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Centrafrique – « Soudain, deux mille personnes attendaient à nos portes »

10.12.2013 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Centreafrique, CHANT SPIRITUEL
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©AED/ACN

Récemment, Sa Sainteté le Pape François disait que l’Église devait être un « hôpital de campagne ». En République de Centrafrique, c’est maintenant le quotidien. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont cherché refuge dans les missions et monastères du pays. Entre-temps, le monastère des Carmes dans la capitale de Bangui s’est aussi transformé en camp de réfugiés. Normalement, ce monastère est un lieu de silence. À présent, on y entend jour et nuit les cris de centaines d’enfants.

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

« Les Français sont là ! Enfin ! » Les avions de combat percent les nuages dans le ciel au-dessus du monastère des Carmes. Des applaudissements spontanés fusent. Le Père Federico Trinchero, le prieur âgé de 35 ans, en a presque les larmes aux yeux. Peut-être est-ce l’aide qui arrive … Peu de temps auparavant, une panique s’était déclenchée dans le quartier du monastère. On a entendu des coups de feu, les femmes ont attrapé leurs enfants et se sont mises à courir. Plus de deux mille personnes ont cherché refuge dans le monastère.

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©AED/ACN

« Vendredi matin, nous avions célébré la Sainte Messe pour les nombreuses personnes tuées au cours des derniers jours. Alors que j’étais en train de préparer le petit déjeuner, on m’a appelé au portail. Devant s’amassait cette foule de gens qui voulait se réfugier chez nous. Nous les avons accueillis les bras ouverts », raconte l’Italien. Mais les religieux ont soudain été confrontés à un immense défi : « J’ai discrètement compté les gens pour que personne ne pense que nous n’aurions plus de place pour lui, mais nous savions parfaitement que nous ne pourrions ravitailler tous ces gens qu’un seul jour encore. Nous ne pouvions pas quitter le monastère pour acheter de la nourriture parce que c’était trop dangereux en dehors de nos murs. Nous avons téléphoné à toutes sortes d’interlocuteurs : l’archevêque, la nonciature, l’ambassade de France, pour qu’ils nous viennent en aide, mais ailleurs, la situation était identique. »

« Je souris pour ne pas trop pleurer »

Youssouf, un ami musulman du monastère, exploitant d’un élevage de poules dans le voisinage, a offert aux pères deux mille œufs qu’il n’a pas pu vendre sur le marché ces derniers jours. « Nous avons fait des omelettes pour les plus petits », se réjouit le Père Trinchero. Plus tard, Youssouf nous a encore apporté un sac de riz, un sac de sucre et un bidon d’huile. « Nous avons dit aux enfants de s’aligner en rangs pour se laver les mains avant que chacun d’entre eux reçoive son omelette. Nous hébergeons ici 800 enfants de moins de douze ans et beaucoup de femmes enceintes. »

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©AED/ACN

Le jeune prieur n’a pas osé demander aux gens qui avaient fui dans la panique de lui raconter leur histoire. « Je souris pour ne pas trop pleurer », avoue-t-il. Il y quelques jours à peine, l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, avait trouvé dans son message de l’Avent des mots très clairs pour qualifier les forfaits des rebelles de la Séléka qui, depuis un an, sèment la peur et l’horreur dans le pays. Il a dénoncé les enlèvements, les exécutions de masse et les pillages.

Dans les quartiers résidentiels, on tirerait même avec des armes antichars. Il a décrit que dans certains endroits, des cadavres en putréfaction ou décomposés jonchaient le sol, abandonnés et en proie aux vautours et aux animaux sauvages. En outre, des personnes torturées seraient « bestialement ligotées » et jetées dans le fleuve pour « y mourir dans des conditions atroces, sans aucune possibilité de se défendre contre cette mort inéluctable ». Des centaines de milliers de Centrafricains seraient en fuite. Lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies a accepté la semaine dernière que la présence des troupes françaises soit renforcée en Centrafrique, les gens ont retrouvé l’espoir que ce cauchemar puisse enfin cesser.

La paix arrivera-t-elle bientôt ?

Pour l’instant, la vie du monastère à Bangui se déroule de manière totalement différente que d’habitude. « Nous avons célébré la messe matinale dehors, à ciel ouvert, pour ne pas réveiller les 350 enfants qui dormaient dans la chapelle. Deux d’entre eux étaient même couchés sous l’autel », raconte le Père Trinchero plein d’émotion.

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©AED/ACN

Les religieux sont debout jour et nuit. « À cinq heures du matin, j’ai rencontré Frère Léonce, d’origine rwandaise, alors qu’il balayait le couloir. Je lui ai dit d’aller se reposer, mais il m’a raconté qu’il était lui-même né dans un camp de réfugiés au Congo alors que sa famille fuyait le génocide du Rwanda. Je suis tellement fier de nos frères. Frère Cédric est médecin et s’occupe des malades. Frère Mathieu s’affaire à la cuisine, avec autant de cœur qu’une véritable maman. Les autres aident à distribuer la nourriture, apportent de l’eau, veillent à l’hygiène, enregistrent les réfugiés et s’en occupent en tout point de vue. Ils travaillent tous tellement ! »

Pour certains des réfugiés, l’histoire se termine bien. « Un père avec son petit bébé nous a rejoint. Le soir, nous avions trouvé sa femme. Dimanche, la petite Fatou a aussi enfin retrouvé ses parents », se réjouit le Père Trinchero.

Les pères chantent les paroles du psaume : « Il fera droit aux malheureux du peuples, Il sauvera les enfants du pauvre » (Psaumes 72,4). Les cris des petits enfants se mêlent au chant des Pères Carmes. Les avions de combat français survolent la ville en vrombissant. « Dieu sauve », tel est le nom d’un petit garçon qui ne connaît que la peur. La paix arrivera-t-elle bientôt ?

Joyeux anniversaire Pape François

09.12.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Pape

Le mardi 17 décembre, notre bien-aimé Pape François fêtera ses 77 ans. Aide à l’Église en Détresse voudrait lui faire un cadeau très spécial en lui faisant parvenir un livret qui contiendrait les vœux de toutes les personnes qui prieront pour son anniversaire.

Crédit: Grzegorz Galazka

Crédit: Grzegorz Galazka

Nous savons tous que le titre de Pontife confère au Saint Père le rôle de construire des ponts, avec Dieu et entre les hommes, en plus de lui déposer sur ses épaules la lourde responsabilité d’être un phare pour l’Église sur la terre. C’est pourquoi nous croyons que vos prières constantes seront pour lui un gage de confiance que le Seigneur lui donnera la force de nous accompagner à chaque étape du chemin.

Nous vous invitons donc à nous transmettre vos vœux personnels. Nous veillerons à insérer tous ces vœux dans un livret que nous acheminerons personnellement au pape.

Nous lui offrons cette prière qui nous vient de Saint-François d’Assise, celui qui a inspiré notre Pape à choisir son nom. Nous lui offrons pour sa santé et pour son ministère :

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, car c’est en donnant que l’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve soi-même, c’est en pardonnant qu’on obtient le pardon, c’est en mourant que l’on ressuscite à l’éternelle vie.

Je prierai pour le Pape François, veuillez lui transmettre mes vœux : [contact-form-7 404 "Not Found"]

Hommage à Nelson Mandela de la directrice de l’Aide à l’Église en Détresse Canada

06.12.2013 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse.

Merci madiba – Nelson Mandela

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Source – Wikipedia

Je me permets de te tutoyer, toi, madiba (papa).  Nous ne nous sommes jamais parlé, jamais rencontrés, mais tu as, sans le savoir, bercé mon adolescence.  C’est à cet âge que je t’ai connu.  Oui, à cet âge, où l’on croit pouvoir changer le monde. J’étais déjà en révolte contre toutes les injustices faites aux femmes, aux noirs, aux pauvres, à tous ceux qui étaient contre les libertés fondamentales de l’être humain.  Je ne pouvais supporter tout ce qui portait atteinte à la dignité de l’Homme.

Comme des milliers d’autres, j’ai écrit au gouvernement d’Afrique du Sud (économisant chaque sou pour les timbres) pour demander ta libération.

Lorsque tu as finalement été libéré, j’ai cru, avec tout l’élan de mon âge, que nous changerions le monde ensemble : toi, moi et tous les autres ayant si soif de justice dans notre monde.  Tu as incarné ce changement face au racisme, toi Nelson Mandela, la force tranquille, l’ambassadeur de la paix.  Sans le savoir – à cette époque je l’ignorais aussi – tu as fait de moi la personne que je suis aujourd’hui.

Depuis l’adolescence, de diverses manières, j’ai lutté pour une plus grande justice sociale.  Aujourd’hui encore, je ne peux me résigner à la faim dans le monde, à la discrimination raciale, à la restriction de la liberté de pensée, de conscience et de religion.

Merci de m’avoir façonné.  Merci d’avoir inspiré des générations entières à continuer la lutte, merci d’avoir défendu mes frères et mes sœurs à la peau noire.

Merci Madiba (papa), repose dans la paix que tu as ardemment défendue.

Marie-Claude Lalonde

Directrice d’Aide à l’Église en Détresse venant en aide aux pauvres et aux persécutés

VOYAGER AVEC L’AED – BURUNDI

06.12.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Formation religieux

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

Aujourd’hui:  Burundi

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Aide à la formation des Apôtres du Bon Pasteur et de la Reine du Cénacle 

 AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©AED/ACN

La congrégation des Apôtres du Bon Pasteur et de la Reine du Cénacle est une toute jeune congrégation burundaise, fondée en 1989 dans l’archidiocèse de Gitega par feu l’archevêque Mgr Joachim Ruhuna. Son objectif est d’encourager les vocations sacerdotales et la mission.

L’archevêque Mgr Joachim Ruhuna a été brutalement assassiné en 1996 par un groupe d’hommes armés. Déjà auparavant, il avait reçu des menaces de mort parce qu’il s’était engagé d’une voix forte en faveur de la réconciliation entre les Tutsi et les Hutu. Lui-même était Tutsi. Il n’a plus vécu la fin du dernier des sanglants conflits au Burundi, qui, en ses pires moments entre 1993 et 2000, coûta la vie à environ 250 000 hommes, femmes et enfants et fit perdre leur patrie à 1,5 million de personnes.

Mgr Paul Schruers, évêque de Hasselt, en Belgique, qui le connaissait bien, a dit de lui après le meurtre : « Les gens avaient l’habitude de dire de lui qu’il n’était ni Tutsi ni Hutu, mais notre père à tous. » L’archevêque Joachim Ruhuna voulait des prêtres qui « pratiquent l’adoration, prêchent, confessent leurs fidèles, forment les âmes, éduquent la jeunesse, assistent les mourants et soient les amis des pauvres et des malheureux ».

Les religieux se sont surtout engagés en faveur des Pygmées nomades qui occupent le tout dernier échelon social au Burundi. Leurs enfants ne fréquentent pas d’école et les familles vivent dans une grande détresse. Les Pères ont instauré un internat pour donner à ces enfants la possibilité d’aller à l’école. Par ailleurs, la congrégation a pu ouvrir d’autres missions en 2011, dont l’une à Butezi, dans le nouveau diocèse de Rutana, et l’autre au Tchad, dans le diocèse de Pala.

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©AED/ACN

Le Père Zénon Ndayiragije, supérieur général de la jeune congrégation, nous a demandé de l’aide : «  Notre congrégation se compose actuellement de 13 prêtres et 18 frères. Nous avons cinq novices en cours de formation et trois stagiaires. À ceux-ci, viennent s’ajouter six séminaristes qui suivent des études de philosophie et trois séminaristes dans la filière de théologie. Une trentaine de jeunes hommes s’intéressent à notre spiritualité et notre charisme et se préparent au noviciat, donc à suivre Jésus-Christ, le Bon Pasteur. Chers bienfaiteurs, c’est une tâche ardue que de former tous ces jeunes gens, et pas seulement parce que notre congrégation est encore très jeune, mais aussi parce que notre pays, le Burundi, se retrouve parmi les plus pauvres du monde. »

Grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, nous avons pu contribuer cette année par un don de 12 400 $ afin d’encourager les jeunes hommes à suivre leur vocation.

Burkina Faso – L’Église au Burkina Faso : ouverte aux réfugiés du Mali, malgré une grande pauvreté dans le pays

05.12.2013 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse.

Marta Petrosillo, AED Italie

Adaptation Robert Lalonde, Canada

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©AED/ACN

Le coup d’État a provoqué beaucoup d’incertitude au Mali. Quand un incendie éclate, on ne sait jamais quelle direction il prendra. La situation est encore calme, mais nous ne savons pas ce qui pourrait arriver. » C’est ainsi que Mgr Laurent Birfuoré Dabiré, évêque de Dori, décrit à l’Aide à l’Église en Détresse l(AED) les conséquences de la crise malienne pour ce diocèse du nord du Burkina Faso.

« Les ambassades occidentales au Burkina ont recommandé à leurs propres concitoyens d’éviter les voyages dans la région située au nord de la ville de Kaya, qui se trouve à 150 kilomètres au sud de Dori. Et nous aussi, en tant qu’Église, nous avons préféré emmener les missionnaires européens, par peur qu’ils ne soient enlevés contre une rançon. »

Une autre conséquence du conflit est le flux massif de réfugiés. Le diocèse de Dori – situé dans le Sahel, à seulement 150 km de la frontière du Mali – a accueilli environ 40 000 réfugiés qui se sont répartis sur deux camps. « Dans une région qui est aussi pauvre que celle du Sahel, il est vraiment difficile de répondre aux détresses de milliers de maliens, tout en aidant encore la population locale qui, en majeure partie, ne dispose même pas de ce qui est donné aux réfugiés. Nous avons dû redoubler d’efforts, mais heureusement, notre Caritas a reçu différentes aides. »

Le Burkina Faso traverse aujourd’hui un moment précaire, marqué par des tensions sociales surtout liées à l’éventuelle création d’un Sénat national. Introduite avec la Constitution de 1991, la deuxième chambre a été fermée à peine deux ans plus tard, par manque de ressources économiques. Mgr Dabiré se questionne : « Je ne sais pas sur quelle base repose l’idée que le pays pourrait supporter un tel fardeau financier pour une institution contre laquelle souffle un vent fort de la part de l’opposition et de la société civile. Il est clair que le Sénat sert à donner un poste aux représentants de l’ancien régime qui n’ont pas de place dans le gouvernement actuel, et à garantir à ce dernier une majorité plus stable afin de pouvoir modifier la Constitution à sa seule discrétion. Il s’agit ici, par exemple, de l’article concernant la restriction du nombre de mandats du Président. »

L’unité fraternelle des fidèles

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©AED/ACN

Mgr Dabiré, qui a été muté du sud, du diocèse de Diébougou, en janvier dernier, vers Dori, nous a décrit les conditions tout à fait différentes de l’Église dans le nord du Burkina Faso. « Alors que le sud est beaucoup plus christianisé, les chrétiens ne représentent ici que 1 % de la population, contre environ 95 % de musulmans. »

Cependant, les relations interconfessionnelles sont bonnes, également grâce aux trois décennies d’efforts intenses en faveur de la promotion du dialogue entre les différentes ethnies et religions, pour laquelle le diocèse a créé un organe propre : l’unité fraternelle des fidèles. L’évêque déclare : « Des difficultés ne surgissent que lorsqu’il est question de conversions de l’Islam au Christianisme. La majorité de la population voit les religions autres que l’Islam comme étrangères, et l’apostasie de l’Islam comme une trahison. »

Un autre instrument pour la promotion de la coexistence pacifique est constitué par les cinq écoles catholiques qui, en raison du faible nombre de chrétiens, sont essentiellement fréquentées par des musulmans. Le diocèse administre également un lycée de filles, afin de donner des perspectives aux nombreuses jeunes filles qui, sinon, se marieraient à seulement 14 ou 15 ans.

Enfin, Mgr Dabiré remercie les bienfaiteurs de l’AED : « Ce que vous faites aide vraiment l’Église à exécuter l’ordre du Christ là où le manque de fonds rend impossible une telle mission. J’ai moi-même obtenu une bourse d’études de l’AED qui m’a permis de faire mon doctorat en droit canonique. »

COMMUNIQUÉ : Irak – « Comment vivre dans de telles circonstances ? »

03.12.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak

Paulo Aido, AED Portugal

Adaptation Robert Lalonde AED CanadaIrak-1

Montréal, mardi 3 décembre, 2013 – « Il y a de moins en moins de chrétiens en Iraq. La violence persistante, la peur, l’absence de possibilités de travail et les questions de sécurité pour la vie et l’intégrité physique nous obligent à quitter notre pays, nos maisons et nos familles », dit Mgr Shlemon Warduni en déplorant la tragédie sans fin dont souffrent les chrétiens.

« L’avenir des chrétiens en Iraq – et c’est aussi valable pour l’ensemble du Proche-Orient – est extrêmement sombre et on pourrait penser qu’il existe un plan de nettoyage ethnique contre les chrétiens. » Âgé de 70 ans, l’évêque auxiliaire Mgr Shlemon Warduni de Bagdad, du patriarcat des Chaldéens de Babylone, a ainsi dépeint en une seule phrase la situation désastreuse que vivent les chrétiens de son pays et dans toute cette partie du monde.

Répondant à l’invitation de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr Warduni a rappelé la semaine dernière au Portugal, à l’occasion d’une conférence donnée à l’église « Igreja do Sacramento » à Lisbonne, combien les communautés chrétiennes en Iraq avaient subi de la violence et de l’intolérance au cours des dernières années.

« Je vous en prie, soutenez-nous à travers vos prières »

Irak-3Les histoires qu’il raconte ont toutes un point commun : la tragédie qui se profile dans toutes les communautés chrétiennes. « Vous devez être informés des actes de violence perpétrés contre les chrétiens à Bagdad, à Mossoul et dans d’autres villes iraquiennes. Certains  musulmans ont obligé les chrétiens, par la violence, à quitter leurs maisons, en menaçant de les tuer pour les pousser à se convertir à l’islam. Après, une autre tragédie s’est produite pour nos chrétiens à Mossoul, où quelques-uns ont été tués et où beaucoup de familles ont été forcées de quitter la ville dans une grande peur… Comment voulez-vous que les chrétiens vivent dans des circonstances aussi tragiques ? »

Comment vivre dans ces circonstances ? La question de l’évêque, qui explique aussi l’exode massif des chrétiens quittant l’Iraq, qui ne sont plus aujourd’hui que 400 000 ou 500 000 dans tout le pays, est en soi la réponse. En défendant la voie de la paix fondée sur la prière, l’évêque iraquien a souligné qu’il « était indispensable de refuser toute forme de guerre et de terrorisme et de construire dans l’amour du prochain une culture qui permettrait aux gens de bénéficier de la guérison et de vivre dans la dignité ».Irak-2

L’évêque auxiliaire a remercié l’AED de lui avoir accordé la possibilité de parler sur place des oppressions auxquelles sont exposés les chrétiens de son pays. L’évêque a conclu sa conférence à Lisbonne en lançant un appel aux douzaines d’auditeurs présents dans l’église « Igreja do Sacramento » : « Je vous en prie, soutenez-nous à travers vos prières afin que la Mère de Dieu nous protège ! »

Turquie – La basilique Sainte-Sophie doit redevenir une mosquée

02.12.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

« Nous sommes à la veille des élections et la reconversion de Sainte-Sophie est un thème qui intéresse beaucoup une certaine partie de la population. Toutefois, il est inconcevable qu’elle soit convertie en mosquée, même si certains édifices sécularisés de la République turque l’ont aussi été alors qu’ils semblaient jusque-là intouchables. »

AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©AED/ACN

Dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse, le Père Alberto Fabio Ambrosio commente les rumeurs d’une éventuelle reconversion de la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul en un lieu de culte islamique. Ce Dominicain qui vit à Istanbul depuis dix ans est considéré comme l’un des principaux chercheurs chrétiens experts de l’islam mystique. Érigée en 532, la basilique byzantine de Sainte-Sophie avait été transformée en mosquée en 1453. En 1935, Mustafa Kemal Atatürk, fondateur et premier président de la République de Turquie, a converti l’édifice en musée.

Le vice-premier ministre Bülent Arınc avait suggéré de reconvertir Sainte-Sophie en mosquée. Il s’est exprimé en faveur de sa réouverture comme lieu de culte pour les croyants musulmans. Le père Ambrosio affirme que selon une opinion très répandue, Arınc serait à deux pas de démissionner de sa fonction et qu’il voudrait fonder un nouveau parti politique. « Le vice premier-ministre, ajoute-t-il, se veut conservateur. Or, par travers ses déclarations, il espère avoir du succès auprès des électeurs religieux ou nationalistes. »

Qu’y a-t-il en cause ?

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©AED/ACN

La reconversion de la basilique en mosquée n’est peut-être donc qu’un thème électoral, même si deux églises à Trébizonde et à Nicée ont déjà été reconverties en lieux de culte islamiques. Le Père Ambrosio poursuit : « Sainte-Sophie d’Istanbul est un musée visité chaque année par des millions de touristes. Elle a une haute valeur symbolique, ce dont on veut profiter. Sans aucun doute, ce projet fait scandale, mais nous ne devons pas oublier qu’au cours des derniers mois, la police a fréquemment arrêté des journalistes ici en Turquie. Et après les protestations dans le parc Gezi, on a adopté des lois autorisant la police à arrêter des personnes seulement parce qu’elles se tiennent à proximité d’une manifestation. »

Le débat autour de Sainte-Sophie s’inscrit dans le cadre de toute une série de mesures prises par le gouvernement turc et que beaucoup de gens considèrent comme un « tournant islamiste » du Premier ministre Erdoğan. Parmi ces mesures, il y a une loi sévère pour réglementer la consommation d’alcool, la réintroduction de la possibilité pour les fonctionnaires de porter un foulard islamique pendant leur travail dans les institutions publiques, et une éventuelle future séparation des sexes dans les foyers d’étudiants. « Il est clair que ces mesures engendreront une société qui ne sera pas nécessairement islamisée, mais qui, sur le plan culturel, sera plus musulmane », confirme le père Ambrosio. Le gouvernement turc avance des motifs juridiques pour étayer ses mesures et évite tout contexte religieux.

Ceci concerne aussi une réforme scolaire mettant sur un pied d’égalité les écoles supérieures religieuses et les établissements d’enseignement supérieurs publics. Jusqu’à présent, les étudiants qui fréquentaient une école coranique n’avaient accès qu’à un nombre limité de facultés à l’université. Maintenant, même ceux qui résident dans une région sans institutions publiques d’enseignement supérieur et fréquentent une école religieuse – par exemple en Anatolie – pourront à l’avenir choisir librement leur filière d’études. Beaucoup de gens considèrent cette réforme comme un moyen pour favoriser les « Imam Hatip Lisesi », les écoles islamiques. Le Père Ambrosio le confirme : « C’est vrai que la possibilité de faire des études supérieures y est liée, mais une possibilité fortement définie par une connotation religieuse. »

Après des mois marqués par les troubles internes – en particulier les protestations dans le parc Gezi – les regards de la Turquie se portent maintenant sur les élections en mars 2014 qui pourraient induire d’importants changements politiques. « Depuis toujours, l’instabilité du pays permet l’émergence de courants nationalistes religieux, et bientôt, Erdoğan pourrait incarner le côté modéré », dit le Père Ambrosio.

COMMUNIQUÉ : Bosnie-Herzégovine – L’évêque Mgr Komarica exige la fin des discriminations des catholiques

28.11.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.
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©AED/ACN

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, jeudi 28 novembre 2013 – « Des personnalités politiques occidentales devraient exercer des pressions sur les politiciens bosniaques pour que les réfugiés de guerre catholiques puissent enfin retourner en Bosnie », a exigé Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka et président de la conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine, à l’occasion d’un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

« Du point de vue de l’appartenance ethnique, les catholiques originaires du territoire de l’actuelle Bosnie-Herzégovine sont en fait croates. La politique devrait assurer la reconnaissance de leurs droits fondamentaux », a poursuivi l’évêque.

Selon Mgr Komarica, jusqu’à nos jours, les Croates ne seraient pas sur un pied d’égalité par rapport aux deux autres groupes ethniques vivant dans le pays. « Pendant des années, les Croates catholiques n’ont pas vu un seul centime des fonds accordés par la communauté internationale pour encourager le retour d’anciens réfugiés. Personne n’élève la voie en leur faveur. »

Chute importante du nombre de catholiques

Toujours selon les indications de l’évêque, plus de 4 000 familles seraient prêtes à retourner dans leur pays d’origine, mais pour l’instant, il n’y aurait pour elles « aucune garantie pour un retour viable, pas de maisons, pas de travail, pas d’électricité, pas d’établissements scolaires ». Lors de la recherche de travail, un nom croate induirait souvent une discrimination du candidat. « Après l’entrée de la Croatie dans l’Union européenne, de nombreux Croates sont certes devenus citoyens de l’Union Européenne avec leur passeport, mais en Bosnie, ils sont des citoyens sans droits fondamentaux définis », déplore Mgr Komarica.

Puis, l’évêque de poursuivre : « Rares sont les personnalités politiques sur place qui s’engagent en faveur des nombreux catholiques croates dépossédés, notamment dans l’entité de la république serbe de Bosnie. Toutefois, ces derniers jours, quelques promesses ont été faites, qui ont éveillé l’espérance de temps meilleurs, du moins pour certaines de ces personnes discriminées. »

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©AED/ACN

Selon l’opinion de l’évêque, il vient s’y ajouter que, à cause de la situation instable, les investissements de l’étranger font défaut. « Ce pays qui a été scindé en deux parties d’une manière artificielle et injuste à la suite des accords de Dayton datant de 1995, sombre aujourd’hui dans le chaos social et politique. La seule perspective d’avenir que nous voyons est un chaos contrôlé par l’Union européenne et les États-Unis. Mais toute l’expérience d’après-guerre montre que la vie ne peut pas fonctionner ainsi. C’est une trahison des valeurs et principes européens, une preuve de mépris des accords internationaux et une honte autant pour les politiciens locaux que pour les personnalités politiques internationale responsables de Bosnie et de Herzégovine », fustige Mgr Komarica.

Les revendications ultérieures et actuelles de l’Église seraient très claires, souligne l’évêque : « Les catholiques croates doivent enfin être mis sur un pied d’égalité avec les deux autres ethnies du pays. Ils doivent avoir le droit de revenir de l’étranger, et il faut leur fournir la possibilité de reconstruire leur vie dans leurs villes d’origine. »

Toutes ces dernières années, l’Église catholique tenterait de contribuer à une bonne coexistence dans le pays par le biais de projets sociaux et culturels. Les écoles européennes gérées par l’Église seraient notamment un exemple qui accueillerait des enfants de toutes ethnies et confessions. Ces établissements scolaires qui, dès le début, ont bénéficié du soutient de l’AED, recevraient plus de demandes d’inscriptions qu’elles ne pourraient accepter d’élèves.

Selon les indications de l’Église catholique, par rapport aux 835 000 catholiques que la Bosnie-Herzégovine comptait avant la guerre entre 1992 et 1995, il n’en reste aujourd’hui que 440 000 vivant toujours dans le pays. Dans la république serbe de Bosnie, l’une des entités de Bosnie-Herzégovine, les 220 000 catholiques y vivant à l’origine ne sont aujourd’hui plus que 11 500. Pour la première fois depuis 22 ans, un recensement a été effectué en octobre de cette année. L’analyse des résultats, encore en cours, fournira dans quelques mois des informations sur les chiffres actuels dans le pays. Selon des estimations informelles, la population compterait environ 10 % de catholiques.

Nigeria – Pas de répit pour le Nigeria

26.11.2013 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse.
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Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Pas de répit pour le Nigeria. Tandis que le nord du pays est secoué par l’aggravation du conflit avec le groupe terroriste Boko Haram, les habitants du Sud souffrent de plus en plus de la pollution de l’environnement et de l’injustice sociale, de l’indifférence des pouvoirs au gouvernement, de la mauvaise gestion et de la corruption.

Ces fléaux ont été pointés du doigt par l’évêque Mgr Hyacinth Egbebo à l’occasion d’une visite de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED). Pour qualifier la situation sur place, Mgr Egbebo, vicaire apostolique de Bomadi dans le delta du Niger depuis 2009, a dit : « Le gouvernement ne soucie pas des gens, mais de soi-même. »

Au royaume du pétrole, des enfants meurent de faim

La population est largement exclue de l’exploitation des riches gisements de pétrole situés dans le sud du Nigeria. Au lieu de cela, elle ploie sous le poids d’une exploitation débridée des ressources naturelles. Selon Mgr Egbebo, il n’y a pratiquement plus de poissons dans les cours d’eau du delta du fleuve Niger : « La cause de ce recul dramatique réside dans l’immense pollution du delta causée par l’exploitation pétrolière et à la surpêche. Il y a trop de filets. » La pêche en tant que base vitale traditionnelle disparaît donc.

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©AED/ACN

Mgr Egbebo explique que pour assurer leur subsistance, les gens tentent de se procurer du pétrole, de transformer cette matière première en carburant et de le vendre, ce que le gouvernement essaie d’entraver. L’évêque poursuit : « Les conditions de vie dans le vicariat sont très, très précaires. Les enfants meurent de sous-alimentation, la qualité de l’eau potable est vraiment mauvaise. Nous manquons de tout, d’hôpitaux, d’établissements d’enseignement scolaire, d’une bonne éducation morale et de formation. »

D’après Mgr Egbebo, quelque trois millions de personnes, dont environ 30 000 catholiques, vivent sur le territoire du vicariat apostolique de Bomadi. La majorité de la population se réclame des religions traditionnelles ou appartient aux pentecôtistes. L’évêque ajoute : « Il existe des formes de syncrétisme et une prédication très simpliste. Ceux qui ne s’enrichissent pas ont fait un pacte avec le diable. Même les parents les plus proches sont accusés. Ce mode de pensée favorise la haine entre les hommes, pas l’amour. Mais nous devons aimer même nos ennemis. C’est la théologie que nous devons propager. Seul l’amour sera vainqueur. »

Le vicariat apostolique de Bomadi dispose de 35 prêtres. Toutefois, pour assurer la pastorale dans les 25 paroisses, ils ont besoin de véhicules, et surtout de bateaux. Ils manquent autant des uns que des autres. Malgré tout, Mgr Egbebo veut installer le plus rapidement possible de nouvelles paroisses, et faire construire des établissements scolaires et de nombreuses autres institutions pour assurer les soins de santé. Actuellement, le vicariat dispose d’un petit hôpital avec vingt lits. « Les gens font confiance à l’Église. Nous pouvons beaucoup entreprendre pour améliorer leur situation. Nous manquons certes de fonds, mais nous continuerons à l’essayer quand même », conclut l’évêque.

Terre Sainte – « J’ai du mal à croire que je suis vraiment à Nazareth »

21.11.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

Célébrations conclusives de « L’Année de la foi » en Terre Sainte

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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Dimanche matin, un ciel bleu azur se déployait au-dessus d’une foule de plusieurs milliers de  personnes qui s’étaient rassemblées à Nazareth pour clôturer l’Année de la foi. En cette mi-novembre, il régnait une température de 25 degrés grâce au chaud soleil du Levant. Les visiteurs tentaient de se protéger des rayons ardents au moyen de parasols et de chapeaux. Ici, au Mont du Précipice, sur les flancs de la montagne où, selon les paroles des Évangiles, les habitants de Nazareth voulaient précipiter Jésus dans le vide, Sa Sainteté le Pape émérite Benoît XVI avait déjà célébré une messe en 2009. L’année de la foi, célébrée dans l’église catholique universelle avait été prise à son initiative. L’Église l’avait amorcée en Terre Sainte dans le sanctuaire de pèlerinage marial de Deir Rafat et voulait la clôturer à Nazareth, où l’ange Gabriel a annoncé le message à Marie et où le Fils de Dieu a passé la majeure partie de sa vie terrestre.

« J’ai du mal à croire que je suis vraiment ici. C’est très important pour moi puisqu’il n’est pas facile pour nous autres de venir en Israël. » Comme Sami, âgé de 54 ans et venu de Jénine en Cisjordanie, de nombreux fidèles s’étaient rendus en Israël depuis les Territoires palestiniens et la Jordanie. Toutefois, l’autorisation d’entrer en Israël n’a pas été accordée à tous ceux qui le souhaitaient.

Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo, évêque auxiliaire résidant à Nazareth et vicaire responsable d’Israël dans le patriarcat latin de Jérusalem, a déploré cet état de fait dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED) : « Les autorités israéliennes nous avaient promis d’être généreuses dans l’octroi des visas. Nous ne pouvons pas toujours comprendre les raisons d’un refus. Toutefois, je suis heureux que tant de fidèles soient parvenus à venir ici. Nous avons même des pèlerins venus d’Iraq. Certes, ils vivent depuis des années comme réfugiés en Jordanie, et pourtant, ils sont venus ici en tant que témoins de cette région de la Mésopotamie où notre père Abraham a entamé son voyage de la foi. Pour moi, c’est un beau signe pour la fin de l’Année de la foi. »

« Nous sommes tous des catholiques »

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Plus tard, la police israélienne a compté plus de 7 000 fidèles. La plupart d’entre eux étaient originaires d’Israël et des pays limitrophes. Environ un millier d’entre eux étaient venus de pays étrangers très éloignés : Japon, Italie, Brésil, Pologne ou Nigeria. « C’est en toute conscience que nous voulions célébrer la fin de cette année importante avec l’Église locale de Terre Sainte », a expliqué un prêtre qui accompagnait un groupe.

Il était frappant de voir le nombre des fidèles venus des Philippines. La plupart d’entre eux étaient des travailleurs immigrés en Israël, où ils assurent les soins des personnes âgées et malades. Ils étaient venus avec leurs prêtres. Après le cataclysme causé par le typhon qui a coûté la vie à des milliers de personnes, leur pays est en point de mire de l’attention mondiale. « C’est touchant de voir combien de sympathie nous est prodiguée de tous côtés. Cela fait du bien d’être unis dans la communauté de la foi. Finalement, nous sommes tous des catholiques, quel que soit notre pays d’origine. C’est pourquoi je voulais absolument me rendre à cette Sainte messe », affirme Maria, qui vit à Tel Aviv.

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Cette messe a été concélébrée par des douzaines de prêtres, abbés et évêques, conjointement avec  le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal. Il n’y avait pas seulement des ecclésiastiques de rite romain, mais aussi des melkites, des maronites et des syriaques catholiques : le Proche-Orient dans toute sa richesse spirituelle catholique.

En honneur de cette journée, Sa Sainteté le Pape François avait adressé exprès un message aux fidèles rassemblés. L’archevêque Mgr Giuseppe Lanzarotto, nonce apostolique en Israël, a lu la missive au début de la messe. « L’histoire de notre foi », affirme le Pape, «  prend sa source là où vous la célébrez maintenant. Avant que nous puissions comprendre notre propre histoire personnelle de la foi et notre besoin de la pitié de Dieu, nous devons tous nous tourner vers le lieu et l’époque où Jésus était parmi nous. Car c’est ici que le Seigneur Jésus-Christ a revêtu notre nature humaine et nous a révélé Dieu. »

Le Pape François a également exprimé son estime des Chrétiens en Terre Sainte, leur service fidèle aux Lieux Saints et leurs témoignages fermes de l’Évangile. Les fidèles n’ont pas seulement été reliés au Pape à travers ses paroles. Durant toute la célébration, une icône représentant Jésus et Saint-Pierre était placée dans la chapelle majeure. Elle sera remise à Rome au Saint Père ce dimanche pour conclure l’Année de la foi.