bombes, où son père lui faisait la lecture dans sa bible pour les enfants. »

 

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Communiqué : République centrafricaine – Massacres et réfugiés par centaines dans le diocèse de Bouar

09.08.2013 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Centreafrique

AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaCENTRAFRIQUE - 1

Montréal, le vendredi 9 août 2013Ces derniers jours, le diocèse de Bouar a été le théâtre de violentes exactions et de massacres commis par les rebelles de la troupe « Seleka », relate l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Les habitants d’au moins 14 villages se seraient enfuis, laissant derrière eux leurs villages totalement  abandonnés, déplorait hier le Père Aurelio Gazzera, un Carme de Bozoum, dans un entretien avec l’AED.

Le week-end dernier, plus de 970 réfugiés seraient arrivés rien que dans sa mission de Bozoum. Les localités menacées par les exactions seraient éloignées de 70 à 120 kilomètres et situées sur la route entre Bozoum et Bossangoa. Le missionnaire a déclaré par ailleurs que les villages à population majoritairement musulmane « ne seraient que peu ou pas du tout touchés par ce genre d’exactions. »

Le Père Gazzera, qui s’était rendu personnellement sur les lieux des crimes mercredi, rapporte : « C’était horrible. Beaucoup de localités ressemblent à des villages fantômes, parce qu’ils sont totalement vides et abandonnés. Des témoins m’ont dit que les rebelles avaient jeté les cadavres des personnes tuées dans le fleuve. » Un bébé de cinq mois se serait même trouvé parmi les morts. Quinze personnes au moins auraient perdu la vie, mais il faudrait plutôt les évaluer à plusieurs douzaines, continue le Père Gazzera.

Le lundi 12 août, une prière commune en faveur de la paix aura lieu avec des représentants de l’Église catholique, de l’islam et des communautés protestantes dans la ville de Bouar, qui est aussi le siège du diocèse catholique du même nom. Les représentants des communautés religieuses s’étaient récemment exprimés dans une déclaration commune contre toute forme de violence.

Pendant ce temps à Montréal

À l’occasion du 53e anniversaire de l’indépendance de la République Centrafricaine (RCA), la Communauté Centrafricaine Söngö-Canada de Montréal organise une grande célébration oecuménique le  samedi 17 août 2013 à 11h, à Montréal, en l’église St Antoine-Marie-Claret située au 10 660 Avenue Larose à l’intersection du boulevard Henri-Bourassa.

La messe sera présidée par le père Phillipe ZILAYA, Missionnaire des Saints-Apôtres, tandis que la prédication et la prière d’intercession seront animées par les pasteurs Jean-Norbert Datro-Koumba et Saturnin Grebry. La célébration sera suivie d’un BBQ au parc de l’île de la Visitation près de l’église.

CENTRAFRIQUE - 2« Avec tout ce que la République Centrafricaine traverse depuis décembre 2012, nous voulons prier pour les victimes, mais surtout invoquer la puissance de Dieu sur les forces du mal afin que cesse ce cauchemar que subit notre peuple. Tous les Centrafricains ainsi que les Amis de la Centrafrique sont cordialement invités à se joindre à nous en ce moment de prière », écrit Alexis B. Béléké au nom de la communauté.

Brésil – « Entrez donc – ça dure à peine 15 minutes »

07.08.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., JMJ Rio 2013. JMJ

AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaJMJ - 1

15 000 jeunes gens ont visité l’exposition de l’Aide à l’Église en Détresse lors des Journées mondiales de la Jeunesse de Rio 2013

« Entrez doncça dure à peine 15 minutes ». Cette invitation projetée sur un écran de deux mètres de haut a été lue par les quelque 15 000 jeunes gens qui se sont rendus à l’exposition organisée à Rio par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) à l’occasion des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ).

L’exposition était conçue pour accueillir dix visiteurs toutes les trois minutes. Dès le premier jour, le nombre de visiteurs a été élevé à 15. Le dernier jour, il a même fallu laisser passer des groupes de 25 personnes tant était grande l’affluence des personnes voulant découvrir l’exposition qui faisait partie du programme culturel officiel des JMJ Rio 2013. Quarante volontaires se sont joints à l’équipe de collaborateurs brésiliens et d’autres pays de l’AED afin d’accueillir les jeunes gens venus au Largo da Carioca, où se tenait l’exposition.

« Ce qui m’a le plus impressionné, c’est que ni la pluie, ni le froid ou les contretemps n’aient pu entraver le succès de l’exposition ou diminuer l’intérêt des jeunes gens », s’étonne le Père Evaristo Debiasi, assistant ecclésiastique de l’AED au Brésil. « Les jeunes gens sont vraiment en quête de quelque chose de très profond. Ils s’aperçoivent que seul Jésus-Christ peut leur fournir au plus profond de leurs cœurs la réponse au rêve de leur vie : l’amour et le bonheur. Jamais je n’aurais pu imaginer que les courts-métrages vidéo de l’exposition de l’AED puissent autant toucher le cœur de milliers de personnes. »

Le souhait de contribuer à l’action de l’Église

La majorité des visiteurs étaient des Brésiliens entre 19 et 25 ans, venus des différents États du pays avec leur groupe respectif. Mais on a aussi observé la présence de personnes actives travaillant à proximité. Comme l’exposition se tenait à un endroit extrêmement central, beaucoup de gens ont profité de leur pause du midi pour la visiter. Parmi les visiteurs étrangers, les Argentins, Chiliens, Uruguayens et Mexicains sont venus très nombreux. Ces derniers notamment se sont montrés particulièrement émus par la projection de Notre-Dame de Guadalupe.

JMJ - 2L’exposition se composait de six tentes obscurcies dans lesquelles étaient présentées de petites vidéos sur le missionnariat de l’Église. Elles ont particulièrement touché le cœur des jeunes gens. À la fin de leur visite, ceux-ci arrivaient jusqu’au Saint Sacrement, présenté dans une chapelle très lumineuse avec un toit translucide et installée dans la dernière tente. Face à la présence du Seigneur exposé à travers l’Eucharistie, ils se sont agenouillés ou assis à même le sol pour méditer. Ils y sont restés bien plus longtemps que les 15 minutes initialement prévues par les organisateurs, démontrant ainsi clairement que cette nouvelle génération, qu’ils désignent eux-mêmes comme « la jeunesse du Pape » , a soif de rencontrer Dieu, et qu’elle est également prête à faire des sacrifices qui en valent la peine.

Bruno Pires est un Brésilien de 23 ans. Il a grandi dans une famille catholique, mais s’est éloigné plus tard de la foi. Il a retrouvé le chemin de l’Église alors que, selon sa propre expression dramatique, il se considérait lui-même « pour une ordure qui n’était pas digne de vivre ».

En vendant des gâteaux et des pizzas, il a gagné l’argent nécessaire à son voyage : « Je ne connaissais pas l’AED avant, mais vous montrez où est l’Église et ce qu’elle fait. L’exposition éveille vraiment chez les jeunes le souhait de contribuer à cette action. Peut-être pas dans une mission très loin de chez eux, mais bien dans leur vie quotidienne. » Puis, le jeune homme de continuer : « L’exposition était tout à fait dans le noir. On voyait le travail de l’Église, mais aussi des situations très tristes et dramatiques. À la fin, on pénétrait dans une pièce très claire où se trouvait exposé le Saint-Sacrement. On y voyait le Christ, la lumière qui peut changer tout cela. »

Après la chapelle, les jeunes gens sont passés dans le pavillon international. Il regroupait les stands de différents bureaux nationaux de l’AED du monde entier, mais aussi ceux de plusieurs congrégations et mouvements religieux de missionnaires, qui sont entrés en conversation avec les jeunes et leur ont ouvert de nouveaux horizons.

« L’exposition m’a beaucoup aidée à réfléchir sur ce que je pourrais faire pour aider les autres », assure Malgorzata Szwed, une jeune Polonaise parmi les bénévoles qui travaillaient dans l’exposition. « C’est une tâche essentielle que de sensibiliser les gens au sujet des différentes possibilités d’apporter leur aide dans le monde entier. »

15 000 jeunes portent en leur cœur le nom de l’AEDJMJ - 3

Son Éminence le cardinal de Vienne, Mgr Christoph Schönborn, a également visité l’exposition. À cette occasion, il a tenu à formuler un message à l’intention des bienfaiteurs de l’AED: « Je suis très content de pouvoir saluer les bienfaiteurs de l’AED. Je suis né dans l’ex-Tchécoslovaquie qui a bénéficié d’énormément d’aide de la part du Père Werenfried, comme de nombreux autres pays d’Europe de l’Est à l’époque communiste. Ce travail s’est à présent étendu au monde entier. L’appui à travers les très nombreux dons venus de tous les pays, et aussi du Brésil, est d’un grand soutien pour les multiples détresses de l’Église. Je voudrais remercier très cordialement tous les bienfaiteurs de l’AED : Muito obrigado ! »

Maintenant, 15 000 jeunes gens portent en leur cœur le nom de l’AED. Afin de ne pas perdre de vue le charisme spirituel de l’œuvre, l’exposition a montré ce que faisait l’Église. Mais elle a aussi souligné ce qui reste encore à faire. « À notre avis, il est très important que les jeunes gens constatent que la foi n’est pas seulement une fête. Nous devons entreprendre quelque chose pour que le monde autour de nous devienne meilleur. Et cela dépend de chacun d’entre nous. », a constaté José Corrêa, directeur de l’AED au Brésil.

L’exposition s’est tenue du 22 au 26 juillet, au cœur du centre-ville de Rio de Janeiro. À la surprise des visiteurs, le Papamobile du Saint Père est passé tout près de là et le Pape a salué et béni les jeunes gens.

COMMUNIQUÉ / Nigeria – « Boko Haram est un produit de la corruption »

02.08.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaNIGERIA

Malgré la menace permanente émanant d’actes terroristes de l’organisation islamiste « Boko Haram », les fidèles du diocèse de Maiduguri, au nord du Nigeria, sont « très courageux et n’ont pas peur », comme le déclarait Mgr Oliver Dashe Doeme, évêque de Maiduguri, dans une interview accordée à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique l’Aide à l’Église en Détresse.

Son diocèse aurait certes été sévèrement touché par les violences perpétrées contre les chrétiens, mais les croyants témoigneraient « publiquement de leur foi avec beaucoup de courage ». Même peu après les attentats terroristes contre des églises, les gens continueraient de venir en grand nombre aux offices religieux.

La fidélité de ses prêtres aussi serait « un grand appui » pour le diocèse, a poursuivi l’évêque en disant : « Malgré le danger de mort et les menaces permanentes, nos prêtres restent dans leurs paroisses et continuent d’assurer leur service ». Le nombre de vocations serait également très réjouissant. Actuellement, 30 aspirants à la prêtrise vivraient au séminaire de Maiduguri. Dernièrement, son diocèse aurait célébré l’ordination de huit prêtres.

L’évêque désigne « Boko Haram » comme un « produit de la corruption ». Pour restaurer la paix, il serait donc indispensable de lutter contre la corruption sévissant dans tout le pays et d’offrir des perspectives d’avenir aux jeunes. Selon l’évêque, certains groupes manipuleraient la jeunesse sans perspectives, tandis que des adolescents bien intégrés dans la société ne se laisseraient pas abuser aussi facilement pour des ambitions n’étant pas les leurs. « Si quelqu’un leur dit ‘Va et tue’, des adolescents intégrés dans la société ne le feront pas », assure littéralement Mgr Doeme.

Il a insisté sur le fait que le Nigeria est un pays riche en ressources naturelles, mais que la corruption ainsi que la concentration unilatérale de l’économie sur l’extraction de pétrole, aux dépens d’autres secteurs économiques, notamment l’agriculture, qui ne bénéficieraient d’aucun appui, constitueraient un énorme inconvénient pour ce pays d’Afrique occidentale. Il serait donc essentiel d’agir.

Selon Mgr Doeme, l’Église au nord du Nigeria devrait affronter de grands défis pour reconstruire ses sanctuaires et autres édifices religieux dévastés par les attentats terroristes et pour assurer la pastorale des veuves et des orphelins.

Bolivie – Des Bibles pour la paroisse

01.08.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., bolivie, PROJETS AED

AED International

Adaptation Robert Lalonde Canada

La Bolivie est considérée comme le pays le plus pauvre d’Amérique latine. Deux-tiers des quelque 11 millions d’habitants, en grande partie autochtone, vivent dans la pauvreté, et 40 % vivent même dans une extrême pauvreté. Cependant, ce n’est pas le seul problème, car comme au Venezuela, la situation de la liberté de religion et d’expression en Bolivie s’est de plus en plus détériorée ces dernières années.

BOLIVIE-1

Il est d’autant plus important d’affermir la foi des catholiques. La paroisse « Cuerpo de Cristo », dans la ville d’El Alto (plus de 900 000 habitants), située à plus de 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur le haut plateau des Andes, effectue un travail intensif avec les Saintes Écritures. Les gens viennent à la messe dominicale avec leur Bible, lisent ensuite ensemble les textes de la liturgie du jour, réfléchissent et cherchent des réponses aux questions que le curé a préparées pour ces conversations.

C’est une forme très fructueuse de catéchèse. Les 41 professeurs d’instruction religieuse aident leurs élèves à mieux apprendre à connaître la Parole de Dieu. Mgr Jesús Juárez Párraga soutient beaucoup cet engagement du curé et souhaite que le plus possible de fidèles puissent en profiter. Mais les habitants d’El Alto sont très pauvres et ne peuvent pas se payer leur propre exemplaire des Saintes Écritures. C’est pourquoi le curé a demandé à l’Aide à l’Église en Détresse de l’aider à acquérir 700 exemplaires de la Bible. Le don de 6 785$ de nos bienfaiteurs a permis au père Sebastian de poursuivre son précieux travail avec la Bible.

Islande – Aide à la traduction du missel en islandais

31.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED

ISLANDE-1AED International

Adaptaion Robert Lalonde, AED Canada

Le travail de traduction du missel en islandais a commencé il y a quarante ans. Grâce au soutien de l’Aide à l’Église en Détresse, il a pu être imprimé pour « l’année de la foi ». Mgr Pierre Bürcher a déjà pu en remettre un exemplaire au Pape François.

Il n’y a au total que 10 000 catholiques sur l’île d’Islande. Ils ne représentent que 3,3 % de la population. Cependant, la bonne nouvelle est que le nombre de catholiques a triplé au cours des 10 dernières années. Il y a dix fois plus de baptêmes que d’enterrements, et chaque année, entre 5 et 20 adultes sont baptisés au cours de la veillée de pâques. Par ailleurs, le nombre de catholiques augmente aussi du fait de l’immigration, principalement polonaise et philippine.

L’évêque, originaire de Suisse, dit : « Alors que je vivais encore en Suisse, je croyais moi-même que l’Église catholique d’Islande n’avait pas besoin d’aide, mais c’était une information erronée. En réalité, l’Église d’Islande ne pourrait pas survivre en tant qu’Église sans une aide de l’étranger. Nous sommes très reconnaissants envers l’Aide à l’Église en Détresse. »

Si l’Église d’Islande a besoin d’aide, c’est surtout parce qu’il n’y a pas beaucoup de catholiques en Islande et qu’ils sont, en outre, très dispersés. Beaucoup d’entre eux sont des migrants qui n’ont eux-mêmes que peu d’argent. Or l’Église ne reçoit de l’État qu’une contribution symbolique.

Syrie – Un prêtre jésuite enlevé par des extrémistes

31.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Syrie

AED Portugal

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaPRETRE

Selon l’agence Reuters, Paolo Dall’Oglio, un prêtre jésuite reconnu pour son opposition au régime Assad, aurait été enlevé par un groupe extrémiste qui se nomme lui-même « État islamique d’Irak et du Levant ». Ce groupe radical est composé de militants en lien avec Al-Qaïda en Irak.

Ce prêtre âgé de 58 ans aurait été enlevé alors qu’il marchait dans les rue de la ville de Raqqa, contrôlée par les forces rebelles. Le père jésuite qui a toujours été engagé dans le dialogue entre chrétiens et musulmans, avait été expulsé du pays où il a vécu pendant près de trois décennies, en raison précisément de son plaidoyer en faveur du dialogue entre les religions.

Dans les années 80, il avait été responsable de la restauration du monastère syriaque catholique de Maqr Musa (monastère de Saint Moïse l’Abyssin), dans le désert au Nord de Damas. Les bienfaiteurs de l’AED ont soutenu la reconstruction du monastère de la Communauté de Saint-Siméon Stylite dont le Supérieur, le père François Maurad, a été assassiné en juin dernier, après une attaque du groupe armé djihadfiste al-Jabat nustra.