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Turquie – La basilique Sainte-Sophie doit redevenir une mosquée

02.12.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

« Nous sommes à la veille des élections et la reconversion de Sainte-Sophie est un thème qui intéresse beaucoup une certaine partie de la population. Toutefois, il est inconcevable qu’elle soit convertie en mosquée, même si certains édifices sécularisés de la République turque l’ont aussi été alors qu’ils semblaient jusque-là intouchables. »

AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©AED/ACN

Dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse, le Père Alberto Fabio Ambrosio commente les rumeurs d’une éventuelle reconversion de la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul en un lieu de culte islamique. Ce Dominicain qui vit à Istanbul depuis dix ans est considéré comme l’un des principaux chercheurs chrétiens experts de l’islam mystique. Érigée en 532, la basilique byzantine de Sainte-Sophie avait été transformée en mosquée en 1453. En 1935, Mustafa Kemal Atatürk, fondateur et premier président de la République de Turquie, a converti l’édifice en musée.

Le vice-premier ministre Bülent Arınc avait suggéré de reconvertir Sainte-Sophie en mosquée. Il s’est exprimé en faveur de sa réouverture comme lieu de culte pour les croyants musulmans. Le père Ambrosio affirme que selon une opinion très répandue, Arınc serait à deux pas de démissionner de sa fonction et qu’il voudrait fonder un nouveau parti politique. « Le vice premier-ministre, ajoute-t-il, se veut conservateur. Or, par travers ses déclarations, il espère avoir du succès auprès des électeurs religieux ou nationalistes. »

Qu’y a-t-il en cause ?

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©AED/ACN

La reconversion de la basilique en mosquée n’est peut-être donc qu’un thème électoral, même si deux églises à Trébizonde et à Nicée ont déjà été reconverties en lieux de culte islamiques. Le Père Ambrosio poursuit : « Sainte-Sophie d’Istanbul est un musée visité chaque année par des millions de touristes. Elle a une haute valeur symbolique, ce dont on veut profiter. Sans aucun doute, ce projet fait scandale, mais nous ne devons pas oublier qu’au cours des derniers mois, la police a fréquemment arrêté des journalistes ici en Turquie. Et après les protestations dans le parc Gezi, on a adopté des lois autorisant la police à arrêter des personnes seulement parce qu’elles se tiennent à proximité d’une manifestation. »

Le débat autour de Sainte-Sophie s’inscrit dans le cadre de toute une série de mesures prises par le gouvernement turc et que beaucoup de gens considèrent comme un « tournant islamiste » du Premier ministre Erdoğan. Parmi ces mesures, il y a une loi sévère pour réglementer la consommation d’alcool, la réintroduction de la possibilité pour les fonctionnaires de porter un foulard islamique pendant leur travail dans les institutions publiques, et une éventuelle future séparation des sexes dans les foyers d’étudiants. « Il est clair que ces mesures engendreront une société qui ne sera pas nécessairement islamisée, mais qui, sur le plan culturel, sera plus musulmane », confirme le père Ambrosio. Le gouvernement turc avance des motifs juridiques pour étayer ses mesures et évite tout contexte religieux.

Ceci concerne aussi une réforme scolaire mettant sur un pied d’égalité les écoles supérieures religieuses et les établissements d’enseignement supérieurs publics. Jusqu’à présent, les étudiants qui fréquentaient une école coranique n’avaient accès qu’à un nombre limité de facultés à l’université. Maintenant, même ceux qui résident dans une région sans institutions publiques d’enseignement supérieur et fréquentent une école religieuse – par exemple en Anatolie – pourront à l’avenir choisir librement leur filière d’études. Beaucoup de gens considèrent cette réforme comme un moyen pour favoriser les « Imam Hatip Lisesi », les écoles islamiques. Le Père Ambrosio le confirme : « C’est vrai que la possibilité de faire des études supérieures y est liée, mais une possibilité fortement définie par une connotation religieuse. »

Après des mois marqués par les troubles internes – en particulier les protestations dans le parc Gezi – les regards de la Turquie se portent maintenant sur les élections en mars 2014 qui pourraient induire d’importants changements politiques. « Depuis toujours, l’instabilité du pays permet l’émergence de courants nationalistes religieux, et bientôt, Erdoğan pourrait incarner le côté modéré », dit le Père Ambrosio.

COMMUNIQUÉ : Bosnie-Herzégovine – L’évêque Mgr Komarica exige la fin des discriminations des catholiques

28.11.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.
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©AED/ACN

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, jeudi 28 novembre 2013 – « Des personnalités politiques occidentales devraient exercer des pressions sur les politiciens bosniaques pour que les réfugiés de guerre catholiques puissent enfin retourner en Bosnie », a exigé Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka et président de la conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine, à l’occasion d’un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

« Du point de vue de l’appartenance ethnique, les catholiques originaires du territoire de l’actuelle Bosnie-Herzégovine sont en fait croates. La politique devrait assurer la reconnaissance de leurs droits fondamentaux », a poursuivi l’évêque.

Selon Mgr Komarica, jusqu’à nos jours, les Croates ne seraient pas sur un pied d’égalité par rapport aux deux autres groupes ethniques vivant dans le pays. « Pendant des années, les Croates catholiques n’ont pas vu un seul centime des fonds accordés par la communauté internationale pour encourager le retour d’anciens réfugiés. Personne n’élève la voie en leur faveur. »

Chute importante du nombre de catholiques

Toujours selon les indications de l’évêque, plus de 4 000 familles seraient prêtes à retourner dans leur pays d’origine, mais pour l’instant, il n’y aurait pour elles « aucune garantie pour un retour viable, pas de maisons, pas de travail, pas d’électricité, pas d’établissements scolaires ». Lors de la recherche de travail, un nom croate induirait souvent une discrimination du candidat. « Après l’entrée de la Croatie dans l’Union européenne, de nombreux Croates sont certes devenus citoyens de l’Union Européenne avec leur passeport, mais en Bosnie, ils sont des citoyens sans droits fondamentaux définis », déplore Mgr Komarica.

Puis, l’évêque de poursuivre : « Rares sont les personnalités politiques sur place qui s’engagent en faveur des nombreux catholiques croates dépossédés, notamment dans l’entité de la république serbe de Bosnie. Toutefois, ces derniers jours, quelques promesses ont été faites, qui ont éveillé l’espérance de temps meilleurs, du moins pour certaines de ces personnes discriminées. »

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©AED/ACN

Selon l’opinion de l’évêque, il vient s’y ajouter que, à cause de la situation instable, les investissements de l’étranger font défaut. « Ce pays qui a été scindé en deux parties d’une manière artificielle et injuste à la suite des accords de Dayton datant de 1995, sombre aujourd’hui dans le chaos social et politique. La seule perspective d’avenir que nous voyons est un chaos contrôlé par l’Union européenne et les États-Unis. Mais toute l’expérience d’après-guerre montre que la vie ne peut pas fonctionner ainsi. C’est une trahison des valeurs et principes européens, une preuve de mépris des accords internationaux et une honte autant pour les politiciens locaux que pour les personnalités politiques internationale responsables de Bosnie et de Herzégovine », fustige Mgr Komarica.

Les revendications ultérieures et actuelles de l’Église seraient très claires, souligne l’évêque : « Les catholiques croates doivent enfin être mis sur un pied d’égalité avec les deux autres ethnies du pays. Ils doivent avoir le droit de revenir de l’étranger, et il faut leur fournir la possibilité de reconstruire leur vie dans leurs villes d’origine. »

Toutes ces dernières années, l’Église catholique tenterait de contribuer à une bonne coexistence dans le pays par le biais de projets sociaux et culturels. Les écoles européennes gérées par l’Église seraient notamment un exemple qui accueillerait des enfants de toutes ethnies et confessions. Ces établissements scolaires qui, dès le début, ont bénéficié du soutient de l’AED, recevraient plus de demandes d’inscriptions qu’elles ne pourraient accepter d’élèves.

Selon les indications de l’Église catholique, par rapport aux 835 000 catholiques que la Bosnie-Herzégovine comptait avant la guerre entre 1992 et 1995, il n’en reste aujourd’hui que 440 000 vivant toujours dans le pays. Dans la république serbe de Bosnie, l’une des entités de Bosnie-Herzégovine, les 220 000 catholiques y vivant à l’origine ne sont aujourd’hui plus que 11 500. Pour la première fois depuis 22 ans, un recensement a été effectué en octobre de cette année. L’analyse des résultats, encore en cours, fournira dans quelques mois des informations sur les chiffres actuels dans le pays. Selon des estimations informelles, la population compterait environ 10 % de catholiques.

Nigeria – Pas de répit pour le Nigeria

26.11.2013 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse.
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©AED/ACN

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Pas de répit pour le Nigeria. Tandis que le nord du pays est secoué par l’aggravation du conflit avec le groupe terroriste Boko Haram, les habitants du Sud souffrent de plus en plus de la pollution de l’environnement et de l’injustice sociale, de l’indifférence des pouvoirs au gouvernement, de la mauvaise gestion et de la corruption.

Ces fléaux ont été pointés du doigt par l’évêque Mgr Hyacinth Egbebo à l’occasion d’une visite de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED). Pour qualifier la situation sur place, Mgr Egbebo, vicaire apostolique de Bomadi dans le delta du Niger depuis 2009, a dit : « Le gouvernement ne soucie pas des gens, mais de soi-même. »

Au royaume du pétrole, des enfants meurent de faim

La population est largement exclue de l’exploitation des riches gisements de pétrole situés dans le sud du Nigeria. Au lieu de cela, elle ploie sous le poids d’une exploitation débridée des ressources naturelles. Selon Mgr Egbebo, il n’y a pratiquement plus de poissons dans les cours d’eau du delta du fleuve Niger : « La cause de ce recul dramatique réside dans l’immense pollution du delta causée par l’exploitation pétrolière et à la surpêche. Il y a trop de filets. » La pêche en tant que base vitale traditionnelle disparaît donc.

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©AED/ACN

Mgr Egbebo explique que pour assurer leur subsistance, les gens tentent de se procurer du pétrole, de transformer cette matière première en carburant et de le vendre, ce que le gouvernement essaie d’entraver. L’évêque poursuit : « Les conditions de vie dans le vicariat sont très, très précaires. Les enfants meurent de sous-alimentation, la qualité de l’eau potable est vraiment mauvaise. Nous manquons de tout, d’hôpitaux, d’établissements d’enseignement scolaire, d’une bonne éducation morale et de formation. »

D’après Mgr Egbebo, quelque trois millions de personnes, dont environ 30 000 catholiques, vivent sur le territoire du vicariat apostolique de Bomadi. La majorité de la population se réclame des religions traditionnelles ou appartient aux pentecôtistes. L’évêque ajoute : « Il existe des formes de syncrétisme et une prédication très simpliste. Ceux qui ne s’enrichissent pas ont fait un pacte avec le diable. Même les parents les plus proches sont accusés. Ce mode de pensée favorise la haine entre les hommes, pas l’amour. Mais nous devons aimer même nos ennemis. C’est la théologie que nous devons propager. Seul l’amour sera vainqueur. »

Le vicariat apostolique de Bomadi dispose de 35 prêtres. Toutefois, pour assurer la pastorale dans les 25 paroisses, ils ont besoin de véhicules, et surtout de bateaux. Ils manquent autant des uns que des autres. Malgré tout, Mgr Egbebo veut installer le plus rapidement possible de nouvelles paroisses, et faire construire des établissements scolaires et de nombreuses autres institutions pour assurer les soins de santé. Actuellement, le vicariat dispose d’un petit hôpital avec vingt lits. « Les gens font confiance à l’Église. Nous pouvons beaucoup entreprendre pour améliorer leur situation. Nous manquons certes de fonds, mais nous continuerons à l’essayer quand même », conclut l’évêque.

Terre Sainte – « J’ai du mal à croire que je suis vraiment à Nazareth »

21.11.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.

Célébrations conclusives de « L’Année de la foi » en Terre Sainte

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©AED/ACN

Dimanche matin, un ciel bleu azur se déployait au-dessus d’une foule de plusieurs milliers de  personnes qui s’étaient rassemblées à Nazareth pour clôturer l’Année de la foi. En cette mi-novembre, il régnait une température de 25 degrés grâce au chaud soleil du Levant. Les visiteurs tentaient de se protéger des rayons ardents au moyen de parasols et de chapeaux. Ici, au Mont du Précipice, sur les flancs de la montagne où, selon les paroles des Évangiles, les habitants de Nazareth voulaient précipiter Jésus dans le vide, Sa Sainteté le Pape émérite Benoît XVI avait déjà célébré une messe en 2009. L’année de la foi, célébrée dans l’église catholique universelle avait été prise à son initiative. L’Église l’avait amorcée en Terre Sainte dans le sanctuaire de pèlerinage marial de Deir Rafat et voulait la clôturer à Nazareth, où l’ange Gabriel a annoncé le message à Marie et où le Fils de Dieu a passé la majeure partie de sa vie terrestre.

« J’ai du mal à croire que je suis vraiment ici. C’est très important pour moi puisqu’il n’est pas facile pour nous autres de venir en Israël. » Comme Sami, âgé de 54 ans et venu de Jénine en Cisjordanie, de nombreux fidèles s’étaient rendus en Israël depuis les Territoires palestiniens et la Jordanie. Toutefois, l’autorisation d’entrer en Israël n’a pas été accordée à tous ceux qui le souhaitaient.

Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo, évêque auxiliaire résidant à Nazareth et vicaire responsable d’Israël dans le patriarcat latin de Jérusalem, a déploré cet état de fait dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED) : « Les autorités israéliennes nous avaient promis d’être généreuses dans l’octroi des visas. Nous ne pouvons pas toujours comprendre les raisons d’un refus. Toutefois, je suis heureux que tant de fidèles soient parvenus à venir ici. Nous avons même des pèlerins venus d’Iraq. Certes, ils vivent depuis des années comme réfugiés en Jordanie, et pourtant, ils sont venus ici en tant que témoins de cette région de la Mésopotamie où notre père Abraham a entamé son voyage de la foi. Pour moi, c’est un beau signe pour la fin de l’Année de la foi. »

« Nous sommes tous des catholiques »

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©AED/ACN

Plus tard, la police israélienne a compté plus de 7 000 fidèles. La plupart d’entre eux étaient originaires d’Israël et des pays limitrophes. Environ un millier d’entre eux étaient venus de pays étrangers très éloignés : Japon, Italie, Brésil, Pologne ou Nigeria. « C’est en toute conscience que nous voulions célébrer la fin de cette année importante avec l’Église locale de Terre Sainte », a expliqué un prêtre qui accompagnait un groupe.

Il était frappant de voir le nombre des fidèles venus des Philippines. La plupart d’entre eux étaient des travailleurs immigrés en Israël, où ils assurent les soins des personnes âgées et malades. Ils étaient venus avec leurs prêtres. Après le cataclysme causé par le typhon qui a coûté la vie à des milliers de personnes, leur pays est en point de mire de l’attention mondiale. « C’est touchant de voir combien de sympathie nous est prodiguée de tous côtés. Cela fait du bien d’être unis dans la communauté de la foi. Finalement, nous sommes tous des catholiques, quel que soit notre pays d’origine. C’est pourquoi je voulais absolument me rendre à cette Sainte messe », affirme Maria, qui vit à Tel Aviv.

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©AED/ACN

Cette messe a été concélébrée par des douzaines de prêtres, abbés et évêques, conjointement avec  le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal. Il n’y avait pas seulement des ecclésiastiques de rite romain, mais aussi des melkites, des maronites et des syriaques catholiques : le Proche-Orient dans toute sa richesse spirituelle catholique.

En honneur de cette journée, Sa Sainteté le Pape François avait adressé exprès un message aux fidèles rassemblés. L’archevêque Mgr Giuseppe Lanzarotto, nonce apostolique en Israël, a lu la missive au début de la messe. « L’histoire de notre foi », affirme le Pape, «  prend sa source là où vous la célébrez maintenant. Avant que nous puissions comprendre notre propre histoire personnelle de la foi et notre besoin de la pitié de Dieu, nous devons tous nous tourner vers le lieu et l’époque où Jésus était parmi nous. Car c’est ici que le Seigneur Jésus-Christ a revêtu notre nature humaine et nous a révélé Dieu. »

Le Pape François a également exprimé son estime des Chrétiens en Terre Sainte, leur service fidèle aux Lieux Saints et leurs témoignages fermes de l’Évangile. Les fidèles n’ont pas seulement été reliés au Pape à travers ses paroles. Durant toute la célébration, une icône représentant Jésus et Saint-Pierre était placée dans la chapelle majeure. Elle sera remise à Rome au Saint Père ce dimanche pour conclure l’Année de la foi.

Terre Sainte – Bilan positif à la fin de l’Année de la foi

20.11.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Pape

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©AED/ACN
Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem

En conclusion de l’Année de la foi en Terre Sainte, Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, a exprimé sa satisfaction. Dans un entretien accordé dimanche à Nazareth (Israël) à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), il a dit : « C’était une période de grâce. Bien entendu, la transmission de la foi ne cessera pas à la fin de cette année, mais continuera, je l’espère, de manière approfondie. Voilà pourquoi nous sommes très reconnaissants à Sa Sainteté le Pape émérite Benoît XVI d’avoir lancé cette initiative pour l’Année de la foi. »

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©AED/ACN
7 000 fidèles venus de Terre Sainte

Par ailleurs, le patriarche s’est réjoui que des fidèles venus des Territoires palestiniens et de Jordanie aient également pu assister dimanche à Nazareth à la messe des célébrations conclusives de l’Année de la foi. « J’espère qu’ils emporteront chez eux beaucoup de motivations de ce bel événement ». Cette messe solennelle à ciel ouvert avait accueilli plus de 7 000 fidèles venus de Terre Sainte, des États limitrophes ainsi que de pays du monde entier. Selon les informations du ministère israélien du tourisme, environ un millier de pèlerins seraient venus d’outre-mer.

Questionné par l’AED sur la date d’une visite de Sa Sainteté le Pape François en Terre Sainte l’année prochaine, le patriarche a répondu : « Il est prévu qu’il viendra, mais pas encore quand. Nous devons encore attendre. » Rappelons que le Pape François avait été invité par le patriarche latin ainsi que par le président israélien et l’Autorité nationale palestinienne. Il a accepté ces invitations pour 2014. Des observateurs estiment que cette visite pourrait se faire durant la première moitié de l’année, puisque le mandat de Shimon Peres, président de l’État d’Israël, arrive à terme en juillet 2014. La date d’une visite se situera donc probablement entre mars et mai.

COMMUNIQUÉ : Italie – Morts avec le crucifix dans la bouche et les mains jointes en prière

20.11.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse.
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©AED/ACN

À la suite du naufrage d’un bateau transportant des migrants de la Corne de l’Afrique vers l’île touristique italienne de Lampedusa le jeudi 2 octobre dernier, l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a présenté à l’Union Européenne le drame des centaines de naufragés.

Marcela Szymanski, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal – mercredi 20 novembre 2013 – Zip-Clic-Zip-Boum, Zip-Clic-Zip-Boum… Deux cents, trois cents, quatre cent fois la même cadence, le même bruit de mort et de douleur a résonné dans le cœur de l’archevêque d’Agrigente et Lampedusa le lendemain du naufrage tragique d’octobre : « Ils ont ouvert la fermeture éclair des sacs mortuaires, ont pris les corps en photo, j’ai fait une bénédiction, ils ont refermé la fermeture éclair, et au suivant. Terrifiant. Combien de chrétiens, avec leur crucifix dans la bouche, ont péri dans ce grand tombeau qu’est la Méditerranée ! « Mare Nostrum », oui, notre mer, mais les morts sont pour les autres ; un tombeau liquide pour 20 000 corps répertoriés, mais il y en a tant d’autres que nous ne connaissons pas ! » Non seulement Mgr Francesco Montenegro décrit sa tristesse pour les morts, mais il dénonce aussi l’indifférence à l’égard des vivants.

« Je ne parle pas comme un politicien, mais comme un évêque, et je me demande  à quoi nous sert de donner des funérailles nationales aux victimes si nous ne célébrons pas avec une même passion la vie que les survivants commencent ? Au contraire, sur le lieu d’accueil, ils sont traités comme des criminels. Ils sont 1000 personnes – encore à l’heure qu’il est, un mois après leur arrivée dramatique – dans un hangar d’à peine 250 lits, situé dans un port de la province la plus pauvre d’Italie. »

Projet d’accueil respectant la dignité humaine

L’Europe, ajoute Mgr Montenegro, ne semble pas disposée à unir ses efforts contre l’enchaînement évident de misères qui pousse un homme, sa femme et leurs enfants, à tout laisser derrière eux afin d’avoir une vie meilleure. La Commission européenne a trois « ministres » (commissaires) différents : un commissaire au développement qui se charge des pays d’origine ; un autre pour les relations avec les voisins riverains de la Méditerranée ; et un autre pour s’occuper des frontières et de la politique d’asile. Tandis que ces trois sections tentent de décider quelque chose, les 28 États membres de l’Union européenne se préparent aux élections de mai 2014, ce qui les pousse surtout à parler de ces pauvres âmes comme des envahisseurs qu’il convient de maintenir le plus loin possible. « Ils n’hésitent pas à armer les groupes d’opposants en Syrie, mais ils ferment la porte aux familles qui fuient les balles » conclut-il.

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©Conseil de l’UE

Lors d’une récente visite à l’Union européenne, organisée par la Fondation Aide à l’Église en Détresse », Mgr Montenegro a rappelé au Président du Conseil de l’UE, Herman Van Rompuy, que « Lampedusa peut être une image de ce qui attend l’Europe dans l’avenir. Nous devons la considérer comme un apprentissage et commencer à vivre avec cette réalité. Alors que l’UE offre 30 millions d’euros (42,5 millions de dollars) au gouvernement italien, nous, en tant qu’Église, sommes là pour accueillir les pauvres et accompagner les Lampédusiens qui offrent généreusement leurs vêtements et ouvrent leurs habitations à ceux qui ont tout perdu ».

« Ce que nous avons demandé à tous, c’est l’occasion de créer un projet d’accueil qui respecte la dignité humaine. Il n’est pas possible que nous continuions avec ce milieu carcéral à la fois pour les enfants et les adultes », a déclaré Valerio Landri. Les enfants, pour lesquels Caritas tient un centre de jeu à Lampedusa, sont déjà plus de 5600. Cependant, déplore l’archevêque, « ils disparaissent du centre d’accueil très rapidement. Il existe des réseaux de trafiquants d’êtres humains et de trafiquants d’organes qui rôdent aux alentours. Nous devons faire quelque chose pour que ni eux ni leurs parents ne tombent entre leurs mains ! »

Mgr Francesco se fait l’écho des paroles du Saint-Père, appelant l’Église à vivre la solidarité et la charité que le Christ nous demande, et les vivre jusqu’au bout : « Du fond des bateaux ont été tirés des cadavres. Ils avaient les mains jointes, en prière, dans leur dernier geste avant de retourner vers le Père. La meilleure façon de ne pas les oublier est de célébrer la vie de ceux qui sont arrivés, de ne pas les laisser seuls. »

La visite à la Commission européenne, organisée par l’AED, a eu lieu en présence de Mgr Francesco Montenegro, archevêque de Lampedusa et Linosa, de Valerio Landri, directeur de Caritas Agrigente, et du Père Andrezj Halemba, responsable des projets de la Fondation AED pour les pays de forte émigration tels que l’Érythrée, l’Éthiopie ou les Philippines. En plus de souligner la situation pitoyable à Lampedusa, la visite avait pour but d’expliquer aux différentes autorités européennes le contexte de cette tragédie et de proposer des moyens de coopération afin d’empêcher qu’elle ne se répète, ainsi que d’atténuer ses conséquences en attendant une solution à long terme. On attend en mars une nouvelle vague d’arrivées de migrants, parce que la mer est alors moins dangereuse. Il faut être préparé, à tous les niveaux.

COMMUNIQUÉ : Proche-Orient – Rencontre avec le Pape et prière pour la paix

14.11.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak, PAIX, Syrie

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©AED/ACN Patriarche Louis Raphael Ier Sako

Montréal – jeudi 14 novembre 2013 – La rencontre des Patriarches catholiques du Proche-Orient avec le Pape, à Rome, suscite d’immenses espoirs. Le Patriarche Louis Raphael Ier Sako, chef de l’Église chaldéenne unie à Rome, a déclaré à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED) qu’il attendait beaucoup de cette rencontre. « Nous espérons plus de proximité à l’égard de nos Églises en ces temps difficiles. Nous avons besoin de plus de soutien du Saint-Siège, plus d’encouragements et de solidarité. »

Le Patriarche Louis Raphaël Ier a expressément remercié le Pape François et ses prédécesseurs pour leur présence aux côtés des chrétiens du Proche-Orient. À l’occasion de l’Assemblée plénière de la Congrégation pour les Églises orientales, du 19 au 21 novembre 2013, les patriarches et archevêques unis à Rome rencontreront le Pape François et prieront pour la paix au Proche-Orient.

« Nous craignons pour notre survie »

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©AED/ACN

Le patriarche, basé à Bagdad, en Irak, a décrit comme un défi pour les chrétiens du Proche-Orient, le fait de vivre comme des citoyens à part entière de leurs pays. « L’émigration menace notre présent et notre avenir. Nous craignons pour notre survie ! » C’est dans ce contexte que Mgr Louis Raphaël Ier a demandé à toutes les Églises de soutenir les chrétiens du Proche-Orient en étant, dans leurs pays, des ponts de dialogue et de paix, là où d’autres construisent des murs. « Les musulmans ont besoin que nous témoignions des valeurs humaines et chrétiennes. »

Le Patriarche melkite, Mgr Grégoire III Laham, qui réside à Damas, attend lui aussi beaucoup de la rencontre de Rome. Il a dit à l’AED : « Nous voulons discuter avec le Saint-Père de la situation en Syrie et en Irak, mais aussi des questions fondamentales du rôle des chrétiens au Proche-Orient, du dialogue interreligieux et de l’œcuménisme avec l’orthodoxie. Nous devrions tenter d’en faire un organe consultatif permanent du Pape, qui se réunirait peut-être tous les deux ans. »

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©AED/ACN
Patriarche melkite, Mgr Grégoire III Laham

Mgr Grégoire III a qualifié de dramatique la situation au Proche-Orient. C’est pourquoi il a appelé le Saint-Siège à s’engager encore plus fort qu’auparavant pour la cause palestinienne. « Nous avons besoin d’avoir enfin la paix en Terre Sainte. Le Vatican s’est toujours engagé en faveur des droits des Palestiniens, mais il faudrait maintenant une action diplomatique concertée du Saint-Siège et de ses nonces dans le monde entier.

La résolution du conflit palestinien est, avec la question de la Syrie, la clef de la paix dans la région ». En plus des conflits actuels, il voudrait également aborder avec le Pape l’œcuménisme au Proche-Orient. « Nous sommes très heureux d’être en communion avec le Saint-Siège. Rome ne doit cependant pas oublier que nous avons des racines orthodoxes. Nous sommes la branche catholique de l’Église orthodoxe. »

Mgr Grégoire III s’est montré reconnaissant pour le synode sur le Proche-Orient, organisé en 2010 par le Pape Benoît XVI. « C’était à la veille de la crise qui a débuté en 2011. Je pense que la Providence Divine l’a voulu ainsi. En effet, grâce au synode et au document final, nous sommes parés pour les temps difficiles. Nous, chrétiens, avons été préparés à notre rôle en tant que témoins au Proche-Orient. »

Philippines – Interview avec le Père Edwin Gariguez, gérant de CBCP Caritas Filipinas Foundation, mardi 12 novembre à 18 heures, heure locale :

12.11.2013 in AED

Comment se présente la situation actuellement après le passage du typhon dévastateur ?

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© AED

P. Edwin Gariguez : « Les dommages sont vraiment immenses et la situation est terrifiante, surtout sur l’île de Leyte. Cette province a été terriblement touchée, les médias le relatent d’ailleurs. Mais il y a encore d’autres îles et provinces très durement touchées. Nous y arriverons cette nuit, Caritas International nous y rejoindra demain après-midi et nous nous rendrons ensemble dans les régions sinistrées. »

Qu’est-ce qui est le plus nécessaire ?

P. Edwin Gariguez : « Évidemment, les communes ont maintenant besoin de toute urgence de denrées alimentaires et d’eau. Certaines nouvelles évoquent des pillages dans la province de Leyte parce que les gens y sont tellement désespérés. Il paraît aussi que le nombre de morts augmente. Nous tentons de rejoindre des régions dont les médias ne parlent pas, mais sur lesquelles nous obtenons des informations grâce à des sources sur place, notamment de la part des paroisses dans les diocèses sinistrés. Il y a tant de gens qui demandent de l’aide, mais l’ampleur de ce désastre est telle que même le gouvernement reconnaît à quel point il est difficile d’atteindre toutes les victimes de ce super-typhon dévastateur. »

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P. Edwin Gariguez : « Oui. Oui, nous avons reçu un rapport d’une religieuse de Cebu qui nous a informés que 80 pour cent des communes avaient été rasées, notamment des établissements scolaires, des églises et des gymnases. La plupart des édifices se sont écroulés. »

Je peux vous assurer que des gens dans le monde entier prient pour votre pays …

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P. Edwin Gariguez : « S’il vous plaît, faites savoir à ces personnes que nous éprouvons à leur égard la plus profonde gratitude et leur sommes reconnaissants de leur solidarité, et d’être à nos côtés en ces temps si durs. Dans notre région du monde, nous sommes vraiment habitués aux typhons, ils vont et ils viennent, mais ce super-typhon est vraiment absolument catastrophique … Les gens sont tellement désespérés. Beaucoup d’entre eux sont à la recherche de leurs proches, et il y en a tant qui ont perdu la vie. »

Aide à l’Église en Détresse, un organisme de charité pontifical, a déjà annoncé une aide d’urgence de 100 000€ (140 000$ canadiens) pour aider les victimes de la catastrophe. Soyez généreux! Nous acceptons vos dons par téléphone 1-800-585-6333 ou par la poste à Aide à l’Église en Détresse, C.P. 670, succ. H, Montréal, QC, H3G 2M6

Lettre de Mgr Emil Nona – Archevêque de Mossoul (IRAK)

11.11.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak, Persécution

Irak lettre 1

L’archevêque catholique chaldéen Mgr Emil Nona est à la tête du diocèse de Mossoul , en Irak. Sa lettre a été rendue publique le 29 octobre 2013, par l’Aide à l’Église en Détresse, une organisation caritative catholique internationale sous la direction du Saint-Siège, qui aide l’église persécutée dans plus de 140 pays. 

Comment pouvons-nous vivre notre foi dans un moment de grande difficulté? Que pouvons-nous faire pour ceux qui sont persécutés à cause de leur foi ? Poser cette question, c’est avant tout nous interroger sur le sens de notre foi. Afin d’être en mesure de parler en des temps de persécution, les chrétiens doivent vraiment connaître leur propre foi.

En 2010, lorsque j’ai été nommé évêque de Mossoul, je savais que je venais dans une ville qui faisait face à une situation extrêmement critique quant à la sécurité étant donné que de nombreux chrétiens avaient déjà été tués, et plusieurs avaient été forcés de quitter le diocèse. La violence brutale a coûté la vie d’un prêtre, ainsi que celle d’un évêque, mon prédécesseur. Les deux ont été assassinés d’une horrible façon.

Je suis venu à Mossoul le 16 janvier 2010. Le lendemain, une série de meurtres de chrétiens a commencé, en commençant par le meurtre du père d’un jeune homme qui priait avec moi à l’église. Pendant plus de 10 jours, les extrémistes ont continué leurs tueries, à raison d’une ou deux personnes chaque jour. Les fidèles ont quitté la ville pour se réfugier dans les petites villes et les villages avoisinants ou dans les monastères.

Depuis, près de la moitié des fidèles sont revenus. Que pouvons-nous faire pour ces gens? Que peut-on faire pour ceux qui vivent dans la persécution ?

Ces questions me tourmentaient, me forçant à réfléchir quant à la bonne voie à suivre pour que je puisse accomplir ma mission de service. J’ai trouvé la réponse dans la devise de mon épiscopat, à savoir l’espoir. J’en suis venu à la conclusion qu’au cours d’une période de crise et de persécution, nous devons rester pleins d’espoir. Aussi, je suis resté dans la ville en renforçant mon espérance, afin de la transmettre aux nombreux fidèles persécutés qui continuent également de vivre ici.

Est-ce suffisant ? Rester avec les fidèles dans l’espérance est un début important, mais ce n’est pas suffisant. Il doit y avoir quelque chose de plus. Saint-Paul nous rappelle que l’espoir est lié à l’amour  et vice versa. Rester avec ceux qui sont persécutés, c’est leur donner un espoir fondé dans l’amour et la foi. Que pouvons-nous faire pour renforcer cette foi? J’ai commencé à me demander comment nos fidèles vivaient leur foi et comment ils la pratiquaient dans les circonstances difficiles de tous les jours. J’ai réalisé que, par-dessus tout, il y a dans le visage de la souffrance et la persécution une vraie connaissance de notre propre foi et que la cause de notre persécution est d’une importance fondamentale.

En approfondissant le sens de ce que signifie être Chrétien, nous découvrons des façons de donner un sens à cette vie de persécution et trouvons la force nécessaire pour la supporter. Le véritable défi consiste à conserver une foi vivante et active même si nous savons que nous pouvons être tués à tout moment, à la maison, dans la rue ou au travail.

Dès le moment où nous attendons la mort, sous la menace d’une personne qui peut nous tirer dessus à tout moment, nous devons savoir comment bien vivre. Le plus grand défi face à la mort est de continuer à connaître notre foi de manière à la vivre constamment et entièrement, même dans ce bref moment qui nous sépare de la mort.

Mon but dans tout cela est de renforcer le fait que la foi chrétienne n’est pas une théorie abstraite ou rationnelle, éloignée de la réalité quotidienne, mais un moyen de découvrir son sens le plus profond et sa plus haute expression telle qu’elle est révélée par l’Incarnation. Lorsqu’un individu découvre cette possibilité où il ou elle sera prête(e) à endurer n’importe quoi et va tout faire pour préserver cette découverte, même si cela signifie de devoir mourir pour cette cause.

Irak lettre 3Beaucoup de gens, qui ne vivent pas dans la persécution et qui n’ont pas nos problèmes, me demandent ce qu’ils peuvent faire pour nous et comment ils peuvent nous aider dans notre situation. Tout d’abord, tous ceux qui veulent faire quelque chose pour nous doivent faire un effort pour vivre leur propre foi d’une manière plus profonde, en pratiquant leur foi dans leur quotidien. Pour nous, le plus beau cadeau, c’est de savoir que notre situation aide les autres à vivre leur propre foi avec plus de force, de joie et de fidélité.

La force dans la vie quotidienne, la joie dans tout ce que nous rencontrons sur le chemin de la vie et la confiance que la foi chrétienne détient la réponse à toutes les questions fondamentales de la vie sont autant d’éléments qui nous aident à faire face à tous les incidents auxquels nous sommes confrontés tout au long de notre route. Ce doit être l’objectif primordial pour nous tous. De savoir qu’il y a des gens dans ce monde qui sont persécutés à cause de leur foi devrait être un avertissement à vous qui vivez en toute liberté à devenir meilleurs et des chrétiens plus forts, une incitation à manifester votre propre foi lorsque confrontés aux difficultés de votre propre société ainsi que la reconnaissance que vous êtes, vous aussi en Occident, confrontés à un certain degré de persécution à cause de votre foi.

Toute personne qui désire répondre à cette urgence peut aider ceux qui sont persécutés à la fois matériellement et spirituellement. Aidez à faire connaître notre situation au monde. Vous êtes notre voix. Spirituellement, vous pouvez nous aider en faisant de notre vie et de notre souffrance le stimulus pour la promotion de l’unité entre tous les chrétiens. La chose la plus puissante que vous pouvez faire en réponse à notre situation, c’est que vous devriez redécouvrir et forger l’unité – personnellement et en tant que communauté – et de travailler pour le bien de vos propres sociétés. Elles ont un grand besoin du témoignage des chrétiens qui vivent leur foi avec une force et une joie qui peut donner aux autres le courage de la foi .

Nous sommes des victimes  et nous souffrons à cause des fondamentalistes qui viennent de pays lointains pour lutter contre ce qu’ils considèrent des infidèles (nous les chrétiens ) , en utilisant comme prétexte que leurs frères sont persécutés dans divers pays. Leur réaction est  d’en tuer d’autres. Notre réaction, quant à nous, face à la persécution, doit être celle de devenir plus aimants, plus unie, toujours plus forts en montrant au monde le véritable visage de la vie, comme nous l’a enseigné Jésus-Christ .

Le monde chrétien défend ses fidèles persécutés par la révélation, la réalisation et la force de l’amour qui est le fondement de la foi et qui embrasse tout le monde, même nos persécuteurs. Je ne me lasserai jamais de mettre en garde les chrétiens victimes de persécution contre la tentation de devenir eux-mêmes persécuteurs et de devenir violent dans notre façon de penser, dans la manière de traiter notre prochain ou dans notre façon de vivre.

Cette tentation est très puissante et les sentiments que nous développons dans un climat de persécution peuvent changer notre façon de vivre, rejetant la voie chrétienne qui est imprégnée d’amour, d’une manière similaire à celle de ceux qui demandent et parlent uniquement de justice, mais jamais d’amour. Soyons très attentifs pour ne pas vivre notre foi faiblement parce que d’autres chrétiens souffrent. Les difficultés des chrétiens devraient être une incitation à manifester sa vraie foi.Irak lettre 2

Quand les chrétiens sont persécutés, nous devrions prendre plus fermement la responsabilité de notre propre foi afin d’exprimer plus joyeusement l’amour, la fidélité et la justice. S’il y a des chrétiens en difficulté, je devrais aimer mon prochain encore plus, je devrais être plus positif dans ma façon de voir les choses de la vie, afin de montrer à ceux qui souffrent la force de ma propre foi.

Vous, en Occident, vivez d’une façon que les chrétiens persécutés ne peuvent pas, car ils n’ont pas la liberté. Vous devez donc vivre la liberté dans ce qu’elle a de plus vrai, car eux ne peuvent célébrer publiquement leur foi. Vous devez donner un témoignage public de votre foi dans vos propres sociétés, puisque les femmes dans nos pays n’ont pas la possibilité d’aller librement à l’extérieur de leurs maisons. Les femmes de l’Occident devraient donc devenir des témoins de la vraie liberté chrétienne.

Pourtant, nous sommes heureux, parce que nous avons la chance de réfléchir sur notre choix d’être chrétiens. Nous sommes heureux parce que nous avons la possibilité de rendre notre liberté concrète en défendant avec amour celui qui nous attaque avec rancœur et haine. En fin de compte, la persécution ne peut pas nous rendre tristes ou désespérés, parce que nous croyons que la vie humaine mérite d’être toujours embrassée d’une manière parfaite comme Jésus nous l’a montré, même si la mort nous regarde en face et qu’il ne nous reste pas plus d’une minute à vivre dans ce monde .

Saint-Paul dit que « là où le péché a proliféré, la grâce a surabondé » (Rm 5,20). Avec lui, nous pouvons aussi dire que là où il y a la persécution, il y aura aussi la grâce d’une foi forte et c’est là que réside notre salut.

COMMUNIQUÉ: Philippines – Silsilah reçoit le prix de la paix pour son engagement à Mindanao

06.11.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., PAIX

Reinhard Backes, AED InternationalPhilippines-1

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, le mercredi 5 novembre 2 – Le mouvement « Silsilah » pour le dialogue est récompensé par le célèbre prix de la paix Goi (Goi Peace Award) de la fondation éponyme japonaise qui s’engage à l’échelle mondiale en faveur de la paix.

Le mouvement pour le dialogue Silsilah, fondé par le missionnaire italien le père Sebastiano D’Ambra à Zamboanga City, à l’est de l’île de Mindanao, est récompensé pour ses longues années d’engagement en faveur du dialogue entre musulmans et chrétiens. Ce prix rend hommage aux efforts pour la promotion de la paix et de la solidarité à travers le dialogue entre les différents groupes ethniques et religieux. Ce prix sera remis au père D’Ambra le 27 novembre à Tokyo.

L’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse soutient depuis des années le mouvement de dialogue Silsilah. Le mot « Silsilah » est dérivé de l’arabe et signifie littéralement « chaîne » ou « liaison ».

Philippines-2Le mouvement pour le dialogue avait été fondé en 1984 par le Père D’Ambra et des amis musulmans et chrétiens. Malgré l’assassinat de membres de ce mouvement, notamment des missionnaires, l’initiative pour la paix n’a jamais perdu ses objectifs de vue. À plusieurs reprises, le mouvement pour le dialogue interreligieux a participé de manière essentielle aux négociations pour la paix menées entre le gouvernement et les groupements rebelles musulmans.